Dernièrement sur if is Dead:

Life on Mars de Matthew Graham

illman dans Films, Séries le 8 juin 2011, avec 7 commentaires

Life on Mars est une série de la BBC diffusée en 2006 sur les ondes britanniques. J’avais entendu parlé de cette série en me disant que je devrais bien y jeter un coup d’œil un jour. Un dimanche où je m’ennuyais, j’ai décidé de testé la VOD Canalplay sur ma Xbox, et je suis tombé sur un pack des deux premiers épisodes pour 2€99. J’ai testé et je n’ai pas regretté, à peine le second épisode du pack entamé que je commandais déjà l’intégrale sur Amazon. Quid donc de cette série ?

Life on Mars de Matthew Graham

Sam Tyler est commissaire principal en 2006 à Manchester. Alors qu’il enquête sur un serial killer, sa petite amie et collègue, Maya se fait enlever par ce dernier alors qu’elle était parti enquêter seule. Pendant qu’il se morfond au bord de la route, il se fait renverser par un chauffard. Il se relève pour s’apercevoir qu’il se trouve dans un endroit étrange et sapé avec un col pelle à tarte, il est en 1973. Est-il mort, dans le coma, dans le passé ou tout simplement fou ?

J’avoue vu comme ça le synopsis fait un peu bidon mais ce serait sous estimé les scénaristes de la BBC. Ils vont s’évertuer au fil des histoires à décrire les années 70 à Manchester et on s’y croit. L’ambiance est très importante et sert l’histoire, vous imaginerez facilement le clash entre les cultures policières et sociales, Sam passe pour un marginal et un illuminé en voulant continuer à travailler comme en 2006. Les thèmes abordés sont aussi assez larges, les femmes et les noirs dans la police, par exemple, très mal acceptés et pour qui Sam se battra. L’émergence du hooliganisme, la boxe truquée, ou l’apparition de nouvelles drogues et de leurs réseaux quasi industriels tiendront aussi en haleine toute l’équipe d’enquêteurs.

Life on Mars de Matthew Graham

Car on suit tout un département de police de Manchester dirigé d’une main de fer par le DCI Gene Hunt, incarné à l’écran par Philip Glenister. Difficile à cerner, il fait parti de la trinité des personnages principaux, on va l’aimer, le détester, le comprendre et voir ses travers. Pour moi, il vole la vedette à Sam Tyler, son subordonné, joué par John Simm qui a aussi été Le maitre dans Dr Who. Son arrivée dans le passé ne l’a pas arrangé, il entend des voix, a des hallucinations et ne sait plus où se trouve la réalité. Un personnage torturé comme on les aime, qui s’accroche désespérément à ses principes sauf quand ses émotions prennent le pas sur sa conscience. Pour terminer ce triangle, Annie Cartwright, joué par Liz White, au départ simple auxiliaire, va se retrouver confronter à la condition des femmes dans les 70′s et aura sur ses épaules la petite pincée de romantisme de l’histoire avec Sam. On retrouve aussi Ray et Chris, des enquêteurs de l’équipe, plutôt sidekick mais important tout de même avec chacun leur heure de gloire. Bref, une équipe bien travaillée qu’on a plaisir à suivre, vivant de ses conflits internes, de ses états d’âmes, de ses enquêtes et de ses réussites.

Life on Mars profite de ressorts comiques induits par le décalage de Sam avec l’époque en cours. Dans ce genre de situation, le retour à la réalité est plus que douloureux pour lui et assez marrant en général. Comme par exemple quand il promets que le témoin sera derrière un miroir sans tain, qui n’est tout simplement pas utilisé par la police à ce moment là, et qu’il se retrouve finalement en face à face avec le suspect. Assez déstabilisant. L’autre composante sur laquelle on peut compter sont les allusions aux futurs que, le spectateur connait, mais qui ne se sont pas encore produite comme lorsque Sam annonce qu’une femme pourrait bien devenir premier ministre. Gene lui répond, je cite : « There will never be a woman prime minister as long as I have a hole in my arse. » C’est peut-être pas le meilleur exemple mais ça appuie ma démonstration.

Life on Mars de Matthew Graham

La bande son est juste énorme, parfaitement en phase avec les 70′s et surtout avec le fabuleux artiste androgyne, j’ai nommé le grand David Bowie (nan j’suis pas fan, quoique…). On se retrouve avec des styles plutôt variés représentatifs de la période, même si la BO est plutôt Rock. C’est un vrai plaisir d’entendre les Who ou encore Paul McCartney. Par contre,  il faudra que quelqu’un m’explique l’engouement des britanniques pour Slade, parce qu’on entend souvent des chansons de ce groupe dans les shows de la BBC, notamment  Dr Who. A noter, Sam Tyler croisera une autre de mes idoles musicales dans une boite de nuit pendant ses aventures, j’ai nommé Marc Bolan, le chanteur-leader de T.Rex. Bref cette série est un véritable fandom pour les inconditionnels de la musique de cette période.

La série est divisée en deux saisons, une seule est disponible en France mais vous me connaissez, je me fournis directement chez les compatriotes de Shakespeare. Pour l’intégrale de la série, c’est à dire les 16 épisodes, vous pouvez vous en tirer pour environ 20€ en anglais.  Le coffret est pas trop mal mais fait, un peu cheap, un contour plus rigide aurait été pas mal.

Au final, Life on Mars est une série absolument géniale que je vous recommande vivement, ne serait ce que pour tester son ambiance. D’habitude je n’aime pas trop les séries policières mais celle-ci a une vraie âme. Me reste plus qu’a me procurer le spin-off, Ashes to Ashes.


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C’est Lundi, que lisez-vous ? #3

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 6 juin 2011, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Afin d’arrêter de passer pour des asociaux, voici donc la troisième édition ! Donc, c’est lundi, que lisons-nous ?

dabYo

Anthologie Victimes et Nourreaux aux éditions MnémosCette semaine, j’ai réussi à profiter du jeudi férié pour m’avancer dans la lecture d’Elric: les Buveurs d’Âmes que j’avais bien entamé la dernière fois. Comme je le disais, aussi étonnant cela puisse être, j’ai bien aimé ma lecture. La fin, si elle confirmait mes craintes quant au côté filer du roman, n’était pas mauvaise pour autant. Une lecture qui n’est pas inoubliable, mais qui est loin de l’arnaque commerciale qu’elle semblait être initialement.

Sinon, j’ai commencé l’anthologie sortie par les éditions Mnémos pour les Imaginales et dirigée par Stéphanie Nicot: Victimes et Bourreaux. Serafina avait chroniqué celle de l’année dernière, Magiciennes et sorciers, qui l’avait plutôt déçue d’ailleurs. J’ai pu lire la première nouvelle de Charlotte Bousquet, une auteure que j’aime toujours autant et qui a été plutôt à la hauteur de la tâche, ainsi que celle de Michel Robert. Je ne connaissais pas l’auteur, je m’attendais au pire, et je suis plutôt mitigé. L’idée est bonne, mais il y a des points noirs, notamment une prévisibilité du scénario un peu trop importante à mon goût…

Serafina

Malheureusement, Fidel Gastro m’a rattrapé, et une expo le week-end ont fait que je n’ai quasiment pas lu cette semaine. Je suis donc toujours sur Autour de Londres de Lydie Blaizot qui est toujours très bon et sur le Trône de Fer. Il ne me reste qu’une cinquantaine de pages pour le premier et 150 pour le deuxième. J’espère me reprendre en main rapidement, car j’ai une PAL monstrueuse.

illman

J’ai bientôt fini le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber. Je vais pouvoir enchainer sur autre chose… C’est bien sur la fin, mais j’ai hâte de passer au Puit de l’Ascension, la suite de l’Empire Ultime de Brandon Sanderson aux éditions Orbit que j’avais beaucoup aimé.

LuxtExMachina

Cette semaine j’ai commencé à lire La triste histoire des frères Grossbart aux éditions Eclipse. Mélange de contes anciens à la façon des frères Grimm et de violence. C’est une lecture très bonne qui ravira les lecteurs. A ne pas mettre en les mains d’enfants, cela va sans dire.


MdM#22: Dreaming Light de Anathema

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

dabYo dans Coup de Coeur, Musique le 5 juin 2011, avec 1 commentaire

Pour une fois, l’actualité d’un groupe correspond pile poil à ce que nous sommes en train de faire, puisque le groupe de Doom-Rock-Prog anglais Anathema vient tout juste de sortir un clip pour un des morceaux de leur dernier album, Dreaming Light. La formation, que nous avons déjà vu en live cette année à Clermont-Ferrand et qui nous avait grandement impressionné, est sur le line-up du Hellfest 2011, le dimanche pour être exact. Et nous irons bien entendu les voir, et on en profite donc pour vous le montrer !

Dream Light fait donc partie des titres de We’re Here Because We’re Here, un album très maitrisé et vraiment doux qui, il faut l’avouer, nous a tout de même surpris à sa sortie. On est loin du désespoir et des morceaux très Doom que nous proposait la formation à ses débuts. Cela dit, plus le temps passent et plus les morceaux font leur petit bonhomme de chemin dans nos cœurs, plus l’album a commencé à nous convaincre. Puis nous les avons vu en live, où leurs morceaux prennent toute leur ampleur.

Le clip quant à lui est plutôt cliché, certes ancré dans l’actualité, mais le thème a déjà été utilisé de nombreuses fois qu’il est difficile d’être surpris. Il est très bien réalisé, mais là encore on ne s’attendait pas spécialement à ça pour un clip d’Anathema, qui semblait être plus « self-centred ». Pas spécialement au mauvais sens du terme, mais les paroles font plus état d’une réflexion personnelle que d’une autour de la société. On a hâte de les voir, en tout cas.


Le Shôgun de l’Ombre de Jérôme Noirez

dabYo dans Critiques, Livres le 3 juin 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Jérôme Noirez est un auteur que j’ai découvert l’année dernière avec Le Chemin des Ombres, un excellent mélange des influences de la culture asiatique et d’Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Le roman m’avait envouté, aussi c’est avec enthousiasme que j’ai entamé un autre de ses romans édité en poche par J’ai Lu, Le Shôgun de l’Ombre. Il s’agit cette fois d’une enquête policière menée par l’inspecteur Ryôsaku et se déroulant dans le Japon féodal. Il s’inscrit dans le cycle de Ryôsaku, c’est le second épisode, mais il ne m’a pas semblé nécessaire d’avoir lu le premier, et je ne me suis jamais senti perdu. Synopsis ?

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme Noirez

Dans le Japon médiéval de 1490, Ryôsaku fait partie des enquêteurs chargés par le Shôgun de résoudre les crimes et maintenir la paix à Kyoto. Ce statut confère à l’ancien samouraï une indépendance qui lui permet quasiment de traiter d’égal à égal avec les hommes les plus riches et influents de la ville. Pour résoudre ses enquêtes, il compte sur trois jeunes samouraïs, Kaoru, Keiji et Sozô, à qui il espère bien inculquer quelques valeurs à grands coups de marteaux sur le crâne. Ils vont être malgré eux lancés au trousse d’un mystérieux criminel, surnommé bien vite par la population comme le Shôgun de l’Ombre.

Nous sommes là dans un roman qui va mélanger de nombreux éléments, à notre plus grand plaisir. Tout d’abord la culture japonaise, l’histoire s’y passe et s’y ancre entièrement. Bien entendu, je ne suis pas un expert de cette civilisation, ceci dit le paysage qui nous en est dépeint semble crédible, mais est surtout très intéressant. On y glane ainsi de nombreuses connaissances sur l’organisation de leur société du XIXème siècle, c’est un plus non négligeable, d’autant que le style s’y prête très bien. Certes, on a parfois l’impression que Noirez cherche à placer un peu trop des références au Japon et à son vocabulaire, mais d’un autre côté, c’est tellement agréable.

Le roman est écrit au présent, les phrases restent simples et me font clairement penser que la cible de l’auteur ne se limite pas aux adultes. Il serait parfait pour un adolescent, même très jeune. Les scènes sont aisément compréhensibles, l’humour bien qu’enfantin rend sa lecture très fluide et agréable, et le jeune garçon n’aura aucun mal à s’identifier à l’un des trois joyeux lurons que sont Kaoru, Keiji et Sozô. Cette proximité avec nos héros est un réel plus, la lecture du roman étant à la fois sérieuse et décontracté, un plaisir.

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme Noirez

Couverture de la version grand format, par Aurélien Police, qui retranscrit mieux la folie de l'enquête

Le Shôgun de l’Ombre est aussi une enquête policière, et l’auteur va beaucoup jouer sur le doute qui prend son lecteur, partagé entre le réalisme et le fantastique. Jusqu’à la fin, on va se demander si des éléments surnaturels ont, ou n’ont pas, lieu. C’est rondement mené, et donne un côté très intriguant au roman. Jérôme Noirez finira-t’il ou non par confirmer que le Shôgun de l’Ombre existe ? Un peu comme dans Le Chemin des Ombres, on va très vite avoir l’impression de faire une virée dans l’irrationnel, le surnaturel, sans pour autant être sûr que nos personnages n’hallucinent tout simplement pas. Certains moments s’ils ne font pas peur, ont une ambiance maléfique très forte. Là encore, c’est un vrai régal, et j’ai beaucoup apprécié l’initiation, le parcours vers la folie, de l’un des personnages.

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme NoirezCes derniers sont d’une manière générale assez peu développés, des sortes d’archétype qui n’ont pas de réelle personnalité. Du moins, leur personnalité n’est pas plus développée que dans un roman Jeunesse, mais ça n’en est pas forcément un point noir pour autant. De même, l’ensemble des personnages secondaires se contentent d’être leur fonction, métier. C’est d’une manière générale le seul reproche que l’on pourrait faire à ce roman: il s’agit d’un roman Jeunesse. Avec ses points forts et ses faiblesses. Personnellement, il m’a enchanté.

Au final, ce roman confirme pour moi que Jérôme Noirez est un auteur français qui manie excellemment bien sa plume. Il rempli parfaitement son rôle et vous fera passer un excellent moment en sa compagnie. Le Shôgun de l’Ombre est une lecture reposante, envoutante, légère et agréable à la fois. Dès que l’intrigue se sera lancé, vous aurez envie d’en apprendre davantage sur ce Shôgun et d’en comprendre le mystère. Un régal et une très bonne introduction à l’univers de l’auteur.


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Lire la suite de l’article Streamago : la video version live


Marches Nocturnes de Franck Ferric

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 2 juin 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Marches Nocturnes est un recueil de nouvelles écrites par Frank Ferric qui vient tout juste de sortir aux éditions Lokomodo. Il s’agit de la réédition en format poche du même recueil sorti en 2007 aux feu éditions Nuit d’Avril, petite maison indépendante dont le catalogue était rempli de nombreuses pépites. Pour l’occasion, il a été enrichi de plusieurs autres textes, ce qui fait qu’il comporte maintenant 17 nouvelles de Fantastique, assez courtes, entre 10 et 30 pages chacune.

Marches Nocturnes de Franck Ferric

La couverture réalisée par Bastien Lecouffe-Deharme est très sobre et reflète très bien le style de ce livre. Très orienté Fantastique, les nouvelles du recueil mélangent les genres et les univers, passant du Paris des années de la révolution à une ville post-apocalyptique, de la violence pure à une histoire simple, presque d’amour, le tout avec brio. Les histoires s’enchaînent et ne se ressemblent pas.

Pourtant il existe un lien entre toutes ces nouvelles, une sorte de dénominateur commun, et on pourrait toutes les qualifier de noire, désespérées. Franck Ferric nous fait vivre les penchants sombres de l’être humain. On croise alors le cannibalisme, mais aussi l’abandon de ses rêves, la désillusion… Chaque histoire a un petit quelque chose de dérangeant, aucune ne se terminant sur ce qu’on pourrait qualifier de « happy-end ». Toutes nous laissent un arrière-goût amer, nous empêchant par là même d’être heureux de leur fin.

Dans la majeur partie de ses nouvelles, l’auteur ne nous donne que peu d’élément sur l’univers. On se rend alors compte de l’époque ou de la réalité à travers de petits détails disséminés ici et là, petit à petit. Ce n’est pas gênant et rajouter plus d’éléments ne contribuerait pas à une meilleure compréhension, mais ralentirait plutôt le rythme. Il est très difficile de parler en détails des nouvelles vu leur longueur, de même que de faire un choix parmi celles ci, vu que je les ai toutes appréciées. Mais il a bien fallu que j’en choisisse, alors voilà un petit florilège.

Nain Rouge

Joseph est un policier, mais un policier qui commence à se faire vieux. Son chef voudrait le remplacer, sa femme le prend pour un moins que rien, il n’est plus aussi bon qu’avant et des rumeurs de pots-de-vin commencent à circuler sur son compte, ce qui n’est pas tout à fait faux. Jusqu’au jour où il rencontre un nain roux qui lui propose un marché. Il règle tous ses problèmes en échange d’un petit payement à régler plus tard. Joseph va alors se rendre compte que tout ce qui est trop beau pour être vrai l’est  et chaque chose a un prix à payer.

L’univers de Nain Rouge, sans être très détaillé, est vraiment immersif. La plupart du temps, l’action se passe de nuit, ce qui renforce la noirceur du récit. La fin est pour moi de toute beauté, la principale raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé la nouvelle.

La part des Cendres

La ville est tombée aux mains des Cendres, des paramilitaires violents, prenant un malin plaisir à faire souffrir les gens. C’est grâce à ça qu’elle a pu s’enfuir de chez elle avec son frère lorsqu’ils sont arrivés chez elle. Maintenant que son frère est mort lui aussi, il ne lui reste qu’une chose à faire: s’enfuir de la ville.

Dans cette nouvelle, nous suivons l’héroïne qui reste anonyme pendant toute l’histoire. Franck Ferric nous raconte comment elle a survécu dans cette ville apocalyptique. Le fait qu’elle parle à la première personne tout en restant anonyme nous permet de s’immerger et de s’identifier à elle. La fin n’est pas vraiment surprenante mais laissera un sentiment de malaise. C’est une des choses que j’ai aimé dans la plupart des nouvelles, d’ailleurs.

Des ailes pour tomber

Dans une ville futuriste, le dernier prince d’un peuple venant d’une autre dimension s’est enfui de sa prison afin de retourner chez lui. Son objectif est le dernier arbre de la ville où il était retenu prisonnier. Mais les Séraphins, militaires d’élites du clergé le poursuivent. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

Cette nouvelle se déroule dans un univers futuriste. Le fanatisme religieux du personnage principal nous pousse à le détester. Comme pour les deux histoires précédentes, la fin sans être triste n’est pas non plus une « happy-end », mais plutôt un mélange, qui nous fait réfléchir.

Marches Nocturnes de Franck FerricAu final, j’ai particulièrement apprécié Marches Nocturnes. J’ai toujours trouvé que les univers sombres collaient parfaitement avec ce genre d’histoires. Les nouvelles se renouvellent et on ne s’ennuie à aucun moment.

Tout le monde n’appréciera peut être pas l’ambiance qui elle change peu au fil des nouvelles, mais si vous aimez les histoires glauques, dérangeantes, je vous le conseille fortement.

Et si vous ne connaissez pas encore l’auteur, je vous invite à lire son interview publié sur if is Dead à l’occasion de la sortie de La Loi du Désert, son premier roman.


Belle de Robin McKinley

Serafina dans Critiques, Livres le 31 mai 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Belle est un roman de Robin McKinley qui date de 1978 mais qui vient d’être réédité en français par les éditions Mnemos avec une superbe couverture de Alain Brion. Le roman avait été édité en 1993 chez Pocket SF et n’était plus disponible dans le commerce depuis un bon bout de temps déjà. Comme son nom l’indique, Belle est une version revisitée du classique conte de la Belle et la Bête. Il ne fait que 240 pages et se lit donc fort rapidement. Synopsis.

Belle de Robin McKinley

Belle n’est pas aussi jolie que ses deux sœurs. Issue d’une famille aisée mais maintenant ruinée, Belle coule de paisibles jours dans une maisonnette à la campagne où elle effectue diverses tâches champêtres. Jusqu’au jour où son père revient catastrophé d’un long voyage. Il a rencontré une Bête, qui lui a demandé de lui ramener une de ses filles, et c’est bien entendu celle qu’il considère comme moins jolie qu’il va choisir.

Bon, honnêtement, l’histoire nous la connaissons tous et toutes. Le dessin animé de Disney a fini de populariser ce conte. Vous ne trouverez donc pas de suspens, mais un peu de bonne niaiserie sentimentale matinée de Fantastique comme il se doit. Car effectivement cette relecture ne diffère pas tant que cela de ce qu’on connait du conte, et pour avoir déjà lu diverses adaptations, je dirais que cette relecture n’apporte aujourd’hui plus grand chose de nouveau si vous êtes féru du conte. La seule vraie différence se situe au niveau des sœurs de Belle, qui sont souvent dépeintes comme de vraies pestes et qui sont là sont des soeurs très normales et très gentilles.

Le roman est à la première personne, ce qui est sans doute le changement le plus subtil mais qui joue le plus dans notre appréciation de l’histoire. Nous sommes beaucoup plus proches de Belle. Et si le fait de mener un roman à la première personne, surtout dans un cadre sentimental comme celui ci, est un exercice périlleux, Robin McKinley s’en tire avec brio, présentant là une Belle très crédible, ni cliché, ni tête à claque. Le style est facile à lire et très direct. En plus c’est écrit plutôt gros, donc le livre se lit rapidement et sans accro.

Belle de Robin McKinleyBelle est évidemment un roman qui n’a que très peu d’action et qui se concentre surtout sur les relations entre les personnages. J’avoue avoir mis du temps à entrer dans l’histoire, tellement je ne voyais pas ce que la réécriture apportait. Et puis au fil des pages, on se rend compte qu’on s’est attaché aux personnages, et qu’on est ému ou inquiet pour eux. Le roman m’a finalement beaucoup plu , grâce a ses personnages tous très réalistes et très touchants. Le roman est aussi plus adulte que le conte normal. Il n’est pas enfantin, bien que pouvant tout à fait être lu par un jeune adolescent, il n’y a rien de choquant ou de sanglant dedans, mais on est loin des personnages manichéens des contes.

Au final, je garde un très bon souvenir de ce roman, malgré un démarrage difficile. Belle est un roman simple, qui n’en met pas plein les yeux, qui joue surtout sur la finesse et sur ses personnages mais qui arrive parfaitement à son but. Si vous aimez les contes, ou si vous aimez les jolies histoires n’hésitez pas. A noter que ce roman pourra plaire je pense à tout le monde, même aux personnes un peu réticentes au Fantastique car c’est un grand classique doublé d’un bien bel objet.


C’est Lundi, que lisez-vous ? #2

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 30 mai 2011, avec 8 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Comme on est des oufs dans nos têtes pour la deuxième fois consécutive, on va nous aussi vous parler de nos lectures du moment ! Donc, c’est lundi, que lisons-nous ?

dabYo

Elric: Les Buveurs d'ÂmesJe n’ai pas vraiment eu le temps de lire cette semaine, cependant, j’ai quand même pu bien entamer le nouveau Elric, Les Buveurs d’Âmes. Vous l’avez sans doute compris si vous avez tenté d’en gagner un exemplaire, mais il s’agit d’une collaboration entre son créateur, Moorcock, et l’auteur français Fabrice Colin.

Bien que je n’ai pas réellement apprécié la lecture du premier tome de la série, Elric des dragons, que je n’ai d’ailleurs pas réussi à terminer, ce nouveau tome m’a plutôt surpris. Une reprise de franchise comme ça, il faut avouer que ça sentait l’opération marketing à plein nez.

Je ne peux pas encore dire si cela en est une, si le tome aura une réelle influence sur la série ou si cela reviendra à un simple filer, mais je peux déjà dire que ça se lit très bien. Le style du roman est agréable, et l’histoire m’a presque convaincu, bref, aussi étonnant que ça puisse être, j’ai envie de savoir ce qu’il va se passer. Rendez vous la semaine prochaine pour la chronique, je pense.

illman

Je suis donc Toujours sur le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber, vu ma vitesse de lecture actuelle et l’intérêt pour ce bouquin qui me fuit, j’en ai encore pour un bon mois. Il faut que je me fasses violence en pensant à Metro 2034 qui m’attend, là, quelque part.

LuxtExMachina

Je viens de finir Les Marches Nocturnes de Franck Ferric, un recueil de nouvelles très sombre que j’ai beaucoup aimé, vous en apprendrez plus lors de ma chronique qui devrait arriver dans la semaine.

Et du coup, j’entame La triste histoire des frères Grossbart de Jesse Bullington aux éditions Eclipse.

Serafina

Autour de Londres de Lydie BlaizotJ’ai terminé la semaine dernière la Tour des Illusions de Anthelme Hauchecorne, mais pas le Trône de Fer Tome 2… Je l’ai juste assez avancé pour ne pas être dépassée par la série TV.

J’ai en parallèle commencé Autour de Londres de Lydie Blaizot, j’avais découvert cet auteur avec son roman La Maison de Londres au milieu de l’année dernière. Cette fois, il s’agit d’un recueil de nouvelles vampiriques aux éditions du Petit Caveau. Les nouvelles reprennent plus ou moins les mêmes personnages que le roman, et il peut se lire indépendamment. Jusqu’à présent, page 77 sur 200, c’est très bon.

Hop hop, et vous, que lisez-vous ? Va falloir nous le dire maintenant qu’on fait l’effort de continuer !


MdM#21: Path de Apocalyptica

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

dabYo dans Coup de Coeur, Musique le 29 mai 2011, avec aucun commentaire

On continue sur notre préparation du Hellfest 2011 avec un morceau du groupe Apocalyptica, Path. Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce groupe, il s’agit d’un groupe de Thrash Metal qui a pour particularité de n’être composé que de violoncellistes et d’un unique batteur. Ils se sont fait connaître par le milieu avec un CD assez particulier, Plays Metallica by four cellos, qui comme son nom l’indique, est en fait une compilation de reprises de morceaux du groupe Metallica, qui ont été réécris par le groupe pour être joué par quatre violoncelles.

Dans ses derniers albums, le groupe s’est beaucoup plus rapproché du « rang » et a quelque peu perdu un bout de son âme « Folk » pour ressembler un peu plus à un « vrai » groupe de Metal. Le groupe n’ayant aucun chanteur attitré, il y a souvent des guests invités lors de leurs albums. Après un très mauvais album, le dernier retrouve un peu de son talent. Mais c’est pour leurs premiers albums, notamment Cult et Reflections que nous irons les voir en live lors de ce Hellfest 2011.

Path est issu du premier des deux et montre bien le potentiel du groupe et des violoncelles, tout en étant très Metal. Comment ne pas tomber sous le charme de cette sorte de question-réponse entre deux violoncelles plutôt très agressive ? Le clip est bien entendu tourné avec assez peu de moyens, mais il ne fait pas trop cheap pour autant. Bon, certes, les headbangs donnent un sacré côté épileptique, voir vous donnera le tournis, mais on leur en veut pas, hein.


L’Enjomineur, 1792 est le premier roman de la trilogie l’Enjomineur de Pierre Bordage, initialement publié en 2004 aux éditions l’Atalante, et récemment sorti en format poche chez J’ai Lu. Ayant entendu plusieurs critiques, aussi bien positives que négatives, sur les autres livres écrits par cet auteur que je n’avais jamais lu, j’ai essayé de lire ce livre sans aucun apriori. Il s’agit d’un roman qui mêle Fantasy et réalité historique, servi par une superbe couverture de Vincent Madras. Synopsis.

L'Enjomineur, 1792, L'Enjomineur Tome 1, de Pierre Bordage

Emile est un jeune homme qui fut élevé par un prêtre. Il est réputé pour être le fils de la fée Mélusine, ce qui donne une bonne raison aux personnes de se méfier de lui. Préférant rester neutre entre les  deux factions se combattant au nom du roi de France ou de la République, sa vie va basculer le jour où il rencontre le « petit peuple », et Perette, dont il va tomber amoureux. En parallèle, nous suivons Cornuaud, un homme rustre, enjominé, ou envouté par une sorcière vaudou, après un viol sur un négrier. Sa seule motivation étant de trouver un remède à la malédiction pesant sur lui.

Comme vous l’aurez compris, nous suivons ici deux personnages bien distinct l’un de l’autre, tant au niveau physique qu’au niveau psychologique. Les deux protagonistes sont totalement indépendants dans ce volume. Emile se trouve en Vendée tandis que Cornuaud passe de Nantes à Paris. C’est l’un des regrets que j’ai eu en lisant ce livre. La trame principale n’est pas assez mise en avant. On se retrouve à suivre ces deux personnages sans savoir pourquoi, sans voir véritablement un lien entre eux. Cela aurait pu être acceptable sur une partie du livre mais c’est malheureusement sur l’intégralité de ce premier volume. On se rend compte à la fin que ce n’est en fait qu’une introduction de plus de 400 pages. Alors certes elle est nécessaire pour planter le décor, mais ça reste long, surtout pour une trilogie.

L’histoire se passe donc en 1792. La révolution française a eu lieu 3 ans avant et la situation dans le pays n’est pas ce que l’on pourrait appeler idyllique. Pierre Bordage a réussi à créer une atmosphère de tension qu’il nous fait ressentir à chaque instant. Que ce soit quand les deux factions, royalistes et républicains, se rencontrent ou lors des mises à sacs des maisons bourgeoises ou du palais royal. On a l’impression de vraiment s’y trouver. Tout ça grâce aux nombreuses recherches que l’auteur a faite sur cette époque. Le travail fourni pour recréer les évènements de cette époque permet une immersion complète dans l’univers et c’est, je trouve, le point fort du livre.

L'Enjomineur, 1792, L'Enjomineur Tome 1, de Pierre Bordage

Couverture de la version grande chez l'Atalante, là aussi par Vincent Madras

L’action est donc séparée par les deux personnages principaux mais aussi par les lieux. Cette séparation permet à l’auteur d’exposer des visions différentes de la révolution. En campagne, se sont les royalistes qui la mettent à feu et à sang, tandis qu’en ville ce sont plutôt les républicains. Pierre Bordage nous montre par ce fait la séparation entre les deux milieux. Cela est accentué par les dialogues, où lors des passages en Vendée, la plupart des personnages parle en vieux patois. C’est très déconcertant au début mais on arrive très vite à s’y faire. Au contraire de la ville où le langage, sans être distingué, est plus soutenu.  Il est à noter que l’auteur, afin d’accentuer l’immersion du lecteur, n’a utilisé que des mots et des expressions utilisaient à cette époque. Ce n’est pas la première fois qu’il joue sur ce registre, il l’avait déjà fait avec Les Fables de l’Humpur.

L’action est elle aussi divisée entre les deux héros. Il est rare de voir, du moins au début, des scènes de violences avec Emile, tandis qu’avec le second, on assiste aux combats sanglants qui régnaient à cette époque, entre les rafles chez la noblesse et la prise des Tuileries.

L'Enjomineur, 1792, L'Enjomineur Tome 1, de Pierre BordageIl est difficile de cataloguer le style du livre. Sans être un recueil cherchant à être précis sur les différents points historiques, il ajoute des éléments fantastiques avec maîtrise. Ainsi donc la magie existe mais reste à l’abri des regards. Toujours dans l’ombre, les sorts se font dans le sang, en pleine nuit. Les guérisseuses sont traitées en paria, mais tout le monde va les voir. De même, les créatures magiques sont traitées en tant que légendes. L’auteur utilise ces éléments comme on s’attend à ce que les personnes les traitent à cette période de l’Histoire. Tous ces éléments permettent au lecteur de s’intégrer à l’univers facilement.

L’Enjomineur, 1792 est pour moi un livre assez moyen. Alors que l’univers, l’Histoire, recréés pour l’occasion par Pierre Bordage nous donne envie, l’histoire du roman en lui même a énormément de mal à se mettre en place, elle semble un peu longue. Les personnages principaux, bien que sans défauts apparents, manquent de liens entre eux. Seul le style de l’écriture m’a fait continuer ce livre. Je lirai tout de même le second tome, L’Enjomineur, 1793 afin de voir s’il arrive à concrétiser cette longue introduction.