Dernièrement sur if is Dead:

The Beginning and the End de Anathema

Serafina dans Actualité, Musique le 16 février 2012, avec 1 commentaire

Vous le savez, ici on (enfin, je) aime bien Anathema (qu’on a d’ailleur vu au Hellfest 2011). Les anglais sortent prochainement un nouvel album Weather System le 16 Avril. Faire suite à We’re Here Because We’re Here ne sera pas chose aisée, mais on attend avec impatience l’album ici.

La pochette de Weather System, le nouvel album d'Anathema

En attendant, en ce moment, vous pouvez télécharger gratuitement et légalement The Beginning and The End sur la maison de disque du groupe. C’est la septième piste de l’album. Je ne peux d’ailleurs que saluer cette initiative de donner un morceau en téléchargement gratuit.

Les fans du dernier album ne seront pas très surpris, on est toujours dans de l’atmosphérique, on retrouve la voix parfois dépressive de Vincent et la mélodie est jolie. Même si pour moi il n’y a plus l’intensité d’un Empty ou d’un Fragile Dreams, j’aime beaucoup le nouveau tournant d’Anathema, et leurs lives sont vraiment très bons.

Personnellement, c’est un morceau qui me donne plutôt une bonne opinion du futur opus, pas vous ?


Valentine de Xandria

Serafina dans Actualité, Musique le 15 février 2012, avec 4 commentaires

Vous vous rappelez peut être de Xandria, ce groupe de Metal à chanteuse un peu niaiseux, sympathique à écouter mais qui n’était pas non plus transcendant. Ceci dit, India est un album que j’ai beaucoup écouté lorsque j’allais à la fac. Depuis, Lisa Middelhauve leur chanteuse est partie, le groupe a trouvé une nouvelle demoiselle, Manuela Kraller, pour poser sa voix et ressort un album.

Valentine en est le premier extrait et le clip est sorti aujourd’hui. Honnêtement, on m’aurait parlé de Xandria il y a quelques mois, je n’aurais pas prêté une seule oreille. Cependant, depuis quelques semaines, le groupe commence à buzzer, critiques élogieuses sur des magasines, previews « étonnantes ». En effet, le groupe semble avoir laissé tomber sa pop metallique mielleuse  pour lorgner directement du coté du vieux Nightwish : voix de Soprano, guitares incisives, rapide, énergique, presque épique.

C’est un retour plus qu’inattendu et légèrement surprenant. Alors, certes, cela n’est pas vraiment super original, mais cela fait plaisir quand tous les groupes fondateurs ou presque ont totalement délaissé ce genre ! L’album Neverworld’s End sort le 24 et devrait être bientôt chroniqué ici ! Pour ceux qui apprécient le morceau, sachez qu’il est téléchargeable gratuitement sur la page de Napalm Records !

Et vous, qu’en pensez vous ? Vous connaissiez déjà Xandria ?


On vous l’a bien caché, mais on a succombé, et on a acheté Kinect. Enfin, j’ai voulu Kinect. Et Dance Central. So cliché. Devenant de ce fait l’experte Kinect de la rédaction, me voici pour vous parler d’un jeu Xbox Live Arcade de chez Double Fine Productions, studio du célèbre Tim Schafer et surtout connu ici pour avoir réalisé Brütal Legend. Aujourd’hui on ne sauve pas le monde du Metal, et on ne va pas voir un garagiste qui mange des chauves souris, mais on va jouer en famille, autour de la télé.

Happy Action Theatre de Double Fine Productions

Happy Action Theatre est un  party game. Des petits jeux, pour le fun, pour jouer avec les amis ou la famille. C’est du casual gaming, fait pour être accessible à tous sans forcément trop avoir à s’investir. Bien que j’aime aussi les « vrais » jeux, il faut dire que pour se détendre ou en soirée, ce genre de jeu est une valeur sure, enfin, souvent. Ici, Double Fine nous propose 18 petits jeux, allant de la simulation de poteaux pour pigeons à au plus classique casse brique « irl ». Les jeux s’organisent autour d’un univers très cinéma. En effet, nous sommes les acteurs, bien en gros au milieu de l’écran et interagissons directement avec les éléments affichés. Bref une orientation clairement orientée vers le fun entre amis au ridicule assumé.

Le jeu est assez simple, les joueurs entrent directement sur l’écran et peuvent jouer. Il faut d’ailleurs noter que contrairement à certains jeux Kinect, nous pouvons ici facilement jouer jusqu’à quatre joueurs en même temps. Le mode de jeu principal est relativement simple: les mini-jeux s’enchaînent les uns après les autres, environ toutes les deux minutes. Le temps de s’amuser un peu et de passer à autre chose avant que l’on ne se lasse du mini-jeu.

Pigeons de Happy Action Theatre de Double Fine Productions

Mais l’un des trucs les plus déconcertants, c’est qu’il n’y a souvent pas de but à ces mini-jeux. En majorité il n’y a pas de score, pas de consigne, juste à faire à peu près n’importe quoi et admirer les résultats, en déduisant les actions des conséquences qu’ont nos mouvements à l’écran. Alors certes, les succès donnent des sortes d’objectif (avoir 6 pigeons sur soi, faire pousser 200 fleurs), mais bon, ce n’est pas vraiment le but du jeu. C’est déroutant, car dans de nombreux mini-jeux, habitués que nous sommes au gaming, on commence par se demander ce qu’il faut faire. Si se voir envahi par des pigeons pourra faire rire une ou deux fois, une fois l’effet de surprise passé, je doute que cela soit le cas, certains mini-jeux étant donc relativement limité côté rejouabilité.

A vrai dire, d’une manière générale les mini-jeux sont assez inégaux, certains étant vraiment funs, d’autres laissant plus que perplexe une fois l’effet de surprise passé, misant principalement sur le comique de situation. Notre préféré est très clairement celui du casse brique. Un grand classique certes, sauf que là on dirige la barge en bougeant. C’est encore plus frustrant quand on perd, mais c’est surtout très très fun à jouer à deux !

Space Invader remake de Happy Action Theatre de Double Fine Productions

Si je ne pense pas que je rejouerais de moi-même à faire pousser des fleurs une fois que j’aurais eu le succès correspondant, je rejouerais sans hésiter au casse-brique ! Comme quoi c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs yaourt, car du côté de la rejouabilité et du fun au long terme, ce sont clairement les classiques qui ont notre préférence: casse-brique donc, mais aussi remake d’un Space Invaders ou encore un jeu où les joueurs s’envoient des boules de feu.

Happy Action Theatre de Double Fine Productions PackageDans l’ensemble, nous n’avons pas vu de bugs de reconnaissance, les temps de chargement sont minimes et le jeu fluide. C’est agréable à jouer. Niveau graphismes, on est dans le simpliste, c’est fait correctement, ça n’écorche pas les yeux, mais on a déjà vu mieux sur cette console.  Bien qu demandant de bouger, la plupart des 18 jeux sont accessibles à toutes les conditions physiques et on n’est pas crevé au terme d’une session de jeu contrairement à un Dance Central.

Si vous n’avez pas peur du ridicule, ou si voulez vous amuser avec des plus petits, Happy Action Theatre. Mais alors est-ce qu’il vaut ces 800 points ? Je ne saurais dire, si vous n’avez pas encore de Party Game, c’est clairement un bon choix, surtout vu le prix. Si de nombreux mini-jeux ne sauront vous convaincre niveau rejouabilité, d’autres sont clairement à essayer, le casse-brique et le remake de Space Invaders en premier.


Helvetios de Eluveitie

Serafina dans Critiques, Musique le 14 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Parmi les quelques disputes courantes à la rédaction, on retrouve le débat quel est le meilleur groupe de Pagan, Pagan faisant ici office de genre fourretout, allant de Finntroll à Eluveitie, en passant par Korpiklaani mais sans y inclure le Black Metal. Bref, votre servante est une fervente admiratrice de Finntroll alors que dabYo penche plus sur Eluveitie, notamment depuis leur album de 2008, Everything remains (as it never was). Ce n’est donc pas forcément avec un apriori de fangrill que j’ai débuté l’écoute de Helvetios, le nouvel opus de la formation helvète.

Helvetios de Eluveitie Promo

Ce sixième album, si l’on compte leur album acoustique qui est assez particulier, est aussi leur premier concept-album. Il parle de la Guerre des Gaules, ou du moins de moments choisis de la Guerre des Gaules. Je suppose que c’est en partie pour servir leur histoire, mais en tout cas la plupart des morceaux de ce nouvel album sont chantés en anglais, alors que les précédents étaient souvent en ancien helvète. Si ce choix a ses avantages, notamment car plus aisé à comprendre et international, il perd quand même un peu du charme d’Eluveitie… Ce n’est pas forcément une surprise, puisque le tournant était déjà largement entamé dans le précédent album.

Le coté concept-album s’illustre aussi par trois morceaux parlés : PrologueTullianum et Epilogue, ce qui explique en partie le nombre assez impressionnant de pistes au compteur, 17. Ce à quoi il faut ajouter une piste de 2 minutes totalement instrumentale, Hope. De ce fait, contrairement à ce qu’on pouvait redouter au nombre de pistes, Helvetios n’est pas trop long. Car bien que j’aime les longs albums, force est de constater que souvent les opus longs contiennent une ou deux pistes superflues. Ce n’est ici pas le cas.

Eluveitie Hellfest 2010

Chrigel Glanzmann au Hellfest 2010

La production m’est apparue de bien meilleur niveau que celle des précédents. Les instruments traditionnels ressortent mieux sans pour autant éclipser les guitares. Le mix est vraiment bien fait. Et c’est un plaisir d’écouter les deux morceaux « acoustiques » de l’album que sont Hope, et le chant traditionnel et très étonnant de Scorched Earth, qui propose une complainte en helvète, quasiment a capella avec une très forte émotion.

Vocalement parlant, la voix grave de Chrigel sonne très bien, comme toujours, mais la surprise vient d’Anna, qui devient officiellement deuxième chanteuse avec ce disque. La progression depuis les précédents opus est impressionnante, et elle est capable de tenir sans faille des morceaux comme A Rose for Epona, évoquant la déesse gauloise des chevaux (avant de devenir destrier de Link dans Zelda). Ce morceau est d’ailleurs totalement ovni, vu que pas vraiment Metal, et avec la jolie vielliste seule au chant. Le choix de le sortir comme single peut sembler un peu étrange mais nul doute que cela saura amener un nouveau public. Ceci dit, Anna ne sait pas que faire de jolies vocalises, elle sait aussi gueuler et son chant écorché est régulièrement mis en avant, notamment sur The Siege. J’avoue être un peu perplexe sur le duo de grunt/scream mais il est clair que cela apporte de la nouveauté, et même une surprise lorsqu’on est habitué du groupe.

Je dois l’avouer, cet opus risque de mettre définitivement fin à la dispute qui nous oppose à la rédac’. Je n’attendais rien de Helvetios, n’ayant pas apprécié plus que cela les deux singles. J’ai apprécié le prologue. Et puis vint Helvetios, la piste éponyme. La claque. Celle qu’Eluveitie ne m’avait jamais donnée. Le prologue embraye sur une intro ultra symphonique, épique à souhait, des chœurs sur lesquels se posent les cris d’Anna, avant de partir avec les guitares incisives habituelles du groupe. Et ça, ça représente tout l’album, ses nouveautés avec les chœurs notamment, et je ne peux que mourir d’envie de voir cette putain d’intro en live.

Helvetios de Eluveitie Promo

Si certains morceaux ne surprendront pas le moins du monde les fans, tel Meet The Ennemy, le deuxième single de l’album qui reprend plus ou moins la formule d’un Thousandfold, ou encore Home qui est du même acabit, certains morceaux signent une réelle originalité. On y trouve par exemple Neverland au refrain totalement différent de ce que faisait le groupe jusque là, Alesia au duo vocal très sympathique ou encore Havoc au tempo extrêmement enlevé et très brutal. Nul doute que ce dernier mettra à mal bien des cervicales.

Avant de conclure, précisons tout de même que si Inis Mona de l’album Slania faisait doucement sourire le public français, leur faisant entonner « dans la vallée ohoooh de danaaa« , la troisième piste de l’album, Luxtos, rappellera les bons souvenir d’un loup, d’un renard et d’une belette. Je sais, en vrai, la piste originale s’appelle la Jument de Michao, mais je ne suis pas bretonne et Manau a marqué ma jeunesse. Ceci dit, la reprise (chantée en gaulois) est extrêmement efficace et dansante à souhait, presque comme une chanson à boire de Korpiklaani, qui doit donc extrêmement bien rendre sur scène.

Helvetios de EluveitieCe nouvel Eluveitie ne renie pas ses origines, contrairement à ce que pouvait laisser sous entendre les singles. Il propose une musique plus mature, peut être sans trop de prises de risques mais diablement efficace. Ce concept-album est épique, plein d’émotions notamment via la présence du chant d’Anna, parfaitement désespéré, ce qui est pas si fréquent dans les groupes de Folk. L’ajout des chœurs, de la voix claire et de certaines rythmiques ont fait que dabYo a osé la comparaison avec Epica. Si on n’est évidemment pas dans le même genre de musique, il est vrai que le coté épique et pompeux parfois de Helvetios n’est pas sans rappeler les débuts des hollandais. Pour moi c’est leur meilleur album depuis Slania, et je ne peux qu’avoir hâte de les revoir en live.


C’est Lundi, que lisez vous ? #33

Serafina dans Actualités, Livres le 13 février 2012, avec 9 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

Serafina

Je suis toujours et encore sur Ghost Stories, et j’ai l’impression de pas m’en sortir. J’approche de la fin et heureusement car pour le moment, à part les deux nouvelles citées les semaines précédentes aucune ne m’a vraiment accrochée. Il faut croire qu’écrire une histoire de fantôme dans un recueil de fantôme ne soit pas un exercice facile. Comme on s’attend à un fantôme, on est sur nos gardes et du coup les 3/4 des twists préparés par les auteurs tombent à l’eau, la surprise et l’effet escomptés ne sont pas au rendez-vous.

Le Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’ArcierEn parallèle je lis Le Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’Arcier, auteur française éditée chez Bragelonne. Pour le moment je dois dire que j’aime énormément.

On est dans une vraie histoire de vampires, sorte de mélange de Sire Cédric époque polar, de Fred Saberhagen pour les références à la révolution française, et un peu de Anne Rice pour le coté très sensuel des vampires. Je dois dire que je suis conquise par ce roman qui se lit très vite.

J’en suis au tiers et je pense l’avoir terminé la semaine prochaine !

dabYo

Ma lecture de Matricia de Charlotte Bousquet est maintenant bientôt terminée. Il me reste grosso modo une cinquantaine de pages, et j’ai vraiment hâte de les lire. La pression du duel que se livrent les deux sorciers est bien montée au fil des chapitres, des souvenirs évoqués autour du jeu des cartes. Un vrai régal et une belle maîtrise du côté dramatique des récits, désespérés à souhait.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


The Darkness est un bon groupe de Hard Rock avec un chanteur qui a de l’aigu dans la voix, Justin Hawkins. Si je ressors un aussi vieux et toujours excellent morceau aujourd’hui, c’est parce qu’après s’être séparé à la suite de leur second album, que le chanteur ne soit plus en désintox, ait fini sa lubie de carrière en solo, etc… le groupe s’est reformé et prévoit un album pour début 2012. Quoi de mieux comme moment pour ressortir leur kitchissime I believe in a thing called love sur laquelle je me suis égosillé de nombreuses fois en karaoké.

Et en bonux le clip du premier single du nouvel album, Nothing’s Gonna Stop Us, toujours bien décalé et en bien meilleure qualité vidéo, il faut le dire. Il est téléchargeable gratuitement sur le site officiel du groupe ici.


La Porte Perdue de Orson Scott Card est le premier tome des Mages de Westil, son nouveau cycle de Fantasy qui est sorti en octobre dernier chez les éditions l’Atalante et au début 2011 dans sa version originale. Il est traduit de l’anglais pas Jean-Daniel Brèque et la couverture est signée Gess. J’avais beaucoup apprécié Ender : l’exil, un bouquin du même auteur dans le registre de la Science-Fiction. La question était de savoir si l’étincelle allait aussi passer avec de la Fantasy, pendant ces quelques 405 pages qui m’attendaient. Pour commencer, un petit aperçu de l’histoire.

La Porte Perdue, Les Mages de Westil Tome 1, de Orson Scott Card

Et si les dieux de nos anciennes mythologie étaient des êtres venus d’un autre monde qui, par la fourberie de Loki, seraient restés bloqués sur Terre ? Danny North fait partie de la lignée descendante des dieux nordiques, malheureusement pour lui, il n’a pas l’air de développer le moindre horsmoi, une sorte de projection astrale de soi même, la source de pouvoir des êtres de Westil. Mais voilà qu’un jour, il s’aperçoit qu’il a développé le même pouvoir que l’antique Loki, maintenant interdit, celui d’ouvrir des portes pour voyager. Pourchassé par les Familles, un seul choix s’offre à lui, la fuite ou la mort.

Il n’est pas idiot, il va prendre la fuite. Pour l’intrigue, lâcher un gamin de treize ans sur la route, ça peut paraitre un peu glauque et j’avoue que certain passage le sont légèrement. Mais à l’instar d’un Harry Potter la cible est plutôt adolescente ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman. En plus, il a un atout indéniable pour me plaire, le héros n’est pas un gros niais ; il réfléchit, il est en quête de connaissance et les naïvetés qu’ils montrent sont imputables au passage de l’enfance à l’adolescence. Après il est peut être un peu trop doué, et il me fait un peu penser à Ender sur ce point. Niveau caractère, une espièglerie et un certain plaisir de se jouer du danger le caractérisent, surement un atavisme venant de Loki. Pour moi, il a presque la trempe d’un Harry Potter, il ne lui manque vraiment qu’un entourage à la hauteur, car étant donné son vagabondage, il croise pas mal de monde et ne commence vraiment à poser les bases de relations durables que vers la fin de ce premier tome, ce qui ne laisse augurer que du bon pour la suite.

The Lost Gate de Orson Scott Card

Couverture de la version originale

En parallèle, sous forme de chapitres intercalaires, on suit les aventures de Boulette, le quasi alter-ego de Danny, qui nous propulse dans le monde de Westil. On découvre ce personnage dans un monde qui se veut médiéval, la magie en plus. Pour lui l’action se passera principalement dans un château, contrairement à la « road-story » de Danny, ce qui apporte une sorte de contraste de rythme et coupe les pérégrinations de Danny à des moments qui ne sont jamais inopportuns. Pour résumer, sur le fond le roman est un classique voyage initiatique pour notre héros qui apporte son originalité par la nature de son monde.

J’ai adoré l’univers, Orson Scott Card recrée notre mythologie en lui adjoignant une sorte de système de magie quasi-héréditaire et qui fonctionne à base d’affinités avec les éléments et la nature. Il n’est pas rare de retrouver dans les titres que ces mages s’attribuent des noms composés sympathiques, comme amis-des-lapins, père-des-portes, frère-de-l’herbe. Au moins, on sait tout de suite de quoi ça parle, le qualificatif ami, père, frère indique alors un niveau de maîtrise dans l’affinité, simple et efficace.

La Porte Perdue, Les Mages de Westil Tome 1, de Orson Scott CardJe retrouve ici ce qui m’avait plu dans L’exil: un style fluide et claire, une bonne intrigue et surtout une traduction de Jean-Daniel Brèque très agréable à lire. Bon je dis ça mais il n’y a pas que du positif non plus, quelques ficelles sont un peu grosses et on en voit arriver certaines à des kilomètres, comme la véritable identité de Boulette par exemple. Mais le reste est tellement bon que je les lui pardonne, pour l’instant. On regrettera aussi un peu de ne pas s’être attardé plus sur Westil, on effleure son paysage géopolitique un  peu trop rapidement et j’avoue me sentir plutôt intrigué et intéressé par ce monde.

Au final, ce premier tome des Mages de Westil était une très bonne lecture. Avec La Porte Perdue, Orson Scott Card nous offre une histoire forte, un héros vraiment sympathique et débrouillard, et sans doute un futur must-read du genre. En tout cas moi je l’ai adoré et dévoré, il va falloir ronger son frein en attendant la suite qui n’est pas encore sortie en version originale, mais bien prévue, sous le titre de The Gate Thief.


Silence, ça tourne ! #19

dabYo dans Actualités, Films le 9 février 2012, avec 4 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

J. Edgar de Clint Eastwood

J. Edgar de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprioVu la semaine dernière mais oublié de notre silence précédent, J. Edgar est le dernier film en date de Clint Eastwood. Vous le savez, nous sommes de grands amateurs de ses œuvres, que ce soit en tant qu’acteur ou que réalisateur. Il était donc évident que nous nous déplacions rapidement pour aller voir son nouveau long-métrage. Cela dit, depuis Gran Torino, il faut avouer que ses œuvres nous ont laissé sur notre faim: Invictus manquait de panache, et Au Delà frôlait presque avec l’ennui.

Alors qu’en est il de cette biopic de J. Edgar Hoover, célèbre et controversé directeur du FBI pendant près de quarante ans ? Et bien, le bilan est beaucoup plus contrasté, en nuances. Si vous vous attendez à de l’action, vous pouvez sauter votre tour tant le rythme est relativement lent. Et ce malgré une abondance d’ellipses en tout genre, d’effets de narration, de changements de perspective.

Car dans J. Edgar le spectateur passe d’une époque du passé, correspondant à certains passages clefs de la carrière de Edgar et importants pour l’histoire moderne des États-Unis, au présent du personnage. Du moins, ses derniers instants de vie. Cette alternance constante des époques, des périodes, de l’âge des personnages et des relations est, il faut le dire, parfois difficile à suivre. D’autant qu’il arrive que, sans culture assez poussée de l’histoire des USA, on n’arrive pas à vraiment comprendre les enjeux, ce qu’il est entrain de se passer et pourquoi cela sera important par la suite.

Le film permet donc d’une certaine manière de nous y intéresser, d’en apprendre un peu plus et nous invite à nous documenter par la suite, pour mieux en comprendre les éléments. Cela dit, même sans cela, on appréciera tout de même le rythme, cette histoire d’un homme pas toujours en phase avec les autres, assez introverti quelque part, en difficulté et obligé de paraître comme un roc devant tous les autres. Car si il arrive que l’histoire du pays soit parfois floue, celle de l’homme, de ce qui l’a forgé est plus que bien retranscrite.

J. Edgar de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprio

Au casting on retrouve une fois encore un Leonardo DiCaprio qui joue très bien, extrêmement bien un rôle qui, il faut l’avouer, était plutôt risqué. Pour lui donner la réplique, principalement Armie Hammer, que l’on a pu découvrir dans un rôle ingrat de The Social Network.

Et du coup, j’avoue que je ne saurai même pas dire ce que je pense vraiment de J. Edgar, tant je suis partagé. Un bon film, mais qui n’est malheureusement pas un film incontournable.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Le Trône de Fer de George R.R. Martin est sans aucun doute l’une des séries de Fantasy qui se prête le plus aux jeux de stratégie. Ça tombe bien puisqu’il existe depuis quelques années maintenant une adaptation en jeu de plateau chez Fantasy Flight Games. Après avoir été en rupture de stock pendant de nombreux mois, notamment à cause du succès de Game of Thrones, il vient tout juste d’être réédité dans une version revue et corrigée, localisée en français par Edge. C’est donc l’occasion pour nous de vous en parler, puisque nous y jouions depuis de nombreux mois déjà avec la première édition.

Le Trône de Fer, le Jeu de Plateau

Il s’agit donc d’un jeu de plateau jouable de 3 à 6 personnes. Chaque joueur incarne l’une des cinq maisons majeures qui luttent sur les terres de Westeros: Stark, Lannisters, Baratheon, et si le nombre de joueurs s’y prête, Hautjardin et Greyjoy. Le but assez évident est de conquérir les différents territoires de Westeros pour imposer sa supériorité grâce aux différentes citadelles, châteaux et territoires de ressources.

Plateau du Jeu de Plateau Le Trône de Fer

Les ronds verts, jaunes, sur le plateau sont les ordres données aux unités (pièces en bois jaunes, vertes)

La première chose sur laquelle il me faut fortement insister, c’est qu’il ne s’agit pas d’un banal jeu de plateau auquel on aurait ajouté une licence: tout dans cette adaptation transpire le Trône de Fer. Le plateau bien sûr, territoires de Westeros, les différentes pièces et cartes à l’effigie des personnages, mais surtout, le système de jeu et la tension qu’il provoque entre les joueurs.

Le principe d’information différée que j’évoquais souvent dans les chroniques des livres est ici parfaitement respecté. Chaque début de tour, les joueurs doivent donner des ordres aux différentes unités de sa maison présentes sur le plateau. On y compte cinq types d’ordres, déplacement offensif, maintient défensif, maintient de coopération, raides et influence sur le pouvoir. Ce ne sont pas les noms officiels, c’est juste pour vous donner une idée de ce que chacun fait. Les ordres sont donnés face cachée, et lorsque tout le monde a placé ses ordres sur le plateau de jeu, ils sont retournés pour être révélés. Chaque joueur pour les placer doit donc déterminer ce que feront le plus probablement les autres et agir en conséquence pour anticiper et ainsi minimiser les dégâts, en quelque sorte.

Cette partie du jeu est à la fois une sacrée prise de tête, et à la fois l’une des plus intéressantes. Comment placer nos ordres, qui sont limités à trois par type et un seul par unité, pour se défendre efficacement tout en étant offensif pour se rapprocher de la victoire. Plus l’on est proche de la fin, plus il faut être prêt à sacrifier quelques territoires pour remporter le tout et analyser les différents scénarios possibles. Une fois les ordres découverts, il faut alors les exécuter, suivant le type, puis chaque joueur ayant son tour. Ainsi, si deux joueurs ont placé des ordres d’attaques, il leur faudra choisir lequel ils vont jouer en premier, ce qui peut avoir une conséquence assez forte.

Plateau du Jeu de Plateau Le Trône de Fer

Comme dans le Trône de Fer, ici, c’est chacun pour soi. Mais cela ne veut pas dire que deux joueurs, voire plus, ne peuvent pas joindre leurs forces temporairement lorsque cela les avantage mutuellement. Chaque attaque est précédée par un tour de table pour que d’éventuels alliés fassent connaître leur support à chaque opposant, s’ils le souhaitent. S’engage ensuite le conflit: chaque camp a un nombre de points d’attaque, auxquels vont peut être s’ajouter ceux d’une carte de héros. En effet, chaque maison dispose de 6 cartes de héros, qui lorsqu’elles sont jouées au cours d’une bataille permettent d’augmenter sa force de combat, ou d’autres effets plus stratégique.

On retrouve dans ces cartes les personnages principaux de la série, Ned et Robb pour les Starks, Cersei et Jaime pour les Lanisters, etc. Il faut d’ailleurs préciser que si les personnages présents vont jusqu’au tome 9 (ou 3ème intégrale), il n’y a pas de réel spoil à prévoir. Les personnages sont d’ailleurs superbement illustrés et un véritable régal pour les yeux. D’une manière générale d’ailleurs, le jeu de plateau est d’une grande qualité graphique.

Cartes du Jeu de Plateau Le Trône de Fer

Les différentes cartes maison du joueur Stark, on retrouve les héros des romans. Certains ont des effets bonus qui permettront au joueur d'obtenir un avantage en cas de victoire, ou de surprendre son adversaire

Afin d’amener un peu de variété dans les parties, chaque tour ont lieu des événements aléatoires qui peuvent avoir un très gros impact sur la suite du jeu: ravitaillement et recrutement des armées, attaque des sauvageons, ou encore jeu des trônes. Là encore les événements ne sont pas mis au hasard et conviennent parfaitement à l’ambiance de la série. On pourrait craindre que du coup, le tout perde en stratégie, mais c’est presque tout le contraire. Cela permet aussi et surtout de différencier totalement chaque partie.

Au final, l’adaptation en jeu de plateau du Trône de Fer créée par Christian T. Petersen est une réelle réussite. Avec ses illustrations soignées et ses éléments repris du roman, on aurait vraiment l’impression de jouer sur les terres de Westeros. Mais au delà de cette ressemblance, le jeu en lui même est vraiment prenant et vous permettra de passer d’excellents moments. D’autant qu’avec des petits aléas dans le jeu, on pourrait presque dire que chaque partie est unique. Un achat très facilement rentabilisé, en somme.

Le Trone de Fer Le Jeu de Plateau Seconde EditionA noter que visiblement, la seconde édition du jeu de plateau du Trône de Fer permet de jouer jusqu’à six joueurs dans sa version basique, avec l’ajout de la maison Martel. De même, et ajout des plus sympathiques, à priori les deux extensions Tempête des Lames et La Bataille des Rois seraient directement inclues dans l’édition, ce qui est un sacré plus. N’ayant pas encore eu l’occasion de les tester, je ne puis dire ce que cela change réellement. Outre ces changements, on pourra aussi noter un petit re-design des cartes, de nouveaux artworks, et surtout une refonte du plateau, moins « flashy ».

Mais d’une manière générale, rien qui ne change drastiquement le principe du jeu.


Parmi les dernières sorties des éditions Camion Blanc se trouvait l’Abécédaire des musiciens en galère – et de ceux qui les voient ramer de Nicolas Muller. J’attendais la sortie de ce livre depuis son annonce. En effet, Nicolas Muller, batteur de Metal français connu sous le pseudo de Ranko, se proposait de nous montrer un peu ce qu’il y a de l’autre coté de la scène, dans les coulisses, nous entrainer dans le quotidien de milliers de musiciens. Le fait qu’il soit français et (ex-)membre de formations françaises reconnues mais loin des superstars promettait une analyse somme toute plus réaliste du quotidien de musicien que les bouquins de Nikki Sixx.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramer

Le roman se découpe en plusieurs grandes thématiques, Les débuts, Les premières scènes, Le chemin vers la gloire, etc. Chacune des partie comporte donc 27 termes : définitions, anecdotes, conseils en tout genre, pour la plupart tirées de l’expérience personnelle de l’auteur, ou de personnes qu’il a côtoyé au long de sa carrière.

Nicolas Muller alias Ranko

Nicolas Muller alias Ranko

Le style tout d’abord est vif, direct, mais non dénué d’humour. En effet on rit pas mal à la lecture de ce livre, pas forcément de la manière voulue par l’auteur. Du comique de situation, de l’absurdité ou le surréalisme de certaines scènes notamment. On voit l’auteur nous expliquer par a+b quels sont les meilleurs endroits pour piquer un roupillon avant un concert (pas derrière le camion, si on en croit les récents accidents). Ce n’est pas vraiment le genre de choses que l’on trouve dans n’importe quel livre, avouons le. L’auteur écrit bien, c’est fluide, et son ton n’est ni paternaliste ni trop défaitiste.

Mais le plus important c’est le contenu. Et celui ci est excellent, vraiment. Tout d’abord, on sent la vérité, on sent l’expérience, les galères des plans foireux, les tournées éprouvantes, l’hygiène déplorable. Ce qu’on connait de loin quand on traine avec des gens du milieu, ou qu’on soupçonne quand on réfléchi deux secondes, est bien traité, sans complaisance, sans trop de partis pris. Tous ces petits détails qui font d’un métier ce qu’il est, toutes ces petites choses auxquelles on ne pense pas.

Le livre est utile pour les jeunes musiciens, car il permet d’éviter certains écueils et Nicolas Muller donne des conseils pratiques, facile à mettre en œuvre, sur des points auxquels on ne pense pas forcément quand on débute. C’est comme quand on va à son premier Hellfest, si personne ne nous le dit, on ne pense pas aux bottes de pluie, ni à se faire une robe en sac poubelle. Les situations à éviter pour avoir un line-up stable, les premiers concerts sont des chapitres truffés de bons conseils à mettre dans toutes les mains.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramerMais c’est aussi un bouquin utile pour les amis, les potes qui comprennent pas toujours, ou bien les petits chroniqueurs, comme nous. Car on n’est pas dans le même monde, il y a des choses qu’on ne peut pas deviner si on ne l’a pas vécu. Et c’est passionnant, c’est parfois cru, mais c’est un bouquin à lire absolument si on s’intéresse de près ou de loin au milieu du Metal en France. L’auteur n’a pas de tabou et est très réaliste sur le marché et l’absence de reconnaissance du genre dans notre contrée. Quelque part, c’est limite déprimant, d’ailleurs.

En tout cas, cet Abécédaire des Musiciens en Galère, français, au style  agréable, bourré d’humour et de réalisme est un livre que je vous recommande plus que chaudement, quelque soit votre connaissance du milieu vous en apprendrez toujours. Et vous rigolerez aussi, beaucoup. Une excellente publication des éditions Camion Blanc.