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Scott Pilgrim de Edgar Wright

dabYo dans Critiques, Films le 8 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Scott Pilgrim est l’adaptation du comic du même nom au cinéma par Edgar Wright. Malgré l’enthousiasme général pour le film, c’est à reculons que nous avons finalement décidé d’aller enfin voir cet « icône » de la « culture geek« , déjà promu « film culte ». Faut dire que le tapage autour de cette adaptation d’Edgar Wright, semblable à celle entourant Kick-Ass, nous a plutôt refroidit, ayant peur de tomber sur quelque chose utilisant bêtement quelques références pour être dans le coup. A la base déjà il fallait beaucoup de chance pour pouvoir aller voir un film qui a été diffusé dans quelques salles à peine en France. Mais au final, qu’en est il ? Scott Pilgrim vaut il réellement le coup, ou est ce un film qui surfe bêtement sur les références de la « culture geek » ? Synopsis.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Scott a 22 ans et une vie « passionnante ». Parmi ses hobbies, on retrouve la musique et son groupe de Rock, Sex Bo-omb, pour lequel il joue de la basse. Alors qu’il vient tout juste de commencer à sortir avec une lycéenne de 17 ans -la honte- pour oublier sa précédente rupture, il fait la rencontre de la fille de ses rêves, Ramona Victoria Flowers. De ses rêves au sens propre du terme bien entendu, puisqu’il en avait justement rêvé la veille. S’ensuit alors toute une aventure pour la conquérir.

Je ne pensais pas que ce film serait celui pour lequel j’aurai le plus de mal à écrire un synopsis, et pourtant, si. Il faut dire que Scott Pilgrim est un film assez particulier, car l’intégration de la culture geek ne va pas s’arrêter à quelques répliques placées par là, du « je suis ton père » qui devient une vanne entre deux geeks. Non non, rien à voir. Le film qui est donc l’adaptation d’un comic en cours de parution chez Milady Graphics pour l’adaptation française, va en effet piocher directement dans les mécanismes du jeu vidéo pour s’étoffer et illustrer son scénario. Certes, ça passe d’abord par des gimicks inutiles, comme la présence d’une barre d’urine à la Sims, au monde de l’arcade et du jeu de combat. Car pour conquérir Ramona, Scott va devoir affronter la ligue maléfique des exs de la demoiselle, en combat singulier.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Le blond du milieu est doté de super pouvoirs car végétalien

Oui, dit comme ça, ça donne pas forcement envie, et pourtant. Avec son synopsis bidon, Scott Pilgrim se veut être un film pour adolescents à l’esprit décalé, un peu l’alter-ego de American Pie, mais version « geek » cette fois. Et contrairement à ce que je craignais à la base, la pilule passe plutôt bien. Quand on a fait des études en informatique, ça nous fait fortement penser à des attitudes et autres qu’ont pu avoir nos amis, voir camarades, et l’identification fait le reste. Les scènes comiques du film sont plutôt bonnes et agréables, on sourit rapidement et se laisse emporter par le côté déjanté, et la « connerie blasée » ambiante qui ressort des personnages principaux.

La barre d’urine n’est pas le seul élément qui fait référence aux jeux vidéo, et outre les combats entre nos héros et les différents exs de Ramona, on retrouve tout un tas d’éléments. Cela va des pièces qui tombent lorsqu’un adversaire est battu, aux petits effets visuels très « interface de jeu », voir aux transition des scènes. Bien entendu, il y a sur-enchère dans les pouvoirs des différents combattants qui vont permettre d’avoir droit à véritable spectacle lors des échanges de castagnes. Du coup, il faut bien entendu justifier ces pouvoirs, et là encore, on se retrouve face aux caricatures du jeu vidéo, allant de l’épée de l’amour à la surpuissance due à la mouvance vegan. Bref, du tout bon.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Pour parfaire cet état d’esprit très « blasé », on retrouve des acteurs dont le jeu est vraiment très « réussi ». Un poil nanar, un poil sérieux, et un poil amateur, j’ai vraiment beaucoup aimé les différents dialogues entre les personnages. Chacun va très bien jouer son « rôle », stéréotypé à mort, que ce soit notre héros complètement pommé joué par Michael Cera, ou encore la groupie lycéenne pot de colle qu’incarne Ellen Wong. Seule Ramona, jouée par Mary Elizabeth Winstead, m’a semblée un peu fade, beaucoup trop sérieuse. Une mention spéciale pour la quasi totalité des personnages secondaires, dont chaque intervention est accompagnée d’un fou rire.

Si la présentation de l’histoire est très déjantée et originale, les thèmes restent assez classiques. L’amour, la recherche de soi, l’amitié, bref, les banalités habituelles qui n’auront pas spécialement droit à des morales originales non plus. Mais ce côté ne gâche en rien le film.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Cette image parle d'elle même

Au final, Scott Pilgrim a été pour moi une sacrée surprise. Savant mélange de nanar, avec des effets visuels réussis et un aspect « film amateur » agréable, il vous fera passer un agréable moment. En amenant les codes du jeux vidéo dans le cinéma, il s’inscrit pour moi dans cette mouvance que l’on peut aussi retrouver plus récemment avec Sucker Punch. Même s’il ne mérite pas réellement son statut de film culte, le voir vous fera passer un très bon moment, et vous ne le regretterez surement pas.


L’Épreuve de l’Ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 6 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

L’Épreuve de l’Ange est le second tome de la série des anges d’Anne Rice. Série qui ne comporte que 2 tomes à l’heure actuelle. Ce deuxième tome est sorti en 2010 aux États-Unis et vient d’être traduit par Pascal Loubet pour les éditions Michel Lafon. J’avais lu le premier tome l’année dernière plus ou moins à la même époque, que j’avais assez apprécié, je n’ai donc pas tardé à entamer le deuxième. Synopsis ?

L'épreuve de l'Ange de Anne Rice

Toby O’Dare est un ancien tueur à gage. Repenti, il travaille désormais avec Malchiah, un séraphin, et tâche d’exaucer les prières des âmes tourmentées dans ce qu’ils appellent « L’Heure de l’Ange », une Heure qui permet de voyager entre les époques, et qui l’amènera notamment à Rome en pleine renaissance.

Tout comme pour le premier tome, il faut saluer le travail des éditions Michel Lafon, qui proposent encore une fois un très beau livre, très agréable à lire, avec des petites ailes d’anges en début de chapitre, bref, un beau travail d’édition. C’est un livre qu’on prend plaisir à lire, enfin, presque. Le style et la narration restent les mêmes que dans L’heure de l’Ange : Première personne, pas mal de descriptions, un style toujours très bon.

A la lecture du synopsis, il paraît évident que la religion occupe une place centrale. C’était déjà le cas dans le premier tome, sauf que ce dernier était assez soft et n’apparaissait pas comme une propagande éhontée pour la religion. Le problème c’est que L’Épreuve de l’Ange est beaucoup plus proche de la propagande. Dieu et la religion chrétienne y sont beaucoup trop présents à mon gout. Je ne suis pas spécialement anti-religion et avoir des héros croyants ne me gêne pas, sauf quand leur foi devient le point central du livre. Car ici, c’est le cas. Dans le premier tome, la mission de Toby dans l’Heure de l’Ange occupait une part importante du roman et était plus construite comme une aventure. Là, non.

Of Love And Evil from Anne Rice

La couverture de la V.O. est beaucoup plus conotée religion

D’un bout à l’autre on suit la rédemption de Toby, sa foi, il nous rabâche l’omniprésence de Dieu, sa bonté, son amour. Et quand évidemment le roman se transforme en propagande contre les relations sexuelles hors mariages (qui viendraient « souiller » la fille qu’il aime) et en apologie de l’Église en tant qu’organisation, j’avoue que j’ai eu énormément de mal à continuer.

L’Épreuve de l’Ange n’est que cela, acclamation de Dieu, enfilage de bons préceptes conformes à la foi catholique. Alors oui il y a une petite aventure, de 60 pages sur 200, qui se passe dans la Rome de la renaissance et qui s’intéresse aux injustices faites aux juifs. Mais elle aussi tourne pas mal autour de la religion, et les mystères sont assez évidents et résolus en deux ou trois pages, ne restant plus qu’une excuse pour que Toby nous exprime son amour de Dieu. Il faut cependant dire que Anne Rice s’est pas mal renseignée sur l’époque et nous présente l’état des juifs dans la Rome de la renaissance, état que je ne connaissais pas réellement, et qui est donc assez intéressant.

Le livre est effectivement très court : 200 pages, écrit gros, il se lit très vite, mais ce peu de page est suffisant pour m’avoir agacé à de nombreuses reprises par son prosélytisme. A coté de cela, on retrouve Toby, qui est toujours fasciné par la beauté, comme a pu l’être un Lestat, mais Toby est très passif. Il est baladé d’un endroit à l’autre, au bon vouloir des anges, sans vraiment se remettre en question. Les personnages secondaires sont réduits à de simples noms, car il n’y a pas réellement assez de pages pour les développer.

L'épreuve de l'Ange de Anne RiceEn deux cents pages, notre histoire n’avance quasiment pas par rapport au premier tome qui laissait espérer d’en apprendre plus sur les anges et leurs interactions. Le livre nous laisse sur notre faim, et tous les espoirs que j’avais eu en lisant le premier tome ont été anéantis.

Au final, L’Épreuve de l’Ange me laisse une très mauvaise impression, et si sa suite parait un jour je ne pense pas que je le lirais. Enfin, il faut dire que la suite est fort compromise, vu que Anne Rice a déclaré partir de l’église catholique en 2010… Je la vois donc difficilement écrire une suite qui parle autant en bien de l’Église… Mais en tout cas, je ne vous recommande absolument pas ce livre. L’histoire est laissée bien trop de côté.


Alors que l’on a appris il y a quelques semaine la date de sortie de la suite du Trône de Fer, l’actualité de la saga de George R.R. Martin s’apprête à être de nouveau chamboulée avec l’arrivée sur les écrans de la chaine américaine HBO de son adaptation sur le petit écran. Titrée Game Of Thrones, la diffusion du premier épisode est prévue pour le 17 avril prochain, et il est déjà possible de voir les quinze premières minutes par ici ou tout simplement un peu plus bas dans l’article.

Affiche de Games Of Thrones de HBO

Étant fans de la série ici, c’est donc un petit résumé que l’on va vous dresser avant de parler de ces 15 premières minutes. Game Of Thrones devrait être diffusée sur sept saisons, si le public suit, avec d’une manière générale un roman par saison. Pour rappel, les deux premiers tomes de la traduction française constituent le premier tome de la version originale. Il ne devrait donc pas y avoir d’adaptation trop importante du scénario, et la série devrait suivre d’une manière générale la trame imaginée par Martin, qui participe à l’écriture des scénarios par ailleurs.

Chaque saison devrait tenir sur dix à treize épisodes d’une cinquantaine de minutes et être diffusée entre avril et juin, plus ou moins ce que l’on peut connaître avec True Blood par exemple. Côté casting, il s’agit principalement d’acteurs anglais, bien que le casting soit aussi ouvert aux ressortissants de l’union européenne, sans doute à cause de restrictions dues au financement. Le plus connu, Sean Bean, jouera Eddard Stark, le personnage principal de ce premier tome et devrait porter la série sur ses épaules. Pour la liste complète, on peut la retrouver sur la Garde de Nuit. Bon, et ces quinze premières minutes alors ?

Il s’agit de l’adaptation du prologue, que l’on retrouve dans le premier tome de la série, et auquel on ne comprend en général pas grand chose lors de la première lecture, ainsi que du premier chapitre. On découvre donc ici le mur, et la maison des Stark. Pas encore de Lannisters, ni aucune autre famille d’ailleurs, le suspens est gardé. La première chose qu’on peut admirer, ce sont les décors, la sortie des gardes du mur est absolument sublime et est fidèle aux illustrations qu’on a pu en voir, que cela soit dans les jeux de carte ou dans les couvertures de roman.

L’adaptation du prologue est angoissante à souhait. Dans le noir sur grand écran, cela doit donner. C’est relativement gore pour un début de série, et c’est sans aucun doute volontaire pour choquer le spectateur et lui faire remarquer la série, mais je pense que le show ne fera pas de concessions là-dessus. Les personnages sont clairement présentés, et au vu de ces premières minutes, je pense que la série sera aisément accessible à ceux qui n’ont pas lu le livre. Mais je vous conseille de le lire.

Avec des décors superbes, une réalisation propre et lissée, on sent clairement qu’il y a des moyens derrière. Mais surtout, au vu de ces premières minutes, l’âme du roman ne semble pas être bafouée. Elles sont fidèles. Évidemment ce n’est qu’une preview, qui ne donne qu’une seule envie : connaître la suite. Le rendez vous pour le pilote de Game of Thrones, le 17 avril prochain, est donc déjà pris. Pour la diffusion française, ce sera sur Orange à partir de la rentrée 2011. Vivement !


Firefly de Joss Whedon

illman dans Films, Séries le 3 avril 2011, avec 5 commentaires

Firefly est une série de Science Fiction à l’ambiance bien particulière que nous présentait en 2002 Joss Whedon, le papa de Buffy. La série ne comporte malheureusement qu’une seule saison, diffusée par la FOX, mais j’y reviendrai plus tard. Elle fait partie des classiques et est très prisée du milieu « geek« . Pour l’instant je vais vous plonger dans cet univers, en commençant par un synopsis.

Firefly de Joss Whedon

Nous sommes vers le 26ème siècle, de nombreuses planètes ont été colonisées par l’Homme après terraformation. Les planètes du centre se sont regroupées dans L’Alliance qui a annexé les mondes de ses frontières pour les ramener vers la « civilisation ». C’est durant la dernière bataille qu’ont livré les indépendantistes, les browncoats, dans la Serenity Valley que l’on fait la connaissance de Malcom Reynolds. Personnage que l’on retrouvera six ans plus tard en tant que capitaine du Serenity, un vaisseau de transport de classe Firefly. On suivra alors les pérégrinations de l’équipage à travers l’espace tout au long de la série, dans leurs boulots plus ou moins honnêtes.

L’équipage est composé de notre cher capitaine, Mal Reynolds, de Zoe, sa fidèle second et vétéran de la guerre comme lui. Son mari, Wash est le pilote du Firefly qui va diriger ce coucou à travers la plupart des crasses que l’univers leur réserve. Kaylee est la mécanicienne de bord, constamment dans la lune, donnant surtout l’impression d’être défoncée la plupart du temps. Jayne est un mercenaire complétement taré qui pense avec son flingue, classique s’il n’était pas tout le temps à songer à la trahison pour de l’argent. Une des navettes du Serenity est loué à Inara, une compagne, une sorte de prostituée de luxe qui a le mérite de compliquer la tâche de Mal en ce concerne le commandement de son vaisseau. Cet équipage va s’étoffer dès le premier épisode avec des passagers, le pasteur Book qui va tenter de les ramener dans la lumière de Dieu. Simon et River Tam, frère et sœur, l’un est médecin et l’autre est poursuivi par l’Alliance dont les agents sont des psychopathes aux gants bleus.

Une belle ribambelle de personnalités confinées la plupart du temps dans un vaisseau, quoi de mieux pour les conflits. Si je voulais être négatif, je trouve qu’un peu trop de romance baigne sur ce vaisseau. Autre point, la plupart des acteurs ont  joué dans d’autres séries de Whedon. Exemple, Nathan Fillion alias Mal Reynolds était aussi Caleb, le prêtre taré de la dernière saison de Buffy. Personnellement, j’ai trouvé le jeu des acteurs juste ce qu’il faut pour coller aux scenarii proposés, avec par exemple un Mal Reynolds résolu, mais avec des pointes d’humour pour que l’atmosphère ne soit pas trop tendu.

Casting de Firefly de Joss Whedon

Bien que la série ne compte que quelques 15 épisodes, on a le temps de découvrir largement l’univers crée pour l’occasion. Tout cela au travers des différentes « affaires », entendre ici contrebande, effectuées par le Serenity au long des épisodes, généralement entremêlées de trahison et autre joyeusetés. J’ai trouvé les scenarii plutôt variés et j’ai adoré suivre ces histoires qui se déroulent sur un seul épisode, la plupart du temps.

Visuellement parlant, si vous imaginez un mélange de Space Opera et de Western vous ne devriez pas être loin. Les planètes de la bordure sentent bon le Far West, des planètes de l’Alliance ultra-futuristes, mais crades et glauques dès que l’on sort des sentiers battus. J’ai beaucoup aimé l’ambiance, la SF et le Western se mélangeant plutôt bien.

Pour se replacer en contexte, il faut savoir que l’ordre des épisodes sur les DVDs est fidèle à l’ordre original voulu par Whedon, mais qui est différent de l’ordre de diffusion sur les chaines de la FOX. La FOX a coulé elle même la série de par ses changements de grille, diffusions dans le désordre des épisodes et autres joyeusetés. Quand on sait que la FOX avait arrêté la série Dark Angel pour financer les effets spéciaux de Firefly, ça fait peur. Justement, les effets spéciaux sont plus que bons pour l’époque, cela m’avait d’ailleurs étonné pour une série.

Si la série n’a duré qu’une saison, l’univers a été porté, à mon grand bonheur, vers d’autres mediums. On retrouve d’abord des comics, ils sont édité par Dark Horse Book. La qualité graphique est du niveau des productions actuelles, pas de souci de ce coté, ce n’est pas du sous produit marketing. On retrouve un comic nommé Those left behind, qui sert en quelque sorte d’introduction au film, mais il n’est pas indispensable d’avoir lu ce comics pour sa compréhension, c’est un plus. Better Days est quant à lui une histoire qui pourrait se retrouver à peu près n’importe où pendant la série, sympathique mais dispensable. J’ai apprécié les arts des personnages qui parsèment le premier tome.

Prêtre de Firefly de Joss Whedon

Le film, baptisé Serenity car la FOX détient toujours le nom « Firefly », vient clore l’intrigue de la série dans une débauche d’action, d’explosions, de drames et de révélations. L’alliance a décidé de lâcher les chiens pour ramener River. Dans le film sont réintroduits les reavers, sorte d’humains sans humanité dont on se demandait un peu ce qu’ils étaient devenus dans la série. La qualité de l’ensemble est carrément un cran au dessus de ce à quoi je m’attendais pour un film tiré d’une série. Là où les films Stargate étaient juste du niveau de la série, Serenity se paye le luxe d’être plus qu’un épisode d’1h50, enfin c’est mon impression.

Tout ce dont je vous ai parlé au dessus, j’y ai bien entendu gouté en version originale. Apparemment tout est trouvable en VF hormis les comics. Je n’ai absolument aucune idée de la qualité de l’adaptation mais comme de toute façon ça ne vaut jamais l’original…

L’univers qu’a su créer Joss Whedon sent bon le Far West de l’espace. C’est un vrai plaisir à regarder et à lire. Des rumeurs de second film avait circulé à une époque, je me demandes si elle sont toujours d’actualité. A noter la sortie récente d’un troisième comics sur la vie du Shepherd en *bip* de rupture de stock au moment où j’écris ces lignes. Cela ne plaira pas à tout le monde, la preuve Seraf’ et dabYo détestent, j’attends avec impatience leurs commentaires négatifs, mais bon, tous les gouts sont dans la nature.


Mercy Thompson, c’est une série de Bit-Lit écrite par Patricia Briggs et que nous avons beaucoup appréciée ici, vous pouvez notamment retrouver les chroniques du premier et deuxième tome par dabYo. J’avais lu les premiers en VO avant que Milady ne les édite en France. Et fort du succès de la saga, Milady Graphics nous propose le comic tiré de la série. Il s’agit d’une histoire inédite se déroulant avant même le début de la saga des bouquins. Ce comic est paru en 2009 en VO et vient d’être édité chez nous, avec une traduction de Philippe Touboul il se compose de 126 pages couleurs. Synopsis ?

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Mercy vient d’arriver dans les Tri-cities à la recherche d’un travail d’enseignante. Malheureusement elle ne décroche pas le poste convoité, et se retrouve attaquée par des loups garous, qui endommagent gravement sa voiture, une Wolswagen. Elle se rend donc dans un garage spécialisé, tenu pour le moment par Tad, gamin de 9 ans, dont le père semble avoir quelques problèmes.

Évidemment, l’identité du garage est bien connue pour ceux qui ont lu la série. Je ne suis d’ailleurs pas certaine que le comic soit forcément intéressant pour ceux qui n’en connaissent pas l’univers. En effet, de nombreuses notions (celle de meute, de mâle alpha, etc) sont balancées sans trop d’explications.  C’est une petite histoire qui répond à pas mal d’interrogations des fans, comment Mercy a rencontré Zee, Adam et les autres, etc.

Le comic se découpe en 4 chapitres et malheureusement, le dessinateur change en plein milieu: Tsai laissant place à Woo. Je déteste vraiment les changements d’illustrateurs en plein milieu, ce qui est malheureusement fréquent dans les comics. Le trait de Tsai est de toute beauté, très net, aux perspectives superbes, avec de beaux effets de texture, son dessin est assez irréprochable. Alors certes, ses personnages féminins sont bien en chair, classique du comic, mais il y a une aisance et une fluidité.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Aisance et fluidité qui, malheureusement, ne sont pas réellement présents dans les chapitres de Woo. Bien qu’elle ait taché de conserver l’ambiance et le style du début, il y a une énorme marche de différence entre les deux, ses perspectives sont d’une manière générale foirées, les mains ne sont pas son fort, et sa colorisation est extrêmement brouillonne. Dommage du coup, car le comic devient du coup fort inégal.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia WooAu niveau de la narration, on note quelques ellipses pas évidentes, notamment celle du début de chapitre deux, et une narration assez brouillonne dans les deux derniers chapitres. Un chaos sans doute dû à la coloration chaotique de Woo, ainsi qu’à une ou deux « blagues » que je n’ai pas comprises, faute de culture ou de traduction, que sais-je. Ceci dit, dans l’ensemble cela se lit bien. Évidemment, faire face à une adaptation d’un roman qu’on a lu n’est pas chose aisée, mais ici , le design de Mercy par exemple, reprend directement  celui des couvertures des romans. Dans l’ensemble tout est assez bien respecté, sans doute grâce à l’implication de Patricia Briggs dans ce comic.

Au final, Retour Aux Sources est un prélude qui m’a surtout donné envie de continuer la saga des Mercy Thompson, car j’en ai deux en retard. D’une manière générale, le dessin de Tsai et Woo est bon, l’histoire de Daniel Lawrence aussi, et je pense que si vous aimez bien la saga vous pouvez acheter ce comic sans crainte.


Sucker Punch de Zack Snyder

Serafina dans Critiques, Films le 31 mars 2011, avec 7 commentaires
Critiques

Sucker Punch est un film de Zack Snyder, sorti en mars 2011. Le réalisateur, à qui on doit notamment 300 et Watchmen, était attendu de pied ferme notamment par la sphère fane de jeux vidéo et comics, deux univers dont le film semblait clairement s’inspirer. Descendu par les critiques, avec des scores d’audience extrêmement faibles aux États-Unis pour sa semaine de sortie, nous nous attendions au pire lorsque nous nous sommes rendus au cinéma. Film incompris, ou véritable navet ? Synopsis.

Sucker Punch de Zack Snyder

Notre héroïne est une jeune fille d’une vingtaine d’année, enfermée dans un asile par son beau père soucieux de récupérer l’héritage suite à la mort de sa mère, celle ci ayant légué tous ses biens à ses filles. Moyennant une petite somme, l’arrangement avec un des médecins de l’hôpital était de lobotomiser la demoiselle le plus tôt possible. Sauf que Baby Doll ne l’entend pas de cette oreille et compte bien s’évader. Elle va alors se réfugier dans des mondes imaginaires où l’asile est un cabaret, et les filles des danseuses séquestrées.

En réalité le synopsis est plus compliqué à expliquer qu’il n’y paraît. En fait, on pourrait dire qu’il y a une certaine plongée dans la folie, avec des mondes imaginaires, dans lesquels l’héroïne peut à nouveau s’évader vers d’autres mondes imaginaires avant d’y revenir. Du Inception version Schizophrénie en somme. De ce fait, les mondes sont très différents, de l’asile typé années 50, au cabaret début XXème, à un monde imaginaire mélange de Science-Fiction, de mechas et de Steampunk. Visuellement, le film est une vrai claque quelque soit l’univers. L’image est léchée, les ambiances sont très bien retranscrites, les couleurs sont belles, tout est beau. Même les effet spéciaux s’intègrent plutôt pas mal.

Cabaret dans Sucker Punch de Zack Snyder

Une bonne partie du film se déroule dans un cabaret... Et pourtant, aucune scène hot, ce qui est assez étonnant aujourd'hui.

Toute cette ambiance est renforcée par la musique, ultra présente dans le film, bien qu’un peu forte. Cette musique joue un rôle très important, car c’est elle qui permet de passer d’un monde à l’autre. Les scènes d’introduction sur Sweet Dreams ou de combat sur Army of Me sont ultra synchronisées. Contrairement à ce que j’avais pu dire à l’écoute de la Bande Originale de Sucker Punch lors de ma chronique, elle est en fait totalement adaptée. Les choix trip-hop sont justifiés, les combats sont loin de ceux d’un Iron Man et beaucoup plus mélancoliques. Enfin, même le morceau de rap est bien intégré et passe tout seul dans le film, une vraie réussite et un des moments les mieux réalisés d’ailleurs.

Comme je le pressentais, du combat, il y a en, et du spectaculaire. Snyder abuse toujours des ralentis mais moins que dans 300. Les ennemis sont variés, et sont pour le réalisateur un moyen de faire de nombreux clins d’œils aux mondes de l’imaginaire. L’idée de base étant que dans un monde imaginaire, tout est possible, vous vous doutez bien que les situations vont être assez folles. Comme débarquer au milieu d’un remake de la bataille du gouffre de Helm en hélicoptère, ou encore affronter des zombies nazi après être sorti des tranchées de 14-18, ou même d’affronter les robots de I-Robot. Difficile de croire à des coïncidences, tant les références sont évidentes. On nous en met plein la vue, avec des explosions, des cascades et des combats ultra chorégraphiés dans tous les sens, et un armement de premier choix pour nos héroïnes.

Nazis dans Sucker Punch de Zack Snyder

Qui y a t'il sous un casque de nazi mort régénéré par un savant fou ? Un orc venu du Mordor. Et ouais, fallait le savoir, merci le brainstorming !

Là dessus, Sucker Punch apparait clairement  comme un délire de fan, ultra graphique et ultra léché. Il est important de souligner l’influence « Jeux Vidéo » tellement on a l’impression de voir la caricature des missions d’un Beat em all dans le « monde des combats » du film. Zack Snyder sort là une version digérée de pas mal d’influences, du visuel japanime, aux jeux vidéo en passant par du clip, et un coté Tarantino. Avec le même principe qu’un Inception et les mêmes délires qu’un Scott Pelgrim, tous trois montrent clairement que le jeu vidéo commence à faire son entrer dans les codes du cinéma.

Malgré tout ces délires, le scénario, bien que pas forcément très très recherché lorsqu’on lui soutire les scènes de combat, se tient et est somme toute logique et bien ficelé. Il en laissera plus d’un perplexe sur la fin, avec notamment un fil rouge assez discutable et peu intéressant, mais cela reste suffisant pour ne pas nuire au film. Les dialogues eux sont proche de l’inexistence, ce qui va permettre aux actrices de s’en sortir plutôt bien, sans jamais pour autant ressortir.

Affiche Pin-up Sucker Punch de Zack Snyder

Hmm hmm...

Le côté délire de fan et actrices combattantes en mini-jupe, très japonais, pouvait d’ailleurs faire redouter la présence de fan-service à foison, d’autant que Sucker Punch avait une promotion où la plastique des actrices était plutôt mise en avant.

Et bien que neni, on restera dans le soft, à peine suggestif. Malgré les mini jupes et porte-jarretelles des héroïnes, que ce soit lors des combats où des phases du cabaret, le film n’est à aucun moment vulgaire et ne joue jamais sur le fan-service. Et ça, c’est bien, une très agréable surprise.

Le fait que j’adore les histoires se déroulant dans un asile psychiatrique joue probablement en la faveur du film de Zack Snyder. Mais ce thème ne suffit pas à faire d’un film un bon moment dans les salles obscures. Sucker Punch s’avère être une excellente surprise et fut un vrai moment de plaisir. Visuellement, ca envoie dans tous les sens, musicalement aussi, et le reste est tout à fait honorable. A voir donc, quoiqu’on vous en dise !


A l’occasion du lancement du chewing gum Hollywood Mega Mystery, la marque a décidé de faire les choses en grand, avec une certaine dérision. En effet ce chewing gum, au gout tenu top-secret et indefinissable est donc protégé par une garde montée sur Autruches, oui oui. Alors faites gaffe à ne pas révéler le secret car on sait que les autruches ca peut être méchant. Lire la suite de l’article Mixez avec Hollywood Mega Mystery


The Unforgiving de Within Temptation

Serafina dans Critiques, Musique le 30 mars 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Within Temptation est un groupe que j’ai apprécié pendant plusieurs années. Et puis qui m’a constamment désappointée depuis The Hearth of Everything, jusqu’au très bon Black Symphony, un album live avec un orchestre que je vous avais chroniqué. Quatre années après leur dernier album studio sort The Unforgiving, un album au concept un peu surprenant pour ce qui fut un groupe de Metal Symphonique, que je rangerai aujourd’hui dans Pop-Rock. En effet, c’est un concept album, appuyé par un comic et des courts métrages.

The Unforgiving de Within Temptation

En gros, le concept tourne autour de personnes qui font des choses mauvaises, à cause de mauvaises décisions et qui sont châtiés par une espèce de force surnaturelle… Oui enfin, cela me laisse extrêmement perplexe. Je n’ai pas lu le comic et je n’ai pas vu les courts métrages. Nous nous intéresserons donc juste à l’album, sans forcément faire cas du concept (à tord peut être).

The Unforgiving se compose de 13 morceaux, dont une introduction parlée au début. Les autres pistes durent toutes à peu près 5 minutes. C’est très uniforme de ce point là, et cela annonce aussi la couleur. Within assume son coté populaire, en proposant là des titres tous calibrés pour la radio ou presque. Les compositions sont très classiques (couplet, pré refrain, refrain , etc).  Certes, le groupe n’a jamais été très fort pour prendre des risques sur la composition, mais c’est tout de même assez dommageable.

Contrairement aux albums précédents qui allaient un peu dans la surenchère symphonique, The Unforgiving est plus direct et plus rock. En soit, ce n’est pas un mal car le groupe commençait à s’auto-parodier, a tomber dans le too much. Le virage est clairement marqué, exit le metal sympho pour golgoths, et place à un groupe à l’image plus rock et à l’ambiance moins « plombée ».

The Unforgiving de Within Temptation

Parmi les 12 « vrais » morceaux on trouve 4 ballades: Fire and Ice, Lost, Stairway to the Skies et Last Dance dans une moindre mesure. On le sait, Within Temptation fait de jolies ballades, mais en faire le tiers de l’album ça a tendance à ramollir le rythme, voire à le casser. Cependant, pour tous ceux qui aiment la voix de Sharon, ces ballades sont agréables à l’écoute, symphoniques, soutenus par de jolis violons. Mention spéciale à Last Dance avec son ambiance celtique à souhait, qui n’est pas sans me rappeler un vieil album à la couverture immonde sur Mère Nature. Cette ballade est aussi la seule que j’aime de l’album.

A coté de cela, le reste de l’album se partage en morceaux radio-friendly aux refrains catchy et, tout de même, quelques vestiges de Metal. Shot in The Dark, Faster, Sinéad ou Where is the Edge font partie de la première catégorie. Refrains ultra accrocheurs, mélodies efficaces, production propre, ce sont de bons titres dans l’absolu, pas désagréable à l’écoute. Mais pas forcément des morceaux qui me marqueront.

Cependant, malgré tout, l’album contient quelques très bonnes surprises, comme In the Middle of the Night, à l’influence « speed metal » agréable, beaucoup plus rythmé et entrainant que les précédents morceaux. On notera aussi A Demon’s Fate qui est lui aussi un poil plus énervé, très Nightwishien. Sur ces morceaux, bien qu’on retrouve une composition classique, les riffs sont un poil plus acérés et les lignes de chant plus rythmées.

The Unforgiving de Within Temptation

Les paroles dans l’ensemble sont assez sombres, sans doute à cause du concept de l’album, pour cela, Sharon à délaissé les aigus qui font mal aux oreilles pour une voix plus grave, plus rock, plus cassée aussi. Le problème restant que l’on sent que la chanteuse sourit lorsqu’elle chante (manière de parler… elle chante de façon très gaie) ce qui ne colle pas forcément à l’histoire et n’amène pas les éléments nécessaires pour créer une ambiance.

Au final, The Unforgiving est album qui se laisse écouter sans trop de problèmes : la preuve je l’ai enchainé de nombreuses fois pour vous faire cette chronique. La plupart des morceaux cependant ne me laisseront pas de grand souvenir, à l’exception des 3 ou 4 que je vous ai cité.  Si l’album n’est pas à jeter, il est cependant important de l’écouter en oubliant le nom du groupe.


BlackRain est un groupe de Glam Metal et de Hard Rock français. Les compères, avec un look qui vient tout droit des années 80, ont sorti récemment leur 3ème album Lethal Dose of… chez le label allemand SPV. A cette occasion le groupe faisait une tournée acoustique des Fnacs de  France, d’Aix en Provence à Lille en passant par Tours, où nous nous sommes rendus. A noter que le concert était gratuit et pour un public réduit, faute de place.

BlackRain, showcase acoustique pour Lethal Dose of, à la Fnac (Tours)

Qui dit acoustique dit donc retravail des chansons pour les faire coller au contexte. Adrana par exemple s’en était bien sorti à l’espace culturel Leclerc de Blois, mais ce n’est pas une chose aisée. Et il se trouve que les gars de BlackRain s’en sortiront très bien eux aussi. Guitare sèche, percussions limitées, clavier et basse de temps en temps, c’est le minimum, les morceaux sont dépouillés, mais restent ultra péchus.

Il faut dire que leurs morceaux sont tous très efficaces en électriques : mélodies catchys, refrains accrocheurs et facile à mémoriser, tous les ingrédients sont là. Difficile de ne pas penser aux grands du genre, et notamment à Mötley Crüe , de toute manière le groupe ne cache pas ses influences et le bassiste a un débardeur « Motley« .

Les chansons passent sans problème l’épreuve du live. Les morceaux joués sont majoritairement ceux du dernier album que je ne connaissais pas : effectivement, sur Spotify vous pouvez trouver les deux premiers sous « Black Rain » et le 3ème sous… « BlackRain ». Ce que je n’ai appris que le samedi par illman, qui était aussi présent et dont vous pouvez lire le report par ici.

L’avantage des showcase acoustique, c’est aussi évidemment la proximité avec le groupe. Ils sont français, ça fait plaisir, et n’hésitent pas à dialoguer avec le public. Ils sont « cool », et accessoirement je suis totalement fane du look du chanteur, qui d’ailleurs a une sacré voix, ses montées en aigu sont très bonnes. Le groupe était certes à l’étroit, mais a la pèche et sait la transmettre au public.

BlackRain, showcase acoustique pour Lethal Dose of, à la Fnac (Tours)

Il faut dire que les morceaux sont taillés pour ça, et notamment l’excellent Rock your City déjà présent sur le deuxième album. Les chœurs (chantés par le public du coup) sont juste géniaux. Au final bien que le set soit fort court , showcase oblige, le groupe aura parfaitement réussi à me convaincre ainsi que la plupart des personnes présentes je pense.

Nous avons évidemment acheté l’album après cela, qu’on vous chroniquera peut être bientôt. Je ne peux en tout cas que saluer cette tournée acoustique, qui permet non seulement de mieux découvrir le groupe, mais aussi de faire venir du Glam Metal à la Fnac de Tours, et ça, c’est priceless.

A noter, le groupe sera présent au Hellfest 2011, le samedi matin, en version électrique évidemment. Bien qu’ils seront probablement programmés très tôt dans la journée, je ne peux que vous encourager à aller les voir, vu comme ils ont assurés en acoustique, le live doit valoir le coup. Alors faites comme nous et levez vous ce matin là. Nul doute qu’une tournée électrique sera programmée un de ces quatre. Et si ils passent dans la région, on y retournera avec plaisir.


No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

illman dans Comic, Critiques, Livres le 25 mars 2011, avec aucun commentaire
Critiques

No Hero est un graphic novel avec Warren Ellis au scénario et Juan Jose Ryp au dessin. Le tout sorti en 2010 chez Milady Graphics en France avec une traduction d’Eric Betsch, et Avatar Press pour la version originale. Je vous avais déjà parlé d’un comic issu du travail de Ellis, Transmetropolitan, que j’avais adoré. Est ce que c’est un essai transformé pour trouver sa place dans nos bibliothèques ? Direction le synopsis.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Les années 60 ont vu naitre un groupe de super héros, les Levellers qui deviendront par la suite la Front line. Leurs pouvoirs proviennent de drogues crées par Carrick Masterson. Mais les membres de la Front Line sont éliminés un à un, et c’est pourquoi il leur faut du sang neuf. Joshua rêve de devenir un héros et s’entraine tout les jours en pourchassant les vilains dans sa ville pour se faire remarquer. Cela va le mener dans la Front Line et le monde de la drogue FX7.

« Jusqu’où pourriez vous aller pour devenir un super-héros ? ». Le sous titre sur la couverture met déjà dans l’ambiance. Car oui, c’est bien la drogue qui leur donne leurs pouvoirs, mais cela a forcément une contre partie, qui peut être terrible. L’utilisation de drogue au grand jour, des gouvernements qui laissent faire, c’est le portrait qui va être dressé ici. Détruire et corrompre la vie d’idéalistes qui se prennent pour des héros, avant de sombrer dans la corruption à cause de cette drogue et de tout ce qu’elle implique.

Ellis sait ménager ses effets, ses scénarios sont toujours surprenants, avec des retournements de situation intelligents et inattendus. No Hero ne fait pas exception à cette règle pour nous réserver bien des surprises, que je me garderais bien de vous spoiler. Le scénariste prend toujours un malin plaisir à dénoncer tout ce qui ne va pas et ça ne se limite pas à la drogue. La corruption, les riches qui dirigent le monde, les coups montés sur-médiatisés orchestrés par des gouvernements, ces références sont plus subtils mais bien présentes, il suffit de substituer Front Line par CIA (ou un autre) pour avoir un sentiment de déjà vu sur certains points.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Niveau dessin, le sieur Ryp gère son art. Énormément de détails parsèment ses cases, et le design de ses personnages est carrément classe, mention spéciale aux Levellers des années 70. De superbes arts en doubles pages se retrouvent tout au long ce volume, mettant en scène les délire de Joshua pour la plupart, c’est donc dans un style plutôt torturé. De plus des crayonnés des persos sont aussi présents à l’arrière des couvertures de chapitres, qui sont elles aussi pas mal.

Après je pourrais comprendre que le style de l’auteur laisse un peu indifférent, je n’ai pas trouvé ça spécialement original non plus. Un détail qui me dérange dans ces dessins, très présent au début de volume, c’est le rendu des impacts. Imaginez vous couper une pomme en deux, tchac, et hop, un nuage jaune comme de la purée mousseline s’élève. C’est carrément moche et je trouve que ça gâche le dessin, dommage.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose RypUn autre reproche que je ferais concerne la violence. J’ai rien contre ça dans les comics mais le niveau de gore atteint un niveau un peu too much. L’hémoglobine gicle par hectolitres et certains passages sont carrément dérangeants, avec notamment un arrachage de colonne vertébrale accompagné de la réplique « C’est comme réussir à tirer la nappe sous les couverts« . Le tout suivi de l’attache de ladite colonne autour du bassin du bourrin pour s’en faire un « pénis vertébral ». Ahem, âme sensible s’abstenir.

Niveau édition, ça vaut son prix de 14,90€ et la couverture souple tient bon malgré les outrages qu’elle a subi avant de terminer sa course dans ma bibliothèque. Et puis sans vouloir tirer sur les ambulances avec Milady Graphics, j’ai quand même moins l’impression de me faire avoir sur la came qu’avec Panini Comics. Enfin bon j’ai un passé disons rugueux avec eux, bref…

Au final, No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp, c’est du tout bon, je ne le conseillerais pas en première lecture mais pour les autres c’est bon, vous pouvez y aller. Du bon super héros bien torturé, une histoire béton, un bon dessin, que demande le peuple.