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Silence, ça tourne ! #9

Chaque semaine notre avis sur les films et séries du moment

dabYo dans Actualités, Films le 22 septembre 2011, avec aucun commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Captain America: The First Avenger

La nouvelle adaptation au grand écran du héros aux couleurs nationales de Marvel, Captain America: The First Avenger est sortie il y a quelques semaines déjà. En attendant ma chronique qui en sortira demain, je peux déjà vous dire que le film est loin d’être aussi mauvais que Thor.

Captain America: The First Avenger

Malheureusement, on ne peut pas pour autant dire que les prouesses de Chris Evans vaillent vraiment le détour. L’acteur laisse de marbre, et j’ai bien peur d’avoir oublié que j’ai déjà vu ce film dans quelques années. Il n’y a guère que les méchants, nazis du coup, qui vaillent le détour. Et encore, d’autres films font beaucoup mieux.

This Must Be The Place

Avec une affiche comme celle de This Must Be The Place, il était évident qu’il fallait absolument que nous allions voir cette production franco-italienne-anglaise. Le synopsis étant tout aussi attrayant: Cheyenne, ancienne star de rock aux tendances dépressives, a conservé malgré ses cinquante années son style gothique, terriblement démodé. Nous allons l’accompagner dans une sorte de road-movie aux États-Unis, lorsqu’il apprend que son père est morte.

This Must Be The Place avec Sean PennLa première partie du film se déroule en Angleterre, et elle est tout simplement excellente. Certes, on évite pas les stéréotypes et les scènes comiques faciles, mais diantre, c’est du bon. Sean Penn est tout simplement ultra crédible dans son rôle, et on s’attache très vite au personnage. Tout autant qu’à ses proches, avec notamment Mary jouée par Eve Hewson, fille de Bono de U2 et très crédible dans le rôle de la goth dépressive. Le tout nous a plutôt beaucoup parlé.

Malheureusement, c’est le road trip que l’on retrouve ensuite qui déçoit. Si l’idée n’est pas forcément mauvaise, elle est tellement sans rapport avec le début qu’on se demande quel était l’intérêt d’introduire avec réussite les précédents personnages. Et puis, il faut avouer que la raison du trip est un poil hors sujet.

Enfin, la fin aussi déçoit. Ceci dit, le tout est assez bon pour qu’on vous le conseille quand même. Encore plus en version originale.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Dragon de Glace de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 21 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Après Le Volcryn, les éditions ActuSF éditent à nouveau des écrits de George R.R. Martin qui ne sont plus disponibles à la vente depuis un certain temps. Dragon de Glace est un recueil de quatre nouvelles publiées au début des années 2000 dans diverses revues françaises, Asphodale ou encore Bifrost. De genres variées, deux sont clairement de Fantasy et deux autres mêlent habilement Fantastique et Horreur, le tout est agréablement mis en page et illustré par Andrew Brase. Recueil oblige, pas de synopsis.

Dragon de Glace de George R.R. Martin

Bon je dois avouer tout d’abord que j’ai été surpris lorsque, au bout d’une cinquantaine de pages, l’histoire se terminait. Je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, pour ne pas me spoiler, et je pensais être parti pour une histoire d’un tenant. Mais soit, ce n’est pas un réel problème, vu la qualité de ce Dragon de Glace, qui prend son nom de la première et magnifique nouvelle. On y retrouve donc quatre nouvelles, les deux premières baignent dans la Fantasy, où se côtoient dragons et loups garou, tandis que les suivantes sont beaucoup plus proche d’un Fantastique horrifique, où l’on ne sait pas vraiment si ce qu’on lit est extraordinaire ou simplement issue de la folie de nos personnages.

Ce qui lie bien entendu le plus les nouvelles, c’est l’écriture de George R.R. Martin. Le niveau est vraiment élevé, et là où Le Volcryn présentait quelques lourdeurs et répétitions, on se retrouve ici avec un niveau au moins égal, sinon plus, à ce qu’on avait entre-aperçu dans le superbe recueil Chansons pour Lya. La lecture est fluide, agréable, on ne voit pas le temps passer ni les pages défiler. Une réelle qualité à ce niveau. Passons à une revue des nouvelles.

Dragon de Glace

Donnant au recueil son titre, il s’agit d’une nouvelle se déroulant dans un monde de Fantasy où le froid fait presque partie des protagonistes. Martin nous plonge à travers une narration centrée sur le vécu d’une petite-fille dans un monde où beauté et monstruosité vont se côtoyer. La nouvelle nous happe tout de suite, et on ne peut que regretter qu’elle ne fasse qu’une cinquantaine de pages…

Dans les Contrées Perdues

Incursion dans une ville médiévale cette fois ci, loin des calmes et paisibles plaines de montagne et proche des contrées perdues, un désert où vivent des créatures de la nuit. Notre récit se déroule autour Alys la Grise, connue pour vous ramener tout ce que vous voulez si vous en payez le prix. Les problèmes surviennent en général après. Entre exploration, liberté et horreur.

L’homme en forme de poire

Cette nouvelle, qui a remporté le prix Bram Stoker, quitte la Fantasy pour un tout autre domaine, l’Horreur mêlée au Fantastique. A travers son héroïne va grandir en nous un sentiment de folie, de persécution et de paranoïa que la fin ne saura étanchée. Une fin à vous glacer le sang, vraiment.

Portrait de famille

Dans le même domaine que la précédente, cette dernière nouvelle a elle aussi remporté un prix, le prix Nebula, et il faut dire qu’elle est vraiment excellente. Là encore, Martin joue avec le lecteur et sa perception de la réalité, mais autour d’un tout autre personnage: un écrivain. Séparé du monde, de sa famille, on vit avec lui une sorte d’auto-psychanalyse où dialogues avec ses personnages fictifs vont vous permettre de découvrir l’histoire d’une vie. Vraiment prenant et angoissant.

Dragon de Glace de George R.R. MartinAu final, si le recueil s’avère être court, il faut dire que pour son prix modeste et la qualité de ses nouvelles, vous en aurez largement pour votre argent. J’ai certes trouvé que le choix des nouvelles était assez bizarre, les deux premières n’ayant rien à voir avec les secondes. Mais c’était tellement bien, que je veux bien leur pardonner ce choix là. Et puis, la qualité des ouvrages des éditions ActuSF est toujours au rendez-vous.

Dragon de Glace est un recueil idéal pour découvrir les autres facettes de la plume de George R.R. Martin, les univers sont loin du Trône de Fer, mais la qualité est au moins égale à celle de sa grande série. Et ses fans seront simplement comblés.


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Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Serafina dans Critiques, Livres le 20 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Rage de Dents de Marika Gallman est un roman paru très récemment aux éditions du Petit Caveau. Donc, forcément il parle de vampires, mais pour une fois, on nous propose de la Bit-Lit. Il s’agit du premier tome de la série Maeve Regan. Joliment illustré par Fleurine et ne connaissant pas l’auteur, je suis partie sans apriori. Synopsis ?

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika Gallman

Maeve Regan est une jeune femme comme tant d’autres : la fac de temps à autre, des rencontres d’un soir, et un groupe d’amis. La jeune femme est orpheline et a été élevée par son grand-père, sauf qu’il semblerait que ce dernier ne lui ait pas tout dit, et lui ait caché un point important sur son géniteur…

Difficile de faire un synopsis sans vous en révéler un peu trop, en fait, et la quatrième de couverture n’y réussit pas mieux vu que les événements décrits n’arrivent qu’à la page 150, soit la moitié du livre. Comme dans beaucoup de séries et notamment de séries Bit-Lit, ce premier tome sert surtout à placer les personnages, le monde et les créatures qui vont peupler les tomes suivants. Du coup l’intrigue se résout un peu vite et facilement, la majorité de l’histoire étant autour des révélations sur le passé de l’héroïne et sur les créatures surnaturelles qui l’entourent.

La narration à la première personne est très fluide et le personnage principal, Maeve, est plutôt attachant. C’est une femme forte, et indépendante à la répartie agréable, sans tomber dans les clichés agaçants que l’on retrouve souvent. A vrai dire, c’est même un personnage très agréable, elle ne réfléchit pas pendant des plombes, pas plus qu’elle ne joue à la sainte-nitouche, c’est une fille comme les autres, une digne descendante d’une Buffy.

Le style de Marika Gallman est très direct et incisif, il y a assez peu de descriptions et l’action est menée tambour battant. Ceci est une des forces du roman, car on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais c’est malheureusement aussi l’une des faiblesses. En effet, à l’exception de l’héroïne et du beau-gosse du roman (oui on est dans de la bit-lit, il en faut un), les personnages secondaires sont très très peu développés. Surtout au niveau des amis de Maeve en fait, ces derniers sont caractérisés par une ou deux traits de caractère… Et c’est tout.

Un autre problème qui m’a dérangé, plus personnel cette fois ci, c’est qu’on n’a aucune idée d’où est-ce que l’action se passe. L’auteur étant francophone, j’en avais déduit que c’était en France, mais les prénoms très anglo-saxon m’ont fait douter et l’endroit de l’action n’est précisé nulle part dans le roman. Ces deux points empêchent de réellement rentrer dans le récit et de le visualiser.

 Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanLes fans de Bit-Lit y retrouveront très vites leurs marques : narration à la première personne, triangle amoureux en vue et héroïne à laquelle il est plutôt aisée de s’identifier. Cependant, le traitement du vampire et des autres races est assez original, et se démarque vraiment du reste de la production.

Maeve Regan est à mon avis une des premières héroïnes de Bit-Lit francophone depuis le retour de cette littérature, et elle s’en sort vraiment bien. Son auteur a su trouver le juste équilibre entre fantastique, romance, et vie courante. A ce propos il est agréable de remarquer qu’on échappe à toute scène de cul contrairement à certains titres phares (qui a dit Anita ?).

Au final si vous aimez le genre, je ne peux que vous conseiller ce Rage de Dents. Vous y trouverez là une héroïne forte et agréable, un univers intéressant et des dialogues bien tournés. Évidemment, ce premier tome n’est pas exempt de tout reproche, mais c’est un des meilleurs début de série Bit-Lit que j’ai lu ces derniers temps, je ne peux donc que vous le conseiller.


C’est Lundi, que lisez vous ? #18

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 19 septembre 2011, avec 7 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Du Paganisme à Nietzsche de Nicolas WalzerCette semaine, très peu de choses de mon côté, et pour cause: Gears of War 3 a déboulé dans notre Xbox 360. Du coup, les séances lecture se sont transformées en séances de défarouillage de Lambents et autres parias. Enfin bon, tout le monde n’a pas eu cette chance dans l’équipe, aussi, je me contenterai de parler de mes lectures.

J’ai principalement continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer aux éditions Camion Noir. L’introduction étant terminée, on passe dans le cœur du sujet. J’ai tout de même l’impression que l’auteur privilégie énormément la tendance Black du Metal, et ce même lorsqu’il parle de domaines où les autres genres devraient être majoritaires. Préférant la branche Folk du Pagan, forcément, ça me dérange un peu.

illman

J’ai commencé Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac aux éditions Mnémos, un auteur français dont le nom est si long qu’il a fallu baisse la taille de police pour qu’il tienne sur la couverture. Pour le moment, ce bouquin de Science-Fiction est plutôt sympa.

Serafina

Cette semaine, tout comme dabYo je n’ai pas lu énormément, mon week-end ayant surtout été consacré à faire exploser du Locuste. J’ai tout de même avancé un poil le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton dans la salle d’attente du médecin.

Erzsebeth Bathory de Jacques SirgentCependant, comme je partais en déplacement professionnel et que je ne me voyais pas trop lire ce bouquin devant les collègues, j’ai commencé les Contes Méphitiques, recueil parut aux éditions J’ai Lu regroupant des contes Fantastiques et horrifiques du XIXème siècle. J’ai beaucoup aimé les deux nouvelles lues.

J’ai ensuite terminé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent qui me laisse un peu sur ma faim: le livre est trop court et le procès est trop survolé. Dommage. J’ai ensuite commencé Anthropologie du Metal extrême de Nicolas Walzer aux éditions Camion Blanc. Malheureusement, j’arrive au même constat que dabYo: cet auteur se centre énormément sur le Black, qui est mon genre préféré mais j’aurais préféré quelque chose de plus large (Death, Core…). A voir pour la suite.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM#33: What you Want de Evanescence

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

Serafina dans Coup de Coeur, Musique le 18 septembre 2011, avec aucun commentaire

D’habitude les MdM commencent par une présentation du groupe. Je ne vais pas vous faire l’affront de vous présenter celui-ci. Si je devais faire mon top 5 absolu des albums qui m’ont marqué, il y aurait, assez haut, un certain Fallen. Peut être par nostalgie, peut être pas, Evanescence reste un de mes groupes favoris, et les premiers albums repassent régulièrement dans ma playlist.

Autant vous dire que lorsque que leur 3ème (ou 4ème si vous comptez Origin) album a été annoncé, la fangrill s’est réveillée. Et si le premier single tiré de l’album Evanescence, What You Want, est disponible depuis début août, le premier clip, lui, n’est sorti que mardi.



Pour ce qui est du single, il est très catchy, très calibré, mais ça reste du Evanescence reconnaissable à 20 mètres. Je l’aime bien, mais ce n’est pas mon morceau préféré de ce nouvel album (dont je vous ferais la chronique  bientôt). Le clip par contre me laisse relativement perplexe. Evanescence nous a habitué a mieux, a des clips plus travaillés et plus oniriques (Lithium ou Immortal notamment). La c’est quand même très basique avec des scènes so clichés digne d’une couverture de Bit-Lit,

Et vous, que pensez vous du Evanescence cru 2011 ?


Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est le premier roman de Ioànna Bourazopoùlou, auteur grecque, à être traduit en français. Récemment publié par les éditions Ginkgo, ce roman rattaché à la Science-Fiction a été écrit en 2007 et est arrivé sur notre pile à lire par biais de Babelio. Avec sa couverture sobre, une image d’architecture classique et des arches, presque terne, il faut avouer que le bouquin ne m’aurait pas réellement sauté aux yeux en librairie. Mais bon, vous savez ce qu’on dit sur les couvertures… Synopsis.

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou

Il y a dix ans pour des raisons que l’on ignore encore, la mer Méditerranée a débordé et recouvert une partie de l’Europe. Des peuples entiers se sont déplacés, des nations ont disparu. Depuis, Paris est devenu le port le plus moderne du monde, et le sel violet est sorti des entrailles de la terre pour être exploité par la Compagnie des Soixante-Quinze. Multinationale dont le pouvoir sur le monde a augmenté avec son addiction au sel noir qu’elle est la seule à extraire et exploiter depuis une Colonie coupée du monde. Car cette Colonie pour ne pas altérer la qualité du sel, se doit de vivre comme au XIXème siècle, sans électricité ni modernité, complètement hors du temps.

Je dois avouer que je n’avais vraiment aucune idée du sujet du livre en l’ouvrant. La couverture n’indique rien quant à son contenu, et pour cause, puisqu’on penserait plus à quelque chose d’historique qu’à de la Science-Fiction. Il faut dire qu’on est bien loin des stéréotypes du genre, et à la décharge de son concepteur, une fois le livre lu on constate que la couverture voit plutôt juste. Nous allons vivre là une sorte de retour dans le temps. En effet, la Colonie si elle existe dans notre futur, fait vivre ses habitants comme il y a plus de cents ans. Pas d’électricité, des conditions plus que précaires et une communication qui se fait par bateau courrier… Autant dire que les ordres de la Compagnie arrivent en général bien 6 semaines après les évènements.

Mais ce n’est pas pour autant un retour dans le passé, car la façon dont sont gérés ces hommes est vraiment moderne. Enfin, moderne dans le sens où elle se rapproche de ce que l’on peut parfois entrapercevoir dans les différentes techniques de management du personnel, de ce que nous craignons que cela devienne. Qui n’a pas entendu parler des dérives d’Orange ? La Compagnie est bien pire. C’est d’ailleurs là étonnamment l’un des premiers thème de notre livre. Je dis étonnamment car encore une fois, ce n’est pas ce à quoi je m’attendais vis à vis du titre. Pour pouvoir prévoir les actions de ses employés qu’elle ne peut contrôler qu’à distance et par courrier, la Compagnie utilise tout ce qui est à sa disposition pour les manipuler: conditionnement psychologique, suppression de le propriété, règlement stricte et inhumain… Tout est bon à prendre. Attention, il est à noter que contrairement à ce qu’on peut redouter dans ce genre de romans, il ne s’agit pas d’une tribune primaire, mais plutôt extrêmement bien construite.

Le récit de Ioànna Bourazopoùlou est d’une très grande qualité. L’auteur arrive à donner vie à cette Compagnie et à son management, à ces Soixante-Quinze que l’on ne connaît pas et qui semblent réussir à prévoir les moindres faits et gestes de leurs employés. C’est très difficile à expliquer, et il faut lire le roman pour bien comprendre ce principe de Compagnie omnisciente. On retrouve dans notre histoire assez peu de personnages, outre les six ou sept principaux, les autres n’interviennent qu’en temps qu’employé. Même nos « héros » ne sont pas réellement personnifiés à ce niveau, chacun portant un pseudonyme, mais étant principalement connus pour leur fonction au sein de la Colonie: Juge Bateau, Prêtre Monténégro, etc… Cela dit, chacun d’eux a une personnalité assez bien retranscrite, on ne les confond pas et les reconnaît aisément à leur façon d’écrire.

En effet, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est presque ce qu’on pourrait appeler un roman épistolaire, nous allons en effet vivre un temps dans la colonie à travers des lettres qu’ont écrites chacun des protagonistes suite à un évènement particulier. La narration est donc faite en général à la première personne, de manière assez descriptive. Les personnages couchent sur le papier leurs émotions, ce qui nous permet de plonger avec eux dans une sorte de folie paranoïaque. Vraiment très addictive, c’est cette folie et le mystère qui en découle qui va nous pousser à dévorer les pages du roman. Une fois l’amorce faite, on n’arrive d’ailleurs plus à s’en décrocher.

Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna BourazopoùlouAutour de cette dérive dans la folie de nos cinq personnages principaux, on retrouve Books. Personnage introverti, il semble s’être coupé du monde depuis que la Mer Méditerranée a englouti les six personnes qui lui étaient chères. C’est avec lui que nous découvrons les cinq lettres, que nous les lisons, et que nous tentons de comprendre afin d’en faire part aux Soixante-Quinze. C’est avec lui que nous aurons droit à un superbe final, sorte de génie à l’état pur. Une vraie merveille.

Au final, je dois dire que ce premier roman traduit de Ioànna Bourazopoùlou m’a réellement surpris. D’abord par le thème abordé, par la façon dont ce dernier est traité, loin des sentiers battus. Puis surtout par ses personnages travaillés, cette Compagnie tentaculaire que l’on découvre avec horreur et qui nous fait froid dans le dos. Non vraiment, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? est une réelle surprise que je ne peux que conseiller.


Soleil Noir de Nicholas Goodrick-Clarke

Serafina dans Critiques, Livres le 14 septembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Soleil Noir est un essai de Nicholas Goodrick-Clarke, professeur anglais spécialisé dans l’ésotérisme, publié en 2002 et traduit par les éditions Camion Noir. Avec une roue solaire sur fond noir en couverture, les initiés auront vite compris qu’il s’agit d’un livre s’intéressent au nazisme, et plus exactement aux cultes plus ou moins occultes y ayant été associés, souvent à postériori. C’est un sujet qu’il faut évoquer avec attention, et il est évident qu’il s’agit là d’une étude purement universitaire. Il arrive parfois que ces lectures soient tristement rattrapées par la réalité, et ce fut mon cas puisque les récents attentats d’Oslo ont eu lieu à ce moment là.

Soleil Noir de Goodrick-Clarke Nicholas

Dans un premier temps l’étude s’intéresse aux mouvements néo-nazis de par le monde et leurs caractéristiques propres. En effet, bien que ces groupuscules extrémistes puissent avoir des contacts, ils sont très différents suivant que l’on soit aux États-Unis, en Angleterre ou dans les pays nordiques. On peut y découvrir un historique de ces mouvements, leurs leaders, leurs discours, les divers faits notables et souvent violents (attentats, manifestations) et comment les gouvernement locaux les ont ou non tolérés. Il s’agit tout de même de résumés assez rapides, un chapitre par région géographique, et du coup, il y a énormément d’informations à assimiler en peu de pages. A ce niveau, il y a des livres qui s’y intéressent plus en détails, et qui permettent de mieux cerner ces groupuscules.

Vient ensuite la partie qui nous intéresse plus: les mythes occultes associés au nazisme. Il s’agit à la fois des mythologies occultes qui étaient là avant la montée du nazisme des années 30, et qui ont été plus ou moins réutilisées par la suite, ainsi que les mythologies apparues après la fin de la deuxième guerre mondiale. Ces doctrines occultes développent pour la plupart le mythe de la « supériorité aryenne », en y mêlant du pangermanisme et de l’ésotérisme. Les doctrines post-guerre développent aussi des excuses ou des raisons à la défaite de l’Allemagne nazie, quand cette défaite n’est carrément pas niée.

Il faut savoir que ces doctrines sont assez nombreuses, souvent assez disparates et incohérentes. On croisera donc la « société de Thulé » dont étaient membres un certain nombre de dignitaires nazis, des relents d’odinisme, la religion cathare, etc… Nicholas Goodrick-Clarke s’intéresse notamment aux doctrines développées dans la fin du XIXème siècle. Bien que très intéressants, il manque je pense une remise en situation (par rapport à l’époque, au colonialisme, etc) pour bien comprendre certains points, et notamment la fascination envers l’Inde. La lecture n’est donc pas forcément aisée pour un néophyte. Les mouvements sont nombreux, les personnalités aussi et je pense qu’un arbre généalogique des doctrines n’aurait pas été un luxe.

Soleil Noir de Goodrick-Clarke NicholasPour ce qui est des doctrines post-guerre, on y découvre des personnes voyant Hitler comme un « avatar », représentation de « Dieu » sur terre dans la mythologie indienne, mais aussi des croyances sur des bases militaires nazies en Antarctiques ou encore des ovnis lancés par des nazis.

Certaines doctrines sont clairement ancrées dans leur décennie (comme celle des ovnis par exemple) et du coup un peu surannées mais tout en restant intéressant à lire. Les doctrines plus modernes montrent l’évolution de la pensée néo-nazie et ses divers liens avec des mouvements païens comme l’Asatru.

Soleil Noir peut donc être vu comme un document catalogue, qui va permettre de comprendre certains mouvements extrémistes, ainsi que remettre les pendules à l’heure sur certaines « théories du complot » utilisées dans les œuvres cinématographiques et littéraires. En effet de nombreux livres « sensationnels » sont parus sur l’occultisme nazi, et ces derniers sont plus ou moins démontés par l’auteur, notamment pour leur ignorance crasse et leurs allégations mensongères.

Au final, cet essai de Nicholas Goodrick-Clarke est un livre intéressant qui permet notamment de faire la lumière sur les on-dits et autres rumeurs entourant la relation qu’entretenait le nazisme avec l’ésotérisme. J’aurais tendance à le recommander pour votre culture générale, mais je ne sais pas si c’est le plus abordable des écrits de l’auteur pour commencer. Son premier essai, Les racines occultes du Nazisme pourrait être un meilleur point de départ, on en reparlera sans doute ici.


Arata, Tome 1, de Yuu Watase

illman dans Critiques, Livres, Manga le 13 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Arata de Yuu Watase est un manga publié par les éditions Kurokawa et traduit par Frédéric Malet. Sept tomes sont parus à ce jour en France pour une série qui se poursuit encore au Japon avec un douzième volume. L’auteur est surtout connue pour ses Shojos, tels Ayashi no Ceres ou encore Imadoki, mais il s’agit là d’un Shonen. Avant de donner mon avis, un petit détour par le synopsis pour se mettre en jambe.

Arata, tome 1, de Yuu Watase

Arata est le descendant d’un clan qui fournit au royaume des prétendantes au trône, qui doivent donc être de sexe féminin. Cette année c’est à ce clan de fournir une princesse et manque de bol, Arata est un mec. C’est déguisé en fille qu’il va quitter son village natale pour éviter que sa grand-mère ne soit coupable d’avoir falsifié son acte de naissance. Va s’ensuivre des galères pas possible pour lui avec changements d’univers à la clé.

J’avoue, le synopsis ne donne pas forcément envie, je dirais même que les deux premiers chapitres partent carrément mal. J’ai eu peur de me retrouver face à du cross-gender, un genre que j’abhorre particulièrement et qui n’a pas un grand intérêt à mes yeux. Heureusement pour moi ce n’était que passager et l’histoire remonte en intérêt lors de l’apparition d’un « second » Arata.

En parlant des personnages, ils sont tous dans le genre effacés et plutôt stupides. Je veux bien qu’on soit dans un Shonen, mais les deux Arata ne se ressemblent pas du tout alors il va falloir m’expliquer comment les autres personnages peuvent les confondre… Après je suis tombé sur des synopsis qui parlaient d’échanges d’esprit mais c’est hautement improbable vu la manière dont c’est décrit. Je dis ça parce que c’est un élément crucial de l’histoire et que ça tient par un bout de ficelle. Ça risque d’être compliqué à rattraper dans les tomes suivants…

J’ai trouvé la narration de ce premier tome d’Arata un poil fouillie, les transitions entre les deux monde se font un peu n’importe quand et de manière un peu trop abrupte à mon gout. Ça se lit mais l’ensemble, ça ne donne pas envie de s’accrocher pour suivre et pourtant il y en aurait besoin.

Arata, tome 1, de Yuu WatasePour le dessin, c’est du Yuu Watase et c’est dans la moyenne de ce qu’elle produit d’habitude. J’aime bien le trait des personnages, plutôt soigné, avec des costumes à la hauteur. Par contre les arrière-plan sont d’un vide désespérant. La couverture est plutôt sobre et jolie, sans casser des briques.

Bref vous l’aurez compris, je déconseille vivement cette nouvelle série de Yuu Watase, à la narration et intérêt beaucoup trop chaotiques et inégaux. Les habitués du genre seront déçus, et si vous voulez commencer un Shonen, oubliez Arata, il y a à mon avis des dizaines de meilleurs choix, Fairy Tail au hasard. J’espère juste que c’est une erreur de casting et pas une tentative de capitalisation sur le nom de l’auteur, plutôt réputée.


C’est Lundi, que lisez vous ? #17

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 12 septembre 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Le Secret des Masques, Coeur de Jade Tome 1, de Kristoff VallaJ’ai continué ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade, Le Secret des Masques de Kristoff Valla. J’en ai lu près de 100 pages et je dois avouer que je suis de plus en plus perplexe. Le titre semble avoir les mêmes défauts que le premier tome d’Ellana de Pierre Bottero et j’avoue que cela me fait peur. Je n’arrive pas à être happé par ce monde où le vocabulaire et très dense et l’action tout autant. A voir.

A côté de ça, j’ai lu les deux premiers tomes de Zombillénium d’Arthur de Pins. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une série de BD nous racontant les tribulations des employés vampires, zombies ou démons de Zombillénium, un parc d’attractions horrifique. C’est joli et surtout très drôle.

Enfin, j’ai continué l’essai Du paganisme à Nietzsche de Nicolas Walzer. J’ai enfin fini la sorte d’état de l’art, et vais pouvoir entrer dans le sujet. J’avoue avoir du mal avec le caractère universitaire du bouquin, avec une introduction qui est très dure à comprendre pour les profanes.

illman

La semaine dernière, j’ai lu Le destin des orphelins de Robert Buettner chez les éditions Eclipse, qui est la suite de Les Orphelins précédemment chroniqué ici. J’accroche totalement au style de l’auteur, ça se lit facilement et c’est excellent. J’ai aussi commencé Le Huitième Sortilège de Terry Pratchett sur la plage, je n’avais pas trop accroché au précédent mais je trouve celui-ci bien meilleur.

Serafina

Mordre le Bouclier de Justine NiogretJ’ai lu la semaine dernière Mordre le Bouclier de Justine Niogret. Le fait que je l’ai terminé en moins de cinq jours vous donne une idée d’à quel point j’ai apprécié la suite de son premier roman, Chien du Heaume. Il est différent de ce dernier, moins classique et plus introspectif, mais toujours aussi bien écrit.

J’ai donc commencé le sixième tome de Merry Gentry de Laurell K. Hamilton, dont j’ai lu une centaine de pages. Je suis assez contente car pour une fois l’histoire avance et il n’y a pas de scènes de cul. La série reprendrait-elle du poil de la bête ? Je l’espère.

J’ai aussi commencé Erzsebeth Bathory de Jacques Sirgent, un essai sur la célèbre comtesse publié aux éditions Camion Noir. L’essai se veut réaliste et évite de verser dans les raccourcis faciles. Pour le moment, j’en suis à la moitié, et j’aime beaucoup, mais je trouve que la première partie sur le sexisme à travers les ages a pris quand même beaucoup de place pour un sujet qui ne touche pas directement à la comtesse, bien que très intéressant.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?