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London Underground de The Artramps

Serafina dans Critiques, Musique le 31 mars 2012, avec aucun commentaire
Critiques

The Artramps est un groupe de quatre jeunes tourangeaux formé en 2007. Ce n’est pas la première fois qu’on essaie de vous faire découvrir des groupes de notre région dans nos colonnes, on vous a déjà parlé des Surgeries et d’Adrana, c’est désormais au tour du quator très influencé par le rock des années 70’s d’être présenté sur nos colonnes, à l’occasion de leur premier single.

The Artramps

La formation est comme de nombreux petits groupes avant tout un groupe de scène. Nous les avons vu à plusieurs reprises à Blois ou à la MJC de Romorantin au cours des 3 dernières années, et la progression autant au niveau du son qu’au niveau de la prestation scénique nous avait épaté. De petit groupe faisant des reprises dans leur garage, ils sont devenus ultra efficaces en live. Il était donc logique que le groupe passe au niveau supérieur et enregistre son premier single, leurs compositions envoyant plutôt bien en live, il faut le dire.

London Underground de The ArtrampsPour ce premier single, le groupe a enregistré deux titres au Tempo Loco, studio localisé à Tours, London Underground et  Speaker’s Corner’s Fools. Deux morceaux d’un peu plus de trois minutes et chantés intégralement en anglais, avec un bon petit solo en son milieu. Il faut avouer que le son est très old school, dans les riffs, dans les tonalités et dans les guitares incisives. On sent bien entendu l’influence londonienne dans les titres et les paroles mais pas que. Il faut dire que lorsqu’on est dans la mouvance du classic rock, l’Angleterre n’est jamais bien loin.

Si le groupe doit beaucoup à l’efficacité des mélodies et des riffs, le chant n’est pas en reste. Damien, leur chanteur, à une voix un peu rauque, un peu éraillée, qui colle parfaitement à leur son. Le mixage est plutôt bon, bien que la voix soit peut être un poil trop en retrait sur certains passages de London Underground. Il donne en tout cas, associé aux effets des guitares, un certain cachet usé et vieux, presque authentique de l’époque. On pourra aussi regretter parfois le ton utilisé dans certains passages, pas toujours en adéquation avec la musique. Seul reproche, les paroles sont assez difficilement compréhensibles et je regrette l’absence d’une section « paroles » sur leur site web.

Bref, ce premier single, c’est pour The Artramps du tout bon : classique, mais efficace, sans défaut majeur. C’est bien entendu un groupe que je vous encourage à écouter ou à voir si vous en avez l’occasion, le single étant disponible sur Deezer et Spotify. De notre côté, on espère bien que le groupe aura l’occasion de se développer et d’enregistrer d’autres morceaux.


Quintessence hiémale est un petit recueil de nouvelles écrit à 4 mains par deux auteurs français, Mathieu Guibé et Cécile Guillot. Cette dernière ne vous est pas étrangère si vous êtes des habitués vu que j’avais déjà chroniqué et beaucoup aimé son recueil A l’ombres des pleurs, édité chez feu les éditions Cauchemars. Ici, c’est en auto-édition que les deux auteurs proposent leurs écrits, avec une superbe couverture de Cécile Guillot.

Quintessence hiémale, Contes d’hiver, de Mathieu Guibé et Cécile Guillot

Quatre nouvelles sont au programme, ainsi qu’une préface par Céline Guillaume. Sous-titré contes d’hiver, ce petit livre, une petite centaine de pages, tourne donc autour du merveilleux un brin glacé. De ce fait, il n’y aura pas de synopsis, mais mon avis sur chacune des nouvelles.

La princesse des neiges de Mathieu Guibé

Mathieu Guibé

Mathieu Guibé

Cette première nouvelle nous raconte l’histoire d’une jeune fille, née de la glace suite au chagrin d’un roi venant de perdre sa reine. Elle est chérie par son père, mais malheureusement, elle se retrouve bien vite attirée par le vaste monde. On retrouve beaucoup d’éléments des contes : famille royale, être surnaturel, etc.

L’évolution de l’histoire m’a beaucoup fait penser aux légendes amérindiennes, notamment pour la communion avec la nature que représente la princesse.La seule chose qui m’ait vraiment gênée, ce furent les noms donnés aux personnages que j’ai trouvé un peu déroutants (Lumi, Manen, etc), et surtout pas forcément utiles. Dans de nombreux contes, les personnages n’ont pas de nom car ils n’en ont pas besoin. Cependant, l’histoire reste très belle, et le dénouement très poétique.

A bare Tree in love with the winter de Cécile Guillot

Le titre de cette nouvelle s’inspire du très beau morceau de Delight, Bare Tree. Ce n’est pas la première fois que Cécile Guillot s’inspire de morceaux de Metal pour ses nouvelles, elle l’avait déjà fait pour Song to the Siren de l’anthologie Le Lamento des Ombres. Et forcément, quand on me propose une nouvelle basée sur un groupe de Gothic Metal, j’adhère.Cette courte nouvelle aborde la mélancolie d’une nymphe, être immortel, amoureuse d’un humain. Comme toujours, la plume poétique et légère de l’auteur fait merveille, et cette nouvelle nous transporte immédiatement dans un univers, froid, sombre et mélancolique. Bref, tout ce que j’aime.

La dernière flamme de Mathieu Guibé et Cécile Guillot

Cécile Guillot

Cécile Guillot

Ce troisième conte est assez original par rapport aux précédents. Là où les autres traitent de princesses, on suit un dragon, le dernier même. Autrefois , les dragons aidaient les humains, leur apportant le feu. Respectés ou adulés, les dragons étaient un élément indispensables de la société. Mais malheureusement le progrès s’amorce, et les humains n’auront bientôt plus besoin de dragons pour se chauffer. Dans une atmosphère assez sombre, difficile de ne pas voir là une métaphore sur notre propre société et sa manière de traiter ceux qui n’y sont plus « utiles ». Les personnages sont rapidement attachants et si cette nouvelle est moins poétique que la précédente, elle n’en reste pas moins très forte.

Là où s’envolent les rêves de Mathieu Guibé et Cécile Guillot

Ce dernier conte renoue avec les princesses et met en scène un roi organisant un concours pour offrir la main de sa fille. Celui ci ne me fait pas penser aux légendes amérindiennes,mais plus aux contes arabes, notamment par son héros, bien plus malin que ne l’aurait pensé le roi. Le dénouement, bien que prévisible, porte un message très fort, que je ne vous détaillerais pas pour ne pas vous spoiler. La morale est présente et colle bien à la valeur éducative des contes traditionnels. L’écriture est moins poétique que pour A Bare Tree in the Winter, plus directe, mais elle sert l’histoire.

Quintessence hiémale, Contes d’hiver, de Mathieu Guibé et Cécile GuillotDans l’ensemble, Quintessence hiémale est un petit recueil que je vous conseillerai fortement. Avec son petit prix (5€) c’est l’occasion de découvrir Cécile Guillot et Mathieu Guibé, deux auteurs français. Mais c’est aussi celle de rêver et s’évader avec des contes poétiques mais non dénués de morales. Les nouvelles se lisent aisément, le style est fluide et agréable, propice au dépaysement.

Ces écrits sont adaptés à tous les âges, même si à mon avis la deuxième nouvelle, avec son coté mélancolique et portant sur des thèmes assez adultes, sera probablement moins accessible par les plus jeunes.


Opération des 100k pour Bragelonne, Milady et Castlemore

100 livres numériques vendus à 0,99€ le 1er Avril 2012

dabYo dans Actualités, Livres le 29 mars 2012, avec 10 commentaires
Actualités

Vous en avez sans doute entendu parler ça et là sur le net, pour fêter la 100 000ème vente de titre en support numérique, les éditions Bragelonne et leurs labels Milady et Castlemore organisent l’opération 100k. Pendant tout le dimanche 1er Avril, 100 titres sélectionnés parmi leurs catalogues seront proposés à un prix que l’on pourrait presque considéré comme bradé: 0,99€. L’ensemble des plateformes de téléchargement seront concernées, que ce soit Immatériel, Feedbooks, ou encore Amazon et iTunes.

Operation 100k de Bragelonne, Castlemore et Milady

Vous pouvez consulter la liste entière des 100 romans sur le blog de Bragelonne par exemple. Nous avons bien évidemment joué notre rôle d’agitateur de curiosité de qualité, en la parcourant nous même et en y cherchant les titres que nous avons chroniqué. Et il faut avouer que la sélection est loin d’être ratée. Certes, on retrouve quelques livres que nous n’avons pas aimé, mais il y a aussi pas mal de très bons titres, et parfois aussi de vraies bonnes nouveautés.

Alors il n’y en a pas énormément de titres sur lesquels nous avons pu nous faire un avis, cela dit, cela vous permettra d’ores et déjà de sélectionner ceux sur lesquels votre dévolu devait se tourner. Bah oui, on est comme ça, que voulez vous.

Les titres de Fantasy et Science-Fiction que l’on vous conseille

Frey, Frey Tome 1, de Chris Wooding

Frey de Chris Wooding

Le Baiser du Rasoir, Basse-Fosse Tome 1, de Daniel Polansky

Le Baiser du Rasoir

Au niveau des titres de Fantasy que l’on peut vous recommander, il y a bien entendu le Baiser du Rasoir, premier tome de la série Basse-Fosse et qui a complètement ravi illman.

Plutôt du côté de la Science-Fiction, on retrouve le premier tome de la série Frey. C’est un roman de pirate Science-Fiction très prenant, de l’avis de Seraf’. On y retrouve une histoire qui se suffit à elle même de bonne qualité, avec un éventail de personnages intéressants.

Et côté non chroniqué, je pense que l’on peut déjà dire qu’illman vous conseille chaudement Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel, en attendant sa chronique…

Les titres de Bit-Lit que l’on vous conseille

Avis de Tempête, Les Dossiers Dresden Tome 1, de Jim Butcher

Avis de Tempête de Jim Butcher

Vampire Kisses de Ellen Schreiber

Vampire Kisses de Ellen Schreiber

Il y a bien entendu de nombreux titres de Bit-Lit grâce au catalogue de Milady. C’est d’ailleurs dans ce dernier que l’on retrouve Avis de Tempête, le premier tome des Dossiers Dresden de Jim Butcher. Il s’agit d’un roman assez proche de l’Urban Fantasy, où l’héroïne est… un héros, plutôt charismatiques aux dires de Seraf’.

Côté jeunesse, les jeunes éditions Castlemore ont publié le premier tome de Vampire Kisses d’Ellen Schreiber. Un roman qu’avait adoré Serafina, pour son héroïne déjantée et surtout gogoth. Bref, une lecture légère et très agréable.

Les titres sur lesquels on est moins enthousiastes

Bon, histoire d’être honnêtes avec vous, il y a aussi deux titres sur lesquels on est bien moins enthousiastes et qu’on vous déconseille donc. Non pas parce qu’ils ne valent pas le prix, mais parce qu’il y a sans doute de meilleures lectures à faire. Il s’agit de Witchling de Yasmine Galenorn, où l’héroïne pense avant tout avec ses hormones, et La Compagnie de la foudre de Stan Nicholls. On vous invite bien entendu à lire nos raisons dans les chroniques.


20th Century Boys de Naoki Urasawa

illman dans Critiques, Livres, Manga le 28 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

20th Century Boys est un manga de Naoki Urasawa, une série Seinen qu’il a publié après avoir fini son autre série phare du genre, Monster. Celle-ci se déroule en 22 volumes et se termine avec un épilogue, 21st Century Boys, qui est en deux volumes. Ce changement de titre est dû à un simple changement de magazine vers la fin de la publication au Japon. Passons au synopsis de cette excellente série, spoilerless bien entendu.

Personnages de 20th Century Boys de Naoki Urasawa

On laisse son passé derrière soi, on se le remémore par bribes nostalgiques, mais il ne revient jamais vraiment. C’est tout du moins ce qu’imagine Kenji Endo dans son petit supermarché. Jusqu’au jour où une secte étrange émerge, réalisant des actions qui semblent avoir un rapport avec lui… et son passé. Surtout ces actions sont tirés d’un cahier de prédictions où Kenji et ses comparses s’amusaient à imaginer la fin de l’humanité avec leur imagination d’enfant…

Mais commençons par une petite présentation de Naoki Urasawa. Il faut savoir que cet auteur jouit d’une certaine notoriété en Europe et d’une plutôt grosse renommée au Japon, le plaçant dans les rangs des bankables, ces mangakas dont le seul nom fera vendre. Il a à son actif plusieurs séries majeurs :  Happy, Master Keaton, Monster, Pluto et la série qui nous intéresse, 20th Century Boys. Ces trois dernières sont publiées et traduites en France. Il fait aussi partie de mes mangakas préférés, bien entendu.

On ne dirait pas comme ça en lisant le synopsis, que j’ai fait le plus évasif possible, mais il y a une bonne part de Science Fiction dans l’histoire. Le scénario est plutôt complexe et va demander de s’accrocher un peu par moment, notamment à cause de flashbacks/flashforwards fréquents, mais toujours justifiés. L’histoire est assez dense et toujours en mouvement. On se retrouve avec un bon rythme accrocheur, sans accroc. Si on voulait comparer, le scénario est un poil moins complexe, à mon avis, que celui de son autre série Monster. Mais ce qu’on perd en complexité, on le gagne en force de narration et en fluidité de lecture. Là où j’avais trouvé Monster un peu laborieux, 20th Century Boys s’enchaine sans explication de deux pieds de long; et c’est tant mieux, sinon j’irai lire mes Black et Mortimer.

20th Century Boys de Naoki Urasawa Image

Comme à son habitude, l’auteur amène des antagonistes fouillés et machiavéliques à son histoire. Éléments extrêmement important dans ses histoires, ils prennent ici une encore plus grande dimension, occupant le devant de la scène internationale et mettant en place un véritable culte de la personnalité. J’ai trouvé ces méchants particulièrement savoureux.

Le style d’Urasawa est assez reconnaissable, réaliste et maitrisé. Il serait parfait pour représenter des tranches de vie. Ça ne plaira pas forcément à tout le monde, je consens qu’il faut un temps d’adaptation au début mais personnellement maintenant, j’adore. Pour la petite histoire, le titre du manga est tiré d’une chanson du groupe de rock T-Rex, pour ceux qui connaissent ça ne doit pas les rajeunir. La musique a d’ailleurs une place importante dans ce manga, notre héros ayant été guitariste et nous le rappelant tout du long.

Tout n’est pas sans défaut bien entendu, et je ferai quand même un reproche concernant les personnages. Ils sont certes reconnaissables physiquement, mais avec tous les sauts dans le temps, on a vite fait de se paumer et de se demander qui est qui, qui a fait quoi, même si parfois se poser cette question sert l’intrigue. Leur multitude n’aide pas forcément, on est submergé de noms et de personnages, dur de faire le tri. Mais bon, on va dire qu’il suffit d’augmenter le niveau d’attention qu’on porte à sa lecture pour y remédier.

20th Century Boys de Naoki Urasawa

Certains des personnages principaux étant jeunes

La série est une ode à l’enfance (ou à Alzheimer selon certains), à toute l’imagination qu’on avait et qu’on semble perdre en arrivant à l’âge adulte. On ne peut que voir les flashbacks avec une certaine nostalgie, pour peu qu’on ait vécu un peu dans la cambrousse étant enfant avec des potes. Comme quoi, on s’amuse quasiment partout de la même manière quand on est gamin.

20th Century Boys de Naoki UrasawaEn ce qui concerne l’édition, mon avis est plutôt neutre. Alors certes, Panini Comics est toujours l’un de ces éditeurs qui pratique des prix prohibitifs, mais pour une fois, l’édition est supérieure à ceux que j’ai pu voir pour d’autres de leurs titres et justifierait « presque » le prix de 8€95.

Au final, 20th Century Boys est un Seinen incontournable, culte au même titre que Monster pour certains. Je ne peux qu’exprimer ma fascination pour cette histoire qui se dévore et qui vide mon porte-monnaie au fil des tomes. Une excellente série à découvrir ou à redécouvrir. Ainsi se termine mon premier vrai article arlésienne qui aura mis plus d’un an a être écrit.


Le Bûcher d’un Roi, Le Trône de Fer Tome 13, de George R.R. Martin

L'hiver vient... Ok, mais on en a marre de l'attendre !

dabYo dans Critiques, Livres le 27 mars 2012, avec 6 commentaires
Critiques

Il y a maintenant trois ans, je vous faisais part de mon avis sur Un Festin pour les Corbeaux, le douzième et dernier tome du Trône de Fer à l’époque, qui venait tout juste de sortir en poche chez J’ai Lu. Bien des eaux sont passées sous les ponts depuis lors, encore plus pour ceux qui suivaient la publication de Pygmalion, voire américaine. Mais voilà, George R.R. Martin, l’auteur de ce que l’on considère ici comme la meilleure série de Fantasy, a livré la suite l’année dernière, A Dance With Dragons. Le Bûcher d’un Roi, sa traduction française, vient tout juste d’arriver sur les rayons des libraires dans sa version grand format Pygmalion. Alors, la longue attente sera-t-elle dûment récompensée ? Suite oblige, pas de synopsis, et pas de spoil non plus, n’ayez crainte.

Le Bucher du Roi, Trone de Fer Tome 13, de George R.R. Martin

J’avais terminé le douzième tome sur un sentiment assez mitigé. La série tirait en longueur et il faut dire que Le Chaos et Les Sables de Dornes n’étaient pas les tomes les plus passionnants qu’elle nous ait offert. Mettre en place ses pions, petit à petit, pour enfin révéler son jeu prend du temps. George R.R. Martin nous laissait enfin entrevoir où il voulait en venir à la fin d’Un Festin pour les Corbeaux, enchaînant quatre très bons chapitres. Mais sans pour autant arriver à nous faire oublier les milles pages qui avaient précédé, laissant à la suite le dur travail de récolter les fruits de ce patient et long travail. Mais je dois avouer que trois ans plus tard, j’étais bien moins pessimiste sur la série qu’à l’époque, je n’avais qu’une hâte: lire Le Bûcher d’un Roi, et retrouver les personnages qui m’avaient tant manqué.

Ce treizième tome du Trône de Fer est un peu particulier, puisque ses chapitres se passent en même temps que ceux d’Un Festin pour les Corbeaux. On y apprend donc quelques choses qui expliquent plus ou moins des passages des tomes précédents, et inversement. Il peut aussi arriver que l’on suive des personnages pour lesquels on connaît déjà le résultat de leurs actions, y apprenant du coup uniquement comment le tout a pu se produire. Il faut avouer que ce n’est pas déplaisant, bien au contraire, puisque cela était relativement frustrant de ne pas savoir. Comme pour les autres tomes, il s’agit d’un des trois morceaux issus de la découpe du volume original, A Dance With Dragons. Du coup, temporellement parlant, la fin de ces trop courtes 477 pages nous fait plus ou moins rejoindre celle du douzième tome, à quelques chapitres près je suppose.

A Dance With Dragons de George RR Martin

On retrouve dans ce tome trois des personnages que je préférais, et qui m’avaient grandement manqués: Tyrion Lannister, Jon Snow, et Bran Stark. Cette absence avait clairement joué dans mon appréciation des précédents tomes, et leur retour est du coup une grande bouffée d’air frais. Il n’y a pas à dire, les suivre à nouveau est un vrai plaisir, quelque chose qui vaut à lui seul de se lancer dans la lecture. Au rang des autres personnages que l’on va suivre, on retrouve Ser Davos et Daenerys, ainsi que des nouveaux personnages ou des secondaires dont je ne dirai rien pour ne pas vous gâcher la surprise. Et un peu surpris parfois, je l’ai été, il faut l’avouer.

George R.R. Martin assi sur le Trône de Fer

George R.R. Martin sur le Trône de Fer

Car à ce niveau là, Martin joue toujours aussi bien la surprise et le coup de tonnerre, et toujours autant sur la corde de l’information. Voir les personnages faire des plans sur la comète sur des évènements que l’on sait pertinemment faux est plus que monnaie courante. Que ce soit pour certains des personnages que l’on suit dans Le Bûcher d’un Roi, ou pour d’autres que l’on avait suivi précédemment, puisqu’on apprend parfois qu’ils se sont basés sur des fausses informations. C’est toujours aussi jouissif et frustrant, suivant si vous soutenez ou non la cause du personnage que vous lisez. Leurs aventures sont d’ailleurs dans ce tome également intéressantes. Je dois avouer que, contrairement à d’autres tomes, il n’y a aucun personnage qui soit en deçà des autres, moins intéressant, ou rebutant. On a quasiment à chaque fois envie de continuer son histoire, et de le retrouver.

L’auteur profite de nombreux passages qu’on aurait pu penser long et ennuyant pour nous abreuver d’informations sur l’univers de Westeros et tout particulièrement son histoire. Je n’ai pas le souvenir d’avoir autant appris sur ce monde dans les précédents tomes, et je dois avouer que c’est rondement mené. Un bon nombre de dialogues ou de situations permettent d’apprendre des anecdotes, notamment sur les Cités libres, les us et coutumes des sauvageons ou encore les diverses seigneuries du Nord. C’est rondement mené et très intéressant. On voit à quel point l’univers est vaste, fouillis, et on espère avoir un jour droit à quelques spin-offs.

Alors certes, du coup, on pourra peut être reprocher à George R.R. Martin de s’égarer, de ne pas se concentrer assez sur l’avancement de l’histoire. Après tout, était il vraiment nécessaire de nous compter le long voyage de deux personnages dans une calèche, lorsqu’il aurait pu se contenter de nous faire une ellipse ? Les avis seront partagés. Je sais bien que nombreux sont ceux qui attendent l’action à tout va, mais de mon côté, j’ai été ravi d’avoir ces quelques errements, qui donnent corps et vie à cet univers passionnant.

Paperback edition de A Dance With Dragons George R.R. Martin

Contrairement à ce que nous pensions (ou à ce qu'il a été), désormais les éditions étrangères de poche sont elles aussi divisées en plusieurs parties.

Pour ce treizième tome, Jean Sola qui assurait jusqu’alors la traduction a laissé sa place à un nouveau traducteur, Patrick Marcel, que l’on a déjà rencontré par ici. On perd le côté désuet et moyenâgeux de certaines expressions chère à l’ancien traducteur, mais on gagne grandement en simplicité du langage, et la lecture est peut être un peu plus facile et fluide. Du coup, je dois avouer que la traduction ne m’a point choqué, elle est d’une qualité correcte, sans heurts. Ayant lu la suite il y a de nombreux mois, je ne pourrais malheureusement pas dire s’il y a des problèmes de cohérence des noms.

Le Bucher du Roi, Trone de Fer Tome 13, de George R.R. MartinFinalement, le seul réel défaut du Bûcher d’un Roi, c’est d’être trop court et de ne pas laisser assez de pages à l’histoire pour se développer. Difficile dans ces conditions d’être autre chose qu’extrêmement positif pour le récit de George R.R. Martin que nous avons. Il faut dire que ce n’est point sa faute, mais bien un choix éditorial de Pygmalion. Un choix plus que critiquable au regard du marché, mais qui au regard de la qualité de la série est plus discutable. Le tout est accompagnée d’une très belle couverture signée Gary Jamroz.

Depuis la sortie du tome 12 en France, la Saison 1 de Game of Thrones a été diffusée et beaucoup de choses ont changé. Le Trône de Fer est passé du statut de référence chez les connaisseurs à réel phénomène. Impossible désormais d’aller dans une Fnac sans y voir une pile de premiers tomes, il a même été difficile de trouver les tomes suivants tant les nouveaux amateurs sont avides de connaître la suite des mésaventure de la famille Stark, et des autres, bien sûr. C’était bien forcément aussi mon cas. Et à ce niveau là, Le Bûcher d’un Roi a largement comblé mes attentes. Ce tome n’est peut être pas le meilleur, mais il se lit bien, donne envie de connaître la suite, et me laisse sur un unique sentiment: bordel, la suite ! C’est prévu pour la mi 2012, si tout se passe bien.


C’est Lundi, que lisez vous ? #39

Serafina dans Actualités, Livres le 26 mars 2012, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Le Bucher du Roi, Trone de Fer Tome 13, de George R.R. MartinIl faut croire que je lis plus facilement en voyage, puisque j’ai profité de notre saut dans la capitale anglaise pour lire deux romans de Dark Fantasy. Le premier, et pas des moindres, n’est autre que le tome 13 du Trône de Fer: Le Bûcher d’un Roi. Depuis le temps que j’attendais de lire la suite d’Un Festin pour les Corbeaux, je dois avouer que je l’ai tout bonnement dévoré. On retrouve les personnages qui m’avaient tant manqué dans les trois derniers tomes, à savoir Jon, Tyrion et Bran, ainsi que d’autres bien entendu. C’est toujours bien écrit, et la traduction de Patrick Marcel est plus que correcte. Mais bon, la chronique paraît demain, alors inutile de m’étaler plus.

A côté de cette très bonne lecture, j’ai continué Les Annales de la Compagnie Noire avec son quatrième tome, Jeux d’Ombres. Vous le savez, je suis grand friand de cette série de Glen Cook, dont les trois premiers tomes sont excellents. Malheureusement, cette suite arrive tel un cheveux sur la soupe, et n’est franchement pas au niveau. Pas forcément de la mauvaise Fantasy, on est pas face à un Gemmell non plus, mais on est loin des débuts…

Serafina

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 4, de George R.R. MartinDurant cette semaine à Londres, j’avais emporté avec moi l’Intégrale du Trône de Fer 4 de George R.R. Martin. Avec la sortie en français du tome 13, Le Bûcher d’un Roi, la première partie de Dance with Dragons,  j’avais bien envie de me remettre dans le bain (mais en même temps j’ai envie de relire l’intégrale 2 pour coller à la série, je suis à peine logique). J’ai donc lu l’équivalent des tomes 11 et 12 du découpage français, puisque j’avais déjà terminé Le Chaos, tome 10 de la série. C’est long. Vraiment. Il ne se passe réellement de choses intéressantes que dans la deuxième moitié du tome 12 : bref, à la toute fin, après quelques milles pages. Si les passages précédents ont leur utilité et servent à mettre les choses en place, si je n’avais pas eu Dance en carotte au bout du bâton, il y a fort à parier que j’aurais abandonné en cours de route. Et c’est dommage car le final est vraiment super !

Je reprend donc ma lecture du Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’Arcier et j’entame le premier tome de la série Wicked Game, Le Sang du Rock, de Jeri Smith-Ready une obscure histoire de vampires DJ. Ça promet !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

Si Diablo Swing Orchestra a de loin notre préférence, ils ne sont les seuls sur le créneau de l’Avant-Garde Metal, où l’on retrouve aussi Vulture Industries. C’est en fait grâce à l’affiche du Hellfest 2012 que nous avons découvert ce très bon groupe à la musique carrément dérangée, qui ne ferait pas tâche dans un film d’horreur prenant place dans un hôpital psychiatrique ou dans une fête foraine glauque à souhait. Le groupe étant relativement modeste, ils n’ont malheureusement pas de clip, mais un excellent live au MetalCamp 2011.

Et il semblerait que leur prestation scénique soit tout aussi dérangé, le chanteur ayant troqué sa tête contre une corde de pendaison pour faire la sacro-sainte machine à laver du Metal. The Hangman’s Hatch est vraiment caractéristique du groupe, une instrumentation sympathique aux sonorités assez dissonantes, et une voix frôlant le génial et le désagréable. Bref, j’adore et je ne raterai pour rien au monde leur performance prévue le dimanche sur The Temple, au beau milieu des groupes de Black Metal.


Chien du Heaume est un roman de Justine Niogret sorti en 2009 qui avait largement conquis Serafina à l’époque de sa sortie en grand format aux éditions Mnémos. Depuis, le roman a gagné entre autres le Prix des Imaginales 2010 et est disponible en poche aux éditions J’ai Lu. C’est à cette occasion que je me suis lancé dans ce récit de Fantasy aux allures moyenâgeuse et dramatique, illustrée par une nouvelle couverture signée Johan Camou. Pour le synopsis et les autres informations sur le roman, je vous invite à lire la chronique très positive de Serafina.

Chien du Heaume de Justine Niogret

Le livre et son chapitre d’introduction mettent tout de suite le ton que l’on va retrouver tout au long de notre histoire: Chien du Heaume est un roman très sérieux, très triste, plutôt déprimant même, il faut l’avouer. C’est un récit qui a des aspects très dramatiques, une sorte de tragédie qui se marie au genre de la Fantasy. On y attache le roman au genre plus parce que le monde dans lequel notre héroïne évolue n’existe pas à proprement parler, que parce qu’il y aurait une quelconque magie. Ce pourrait bel et bien être dans une contrée complètement perdue du Moyen-Âge, genre en plein milieu de la France.

Justine Niogret

Justine Niogret

Car de la magie, il n’y en as pas. L’histoire de Chien n’est pas celle qui va vous combler de bonheur, mais bien celle qui a tout pour vous déprimer. C’est très bien écrit, très bien amené, et vraiment prenant. On suit cette femme en quête d’un foyer, d’une identité et on s’accroche à elle. Elle nous prend aux tripes et ne nous lâche plus jusqu’à la fin du récit, sans répit.

Après quelques premiers chapitres assez stéréotypés, où Chien semble suivre une quête prédéfinie aux péripéties ne se déclenchant qu’en sa présence, le roman prend tout son ampleur lorsqu’elle fait la rencontre d’un châtelain chasseur. Les personnages du roman sont entiers. On appréciera Chien bien entendu, femme sans attache qui n’a pas trouvé d’autre moyen pour survivre que d’agir comme les hommes de l’époque le faisaient. Vulgaire, impétueuse, tête brulée, c’est un vrai miracle qu’elle ait survécu. Mais ce n’est pas le seul personnage qui vaut le coup, ses différentes rencontres sont un des plus gros avantages du roman. Ce sont des personnalités entières, bien développées et on s’y attache très vite.

Chien du Heaume de Justine NiogretIl faut dire que le roman de Justine Niogret est diablement bien écrit. L’auteur maîtrise son sujet et fait un très agréable mélange de français plutôt moderne et ancien. De nombreux termes, qui pourront parfois vous laisser à côté si vous n’avez pas votre petit dictionnaire de moyenâgeux. Cela joue clairement à l’ambiance du roman, à sa force, à son aspect entier. L’histoire contée est une sorte d’ensemble, elle se déroule certes sur une assez longue période de temps, sans doute plusieurs années, mais est d’un seul tenant.

Au final, Chien du Heaume m’a énormément fait penser à un autre roman du genre, qui mêlait lui aussi drame et récit tragique à la Fantasy: Lavinia de Ursula K. Le Guin. Les univers sont certes opposés, sans parler de nos deux héroïnes, l’une princesse et l’autre homme d’armes, mais la lecture de ces deux romans est malgré tout proche, en qualité, en intérêt. J’ai vraiment été conquis par l’univers de Justine Niogret, et j’espère bien avoir l’occasion de lire Mordre le Bouclier, la suite.


Disque-Monde: Ankh Morpork de Martin Wallace

C'est le bazar à Ankh Morpork

dabYo dans Critiques, Jeux de Plateau, Jeux de Société le 21 mars 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Fin de l’année dernière est sorti un jeu de plateau qui ne pouvait qu’entraîner l’enthousiasme complet de notre part: l’adaptation des Annales du Disque-Monde. Il faut dire qu’après l’excellente expérience que nous avions eue en goûtant au jeu de plateau du Trône de Fer, il aurait fallu être fou pour ne pas se laisser succomber à l’appel d’un jeu tiré de l’univers déjanté de Terry Pratchett. Mais bon, c’est toujours un risque de se lancer les yeux fermé dans une adaptation de licence, le tout pouvant être relativement mauvais et avec un système de jeu décevant. Qu’en est-il de ce cher Disque Monde: Ankh Morpork ?

Disque-Monde Ankh Morpork de Martin Wallace

Le matériel est plutôt de bonne qualité, bien qu’en assez petite quantité. On retrouve tout d’abord un plateau de jeu, il est à l’effigie de la fameuse ville d’Ankh Morpork où prend place une bonne partie des différentes histoires des annales. Elle est divisée en 18 quartiers de ville sur lesquels nous allons pouvoir déplacer des pions et construire des bâtiments. A côté, on retrouve donc ces petits pions en bois, aux couleurs assez vives (rouge, bleu, orange…) qui représentent des Agents, des Bâtiments, des Démons et des Trolls. Enfin, pour finir, près de 200 cartes de personnages, évènements et autres quartiers qui sont toutes aux couleurs du Disque-Monde et de ses héros.

Plateau du Disque-Monde Ankh Morpork de Martin Wallace

Le plateau et les pions placés

Tout cela va permettre à quatre joueurs de lutter pour prendre le pouvoir à Ankh-Morpork, car le vénérable patricien Vétérini a disparu et son poste est vacant. Pour cela, il va falloir étendre son influence sur les différents quartiers de la ville afin de gagner le cœur de son peuple. Bien entendu, nous sommes sur le Disque-Monde, tous les coups sont donc permis, et tout peut arriver: attaque de dragons, révolte de la populace, incendies multiples… L’influence sur la ville se matérialise par la construction de bâtiments et le placement d’Agents sur les différents quartiers. Pour compliquer quelque peu les choses, si le but est commun à tous les joueurs, la façon de prendre le pouvoir peut être différente pour chacun.

En effet, en début de partie chacun des joueurs pioche une carte personnage parmi les huit que compte le jeu. On y retrouve des personnages clefs du Disque-Monde comme le commandant Vimaire, Chrysoprase, le Dragon ou encore… Vétérini lui-même. Bref, suivant le personnage pioché, l’objectif pour remporter la partie peut varier. Quand Vétérini doit placer des agents dans un grand nombre de quartiers de la ville, Chrysoprase doit lui accumuler près de 50$, et le Dragon répandre le chaos dans une majorité des quartiers de la ville. A noter tout de même que Vimaire lui, doit attendre que l’ensemble des cartes aient été tirées pour gagner.

Bien entendu, l’objectif est là d’ajouter un pan de stratégie et d’observation tout au long de la partie, puisqu’il faudra essayer d’atteindre son but en étant discret, pour que les autres joueurs ne puissent pas découvrir quel but vous visez et vous en empêcher. Même si nos expériences là-dessus ont été positives, il faut l’avouer, les situations n’étant pas assez variées, il est très facile de bloquer toutes les façons de gagner.

Disque-Monde: Ankh Morpork de Martin Wallace

Je n’ai pas encore parlé de la manière dont les joueurs vont pouvoir poser leurs Agents, construire des bâtiments et autres joyeuseté sur le plateau. Chaque joueur a une main de cinq cartes, ces cartes lui permettent d’effectuer des actions de certains types : poser un agent sur le plateau, construire un bâtiment moyennant une certaine somme, tuer un agent adverse, empocher de l’argent ou encore jouer une autre carte de sa main. Une fois les effets appliqués, la carte part dans la défausse et s’il a fini ses coups, le joueur pioche des cartes pour en avoir cinq à nouveau. C’est là la base du gameplay du jeu et il faut dire que c’est assez fun. Certaines cartes vont aussi permettre de semer la panique dans la main d’un autre joueur, en échangeant les cartes par exemple, réduisant souvent la stratégie réfléchie à zéro.

C’est peut être là que le bât blesse, car les cartes ont des effets vraiment énormes sur le jeu en cours, et ce dernier évolue très rapidement entre deux tours pour un même joueur. Difficile alors de prévoir ses stratégies à long terme, tant le chaos est ambiant et la situation bien trop variante. Il arrivera souvent même que vous n’ayez plus les mêmes cartes au moment de jouer, mettant à plat toute votre stratégie. C’est assez dommage, il faut le dire, et cela oblige les joueurs à reconsidérer la situation le moment de jouer venu. Du coup, le rythme est ralenti, et le tout subira quelques lenteurs, rendant une partie qui aurait dû être rapide et fun un poil trop lente. Dommage, car sur le papier, il y avait tout les éléments nécessaires.

Cartes du Disque-Monde Ankh Morpork de Martin Wallace

SALUT

Au final, le jeu Disque-Monde: Ankh Morpork est sympathique à jouer mais pas franchement marquant, que vous soyez ou non fan de la série. Ces derniers y retrouveront avec un certain plaisir l’univers déjanté des Annales du Disque-Monde, qui est bien présent. Il se ressent à travers le principe, les cartes, le chaos ambiant, et c’est toujours un réel plaisir de découvrir les différents personnages de l’univers en piochant les cartes. Pour les fans, c’est assurément un jeu à avoir, mais si la série vous a laissé de marbre, difficile de vous conseiller le jeu, bien qu’il ne faudra pas hésiter à y jouer à l’occasion. Bon, ici, on est fans…


Hunger Games, The Hunger Games Tome 1, de Suzanne Collins

400 pages plus tard, on reste sur sa faim...

Serafina dans Critiques, Livres le 20 mars 2012, avec 3 commentaires
Critiques

The Hunger Games est une série de romans Young Adult écrite par Suzanne Collins, dont le premier tome a été publié chez Pocket Jeunesse en 2009 en France. Je suis un être faible, incapable de tenir bien longtemps face à un buzz. Donc à force de voir du Hunger Games par ci, Hunger Games par là, bande annonce, chroniques et même collection de vernis dédiée à cet univers, je n’ai pas pu résister et j’ai acheté le premier tome.Que j’ai rapidement commencé. Synopsis ?

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne Collins

Dans un futur pas si lointain, post-apocalypse, les États-Unis n’existent plus. A la place, Panem. Un pays divisé en districts, 12 pour être exact, et dont sont chaque année tirés au sort deux jeunes. Ces deux jeunes sont destinés à participer aux Hunger Games, un jeu de massacre télévisé où il n’y aura qu’un seul vainqueur. Katniss est une jeune fille débrouillarde, qui a vite appris à chasser pour subvenir aux besoins de sa famille suite au décès de son père. Elle aime sa petite sœur plus que tout, alors le jour où cette dernière est tirée au sort, Katniss n’hésite pas une seconde et se porte volontaire à sa place.

A vrai dire, avec un synopsis pareil, je dois dire que je n’étais pas spécialement emballée. En effet, les districts très compartimentés, dans la littérature jeunesse ce n’est pas nouveau, on pensera notamment à l’excellent Vent de Feu de William Nicholson. Pas plus que les jeux de massacre, qui font évidemment penser au culte Battle Royale. L’originalité ici est évidemment la critique de la télé réalité, car en effet ce jeu de massacre est  retransmis à la télévision, dans tous les districts et le regarder y est obligatoire.  La critique est bien menée et a le mérite d’amener la réflexion sur les dangers de ce genre de programmes télévisés. Si nous, adultes, avons bien conscience de ces dernières, pour le public cible, plus jeune, ce n’est pas un mal.

The Hunger Games Adaptation Cinema

L'adaptation au cinéma de Hunger Games sortira dans les salles obscures le 21 Mars 2012

Malheureusement, cette critique de la société est l’un des seuls points positifs que je trouverais au livre. Il bénéficie certes d’une écriture claire, et fluide mais sans être mirobolante pour autant. Les personnages, il faut le dire, ne font pas dans la finesse, et surtout pas l’héroïne : vie de misère extrême mais super débrouillarde, elle réussit toujours à s’en sortir, et ses défauts (son impétuosité notamment) deviennent rapidement des qualités. Bref, on n’est pas loin de la Bella mixée à Causette: une héroïne tellement banale qu’à peu près tout le monde pourra s’identifier à elle d’un moyen ou d’un autre. On échappe de peu à la Mary-Sue.

Suzanne Collins

Suzanne Collins

Si l’univers semblait au départ assez intéressant, il faut dire que pour ce premier tome, il est tout juste survolé : on ne sait qu’à peine quel district fait quoi, et on ne comprend pas spécialement l’historique du pays qui aurait pu amener à une telle décadence. C’est bien dommage, mais cela sera peut être expliqué dans les prochains tomes…

Le livre est composé de plusieurs parties, et les Hunger Games ne débutent réellement qu’à la moitié du livre. C’est clairement la partie la plus intéressante. Le problème c’est que balancer 24 personnages dans l’arène, forcément, cela amène à ce que beaucoup d’entre eux ne soient que des numéros ou au plus des prénoms. C’est bien dommage, car du coup j’ai trouvé que seuls  deux ou trois personnages ressortaient: Rue, Katniss et dans une moindre mesure Peeta, le deuxième désigné du District 12.

Si la progression de l’histoire n’évite pas quelques facilités, notamment dû au nombre de pages assez réduit, moins de 400, j’ai surtout déploré le recours à du Deus ex Machina pour résoudre ce qui semblait totalement insoluble, c’est dommage et facile.  Dans l’ensemble, l’histoire m’a laissé de marbre, surtout parce qu’elle est très prévisible et ce dès le début.

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne CollinsSi évidemment il faut être plus indulgent avec un roman jeunesse, la comparaison avec d’autres romans dédiés au même public n’aide vraiment pas ce Hunger Games. Je pense par exemple à Uglies de Scott Westerfeld, sorti à peu près en même temps aux États-Unis et qui bénéficiait d’une héroïne bien plus développée, de plus de retournements de situation, et le tout bien mieux ficelé. Ayant lu le roman dans sa version originale, je ne me prononcerai pas sur la qualité de la traduction proposée par Pocket Jeunesse.

Au final, je n’ai pas été charmée par ce premier tome de The Huger Games, et je ne suis pas sure d’en lire la suite, L’Embrasement. Si il y a de bonnes idées dans ce Battle Royale version Suzanne Collins, aucune n’est assez originale ni assez exploitée pour avoir su me captiver. Cela ne m’a même pas donné envie d’aller voir le film, et j’aurais tendance à vous le déconseiller, sauf pour vous faire votre propre idée.