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Les Tangences Divines de Franck Ferric

dabYo dans Critiques, Livres le 20 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Les Tangences Divines est un roman de Franck Ferric sorti aux éditions du Riez à la rentrée de l’année dernière. L’auteur d’imaginaire français n’est pas inconnu de nos colonnes puisqu’il avait déjà plus que conquis Serafina avec son premier roman, La Loi du Désert, et LuxtExMachina avec son recueil de nouvelles Marches Nocturnes, récemment réédité en poche par Lokomodo. Reste à voir si la magie allait opérer de la même façon sur moi. Pour ce second roman, c’est dans les égouts que nous allons nous diriger, ceux de notre capitale Paris. Sa superbe couverture est signée Bastien Lecouffe-Deharme. Synopsis.

Les Tangences Divines de Franck Ferric

Théodule est égoutier à Paris, il fait équipe avec un grand black fan de Jazz, et truc, enfin, le nouveau quoi. Sa vie n’est pas folichonne, son mariage semble battre de l’aile, mais il s’en contente plus ou moins. Se lever tôt, se crever à la tâche et au milieu de la puanteur de la capitale, rentrer pour s’endormir devant la télé, être engueulé par sa femme quand elle rentre à son tour car il n’a rien foutu de son après-midi, manger, puis s’endormir. Recommencer. Enfin, ça c’était jusqu’à ce qu’il fasse son malaise dans les égouts et découvre l’envers du décors de notre monde.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce roman, et je dois avouer que j’ai été franchement surpris. Notre histoire se déroule donc à Paris, notre héros est un égoutier, et doit sans doute être le seul égoutier dont j’ai jamais suivi les tribulations. Il faut dire que Théodule n’est pas du tout le type de personnage qui est mis en avant habituellement. Il a une vie ordinaire, pas franchement à la hauteur de ce qu’il avait pu espérer, mais bon, ça lui suffit. Il est en soit un peu n’importe qui, et le lecteur peut aisément s’y identifier, ou tout du moins, le comprendre. Bon, il a certes quelques traits de caractère particulier, notamment un certain jemenfoutisme et manque d’entrain qui peuvent parfois étonner, mais qui ne sont pas du tout déplaisant.

Franck Ferric

Franck Ferric

Le livre a un côté très terre à terre, de par son héros qu’on pourrait qualifier d’ordinaire, mais aussi et surtout avec sa narration. Faite au présent, avec des descriptions au présent et l’action au présent, les différents détails de la vie du héros prennent une grosse importance sur notre histoire. Alors oui, parfois on le suit dans le feu de l’action, mais d’autre fois, on patiente à ses côtés pendant qu’il mange sa pomme ou cherche ses clefs. Ces détails qu’on pourrait qualifier d’inutiles peuvent laisser perplexe. J’avoue que cela a été mon cas à certains moments, cela dit, ça donne un certain atmosphère au livre, une sorte de force tranquille que j’ai plutôt appréciée. On pourra malheureusement regretter l’abus du il, les répétitions qu’il procure se remarquent rapidement sur certains passages.

Notre histoire se déroule certes à Paris, mais il s’agit tout de même d’un livre de genre Fantastique, qui dans son univers m’a fait penser au roman de Terry Pratchett, Les Petits Dieux et autres Neil Gaiman. Pour ne pas révéler l’histoire ni gâcher la surprise et la découverte de l’univers, je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais c’est vraiment quelque chose de très sympathique à lire. Les idées sont plutôt originales et on peut plus ou moins les qualifier de complètement tripesque. Le tout est loufoque mais plutôt cohérent lorsqu’on se prend au jeu. Et je m’y suis largement pris, ce qui est d’autant plus agréable. L’échappée en avant de notre personnage dans un univers loufoque est d’autant plus absurde que Théodule reste affreusement terre à terre. Quand il ne pense pas à ses clefs, c’est sa femme qui occupe ses pensées. Va-t-il réussir à se faire pardonner ? Ne faudrait-il pas qu’il les laissent tous là en plan, pour reprendre sa petite vie pépère ?

Les Tangences Divines de Franck FerricDerrière l’absurde se cache aussi un grand cynisme, une critique de notre société, de notre façon de vivre. On pourra la trouver juste, facile, ou erronée, et je suppose que tout dépendra des convictions du lecteur. Cela dit, à aucun moment cela ne gâche la lecture, qu’on partage les idées ou non. Franck Ferric propose une vision posée, non manichéenne, loin de la revendication malvenue ou du roman moralisateur. Je dirai plutôt que j’en ai vu ressortir une sorte de c’est mal foutu, mais c’est la vie.

Au final, Les Tangences Divines était une lecture sympathique qui m’a pris et m’a donné envie de poursuivre ma lecture pour savoir ce qu’il allait bien pouvoir advenir de notre héros. Je regretterai simplement sa narration au présent, qui m’a parfois déçu. C’était un agréable moment passé avec Théodule, un périple agréable et surprenant dans la capitale de Paris qui nous offre là un notre Neverwhere franco-français. Un bon moyen de découvrir Franck Ferric en tout cas.


…is Alive ! de Snowy Shaw

Serafina dans Critiques, Musique le 18 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Snowy Shaw est un mercenaire, un multi-instrumentaliste dont la liste de groupes avec lesquels il a collaboré est longue comme mon bras. Et pas n’importe quels groupes, entre autres, King Diamond, Mercyful Fate, Dream Evil, Dimmu Borgir, Deathstars et bien sur Therion. L’année dernière, il a fait une sorte de show dédiée à sa propre gloire où il joue sur scène un peu de tous les groupes auxquels il a participé. Le show a été enregistré et vient de sortir en album sur Spotify, iTunes, et autres services de dématérialisation. Servi par une très belle cover de All Things Rotten, une sortie physique en vinyle est envisagée, mais je n’ai pas d’informations dessus.

Plusieurs artworks de All Things Rotten sont disponible sur son DeviantArt en très bonne qualité

…is Alive ! se compose donc de 18 morceaux, le 4ème étant juste parlé, de groupes différents avec divers guests. Une sorte d’ego-trip, une rétrospective un brin arrogante, mais après tout pourquoi pas. Je dois avouer être assez perplexe sur le principe, ça fait un peu beaucoup prétentieux, mais bon le concept reste vachement original, bon pour les fangrills, et plutôt bien ficelé.

A vrai dire, au vu du nombre de groupes et des styles assez différents, je m’attendais un peu au pire. Mais en réalité, il n’en est rien, les morceaux s’enchainent très bien, des plus symphoniques aux plus physiques, les reprises de King Diamond notamment. Il n’y a pas de temps mort. L’équilibre entre ses groupes est plutôt bon comme vous pouvez le voir ci-dessous. A noter, Snowy Shaw n’a écrit, voire même participé à l’enregistrement, que très peu de ces morceaux, cependant, il les a souvent interprétées live, ce qui  justifie leur présence. Je parle ici notamment des reprises de King Diamond ou Therion.

Snowy Shaw

  1. Black Funeral (Mercyful Fate)
  2. Typhon (Therion)
  3. Book Of Heavy Metal  (Dream Evil)
  4. Introduxtion De La Ronque
  5. Whether With or Without  (Illwill)
  6. Progenies Of The Great Apocalypse (Dimmu Borgir)
  7. Blacksmith & Co (Notre Dame)
  8. Man or Mouse  (Dream Evil)
  9. The Candle (King Diamond)
  10. Bouffoon Bloody Bouffoon (Notre Dame)
  11. The Rhyme / Seeds of Hatred (Memento Mori)
  12. I Want You To Want Me (Cheap Trick Cover)
  13. The Medley
  14. The Fashionista (XXX)
  15. Eye Of The Witch (King Diamond)
  16. Sleepless Nights (King Diamond)
  17. Singh Hai (IllWill)
  18. Vlad The Impaler (Notre Dame)
  19. To Mega Therion (Therion)

J’ai particulièrement apprécié la présence de Typhon, un morceau de Therion, originellement chanté par Christofer Johnsson mais que Snowy reprend à merveille. A noter, certains morceaux joués en live n’ont pas été mis sur le CD, c’est notamment le cas de la reprise de My Generation des Who qu’il chantait avec Mats Levén et Thomas Vikstrom, sans doute pour des raisons de droits. En effet, le musicien accueille sur cet album un certain nombres de guests, notamment Andy De La Rocque (King Diamond, IllWill , etc) à la guitare, Mats Levén (Therion, Krux) au chant, ou Hal Patino (King Diamond) à la basse. C’est évidemment pour le plus grand plaisir des fans qui peuvent comme moi considérer que Mats est le meilleur chanteur de Therion.

Il faudra noter que l’album a été post-produit par l’artiste lui même, n’est édité sur aucun label, et est donc de l’auto-produit pur. Je dois dire que si je salue la performance, qui est plutôt bonne, elle explique aussi peut être pourquoi les cris du public sont si présents sur les enregistrements. Peut être que quelques intermédiaires auraient pu travailler là dessus, et donner un peu moins l’impression qu’une partie de l’album ressemble à un enregistrement assez brut.

...Is Alive de Snowy ShawUn enregistrement DVD a été effectué, et une sortie est prévue après les festivals de cet été où il compte se produire en live. Au vu de la vidéo-teaser, ça a l’air d’être un sacré show, ce qui n’est pas bien étonnant le personnage étant avant tout un vrai showman. Je dois vous avouer espérer secrètement sa présence à Clisson.

Au final, …is Alive de Snowy Shaw est un album très sympathique à écouter. On pourra être un peu déstabilisé par l’importance des cris du public, mais la plupart des enregistrements restent d’une excellente qualité. Cela dit, ce sera surement une fois en DVD que le show prendra toute son ampleur, tant l’artiste semble avoir soigné son casting, sa présentation et sa présence scénique.

Et puis, si vous n’avez jamais jeté une oreille à ses différents groupes, ou à son parcours, c’est peut être le moment de le faire.


Le Chant des Psychomorphes de Laurent Whale

illman dans Critiques, Livres le 17 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Le Chant des Psychomorphes est le premier roman de l’auteur franco-britannique Laurent Whale paru en 2006 aux éditions Rivière Blanche et réédité ici en format poche par Lokomodo. La couverture est d’Alexandre Bonvalot et donne tout de suite le ton de ce Space Opera de quelques 260 pages. On démarre comme de coutume par le synopsis de la bête.

Le Chant des Psycomorphes de Laurent Whale aux éditions Lokomodo

Zéar est un fonctionnaire mais pas du type qui gratte du papier derrière un bureau sur Novo-Petersbourg. Il a déjà eu l’occasion de rouler sa bosse dans la galaxie en tant que contrôleur des taxes commerciales. Alors que l’ennui et la routine semblaient néanmoins le rattraper, la rencontre avec un cafard d’ambassade, selon ses propres termes, va le plonger malgré lui dans une machination qui dépasse tout ce que l’humanité avait pu fomenter dans le passé. Maintenant fugitif, il n’a plus qu’une idée, disparaître du paysage le temps que tout ce bazar se tasse, mais le bazar ne va pas le lâcher.

Notre héros Zéar avait tout pour me plaire: désabusé, totalement déboussolé par sa fuite précipitée, il ne veut pas être un héros, il veut juste ne pas se faire tuer. Il donne un peu une impression de M. tout-le-monde en cavale, mais avec la licence de pilote, et ça aide forcément à se rapprocher du personnage. Il ne sera pas tout seul dans cette galère, un jeune homme Tingal, viendra lui tenir compagnie. Débrouillard mais encore naïf, on découvrira la galaxie à travers ses yeux qui n’avaient jamais vu l’espace avant. Ce « couple » est bien travaillé et leurs interactions ne manquent pas d’humour pour certaines, bref des personnages sympathiques.

Il y a bien sur un cast féminin, faire valoir à l’holywoodienne, elles ont tout de même un rôle et une importance non négligeable dans l’histoire. En ce qui concerne l’antagonisme dans l’affaire, des méchants sont bien de la partie, ils sont un peu effacés mais l’histoire n’avait besoin d’eux que pour les twists du scénario, et ce n’est pas plus mal vu le peu de charisme qu’ils ont.

Le Chant des Psycomorphes de Laurent Whale aux éditions Rivière Blanche

L’intrigue a réussi à me surprendre, alors que je croyais fermement pendant tout le premier chapitre au classique complot intergalactique mettant sur le devant de la scène Zéar, l’auteur en profite pour calmer allègrement mes ardeurs dès le second chapitre, me signalant au passage que son histoire pourrait bien être plus intéressante que prévu. Nos héros crapahuteront dans un tas de lieu divers et variés, allant de la jungle urbaine à la jungle tropicale. Malgré la faible épaisseur du roman, l’auteur nous livre les clés de son univers au travers de sa géopolitique, montrant ainsi une certaine recherche pour nous proposer un environnement cohérent. Il y a juste, et ce n’est sans doute qu’une impression, que ledit univers me parait un peu petit en terme de distance.

Le Chant des Psycomorphes de Laurent Whale aux éditions LokomodoLaurent Whale va à l’essentiel dans sa narration, on enchaîne les scènes avec fluidité. Il y a juste un passage que je n’ai pas trouvé bien clair, mais vu que cela ne nuisait pas à la compréhension globale et que cela se passait dans un relatif chaos, je vais cacher ce détail sous le tapis. Depuis tout à l’heure j’utilise des termes qui font sans doute penser au cinéma, c’est sans doute parce qu’inconsciemment, je le verrai bien adapté en film ce bouquin, ça pourrait faire du bon Space Opera de derrière les fagots.

Le Chant des Psychomophes est donc une plutôt bonne surprise pour ce début d’année, dans un genre pas forcément évident à renouveler. Laurent Whale s’en tire vraiment bien et m’a donné envie de jeter un coup d’œil à ses autres ouvrages, même si le prix de son dernier bouquin Les étoiles s’en balancent (25 €) chez Rivière Blanche m’a légèrement refroidi. Celui-ci, en poche, vaut en tout cas assurément son prix.


C’est Lundi, que lisez vous ? #29

dabYo dans Actualités, Livres le 16 janvier 2012, avec 7 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Cette fois, tout le monde m’a plus ou moins lâché, et il semblerait que je sois le seul à avoir lu. Mouais.

dabYo

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions LokomodoCette semaine j’ai plutôt bien attaqué un roman des éditions Lokomodo, La Première Mort de Patrick Eris. Il s’agit d’un Polar se déroulant à Amsterdam et ayant pour héroïne une jeune étudiante anglaise.

Après près de cent pages, je dois avouer que si l’on retrouve bien un meurtre, les éléments du genre Polar, notamment l’enquête, ne sont pas encore bien présents. Cela ne me manque pas, mais pourrait surprendre ceux qui s’attendent à un roman faisant plus place à l’action. On est plutôt ici face à une sorte d’introspection de notre héroïne, qui ne sait trop comment réagir face à la mort d’un de ses proches, poignardé sauvagement.

Je ne doute pas que le rythme va changer dans la seconde partie du roman, ceci dit, pour l’instant je trouve que cela tient plutôt bien la route, le comportement de Val est plutôt cohérent et crédible. Le style est lent, mais pas trop, et le décors de la ville hollandaise est vraiment bien retranscrit.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


En ce début d’année, Swallow The Sun, groupe de Doom-Death Finlandais que j’adore et que j’avais vu au Hellfest 2010 a sorti son nouveau clip, Cathedral Walls, premier single extrait de l’album à venir Emerald Forest and the Blackbird prévu pour le 1er Février.

Personnellement, je suis sous le charme. On retrouve tout ce qui fait Swallow The Sun, une ambiance dépressive et parfois haineuse (qui n’a rien à envier à un Anathema des débuts), des guitares lancinantes. En prime, ce single nous fait l’excellente surprise d’avoir un chant féminin, qui rappelle les groupes de Doom-Death de la grande époque, Theatre of Tragedy par exemple.

La chanteuse n’est autre que Anette Olzon connue pour son chant dans Nightwish. Si elle peut laisser parfois perplexe dans Nightwish, ici, son chant colle parfaitement et donne une douceur éthérée au single.

Pour ne rien gâcher, le clip est bien réalisé, loin des clichés du Metal. Bref, que du bon, j’ai hâte de l’album.


Le cinquième jour de Maud Tabachnik

Serafina dans Critiques, Livres le 13 janvier 2012, avec 5 commentaires
Critiques

Le cinquième jour est un roman de Maud Tabachnik sorti en 2001. A vrai dire, malgré sa couverture plutôt sympa, rien ne m’aurait dirigée vers ce livre si un collègue ne me l’avait pas conseillé et prêté, les mots « tueur cannibale » ayant le même effet que « bio de rockstar héroïnomane » chez moi. Au mépris de ma PAL plus que conséquente et des deux livres déjà entamés, je me suis jetée dessus. Synopsis ?

Le Cinquième Jour de Maud Tabachnik

Gloria, une jeune fille, suit un presque inconnu pour un prétendu anniversaire. Elle ne reviendra jamais. La police de New York est particulièrement impliquée sur ce cas, on ne rigole pas avec les enlèvements d’enfants. Plus tard, un prostitué est retrouvé mort et mutilé. Rien ne relie en apparence les deux victimes, et pourtant … Stan Levine est inspecteur, bon père de famille, il prend la chose à cœur et s’engage à la poursuite du tueur.

Maud Tabachnik

Maud Tabachnik

Il faut le reconnaitre , je ne lis pas énormément de Thriller, mais celui ci suit les codes du genre : chapitres courts, alternance de point de vues, suspens, cliffhangers. Ceci dit, les codes sont bien maitrisés, et du coup servent vraiment le récit. Les chapitres courts donnent un coté haletant, le fait de suivre les deux personnages fait évidemment dévorer les pages, le lecteur attendant avec impatience le moment où les deux vont se croiser.

Le style est très direct et ne fait pas dans la douceur. Contrairement à ce que son nom laisse penser, et au vu de l’endroit où se place l’intrigue, New York, Maud Tabachnik est bien française . Son écriture est très réaliste les dialogues sonnent bien, c’est vif. Si l’intrigue est évidemment au centre du roman, les personnages  ne sont pas reste et sont plutôt bien crédibles.

L’atmosphère de New York est très bien retranscrite, que cela soit la chaleur en été, les quartiers ou bien les luttes de pouvoir entre hauts dignitaires, j’ai trouvé que c’était très bien fait et très immersif. Traiter d’un serial-killer cannibale avec un style aussi cru et direct pourra en choquer certains. On n’est pas au point du Corps Exquis de Poppy Z. Brite, mais tout de même je pense qu’il ne s’agit pas d’un livre à mettre dans toutes les mains. L’histoire est inspirée de celle de Albert Fish, serial-killer du début du XXème siécle, alors que Le Corps Exquis s’inspire plutôt de Jeffrey Dahmer et Denis Nilsen. L’intrigue en elle même est vraiment bien menée, haletante et sans le moindre temps mort, jusqu’au final, assez surprenant et pas du tout tel qu’on l’attend.

Le Cinquième Jour de Maud TabachnikBref c’est un sans faute pour ce Thriller. J’ai dévoré les 300 pages qu’il compte en deux jours. Je ne peux donc que vous le conseiller, surtout qu’il est sorti en poche aux éditions Le Livre de Poche et donc tout à fait accessible. Personnellement, j’ai bien envie de lire d’autres livres de l’auteur, notamment son Memoires d’un Bourreau qui traite de la Shoah, ou J’ai vu le diable en face au sujet des meurtres de Juarez. Une très bonne découverte, si vous ne connaissez pas cette auteur, je ne peux que vous encourager à la découvrir. A noter qu’apparemment on peut retrouver certains personnages et l’univers dans un autre de ses romans, Ne vous retournez pas.


Silence, ça tourne ! #17

dabYo dans Actualités, Films le 12 janvier 2012, avec 7 commentaires
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Première séance pour cette année 2012 de Silence, ça tourne ! Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Retour vers le futur

Retour vers le Futur de Robert ZemeckisAussi étonnant que ça puisse paraître, jusqu’à peu, je faisais partie des rares personnes qui n’avaient jamais vu Retour vers le futur. J’avais certes entre-aperçu ça et là, des morceaux au gré des multiples rediffusions à la télé, mais jamais du début jusqu’à la fin. C’est chose corrigée.

Si vous êtes aussi inculte que moi, vous pouvez peut être ignorer qu’on retrouve notamment Steven Spielberg et Frank Marshall à la production, Robert Zemeckis à la réalisation, et la superstar de l’époque, Michael J. Fox.

Culte pour nombreux d’entre nous, je dois avouer que ce premier épisode est vraiment sympathique. On sent certes clairement qu’il a été tourné dans les années 80, que ce soit dans les habits, dans la manière de filmer, dans les répliques et surtout, dans ces adorables doublages français. Mais ça ne gâche pas la qualité du film, potache mais drôle, un régal. La panoplie des personnages est certes caricaturale, mais bien adaptée aux péripéties de l’histoire.

Le principe, que vous devez bien entendu connaître, est vraiment bien utilisé dans cet épisode et ne souffre (pas trop) d’incohérences. Si on le classe souvent dans le genre Science-Fiction, j’y suis tout de même assez perplexe, tant la technologie n’y est pas réellement au centre. Alors certes, Doc’ est excellent dans ses tirades scientifiques, mais elle n’y change pas grand chose.

Retour vers le futur 2

Suite au succès mérité du premier est sortie quatre ans plus tard une suite. Bon, il faut dire qu’elle était annoncée dès la fin du premier, même c’était pour le gag. Du coup, si cela semblait certes être « prévu », les scénaristes pour coller à la fin ont du partir sur la même base.

Retour vers le Futur 2 de Robert ZemeckisEt c’est là où le bas blesse, puisqu’ils se retrouvent avec un personnage dont ils ne savent que faire et qui va rendre le scénario parfois assez hasardeux, quand il n’est carrément pas crédible. Des personnages principaux qui proposent de laisser leur connaissance inconsciente sur une poubelle, seriously ? Bon, c’est certes marrant quand on y pense, mais la zapper du début du film aurait été plus crédible, quitte à assumer cette petite incohérence.

Contrairement au premier épisode, Marty et Doc’ ne se dirigent là pas que dans le passé, mais bien dans le futur, en 2015 pour être exact. Forcément, regarder le film en 2011 et voir que le skateboard-so1980 devrait bientôt exister mets à mal la réalité. Alors certes, on peut s’en foutre, et il ne faut pas s’attarder sur ce genre de détails pour apprécier la série de toute façon. Maiiis, ça fait bizarre. Ceci dit, certaines petites phrases, très auto-critiques, sont tout simplement géniales. Oui, je parle de celle du requin.

Au final, si on est pas au même niveau que pour le premier épisode, il faut avouer que cette suite de Retour vers le futur montre vraiment dans quelle direction se dirigeait le cinéma américain, tant même pour un film qui n’est pas forcément étiqueté « film d’action » il y avait beaucoup de scènes de « grand spectacle ».

Urgences Saison 1, épisodes 1 à 15

On continue nos séances de rattrapage de mon inculture avec une série cette fois, que je n’ai bien entendu jamais vu sauf par hasard, Urgences. Si comme moi vous n’avez jamais vu George Clooney ailleurs que dans des pubs Nespresso, il va falloir vous y mettre.

Urgences (ER) Saison 1Outre notre caféinomane, on retrouve notamment Julianna Margulies que l’on a pu apprécier cette année dans The Good Wife, ainsi que Noah Wyle dont la participation à Falling Skies était plus que regrettable.

Le pitch, vous devez bien entendu le connaître, mais tout de même: on suit des internes d’un service d’urgence de l’un des hôpitaux de Chicago. Les études de médecine n’étant pas ma tasse de thé, je ne saurai dire si cela correspond complètement au parcours de nos propres étudiants en médecine. Mais toujours est il que, contrairement à un Dr House par exemple, nos personnages sont encore dans leur phase d’études, et apprennent.

Les épisodes sont très rythmés, avec de nombreux cas d’urgences. Là, nous ne somme pas dans le Monster of the Week, mais dans le Monsters of the Week. Pas mal de cas, souvent nombreux, qui sont là pour nous faire découvrir peu à peu les personnages, leurs faiblesses, leurs relations. Il faut avouer que c’est plutôt très addictif pour le moment.

La seule chose que je regretterai pour le moment, c’est que près de 20 ans plus tard, la série soit toujours vendu aussi chère en DVD alors qu’elle a surement été amortie jusqu’à la moelle.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ? Y a des gens qui ne sont pas fans de Retour vers le futur, ici ?


Au top des biographies de rockstars, il y a The Dirt, la biographie « sulfureuse » du plus célèbre des groupes de Metal: Mötley Crüe. Ce n’est pas moi qui le dit, mais bien le sous titre qu’a choisi le groupe de Glam Metal en question. Écrite en collaboration avec Neil Strauss, elle permet aux fans de voir le groupe à travers, entre autres, ses quatre protagonistes. Après avoir lu les Heroin Diaries de Nikki Sixx, leur leader, j’avais envie d’en savoir plus sur le groupe, notamment comment ils ont réussi à percer, et donc, en croisant cette bio traduite en France aux éditions Camion Blanc chez un bouquiniste parisien, je n’ai pas su résister.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss

A noter qu'après lecture du bouquin, je ne sais toujours pas qui est sur la couverture...

The Dirt part de l’enfance des quatre compères, qui ont tous eu différemment des vies de merde ou presque, pour passer par la naissance du groupe, les flottements avant d’arriver à un line-up correct, le premier album Too Fast For Love auto-produit, puis le succès, et pour enfin en arriver à la déchéance. La plongée dans l’univers des musiciens de bars du Los Angeles de l’époque est parfaitement passionnante, on croise pas mal de groupes, et ça nous donne une image de Mötley à laquelle on ne pense pas forcément. Si ils sont surtout connus pour leurs succès commerciaux et ultra radio-friendly, on oublie souvent que c’est un groupe qui a galéré pour en arriver là, qui a sorti ses premiers albums dans une indifférence presque totale.

Grâce au travail d’écriture de Neil Strauss puis de la traduction, le style est uniforme, même lorsqu’on alterne les points de vue entre les protagonistes. La première partie jusqu’au début de la déchéance est régulièrement très drôle, que cela soit les frasques de rockstar ou juste les trips de gamins paumés. Souvent, c’est du comique de situation, n’empêche que ça fait rire. La partie sur la montée du groupe est particulièrement intéressante d’ailleurs, car elle est tellement vraie, et tellement banale, comme tous ces groupes d’ado qui répètent dans un garage.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss

Couverture de la version originale, qui n'a sans doute pas pu être conservée pour une question de droits

Comme l’indique la préface, l’autobiographie passe assez rapidement sur les années de gloire, qui va du milieu des années 80 à la fin de ces dernières, pour une raison fort simple : ils étaient tellement sous drogues que pas grand monde n’en garde grand souvenir. Du coup, n’espérez pas découvrir comment Nikki Sixx a composé  Kickstart my Heart ou qu’est ce qui lui a fait changer les chœurs moisis de la démo pour le refrain définitif. Ces passages passent très très vite. Les membres sont plus marqués par leurs abus divers (alco, drogues, sexe) que par leur parcours musical de l’époque. A ce propos, comme vous vous en doutez, le livre est assez cru et n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.

C’est un peu frustrant, mais cette autobiographie est du coup totalement complémentaire avec The Heroin Diaries de Nikki, qui grâce à sa forme de journal au jour le jour rentre bien plus dans le détail de la vie de groupe, on évite donc les redites. Le groupe prend le temps de se calmer au début des années 90 et là, ils commencent à réfléchir, à analyser leur musique, leurs envies d’évolution, etc. Et malheureusement commence aussi là la déchéance, car le groupe est connu pour avoir connu une grosse passe à vide dans les années 90. On regrettera cependant le côté bien pensant, le côté mea-culpa de certaines interviews, qui finissent sur des notes de « ouais j’étais con, mais en fait on s’aime bien, etc« . C’est très politiquement correct, surtout sur la fin. Alors évidemment, il y a sans doutes des raisons légales derrière tout cela, mais la deuxième partie est du coup moins intéressante que la première.

La biographie s’arrête en 2001, ce qui signifie que la réunion du groupe n’était pas encore effective et que la composition de Saints of Los Angeles leur dernier disque en date, que nous adorons ici et qui leur a permis de passer au Hellfest 2009, n’est pas évoquée.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss

Les plus grandes heures de Mötley Crüe

Comme pour tout Camion Blanc, l’ensemble des photos sont en noir et blanc. Je dois dire que je préfère grandement la couverture de la version anglophone, avec sa bouteille de Jack Daniel’s. Sans compter que celle ci est moitié moins chère et a des pages couleurs. Mais il faut bien financer la traduction effectuée par Camion Blanc, qui est d’ailleurs très bonne et le mérite amplement. Assurée par Yves Balandret, je n’ai pas noté de faute, ni d’orthographe ni d’autre problème au niveau du sens, ce qui en rend la lecture sacrément agréable et prenante.

The Dirt, confessions de Mötley Crüe, de Neil Strauss Malgré ces quelques défauts, The Dirt est un livre à lire pour parfaire votre culture musicale, que vous aimez ou non Mötley Crüe et leur Glam Metal, car cela permet d’avoir un regard un peu plus objectif sur ce groupe surtout connu pour ses frasques.

Du fait de la longue période couverte, on peut regretter que certains moments soient évoqués un peu rapidement, mais malgré tout pour tous les curieux de la scène de L.A. ou du Metal des années 80, je ne peux que vous le conseiller.

A noter que vous pouvez en lire une bonne partie en ligne gratuitement avec l’accord des éditions Camion Blanc sur Google Books.


Sang Neuf est le premier tome de la série American Vampire, créée par Scott Snyder et mise en image par Rafael Albuquerque. Ce comic aux dents longues accueille en plus pour son premier tome Stephen King au scénario, qu’il assurera pour quatre des cinq chapitres qu’il comporte. Publié aux États-Unis par Vertigo, c’est Panini Comics qui s’occupe de sa traduction française, sortie en février de cette année 2011. Avec son superbe graphisme et son thème particulièrement en vogue, il était évident qu’il me fallait y jeter un coup d’œil. Synopsis.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et Snyder

Skinner Sweet est un voleur et hors la loi qui sévissait sur les terres du farwest américain du XIXème siècle qui finira par être attrapé par le détective James Book. Mais c’est sans compter sur ses complices, qui vont l’aider à s’évader en faisant dérailler le train qui le transférait vers une autre prison, profitant au passage pour réduire au silence les hommes de loi. Parmi les passagers, un mystérieux Percy, banquier véreux et à l’empire financier colossal, qui semble ne pas réellement apprécier la lumière du jour et qui a la fâcheuse capacité de se mouvoir même après avoir pris une dizaine de balles dans le bide.

Écrire un synopsis pour ce premier tome d’American Vampire est plutôt difficile pour une raison simple: la narration de ce premier volume est des plus chaotique. Nous allons en effet suivre le destin de plusieurs personnages sur des périodes différentes, dans l’espace et dans le temps. On découvre d’un côté la vie de Pearl Jones, une jeune américaine qui rêve de faire du cinéma à Hollywood, mais aussi celle d’un jeune poltron qui suivait le shérif là où il allait, et notamment lors de l’arrestation de Skinner Sweet. Ce dernier a utilisé cette histoire pour sortir un roman, qui est dans les années 1920 un grand classique de la littérature de genre, au même titre qu’un certain Dracula de Bram Stocker. L’écrivain lors d’un discours tenu à l’occasion de la réédition de son roman, nous retrace l’histoire de Skinner Sweet et nous apprend qu’il n’a pas inventé les détails, et que, pour lui, les vampires existent vraiment.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et Snyder

On alterne donc chapitres en 1920 à Hollywood, d’autres avec notre écrivain, et encore d’autres avec Skinner et le shérif. Si c’est vraiment addictif, notamment parce que les différentes histoires sont très prenantes et entrecoupées, il faut avouer que c’est plus que perdant. Le début de la lecture est chaotique, difficile. On se perd dans les scènes, on a du mal à situer les périodes, on ne comprend pas pourquoi l’on voit des personnages similaires à des périodes différentes. Mais dès que les éléments sont un peu assimilés, le tout roule comme sur des roulettes et est vraiment bien ficelé.

La série a un univers très Western, et bien qu’on y suit l’époque des débuts du cinéma et du Rêve Américain, le côté sans foi ni loi où tout peut arriver est très bien retranscrit. Il faut dire que la thématique des vampires tout puissants et maîtres de l’économie américaine est de ce côté là une très bonne idée. Elle est très bien intégrée, et bien qu’elle ne soit pas vraiment développée, je ne pense pas qu’elle le sera par ailleurs, ce postulat est crédible. Le monde d’alors est encore assez sauvage pour que des vampires s’y cachent sans réel problème.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et SnyderLes vampires d’American Vampire sont loin des midinettes de Twilight et il faut dire que le comic est plutôt violent. Des images sont trashs, ça s’arrache du bras et le dessinateur ne nous épargne rien. C’est aussi une partie du style graphique, qui se veut assez brut tout en étant sublime. Le style du dessin de Rafael Albuquerque m’a complètement séduit, et les mises en couleurs opérées par Dave McCaig sont vraiment superbes. Le tout alterne très souvent entre le beau, superbe voir grandiloquent, et le carrément sale, laid. Un laid travaillé bien entendu, un laid qui fait peur et révulse. On regrettera simplement que la qualité des couleurs varie, comme dans bien des comics, suivant le chapitre. M’enfin, on s’y fait.

Au final, Sang Neuf m’a convaincu, avec sa patte graphique tout d’abord et ses vampires qui n’hésiteront pas à vous laisser mort dans les caniveaux salles de Hollywood. Mais aussi par son scénario pour le moment très convaincant, aux nombreuses ellipses et à la narration prenante. Reste à savoir si le deuxième tome, Le Diable du Désert, sera transformer l’essai et faire d’American Vampire une série à suivre.


C’est Lundi, que lisez vous ? #28

Serafina dans Actualités, Livres le 9 janvier 2012, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après une semaine de Rétrospective 2011, nous voilà de retour !

dabYo

En Mission Honor Harrington de David Weber Tome 1J’ai continué ma lecture du premier tome de En Mission de David Weber aux éditions l’Atalante. Cet arc est le 11ème que compte sa série Honor Harrington, et bien que je n’en ai lu qu’un seul jusqu’à présent, et encore, dans son univers étendu, je n’ai pas été trop perdu.

Il faut avouer qu’il faut aimer le genre pour accrocher, mais le début de cet arc est vraiment génial. Je l’ai terminé tout juste hier et j’ai du me faire violence pour ne pas enchaîner directement. La coupure est pile poile au bon endroit et le suspens était vraiment à son paroxysme. Je commence vraiment à comprendre pourquoi une série si technique a réussi à se maintenir en vie si longtemps.

Serafina

Le Cinquième Jour de Maud TabachnikCette semaine j’ai lu Le Cinquième Jour de Maud Tabachnik, un Thriller qu’un collègue m’a prêté. Ça traite de tueur en série cannibale, alors forcement je me suis jetée dessus. Je dois dire que j’ai vraiment beaucoup aimé, l’intrigue est bien menée, haletante et surprenante jusqu’au bout. Bref, une très bonne surprise. J’espère en lire d’autre de cette auteur française.

J’ai aussi continué Strange Angels de Lili St Crow, un roman jeunesse aux éditions Castlemore qui réussi a ne pas virer dans le Mary Sue ni dans les ficelles grossières. L’héroïne est très sympathique, et je dois dire que le bouquin se lit vraiment très bien. Il semblerait que je ne commence l’année qu’avec de bonnes choses.

J’ai aussi un peu avancé dans l’intégrale tome 4 du Trône de Fer, afin d’avoir les idées claires et de pouvoir commencer A Dance with Dragon ! Pour le moment, je viens de terminer ce qui correspond au dixième tome de la version découpée, Le Chaos et j’ai entamé Les Sables de Dorne.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?