Dernièrement sur if is Dead:

Tuer le Père de Amélie Nothomb

dabYo dans Critiques, Livres le 18 octobre 2011, avec 6 commentaires
Critiques

La rentrée littéraire est un évènement dont nous autres fans de littérature de genre sommes relativement peu la cible. Si cela touche le Policier/Thriller avec la sortie des romans des grosses pointures du genre, la Fantasy et la Science Fiction en sont épargnés. Et pourtant, cette année j’ai participé au jeu en lisant « le dernier Nothomb », euh, Tuer le Père d’Amélie Nothomb, plutôt. L’auteur belge, et non française, sort chaque année un roman à cette époque depuis Mathusalem quelques années et je dois avouer que c’était la première fois que je lisais un de ses écrits. Synopsis.

Tuer le Père de Amélie Nothomb

Lors d’une soirée entre magiciens, à laquelle elle assiste déguisée en Amélie Nothomb, Amélie Nothomb observe une table de magiciens qui jouent au poker. Le plus doué d’entre eux, Joe, semble être très concentré tandis qu’une personne un peu plus loin au bar l’observe sans le quitter des yeux. C’est alors qu’un autre invité ayant vu qu’elle avait remarqué leur manège commence à lui expliquer pour quelle raison ces deux là se suivent à la trace.

Tuer le Père est un roman qui commence au présent et va par la suite nous raconter la vie de magicien de Joe, ou plutôt son adolescence. On suit le personnage depuis son départ soudain et forcé du foyer familial jusqu’à son avènement, son premier « gros coup », en tant que magicien. Mais avant de nous étendre sur le scénario, parlons tout d’abord du style d’écriture d’Amélie Nothomb. Ce roman se lit en effet très vite. Tout d’abord parce que c’est une longue novella qui a été sortie packagée en roman par Albin Michel, un total de 151 pages auquel on arrive poussivement en écrivant le plus gros possible et en laissant des marges sur les côtés. Mais aussi parce que le style de Nothomb est du genre très direct, très simple, voir simpliste.

C’est peut être ce qu’on appelle un style particulier, je n’en sais rien, mais j’ai plutôt eu l’impression d’avoir affaire à des phrases écrites par des élèves de primaire. Sérieusement. C’est un peu grossier comme description, et pourtant, j’ai eu du mal à m’en défaire. Les phrases sont parfois construites bizarrement, brutes, les liaisons sont grossières, bref, je suis perplexe. Est ce là son talent ? Je suppose que non, ou que j’y suis complètement imperméable. L’auteur fait aussi des digressions vraiment bizarres, nous faisant part de réflexions sans intérêt sur les différence entre l’anglais et le français.

Amélie Nothomb

Je ne sais pas si c’est à cause de ce style « simpliste » ou simplement de son contenu, mais cette œuvre d’Amélie Nothomb ne m’a pas donné l’impression d’être face à une histoire franchement passionnante. Elle est correcte, mais sa façon de nous la conter n’est pas exceptionnelle. Dans ses interviews, l’auteur dit plus ou moins qu’elle nous livre ici « le bluff parfait ». En d’autres termes, non seulement le livre va parler de poker, mais en plus, notre lecture va se dérouler comme une partie de poker. Sous entendu final: on va être super surpris par la révélation finale, on y aura vu que du feu, etc. Bref, la plus grande supercherie version littérature. Et je crois bien que c’est là le fin mot de l’histoire: supercherie. Car quelle déception de découvrir le « bouquet final ». On est loin d’une fin à la George R.R. Martin, ou même, pour taper dans du français qui débute, du Lionel Davoust.

Tuer le Père de Amélie NothombSeulement, finalement, ce n’est pas là ce qui m’a le plus déçu. Ce n’est peut être pas l’histoire du siècle, mais ça se lit et on a tout de même envie d’en savoir plus. Non, le plus décevant, c’est la couche dégoulinante de psychologie/philosophie de comptoir qui nous est servi. On s’en doute dès la lecture du titre, Tuer le père, l’auteur va surement nous parler philosophie et se baser dessus pour son histoire. Elle ne va pas s’en gêner, nous faisant du Freud stéréotypé, le tout en plaçant quelques mots clefs et références dites « savantes » (Nietzsche, Œdipe…), sans que cela n’apporte rien au contenu. Non, c’est juste pour avoir l’impression de lire un truc de vrais quoi. Du true. Et pour être sur que la similarité n’échappe pas à son lecteur, un de ses personnages va faire preuve d’autocritique en disant que ça correspond au complexe d’œdipe. Au cas où.

Bref au final, Tuer le Père d’Amélie Nothomb ne serait pas un livre aussi désagréable si son auteur n’était pas aussi huppée, et si on avait pas l’impression d’être face à une imposture plus que désagréable. 150 pages à tout casser, écrites en gros, avec des références placées pour placer des références, bref, juste ce qu’il vous faut pour briller en société, dire que vous « avez lu le dernier Nothomb » et que « Non mais Nietzsche l’avait dit » et autres « c’est son complexe d’œdipe ». Vivement celui de l’année prochaine.


C’est Lundi, que lisez vous ? #21

Serafina dans Actualités, Livres le 17 octobre 2011, avec 8 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Absinthes et Démons d’Ambre DuboisPeu de lecture pour moi, pour une raison que j’ignore, rien ne me faisait directement envie après ma lecture de Tuer le Père d’Amélie Nothomb, dont vous retrouverez la chronique demain il me semble.

Enfin, rien jusqu’à ce que nous recevions Absinthes et Démons d‘Ambre Dubois aux éditions du Riez. Il s’agit d’un recueil de nouvelles Fantastique où nous suivons un même personnage, Lord Nermeryl. Personnage sombre et énigmatique, il est accompagné par la Corneille et s’adonne aux enquêtes surnaturelles. Une sorte de mélange de divers influences que je ne saurai pas identifier pour le moment, même si cela m’a grandement fait penser à God Child de Kaori Yuki.

Serafina

A cause d’une semaine très chargée au niveau pro je n’ai pas beaucoup lu non plus. J’ai seulement avancé dans La Vestale du Calix de Anne Larue, qui me laisse petit à petit de plus en plus perplexe. Il ne me reste que 30 pages, mais on est passé du délire fun et pop au délire sous acide pas bien loin d’un Philip K. Dick. Je ne sais pas trop quoi en penser du coup.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Il y a plus de deux ans, je vous confiais mon amour pour Le Château Noir, deuxième tome des Annales de la Compagnie Noire de Glen Cook. Cette excellente série de Dark Fantasy est en cours de publication chez l’Atalante depuis 1998, et disponible en poche à partir de 2005 chez les éditions J’ai Lu. La Rose Blanche en est le troisième tome, et je dois avouer que si les plannings de lecture d’if is Dead n’étaient pas aussi chargés, c’est bien avant que je l’aurai entamé. Et pour cause, les péripéties de Toubib et ses frères d’armes sont addictives. Synopsis.

The White Rose, Black Compagny, Glen Cook

La Compagnie a payé un lourd tribut sous les ordres de la Dame, si grand qu’elle a bien fini y rester. Ils ne sont plus qu’une centaine sous les ordres du commandant, et Toubib, Elmo et les trois sorciers en sont encore, bien entendu. On ne quitte pas la Compagnie quand elle nous a adopté. Même quand cela fait presque deux ans que l’on vit comme des rats dans les grottes de la Plaine de la Peur en attendant, patiemment, le retour de la comète. Mais cette dernière n’est pas près d’arriver, et il va falloir tenir le siège que les troupes impériales sont entrain de mettre en place, peu à peu.

Comme vous vous en doutez, je suis déjà tout acquis à la cause du roman de Glen Cook et cette chronique va fortement le faire ressortir. J’ai profité d’une excursion en Hollande pour le lire. Je pensais le lire sur tout le séjour, et manque de pot, je l’avais fini dès le deuxième. Il faut dire que La Rose Blanche est tout simplement un roman ultra-addictif, et cela grâce à plusieurs éléments: un univers, des personnages, et un style d’écriture bien à lui.

L’une des choses qui m’a le plus surpris, c’est à quel point l’univers est réussi et facile à revenir en mémoire. J’en avais déjà parlé, ce dernier est très dense: la magie en fait partie, mais il y a aussi toute une mythologie autour du monde dans lequel vit Toubib . Logique me direz vous, c’est le cas de la majorité des livres, et notamment dans la Dark Fantasy. Mais l’auteur a réussi à développer tout cet ensemble d’une manière exceptionnelle. De plus, grâce à la narration réussie, les lieux, les personnages, les évènements que l’on a vécu avec les personnages il y a des mois reviennent très rapidement. J’ai été surpris de tout me rappeler sans même avoir à me creuser la tête: les éléments revenaient d’eux même.

J’avais émis des critiques sur les débuts de La Compagnie Noire et du Château Noir, force est de constater que cette fois, on arrive tout de suite à rentrer dans l’histoire. C’est mieux construit, moins perdant, et ce malgré l’énorme ellipse entre ce tome et le précédent.

La Rose Blanche, La Compagnie Noire Tome 3, de Glen Cook

Illustration de la version des éditions l'Atalante de Dider Graffet. Je lui préfère celle de Johan Camou, mais je n'ai pas réussi à la trouver en assez bonne qualité...

Contrairement à de nombreux auteurs, Glen Cook ne prend pas la peine d’inventer une langue « étrangère » pour ses personnages. Ils ont souvent un nom correspondant à leur caractéristique, notamment les sorciers, réelles fondations du roman. On suit alors les « prouesses » de la Dame, du Boiteux, ou encore de Murmures. Cette façon d’appeler les sorciers, à l’opposée de la plupart des autres séries est une bouffée d’air frais. Il en va de même pour les lieux, on aimerait bien découvrir Charme ou encore Les Tumulus. J’avais reproché au Château Noir l’absence de carte. Ici encore, il y a de nombreux voyages, mais j’avoue que finalement, carte ou pas, c’était tout aussi addictif.

Cet univers ne serait sans doute pas aussi bien s’il n’était pas aussi bien retranscrit. Outre le fait que Glen Cook écrit surement très bien dans sa langue, je dois avouer que la traduction est elle aussi excellente. Cela se lit très facilement, le style à la première personne de Toubib aidant. Aussi, Patrick Couton, connu pour ses excellentes traductions pour Les Annales du Disque-Monde, s’était occupé de mettre en place les traductions des noms du premier tome, et le traducteur ayant repris le travail, Alain Robert, fait lui aussi un très bon travail.

La Rose Blanche, La Compagnie Noire Tome 3, de Glen CookLa Rose Blanche clôt le premier arc des Annales de la Compagnie Noire, nommé Livres du Nord. Et je dois avouer que le scénario est très bien taillé. La particularité de cette série, c’est que l’histoire de chaque tome peut se suffire à elle même, tout en formant un arc complet. C’est vraiment agréable et j’ai été surpris du dénouement de notre histoire, j’aurai presque un pincement au cœur de savoir que je ne foulerai peut être plus les terres du Nord avec Toubib.

Au final, que dire sinon que vous vous devez de vous plonger dans Les Annales de la Compagnie Noire ? Avec un troisième tome réussi, c’est au moins sur un premier excellent arc que vous pouvez vous lancer. Au pire, une excellente série. Mais ça, je vous le dirai dans quelques mois, voire année, quand j’aurai pu me lancer dans le quatrième tome. La série de Glen Cook est assurément un pilier de Dark Fantasy.


Silence, ça tourne ! #11

dabYo dans Actualités, Films le 13 octobre 2011, avec aucun commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Control de Anton Corbijn

Control de Anton CorbijnSerafina ayant fini sa lecture de la biographie de Ian Curtis par Deborah Curtis, défunt leader des Joy Division, il nous fallait absolument voir l’adaptation cinématographique qu’en avait fait Anton Corbijn. Biopic en noir et blanc d’une durée de deux heures, je dois avouer que pour le profane que j’étais, ce film a été une excellente expérience. La façon de filmer et de suivre les évènements que va traverser Ian Curtis est vraiment très bien rendue, et on est plongé dans son désespoir.

N’ayant pas lu le livre que sa femme a écrit, je ne saurai dire si cela colle à sa vie, ou si ça en est une reproduction fidèle et complète. Mais en tant que film, il vaut bien le coup d’œil, et ce même sans connaître la scène Cold Wave de l’époque.

The Big Bang Theory s05e01 et s05e02

Le retour de la série The Big Bang Theory nous avait échappé la semaine dernière, mais nous y voilà. On retrouve avec un certain plaisir les quatre scientifiques et leur vie tumultueuse. Je dois avouer que la saison précédente m’avait plutôt déçu, le côté scientifique ayant été un peu trop à mon goût mis de côté pour flatter les joueurs de WoW et autres utilisateurs de Twitter. Bref.

La série semble continuer sur cette voie, en continuant de centrer toutes les intrigues autour des amourettes de nos héros. Alors certes, cela fait énormément de plaisir de les revoir, certes, cela nous a tiré quelques fous rires, mais c’est tout.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Enfants de la Conquête, Tome 1, de Celia S. Friedman

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 12 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Enfants de la conquête est un roman écrit par Celia S. Friedman en 1986 et traduit de l’anglais par Marie Surgers. Premier tome d’une diptyque de Science-Fiction aux fortes tendance Space Opera nommée Braxi-Azea, il est coupé en deux romans dans sa version francophone. Avec une jolie couverture signée Miguel Coimbra, les deux sont sortis en août dernier aux éditions l’Atalante.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman

Zatar est un Braxanà, arrogant, dominateur, pur produit de sa race et ne vivant que pour la gloire. Anzha lyu est quand à elle une télépathe douée mais qui ne cherche qu’à se venger du meurtrier de ses parents. La guerre menée par leur deux peuples les mènera à se rencontrer et à devenir leur plus grand ennemi.

L’auteur nous fait donc suivre deux héros appartenant aux deux factions principales, les Braxanà et les Azéens. Chaque race a une culture assez différentes, la première ne cherchant qu’à se développer au travers de la guerre tandis que la seconde semble plus posée. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont pas de points commun. Chacune des deux cultures prône un eugénisme différent, Braxanà par une pureté raciale passant par un soupçon de consanguinité, Azéa par plusieurs génération de manipulations génétiques aboutissant à l’éclosion de pouvoirs télépathiques.

On va pouvoir suivre dans ce premier tome d’Enfants de la conquête l’éclosion du conflit entre ces deux puissances par l’intermédiaire des deux personnages principaux. Leur évolution se fait l’un après l’autre. Chaque chapitre permet de suivre l’un des deux, seul la fin de ce volume voit vraiment leur chemin se croiser. De ce fait, le scénario est sans rebondissement. L’auteur ne cherche pas à nous faire suivre vraiment l’issue des combats, mais elle nous fait plutôt suivre l’évolution des deux personnages pour nous montrer comment ils en sont arrivés là. Cela apporte de la profondeur aux personnages et évite qu’ils soient creux et sans intérêt.

In Conquest Born de Celia S. Friedman

Couverture de la réédition en version originale

L’univers de ce tome reprend bien les caractéristiques du Space Opera. Bien que la guerre entre les deux clans soit passé au second voir troisième plan de l’histoire, on ressent que les répercussions toucheront un univers entier et pas seulement un pays ou une planète. Les cultures aliens très différentes sont habilement décrites, sans se plonger dans les détails, l’auteur les retranscrit parfaitement et nous fait visiter les différentes planètes de l’histoire.

Un aspect intéressant du livre est que pendant une bonne partie (environ les trois quarts), le suivi des deux personnages se fait au travers des yeux de personnage secondaires. D’un côté cela rajoute un univers plus concret avec des planètes et des mœurs différentes, mais d’un autre côté on s’attache moins aux héros.

La dualité de la narration rend très difficile de se choisir et de soutenir un camp. Même si Braxanà passe pour les méchants dans l’histoire, il est difficile de les haïr. Je n’ai pu m’empêcher d’être admiratif devant leur façon de comploter. L’auteur évite toutes scènes sanglantes et immorales qui pourraient nous faire choisir un camp, aussi bien l’un que l’autre.

Les Enfants de la Conquête de Celia S. FriedmanFinalement, le plus gros point noir du livre est sa chronologie. Il n’y a aucun calendrier, même fictif, qui pourrait aider le lecteur à s’y retrouver. On peut passer ainsi plusieurs années entre deux chapitres et ne s’en rendre compte plusieurs pages après. C’est assez gênant sachant que ça arrive plusieurs fois tout au long du livre.

J’ai été agréablement surpris par ce premier volume d’Enfants de la conquête de Celia S. Friedman. Je m’attendais, je ne sais trop pourquoi, à un livre moins abouti. Cette découpe n’étant pas prévu dans la version originale, la fin de ce premier tome n’apporte pas de conclusion satisfaisante. Espérons juste que le deuxième volume soit aussi bien que le premier et apporte une fin digne des plus grands livres du genre. C’est en tout cas bien parti.


Evanescence de Evanescence

Serafina dans Critiques, Musique le 11 octobre 2011, avec 5 commentaires
Critiques

Il y a des albums qu’on attend tellement qu’on n’y croit plus. C’est le cas avec le nouvel album des américains d’Evanescence. Cinq ans que The Open Door est sorti, cinq ans avec peu ou pas de nouvelles d’un futur album, sans parler de l’activité du groupe. Et puis début 2011, les rumeurs commencent, et puis bientôt elles se confirment. Un nouvel album sortira en Octobre.

Evanescence de Evanescence

Pour ceux qui ne connaissent pas votre servante, il faut vous dire que Fallen représente un de mes albums cultes, qu’il a une place très importante dans mon évolution musicale et que j’aime toujours autant l’écouter. Autant dire que l’album éponyme du groupe était attendu avec impatience, mais aussi avec de gros espoirs.

Et donc qu’est ce que cela donne ? J’aurais envie de dire que cela donne du Evanescence car tous les éléments y sont : du Metal gentillet aux riffs un peu faciles, du piano, une Amy Lee qui pousse ses notes sur des paroles parlant de cœur brisé. Classique. Beaucoup copié. Mais diantrement efficace.On n’écoute pas Evanescence pour du prog ou des prouesses vocales. On écoute Evanescence pour ce que c’est, des morceaux rentre dedans, un poil calibré, suffisamment darkinous, et capable de vous toucher votre petit cœur tout mou d’adolescent.

Et au cours des 12 morceaux que comporte l’album éponyme -16 dans sa version collector que je n’ai pas encore pu me procurer-, Evanescence y réussit très bien. Evanescence a un son résolument plus Rock. Dans le sens plus brute et plus basique. Vous ne trouverez pas de chœurs comme sur Whisper, vous ne trouverez pas de samples classiques sur Lacrymosa. Le groupe a laissé de coté son coté pré-symphonique, pour se concentrer sur ses mélodies et ses ambiances. C’est plus punchy et moins creepy. Je regrette le coté hanté de Fallen et des précédents. On retrouve du coup des intros un peu plus expérimentales, comme pour Sick, au couplet d’ailleurs assez ovni, mais dans l’ensemble on reste dans le classique, dans le Evanescence reconnaissable à 100km.

Amy Lee de Evanescence

Si on avait parfois reproché à The Open Door ses paroles trop terre à terre, voir trop heureuses , ce n’est pas le cas dans cet album. Bien que certains morceaux soient très positifs, ou même très portés sur la dérision, en majorité, les paroles sont tristes, avec des thèmes comme la mort (Changed, The other side), les déceptions amoureuses (My heart is broken), ou tout simplement des références oniriques (Oceans). Les lignes de chant sont dans la lignée de The Open Door avec une amplitude relative.

Bien qu’Amy Lee soit capable de chanter des notes assez hautes (la partie « opéra » de Weight of the world étant super bien tenue en live), elle « gueule » plus qu’elle ne chante. Dans le sens où techniquement ce n’est probablement pas la panacée, mais par contre il y a du sentiment derrière, enfin, c’est difficile à expliquer, mais pas de prouesses vocales en vues. Dans l’ensemble, l’album est assez inégal, les ballades sont un passage obligé mais qui m’ennuie, par contre, les morceaux plus punchy sont dans l’ensemble plutôt bons : Made of Stone, The Change ou Oceans.

Evanescence de EvanescenceL’album contient évidemment quelques ballades, comme Lost in Paradise et Swimming Home. A vrai dire, je n’ai jamais réellement aimé les ballades d’Evanescence à une exception près, et je suis sure que vous devinez laquelle. J’ai toujours tendance à trouver les balades poussives, contrairement à Immortal, mais cette dernière était composée par Ben Moody qui n’est plus dans le groupe.

Au final, j’aime bien ce nouvel Evanescence, bien plus que The Open Door, et deux ou trois morceaux pourraient même figurer dans mon top, The Change en tête. Mais je regrette le côté grandiloquent et hantée de Fallen. Evanescence est un album bien calibré, bien produit, bien rentre dedans et je pense qu’il mériterait de passer en radio.


C’est Lundi, que lisez vous ? #20

Serafina dans Actualités, Livres le 10 octobre 2011, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Dreamsongs: a RRetrospective de George R.R. MartinCette semaine, j’ai fini par décrocher de Dreamsongs de George R.R. Martin après en avoir lu les premières nouvelles de la partie Science-Fiction. Je ne l’ai pas terminé, ce premier volume de son « auto-anthologie » est bien trop dense pour être lu comme ça d’un bout à l’autre. Mais diantre qu’il est bon ! Le nombre de pépites est tout simplement hallucinant.

J’ai ensuite terminé ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade, Le Secret des Masques de Kristoff Valla. Je dois avouer que si c’est globalement correct pour de la lecture jeunesse, le roman n’a pas réussi à m’emporter. Ceci dit, l’univers est plus que sympathique.

Enfin, samedi soir, j’ai commencé pour finir le lendemain le dernier… Amélie Nothomb, Tuer le Père. C’était la première fois que je lisais un livre de cette auteur, et la première fois que je lisais un roman d’un auteur belge à succès, en fait. Je ne peux pas dire que je le regrette: je l’ai lu en un peu plus d’une heure, à tout casser. Par contre, je me demande vraiment pourquoi des gens l’adorent, en dehors du fait que ça donne l’impression d’avoir lu un livre pseudo-intelligent sans prendre trop de temps. De la psychologie de comptoir comme on les aime, ou pas.

LuxtExMachina

Léviathan: La Chute de Lionel DavoustJ’ai fini depuis un petit moment déjà le premier tome d’Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman, un bon petit Space Opera bien sympathique dont vous aurez la chronique mercredi normalement.

Plus récemment je viens de commencer le Thriller de Lionel Davoust, Léviathan : la Chute. Je n’en suis qu’au début et c’est sans apriori que je l’ai commencé. Pour l’instant l’intrigue se met en place, les personnages dévoilent leur jeu. J’ai un peu de mal à me lancer dans sa lecture à cœur perdu, surtout par manque de temps plutôt que par autre chose. Aimant beaucoup l’auteur je doute qu’il ne soit pas fini rapidement quand même.

Serafina

The Heroin Diaries de Nikki SixxCette semaine, j’ai lu The Heroin Diaries, autobiographie partielle (centrée sur l’année 87 en faite) de Nikki Sixx connu pour être le bassiste et compositeur principal de Mötley Crüe. Sous forme de journal, on vit au jour le jour la vie de cette rockstar, paumée, héroïnomane dans une sorte de fuite en avant autodestructrice. Passionnant d’un bout à l’autre.

J’ai aussi terminé Vampire Kisses 3 de Ellen Schreiber, je l’ai préféré au deuxième tome mais on a perdu la plupart des références sombres du premier, dommage.

J’ai donc commencé La Vestale du Calix de Anne Larue, parue aux éditions l’Atalante. Ce roman d’anticipation frôle souvent avec le délire et la frénésie, ce qui n’est absolument pas pour me déplaire.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Mordre le Bouclier de Justine Niogret

Serafina dans Critiques, Livres le 7 octobre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Mordre le Bouclier est la suite de Chien du Heaume, roman de Fantasy écrit par Justine Niogret que j’avais dévoré il y a deux ans, et qui a d’ailleurs remporté le prix des Imaginales 2010. Il s’agit d’un roman aux éditions Mnémos qui est accompagné par une superbe couverture de Johann Bodin. Paru récemment , je n’ai donc pas mis longtemps à m’y atteler, le finissant en moins d’une semaine. Synopsis ?

Mordre le Bouclier de Justine Niogret

Chien du Heaume a perdu ses doigts. Depuis elle erre comme une âme en peine au Castel de Broe. Brehyr hante aussi ce château, elle aussi est une guerrière et elle a une quête. Là où Chien du Heaume désire trouver son identité, Brehyr désire se venger. Elle va emmener notre guerrière atypique à la poursuite de Heroon, chevalier qui revient des croisades.

Comme pour le précédent opus, le style de Justine Niogret est un vrai régal. Son style est fluide, son vocabulaire est cru et moyenâgeux, ce qui fait immanquablement plaisir à la fan du Trône de Fer et de sa traduction vieillotte que je suis. Elle n’est pas non plus aseptisée, c’est de la Fantasy oui, mais de la Fantasy réaliste et les blessures sont décrites sans détour. Blessures physiques ou blessures psychologiques d’ailleurs.

Justine Niogret

Justine Niogret

En effet bien que le synopsis laisse penser à de la Fantasy pleine d’action, ce tome est plutôt un voyage intérieur, c’est une quête de sens, d’identité. Le roman est beaucoup plus introspectif que le précédent, et parfois la ligne n’est pas très claire entre rêves et réalité. La quête de Chien du Heaume était une quête d’identité, mais qui était dirigée vers un but « tangible » : connaître son nom et son origine. Ici on va plus loin, à la recherche d’une identité de l’âme plus que du corps. Du coup, le coté « Fantasy réaliste » est contrebalancé par un coté très onirique, qui donne une ambiance un peu surréaliste au roman.

La foi est aussi un sujet traité de manière importante dans le roman. En effet, Heroon revient des croisades et c’est l’occasion de parler de ce fait historique, nous donnant par ailleurs une indication temporelle du roman du coup. J’ai apprécié le fait que le raisonnement sur la foi (et donc sur Dieu) ne soit pas manichéen ni réellement affirmé.

La plupart des personnages ne sont que rapidement esquissés, avec deux ou trois traits de caractères mais ces derniers suffisent à Justine Niogret pour leur donner une profondeur et une densité qui les rendent inoubliables, que cela soit Brehyr guerrière à la limite de la folie, ou Saint Roses le chevalier qui a perdu la foi à Jérusalem. Chaque personnage poursuit sa propre quête.

Mordre le Bouclier de Justine NiogretComme le précédent, le roman se termine sur un lexique de termes moyenâgeux ou techniques, expliqués avec énormément d’humour par l’auteur, qui montre là son coté plus humoristique, laissant retomber la pression. S’ensuit une postface de Jean-Philippe Jaworski, bourrée de références littéraires et d’analyse de texte et qui m’a ennuyée au delà du possible, confirmant mon impression sur cet auteur. Mais là est un autre débat.

Au final, Mordre le Bouclier est une suite plus que réussie, qui égale voir dépasse l’excellent premier tome qu’était Chien du Heaume. Si vous l’avez aimé je ne peux que vous conseiller chaudement la suite, et sinon il est grand temps de découvrir cette très bonne série de Justine Niogret, auteur française qu’il semble désormais nécessaire de suivre de près.


Silence, ça tourne ! #10

dabYo dans Actualités, Films le 6 octobre 2011, avec 1 commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Gossip Girl s05e01

Serena dans Gossip Girl Saison 5Nous la savions, ce jour finirait par arriver. Le jour où il nous faudrait faire notre coming-out, et assumer devant tous que oui, nous regardons, et aimons, la série télévisée Gossip Girl.

En avoir vu quatre saisons de près de 24 épisodes chacune prouve que nous avons un certain attachement à la série, et c’est donc avec plaisir que nous repartons pour la cinquième saison de Gossip Girl. Pour ce season premier, pas grand chose de bien novateur, on repart sur les mêmes petites intrigues de gosses de riches, mais ça fait quand même sacrément plaisir de retrouver les personnages.

Glee s03e01, s03e02

La Saison 2 de Glee était plus que décevante. Mais voilà, après avoir tenu une mauvaise saison jusqu’à la fin, il serait idiot de ne pas donner une seconde chance à la série.

Les précédents épisodes nous avaient tellement déçus qu’il est difficile de ne pas être positif sur ce début. Certes, il n’y a pas grand chose de bien novateur, on a presque l’impression qu’on retrouve encore les mêmes situations de recherche de soi des personnages, mais c’est assez rigolo pour nous tenir pour le moment.

Espérons simplement que cette troisième saison soit au moins à ce niveau, sinon, ça sera sans nous.

True Blood s04e12

True Blood Saison 4 PromoNous aurons donc mis trois semaines à nous décider de regarder le season final de cette quatrième saison de True Blood. De là à en déduire que le suspens et l’appréhension ne devaient pas bien être hauts il n’y a qu’un pas, que je franchirai sans peur.

Cette fin de saison agit en effet comme une sorte de soufflé. Après une « résolution » des affaires en cours, les dernières minutes nous balançaient un nouveau cliff-hanger. Le problème, c’est qu’il ne reste plus que 50 minutes pour dénouer le nœud. On se retrouve alors avec un évènement sous exploité, résolu très rapidement, pour mettre en place quelques scènes totalement niaises et préparer la saison suivante.

Pas super folichon en somme.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Après plusieurs tomes de qualité plus ou moins discutable, le tome 5 de Merry Gentry s’était avéré contre toute attente plus que prometteur. De ce fait je n’ai pas énormément tardé à entamer L’Etreinte Mortelle, tome 6 de son état, malgré une couverture bien moins attirante que d’habitude. Si vous ne connaissez pas Merry Gentry, il s’agit de la seconde série de Bit-Lit de Laurell K. Hamilton. Synopsis ?

L’Étreinte Mortelle, Merry Gentry Tome 6, de Laurell K. Hamilton

Merry est de retour à Los Angeles avec ses gardes. Ces derniers se retrouvent accusés de crime par le roi de la cour Seelie Taranis. L’accusation est bien sur fallacieuse, mais semble cacher quelque chose que Merry aimerait bien mettre au clair. Tout pourrait bien basculer lors de l’entrevue prévue entre le roi et celle-ci en présence de leurs avocats.

Ce synopsis vous semblera bien différent des précédents. Et effectivement, ce nouveau tome change beaucoup de choses. Tout d’abord, il est comme Sous le souffle de Mistral, beaucoup plus court que les premiers, moitié moins long. De plus on retourne dans un environnement urbain et dans un contexte policier, bien que ce dernier contexte ne soit pas exploité à fond. Il y a moins d’intrigue de cours et pour une fois, Merry ne passe pas son tome à découvrir ses pouvoirs.

Mais surtout, l’histoire avance plus en un tome qu’elle ne l’a fait dans les quatre derniers. Laurell K. Hamilton a décidé d’arrêter un peu les scènes de cul, il n’y en a que deux dans le tome ce qui est presque honorable pour de la Bit-Lit, et surtout elles ne prennent que trois pages, pas trois chapitres.

A Lick of Frost, Merry Gentry 6, Laurell K. Hamilton

De ce fait il y a beaucoup plus d’actions, et même d’importants retournements de situations. Cela va bien plus vite et pour notre plus grand plaisir. Les péripéties de Merry pour conquérir le trône Unseelie commencent à prendre forme. Contrairement aux précédents tomes on n’apprend pas énormément de nouvelles choses sur les royaumes Seelie et Unseelie. Je suppose du coup que les précédents tomes étaient la pour placer l’univers, mais je ne peux que déplorer le fait d’avoir mis 4 tomes pour cela, entre deux scènes de cul. Merry a acquis ses pouvoirs et le monde est suffisamment détaillé. J’ai eu l’impression que les choses sérieuses commençaient réellement et que l’on s’apprête enfin à effleurer tout le potentiel de cet univers.

L’Étreinte Mortelle, Merry Gentry Tome 6, de Laurell K. HamiltonAu final, L’étreinte Mortelle, sixième tome de la série lui donne un nouveau souffle. Pour tout vous dire j’ai réellement beaucoup aimé la fin et pour une fois j’ai vraiment hâte de lire la suite, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant.

Mais voilà, c’est quand même déjà le sixième tome, et il est peut être un peu tôt pour finalement vous conseiller de vous plonger dans la série. Elle semble cette fois réellement prendre un meilleur chemin après un très, voire trop, long passage à vide.

J’ai envie de lire la suite, et ça tombe bien, car le septième tome vient tout juste de sortir aux éditions J’ai Lu et que je compte bien le lire très rapidement.