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Les Anges de l’Ombre de Malaïka Macumi

Serafina dans Critiques, Livres le 26 février 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Les Anges de l’Ombre est un recueil de nouvelles écrites par Malaïka Macumi. C’est aussi la dernière parution de la maison d’édition spécialisée dans le vampire , dont on vous a déjà beaucoup parlé, les Éditions du Petit Caveau. Comme d’habitude la couverture est fort jolie, on salut le travail de Alexandra V. Bach. La moitié des 13 nouvelles sont inédites, les autres étant parues dans des fanzines ou anthologies. Comme pour tout recueil, il n’y aura pas de synopsis.

Les Anges de l’Ombre de Malaïka Macumi

Treize nouvelles sur le thème du vampire donc, on peut s’attendre à de la redondance, car c’est un exercice assez difficile, et pourtant il n’en sera rien. Malaïka Macumi explore le vampire sous de nombreuses formes, du Vlad transylvanien au vampire qui chatte sur Caramail, la palette est extrêmement étendue, et l’on ne peut qu’admirer cette versatilité. J’ai particulièrement apprécié le fait que les nouvelles se déroulent en des lieux et époques différentes. On passe de l’Italie à la révolution française, à la Bretagne actuelle et ce n’est pas tout.  Car en plus de changer d’époque et de lieu, l’auteure montre aussi une grande diversité de styles.

On retrouve dans certaines nouvelles (notamment Le Dévoreur de Tête)  un style extrêmement proche des nouvellistes du XIXème siècle, parfois ce sera un narrateur au bord de la folie, incertain de ce qu’il a vu comme dans un Lovecraft. Parfois, c’est un style qui s’approche beaucoup plus d’un Poppy Z. Brite par son coté cru (dans Delires Nocturnes). Malgré tout l’auteur semble être surtout influencée par la littérature du XIXème voir début XXème ainsi que par Anne Rice, une des nouvelles étant d’ailleurs dédiée à Lestat.

Les Anges de l’Ombre de Malaïka MacumiLes vampires de l’auteur partagent les caractéristiques classiques de ces créatures, des êtres nocturnes, se nourrissant de sang. Certains sont modernes, d’autres moins, certains sont plus ou moins réels, mais dans l’ensemble son mythe est cohérent. Voilà du vrai vampire, qui ne brille pas, en somme. On retrouvera le spleen d’un Lestat, le romantisme aussi et cette ambiance fantastique qui m’a toujours plus dans les livres de vampires de Carmilla à Entretien avec un Vampire. Si vous êtes des aficionados de cette époque, des vrais vampires, vous trouverez votre bonheur. Le style alterne entre le poétique, l’horreur pure, le roman épistolaire…

Malaïka Macumi réutilise aussi un bon nombre de légendes et de créatures fantastiques, que cela soit Frankenstein ou l’Ankou, cette légende bretonne particulièrement exploitée dans la nouvelle La Grand’Cherrée. L’auteur est en effet bretonne, et cela se sent. Et la mythologie bretonne étant particulièrement intéressante, la voir mêlée aux vampires est juste parfait et extrêmement prometteur.

C’est la première parution de Malaïka Macumi, et tout ce que je peux dire c’est que c’est une auteure à suivre, et de très près. Elle a tiré le meilleur de ses influences pour les mêler à sa propre culture, notamment le coté breton. Les nouvelles sont très diversifiées, contrairement à celles de Mélanie Fazi que j’avais lues juste avant. Si certaines sont assez contemplatives, la plupart ont de l’action et une douce atmosphère surannée. C’est une excellente découverte que je ne peux que vous recommander chaudement. Si vous aimez le Fantastique ou le vampire vous ne serez pas déçus du voyage.


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Le livre des choses perdues de John Connolly

Aya dans Critiques, Livres le 23 février 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Le livre des choses perdues est un roman de l’irlandais John Connoly que je connaissais de nom pour ses romans Thriller. Cette version éditée par J’ai Lu est illustrée par Perdita Corleone, choix que je trouve regrettable au vu du résultat. Par ailleurs le bas de la couverture est orné d’un gros bandeau rouge indiquant fièrement  « Grand prix de l’imaginaire 2010 » et « Prix imaginales 2010 », ce qui a tendance à vraiment me rebuter. Alors, à tort ou à raison ? Synopsis.

Le livre des choses perdues de John Connolly

En Angleterre, alors que débute la seconde guerre mondiale et les bombardements, la mère du jeune David tombe malade. Pour lui changer les idées, le garçon lui lit des contes. A sa mort, n’acceptant pas Rose,  la nouvelle amie de son père, le garçon semble perdre pied et se réfugie dans les livres qu’il finit par entendre parler. Alors qu’il a du emménager dans la maison de campagne de Rose et qu’un demi frère naît, les troubles de David augmentent et il aperçoit même quelqu’un d’inquiétant dans sa chambre. Une nuit, entendant la voix de sa mère défunte et cherchant à la rejoindre, il entre dans un monde onirique où les contes ne sont pas ce que l’on croit.

Je veux bien croire que mon synopsis ne rend en rien honneur au contenu de ce roman. Car si le début et la mise en place de l’aventure de David peuvent sembler longs, il est presque impossible de ne pas se sentir littéralement happé par cette histoire. Difficile aussi de ne pas s’attacher à cet enfant qui; ne réussissant pas à surmonter la mort de sa mère et se sentant exclu de la nouvelle cellule familiale, s’échappe à travers les histoires qu’il lit. Alors qu’il semble au début souffrir de troubles mentaux, on finit par le suivre de manière totale dans son univers onirique. J’avais commencé le roman sans conviction, et je l’ai au final littéralement dévoré, me sentant même frustrée lorsque je devais faire des pauses dans ma lecture.

Le livre des choses perdues de John Connolly

L’univers onirique est brillamment décris au travers d’une série de tableaux à l’esthétique qui rappelle forcément Lewis Caroll par son côté sombre et torturé. Les contes de notre enfance sont repris et revisités avec un cynisme particulièrement drôle. Une mention tout à fait spéciale à la version de Blanche-Neige et les sept nains qui à elle seule vaut le détour ! Cependant le point fort de ce roman qui se présente comme un conte et débute avec un brin de moquerie par « il était une fois » est qu’il arrive à nous faire passer sans fausse note du fou rire au frisson total, en l’espace de quelques pages. Les personnages décrits sont tous fouillés et représentent les thèses et antithèses de ce que l’on trouve habituellement dans les contes. Certes le chevalier est grand, beau et fort mais il n’est pas parfait et certainement pas infaillible. John Connoly a su créer des personnages oniriques dans un univers surréaliste qui se révèlent profondément humains dans leurs défauts et leurs faiblesses.

Le livre des choses perdues de John ConnollyOn suit donc le jeune David au travers de sa quête initiatique pour retrouver sa mère et on se heurte comme lui aux faux semblants et à l’incarnation de nos terreurs primaires. Du grand méchant loup à la mort brutale et violente , tout y passe.  Alors que ce livre commence comme un conte, il en désacralise tous les principes et renverse toutes les règles. Pas de happy end, pas de princesse sauvée, aucune règle morale et aucune façon d’échapper à sa peur si ce n’est en la combattant.

Le livre des choses perdues a été une véritable plongée en apnée, et en ressortir à été très difficile. Sans aucun doute ma meilleure lecture depuis quelques années et à coups sûrs un de mes livres désormais cultes. Je ne peux que conseiller à chacun de le lire et être déçue qu’il ne soit pas beaucoup plus long. Encore.


The Cancelled Earth est une expérience musicale de Cities Last Broadcast sorti en 2009. Cette œuvre est classée en Obscure ou Dark Ambient et en Industrial Soundscapes. Nous avons ici affaire au travail du canadien Frederic Arbour pour le mixage et du suédois Pär Boström pour les enregistrements et les artworks.

The Cancelled Earth de Cities Last Broadcast

Entre le début des enregistrements et la sortie effective de la galette, dix ans se sont écoulés avec un début en 1999. Ces enregistrements du sieur Boström ont été réalisés dans des lieux comme des aéroports, des gares, des tunnels ou encore en dessous de ponts. Ça doit déjà vous donner une petite idée de l’ambiance. Tous ces sons sont nettoyés, polis pour leur donner une consistance hypnotique et certains y reconnaissent la patte du monsieur, je ne m’avancerai pas, c’est ma première expérience avec lui.

On retrouve 7 pistes sur le CD, pour une durée de quasiment 50 minutes. J’en entends déjà dire que c’est juste des bruits d’ambiance collés bout à bout et là, je m’énerverais. Car arriver au résultat que j’ai dans les oreilles en ce moment demandes un travail de longue haleine, selon les auteurs, cela a représenté un travail de 4 ans et je suis prêt à les croire. Une oreille inattentive trouvera peut être au départ que les pistes se ressemblent, je pensais un peu la même chose au début. Mais en persévérant on se rend compte que chaque piste est unique, de par son ambiance, et sur sa manière de l’atteindre.

Et l’ambiance, parlons en. Imaginez un futur proche, un futur où l’homme se serait précipité vers sa propre fin dans l’holocauste nucléaire. Vous sortez de cet abri qui a été le votre pendant l' »incident » pour contempler un monde meurtri, un monde que vous commencez à explorer. Un périple peuplé de sons étranges, une quête initiatique pour être témoin de la folie des hommes.

The Cancelled Earth de Cities Last Broadcast

Si vous avez réussi à vous l’imaginer, vous êtes prêt à mettre une bande son sur cette pensée avec The Cancelled Earth. Une impression de solitude se dégage dans cette écoute, une oppression palpable qui met mal à l’aise dans ces successions de nappes sonores. Une dépendance s’installe, l’hypnose prend, me poussant à chercher le sens qui se cache derrière, car je sentais comme une histoire dans ces recoins acoustiques, une histoire comme celle que je vous ai racontée.

The Cancelled Earth de Cities Last BroadcastRevenons en à des sujets plus terre à terre. Apparemment il n’y a eu que 1000 copies de la version packagées en chemise A5, du coup je suis un peu sur le cul d’en avoir une. Venons en donc à cette fameuse édition. On retrouve donc le CD, garni d’un artwork sympathique, inséré dans une fente de la pochette cartonné, c’est classe mais je doute de la solidité à long terme. Vient ensuite un second artwork, apocalyptique cette fois et en double page à l’intérieur de la carte. Pour le coup, c’est dommage qu’il n’y en ait que un. Dans l’ensemble, c’est de la bonne qualité, un peu plus d’épaisseur pour ce livret lui aurait permis de servir de décoration.

Un album étrange dont on ne peut pas sortir sans le besoin de se sentir rassurer par une présence familière, une expérience à écouter, à vivre. Et une très bonne découverte pour moi que vous pourrez aussi faire sur leur Myspace ou sur spotify.


Lavinia de Ursula K. Le Guin

dabYo dans Critiques, Livres le 18 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Lavinia est un roman d’Ursula K. Le Guin qui vient tout juste de sortir aux éditions l’Atalante avec une traduction de Marie Surgers. D’apparence très soignée, le livre est orné d’une illustration de Genkis et donne une impression de livre doux et agréable. Comme je ne connaissais pas l’auteur jusqu’alors, c’est sans aucun apriori que je l’ai commencé, sachant juste qu’il était là question de l’Enéide de Virgile, un texte que je n’ai jamais lu et dont je ne connaissais que les grandes lignes. Synopsis.

Lavinia de Ursula K. Le Guin

Lavinia est la fille unique du roi du Latium et donc seule héritière de ses vastes terres ainsi que de son royaume. Bientôt en âge d’être mariée, nombreux sont les princes à parader à la table de son père afin d’obtenir sa main. Parmi eux, le beau roi Turnus, petit neveu de sa mère et donc allié à la famille de Lavinia par le sang. Plus beau que les autres, plus noble et guerrier aussi, il a tout les avantages pour ravir sa main, même celui de la popularité auprès du peuple du Latium, et pourtant, Lavinia ne peut se résoudre à l’épouser…

Je dois avouer que mon synopsis n’est peut être pas des meilleurs et augurerait presque d’une histoire à l’eau de rose. Et pourtant il n’en est rien. Bien sûr, les sentiments de l’héroïne Lavinia seront importants et évoqués tout au long de ce récit fait à la première personne, la plupart du temps, mais c’est plus vers la tragédie que s’oriente Lavinia que vers le roman Harlequin. D’ailleurs, évoquer ce type de littérature serait une insulte envers le superbe travaille d’Ursula K. Le Guin. Mais avant de rentrer dans le sujet, il faut d’abord comprendre d’où vient ce roman.

Pour ceux qui l’ignorent, l’Enéide est une épopée écrite par le poète romain Virgile, entre 29 et 19 avant J.-C, juste avant sa mort. Ça ne semble avoir aucun rapport avec notre roman et pourtant, c’est là la base. L’Enéide est un récit relatant une version alternative et fictive de la création de la Rome Antique par Enée, héros troyen déchu suite à la perte de la guerre de Troie. Dans ce récit, après un long périple sur la mer Méditerranée, il finit par arriver sur les terres latines, où il se mariera avec l’héritière du Latium et y fondera ce qui deviendra plus tard Rome. Le roman Lavinia a donc pour but de donner à vie à cette héritière, appelée Lavinia, afin que sa vie ne soit plus simplement tracée par une phrase écrite par Virgile qui, n’ayant d’yeux que pour Enée, a oublié au passage de lui fournir sentiments et caractère.

avinia de Ursula K. Le Guin

Le roman est accompagné d'une carte de l'Italie de l'époque

Mais Ursula K. Le Guin ne va pas seulement se contenter de broder quelques évènements autour de l’histoire de Virgile, bien loin de là. En effet, non content de donner un souffle au personnage Lavinia, elle va aussi lui donner conscience de notre existence. Lavinia nous parle, et apprend de la part de Virigile lui même quelle sera sa destinée. Se dresse alors des questions existentielles, existe-t’elle parce que Virgile l’a créée au détour d’une phrase, vit-t’elle réellement son destin et restera-t’il réellement quelque chose d’elle ? Bien que perdant au début, ces choix de narrations sont très bien intégrés au fil de la lecture et finissent par devenir habituels, voir agréables. Si les premières pages du roman sont difficiles à cerner, au fil et à mesure de la lecture elles prennent tout son sens et donne un aspect bien plus tragique que prévu à notre roman. Attention, ce n’est pas pour autant un aspect omniprésent du roman, bien loin de là, mais cela permet ingénieusement de faire des pauses dans le récit, des endroits pour respirer, en dehors du temps.

Je ne connais certes pas l’auteur, mais il est de notoriété qu’elle prend profite parfois de sa plume pour y faire passer des idées féministes, et Lavinia ne déroge pas à la règle. Mais on est loin du féminisme outrancier, d’autant qu’il colle beaucoup à l’époque. Lavinia n’étant « qu’une » princesse à marier, et sa fonction et utilité étant limitées à cet état. On y parle donc bien entendu du destin des « princesses », dont le seul souvenir historique sera l’union à un roi, et la dot qu’elle a pu lui apporter. La conclusion est d’ailleurs étonnamment positive.

La fin du roman étant connue, vu que l’Enéide de Virgile est respectée, ce n’est pas spécialement là la valeur ajoutée de ce roman. Mais c’est bien son déroulement, superbe, qui vous donne envie de lire la suite. Comme pour d’autres romans, ce n’est pas ce qui va se passer mais comment cela va se passer qui nous importe. Et on est complètement happé par la vie simple de cette fille latine. Ursula K. Le Guin arrive d’ailleurs à lui créer une personnalité comme on en voit rarement dans les romans de Fantasy. Loin de tout stéréotype, de tous ces personnages féminins à l’indépendance exacerbée ou alors bien trop logique, Lavinia est simplement touchante, vraie.

Lavinia de Ursula K. Le GuinBien entendu, il serait difficile d’imaginer cela possible sans le talent d’écriture de l’auteur, ainsi que de l’excellente qualité de la traduction signée Marie Surgers. Le roman, tout au long, et dès lors que l’on a cerné l’idée que le personnage peut de temps à autre nous parler, est d’une lecture des plus aisées. On se retrouve plongée dans le Latium et les divers conflits qui peuvent y avoir lieu. On y entend clairement le choc des armes en métal, et on voit les hommes suer au soleil lors du labeur de la culture de la terre. Toute l’ambiance de l’époque, que ce soit par l’organisation du royaume ou l’importance énorme des dieux y est très bien retranscrite, sans aucun faux pas, maîtrisé d’un bout à l’autre.

Je pourrais faire de nombreuses éloges supplémentaires à Lavinia, mais je me contenterai de vous conseiller sa lecture. Ce roman m’a happé du début jusqu’à la fin, rendant ma séparation avec l’héroïne déchirante. Un roman de ce début d’année 2011 qui vaut clairement le détour.


Les Orphelins est le premier tome de la série Jason Wander de Robert Buettner, titrée L’Orphelin en France. C’est dans le genre Science-Fiction à tendance Space Opera qu’a commencé à s’aventurer l’auteur en 2008 chez Orbit, branche anglophone, en version originale. Ce sont les éditions Eclipse qui se chargent de nous en faire profiter en France grâce à la traduction de Carine Roulet. Commençons avec un petit tour du côté de l’histoire de ce roman.

Les Orphelins, Jason Wander Tome 1, de Robert Buettner

Jason a tout du petit délinquant, trainant de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’au jour où un juge ne lui laisse plus le choix qu’entre la taule et l’armée. C’est à contrecœur qu’il rejoint l’infanterie, mais elle deviendra sa famille après que des extra-terrestres belliqueux aient commencé à bombarder la Terre avec des astéroïdes. Il est temps de porter la guerre chez l’ennemi.

Si ça vous rappelle Starship Troopers, vous avez bon car en effet ça y ressemble effectivement. Je parle du film, je ne me prononce pas sur le bouquin, je viens juste de le commencer. Mais ça vous mets dans le ton, il va y avoir de l’action, un petit peu de parties de jambes en l’air et de l’humour. Concernant ce dernier point, on ne peut que sourire à la description de la dégaine de nos extraterrestres, des sortes de créatures qui ressemblent à des bactéries géantes qui partent au combat affublées d’exosquelettes rigides.

Roman d’action oblige, ça défouraille sec, les scènes de bataille sont décrites de manière plutôt concises, sans s’attarder sur des détails qui nuiraient au rythme. Ces passages se lisent tout seul. Des petits bouts de romance se trimballent aussi, par ci par là, et c’est suffisamment discret et bien intégré dans le récit que je les ai à peine remarqués.

Ce qui peut frapper au départ c’est la minutie avec laquelle l’entrainement et la vie militaire sont décrits. D’un autre côté, quand on sait que l’auteur a été officier dans l’armée, c’est tout de suite beaucoup moins étonnant. Si vous êtes portés sur la chose militaire, ce détail devrait vous plaire. Par contre comme pour tout les autres points positifs de ce bouquin, j’en viens à regretter qu’ils soient si court.

Les Orphelins, Jason Wander Tome 1, de Robert Buettner

Couverture initiale de la V.O., avant qu'elle soit réédité avec la même illustration que la V.F.

En effet, Les Orphelins sent vraiment le tome d’introduction, Jason vient à peine de tourner la tête vers les étoiles, ça promets une suite bien sympa si elle parvient à rester dans le même ton et le même rythme.

Alors bon j’avoue ce n’est pas non plus un livre parfait. Les personnages sont plutôt stéréotypés, l’histoire est prévisible dans l’ensemble à quelques passages près. Mais pour une fois je m’en cognes, et ce n’est pas comme si on pouvait s’attendre à autre chose dans les productions actuelles. On a ici un auteur qui fait pareil que les autres, mais qui le fait un peu mieux, alors autant en profiter. Certains y ont vu un discours pro-guerre, je n’en suis pas convaincu et même si des passages sont peut être un peu limite, je pense que Robert Buettner n’amène cette situation guerrière que parce que c’est le dernier recours. Même si opposer aux humains des ennemis dont le but clair est l’anéantissement de toute vie sur Terre sans tenter d’entrer en contact est une facilité scénaristique pour en venir aux mains.

Les Orphelins, Jason Wander Tome 1, de Robert BuettnerPlace à mon petit laïus sur l’édition, les éditions Eclipse ont vraiment fait du bon boulot à mon goût, je suis particulièrement fan du marque page attaché à la couverture. Couverture de Calvin Chu bien sympa au passage, bien mieux que l’originale que je trouve assez hideuse. Et on nous épargne un 4eme de couverture qui aurait les chevilles qui dépassent et ça, ça fait plaisir.

Une très bonne surprise pour ma part. J’ai tellement aimé que je compte continuer la série. Si vous aimez les romans d’action et de Science Fiction, Les Orphelins est fait pour vous. Vivement la suite, Le destin de l’Orphelin, d’ores et déjà prévu aux éditions Eclipse. J’espère vous avoir donné envie de le lire parce que c’est toujours difficile d’écrire une critique sur un bouquin qui nous a conquis.


Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

illman dans Critiques, Livres, Manga le 14 février 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Summer Wars est l’adaptation en manga du film d’animation éponyme sorti en 2010 et créé par Mamoru Hosoda. Kaze s’occupe de la traduction et édition dans nos contrées, et a sorti le premier tome au mois de novembre de l’année 2010. C’est Sugimoto Iqura qui s’occupe du dessin sur cette version papier, tandis que le scénario est supervisé par Yoshiyuki Sadamoto qui s’est par ailleurs occupé du chara-design des personnages. Alors, est ce que ça vaut le coup ? Commençons par un synopsis.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

Kenji a la bosse des maths, mais comme il est un peu distrait, il va se faire éjecter des sélections pour les olympiades de maths et se retrouve à occuper son été à faire la maintenance de Oz, une sorte de réseau social mondial, mais en pire. Mais ça c’est avant que Natsuki, la fille pour laquelle il craque lui demande un service qu’il va s’empresser de vouloir lui rendre et qui va lui réserver bien des surprises.

Je vais commencer par vous parler de Oz, étant donné que c’est l’élément absolument central de l’histoire. Imaginez une sorte de Facebook où quasiment tout le monde serait inscrit et possèderait un avatar (très moche pour certains). Mais ça ne s’arrête pas là, nos avatars auraient les mêmes autorisations, pouvoirs que leur homologue humain, par exemple contrôler l’aiguillage sur les lignes de train avec le compte d’un gars de la SNCF. Dans le manga, ça marche presque nickel, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, etc… Mais c’est quand même super glauque je trouve.

Pour le scenario, on va dire que sur l’ensemble est sympa, mais certains détails sont surréalistes et collent à peu à la réalité. Par exemple, un gars qui casse de tête un mot de passe avec une clé cryptographique de 512bits. Alors ça passe bien entendu pour les néophytes, mais pas pour ceux qui s’y connaissent. Ça dessert du coup un peu ce monde fantaisiste qui se veut quand même plutôt réaliste. On rentre assez vite dans le vif du sujet, c’est sans doute dû au format original, mais je dois avouer que ne pas avoir des chapitres d’introduction à rallonge est rafraichissant.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura Sugimoto

Niveau dessin, ben c’est du Shonen, donc les personnages sont travaillés, le chara-design est vraiment sympa mais comme d’habitude, les arrières-plans et décors font de la peine, quand il ne sont pas carrément absents. Enfin bon, c’est le genre qui veut ça. Je noterais quand même quelques cases où le dessin a du être confié à un assistant fatigué, mais bon, là je pinaille. Certains détails peuvent toutefois choquer, je me suis retrouvé à me dire « Oh mon dieu, les japonais utilisent IE7« , vu que les protagonistes accèdent à Oz par ce navigateur à plusieurs moments… C’est une fois de plus l’informaticien qui parle.

Summer Wars, Tome 1, de Iqura SugimotoJe ne m’aventurerais pas à comparer le film et son adaptation, n’ayant pas encore eu l’occasion de le voir en salle ou en DVD, mais après en avoir parlé avec un ami qui l’a vu, ce serait une adaptation assez fidèle au niveau de l’histoire. Concernant l’édition, on a droit à des pages couleur comme ça à l’air de devenir un peu la norme pour les tomes 1. Kaze a fait du travail propre avec ce premier tome de Summer Wars, ça ne fera pas tâche dans les étagères.

J’ai bien aimé lire ce tome, la série n’ayant que 3 tomes en tout, ça peut être un achat sympathique et pas prise de tête. Je me laisserais bien tenter d’ailleurs.


Wollodrïn est une BD en deux parties, dont la première vient de sortir aux éditions Delcourt. Elle est dessinée par Jérôme Lereculey et on retrouve David Chauvel au scénario. Avec sa couverture et sa police, on cerne rapidement qu’il s’agit là d’une BD d’Heroic Fantasy. Effectivement c’est un genre très populaire en ce moment dans la BD Franco-Belge. A noter que bien que les auteurs n’en soient pas à leur première BD, je n’avais jamais lu quoique ce soit de l’un ou de l’autre. J’ai reçu cette BD via l’opération Masse Critique de Babelio.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et Lereculey

Condamnés à morts, un petit groupe de prisonniers se voit offrir une occasion qui ne se refuse pas : la liberté et de l’argent contre une mission. Jouant les mercenaires, les prisonniers, de races, sexes et origines différents vont devoir s’allier pour remplir une mission périlleuse qui va les mener sur le territoire Orc. Orcs qui sont entrés en guerre.

A la lecture du résumé, on peut s’attendre au pire. Effectivement, tout est très convenu. Le principe des prisonniers s’alliant pour une mission suicide, ce n’est pas ce qui manque. Mais au delà de cela, on est aussi face à la plupart des clichés de l’Heroic Fantasy.  Le groupe des mercenaires comprend évidemment, le maraudeur, le civilisé, le nain, la fille pacifiste, le gollum, etc. Tous les personnages sont stéréotypés. L’héritage de Tolkien est palpable, un peu trop à mon avis. Les personnages rentrent bien dans les schémas, le nain drôle et bourru, les orcs méchants, etc.  C’est dommage. Tout au long de l’histoire pas une seule surprise, et pas un seul élément permettant de dire que le scénariste sa mis sa patte dans la semoule. Le scénario se fond dans la masse.

Je sais qu’en 52 pages on n’a pas la possibilité de créer forcement un univers, mais ce n’est pas une raison pour reprendre à l’identique un univers déjà exploité jusqu’à la corde. La BD ne se démarque pas de la pléthore d’œuvres surfant sur le genre qui sortent chaque année. On pensera par exemple à Dwarf de Shovel.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et Lereculey

Malheureusement, il en va de même pour le dessin de Jérôme Lereculey. Si il est techniquement correct, si les perspectives sont bonnes, et l’action bien retranscrite, il n’y a aucune personnalité. C’est du dessin de BD Franco-Belge comme on en trouve 13 à la douzaine, sans  âme. Il manque soit du style pur dans le dessin, soit de l’audace niveau cadrage. Il n’y a rien à reprocher dans l’absolu, ça manque juste de peps. Les couleurs quant à elles, de Christophe Araldi et Xavier Basset, représentent pour moi le vrai point noir de l’ouvrage. Les pages sont souvent traitées de manière très uniforme. Aucun point n’est mis en valeur, elles sont uniformément sombres, ou uniformément claires, ce qui rend la lecture difficile et empêche d’enchaîner naturellement les cases.

Le matin des cendres, Wollodrïn Tome 1, de Chauvel et LereculeyAu final, la lecture n’est pas désagréable. Wollodrïn n’étant qu’en deux partie, cela veut dire qu’il est aisé d’avoir la collection, sans attendre trop longtemps (au rythme d’un tome par an, les BD souffrent souvent du problème d’attente).

Malheureusement, cette faible durée empêche de développer quoique ce soit, et contribue au coté insipide de l’œuvre.  Cela se lit sans difficulté, et à part les couleurs, il n’y a pas de défaut majeur. Cependant, la BD manque clairement d’originalité et de personnalité. Ces points font que je la considère comme une BD à lire a la bibliothèque si l’occasion se présente , mais qui ne vaut pas l’achat à 13€.


Dhampir est le premier tome de Les Nobles Morts, une série de romans écrite par Barb et J.C. Hendee. Traitant des vampires et des dhampirs, comme le titre l’indique, cette série vient tout juste de démarrer aux éditions Eclipse, avec une traduction signée Mélanie Rouger. Sa couverture, basée sur une photographie se transformant en multiple petites chauve-souris, est assez sobre mais ne m’a pas réellement convaincu. Cela dit, comme d’habitude avec les éditions Eclipse, on est face à un très joli objet. Commençons par un synopsis.

Dhampir, Les Nobles Morts Tome 1, de Barb et J.C. Hendee

Magirie est une chasseuse de vampires. Enfin, c’est ce qu’elle fait croire aux habitants superstitieux des villages dans lesquels elle se rend. Car s’ils pensent la voir combattre un vrai démon à chaque fois, c’est pourtant simplement contre son complice Lihsil, déguisé à l’aide d’une cape noire, qu’elle se bat. Mais pourquoi arrêter d’arnaquer ces gens quand ils sont assez idiots pour croire ses mises en scènes ? Après tout, s’il y a bien quelque chose dont Magirie est certaine, c’est que les vampires n’existent pas.

Dhampir est un livre dont le début m’a beaucoup surpris, et amusé. J’ai bien failli croire qu’il s’agirait là bel et bien d’une farce qui amènerait nos héros de péripéties en péripéties à force de se jouer des villageois qu’ils rencontraient. Mais la quatrième de couverture ne trompe pas, du moins pas complètement, et le roman des deux Hendee est bien celui d’une chasseuse de vampires. Du moins, d’une chasseuse en devenir.

Le roman ressemble en effet assez fortement à une sorte de quête, très Fantasy, où notre héros confronté à la réalité des choses et de son destin va d’abord passer par une longue phase de déni avant de, peut être, accepter sa lourde tâche. C’est un élément difficile à bien amener dans un roman, il nous arrive de reprocher que ce passage soit trop rapide, d’autres fois, il se révèle bien trop lent. Et quand le dosage est réussi, on ne s’en rend même pas compte. Malheureusement, dans notre cas, j’avoue que la phase de déni de Magirie, en plus d’être assez frustrante, transforme ce premier tome en gigantesque introduction. Une introduction qui va peiner à se mettre en place et pendant laquelle nous n’apprendrons finalement assez peu de de choses concrètes sur l’univers dans lequel se place notre série.

Alors il y a certes de nombreux éléments qui sont insérés, vous vous en doutez nous parlerons vampires et dhampirs, mais aussi des spectres et autres fantômes. Mais d’une manière, j’ai trouvé que cela restait somme toute assez léger. D’autant que ce sont des éléments seulement connus du lecteur: à n’en pas douter qu’ils seront répétés et appris à Magirie que plus tard dans l’aventure. L’approche reste cependant assez originale, notamment au niveau du mythe du vampire.

Dhampir, Les Nobles Morts Tome 1, de Barb et J.C. Hendee

L'une des couvertures de la version originale

Ce premier tome est centré autour des personnages principaux, Magirie et Lihsil, deux vagabonds. J’avoue ne pas avoir réussi à m’attacher à eux, leurs personnalités respectives étant assez caricaturales, bien que leur volonté commune de se « poser » et de vivre une vie honnête soit un sentiment que le lecteur partagera très vite. L’ambiance du roman se veut assez sombre, nous allons en effet suivre d’un côté les traqueurs de vampires, Magirie et Lihsil donc, et de l’autre, les traqués. Une sorte de chasse. On va ainsi faire la connaissance de trois vampires vivant ensemble et se cachant des yeux humains. Ce sont les personnages qui m’ont le plus intéressé, notamment grâce à un passé assez fouillé et très bien expliqué. Alors bien sûr, on pourra dire que ce sont encore des vampires, mais ils restent assez originaux.

Mais malgré cette tentative des auteurs de donner un air sombre et triste au roman, notamment à l’aide de ce sentiment de traqueurs/traqué, il se dégage une sorte de sensation bisounours, ce qui m’a donné assez de mal à accrocher à la course-poursuite annoncée. En effet, si du côté des vampires, les personnages sont plutôt intéressants, de l’autre côté, en plus des héros on retrouve différents protagonistes dont les personnalités sont lissées à l’extrême. Les méchants sont complètement méchants, et les gentils complètement gentils. Et les rares changements d’avis sont tellement prévisibles qu’on le sent dès la rencontre des différents personnages. Alors il y a bien un ou deux qui arrive à sortir du lot mais ça ne permet pas à la galerie de personnages de spécialement briller.

Dhampir, Les Nobles Morts Tome 1, de Barb et J.C. HendeeLe style d’écriture des deux auteurs est cependant très correct, plutôt bon même, agréable à lire et n’est pas perdant pendant les scènes de combat, ce qui est un gros plus puisque le roman en regorge. Et c’est plutôt un point positif, car cela donne une très bonne dynamique au récit, dynamique accentuée par la présence de quelques flashback assez bien placés nous racontant un peu plus en détails le passé de tel ou tel personnage. N’ayant aucune idée de la teneur de la version originale, je dirai tout de même que la traduction de Mélanie Rouger est de bonne facture et je n’y ai pas vu de bourde spéciale.

Bien que j’ai cité de nombreux défauts, Dhampir est loin d’être un bouquin déplaisant. En tant que tome d’introduction, l’œuvre de Barb et J.C. Hendee a de nombreuses lacunes, mais que ce soit pour son univers original, ou les derniers chapitres présages une suite d’un niveau bien meilleur, je pense lire la suite. Reste à voir si elle arrive à faire prendre son envol à la série ou non. Rendez vous pour le second tome, Voleur de Vie !.


Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie Fazi

Serafina dans Critiques, Livres le 7 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Mélanie Fazi est une auteure de Fantastique française et aussi traductrice. Notre-Dame-aux-Écailles, précédemment publié aux éditions Bragelonne, pour lesquelles elle travaille, vient de sortir en poche aux éditions Folio SF avec une fort belle couverture signée Bastien L. Il s’agit d’un recueil de nouvelles, ce qui explique qu’il n’y aura pas de synopsis. Le recueil est paru en 2008 mais contient des nouvelles bien antérieures, depuis 2000, certaines déjà publiées, d’autre non. Je partais avec un apriori assez neutre n’ayant jamais lu cette auteur.

Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie Fazi

Cependant, neutre , je n’allais pas le rester longtemps.  Le début du recueil comporte des nouvelles qu’on pourrait qualifier d’assez courtes, moins de 30 pages, qui permettent d’enchaîner et de se familiariser avec le style de l’auteure… Et ce style ne m’a pas convaincue. Car on trouve surtout de l’exercice de style : il n’y a pas d’intrigue, pas d’histoire, c’est un tableau qu’elle nous décrit. Alors certes Mélanie Fazi écrit fort bien, elle fait de nombreuses métaphores et a un style très onirique, assez doux, qui retranscrit très bien les ambiances. Mais voilà, ça n’est pas suffisant. En se bornant à décrire une petite scène, sans intrigue, il devient impossible de s’identifier, ou de s’immerger. C’est plus proche d’un poème en prose que d’une nouvelle si vous voulez mon avis. Et moi, ça m’ennuie terriblement.

Très peu de nouvelles ont réellement une histoire: Le nœud cajun, et Mardi gras par exemple sont parmi les rares que je qualifierais réellement de nouvelles. Cependant, ces nouvelles pâtissent de leur narration : l’auteur fonctionne presque toujours de la même manière: un narrateur spectateur d’une scène, flash back, puis parfois, flash forward. Le fait de n’avoir pas de ligne temporelle droite empêche d’après moi de réellement prendre part à la nouvelle, cela nous condamne à rester à l’extérieur.

Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie Fazi

Couverture des éditions Bragelonne, bien moins réussie.

La plupart de ses nouvelles sont à la première personne. Les narrateurs sont généralement des femmes (deux hommes sur l’ensemble des nouvelles), assez mures, dans la trentaine, mais qui intériorisent énormément. Du coup certaines nouvelles tournent bien trop à l’introspection, ses personnages pensent trop et n’agissent pas. Je ne vous parlerais pas de la morale assez discutable d’une de ses nouvelles, Les cinq soirs du lion. Du coup, on s’ennuie. C’est une jolie prose à dérouler, mais la nouvelle n’a aucune prise sur moi. Le tout est renforcé par le fait que ses narrateurs sont aux prises avec des situations bien trop extrêmes pour que l’on puisse s’y identifier: l’une a été violée gamine, l’autre a un cancer, l’autre a tué son amant…  Je ne nie pas les qualité littéraires de ce recueil, cependant, je suis face au même genre de livre que pour Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume. Le roman plaira sans doute aux amoureux des beaux mots, mais pour  moi cela sera tout.

Notre-Dame-aux-Écailles de Mélanie FaziOn note quand même deux ou trois nouvelles qui relèvent la donne  et qui sont toutes situées à la fin: Le nœud cajun, Mardi gras et Fantômes d’épingle. Il y a là une vraie histoire, un poil d’horreur et des personnages simples. Le fait que les deux premières soient en Amérique, et narrées par des hommes doit jouer: l’auteur ne verse pas dans la « psychologie de comptoir ». Fantômes d’épingles est une nouvelle plus proche de l’horreur traditionnel, et montre clairement le potentiel de Mélanie Fazi.

Au final, Notre-Dame-aux-Écailles ne m’a pas convaincu et je ne vous le recommande donc pas. Chose bizarre vu le nombre de critiques très élogieuses que l’on peut retrouver sur Internet. Cependant, Mélanie Fazi montre dans quelques nouvelles qu’elle est capable de bien mieux et est donc un auteur français à suivre. En tout cas, je suis prête à lui redonner une chance.


Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Serafina dans Critiques, Livres le 5 février 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Le cinquième tome de la série Vicki Nelson, nommé Dette de Sang, est aussi le dernier. C’est avec un petit pincement au cœur que j’ai entamé cet opus, publié pour la première fois en 1997, soit 4 ans après le tome 4. Contrairement au reste de la série qui vient tout juste d’être réédité par les éditions J’ai Lu, en format semi-poche, il s’agit là de la première publication en France du titre, avec une traduction de Patricia Lavigne. Vicki Nelson de Tanya Huff est jusqu’à présent une série qui ne m’a jamais déçu, a-t-elle réussi le sans faute ? Synopsis.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

L’histoire prend place deux ans après la fin des événements du tome précédent. Les choses ont bien changé, mais Henri se retrouve visité par un fantôme. Fantôme aux mains coupées et qui semble réclamer justice. Incapable de résoudre cela seul, il décide de contacter Vicki Nelson pour une enquête très spéciale.

Nous retrouvons là tous les protagonistes pour ce qui semble bien être un « baroud d’honneur », une dernière histoire. Ou une envie de l’auteur de retrouver ses personnages. Car au vu de l’histoire et du délai entre les tomes 4 et 5, on peut vraiment dire que la série s’est arrêtée avec le 4ème tome, et qu’il n’y avait pas forcément besoin d’une suite. Cependant pour un retour, ce tome n’est pas mauvais du tout. On retrouve tous les ingrédients des premiers, une histoire très terre à terre, si on omet le fantôme et le vampire, des personnages aux fortes personnalités.

D’ailleurs ce roman m’a fait énormément penser à Anne Rice ou à Poppy Z. Brite, pour le personnage de Tony, un jeune gars de la rue, et l’ambiance d’un été nocturne à Vancouver qui m’a fait pensé à la Nouvelle Orléans, et qui m’a donné envie d’être en été (ce qui est un sacré record pour moi). J’ai eu l’impression que le style s’était bonifié avec le temps, l’écriture de Tanya Huff rendant beaucoup mieux les ambiances.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya Huff

Couverture de la version originale, titrée Blood Debt

Malheureusement, on n’apprendra dans ce Dette de Sang pas grand chose sur les vampires, et surtout pas sur Henri. J’en reviens donc au même constat que celui que j’avais fait la dernière fois, c’est vraiment dommage que le personnage n’ai pas droit à son « spin-off » racontant son passé, car j’aurai adoré. Le roman se concentre donc sur l’enquête, qui va nous trainer dans des traffics médicaux pas très nets. Le sujet est d’actualité, vu que cela à rapport avec la difficulté de trouver une greffe, mais malheureusement reste assez peu creusé. Cette absence de profondeur en soit rend le roman vierge de tout temps mort. Ça s’enchaîne vite et bien, on est tenu en haleine tout au long des 300 pages. Le roman réussit à nous détendre, et a se faire dévorer.

Dette de Sang, Vicki Nelson Tome 5, de Tanya HuffL’humour est présent et malgré les thèmes abordé, le roman reste léger. Bien que j’ai adoré le lire, je reste un peu sur ma faim concernant la série Vicki Nelson d’une manière générale. Il y a un arrière-goût de trop peu, j’aurais aimé en savoir plus, que cela soit sur le mythe des vampires ou même sur les fantômes. On est vraiment dans la mode du « monster of the week » de l’époque, en bouquins, et quelque part c’est assez dommage. Un peu le même symptôme que la Saison 1 de Buffy, sortie quelques années plus tard.

Ceci dit, cela ne m’empêche pas de classer cette série dans les meilleures séries de Bit-Lit que j’aie pu lire pour sa qualité constante, son absence de temps mort et son absence d’érotisme inutile. J’espère que les autres romans de Tanya Huff sortiront, notamment la série Smoke and Shadows qui met en scène Tony.