Dernièrement sur if is Dead:

C’est Lundi, que lisez vous ? #4

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 13 juin 2011, avec 7 commentaires
Actualités

Pas de jour férié sur if is Dead, journée de solidarité oblige, pour preuve, voici la 4ème édition de C’est Lundi ! Alors que lisons nous ?

dabYo

Cette semaine, je n’ai quasiment pas lu, simplement quelques pages de la nouvelle de Justine Niogret du recueil des Imaginales Victimes et Bourreaux… Et j’avoue ne pas savoir quoi en penser. On verra ça dans une dizaine de pages, quand elle sera fini. Shame on me. Sinon j’ai beaucoup rit.

Serafina

Chasseuse de Vampires, Tome 1, de Nalini SinghComme je l’avais prévu, j’ai terminé le recueil Autour de Londres de Lydie Blaizot. Le recueil aura été de bonne facture tout du long. Je n’ai pas avancé dans le Trône de Fer, pourtant j’ai interêt à me botter les fesses car la série m’a rattrapée.

J’ai commencé Le Sang des Anges de Nalini Singh, premier tome de la série Chasseuse de Vampires aux éditions J’ai Lu, collection Darklight. Je suis actuellement totalement sous le charme du roman. Un début excellent (j’en suis au quart du livre), un univers super étoffé, un style agréable et une bonne intrigue. Je pressens ce roman comme un des coups de coeur de l’année. Entre Vicki Nelson et Harper Connely, le label Darklight semble définitivement être un gage de qualité.

illman

J’ai enfin achevé ma lecture du tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre, je me sens libéré. Je m’excuse par avance auprès des fans de l’auteur mais je vais dé-mon-ter ce bouquin. J’ai pu enchainer sur Le puit de l’ascension de Brandon Sanderson dont j’ai déjà chroniqué le premier tome. Ça se lit tout seul, c’est un vrai plaisir pour l’instant et même s’il fait plus de 700 pages, la chronique iiD devrait arriver rapidement pour un nouveau round de fanboyisme.

LuxtExMachina

Je viens de terminer ce week-end La triste des frères Grossbart. Vous en saurez plus surement dans la semaine. Ensuite je prévois de commencer le cycle de la ballade de Pern. Une série mêlant au départ Science Fiction et Fantasy.

Et vous ? Vous profitez de cette journée pour lire, par solidarité ?


7 commentaires

MdM #23 : One More Time de Hammerfall

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

dabYo dans Coup de Coeur, Musique le 12 juin 2011, avec 1 commentaire

On continue notre tournée des groupes à voir au Hellfest 2011 avec cette fois un groupe qui passera le samedi, Hammerfall. Il s’agit cette fois d’une formation suédoise qui fait du Power Metal comme on l’aime ici, qui vient tout juste de sortir leur huitième album, Infected. C’est donc dans le cadre de la promotion de cet opus, que honte à nous nous n’avons toujours pas écouté, que leur passage au Hellfest prend place.

One More Time est donc le premier single qui en est tiré, et j’avoue avoir été assez étonné par le clip. Alors qu’ils nous avaient habitué à des ambiances très classiques, nous voilà face à un cadre moderne avec des… zombies. Oui, des zombies dans du Power Metal, c’est plutôt étonnant et original. Soit, ce revirement est assez bizarre, vu que le groupe n’a jamais eu besoin de surfer sur la mode pour vendre des CD. Le clip est loin d’être un calibre en ce qui concerne la réalisation. Ça n’a jamais vraiment été le cas de ceux de Nuclear Blast, mais bon. A part des effets pyrotechnique à tout va, des plans qui sont plutôt épileptiques et beaucoup de ketchup, les effets spéciaux sont quand même carrément à la ramasse. Bon, ça reste un pur clip de Metal en quelque sorte, mais voilà quoi.

Le morceau est par contre dans la plus pure quintessence de ce que fait le groupe, et de ce qu’il fait très bien. De l’épique, avec un long solo de guitare et un passage un peu plus lent… Bref, du Hammerfall comme on les aime, avec peut être parfois un rythme différent. Vivement sur scène, le samedi au Hellfest 2011.


Qui ne connaît pas le personnage d’Elric ? Tous ceux qui n’ont jamais lu de Fantasy sans doute, mais nous autres le connaissons tous. De près ou de loin, en ayant lu ou non ses aventures, il faut avouer que le personnage, au même titre qu’un Conan, fait partie de notre paysage. Elric: Les Buveurs d’Âmes marque donc le retour du personnage aux éditions Fleuve Noir. Ceci dit, pas n’importe quel retour, puisque ce n’est pas Michael Moorcock, son créateur, qui a écrit ce nouvel épisode, mais un français, Fabrice Colin, dont on vous avait déjà parlé ici avec La Malédiction d’Old Haven. Alors, retour gagnant ou simple coup marketing pour le prince torturé ? Synopsis.

Elric: Les Buveurs d’Âmes de Fabrice Colin et Michael Moorcock

Elric n’est plus que l’ombre de lui même depuis qu’il a dû mettre fin, de ses propres mains, aux jours de sa chère et tendre. Dévasté par le chagrin, rongé par les remords, il s’est juré de ne plus jamais utiliser son épée maudite, Stormbringer, qui lui a permis de commettre tant de méfaits et d’être aussi craint et respecté par ses pairs. Mais pour cela, il doit trouver le moyen de recouvrir ses forces, car son être est lié à l’épée, et sans les âmes qu’elle prend en tuant, ses forces le quittent peu à peu… Pour cela, il n’y a pas d’autre moyen que de réussir à mettre la main sur l’Anémone Noire, une fleure qui ne fleurit qu’une fois par siècle dans la mythique citée perdue de Sooz.

Si on m’avait dit que je chroniquerai un jour un tome d’Elric pour if is Dead, je crois que j’en aurai bien rigolé. Le personnage de Moorcock a beau être culte, il n’avait pas réussi à me convaincre quand j’avais tenté de lire le premier tome de la série, Elric des Dragons. J’étais donc plutôt perplexe, d’autant que ressortir le héros après toutes ces années n’était pas là pour me rassurer, comme s’il s’agissait d’une simple licence dont on pourrait faire des produits dérivés. Mais bon, je ne connaissais pas du tout Fabrice Colin, je lui ai donc laissé le bénéfice du doute.

Et côté écriture, il faut avouer que j’ai plutôt bien fait. Le début était certes chaotique, notamment par l’utilisation très marquée des termes de l’univers d’Elric. Quelque part, c’est logique, mais les noms de deux personnages principaux sont si proches que je pensais qu’ils étaient la même personne. De même, l’auteur a tendance à donner du le Menilbonéen à tord et travers, et on pense naïvement qu’il n’y a qu’un personnage qui en soit un: erreur fatale. Sans parler des Prince-Dragons, au nombre de deux eux aussi. Bref, heureusement, après trois-quatre chapitres à la compréhension assez chaotiques, on fini par prendre le bon bout.

Elric: Les Buveurs d’Âmes de Fabrice Colin et Michael Moorcock

L'artwork original de Brom est pour moi bien plus réussi que ce que rend la couverture définitive... A noter que le bouquin comporte une carte en couleur en son centre, sympathique.

Outre ce petit désagrément de narration, la plume de Fabrice Colin est très agréable à lire, parfaitement dosée entre description et action, les dialogues sont lisibles. On regrettera peut être la sur-abondance de description des remords d’Elric. Est ce là pour augmenter le nombre de pages, ou simplement pour insister ? Je ne sais pas… Dans les deux cas, c’est assez désagréable. L’auteur ayant voulu coller le plus possible aux œuvres originales, il n’est pas non plus impossible que ce soit là une erreur du genre de l’époque. Reste que le fait de choisir de coller à un style qui a ses faiblesses n’excuse pas tout.

Les Buveurs d’Âmes est un livre qui se veut complètement indépendant, il n’y a pas besoin d’avoir lu les neuf autres pour comprendre son histoire. A aucun moment je n’ai eu l’impression de passer à côté de détails importants, ou d’être largué, ce qui est carrément un bon point. Le problème, c’est aussi qu’il s’inscrit à l’intérieur même de la chronologie du cycle déjà publié, du coup, il ne peut avoir aucune incidence notoire… Vous l’aurez donc compris, l’histoire de ce nouveau tome, qu’elle soit de qualité ou non, n’aura aucun impact, comme si elle n’avait jamais eu lieu, une sorte de filer. C’est assez frustrant quelque part, mais peu étonnant puisqu’il s’agit de la reprise d’une novella initialement écrite par Moorcock, et à l’époque, c’était plutôt courant.

Elric: Les Buveurs d’Âmes de Fabrice Colin et Michael MoorcockCela dit, bien que l’histoire soit donc assez simple et malheureusement très courte, elle est plutôt rondement menée. Nous suivons ici trois points de vue différents, avec une sorte de chasse à l’homme. Du coup, l’auteur arrive à faire monter une certaine pression, puisque la cible n’est pas au courant de ce qu’il l’attend, tandis que nous, oui. On va aussi y retrouver des thèmes chers au genre, avec une jungle hostile, plutôt inquiétante même, et d’horribles monstres. Là dessus, c’est du tout bon, l’ambiance nous prend vraiment, on s’y croit et on a nous aussi l’impression d’avancer peu à peu vers des contrées sauvages et non-civilisées… Le tout nous donne envie de connaître la suite et ce qu’il va bien pouvoir s’y passer. Un tour de force d’autant plus cocasse qu’on sait pertinemment que ça n’aura aucun impact.

Au final, Elric: Les Buveurs d’Âmes est pour moi une véritable surprise. Ce n’est pas le livre du siècle, mais il a réussi à me faire passer un bon moment de lecture, là où le cycle original avait échoué. Bien qu’il ne soit pas indispensable de l’avoir lu pour se pencher sur le cycle d’Elric, c’est peut être là la meilleure façon de s’y plonger, et d’avoir un avant goût de ce qu’est l’Heroic Fantasy de l’époque, avec ses qualités et ses défauts. Une très bonne surprise.


Life on Mars de Matthew Graham

illman dans Films, Séries le 8 juin 2011, avec 7 commentaires

Life on Mars est une série de la BBC diffusée en 2006 sur les ondes britanniques. J’avais entendu parlé de cette série en me disant que je devrais bien y jeter un coup d’œil un jour. Un dimanche où je m’ennuyais, j’ai décidé de testé la VOD Canalplay sur ma Xbox, et je suis tombé sur un pack des deux premiers épisodes pour 2€99. J’ai testé et je n’ai pas regretté, à peine le second épisode du pack entamé que je commandais déjà l’intégrale sur Amazon. Quid donc de cette série ?

Life on Mars de Matthew Graham

Sam Tyler est commissaire principal en 2006 à Manchester. Alors qu’il enquête sur un serial killer, sa petite amie et collègue, Maya se fait enlever par ce dernier alors qu’elle était parti enquêter seule. Pendant qu’il se morfond au bord de la route, il se fait renverser par un chauffard. Il se relève pour s’apercevoir qu’il se trouve dans un endroit étrange et sapé avec un col pelle à tarte, il est en 1973. Est-il mort, dans le coma, dans le passé ou tout simplement fou ?

J’avoue vu comme ça le synopsis fait un peu bidon mais ce serait sous estimé les scénaristes de la BBC. Ils vont s’évertuer au fil des histoires à décrire les années 70 à Manchester et on s’y croit. L’ambiance est très importante et sert l’histoire, vous imaginerez facilement le clash entre les cultures policières et sociales, Sam passe pour un marginal et un illuminé en voulant continuer à travailler comme en 2006. Les thèmes abordés sont aussi assez larges, les femmes et les noirs dans la police, par exemple, très mal acceptés et pour qui Sam se battra. L’émergence du hooliganisme, la boxe truquée, ou l’apparition de nouvelles drogues et de leurs réseaux quasi industriels tiendront aussi en haleine toute l’équipe d’enquêteurs.

Life on Mars de Matthew Graham

Car on suit tout un département de police de Manchester dirigé d’une main de fer par le DCI Gene Hunt, incarné à l’écran par Philip Glenister. Difficile à cerner, il fait parti de la trinité des personnages principaux, on va l’aimer, le détester, le comprendre et voir ses travers. Pour moi, il vole la vedette à Sam Tyler, son subordonné, joué par John Simm qui a aussi été Le maitre dans Dr Who. Son arrivée dans le passé ne l’a pas arrangé, il entend des voix, a des hallucinations et ne sait plus où se trouve la réalité. Un personnage torturé comme on les aime, qui s’accroche désespérément à ses principes sauf quand ses émotions prennent le pas sur sa conscience. Pour terminer ce triangle, Annie Cartwright, joué par Liz White, au départ simple auxiliaire, va se retrouver confronter à la condition des femmes dans les 70′s et aura sur ses épaules la petite pincée de romantisme de l’histoire avec Sam. On retrouve aussi Ray et Chris, des enquêteurs de l’équipe, plutôt sidekick mais important tout de même avec chacun leur heure de gloire. Bref, une équipe bien travaillée qu’on a plaisir à suivre, vivant de ses conflits internes, de ses états d’âmes, de ses enquêtes et de ses réussites.

Life on Mars profite de ressorts comiques induits par le décalage de Sam avec l’époque en cours. Dans ce genre de situation, le retour à la réalité est plus que douloureux pour lui et assez marrant en général. Comme par exemple quand il promets que le témoin sera derrière un miroir sans tain, qui n’est tout simplement pas utilisé par la police à ce moment là, et qu’il se retrouve finalement en face à face avec le suspect. Assez déstabilisant. L’autre composante sur laquelle on peut compter sont les allusions aux futurs que, le spectateur connait, mais qui ne se sont pas encore produite comme lorsque Sam annonce qu’une femme pourrait bien devenir premier ministre. Gene lui répond, je cite : « There will never be a woman prime minister as long as I have a hole in my arse. » C’est peut-être pas le meilleur exemple mais ça appuie ma démonstration.

Life on Mars de Matthew Graham

La bande son est juste énorme, parfaitement en phase avec les 70′s et surtout avec le fabuleux artiste androgyne, j’ai nommé le grand David Bowie (nan j’suis pas fan, quoique…). On se retrouve avec des styles plutôt variés représentatifs de la période, même si la BO est plutôt Rock. C’est un vrai plaisir d’entendre les Who ou encore Paul McCartney. Par contre,  il faudra que quelqu’un m’explique l’engouement des britanniques pour Slade, parce qu’on entend souvent des chansons de ce groupe dans les shows de la BBC, notamment  Dr Who. A noter, Sam Tyler croisera une autre de mes idoles musicales dans une boite de nuit pendant ses aventures, j’ai nommé Marc Bolan, le chanteur-leader de T.Rex. Bref cette série est un véritable fandom pour les inconditionnels de la musique de cette période.

La série est divisée en deux saisons, une seule est disponible en France mais vous me connaissez, je me fournis directement chez les compatriotes de Shakespeare. Pour l’intégrale de la série, c’est à dire les 16 épisodes, vous pouvez vous en tirer pour environ 20€ en anglais.  Le coffret est pas trop mal mais fait, un peu cheap, un contour plus rigide aurait été pas mal.

Au final, Life on Mars est une série absolument géniale que je vous recommande vivement, ne serait ce que pour tester son ambiance. D’habitude je n’aime pas trop les séries policières mais celle-ci a une vraie âme. Me reste plus qu’a me procurer le spin-off, Ashes to Ashes.


C’est Lundi, que lisez-vous ? #3

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 6 juin 2011, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Afin d’arrêter de passer pour des asociaux, voici donc la troisième édition ! Donc, c’est lundi, que lisons-nous ?

dabYo

Anthologie Victimes et Nourreaux aux éditions MnémosCette semaine, j’ai réussi à profiter du jeudi férié pour m’avancer dans la lecture d’Elric: les Buveurs d’Âmes que j’avais bien entamé la dernière fois. Comme je le disais, aussi étonnant cela puisse être, j’ai bien aimé ma lecture. La fin, si elle confirmait mes craintes quant au côté filer du roman, n’était pas mauvaise pour autant. Une lecture qui n’est pas inoubliable, mais qui est loin de l’arnaque commerciale qu’elle semblait être initialement.

Sinon, j’ai commencé l’anthologie sortie par les éditions Mnémos pour les Imaginales et dirigée par Stéphanie Nicot: Victimes et Bourreaux. Serafina avait chroniqué celle de l’année dernière, Magiciennes et sorciers, qui l’avait plutôt déçue d’ailleurs. J’ai pu lire la première nouvelle de Charlotte Bousquet, une auteure que j’aime toujours autant et qui a été plutôt à la hauteur de la tâche, ainsi que celle de Michel Robert. Je ne connaissais pas l’auteur, je m’attendais au pire, et je suis plutôt mitigé. L’idée est bonne, mais il y a des points noirs, notamment une prévisibilité du scénario un peu trop importante à mon goût…

Serafina

Malheureusement, Fidel Gastro m’a rattrapé, et une expo le week-end ont fait que je n’ai quasiment pas lu cette semaine. Je suis donc toujours sur Autour de Londres de Lydie Blaizot qui est toujours très bon et sur le Trône de Fer. Il ne me reste qu’une cinquantaine de pages pour le premier et 150 pour le deuxième. J’espère me reprendre en main rapidement, car j’ai une PAL monstrueuse.

illman

J’ai bientôt fini le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber. Je vais pouvoir enchainer sur autre chose… C’est bien sur la fin, mais j’ai hâte de passer au Puit de l’Ascension, la suite de l’Empire Ultime de Brandon Sanderson aux éditions Orbit que j’avais beaucoup aimé.

LuxtExMachina

Cette semaine j’ai commencé à lire La triste histoire des frères Grossbart aux éditions Eclipse. Mélange de contes anciens à la façon des frères Grimm et de violence. C’est une lecture très bonne qui ravira les lecteurs. A ne pas mettre en les mains d’enfants, cela va sans dire.


MdM#22: Dreaming Light de Anathema

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

dabYo dans Coup de Coeur, Musique le 5 juin 2011, avec 1 commentaire

Pour une fois, l’actualité d’un groupe correspond pile poil à ce que nous sommes en train de faire, puisque le groupe de Doom-Rock-Prog anglais Anathema vient tout juste de sortir un clip pour un des morceaux de leur dernier album, Dreaming Light. La formation, que nous avons déjà vu en live cette année à Clermont-Ferrand et qui nous avait grandement impressionné, est sur le line-up du Hellfest 2011, le dimanche pour être exact. Et nous irons bien entendu les voir, et on en profite donc pour vous le montrer !

Dream Light fait donc partie des titres de We’re Here Because We’re Here, un album très maitrisé et vraiment doux qui, il faut l’avouer, nous a tout de même surpris à sa sortie. On est loin du désespoir et des morceaux très Doom que nous proposait la formation à ses débuts. Cela dit, plus le temps passent et plus les morceaux font leur petit bonhomme de chemin dans nos cœurs, plus l’album a commencé à nous convaincre. Puis nous les avons vu en live, où leurs morceaux prennent toute leur ampleur.

Le clip quant à lui est plutôt cliché, certes ancré dans l’actualité, mais le thème a déjà été utilisé de nombreuses fois qu’il est difficile d’être surpris. Il est très bien réalisé, mais là encore on ne s’attendait pas spécialement à ça pour un clip d’Anathema, qui semblait être plus « self-centred ». Pas spécialement au mauvais sens du terme, mais les paroles font plus état d’une réflexion personnelle que d’une autour de la société. On a hâte de les voir, en tout cas.


Le Shôgun de l’Ombre de Jérôme Noirez

dabYo dans Critiques, Livres le 3 juin 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Jérôme Noirez est un auteur que j’ai découvert l’année dernière avec Le Chemin des Ombres, un excellent mélange des influences de la culture asiatique et d’Alice aux Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Le roman m’avait envouté, aussi c’est avec enthousiasme que j’ai entamé un autre de ses romans édité en poche par J’ai Lu, Le Shôgun de l’Ombre. Il s’agit cette fois d’une enquête policière menée par l’inspecteur Ryôsaku et se déroulant dans le Japon féodal. Il s’inscrit dans le cycle de Ryôsaku, c’est le second épisode, mais il ne m’a pas semblé nécessaire d’avoir lu le premier, et je ne me suis jamais senti perdu. Synopsis ?

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme Noirez

Dans le Japon médiéval de 1490, Ryôsaku fait partie des enquêteurs chargés par le Shôgun de résoudre les crimes et maintenir la paix à Kyoto. Ce statut confère à l’ancien samouraï une indépendance qui lui permet quasiment de traiter d’égal à égal avec les hommes les plus riches et influents de la ville. Pour résoudre ses enquêtes, il compte sur trois jeunes samouraïs, Kaoru, Keiji et Sozô, à qui il espère bien inculquer quelques valeurs à grands coups de marteaux sur le crâne. Ils vont être malgré eux lancés au trousse d’un mystérieux criminel, surnommé bien vite par la population comme le Shôgun de l’Ombre.

Nous sommes là dans un roman qui va mélanger de nombreux éléments, à notre plus grand plaisir. Tout d’abord la culture japonaise, l’histoire s’y passe et s’y ancre entièrement. Bien entendu, je ne suis pas un expert de cette civilisation, ceci dit le paysage qui nous en est dépeint semble crédible, mais est surtout très intéressant. On y glane ainsi de nombreuses connaissances sur l’organisation de leur société du XIXème siècle, c’est un plus non négligeable, d’autant que le style s’y prête très bien. Certes, on a parfois l’impression que Noirez cherche à placer un peu trop des références au Japon et à son vocabulaire, mais d’un autre côté, c’est tellement agréable.

Le roman est écrit au présent, les phrases restent simples et me font clairement penser que la cible de l’auteur ne se limite pas aux adultes. Il serait parfait pour un adolescent, même très jeune. Les scènes sont aisément compréhensibles, l’humour bien qu’enfantin rend sa lecture très fluide et agréable, et le jeune garçon n’aura aucun mal à s’identifier à l’un des trois joyeux lurons que sont Kaoru, Keiji et Sozô. Cette proximité avec nos héros est un réel plus, la lecture du roman étant à la fois sérieuse et décontracté, un plaisir.

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme Noirez

Couverture de la version grand format, par Aurélien Police, qui retranscrit mieux la folie de l'enquête

Le Shôgun de l’Ombre est aussi une enquête policière, et l’auteur va beaucoup jouer sur le doute qui prend son lecteur, partagé entre le réalisme et le fantastique. Jusqu’à la fin, on va se demander si des éléments surnaturels ont, ou n’ont pas, lieu. C’est rondement mené, et donne un côté très intriguant au roman. Jérôme Noirez finira-t’il ou non par confirmer que le Shôgun de l’Ombre existe ? Un peu comme dans Le Chemin des Ombres, on va très vite avoir l’impression de faire une virée dans l’irrationnel, le surnaturel, sans pour autant être sûr que nos personnages n’hallucinent tout simplement pas. Certains moments s’ils ne font pas peur, ont une ambiance maléfique très forte. Là encore, c’est un vrai régal, et j’ai beaucoup apprécié l’initiation, le parcours vers la folie, de l’un des personnages.

Le Shôgun de l'Ombre de Jérôme NoirezCes derniers sont d’une manière générale assez peu développés, des sortes d’archétype qui n’ont pas de réelle personnalité. Du moins, leur personnalité n’est pas plus développée que dans un roman Jeunesse, mais ça n’en est pas forcément un point noir pour autant. De même, l’ensemble des personnages secondaires se contentent d’être leur fonction, métier. C’est d’une manière générale le seul reproche que l’on pourrait faire à ce roman: il s’agit d’un roman Jeunesse. Avec ses points forts et ses faiblesses. Personnellement, il m’a enchanté.

Au final, ce roman confirme pour moi que Jérôme Noirez est un auteur français qui manie excellemment bien sa plume. Il rempli parfaitement son rôle et vous fera passer un excellent moment en sa compagnie. Le Shôgun de l’Ombre est une lecture reposante, envoutante, légère et agréable à la fois. Dès que l’intrigue se sera lancé, vous aurez envie d’en apprendre davantage sur ce Shôgun et d’en comprendre le mystère. Un régal et une très bonne introduction à l’univers de l’auteur.


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Marches Nocturnes de Franck Ferric

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 2 juin 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Marches Nocturnes est un recueil de nouvelles écrites par Frank Ferric qui vient tout juste de sortir aux éditions Lokomodo. Il s’agit de la réédition en format poche du même recueil sorti en 2007 aux feu éditions Nuit d’Avril, petite maison indépendante dont le catalogue était rempli de nombreuses pépites. Pour l’occasion, il a été enrichi de plusieurs autres textes, ce qui fait qu’il comporte maintenant 17 nouvelles de Fantastique, assez courtes, entre 10 et 30 pages chacune.

Marches Nocturnes de Franck Ferric

La couverture réalisée par Bastien Lecouffe-Deharme est très sobre et reflète très bien le style de ce livre. Très orienté Fantastique, les nouvelles du recueil mélangent les genres et les univers, passant du Paris des années de la révolution à une ville post-apocalyptique, de la violence pure à une histoire simple, presque d’amour, le tout avec brio. Les histoires s’enchaînent et ne se ressemblent pas.

Pourtant il existe un lien entre toutes ces nouvelles, une sorte de dénominateur commun, et on pourrait toutes les qualifier de noire, désespérées. Franck Ferric nous fait vivre les penchants sombres de l’être humain. On croise alors le cannibalisme, mais aussi l’abandon de ses rêves, la désillusion… Chaque histoire a un petit quelque chose de dérangeant, aucune ne se terminant sur ce qu’on pourrait qualifier de « happy-end ». Toutes nous laissent un arrière-goût amer, nous empêchant par là même d’être heureux de leur fin.

Dans la majeur partie de ses nouvelles, l’auteur ne nous donne que peu d’élément sur l’univers. On se rend alors compte de l’époque ou de la réalité à travers de petits détails disséminés ici et là, petit à petit. Ce n’est pas gênant et rajouter plus d’éléments ne contribuerait pas à une meilleure compréhension, mais ralentirait plutôt le rythme. Il est très difficile de parler en détails des nouvelles vu leur longueur, de même que de faire un choix parmi celles ci, vu que je les ai toutes appréciées. Mais il a bien fallu que j’en choisisse, alors voilà un petit florilège.

Nain Rouge

Joseph est un policier, mais un policier qui commence à se faire vieux. Son chef voudrait le remplacer, sa femme le prend pour un moins que rien, il n’est plus aussi bon qu’avant et des rumeurs de pots-de-vin commencent à circuler sur son compte, ce qui n’est pas tout à fait faux. Jusqu’au jour où il rencontre un nain roux qui lui propose un marché. Il règle tous ses problèmes en échange d’un petit payement à régler plus tard. Joseph va alors se rendre compte que tout ce qui est trop beau pour être vrai l’est  et chaque chose a un prix à payer.

L’univers de Nain Rouge, sans être très détaillé, est vraiment immersif. La plupart du temps, l’action se passe de nuit, ce qui renforce la noirceur du récit. La fin est pour moi de toute beauté, la principale raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé la nouvelle.

La part des Cendres

La ville est tombée aux mains des Cendres, des paramilitaires violents, prenant un malin plaisir à faire souffrir les gens. C’est grâce à ça qu’elle a pu s’enfuir de chez elle avec son frère lorsqu’ils sont arrivés chez elle. Maintenant que son frère est mort lui aussi, il ne lui reste qu’une chose à faire: s’enfuir de la ville.

Dans cette nouvelle, nous suivons l’héroïne qui reste anonyme pendant toute l’histoire. Franck Ferric nous raconte comment elle a survécu dans cette ville apocalyptique. Le fait qu’elle parle à la première personne tout en restant anonyme nous permet de s’immerger et de s’identifier à elle. La fin n’est pas vraiment surprenante mais laissera un sentiment de malaise. C’est une des choses que j’ai aimé dans la plupart des nouvelles, d’ailleurs.

Des ailes pour tomber

Dans une ville futuriste, le dernier prince d’un peuple venant d’une autre dimension s’est enfui de sa prison afin de retourner chez lui. Son objectif est le dernier arbre de la ville où il était retenu prisonnier. Mais les Séraphins, militaires d’élites du clergé le poursuivent. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

Cette nouvelle se déroule dans un univers futuriste. Le fanatisme religieux du personnage principal nous pousse à le détester. Comme pour les deux histoires précédentes, la fin sans être triste n’est pas non plus une « happy-end », mais plutôt un mélange, qui nous fait réfléchir.

Marches Nocturnes de Franck FerricAu final, j’ai particulièrement apprécié Marches Nocturnes. J’ai toujours trouvé que les univers sombres collaient parfaitement avec ce genre d’histoires. Les nouvelles se renouvellent et on ne s’ennuie à aucun moment.

Tout le monde n’appréciera peut être pas l’ambiance qui elle change peu au fil des nouvelles, mais si vous aimez les histoires glauques, dérangeantes, je vous le conseille fortement.

Et si vous ne connaissez pas encore l’auteur, je vous invite à lire son interview publié sur if is Dead à l’occasion de la sortie de La Loi du Désert, son premier roman.


Belle de Robin McKinley

Serafina dans Critiques, Livres le 31 mai 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Belle est un roman de Robin McKinley qui date de 1978 mais qui vient d’être réédité en français par les éditions Mnemos avec une superbe couverture de Alain Brion. Le roman avait été édité en 1993 chez Pocket SF et n’était plus disponible dans le commerce depuis un bon bout de temps déjà. Comme son nom l’indique, Belle est une version revisitée du classique conte de la Belle et la Bête. Il ne fait que 240 pages et se lit donc fort rapidement. Synopsis.

Belle de Robin McKinley

Belle n’est pas aussi jolie que ses deux sœurs. Issue d’une famille aisée mais maintenant ruinée, Belle coule de paisibles jours dans une maisonnette à la campagne où elle effectue diverses tâches champêtres. Jusqu’au jour où son père revient catastrophé d’un long voyage. Il a rencontré une Bête, qui lui a demandé de lui ramener une de ses filles, et c’est bien entendu celle qu’il considère comme moins jolie qu’il va choisir.

Bon, honnêtement, l’histoire nous la connaissons tous et toutes. Le dessin animé de Disney a fini de populariser ce conte. Vous ne trouverez donc pas de suspens, mais un peu de bonne niaiserie sentimentale matinée de Fantastique comme il se doit. Car effectivement cette relecture ne diffère pas tant que cela de ce qu’on connait du conte, et pour avoir déjà lu diverses adaptations, je dirais que cette relecture n’apporte aujourd’hui plus grand chose de nouveau si vous êtes féru du conte. La seule vraie différence se situe au niveau des sœurs de Belle, qui sont souvent dépeintes comme de vraies pestes et qui sont là sont des soeurs très normales et très gentilles.

Le roman est à la première personne, ce qui est sans doute le changement le plus subtil mais qui joue le plus dans notre appréciation de l’histoire. Nous sommes beaucoup plus proches de Belle. Et si le fait de mener un roman à la première personne, surtout dans un cadre sentimental comme celui ci, est un exercice périlleux, Robin McKinley s’en tire avec brio, présentant là une Belle très crédible, ni cliché, ni tête à claque. Le style est facile à lire et très direct. En plus c’est écrit plutôt gros, donc le livre se lit rapidement et sans accro.

Belle de Robin McKinleyBelle est évidemment un roman qui n’a que très peu d’action et qui se concentre surtout sur les relations entre les personnages. J’avoue avoir mis du temps à entrer dans l’histoire, tellement je ne voyais pas ce que la réécriture apportait. Et puis au fil des pages, on se rend compte qu’on s’est attaché aux personnages, et qu’on est ému ou inquiet pour eux. Le roman m’a finalement beaucoup plu , grâce a ses personnages tous très réalistes et très touchants. Le roman est aussi plus adulte que le conte normal. Il n’est pas enfantin, bien que pouvant tout à fait être lu par un jeune adolescent, il n’y a rien de choquant ou de sanglant dedans, mais on est loin des personnages manichéens des contes.

Au final, je garde un très bon souvenir de ce roman, malgré un démarrage difficile. Belle est un roman simple, qui n’en met pas plein les yeux, qui joue surtout sur la finesse et sur ses personnages mais qui arrive parfaitement à son but. Si vous aimez les contes, ou si vous aimez les jolies histoires n’hésitez pas. A noter que ce roman pourra plaire je pense à tout le monde, même aux personnes un peu réticentes au Fantastique car c’est un grand classique doublé d’un bien bel objet.