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Frey, Frey Tome 1, de Chris Wooding

Serafina dans Critiques, Livres le 21 décembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Frey est un roman de Chris Wooding qui a été tout d’abord publié en grand format chez Bragelonne avant d’être réédité il y a peu chez Milady. Au format poche et donc au prix attractif pour ses 550 pages, il s’agit en fait du premier tome de la série Tales of the Ketty Jay en version originale. Servi par une très jolie illustration de Miguel Coimbra, je me suis précipitée dessus, alléchée par le côté PiratesScience-Fiction annoncé dans son résumé. D’ailleurs synopsis ?

Frey, Tome 1, de Chris Wooding

Frey, capitaine de la Ketty Jay, est un pirate comme il se doit, mêlant binouze et affaires louches. Alors quand on lui parle d’un coup à 50 000 pièces d’or, il n’hésite pas bien longtemps avant d’entrainer son équipage disparate avec lui. Sauf que malheureusement, tout est trop beau pour être vrai et de terribles choses l’attendent.

Frey est une série qui fait forcément beaucoup penser au cador du genre, Firefly ou encore à Metal Adventures: des pirates de l’espace, un mélange entre l’univers terriblement 17ème de la piraterie, et un univers ultra futuriste de multiples planètes à la Star Wars. Si vous avez vu la série de Joss Whedon, vous retrouverez immédiatement vos marques, et pourrez donc super facilement imaginer l’univers et l’esthétique du bouquin. Un vrai régal donc, pour tous les amoureux de ces deux domaines, mais surtout très bien mené et qui fonctionne  très bien. Il peut donc du coup être conseillé à des personnes qui ne sont pas forcément habitués de la Science-Fiction. Personnellement, c’est un mélange que j’adore.

Le roman est le premier d’une série qui en compte pour le moment trois, le tome 2 venant de paraître chez Bragelonne, du coup, la bonne première partie du roman sert surtout à introduire les personnages. L’univers n’est pas forcément traité en détails, on sait qu’il y a un ordre établi (des ducs) et qu’il y a eu des guerres, mais c’est tout. On est catapultés dedans, et dans l’absolu on n’a pas forcément besoin d’en savoir plus. Je suppose qu’on en apprendra davantage dans les prochains tomes, mais en réalité, les personnages sont tellement bons, qu’ils éclipsent totalement l’univers.

Frey, Frey Tome 1, de Chris Wooding

L’éventail des personnages est surtout composé par l’équipage de la Ketty Jay. Un équipage pour le moins bariolé, mais Chris Wooding réussit très rapidement à donner vie à ses héros. J’ai particulièrement aimé Frey, le capitaine, qui n’est pas sans rappeler Han Solo par bien des points, et Crake, démoniste et personnage torturé tout en secrets. Mais il y en a pour tous les goûts, et je serais étonnée que vous ne trouviez pas votre chouchou.

En plus de ces personnages forts et très vivants, l’auteur propose là un tome sans le moindre temps mort. En réalité, il n’y a même pas d’introduction, on est directement plongé en pleine scène d’action, sans nous présenter les personnages. C’est quelque chose qui, lorsque c’est bien mené, permet de directement entrer dans le bouquin, et là, c’est le cas. L’action est menée tambour battant, il n’y a que peu d’atermoiement, et l’équilibre entre complots et baston est très bien mené. On ne s’ennuie pas une seule seconde et du coup les 550 pages se dévorent à toute allure.

Frey, Tome 1, de Chris Wooding Au final, ce premier tome de Frey se suffit à lui même, l’histoire évoquée se termine à la fin et ne vous force pas à tout de suite vous précipiter sur la suite, même si au vu de la qualité  de ce premier tome, je pense que vous ne tarderez pas à succomber à la suite. Je ne vois  pas un seul reproche à faire à ce premier tome, pas même au niveau de la traduction de Laurent Queyssi ou au niveau de l’édition.

C’est un sans faute, Chris Wooding nous offre là un univers passionnant, un roman à la qualité constante et haletant, une galerie de personnages riche et haute en couleurs. Bref, précipitez vous dessus, vous ne serez pas déçus !


Réminiscences est le premier volume de la trilogie Les Larmes Rouges de Georgia Caldera et qui est paru le mois dernier aux éditions Chat Noir. Ce premier tome fait 540 pages, pour un format assez gros, ce qui le rend malheureusement un peu délicat à transporter. Il est servi par une très jolie illustration de l’auteure elle même, représentant l’héroïne du roman. Synopsis ?

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia Caldera

Cornelia, jeune fille mal dans sa peau, tente de se suicider en sautant d’un pont. Elle est sauvée in-extremis par un passant. Son père décide de s’occuper d’elle et l’emmène dans la maison familiale en Touraine pour que la jeune fille puisse se ressourcer. C’est sans compter le voisin, le châtelain De Maltombe, qui jouit d’une mauvaise réputation et qui semble avoir un comportement assez étrange… Comme celui de préférer la nuit pour sortir, ou encore ne pas manger…

Tout d’abord, c’est le premier roman que je lis aux éditions du Chat Noir, je n’avais auparavant lu qu’un recueil de nouvelles, Le Lamento des Ombres, qui était d’ailleurs excellent. Le papier est de bonne qualité,  assez épais et facile à lire. Par contre il faut dire que c’est assez dense, les  titres de chapitres sont dans la même taille ou presque que le texte, et il n’y a pas beaucoup d’aération. Cela s’explique car le roman aurait été bien plus gros (et donc plus cher) sans cela, mais cela rend aussi la lecture moins agréable. Il faut néanmoins saluer ce point, car il est rare que les jeunes auteurs français publiés dans de petites maisons prennent le risque de proposer un gros livre.

Le style de Georgia Caldera est cependant très agréable. Son univers et ses personnages sont très bien décrits, mais sans tomber dans les répétitions ou les lourdeurs. Le style est précis et permet de facilement visualiser l’univers. Visualisation qui est aussi aidée par les nombreuses illustrations qu’elle a publié sur son site internet. Le roman se déroule en Touraine, ce qui n’est pas très loin de là où j’habite, et cela aussi ça aide énormément pour imaginer le roman et son univers.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia Caldera

Un artbook avec des illustrations de l'auteur pour la sortie est aussi disponible

L’histoire se démarque de la plupart des productions actuelles. On est dans un roman de vampires assez traditionnel, et même si on sent vite venir la relation amoureuse, on est plus proche d’un Anne Rice que d’un Stephenie Meyer, ce qui a tout pour me plaire. L’auteur ne lésine d’ailleurs pas sur les scènes gores, qui sont traitées sans détour. Du coup, bien que j’ai vu le roman être placé dans le rayon jeunesse de ma librairie, je ne le recommanderai pas forcément aux plus jeunes.

Ce premier tome prend le temps de placer les choses, et notamment les relations de Cornelia avec son étrange voisin. En réalité on alterne entre des événements qui se sont passés plusieurs siècles auparavant, et le présent. Sauf que comme souvent dans ce genre d’histoires sur deux périodes, il y en a une qui est plus intéressante que l’autre. Et ici le passé est plus interessant que le présent, ce dernier, notamment dans le milieu du livre ayant tendance à tirer en longueur, pour ne pas paraître trop précipité. Cependant l’intrigue n’est pas laissée de coté et cette dernier est maitrisée de bout en bout. Pas de pirouettes ou d’incohérence, le monde et l’intrigue sont cohérents, et la pression monte petit à petit. Georgia Caldera réussi à retranscrire les atmosphères légères et de la vie courante comme les scènes d’horreur et d’angoisse. Le roman oscille d’ailleurs fréquemment entre onirisme et horreur.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia CalderaLes personnages prennent  le temps de se dévoiler, et j’ai particulièrement apprécié la justesse du personnage de Cornelia. 19 ans, un peu rebelle et un peu suicidaire, c’est un type de personnage casse-gueule mais l’auteur s’en sort extrêmement bien, la jeune femme est crédible et il est facile de s’identifier à elle. Je suis un peu plus réservée sur De Maltombes qui lui colle plus au stéréotype du vampire. Les personnages secondaires sont presque inexistants dans la première partie du roman, puis sont introduits petit à petit, et je dois dire que certains sont fort intéressants.

Au final, ce premier tome des Larmes Rouges est un livre ambitieux et dense, qui augure du meilleur pour la suite. Si vous aimez les vampires, mais pas ceux qui brillent au soleil, je ne peux que vous le recommander. L’univers assez sombre et onirique de l’auteur devrait plaire aux déçus des dernières productions vampiriques. M’est avis qu’on reparlera très bientôt de cette série dans nos colonnes.


C’est Lundi, que lisez vous ? #27

Serafina dans Actualités, Livres le 19 décembre 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après une semaine de vide, nous voilà de retour !

dabYo

Chien du Heaume de Justine NiogretJ’ai tout d’abord commencé et terminé Chien du Heame de Justine Niogret, Prix des Imaginales 2010 que Serafina avait particulièrement apprécié l’année dernière. J’ai profité de sa sortie en poche chez J’ai Lu et je dois dire que je n’ai pas été déçu. C’est un très agréable mélange des genres, entre la Fantasy classique et l’image que je me fais des contes d’antan, en passant par la tragédie du plus pur effet. Les déboires de Chien et la palette haute en couleurs des personnages est un vrai plaisir.

J’ai ensuite enchainé sur un Honor Harrington, le tome 11 pour être exact, qui est la première partie de l’arc En Mission. J’avais déjà fait une incursion dans l’univers de Hard Science-Fiction de David Weber avec l’Ombre de Saganami , et le mélange entre Space Opera, politique et batailles navales m’avait bien plu. Toujours aussi précis mais déroutant, je suis pour l’instant très enthousiaste sur l’histoire.

Serafina

Cette semaine, j’ai terminé le premier tome de Frey, la série pirates-SF de Chris Wooding, et j’ai adoré. Le roman est d’excellente qualité du début à la fin, plein d’action, de rythme, d’humour et tout. Les personnages ne sont pas en reste et j’ai vraiment hâte de lire le tome 2. Bref, un must-read.

Journal de Kurt CobainJ’ai aussi laissé libre cours à mon amour des auto-biographies de rockstars héroïnomanes en lisant le Journal de Kurt Cobain, paru aux éditions 10-18. Entre paroles de chansons, brouillons d’articles et autres réflexions philosophique, ce n’est pas forcément aisé à lire, le défunt leader de Nirvana passant du coq à l’âne, les journaux n’étant pas datés, et le bouquin ne replaçant pas dans le contexte.

Ceci dit, c’est un recueil très intéressant, qui permet de découvrir l’icône sous un autre jour, engagé, véhément, et très lucide. Faudra que je me lise une biographie du groupe un de ces quatre.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Drugstore de No One Is innocent

illman dans Critiques, Musique le 16 décembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Drugstore est le dernier album de No One Is Innocent, un groupe français ayant fait ses armes dans les années 90 sur du Metal Fusion. Le groupe se dirigeait sur ses dernières galettes vers des sonorités plus Electro. A l’occasion de leur tournée pour leur nouvel album, je me suis procuré la dite galette.  Il n’en fallait pas plus pour que j’ouvre grand mes oreilles et vous donne mon obscur avis sur cet album.

Drugstore de No One Is innocent

Je vais vous spoiler sur mon avis final… J’ai pas trop aimé la direction dans laquelle s’engage le groupe. Le virage Electro est maintenant bien achevé et ça me fout grave les boules. A quoi ça sert d’avoir Shanka, un gratteux qui touche sévère si c’est pour lui substituer des sonorités de synthé bontempi, c’est du gâchis.

Onze pistes composent l’album. Cheri Moog ouvre l’album de manière plutôt calme avec des sons electro en arrière plan et un piano bien présent, celle là est une exception, elle est pas mal. Par contre j’ai trouvé que la voix n’était pas trop à sa place. Vient ensuite la chose dancefloor/electro de l’album, Drugs. Celle la, je l’ai détesté, que ce soit sur l’album ou en concert d’ailleurs, les musiques style boite de nuit c’est déjà pas mon truc et Drugs en rajoute une couche. Normalement ça devrait être entrainant mais Kémar, le chanteur, chante mou et les samples en boucle sont répétitifs au possible. Avec Paris, on se rapproche un tout petit peu du No One que j’aime mais il se cache encore sous une couche electro. La voix féminine qui double celle de Kémar apporte un vent de fraicheur sur l’album pour enchainer avec Le Monde Entier qui est une bonne chanson. Par contre sur les passages calme il y a une sorte de bruit de vent qui souffle, fortement agaçant. Les opposants rappelle quant à elle les anciens albums et est plutôt agréable à écouter.

Qui je suis aurait pu être un point culminant de l’album si je n’avais pas entendu la version live en premier. Alors qu’en live on a droit à du pur acoustique absolument génial, la version studio est parsemée de bruit que je qualifierais de parasites. Le morceau est calibré pour la radio et j’espère qu’il a eu droit à des diffusions. La chanson suivante est anecdotique, les chansons en anglais n’étant pas leurs plus grandes réussites. KO possède un refrain accrocheur bien qu’en anglais alors que les couplets sont en français et les paroles sont sympathiques.

Drugstore de No One Is innocent

Je passerai mon chemin sur la suivante, The Doll, les samples electro commencent à avoir raison de mon cerveau. Johnny Rotten finit de nous achever en remontant le niveau, je sais pas pourquoi je l’aime bien parce qu’elle est sacrément répétitive mais je lui trouve un certain charme. Bref je n’ai rien trouvé qui harponne la couenne sur cette album et rien qui mérite que je m’en rappelle. On va dire que c’est un album expérimental qui a un peu abusé des champignons électroniques.

Je passe rapidement sur la pseudo-polémique à propos du clip de Drugs. Je dis pseudo parce que sans aller sur le site du groupe je n’aurai jamais su qu’il y avait matière à « polémique ». Bref le clip, que l’on peut voir ici, présente une longue descente aux enfers d’au moins 4 mins d’un mec en vue subjective. Le clip est interactif vu qu’on peut choisir la drogue avec laquelle il se défonce. Il va falloir m’expliquer l’intérêt de couper la chanson pour faire la vielle interaction moisie si ce n’est que ça souligne que toute la chanson est une répétition ad nauseum du même rythme.

Drugstore de No One Is innocentCe nouvel album n’est disponible ni sur Deezer ni sur Spotify,  je trouve ça un petit peu loseux à notre époque. Concernant le CD je sais pas trop ce qui leur est passé par la tête mais la pochette est illisible, la couleur de police est marron sombre sur du noir, autant dire que c’est illisible.

Drugstore est une vraie déception et perclus de défauts pour moi, encore un bon groupe qui part en sucette. Si vous êtes fan des débuts de No One Is Innocent, lâchez l’affaire, ça ne vous plaira que moyennement. J’espère qu’ils vont arrêter les frais sinon leur prochain album ce sera un album de techno, j’ai horreur de dire du mal mais là j’ai franchement pas aimé. Par contre je suis allé les voir en concert à Tours pour la tournée de cet album et ils sont toujours aussi bon et plein d’énergie. A voir au moins une fois je pense, voire plus. Je retourne écouter leur premier album, là où il y avait de la vraie guitare.


Après avoir découvert le côté jeunesse de la plume de Jérôme Noirez avec L’Empire Invisible ou encore Le Shôgun des Ombres, deux romans qui m’avaient plus que convaincu, j’ai décidé de m’attaquer à ses romans plus adultes. Le Diapason des Mots et des Misères est donc un recueil de nouvelles de genre Fantastique, récompensé par un Grand Prix de l’Imaginaire et tout juste édité en poche chez J’ai Lu avec une superbe couverture d’Aurélien Police. Recueil oblige, vous vous en doutez, pas de synopsis.

Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme Noirez

Le recueil est composé de douze nouvelles, qui seront suivies par trois petits contes. Si la plupart des nouvelles présentent des univers très différents, passant d’univers pseudos réalistes comme les routes américaines à d’autres beaucoup plus farfelus, le tout est plutôt consistant et cohérent. La plume de Jérôme Noirez y est d’ailleurs également bonne, agréable à lire, et jamais trop descriptive. Les mondes dans lesquels prennent place les différentes histoires sont généralement tout juste esquissés, mais il peut arriver que certains soient bien plus détaillés, comme celui de 7, Impasse des Mirages. Nouvelle oblige, c’est bien entendu au lecteur de capter les différents éléments pour se dépeindre l’ensemble.

Le style de narration est quant à lui assez varié, passant du classique bien maîtrisé pour la plupart à quelques tentatives dérangeantes, comme Le Diapason des Mots et des Misères qui donnera son nom au recueil. Manque de pot, je dois avouer que ces nouvelles m’ont laissé sur le carreau et que, sur une ou deux, je ne les ai tout simplement pas comprises. C’est pas faute d’avoir essayé pourtant, mais entre la narration hachée et l’absence de détails concret, le but m’échappait parfois. Heureusement, ces nouvelles que j’appellerai maladroitement « fausses notes » sont au nombre de deux ou trois, et ne gâchent en rien le recueil et sa qualité générale.

Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme Noirez

Le trait que la plupart des nouvelles partagent est bien entendu la chute, très souvent réussie, abrupte et surprenante. Là dessus, la qualité est vraiment au rendez-vous. Avec les univers, c’est le gros point fort des écrits de Noirez. J’ai d’ailleurs du me faire violence pour ne pas citer toutes les nouvelles, voici celles qui m’ont le plus marqué.

7, Impasse des Mirages

Cette nouvelle se déroule dans les déserts d’Afrique où le pétrole recherché par les occidentaux mène à la construction de villes qui n’auraient jamais dû exister. La nouvelle est vraiment dépaysante, et il faut avouer que c’est une des rares à nous rappeler le Jérôme Noirez du Chemin des Ombres, avec un monde inquiétant mais aussi beau et insouciant.

Feverish Train

Haletante, la narration de cette nouvelle est plutôt pêchue, tout comme son héros. Il faut dire que le contrôleur du Feverish Train est des plus déjantés, et que sa manière de contrôler les billets l’est tout autant. Alors qu’on ne quitte pas d’un poil le train, l’univers prend vraiment vie et le final est des plus surprenants. Le genre de nouvelles qu’on regrette d’avoir fini si vite.

La Grande Nécrose

Cette nouvelle est sans aucun doute la plus géniale de tout le recueil. On y suit l’intervention de deux flics, Brignard et Trignard, dans un univers où les morts vivants de la Brigade Post-Mortem font la planque tandis que les morts domestiqués sont autorisés. Autant dire que c’est plutôt barré, et vraiment très drôle. Une nouvelle qui aurait bien pu inspirer un Plants vs Zombies.

Maison-Monstre, cas numéro 186

Cette nouvelle loufoque nous plonge dans l’une des enquêtes d’une petite fille pas comme les autres: elle chasse les fantômes, et autres créatures de la nuit qui hantent la vie des hommes. La nouvelle m’a particulièrement plu pour son univers, son ambiance et son personnage principal qui n’est pas sans rappeler Mercredi ou encore Emilie. Le final étant bien entendu comme souvent particulièrement succulent.

Contes pour enfants morts-nés

Le recueil se clôt sur trois contes glauques à souhait. Je dois avouer que ce n’est pas franchement le genre de récit qu’il faudrait mettre sous les yeux d’enfants, à moins de vouloir les traumatiser bien entendu. Sans réel but, ces petites histoires sont dérangeantes, morbides, et on en redemande.

Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme NoirezAu final, si vous deviez découvrir Jérôme Noirez et que vous appréciez les recueils de nouvelles, je pense que vous pouvez vous jeter sur Le Diapason des Mots et des Misères sans trop d’hésitations. Il y a de très bons morceaux de Fantastique dedans et le recueil n’a pas volé son prix.

L’ensemble se lit facilement, certaines nouvelles vous marqueront probablement, de part leur univers déroutant et travaillé, ou lors de ces chutes particulièrement bien travaillées. Si je devais citer des comparaisons, je n’hésiterai pas à les placer au niveau des premières nouvelles de George R.R. Martin et son recueil Chansons pour Lya.

Quant à moi, j’ai déjà hâte de lire les prochains récits de Jérôme Noirez.


Le destin de l’Orphelin de Robert Buettner est le second tome de la série Jason Wander, titrée L’Orphelin en France, qui en compte cinq. Le premier tome Les Orphelins que j’avais d’ailleurs chroniqué ici, m’avait plutôt bien plu, suffisamment pour me pousser à continuer la série pour connaitre le destin de nos Orphelins. C’est toujours chez les éditions Eclipse que ça se passe, pour 356 pages de Science-Fiction guerrière. Direction le synopsis.

Le Destin de l'Orphelin, Jason Wander l'Orphelin Tome 2, de Robert Buettner

L’offensive sur Ganymède a été un succès. Mais à cause du temps de voyage et de la logistique approximative de l’offensive, les soldats humains envoyés là bas ont du patienter un long moment avant de voir leur ticket de retour. Alors qu’ils cheminent vers la Terre, le promu général du champ de bataille, Jason Wander, va commencer à fourrer les doigts dans des luttes de pouvoir qui le dépassent.

C’est avec plaisir que je retrouve Jason Wander pour cette suite. Promu sur le champ de bataille, c’est à un homme qui n’a pas l’impression de mériter ses récompenses qu’on a affaire. Entre ses remords d’avoir perdu tant d’hommes au champ d’honneur et les manipulations dont il fera l’objet, il ne sait plus trop où donner de la tête. Le personnage qu’on aurait pu juger trop « bourrin » dans le premier tome gagne ici en profondeur, même si c’est peu. Jason est pour le « bien », le « juste », cette position, que les mauvaises langues taxeront de simpliste, le mettra face à des choix qui n’en sont pas. Bref Jason a encore de quoi évoluer dans les prochains tomes.

Orphan's Destiny, Jason Wander 2, de Robert Buettner

Couverture de la version originale après réédition

Alors que Les Orphelins avait l’intensité et l’action du film de Paul Verhoeven, Starship Troopers, ce second tome  s’inspire plus des dimensions politiques du roman éponyme de Robert Heinlein, même si l’action est toujours présente. Car maintenant que la campagne Ganymède est terminé, il faut penser à reconstruire et surtout pour les grands de ce monde faire face aux contribuables. Et avec ce thème on aborde le gros du roman, la manipulation des masses par les gouvernements. Peut on vraiment mentir aux masses pour leur bien ? C’est une campagne de communication à l’échelle mondiale que nous met en scène ici Robert Buettner. Ce qui m’a fait un peu flipper, c’est que ce genre de manipulation me parait probable et qu’on y verrait que du feu.

Buettner conserve son style incisif, allant droit au but même pendant les phases que je qualifierais de « politique ». Le rythme de lecture reste donc soutenu mais un peu plus de développement aurait sans doute enrichi cette partie. Qu’à cela ne tienne, on retrouve les combats qui m’avaient tant plu dans le premier avec une dose dramatique désespérée, les fusillades sont toujours aussi explosives sans trop déborder d’héroïsme à deux sous, bien qu’il y en ait quand même.

Le Destin de l'Orphelin, Jason Wander l'Orphelin Tome 2, de Robert BuettnerL’illustration de couverture est cette fois ci de Steve Stone et reste dans la lignée de celle de Calvin Chu pour le premier tome et comme pour le premier tome, elle est bien mieux que l’originale. Illustration reprise en partie pour le traditionnel marque page interne, marque de fabrique des éditions Eclipse. Par contre le fait que c’est le tome 2 pourrait être mieux indiqué sur la couverture, un acheteur non averti pourrait bien se retrouver avec un tome 2 qui se balade tout seul sans même vraiment le savoir…

Le destin de l’Orphelin est un bon roman de Science-Fiction, dans la lignée de son prédécesseur. Haletant et plein d’action, il saura vous divertir le temps de ces pages vite dévorées. La date de sortie de la suite de la série L’Orphelin n’est toujours pas annoncé sur le site de Eclipse, vivement quand même que ça sorte.


The Heroin Diaries, sous titré A Year in the Life of a Shattered Rock Star est un roman autobiographique de Nikki Sixx, bassiste et mastermind de Mötley Crüe, aidé sur le coup par Ian Gittins. Le bouquin regroupe les journaux que la rock star a tenu durant l’année 1987, entrecoupés d’interventions des protagonistes de l’époque regroupés pour l’occasion par Ian Gittins. On y retrouve bien sur les autres membre du groupe, mais aussi les petites amies, les managers, les agents de sécurité et d’autres membres de la scène de L. A. des années 80, notamment un certain guitariste à chapeau, qui apportent un regard plus externe aux scènes décrites dans le journal.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

Il y a un an, vous m’auriez proposé le livre, je n’aurais sans doute pas été intéressée, Mötley Crüe est un groupe que j’aime beaucoup oui, que j’ai vu au Hellfest 2009, mais les autobiographies, je m’en méfie comme la peste. Surtout lorsqu’elles incluent des parties supposément écrites il y a des années. Il peut sembler assez étrange d’imaginer une rock star connue pour ses paroles sur le sexe et la drogue, habillé en cuir et ultra maquillé écrire dans une sorte de journal intime, mais après tout on n’est pas à une exubérance près. Je ne suis pas une douce utopiste et je suppose que pas mal des journaux ont été retravaillés et  c’est pour cela que je me méfiais, m’attendant à trouver une soupe sans intérêt.

Et puis, à force de suivre le compte de la star sur Tumblr et Twitter, je me suis rendue compte que Nikki Sixx avait l’air loin d’être con, et qu’il était en prime un vrai artiste. Vous y ajoutez une belle couverture et une édition anglaise sur papier glacé absolument magnifique, et voila, j’étais partie. Car en effet, la première chose à dire, c’est que l’objet est magnifique. Un soin particulier a été apporté aux polices, très grungy, ainsi qu’aux pages en elles même tour à tour rouges, blanches ou noires, avec des éclaboussures. Il y a aussi des petites illustrations de Paul Brown, dans un style très dark-punk, des illustrations de seringues, de junkies, etc. Bref, c’est un réel plaisir à feuilleter.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

A ce propos, je pense que pour ce livre, il est préférable d’avoir un tant soit peu de connaissances sur l’histoire de Mötley Crüe. Si le livre est très agréable à lire, plein d’humour, etc, sans les bases, vous passerez à coté de pas mal de trucs. Le musicien ne revient absolument pas sur l’historique du groupe ou quoique ce soit, on est catapultés en 87 et vogue la galère. Il est aussi important de signaler que le roman est très cru et pourra potentiellement choquer les âmes sensibles.

Le style d’écriture est plutôt agréable. Je l’ai lu en VO, et l’écriture est fluide, la difficulté de compréhension est quant à elle un peu élevée, notamment parce qu’il utilise énormément l’argot, autour des drogues en particulier, et que je ne possédais pas ce vocabulaire. Je ne sais pas ce que vaut la traduction française, opérée par les éditions Camion Blanc, mais je pense que si vous n’avez pas forcément un bon niveau en anglais il faudra plutôt vous diriger vers celle-ci.

The Heroin Diaries de Sixx:Am

Le roman est accompagné d'un album Soundtrack du group Sixx A.M.

Le journal commence à Noël 1986 et se termine à peu près à la même époque en 1987. Et le choix de le centrer sur l’année 87 n’est pas anodin. Outre le fait que cela soit l’année de naissance de votre servante, c’est surtout celle de la sortie de l’album Girls, Girls Girls et de la tournée qui s’ensuivit, véritable succès mais aussi tournée de déchéance la plus totale au niveau éthylique. Une véritable descente aux enfers pour celui qui sera notre héros dans le livre, vu qu’il terminera avec une overdose et sera déclaré cliniquement mort avant d’être réanimé à coup d’adrénaline dans le cœur. Un mal pour un bien, car cela donnera l’excellent KickStart My Heart. De ce fait, c’est une année passionnante, et riche en péripéties. On suit le quotidien de « Rock Star », avec ses cotés pas toujours glam.

Pendant cette année, Nikki Sixx écrit régulièrement dans ses carnets qu’il appelle son journal, racontant sa vie, ses petites anecdotes, mais aussi ses (bad) trips. Car il est junkie et pas qu’un peu. L’héroïne le rend totalement paranoïaque, et il n’est pas rare qu’il passe trois jours enfermés dans un coin de sa maison car il est persuadé qu’il y a des mexicains dans la cour. La drogue cachant une dépression assez importante, l’écriture n’est pas celle de quelqu’un de sain mentalement, et sur bien des points les journaux puent l’authenticité.

On n’invente pas ce genre de choses, c’est le genre de situations mentales qui ne permettent pas de tricher. Alors oui, il y a sans doute eu du gros re-travail, mais ça m’a donné l’impression d’être face à des écrits sincères et véridiques. Et du coup pas forcément très drôles. Les passages où Nikki est au plus bas sont très sombres, très dépressifs, et vous touchent beaucoup.

Mötley Crüe

Nikki Sixx (au fond au centre) avait pas vraiment l'air de tenir un journal intime

Cependant, à coté de cela, il y a aussi le délire de la vie de rock star, notre « héros » passant d’un extrême à l’autre. Certaines situations décrites dans le livre sont proprement hallucinantes, comme quand Nikki et Tommy Lee, le batteur, shootés à mort, s’injectent du Jack Daniel’s dans les veines car il ont simplement oublié qu’on pouvait « boire », ou ses remarques sur l’absence totale de douche depuis trois semaines, la liste des fringues qu’il emporte en tournée (en tout et pour tout, un pantalon en cuir), etc. Les passages sont involontairement drôles mais quand même, il m’est arrivé de rire à plusieurs reprises. Du coup, on alterne entre rires et dépression, sans temps mort.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian GittinsAu final, j’ai adoré The Heroin Diaries. Les moments de dépression me parlent énormément, les passages drôles m’ont beaucoup fait rire, un humour absurde mais je suis bon public. Cela permet aussi de donner un éclairage différent sur ce grand groupe de rock et ses relations avec les autres groupes de l’époque, Guns N’ Roses notamment. Le fait de faire intervenir 20 ans après les protagonistes permet aussi d’avoir un avis un peu plus objectif. Il s’agit évidemment d’une bio à prendre avec des pincettes , mais extrêmement intéressante et passionnante.

Si vous aimez un tant soit peu Mötley Crüe, je vous recommande chaudement ce roman dont la traduction a été publiée par Camion Blanc au début de l’année.


Silence, ça tourne ! #16

dabYo dans Actualités, Films le 8 décembre 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Hesher

Joseph Gordon-Levitt est HesherHesher est un film de 2010 dans lequel joue Nathalie Portman qu’on ne présente plus, et Joseph Gordon-Levitt qu’on avait plus apprécier (ou pas) dans Inception. Pourtant, personne n’en a entendu parlé et pour cause: il semblerait qu’il ait flopé et ne soit annoncé que sous forme de DVD en France.

Qu’à cela ne tienne, il nous fallait absolument voir le film australien pour une simple et bonne raison: l’un des personnages principaux est un fan de Metal aux mœurs directement inspirées par Satan et à l’attitude totalement Heavy Metal, appréciez-en le trailer.

Si logiquement le film est vraiment très drôle, avec un Hesher des plus savoureux, il nous a surpris par son côté dramatique et vraiment prenant. Loin d’être une comédie juste bête, le film nous touche et ses personnages sont loin d’être caricaturaux.

Et puis, les métaphores d’Hesher justifient à elles seules d’aller voir le film.

The Good Wife Saison 2

Alors que l’on se félicitait du dosage réussi entre histoire et affaires judiciaires longue d’un épisode de la Saison 2 de The Good Wife, il faut avouer que les derniers épisodes l’ont bien moins réussi.

L’histoire en elle même est certes boostée et gagne en intensité, mais c’est au détriment des affaires de chaque épisode qui en deviennent presque inintéressantes pour le coup. Les seuls passages concernent des rebondissement dans la procédure qui du coup, en perde en intérêt. Il n’y a plus la même tension tant elles sont entrecoupées par des dialogues sans rapport direct.

Cela reste plaisant à regarder, mais on est du coup plus proche de la première saison. Dommage.

Misfits Saison 1

Nathan, Misfits Saison 1Réticents pendant de nombreux mois malgré les constants encouragements, nous avons fini par jeter un œil à la première saison de la série anglaise Misfits. Pour ceux qui ne connaissent pas le spitch, il s’agit d’un groupe d’adolescent condamnés à des travaux d’intérêt général qui vont se retrouver malgré eux avec de super-pouvoirs.

Si l’idée pourrait faire penser à une sorte de mix entre les super-héros et Heroes, il n’en est rien, le côté super-pouvoir étant traité avec humour et intérêt. Il faut dire que la première chose sur laquelle mise la série c’est bien l’humour, avec des personnages principaux plutôt réussis et loufoques, mention spéciale à Nathan incarné par Robert Sheehan dont le côté tête à claques est parfaitement maîtrisé.

L’humour est mélangé avec la Science-Fiction et le Fantastique avec brio, se  transformant bien souvent humour noir tant les sujets traités sont plutôt sérieux, et les situations plutôt inquiétante. Les épisodes au nombre de six et d’une durée de 45 minutes chacun oscillent constamment entre angoisse et scènes loufoques, le tout étant plus qu’addictif.

Alors on pourra certes reprocher pas mal de trucs à Misfits, mais le mélange, tant au niveau narration, scénario et genre est plutôt bien dosé et fait passer un agréable moment en présence de ces adolescents souvent touchants.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Imaginaerum de Nightwish

Serafina dans Critiques, Musique le 7 décembre 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Après Dark Passion Play qui m’avait plutôt convaincue et l’arrivée d’Anette Olzon au chant à la place de Tarja Turunen, Nightwish aura mis 4 ans pour sortir son nouvel album, Imaginaerum. Pour ce deuxième album post-Tarja, le groupe a vu grand, et prévoit notamment de faire un film autour de cet album qui a été composé comme une bande originale. C’est donc un concept-album sorti le 30 novembre en Finlande qui vient d’arriver dans l’hexagone.

 Imaginaerum de Nightwish

La pochette reste très classique, bleue et dans la droite lignée de celle de Dark Passion Play, c’est surchargé et à la limite du kitch mais on a l’habitude. Elle est réalisée par Janne « Toxic Angel » Pitkänen à qui l’on devait celle de l’album précédent et des singles qui en ont été tirés. Il se compose de 13 morceaux pour une durée d’une heure quinze. Contrairement aux habitudes, l’album commence par une réelle introduction, parlée, totalement en finlandais qui explique probablement le concept.

Dans l’ensemble les habitués des derniers Nightwish ne seront pas dépaysés, on sent clairement la patte du claviériste-compositeur Holopainen, dans les riffs très nightwishiens, et dans la conception même des morceaux : les chœurs d’enfants sur plusieurs morceaux, les breaks symphoniques un peu chargés. Bref, c’est une suite assez logique du précédent. Cependant, contrairement à ce qu’on a pu reprocher à certains albums précédents, celui ci ne fait pas dans la facilité, et qu’on aime ou pas, il est impossible de ne pas saluer les risques pris par le groupe pour Imaginaerum, qui se transforme en un gigantesque melting-pot. Cela est probablement dû au coté concept-album: un vieil homme redevenant enfant dans un monde onirique, vivant du coup pas mal de choses, les chansons en elles même n’ont pas tant d’unité que cela. Enfin, si, mais par lot. Mais entre l’ABBA-esque Storytime, l’avant-gardiste Ghost River et la ballade celtique Turn Loose the Mermaids, il y a d’énormes gouffres.

Imaginaerum de Nightwish

Au niveau du chant, cette fois ci, les textes ont été écrits pour la voix d’Anette, de ce fait elle est beaucoup plus à l’aise sur la majorité des titres. Si on perd évidemment quelque chose avec le départ de la soprano Tarja, qu’on aime ou non, la nouvelle chanteuse fait son propre style, plus enlevé et aérien que la précédente. Elle montre d’ailleurs une sacré palette entre le coté jazzy sur Slow Love Slow, le coté très pop suédoise de Storytime, des vocaux plus agressifs, ou plus nasillards (que je n’aime pas du tout) sur Scaretale. Elle est très versatile, et sa voix a quelque chose de très expressif. Le deuxième vocaliste, Marco Hietala reste lui égal à lui même, efficace. Il en résulte des lignes de chant originales et super entrainantes notamment sur le refrain de I Want My Tears Back ou Ghost River.

Pas mal de morceaux montrent une réelle originalité, et surtout des inspirations très variées. Inspirations cabaret, avant-garde ou Burtonniennes en premier. Scaretale est une pièce de 7 minutes, extrêmement théâtrale avec son dialogue et son coté « cabinet des horreurs » aux accents cauchemardesques, qui flirte avec le burlesque et ferait penser à des groupes Steampunk, alors que Arabesque fait dans l’orientalisant symphonique avec des bouts de Ennio Morricone dedans. Nightwish montre là aussi une patte beaucoup plus Folk avec notamment de la cornemuse sur plusieurs titres, qu’on retrouvera par exemple dans le très bon Ghost River, piste assez énervée au refrain très très sympa et qui n’est pas sans rappeler Diablo Swing Orchestra. Turn Loose the Mermaids fait beaucoup penser à une ballade celtique, c’est d’ailleurs la ballade la plus réussie de l’album, à mon avis.

Imaginaerum de NightwishNightwish a toujours été un groupe qui osait le mélange des genres, et c’est encore plus le cas ici, son Metal est mélangé au symphonique, avec du folk, de l’avant garde, de la BO, et même du piano-bar. Malheureusement, avec une palette aussi large, on ne peut pas plaire à tout le monde… Personnellement, je ne supporte pas Slow Love Slow que je trouve mièvre et sans intérêt, et je zappe les passages parlés du morceau Song of Myself (long de 14 minutes, dont la moitié consiste en poèmes récités par les proches du groupe) car ils m’ennuient, tandis que Rest Calm, trop classique, m’indiffère. De même, j’ai tendance à zapper le dernier morceau, Imaginaerum, qui bien qu’il ait donné son titre au CD est en fait un résumé instrumental reprenant les main riffs des autres morceaux. Tuomas déclare l’avoir imaginé comme le générique de fin d’un film, le moment où défilent les crédits, et oui c’est exactement cela, mais ça ne m’intéresse pas vraiment.

Imaginaerum recèle cependant de réelles perles, originales, où Nightwish et particulièrement Tuomas ont osé et semblent s’être fait plaisir. Ces morceaux, Scaretale, Ghost River, Last Ride of the Day en tête, rendent magistralement bien et justifient largement l’acquisition ou en tout cas l’écoute de l’album. Le coté concept-album est ambitieux et amène malheureusement des écueils avec lui, comme pour toute BO d’ailleurs, mais qui sont relativement bien contrebalancés par de très bons morceaux. Ça me donnerait même envie qu’ils passent au Hellfest 2012.


La Chute, Léviathan Tome 1, de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 6 décembre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

La Chute est le premier tome de Léviathan, une trilogie écrite par Lionel Davoust, sorti à la rentrée de cette année aux éditions Don Quichotte. L’auteur français sort cette fois des rangs de l’imaginaire pour lesquels je le connaissais, la Fantasy avec La Volonté du Dragon en premier, et réalise un roman de type Thriller. D’aspect noir et plutôt sobre, la couverture est signée Alexandre Fort. Passons au synopsis.

La Chute, Léviathan Tome 1, de Lionel Davoust

Michael Petersen est un océanographe qui a eu une enfance difficile. Ayant perdu ses parents lors d’un naufrage, il est traumatisé et a une peur bleue de la mer. Mer qui pourtant le fascine au plus haut point. C’est cette fascination qui l’amène à accepter une mission de trois mois en Antarctique. Dans le même temps, une organisation secrète suivant la Voie de la Main Gauche compte bien l’empêcher de s’y rendre, pour des raisons inconnues.

On va donc suivre tout au long du livre notre héros Michael, comment il va se préparer psychologiquement, ses doutes, ses angoisses. D’un autre côté, nous suivons aussi les membres de la Voie de la main Gauche. L’auteur nous dit très peu de choses sur cette société secrète. Elle s’oppose à ce qu’on appelle « la Voie de la main Droite« , une voie seulement évoquée dans le livre. Ces deux voies s’opposent non pas dans le sens du bien et du mal mais dans le sens où chacune prônent une philosophie différente et diamétralement opposée. En résumé, la Main Gauche prône l’être en tant que propre maître de sa volonté, alors que la Main Droite quant à elle privilégie l’être divin en tant que maître suprême. Nous sommes donc sur le terrain d’une lutte, ancienne et toujours d’actualité, entre deux entités.

Lionel Davoust

Lionel Davoust

Le style est agréable à lire, comme a pu nous habituer Lionel Davoust avec ses précédents écrits. Cependant, il faut quand même souligner qu’avec  Léviathan il change radicalement de style, Thriller oblige. Les chapitres, s’ils ne sont pas spécialement courts comme le genre le fait souvent, changent très rapidement de points de vue, alternant d’un personnage à l’autre, ce qui donne une certaine dynamique. J’ai malheureusement trouvé que l’histoire mettait du temps à prendre sa place, une sorte de lenteur qui est le principal point faible de ce premier tome.

Ceci dit, cette lenteur permet de développer et de voir l’évolution du personnage principal au travers de son voyage.  Ainsi, comme on pouvait s’en douter, La Chute sert principalement d’introduction à la saga Léviathan. L’auteur introduit, met en place les différentes intrigues de l’histoire, tel un joueur plaçant patiemment ses pions sur un échiquier. Le lecteur se fait balader de bout en bout, tout en en apprenant aussi peu que possible. Une sorte de culte du secret, l’auteur ne distillant des informations qu’au compte goutte, nous laissant dans le flou le plus total sur beaucoup de points abordés dans l’histoire. D’une certaine façon il nous met dans une position identique à celle de certains des sbires de la société secrète de la voie de la Main Gauche: une recherche de la vérité.

La Chute va nous faire voyager dans des paysages très variés, de la banlieue américaine au désert glacé de l’Antarctique, en passant par des bas-fonds mexicains. Le dépaysement est total à chaque fois, on s’immerge complètement dans les différents environnements. Si les personnages semblent caricaturaux au début, ils s’étoffent et prennent une véritable profondeur au fil des pages.

La Chute, Léviathan Tome 1, de Lionel DavoustOn retrouvera aussi un petit message écologique derrière l’histoire, surtout concernant l’écologie marine. Quand on sait que l’auteur porte à cœur ce sujet, ça n’a rien de très étonnant. Il arrive cependant à le mettre au second plan et ne le rend pas lourd ni moralisateur.

En fin de compte ce premier tome de la série Léviathan est un bon livre. Si l’action se fait un peu attendre, avec une mise en place de l’histoire assez longue, on pardonnera ce manque par la qualité de la mise en place des éléments et de ce qu’il nous laisse entrevoir pour le futur. Étant le premier livre de la trilogie, l’auteur nous promet plus de révélations et d’actions dans la suite. Pour ma part je lirais volontiers La Nuit, le deuxième tome prévu pour printemps 2012.