Dernièrement sur if is Dead:

Matricia de Charlotte Bousquet

dabYo dans Critiques, Livres le 6 mars 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Matricia est un roman de Fantasy de Charlotte Bousquet sorti en fin d’année précédente aux éditions Mnémos. Il s’agit là du troisième tome sorti à ce jour se déroulant dans l’univers de l’Archipel des Numinées de l’auteur, ces derniers pouvant se lire indépendamment. C’est d’ailleurs ainsi que j’avais pu lire Cytheriae, qui m’avait largement séduit et faisait partie de mes lectures préférées de 2010, entre temps récompensé par un prix des Imaginales. Le tout est encore une fois accompagné d’une superbe illustration d’Elvire de Cock. C’est donc avec une certaine hâte que je me suis lancé dans cette lecture. Synopsis.

Matricia de Charlotte Bousquet de E De Cock

Dionisa s’apprête à mettre une fin à la peste qui dévore petit à petit l’archipel des Numinées, en tuant son oncle Alino qui s’est voué corps et âme à une entité des plus démoniaques. De son côté, Angelo di Larini, nécromant de son état, a été envoyé par son ordre en mission pour trouver des indices sur la façon de lutter contre ce mal. Mais il est bien peu probable qu’il arrive à en réchapper, tant cette mission semble plus être une manière pour l’ordre de se débarrasser de lui qu’une réelle tentative de lutter contre le Mal.

Il faut avouer que comme pour Cytheriae, le lecteur met un peu de temps à situer tous les personnages que l’on va retrouver. En effet, comme je le disais, les tomes sont largement lisibles indépendamment, mais en contrepartie, il n’y a pas de lien fort entre les différents tomes. Seul l’univers, les quelques éléments qui s’y rattachent et le mal qui rongeait peu à peu l’Archipel sont dans les deux, bien qu’il y ait évidemment un ordre chronologique. On y retrouve quelques personnages, mais ces derniers n’étaient qu’évoqués voir esquissés dans les précédents tomes. J’évoque ici le personnage d’Angelo di Larini, charismatique nécromant de Cytheriae que l’on n’entrevoyait qu’à peine.

Charlotte Bousquet

Charlotte Bousquet

Ici, il prend le rôle de second personnage principal, puisque nous allons suivre son aventure sur l’île de Matricia. On y découvre un peu de son passé sans trop s’y aventurer non plus, et il garde tout le charisme qui lui sied. Ce tome va d’ailleurs un peu plus s’étendre sur ses pouvoirs et ses capacités de nécromant. Il pouvait déjà passer dans l’autre monde, il peut aussi désormais utiliser des amulettes contenant âmes et autres êtres. Là dessus l’auteur ne s’étale pas vraiment, et il n’y a pas de réelle explication sur le comment du pourquoi. Ce n’est pas vraiment gênant, là dessus Matricia mise plus sur l’ambiance générale de désolation que l’on ressent à la lecture, bien que l’univers et la mythologie de l’archipel des Numinées soit plus présent, au travers des diverses croyances et de l’opposition entre le Mal et le Bien.

Mais si on retrouve le nécromant, c’est bien Dionisa qui est l’héroïne de notre roman. J’avais pu découvrir le personnage dans la nouvelle de Charlotte Bousquet parue dans Victimes et Bourreaux, que j’avais plutôt bien appréciée. Ici, le personnage s’émancipe, notamment grâce à un savant artifice de narration: le roman s’articule autour du duel qui l’oppose à son oncle, Alino. Mais ce duel est particulier pour les sorciers, ces derniers tirent des lames de tarot, les obligeant à retourner et compter une bribe de leur passé en rapport avec la signification de la lame.

C’est ainsi que Charlotte Bousquet va réussir à nous raconter l’histoire tragique de Dionisa sans que le tout ait l’air superficiel ou trop rapide. On entrevoit les passages clefs de la vie de notre sorcière au travers de récits narrés à la première personne, et se déroulant bien souvent dans un univers que l’on pourrait qualifier de mondain. C’est d’ailleurs ce qui posera le plus souvent problème à la compréhension, car le monde dans lequel elle évolue est constitué de nombreux personnages et noms, et l’auteur ne prend bien évidemment pas le temps de tous les introduire. On doit donc faire le tri, mais cela permet de garder le dynamisme des scènes. Je dois avouer que ces passages sont tout bonnement passionnants, souvent tragiques et très prenants. Je les ai dévoré, tout comme j’ai dévoré les bribes de mémoires évoquées par Alino, son adversaire.

Comme je le disais, Matricia de Charlotte BousquetMatricia comme le tome précédent mise particulièrement sur l’ambiance, et il faut dire qu’elle est vraiment très forte. La qualité de l’écriture est au rendez-vous, il n’y a pas de moment plus faible que d’autre, le niveau est homogène et très élevé. A aucun moment lors de ma lecture je ne me suis ennuyé, ou je n’ai pas eu envie de découvrir la suite au plus vite. Le roman de Charlotte Bousquet fait partie de ces titres que vous pourriez bien lire d’une traite si vous en aviez le temps. Le duel et la quête d’Angelo en parallèle sont vraiment prenants.

Au final, Matricia est pour moi un roman sans faute. L’ambiance est un peu différente de celle de Cytheriae, l’oppression est différente, la cruauté aussi. Ce sont là deux romans qui ont de nombreux points communs, mais qui sont loin d’être de simple redite. Charlotte Bousquet ne se contente pas de nous livrer le même type de livre avec une trame différente, mais bien une toute autre expérience, peut être un peu plus classique mais tout aussi prenante. Bref, vous l’aurez compris, lisez Matricia.


C’est Lundi, que lisez vous ? #36

Serafina dans Actualités, Livres le 5 mars 2012, avec 8 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion OldieJe n’ai encore une fois que peu lu cette semaine, et à peine avancé dans le premier tome de La Loi des Mages. Ceci dit, ce que j’en ai lu était vraiment bon. Après quelques chapitres très difficiles pour la compréhension, avec de nombreux termes inconnus au bataillon et un style de narration inhabituel, le tout commence à prendre. D’autant que c’est bien le moment de lire un roman se déroulant en Russie, même si cette dernière n’est pas la Russie contemporaine qui fait l’actualité.

Sinon, je compte bien profiter de la nouvellement-arrivée-chez-nous Galaxy Tab pour tester la lecture sur tablette. Le confort y sera certes bien moindre que sur une liseuse, mais une bonne nouvelle risque bien de m’y pousser.

Serafina

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirCette semaine, Tabatha, ma Galaxy Tab m’a un peu obnubilée, du coup j’ai fort peu lu. Je suis à la nouvelle finale de Dames de lune, Fées des brumes des éditions du Chat Noir, et mon opinion sur ce recueil semble se confirmer: de très bonnes nouvelles, très variées, toutes plaisantes et qui développent des univers plus que charmants.

J’arrive aussi à la fin du tome 1 des Hunger Games de Suzanne Collins. Ce que je redoutais n’a pas eu lieu, l’héroïne pour le moment ne semble pas être une vraie Mary Sue, par contre, j’ai eu beaucoup de mal à accepter le fait que l’auteur ait recours à du Deus ex Machina pour résoudre ce qui semblait insoluble. Un peu facile à mon goût. Si le roman ne m’insupporte pas, je dois dire qu’il me laisse totalement froide.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

Il y a des groupes, parfois, qu’on est un peu surpris de retrouver au Hellfest. C’est le cas de Blue Öyster Cult, un groupe des années 70 à mi-chemin entre Rock Psyché et Heavy Metal. Pour être tout a fait honnête, la discographie du groupe m’est quasiment inconnue, les rares fois où j’ai tenté de les écouter, je n’ai pas réussi à m’y intéresser suffisamment pour en garder souvenir. Ceci, à une exception près, leur magistral et cultissime (Dont Fear) The Reaper sorti en 76 avec l’album Agents of Fortune, aux lignes de chants reconnaissables entre mille, à l’arpège unique et surtout, aux paroles marquantes, qui fait partie de mes chansons préférées de la terre et de l’univers.

Disons que le clip accuse son age et que ce n’est pas forcément le genre de clip que j’aurais imaginé pour cette magnifique chanson. Blue Öyster Cult est programmé pour le dimanche et dernier jour du Hellfest 2012, sur la MainStage01, juste avant le Crüe et il y a peu de chances que nous le loupions. Mais voilà, comme pour les autres groupes du genre, tels Europe, Kiss ou encore Scorpions, on les regardera de loin, en ne se levant guère que pour le fameux titre. Dommage, mais c’est souvent comme ça, pour ces vieux groupes cultes, victimes du succès phénoménal d’un seul et unique titre dans la sphère Metal.

A moins qu’ils passent en même temps que Vulture Industries, évidemment.


Vous mélangez une couverture de toute beauté à une promesse de nouvelles de fantômes, et pouvez être sur que je me jetterais dessus, c’est comme ça qu’il me fallait absolument lire ce premier volume de Ghost Stories des éditions Asgard. Les fantômes, c’est un sujet qui me fascine, j’en ai peur, mais je ne peux m’empêcher de lire tout plein de livres dessus. 17 auteurs francophones ont donc été réunis dans cette anthologie dirigée par Thomas Riquet et Peggy van Peteghem. Au sommaire des noms connus par ici, Lionel Davoust et Jeanne-A Debats pour ne citer qu’eux, et d’autres moins. J’ai donc commencé la lecture avec beaucoup d’enthousiasme.

Ghost Stories aux éditions Asgard

Malheureusement, outre la belle couverture, les premières impressions ne sont pas forcément positives. Chaque nouvelle est précédée d’une photo en négatif et noir-et blanc de l’auteur. Si l’idée de transformer la photo des auteurs en fantôme pouvait être sympa, je dois dire que la mise en page et le rendu final de ces photos donne un coté un peu amateur qui m’a malheureusement déplu… De plus chaque nouvelle est encadrée par de micro-nouvelles (de 5 ou 6 lignes) qui la plupart du temps m’ont semblé hors-contexte et sans grand intérêt, donnant plus l’idée d’un résumé à développer qu’autre chose.

La première nouvelle de David Bry ouvre très fort les hostilités. L’auteur organise en effet une sorte de Star Ac’ pour fantômes, où le grand gagnant peut retourner sur terre hanter les vivants. Un traitement décalé du thème et plein d’humour qui m’a totalement séduite. Jusqu’au twist final, inattendu mais terriblement bien trouvé.

Peggy Van Peteghem

Peggy Van Peteghem

Le problème c’est que malheureusement les nouvelles qui vont suivre ne vont pas me plaire autant. En effet, il est plus difficile qu’il n’y parait d’écrire une histoire de fantômes dans une anthologie spéciale fantômes pour une simple raison: le lecteur est sur ses gardes. Comme on est dans une nouvelle, le nombre de personnage n’est pas bien grand et on repère vite les anomalies. Du coup, baser son final sur la découverte du fantôme pour créer un twist est plutôt casse gueule, et c’est malheureusement ce que vont faire les trois quarts des nouvelles qui suivront. La plupart, sans être mauvaises, ont glissé sur moi comme de l’eau, sans retenir mon attention, sans m’émouvoir, à cause de ficelles trop faciles surtout. On reprochera aussi que sur 17 nouvelles, deux traitent exactement du même type de fantôme lié a un accident de la route… avec la même révélation finale dans les deux cas !

Dans ses nouvelles du milieu, la seule à m’avoir réellement convaincue est celle de Claude Bolduc, auteur canadien que je ne connaissais pas, qui a réussi à faire une nouvelle à l’ambiance très forte, très visuelle et qui n’est pas sans rappeler le Maître de Providence, compliment s’il en est. Sa nouvelle est toute en ambiance, en sous entendus et dégage une atmosphère palpable. Bref, cette nouvelle là ne m’a pas séduite par son histoire mais bien par la qualité de la plume et ce charme si lovecraftien.

Jeanne-A Debats

Jeanne-A Debats

En réalité j’ai failli abandonner ce recueil à de nombreuses reprises après cette nouvelle. Et puis il y a eu la nouvelle de Jeanne-A Debats, Memorial. Avec 30 pages, c’est la nouvelle la plus longue du recueil, mais du coup l’auteure a le temps de développer ses personnages, et surtout son héroïne, magrébine, arrivée tout droit du Maroc, mariée à un homme de 10 ans son ainé et irrémédiablement attirée par ce monument en bas de sa tour.

Sa manière de brosser les personnages est criante de vérité, et la nouvelle est tellement encrée dans notre monde, dans notre vie, qu’on est rapidement proche de son héroïne, différente de nous mais si contemporaine. Le thème abordé n’est pas celui qu’il parait, n’est pas bien drôle, mais traité avec une sensibilité et une intelligence rare. Cette nouvelle la justifie à elle seule la lecture du recueil. Enfin, elle et puis celle qui suit.

Car Simbad de Lionel Davoust est aussi une des nouvelles spectaculaires de ce recueil. Une prise d’otage, dans une usine menacée de fermeture, des apparitions étranges, et un lourd passif, voici les ingrédients de cette nouvelle qui ne m’a pas laissée intacte. Car celle ci aussi est ancrée dans notre monde, et aussi, pour moi ancrée à une des choses auxquelles je tiens le plus au monde. Car moi aussi j’ai mon Simbad. Le traitement est tellement juste que la nouvelle en devient intense, bien plus que toutes celles que j’ai lu dans le roman. Cette nouvelle m’a faite pleurer,  et si vous me connaissez, vous savez que c’est le plus grand compliment que je puisse faire à une nouvelle.

Ghost Stories aux éditions AsgardAu final, malheureusement sur les 17 nouvelles que ce Ghost Stories propose, seules quatre m’ont réellement plu. C’est un bien faible score, auquel on ajoute une mise en page discutable et des micro-nouvelles étranges. C’est dommage, car je pense qu’avec un écrémage plus important, il n’y avait pas besoin de 2 nouvelles sur le même thème par exemple, en visant la sobriété plutôt que l’immersion fantomatique via des photos en négatif, le recueil avait un beau potentiel.

Du coup, je suis partagée car si le global ne m’a pas convaincu, il serait dommage de passer à côté des excellentes nouvelles de Jeanne-A Debats, Lionel Davoust, Claude Bolduc et David Bry. J’espère que ces quelques problèmes seront corrigés pour le second volume !


Captain Swing de Warren Ellis et Raulo Caceres

Serafina dans Comic, Critiques, Livres le 2 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est un comic récemment paru en français aux éditions Milady Graphics. Jusqu’à maintenant, illman ne nous avait dit que du bien de Warren Ellis, auteur entre autres de Transmetropolitan et No Hero, lui aussi aux mêmes éditions. Alors quand j’ai vu ce one-shot du scénariste, je n’ai pas tenu bien longtemps avant de me mettre à le lire. Il faut dire que visuellement, la couverture donne envie avec son coté un peu Steampunk. Synopsis ?

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Dans le Londres pré-Victorien de 1830, Charlie est un bobby, un des premiers agents de police de la ville. Une nuit, il voit quelque chose qu’il n’était pas censé voir. Un bateau volant, mu par cette chose étrange qu’est l’électricité et mené par un capitaine révolutionnaire, Spring-heeled Jack, aussi connu sous le nom de Captain Swing.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Les planches sont entrecoupées d'interludes narrées par Captain Swing

Le dessin de Raulo Caceres est assez particulier, tout d’abord très sombre, la plupart des planches étant dominées de très loin par le noir. Mais il est aussi très dynamique et les scènes d’actions sont réellement bien rendues. Du coup la lecture est fluide, on n’est jamais perdu. Alors certes en échange les visages ne sont pas forcément les plus beaux qu’on ait pu voir… mais le design de Captain Swing a particulièrement la classe. La coloration, réalisée par Digikore Studios, se démarque notamment sur les pages où l’électricité est présente. Ces éclairs bleus électriques sur des dominantes de noir rendent parfaitement bien.

Comme je le disais plus haut, le design de Captain Swing est particulièrement réussi. Il faut dire que la grosse partie de ce one-shot repose uniquement sur ses épaules. C’est un pirate, mais comme on les aime, au grand cœur, avec de l’honneur, et comme il fait aussi office de voix off dans les pages d’interludes, on s’attache très rapidement à ce personnage, contrairement à celui de Charlie qui est plus « passe-partout ».

Si le comic est surtout orienté vers l’action, il n’est pas creux pour autant. En effet, Captain Swing est un révolutionnaire, mais surtout un défenseur des opprimés, et ses réflexions sur le monde sont loin d’être exemptes d’intérêt. J’ai cité Steampunk dans l’introduction, mais ce n’est pas vraiment cela, vu qu’il s’agit en fait d’un steampunk à l’envers, avec l’introduction de l’électricité dans ce monde à vapeur. Bref, on nage en pleine Science-Fiction. Et le mélange est plutôt bien dosé.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo CaceresTout d’abord parce que Warren Ellis réussi très bien a caser cette distorsion de la réalité, notamment grâce à des pages écrites au milieu de l’histoire dessinée, où Captain Swing explique un peu plus son histoire. Cela contribue à mettre en place l’histoire et surtout le contexte socio-culturel de l’époque. En effet le scénario du comic lui ne se déroule qu’en deux ou trois jours, il est donc nécessaire d’avoir recours à une « voix off » pour placer les choses dans leur contexte.

Au final Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est une lecture fort sympathique et aussi une bonne porte d’entrée dans l’univers de Warren Ellis. Avec un joli dessin, une histoire bien ficelée et un héros emblématique, je ne peut que vous le conseiller. L’univers crée au cours de ces quelques pages est très vite crédible, et c’est bien dommage que cela ne soit qu’un one-shot car il y a de quoi faire !


Trailer de Iron Sky de Timo Vuorensola

dabYo dans Actualités, Films le 1 mars 2012, avec 7 commentaires
Actualités

Iron Sky est un projet germano-finlandais de Timo Vuorensola qui a pour particularité de mélanger Science-Fiction, nazis et Comédie.Oui, c’est un mélange qui n’est pas si surprenant quant on prend le pitch du film: les nazis à la fin de la seconde guerre mondiale ont installé une station militaire de l’autre côté de la lune, sur la face que l’on ne voit pas, et s’apprêtent à venir se venger. Oui, vous avez bien lu. Le film, après avoir plébiscité le soutien financier du public a enfin sa date de sortie, le 4 avril, et un nouveau trailer que voici.

Comme vous le savez, les nazis sont une source inépuisable d’inspiration pour le cinéma, surtout lorsqu’il faut leur faire jouer un rôle méchant et particulièrement ridicule. La plupart finissent dans le bac des navets, ou des nanars, suivant votre perception des choses. Alors bien sûr, on pourrait citer Captain America qui est sorti l’année dernière, et qui se voulait un poil sérieux. Mais bon, entre nous, quand on pense aux nazis dans un film, on pense plutôt à un Dead Snow, autre projet du même type, mais norvégien cette fois.

La production semble en tout cas de bonne facture, et on a franchement hâte d’y jeter un œil. Sortie prévue directement en DVD à priori, et avec de la musique de Laibach, ça ne pourra que mériter le détour !


Neverworld’s End de Xandria

Serafina dans Critiques, Musique le 29 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence, Xandria a créé la surprise avec leur dernier single Valentine, tiré de Neverworld’s End, prenant un tournant radicalement plus Metal que dans leurs derniers albums. Ils prennent là à contre pied la plupart des autres groupes de Metal Symphonique, qui s’orientent peu à peu dans la pop mielleuse pleine de ballades à l’image de Within Temptation. Xandria fait l’exact chemin inverse et tape dans le lyrique, pompeux comme du Nightwish de l’époque Tarja, lourd et violent, bref du vrai Metal Symphonique. Enfin, en tout cas c’est l’impression que laissait ce premier single. Le reste est-il au même niveau ?

Neverworld's End de Xandria Promo

Il y a des groupes pour lesquels il faudrait accompagner le changement de chanteuse par un changement de nom. Et c’est le cas de Xandria, car à part sur les quelques ballades de l’album il ne reste plus rien de ce qu’a été la formation allemande pendant quatre albums. J’éviterais donc les comparaisons aux anciens opus, et considèrerais qu’il s’agit de groupes différents, car on est tellement éloigné lorsqu’on s’intéresse un minimum au genre que de telles comparaisons seraient stériles.

Manuela Kraller de Xandria

Manuela Kraller remplace Lisa Middelhauve pour ce nouvel album

Musicalement, on est très proche du Power, avec un tempo assez élevé sur tout l’album, et ce n’est pas Soul Crusher aux riffs acérés qui viendra me contredire, avec son coté symphonique surtout présent grâce à des cordes et des chœurs, majoritairement féminins, qui répondent à la voix de leur chanteuse. La batterie est étonnamment présente et mise en avant , plutôt agressive et concentrée en double pédale, comme par exemple sur The Lost Elysion, ce qui renforce le coté rentre-dedans de cet opus. Ce qu’il faut aussi avouer c’est que la production est plutôt bien foutue, aucun intrument n’est oublié, la voix n’est pas trop mise en avant, on entend bien la guitare, bref, c’est un mix équilibré, qui du coup est très efficace.

Niveau structure, la plupart des morceaux ne dépassent pas les cinq minutes, et obéissent aux standards du genre, couplets, refrains à chœurs et pont. Ceci dit, cela reste très bien dosé et sans tomber dans l’excès ou la caricature.  L’album comporte malheureusement quelques ballades à l’intérêt limité, comme The Dream Is Still Alive, à la composition sans trop d’intérêt, au chant qui n’en a pas vraiment plus, Manuela ne montant pas plus dans les aigus que dans les autres morceaux, un morceau en somme dont je me serais volontiers passée. On retrouve cependant dans ces ballades certains éléments de l’ancien Xandria comme les flutes celtiques. En parlant de flutes celtiques, on notera les violons très Folk sur Call of the Wind, qui est très agréable et n’est pas sans faire penser à du Lyriel. C’est d’ailleurs un des seuls morceaux à vraiment se démarquer justement grâce a ce coté folk.

Manuela Kraller, la chanteuse sur cet opus, n’est pas sans rappeler Tarja ou une Floor, pour le coté soprano à la voix assez sombre. Vocalement elle tient très bien la route, avec une voix agréable, des jolies notes hautes notamment sur A prophecy of World, bien tenues, et justes. Je ne sais pas si elle tient en live, mais je pense qu’elle vaut le détour, étant donné qu’elle a officié dans Haggard, formation Allemande de Metal Symphonique assez réputée. Malheureusement, sa voix reste relativement interchangeable, et je ne suis pas sure que contrairement à une Simone je saurais la reconnaitre si on ne me disait pas c’est Xandria.

Neverworld's End de Xandria Promo

Et cette impression va malheureusement valoir pour tout l’album. Neverworld’s End est un très bon opus de Metal Symphonique. Objectivement, il n’y a rien à redire. C’est efficace, c’est carré, c’est bien composé, c’est juste. Mais voilà. Ce n’est pas original. Tous les clichés du genre sont là. Bien menés et bien dosés oui, mais clichés quand même. Et si c’est quasiment irréprochable, c’est diablement fade. Je n’ai ressenti aucune émotion, aucune tension dramatique, bref, c’est plat. Cet album serait sorti en 2005, ça aurait peut être simplement été « un album à chanteuse de plus ».

Neverworld's End de Xandria CoverAlors oui, maintenant que le Metal Symphonique est une scène morte-vivante, c’est sur, cela fait plaisir de voir qu’il reste des groupes qui font autre chose que de la pop mielleuse, qu’il existe encore des groupes avec de l’orchestration, de la soprano et du power, mais c’est tout.

Pour un groupe comme Xandria qui revient d’aussi loin, Neverworld’s End est un très bon album. mais l’absence d’originalité font que cet album n’a pas su m’accrocher. Il faut dire aussi qu’il est passé après Helvetios d’Eluveitie, dont le genre n’est pas diamétralement opposé. Ceci dit, je suivrais avec attention la suite du combo maintenant qu’ils vont dans une direction que j’apprécie.


Alan Wake’s American Nightmare est un jeu disponible sur le Xbox Live Arcade depuis la semaine dernière. Développé par Remedy Entertainment pour le compte de Microsoft, il  s’agit en quelque sorte d’un spin-off se déroulant dans l’univers d’Alan Wake. Alan Wake faisait partie des grosses exclusivité Xbox 360 de l’année dernière, mais nous n’avions pas pu y toucher faute de temps. C’était donc l’occasion idéale pour remédier à ce manquement en nous lançant dans cette aventure qui peut se jouer indépendamment, et qui ne nécessite pas d’avoir le jeu original.

Alan Wake American Nightmare de Remedy Entertainment

Le jeu est donc complètement indépendant, bien qu’il offre au joueur le même gameplay et une partie de ce que l’on pouvait sans doute retrouver dans Alan Wake. Nous ne sommes donc pas face à un mini-jeu ou une tournure 2D, mais bien avec gameplay plus que complet. Le principe d’Alan Wake’s American Nightmare est, sans doute comme son grand frère, une sorte de lutte entre l’ombre et la lumière, le tout mêlé à des théories sur l’espace-temps. Pour être un peu plus explicite, Alan Wake semble avoir un jumeau maléfique qui s’acharne à changer les conditions de son univers afin d’y prendre non seulement sa place, mais aussi faire sombrer le monde entier. Vous êtes à sa poursuite pour recoller les morceaux du puzzle, et remettre en place le monde tel qu’il était avant son passage.

Il faut avouer qu’au début, le scénario est assez déroutant et peut faire sourire, les thématiques n’étant pas spécialement originales. La narration à la troisième personne, avec une voix-off, a aussi quelque chose de bizarre. Mais si le début peut laisser perplexe, il suffit de s’y attarder quelque peu pour se laisser prendre par la qualité de la narration, des cinématiques, le principe, et surtout l’ambiance. De nombreux petits éléments sont là pour que même les néophytes ne se sentent pas trop perdus, et il faut dire que ça marche.

Doppelganger de Alan Wake American Nightmare

Le doppleganger d'Alan Wake lui laisse des messages, souvent bien flippants par ailleurs

Nous dirigeons en effet Alan Wake dans un monde complètement apocalyptique, sombre et où le soleil ne semble pas avoir sa place. Muni d’un flingue et de notre lampe torche, nous allons devoir nous déplacer pour aller récupérer des objets, souvent indiqués par une carte en haut et interagir avec de grandes cartes ouvertes. Si il n’y a là pas spécialement de difficulté, l’ambiance est au rendez-vous, monstres des ténèbres pouvant apparaître à tout moment. Ces derniers sont physiquement plus forts que nous, pas réellement inquiétant niveau difficulté, le jeu ressemblant sans doute à une promenade de santé aux joueurs les plus aguerris, mais très inquiétant et pesant pour l’ambiance.

Lors des combats, on est dans un Third Person Shooter, la lampe torche permettant astucieusement au joueur de viser tout en se déplaçant. Les monstres des ténèbres sont très résistants tant que vous ne les éclairez pas avec votre lampe torche. Il s’agit alors d’éblouir les bestioles, de leur tirer dessus, tout en faisant bien attention à ne pas en avoir sur les arrières. Assez prenant, dynamique et bien angoissant par moment, plus par l’ambiance que par la difficulté comme je le disais. Les différentes armes, et notamment la mitraillette ont tout de même quelque chose de très jouissif à l’utilisation.

Arcade Mode de Alan Wake American Nightmare

Le titre propose un mode Arcade à côté de celui de l'histoire. Il s'agit d'une sorte de horde où les zombies et autres créatures maléfiques apparaissent les unes après les autres. Dommage qu'il n'y ait pas la possibilité de jouer à plusieurs.

Parler du jeu sans évoquer sa bande-son lui ferait du tord, tant cette dernière est tout simplement superbe. Les morceaux d’ambiance sont très bons, tout comme le titre phare, rock et très agréable. Il y a là un côté vraiment à part, qui donne au jeu une sorte de marque de fabrique assez rare dans ce genre de productions.

Doppleganger de Alan Wake American Nightmare de Remedy EntertainmentJe dois avouer qu’avec son scénario travaillé, qui pousse le côté glauque à un certain paroxysme pour un jeu d’aventure, j’ai vraiment énormément apprécié cet Alan Wake’s American Nightmare. Le principe de modification de l’espace temps et de boucle m’a particulièrement séduit. L’interaction avec les quelques personnages non joueur est plutôt sympathique, que ce soit le doppleganger d’Alan Wake ou les quelques personnes saines d’esprit que compte l’histoire. Grâce à l’idée de la modification du temps, le nombre de cartes et de personnages différents ne choque pas trop. Il faudra compter environ 5 heures pour venir à bout de l’Histoire principale.

Bref, je ne saurais dire s’il vaut le coup ou non pour ceux qui en ont déjà fait l’aventure principale de Remedy, mais pour tous les autres, c’est assurément une expérience à faire. C’est d’autant plus idéal si comme moi vous n’avez pas beaucoup de temps à consacrer aux jeux en solos, vu son prix de 1200 MS Points. Un très bon titre pour le Xbox Live Arcade.


C’est Lundi, que lisez vous ? #35

Serafina dans Actualités, Livres le 27 février 2012, avec 13 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion OldieJe continue mes lectures chez les éditions Mnémos avec cette fois le premier tome de La Loi des Mages de Henry Lion Oldie sortie en octobre dernier. Pour l’instant je n’ai pu feuilleter que les premières pages de ce roman de Fantasy qui nous vient de l’Est, Ukraine pour être exacte et écrit en Russe.

Mais déjà le style de la narration très particulier se fait ressentir, et l’univers aussi. Il faut avouer qu’il est nécessaire de s’accrocher sur le début, tant les termes inconnus et relatif au folklore de la région sont nombreux.

Serafina

Comme prévu, j’ai terminé Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome de Jean-Louis Brunaux. Le livre est très interessant bien qu’assez court. Je pense que c’est une bonne entrée dans l’univers de ce peuple un peu mystérieux. Je chercherais sans doute des livres plus complets et peut-être plus denses un de ces quatre car je trouve cela très interessant.

J’ai aussi continué Dames de Lune, Fées des brumes, l’anthologie des éditions du Chat Noir que pour le moment j’apprécie toujours beaucoup. Je suis proche de la fin, il ne me reste plus que trois nouvelles je devrais donc finir cette semaine.

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne CollinsVous le savez, je suis faible, je ne résiste que difficilement aux sirènes du buzz, et profitant d’un bon Amazon, j’ai commencé le premier tome de la série Hunger Games de Suzanne Collins, en version originale du coup. J’en suis à la moitié du premier tome et je dois dire que je suis très perplexe. Le monde n’est pas énormément développé, ni les personnages secondaires, l’héroïne est une Mary Sue en puissance, pas encore insupportable mais en tout cas très cliché,  le style n’est pas mirobolant… Bref, j’attends de voir, mais pour le moment, je suis assez hermétique à cette histoire pas franchement originale.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

Children of Bodom est un groupe qui était déjà passé lors du Hellfest 2007, nous avions d’ailleurs assisté à leur prestation de loin. Il faut dire que c’était notre premier festival, et qu’après s’être levé très tôt pour arriver dans les temps, nous n’étions pas très réceptif. Du coup, les souvenirs sont vagues et je dois avouer que je suis curieux de les voir cette année. Certes, le groupe de Melodic Death Metal auquel il mélange le Power et une voix de Black n’a plus vraiment les faveurs que je lui donnais pendant mon adolescence. Depuis leur cultissime Hate Crew Deathroll, leurs enregistrements me laissent des plus perplexes, ayant troqué l’agressivité et la mélodie pour des riffs beaucoup plus banals.

Ce clip pour Blooddrunk en est d’ailleurs le parfait exemple, tant le morceau est lent, fade et basé sur quelques riffs qui ne cassent pas trois pattes à un canard. On est vraiment loin d’un Needled 24/7 que j’espère bien revoir en live. L’histoire du clip et la présentation est bien entendu kitchissime, avec un groupe qui joue dans sa cave et des sortes de mort-vivants un peu partout. Et pour ceux qui ont assisté au Hellfest 2007, je pense que cet interview du groupe réalisé juste après leur rappellera quelques souvenirs… boueux.