Dernièrement sur if is Dead:

Captain America: The First Avenger de Joe Johnston

dabYo dans Critiques, Films le 29 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Marvel continue de nous abreuver d’adaptations de ses franchises avec cette fois-ci Captain America: The First Avenger réalisé par Joe Johnston. Il faut savoir que ces adaptations sont d’une manière générale très inégales, on peut tomber sur du bon comme Iron Man, notamment grâce au jeu de Downey Jr, ou du très mauvais avec l’adaptation de Thor et son absence de scénario abyssale. Du coup, difficile de savoir lorsqu’on rentre dans la salle obscure si l’on a payé pour du bon grain, ou de l’ivraie. Synopsis.

Captain America: The First Avenger

Steve Rogers est petit, maigrichon, et pour couronner le tout, il a de l’asthme. Autant dire que même si son pays est en guerre contre la puissance militaire d’Hitler, l’US Army n’est pas près de l’enrôler. Et multiplier les tentatives en changeant son nom et ses origines ne semble pas fonctionner,à son grand désarroi. Enfin, jusqu’au jour où le docteur Abraham Erskine est intrigué par sa ténacité, et qu’il le recrute pour participer à un programme expérimental destiner à transformer des soldats en sur-hommes pour luter contre l’Hydra, la section scientifique des nazis.

Bon, je dois avouer que si le personnage de Captain America ne m’avait pas séduit dans Civil War, je ne serai sans doute jamais allé voir cette nouvelle adaptation. Et sans le côté combat contre les nazis, promesse d’un « Ach ! Ch’ai touchours aimé les blindés« , je pense que Serafina n’y serai jamais allée non plus. Mais qu’à cela ne tienne, nous y voilà. Captain America: The First Avenger se divise en deux parties, la genèse du personnage, et une sorte de guerre pendant laquelle il fera ses premiers faits d’armes, face à l’Hydra de Red Skull.

Nazis dans Captain America: The First Avenger

Ach ! Ch'ai touchours aimé les blindés

Super héros à vocation patriotique de son état, pour cette adaptation de Captain America le studio Marvel a mis les bouchées double derrière la production, et cela se voit tout de suite. Les décors sont travaillés, on se croit plutôt bien dans les années 40, et le côté uchronique des technologies utilisées, que ce soit chez les américains où dans les rangs de l’Hydra est vraiment bien réalisé. Je dois avouer que j’ai été charmé esthétiquement parlant par les modifications apportées aux costumes des nazis, bien qu’on puisse tout de même considérer leur technologie comme un poil trop avancée pour être crédible. Ça colle bien en tout cas, et leur confère une image encore plus inhumaine qu’était la réalité.

A ce niveau là d’ailleurs, le film ne prend aucun risque. Car s’il se déroule pendant la seconde guerre mondiale, l’Hydra n’a de nazi que quelques éléments, et tout le film va se dérouler bien loin des préoccupations historiques. Pas de guerre directement avec les armées américaines, et pas d’évocation de camps.

Nazis dans Captain America: The First Avenger

Finalement, on dirait plutôt des Power Rangers...

Ce Captain America est réellement divisé en deux différentes parties, une qu’on pourrait qualifier de scénarisée, et une autre avec uniquement de l’action pure et dure. Si le constat final n’est pas négatif, il faut avouer que la première et la seconde partie manquent chacune de ce dont l’autre regorge. Le début est un tantinet longuet, tandis que la suite est assez monotone, et à part un petit couac prévisible, sans réelle surprise. Le combat final opposant Captain America à notre Redskull ne présentant lui même quasiment aucun intérêt. Seul les effets spéciaux et les conditions de combat, dans les airs ou dans la neige à toute vitesse, viennent compenser ce manque. Le tout manque cruellement de suspens, le film est simplement convenu.

Et ce n’est pas le jeu des acteurs qui va compenser le tout. Certes, j’ai beaucoup apprécié le personnage joué par Hayley Atwell, qui incarne le personnage féminin à fort taux de sex-appeal du film l’est sans pour autant tomber dans le vulgaire, bien loin de Scarlett Johanson dans Iron Man 2 par exemple. Mais côté masculin, c’est vraiment le minimum syndical. Chris Evans dans son rôle de héros a le charisme d’une huitre, et les rares personnages secondaires sont inintéressants. Alors certes, ça fait plaisir de voir Sebastian Stan en dehors de Gossip Girl, et Hugo Weaving jouer aussi bien les détraqués mentaux allemands, mais voilà, ça ne suffit pas à compenser.

Atwell Haylay dans Captain America: The First Avenger

Bon là, c'est raté pour le seks apeal, mais en général ça rend bien

Au final, Captain America: The First Avenger n’est pas un mauvais film. On est bien loin de Thor, mais on est aussi bien loin du film à voir. Si vous aimez le personnage, il est évident qu’en faire l’impasse est impensable. Sinon, et bien, en DVD, un jour où vous n’avez pas grand chose d’autre à faire, pourquoi pas. Un peu comme la majorité des films de Marvel, en somme.


Enfin la nuit de Camille Leboulanger

illman dans Critiques, Livres le 27 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Enfin la nuit de Camille Leboulanger est un roman post-apocalyptique à tendance road-moviesque édité par l’Atalante en août de cette année 2011. Camille Leboulanger est un très jeune auteur français, à peine la vingtaine, et si j’en crois sa biographie, c’est ici son deuxième ouvrage et surtout son premier roman. Synopsis.

Enfin la nuit de Camille Leboulanger

La nuit ne tombe plus, le jour rend les gens fous ou tout du moins « éteints » et la survie de la population est sur la corde raide. Thomas, un policier complètement dépassé par la situation, va partir dans une fuite en avant sans but. Sur son chemin, il va croiser une palette de personnages tous aussi hagards que lui.

Je ne peux pas vraiment en dire plus sans commencer à raconter n’importe quoi et spoiler le roman. Sous ces dehors simplistes c’est une aventure humaine qui se déroule devant nos yeux, portée par des personnages bien pensés, bien décrits, attachants. L’auteur ne mentionnera tout au long de son récit qu’à demi-mots les évènements qui se sont produits directement après que le soleil ne se soit plus couché, ce qui va contribuer au mystère de cette fin du monde, laissant libre cours à nos imaginations de lecteur.

J’ai mentionné plus haut la palette de personnage de l’histoire et elle est plutôt conséquente, Thomas va en rencontrer une bonne dizaine. Que ce soit des compagnons de route ou des paumés brutaux, ils ajoutent tous au sentiment de vide qui entoure le héros dans cet univers apocalyptique à souhait. Au passage on retiendra Sophie, une jeune femme qui n’attend plus grand chose de la vie et qui va suivre Thomas faute d’avoir autre chose à faire.

Camille Leboulanger va disperser des mirages tout au long de ce voyage devant les yeux de Thomas avant de lui ôter de vue. La vie tourmente notre héros, nous permettant de profiter d’un large éventail d’émotions, que l’on imaginera sans peine dans les yeux de notre héros. L’ambiance de Enfin la nuit est tout bonnement géniale. Le parfum de fin du monde parvient sans problème à nos narines. On imagine sans peine nos villes, villages et campagnes désertés et baignés dans une lumière jaune orangée du soleil avec notre héros les traversant.

Le style de l’auteur m’a quelque peu dérouté sur les premiers chapitres. Il fait preuve d’une certaine concision sans se perdre dans des descriptions, cela rend la narration plus fluide et plus efficace à mon goût. Assez déstabilisant quand on est habitué aux longues descriptions et aux phrases à rallonge, le tout est fichtrement bienvenu et dans un sens très rafraîchissant.

Enfin la nuit de Camille LeboulangerConcernant l’édition, l’Atalante fait comme toujours un boulot de qualité et c’est avec plaisir que je pose ce genre de livre dans ma bibliothèque. La couverture réalisée par LERAF est plutôt sobre et je la trouve belle même si je n’arrive pas à identifier ce qu’elle représente, si elle représente quelque chose.

Enfin la Nuit est un excellent roman, son seul défaut est d’être trop court avec ses 192 pages. Ceci dit, le prix est correct, 12€. J’ai tout simplement adoré et ce sera avec plaisir que je me replongerai dans l’univers de cet auteur. Un Must Have 2011 pour tout les fans de mondes post-apocalyptiques originaux, et aussi les autres.


Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis

Serafina dans Critiques, Livres le 23 septembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Le Lamento des Ombres est un recueil de nouvelles de huit auteurs différents, Les Enfants de Walpurgis aux éditions du Chat Noir. L’an dernier, le collectif nous avait proposé Sorcières et Sortilèges, un autre recueil autour de la sorcellerie. Très varié et d’excellente qualité, ce livre était directement entré dans mon top de l’année. Cette fois ci, Les Enfants de Walpurgis s’intéressent à la musique sous toutes ses formes et nous proposent donc des nouvelles sur le thème, pour 300 pages. Recueil oblige, pas de synopsis.

Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis

Avant d’analyser les nouvelles unes à unes, un petit mot sur l’objet en lui même, édité aux éditions du Chat Noir dont c’est la première publication, on a un roman imprimé sur du papier assez épais, écrit assez gros, et du coup fort agréable à lire. L’ouvrage est agréablement illustré par Cécile Guillot qui signe d’ailleurs une des nouvelles du recueil. Chaque nouvelle est précédée d’une petite biographie de l’auteur.

Maudite Sonate de Stéphane Soutoul

Certains dirons que je ne suis pas objective, mais ce n’est pas un secret j’aime énormément le style de cet auteur. Comme toujours Stéphane Soutoul signe là une très belle histoire, des protagonistes tout en nuances mis en valeur par sa plume très romantique et très empreinte du XIXème siècle. La musique est ici abordée sous l’angle d’un compositeur très doué, trop même car il a réussi à charmer la mort. L’ambiance est à la fois sombre, hantée mais terriblement empreinte de beauté. J’ai été extrêmement surprise et touchée par le final de la nouvelle qui vous prend littéralement aux tripes. Je ne pouvais pas imaginer meilleur début pour ce recueil et meilleur augure pour sa qualité.

Requiem pour un songe de Céline Guillaume

Je n’ai jamais été conquise par les écrits de Céline Guillaume, du coup je partais avec un léger apriori négatif. Cependant, force est de dire que cette très courte nouvelle de 5 pages est très charmante. On suit un violoniste immortel, comprenant petit à petit ce qui l’a amené à cet état. La plume de Céline Guillaume est peut être un peu moins alambiquée qu’elle a pu l’être précédemment, et je trouve qu’elle y gagne en clarté, tout en conservant son coté poétique.

That’s a long way to hell de Marianne Gellon

Cette nouvelle là est de très loin la plus grosse surprise de ce recueil, d’une part car je ne connaissais que peu l’auteur, mais surtout son univers est très étonnant et merveilleusement mené. On sombre dans l’Uchronie, la Science-Fiction, avec une sauce de guerre froide, pas du tout ce que j’aurais attendu dans ce recueil. On suit un groupe de rock  dans une Allemagne quasi-anéantie. Les références à la culture rock ne manquent pas, et l’univers très visuel est juste addictif. J’espère très sérieusement relire de cet auteur dans le futur. Si j’ai aimé toutes les autres nouvelles, celle ci est de loin ma favorite.

Song to the Siren de Cecile Guillot

Cécile Guillot nous plonge ici dans l’univers du Metal à voix féminine. Difficile de ne pas sentir la passion et la connaissance du sujet dans chacune des lignes de la nouvelle. Des références aux standards du genre, aux clichés associés, le connaisseur retrouvera ses marques. Et comme j’en fais partie, j’ai forcément accroché. On suit Aysun et son groupe dans l’ascension vers la gloire. Ascension qui tournera évidemment au cauchemar. L’histoire est très bien écrite entre délicatesse et mélancolie.

Les flutes enchantées de Vanessa Terral

Vanessa Terral m’avait enchantée dans le recueil de l’an dernier avec son histoire vaudou. Cette fois ci, elle s’intéresse à la magie irlandaise traditionnelle, et que dire, c’est tout aussi génial. J’admire tout particulièrement le niveau de documentation de l’auteur qui maîtrise parfaitement son sujet. Elle met en scène Helianthe, une enquêtrice spécialisée dans le paranormal, personnage récurrent apparemment, chargée d’enquêter sur de mortelles flutes. La mythologie est très intéressante, et on sent l’univers d’Helianthe très fouillé. J’ai hâte de voir l’auteur sortir un roman ou recueil consacré à cette enquêtrice pas comme les autres. J’ai malheureusement moins accroché au personnage d’Inch’allah, femme turbulente qui tente d’amener un peu d’humour… qui ne m’a pas atteint.

La Chorale du Temps d’Ambre Dubois

Il est difficile de vous parler de cette nouvelle d’Ambre Dubois, car toute sa qualité tient à son final, surprenant, inattendu et parfaitement génial. On suit un jeune homme invité à jouer de la musique pour ce qui semble être un riche excentrique. Évidemment, comme toujours avec Ambre Dubois, on a une narration limpide, des dialogues très réalistes et des héros très charismatiques. Sans trop en dire, c’est aussi une de mes nouvelles préférées du recueil.

Salve Regna Stellarum de Angelique Ferreira

Cette nouvelle est l’une des plus longues du recueil, une soixantaine de pages, on avoisine donc la novella. Cette nouvelle fait la part belle à l’Heroic Fantasy avec son héros, elfe qui préfère la musique au combat et décide de s’enfuir pour vivre son rêve. L’univers est très bien retranscrit, le coté elfique et son genre de Fantasy est une vraie originalité dans le recueil. Malheureusement, j’ai l’impression que le nombre de pages est à la fois trop et trop peu. La romance se met en place un peu rapidement, et je pense que l’auteur aurait gagné à faire plus long, ou à raccourcir certaines étapes pour mieux développer ses personnages. Cela reste une nouvelle très agréable à lire mais comparé aux précédentes, c’est celle que j’aime le moins.

La Clef Musicale de Bettina Nordet

La dernière nouvelle est elle aussi très longue. Elle met en scène une étrange amitié entre l’Ange de la Mort et un inventeur bien connu. J’ai souvent du mal avec les histoires mettant en scène des personnages connus, mais ici cela passe très bien. La nouvelle suit en réalité deux histoires séparées de plusieurs siècles, qui comme vous vous en doutez, se rejoignent. L’auteur prend le temps de développer ses personnages et sentiments, devenant très touchante par moments. L’histoire est très originale et vraiment bien trouvée. Les époques sont très bien redues, et on sent que l’auteur a un solide bagage historique. Bettina Nordet est aussi une auteur dont j’aimerais lire un roman ou un recueil.

Le Lamento des Ombres des Enfants de WalpurgisAu final, Le Lamento des Ombres est un sans faute ou presque et m’a convaincu. Le nouveau recueil des Enfants de Walpurgis tient ses promesses et bien plus encore, ce collectif semble devenir une de ces valeurs sûres que l’on peut suivre sans crainte, et je ne peux que vous encourager à vous procurer ce recueil ainsi que le précédent qui ne vous décevront pas.

Cela sera aussi l’occasion peut être de découvrir des auteurs français plus que prometteurs et dont je n’attends souvent qu’une choses: mettre les mains sur leur premier roman. Quand ils ne m’ont pas déjà conquise.


Silence, ça tourne ! #9

dabYo dans Actualités, Films le 22 septembre 2011, avec aucun commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Captain America: The First Avenger

La nouvelle adaptation au grand écran du héros aux couleurs nationales de Marvel, Captain America: The First Avenger est sortie il y a quelques semaines déjà. En attendant ma chronique qui en sortira demain, je peux déjà vous dire que le film est loin d’être aussi mauvais que Thor.

Captain America: The First Avenger

Malheureusement, on ne peut pas pour autant dire que les prouesses de Chris Evans vaillent vraiment le détour. L’acteur laisse de marbre, et j’ai bien peur d’avoir oublié que j’ai déjà vu ce film dans quelques années. Il n’y a guère que les méchants, nazis du coup, qui vaillent le détour. Et encore, d’autres films font beaucoup mieux.

This Must Be The Place

Avec une affiche comme celle de This Must Be The Place, il était évident qu’il fallait absolument que nous allions voir cette production franco-italienne-anglaise. Le synopsis étant tout aussi attrayant: Cheyenne, ancienne star de rock aux tendances dépressives, a conservé malgré ses cinquante années son style gothique, terriblement démodé. Nous allons l’accompagner dans une sorte de road-movie aux États-Unis, lorsqu’il apprend que son père est morte.

This Must Be The Place avec Sean PennLa première partie du film se déroule en Angleterre, et elle est tout simplement excellente. Certes, on évite pas les stéréotypes et les scènes comiques faciles, mais diantre, c’est du bon. Sean Penn est tout simplement ultra crédible dans son rôle, et on s’attache très vite au personnage. Tout autant qu’à ses proches, avec notamment Mary jouée par Eve Hewson, fille de Bono de U2 et très crédible dans le rôle de la goth dépressive. Le tout nous a plutôt beaucoup parlé.

Malheureusement, c’est le road trip que l’on retrouve ensuite qui déçoit. Si l’idée n’est pas forcément mauvaise, elle est tellement sans rapport avec le début qu’on se demande quel était l’intérêt d’introduire avec réussite les précédents personnages. Et puis, il faut avouer que la raison du trip est un poil hors sujet.

Enfin, la fin aussi déçoit. Ceci dit, le tout est assez bon pour qu’on vous le conseille quand même. Encore plus en version originale.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Dragon de Glace de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 21 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Après Le Volcryn, les éditions ActuSF éditent à nouveau des écrits de George R.R. Martin qui ne sont plus disponibles à la vente depuis un certain temps. Dragon de Glace est un recueil de quatre nouvelles publiées au début des années 2000 dans diverses revues françaises, Asphodale ou encore Bifrost. De genres variées, deux sont clairement de Fantasy et deux autres mêlent habilement Fantastique et Horreur, le tout est agréablement mis en page et illustré par Andrew Brase. Recueil oblige, pas de synopsis.

Dragon de Glace de George R.R. Martin

Bon je dois avouer tout d’abord que j’ai été surpris lorsque, au bout d’une cinquantaine de pages, l’histoire se terminait. Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, pour ne pas me spoiler, et je pensais être parti pour une histoire d’un tenant. Mais soit, ce n’est pas un réel problème, vu la qualité de ce Dragon de Glace, qui prend son nom de la première et magnifique nouvelle. On y retrouve donc quatre nouvelles, les deux premières baignent dans la Fantasy, où se côtoient dragons et loups garou, tandis que les suivantes sont beaucoup plus proche d’un Fantastique horrifique, où l’on ne sait pas vraiment si ce qu’on lit est extraordinaire ou simplement issue de la folie de nos personnages.

Ce qui lie bien entendu le plus les nouvelles, c’est l’écriture de George R.R. Martin. Le niveau est vraiment élevé, et là où Le Volcryn présentait quelques lourdeurs et répétitions, on se retrouve ici avec un niveau au moins égal, sinon plus, à ce qu’on avait entre-aperçu dans le superbe recueil Chansons pour Lya. La lecture est fluide, agréable, on ne voit pas le temps passer ni les pages défiler. Une réelle qualité à ce niveau. Passons à une revue des nouvelles.

Dragon de Glace

Donnant au recueil son titre, il s’agit d’une nouvelle se déroulant dans un monde de Fantasy où le froid fait presque partie des protagonistes. Martin nous plonge à travers une narration centrée sur le vécu d’une petite-fille dans un monde où beauté et monstruosité vont se côtoyer. La nouvelle nous happe tout de suite, et on ne peut que regretter qu’elle ne fasse qu’une cinquantaine de pages…

Dans les Contrées Perdues

Incursion dans une ville médiévale cette fois ci, loin des calmes et paisibles plaines de montagne et proche des contrées perdues, un désert où vivent des créatures de la nuit. Notre récit se déroule autour Alys la Grise, connue pour vous ramener tout ce que vous voulez si vous en payez le prix. Les problèmes surviennent en général après. Entre exploration, liberté et horreur.

L’homme en forme de poire

Cette nouvelle, qui a remporté le prix Bram Stoker, quitte la Fantasy pour un tout autre domaine, l’Horreur mêlée au Fantastique. A travers son héroïne va grandir en nous un sentiment de folie, de persécution et de paranoïa que la fin ne saura étanchée. Une fin à vous glacer le sang, vraiment.

Portrait de famille

Dans le même domaine que la précédente, cette dernière nouvelle a elle aussi remporté un prix, le prix Nebula, et il faut dire qu’elle est vraiment excellente. Là encore, Martin joue avec le lecteur et sa perception de la réalité, mais autour d’un tout autre personnage: un écrivain. Séparé du monde, de sa famille, on vit avec lui une sorte d’auto-psychanalyse où dialogues avec ses personnages fictifs vont vous permettre de découvrir l’histoire d’une vie. Vraiment prenant et angoissant.

Dragon de Glace de George R.R. MartinAu final, si le recueil s’avère être court, il faut dire que pour son prix modeste et la qualité de ses nouvelles, vous en aurez largement pour votre argent. J’ai certes trouvé que le choix des nouvelles était assez bizarre, les deux premières n’ayant rien à voir avec les secondes. Mais c’était tellement bien, que je veux bien leur pardonner ce choix là. Et puis, la qualité des ouvrages des éditions ActuSF est toujours au rendez-vous.

Dragon de Glace est un recueil idéal pour découvrir les autres facettes de la plume de George R.R. Martin, les univers sont loin du Trône de Fer, mais la qualité est au moins égale à celle de sa grande série. Et ses fans seront simplement comblés.


Après son service de revente de jeux vidéo, Fnac Okaz, la Fnac high tech lance le programme Fnac Reprise qui a pour vocation de vous permettre de revendre, en échange de bons d'achat, vos vieux produits High Tech. La démarche est expliquée assez clairement sur la section Fnac Reprise de Fnac.com. Mais en gros, il s'agit de ramener votre produit au SAV Fnac qui après l'avoir testé et vérifié sa qualité, vous donnera un bon d'achat équivalent à l'argus Fnac de votre produit.

 

Lire la suite de l’article Vendre son matériel High-Tech avec Fnac Reprise


Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Serafina dans Critiques, Livres le 20 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Rage de Dents de Marika Gallman est un roman paru très récemment aux éditions du Petit Caveau. Donc, forcément il parle de vampires, mais pour une fois, on nous propose de la Bit-Lit. Il s’agit du premier tome de la série Maeve Regan. Joliment illustré par Fleurine et ne connaissant pas l’auteur, je suis partie sans apriori. Synopsis ?

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Maeve Regan est une jeune femme comme tant d’autres : la fac de temps à autre, des rencontres d’un soir, et un groupe d’amis. La jeune femme est orpheline et a été élevée par son grand-père, sauf qu’il semblerait que ce dernier ne lui ait pas tout dit, et lui ait caché un point important sur son géniteur…

Difficile de faire un synopsis sans vous en révéler un peu trop, en fait, et la quatrième de couverture n’y réussit pas mieux vu que les événements décrits n’arrivent qu’à la page 150, soit la moitié du livre. Comme dans beaucoup de séries et notamment de séries Bit-Lit, ce premier tome sert surtout à placer les personnages, le monde et les créatures qui vont peupler les tomes suivants. Du coup l’intrigue se résout un peu vite et facilement, la majorité de l’histoire étant autour des révélations sur le passé de l’héroïne et sur les créatures surnaturelles qui l’entourent.

La narration à la première personne est très fluide et le personnage principal, Maeve, est plutôt attachant. C’est une femme forte, et indépendante à la répartie agréable, sans tomber dans les clichés agaçants que l’on retrouve souvent. A vrai dire, c’est même un personnage très agréable, elle ne réfléchit pas pendant des plombes, pas plus qu’elle ne joue à la sainte-nitouche, c’est une fille comme les autres, une digne descendante d’une Buffy.

Le style de Marika Gallman est très direct et incisif, il y a assez peu de descriptions et l’action est menée tambour battant. Ceci est une des forces du roman, car on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais c’est malheureusement aussi l’une des faiblesses. En effet, à l’exception de l’héroïne et du beau-gosse du roman (oui on est dans de la bit-lit, il en faut un), les personnages secondaires sont très très peu développés. Surtout au niveau des amis de Maeve en fait, ces derniers sont caractérisés par une ou deux traits de caractère… Et c’est tout.

Un autre problème qui m’a dérangé, plus personnel cette fois ci, c’est qu’on n’a aucune idée d’où est-ce que l’action se passe. L’auteur étant francophone, j’en avais déduit que c’était en France, mais les prénoms très anglo-saxon m’ont fait douter et l’endroit de l’action n’est précisé nulle part dans le roman. Ces deux points empêchent de réellement rentrer dans le récit et de le visualiser.

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanLes fans de Bit-Lit y retrouveront très vites leurs marques : narration à la première personne, triangle amoureux en vue et héroïne à laquelle il est plutôt aisée de s’identifier. Cependant, le traitement du vampire et des autres races est assez original, et se démarque vraiment du reste de la production.

Maeve Regan est à mon avis une des premières héroïnes de Bit-Lit francophone depuis le retour de cette littérature, et elle s’en sort vraiment bien. Son auteur a su trouver le juste équilibre entre fantastique, romance, et vie courante. A ce propos il est agréable de remarquer qu’on échappe à toute scène de cul contrairement à certains titres phares (qui a dit Anita ?).

Au final si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller ce Rage de Dents. Vous y trouverez là une héroïne forte et agréable, un univers intéressant et des dialogues bien tournés. Évidemment, ce premier tome n’est pas exempt de tout reproche, mais c’est un des meilleurs début de série Bit-Lit que j’ai lu ces derniers temps, je ne peux donc que vous le conseiller.


C’est Lundi, que lisez vous ? #18

Serafina dans Actualités, Livres le 19 septembre 2011, avec 7 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Du Paganisme à Nietzsche de Nicolas WalzerCette semaine, très peu de choses de mon côté, et pour cause: Gears of War 3 a déboulé dans notre Xbox 360. Du coup, les séances lecture se sont transformées en séances de défarouillage de Lambents et autres parias. Enfin bon, tout le monde n’a pas eu cette chance dans l’équipe, aussi, je me contenterai de parler de mes lectures.

J’ai principalement continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer aux éditions Camion Noir. L’introduction étant terminée, on passe dans le cœur du sujet. J’ai tout de même l’impression que l’auteur privilégie énormément la tendance Black du Metal, et ce même lorsqu’il parle de domaines où les autres genres devraient être majoritaires. Préférant la branche Folk du Pagan, forcément, ça me dérange un peu.

illman

J’ai commencé Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac aux éditions Mnémos, un auteur français dont le nom est si long qu’il a fallu baisse la taille de police pour qu’il tienne sur la couverture. Pour le moment, ce bouquin de Science-Fiction est plutôt sympa.

Serafina

Cette semaine, tout comme dabYo je n’ai pas lu énormément, mon week-end ayant surtout été consacré à faire exploser du Locuste. J’ai tout de même avancé un poil le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton dans la salle d’attente du médecin.

Erzsebeth Bathory de Jacques SirgentCependant, comme je partais en déplacement professionnel et que je ne me voyais pas trop lire ce bouquin devant les collègues, j’ai commencé les Contes Méphitiques, recueil parut aux éditions J’ai Lu regroupant des contes Fantastiques et horrifiques du XIXème siècle. J’ai beaucoup aimé les deux nouvelles lues.

J’ai ensuite terminé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent qui me laisse un peu sur ma faim: le livre est trop court et le procès est trop survolé. Dommage. J’ai ensuite commencé Anthropologie du Metal extrême de Nicolas Walzer aux éditions Camion Blanc. Malheureusement, j’arrive au même constat que dabYo: cet auteur se centre énormément sur le Black, qui est mon genre préféré mais j’aurais préféré quelque chose de plus large (Death, Core…). A voir pour la suite.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


D’habitude les MdM commencent par une présentation du groupe. Je ne vais pas vous faire l’affront de vous présenter celui-ci. Si je devais faire mon top 5 absolu des albums qui m’ont marqué, il y aurait, assez haut, un certain Fallen. Peut être par nostalgie, peut être pas, Evanescence reste un de mes groupes favoris, et les premiers albums repassent régulièrement dans ma playlist.

Autant vous dire que lorsque que leur 3ème (ou 4ème si vous comptez Origin) album a été annoncé, la fangrill s’est réveillée. Et si le premier single tiré de l’album Evanescence, What You Want, est disponible depuis début août, le premier clip, lui, n’est sorti que mardi.



Pour ce qui est du single, il est très catchy, très calibré, mais ça reste du Evanescence reconnaissable à 20 mètres. Je l’aime bien, mais ce n’est pas mon morceau préféré de ce nouvel album (dont je vous ferais la chronique  bientôt). Le clip par contre me laisse relativement perplexe. Evanescence nous a habitué a mieux, a des clips plus travaillés et plus oniriques (Lithium ou Immortal notamment). La c’est quand même très basique avec des scènes so clichés digne d’une couverture de Bit-Lit,

Et vous, que pensez vous du Evanescence cru 2011 ?


Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est le premier roman de Ioànna Bourazopoùlou, auteur grecque, à être traduit en français. Récemment publié par les éditions Ginkgo, ce roman rattaché à la Science-Fiction a été écrit en 2007 et est arrivé sur notre pile à lire par biais de Babelio. Avec sa couverture sobre, une image d’architecture classique et des arches, presque terne, il faut avouer que le bouquin ne m’aurait pas réellement sauté aux yeux en librairie. Mais bon, vous savez ce qu’on dit sur les couvertures… Synopsis.

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou

Il y a dix ans pour des raisons que l’on ignore encore, la mer Méditerranée a débordé et recouvert une partie de l’Europe. Des peuples entiers se sont déplacés, des nations ont disparu. Depuis, Paris est devenu le port le plus moderne du monde, et le sel violet est sorti des entrailles de la terre pour être exploité par la Compagnie des Soixante-Quinze. Multinationale dont le pouvoir sur le monde a augmenté avec son addiction au sel noir qu’elle est la seule à extraire et exploiter depuis une Colonie coupée du monde. Car cette Colonie pour ne pas altérer la qualité du sel, se doit de vivre comme au XIXème siècle, sans électricité ni modernité, complètement hors du temps.

Je dois avouer que je n’avais vraiment aucune idée du sujet du livre en l’ouvrant. La couverture n’indique rien quant à son contenu, et pour cause, puisqu’on penserait plus à quelque chose d’historique qu’à de la Science-Fiction. Il faut dire qu’on est bien loin des stéréotypes du genre, et à la décharge de son concepteur, une fois le livre lu on constate que la couverture voit plutôt juste. Nous allons vivre là une sorte de retour dans le temps. En effet, la Colonie si elle existe dans notre futur, fait vivre ses habitants comme il y a plus de cents ans. Pas d’électricité, des conditions plus que précaires et une communication qui se fait par bateau courrier… Autant dire que les ordres de la Compagnie arrivent en général bien 6 semaines après les évènements.

Mais ce n’est pas pour autant un retour dans le passé, car la façon dont sont gérés ces hommes est vraiment moderne. Enfin, moderne dans le sens où elle se rapproche de ce que l’on peut parfois entrapercevoir dans les différentes techniques de management du personnel, de ce que nous craignons que cela devienne. Qui n’a pas entendu parler des dérives d’Orange ? La Compagnie est bien pire. C’est d’ailleurs là étonnamment l’un des premiers thème de notre livre. Je dis étonnamment car encore une fois, ce n’est pas ce à quoi je m’attendais vis à vis du titre. Pour pouvoir prévoir les actions de ses employés qu’elle ne peut contrôler qu’à distance et par courrier, la Compagnie utilise tout ce qui est à sa disposition pour les manipuler: conditionnement psychologique, suppression de le propriété, règlement stricte et inhumain… Tout est bon à prendre. Attention, il est à noter que contrairement à ce qu’on peut redouter dans ce genre de romans, il ne s’agit pas d’une tribune primaire, mais plutôt extrêmement bien construite.

Le récit de Ioànna Bourazopoùlou est d’une très grande qualité. L’auteur arrive à donner vie à cette Compagnie et à son management, à ces Soixante-Quinze que l’on ne connaît pas et qui semblent réussir à prévoir les moindres faits et gestes de leurs employés. C’est très difficile à expliquer, et il faut lire le roman pour bien comprendre ce principe de Compagnie omnisciente. On retrouve dans notre histoire assez peu de personnages, outre les six ou sept principaux, les autres n’interviennent qu’en temps qu’employé. Même nos « héros » ne sont pas réellement personnifiés à ce niveau, chacun portant un pseudonyme, mais étant principalement connus pour leur fonction au sein de la Colonie: Juge Bateau, Prêtre Monténégro, etc… Cela dit, chacun d’eux a une personnalité assez bien retranscrite, on ne les confond pas et les reconnaît aisément à leur façon d’écrire.

En effet, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est presque ce qu’on pourrait appeler un roman épistolaire, nous allons en effet vivre un temps dans la colonie à travers des lettres qu’ont écrites chacun des protagonistes suite à un évènement particulier. La narration est donc faite en général à la première personne, de manière assez descriptive. Les personnages couchent sur le papier leurs émotions, ce qui nous permet de plonger avec eux dans une sorte de folie paranoïaque. Vraiment très addictive, c’est cette folie et le mystère qui en découle qui va nous pousser à dévorer les pages du roman. Une fois l’amorce faite, on n’arrive d’ailleurs plus à s’en décrocher.

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna BourazopoùlouAutour de cette dérive dans la folie de nos cinq personnages principaux, on retrouve Books. Personnage introverti, il semble s’être coupé du monde depuis que la Mer Méditerranée a englouti les six personnes qui lui étaient chères. C’est avec lui que nous découvrons les cinq lettres, que nous les lisons, et que nous tentons de comprendre afin d’en faire part aux Soixante-Quinze. C’est avec lui que nous aurons droit à un superbe final, sorte de génie à l’état pur. Une vraie merveille.

Au final, je dois dire que ce premier roman traduit de Ioànna Bourazopoùlou m’a réellement surpris. D’abord par le thème abordé, par la façon dont ce dernier est traité, loin des sentiers battus. Puis surtout par ses personnages travaillés, cette Compagnie tentaculaire que l’on découvre avec horreur et qui nous fait froid dans le dos. Non vraiment, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est une réelle surprise que je ne peux que conseiller.