Dernièrement sur if is Dead:

Bienvenue à Lovecraft est le titre du premier tome de Locke & Key, un comic avec des soupçons de Fantastique et d’Horreur. On retrouve derrière cette série Joe Hill au scénario, surtout connu pour être le fils de Stephen King, et au dessin Gabriel Rodriguez. Sorti en 2008, il vient tout juste d’être traduit et édité en France par Milady Graphics, il faisait d’ailleurs partie de leurs premières sorties. Si le titre accroche tout de suite, c’est sans aucun doute parce qu’il fait référence à H.P. Lovecraft. Alors, référence justifiée ou coup marketing ? Synopis.

Bienvenue à Lovecraft, Locke & Key Tome 1, de Joe Hill et Rodriguez

La famille de Tyler vivait une vie plus ou moins normale jusqu’au jour où un élève suivi par son père en tant que conseiller d’orientation ne décide de venir les assassiner. Heureusement, le jeune garçon de la famille arrive à mettre le psychopathe K.O., sans avoir pour autant la chance de sauver leur père. Choqués par l’évènement, la famille décide de quitter leur maison pour aller s’installer dans la maison familiale, isolée sur une île: Lovecraft.

Vous l’aurez donc compris avec ce synopsis, le mot Lovecraft est ici utilisé pour designer un lieu, une île et sa battisse. D’où le titre donc, Bienvenue à Lovecraft. Mais il est aussi évident que ce choix n’est pas anodin, et est une façon d’attirer le chaland, amateur du Fantastique que nous proposait H.P. Lovecraft. C’est plus ou moins comme cela que j’en suis venu à m’intéresser à Locke & Key, le fait qu’elle soit scénarisée par Joe Hill ayant bien entendu aider.

Et cette ambiance proche de celles de l’auteur culte du genre est vraiment présente, et ce très rapidement. Les premières pages mettent directement le ton, avec une impression rapide que quelque chose va mal se passer. La narration y contribue d’ailleurs, avec une chronologie alternant plusieurs temps. Celui d’après un certain évènement, ainsi que juste avant, rendant les premières pages certes assez confuses à lire, mais aussi très prenantes. Si ce début semble être malsain mais aussi très terre à terre, on va très vite s’apercevoir que Locke & Key est une série qui use des ficelles habituelles du Fantastique cher à Lovecraft: des natures démoniaques, inconnues de nos héros, qui se manifestent mais pas assez clairement pour qu’ils y croient vraiment, avançant lentement entre réalité et folie.

Bienvenue à Lovecraft, Locke & Key Tome 1, de Joe Hill et Rodriguez

Si ce premier tome est uniquement introductif, il le fait plutôt bien. Déjà, comme je le disais, l’ambiance posée est plutôt réussie, malsaine, mais toutes les ficelles qui vont être utilisées pour l’avancée du scénario sont elles aussi judicieusement placées. J’attends de voir la suite, mais le principe de clefs et de portes est plutôt bien trouvé. De même, la mise en place d’une situation où un jeune personnage est le seul à être « au courant » est très réussie, ce qui va sans aucun doute amener à une sorte de descente aux enfers incontrôlée de nos héros, ces derniers n’ayant pas le souhait d’écouter une personne jugée « faible » psychologiquement. Que du bon en somme, avec un mélange qui garantie de la tension à chaque page tournée.

Bienvenue à Lovecraft, Locke & Key Tome 1, de Joe Hill et RodriguezLe dessin de Gabriel Rodriguez est plutôt bon. Je n’ai pas vu grand chose à lui reprocher, même si il faut avouer qu’il ne va ni se démarquer par sa qualité, ni par son originalité. Le côté le plus réussi est sans nul doute les décors, mais je pense qu’on le doit avant tout au travail du coloriste, Jay Fotos. Les personnages sont corrects, leur design est somme toute banale, mais ça n’est pas là l’intérêt. De même, leur personnalité par exemples sont généralement très peu poussée. Seul un petit bonhomme sort du lot. On peut cependant souligner le fait qu’une fois le coup de la narration par flashback prise, on suit facilement l’histoire, y découvrant par la même des petits détails qui valent le détour. La découpe des cases est aisée à suivre, les scènes d’action aussi.

Au final, Bienvenue à Lovecraft est un comic plutôt très sympathique à lire, qui vous fera passer un bon moment. Je ne regrette pas d’avoir commencé la série Locke & Key, et je dois avouer que j’ai plutôt hâte de voir ce que Joe Hill a pu nous préparer. Les comics qui mêlent habilement le Fantastique et l’Horreur ne sont pas si courant en France, il serait bête de passer à côté.


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Silence, ça tourne ! #2

Chaque semaine notre avis sur les films et séries du moment

dabYo dans Actualités, Films le 21 juillet 2011, avec 1 commentaire
Actualités

C’est parti pour notre deuxième rendez vous autour de ce que nous avons pu regarder pendant la semaine. Pour une fois, c’est un peu plus autour des films, et notamment de la saga Harry Potter de J.K. Rowling. Vous n’avez pas du passer à côté de la sortie du dernier film sur les grands écrans, il faut dire que vu le tapage médiatique autour, il était difficile de le faire. Nous y sommes bien entendu allés le plus tôt possible, et la présence d’un jour férié était l’occasion idéale. Mais on ne vous en parlera pas ici, puisque Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 2 aura bien entendu droit à son article à part entière.

Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban

Hermione dans Harry Potter et le Prisonnier d'AzkabanNous avons revu Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban qui repassait sur TF1. Nous ne l’avions vu qu’une seule fois, lors de sa sortie, où il avait laissé (surtout à Serafina) un souvenir désastreux.

Et lors de cette seconde visualisation, force est de constater que c’est encore pire que dans nos souvenirs. La manière de filmer est très spéciale, la BO plutôt hors sujet, on se demande même si la personne qui en a fait les choix connaissait les scènes avant de choisir les morceaux. Les couleurs sont trop noires, et on ne parlera pas du massacre de l’histoire : les maraudeurs à peine évoqués, la scène de la cabane hurlante tronquée.

En prime les effets spéciaux, surtout pour Lunard sont absolument désastreux. A oublier.

True Blood S04e04

Avec ce nouvel épisode de True Blood, j’ai eu l’impression que la saison démarrait enfin. On entre un peu dans le vif du sujet, et en plus de cela, c’est plein d’humour. Évidemment, on doit beaucoup au personnage d’Eric, qui est à l’honneur dans le roman correspondant. On est cependant très éloigné de la série de livres, mais les bases restent les mêmes et le meilleur en a été gardé. Certes situations commencent enfin à devenir intéressant, ça promet du meilleur pour la suite.

Falling Skies s01e01

Noah Wyle dans Falling SkiesDans la recherche de nouvelles séries nous nous sommes intéressés à Falling Skies. Il faut dire que le nom de Spielberg avait de quoi donner envie, surtout lorsqu’on sort d’un Band of Brother. Et puis celui de Noah Wyle ancien Dr Carter attirait Serafina. Malheureusement, il ne faut pas juger une série à son casting, et il faut bien dire que ce premier épisode ne donne absolument pas envie de voir la suite.

Les extraterrestres s’accompagnent d’un coté très nanard et la narration est plus que convenue. Les ficelles scénaristiques sont déjà connues et tout se déroule exactement comme on pourrait l’imaginer. La série s’annonce donc des plus conventionnelles, avec des scènes dont l’intérêt et la lenteur sont frustrantes à l’extrême. Pour le moment sans aucun doute la série à éviter.

Mad Men S01e11

Nous essayons difficilement de finir la première saison de Mad Men, commencée depuis plus d’un an. Il faut dire que cette série est assez spéciale, il ne se passe rien, ou presque, il n’y a pas de fil rouge, mais on se prend quand même au jeu. J’ai l’impression que cette fin de première saison commence enfin à se dénouer, avec notamment des évolutions professionnelles pour pas mal de personnages. On salue toujours autant la fidélité historique de l’histoire, un vrai régal.

Et c’est tout pour aujourd’hui. Vous regardez quoi, vous, en ce moment ?


L.A. Noire sur Xbox 360

aka oni dans Critiques, Jeu Vidéo le 20 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

À moins de vivre au fond d’un placard ou d’être totalement réfractaire à la culture vidéo-ludique, vous ne pouvez pas être passés à côté du phénomène annoncé qu’est le jeu L.A. Noire édité par Take Two pour le compte de Rockstar. Vendu comme une révolution technique et un pionnier d’un nouveau genre, le jeu de Team Bondi et Rockstar, réputés pour les GTA et plus récemment Red Dead Redemption , est sorti en mai sur PS3 et Xbox 360. Mais le titre est-il réellement à la hauteur de ces assertions ? En tout cas, il ne laisse pas indifférent. Synopsis.

L.A. Noire sur Xbox 360

1947, États-Unis, ville de Los Angeles. Cole Phelps, ancien G.I. décoré de retour de la campagne du Pacifique, travaille comme policier au L.A.P.D. (Los Angeles Police Department) comme simple troufion patrouilleur. Il lui faudra alors prendre des initiatives, résoudre des affaires afin de monter en grade et devenir inspecteur dans une des quatre grandes brigades de la ville (trafic, meurtre, mœurs, incendies criminels). Comme vous vous en doutez, vous passerez par les quatre au fil du jeu.

L’ambiance est celle de la « grande époque » du film noir américain, du thriller urbain un peu crasseux. Los Angeles est alors en pleine expansion, et on peut affirmer sans trop s’aventurer que le crime et la corruption y ont pignon sur rue. Les décors sont magnifiques, l’ambiance est excellente, rien à dire à ce niveau, en particulier la ville sous la nuit. Une immense partie de L.A. est restituée, ainsi que plusieurs lieux historiques, et chaque rue et passant fourmillent de petits détails d’époque, avec le début de ce qu’on appellera plus tard l’American Way of Life (panneaux publicitaires, enseignes, devantures…)

On retrouve sans mal l’inspiration de GTA puisqu’on peut se balader librement dans toute la ville et réquisitionner n’importe quelle voiture qui passe. Et ce sont pas moins de 95 véhicules d’époque, dont beaucoup sont cachés, que vous pourrez débloquer et conduire. Et franchement, y a pas à dire, conduire une vieille Buick ou une Lincoln, ça a plus la classe qu’une Clio. Au niveau des véhicules cachés, vous aurez la joie de mettre la main sur des concepts cars telles qu’une Scout Scarab ou d’une Phantom Corsair, bref, rien à dire à ce niveau, les voitures sont superbement réalisés.

Fusillades dans L.A. Noire sur Xbox 360

Les fusillades sont généralement courtes, et surtout très scénarisées

En revanche, il faut bien dire que contrairement à la référence sus-citée, la ville présentée par L.A. Noire est un peu vide. Grande carte et liberté de déplacement ne veulent pas dire GTA, et il faut bien avouer qu’il n’y a aucun intérêt autre que la conduite à se balader dans la ville : pas de quête cachée, de mini-jobs… Ce vide tient au fait que le jeu présente des ressemblances avec un film interactif : L.A. Noire suit une trame définie, et l’apparente liberté de jeu cache en fait une aventure très dirigée, à des années-lumières d’un GTA des années 40 donc. On notera tout de même l’existence des « délits », une quarantaine de mini-quêtes qui se déclenchent aléatoirement et que vous pouvez choisir d’ignorer. Bien qu’il y ait un réel effort fait par les développeurs pour les justifier et les contextualiser, ils se ressemblent tous plus ou moins et se terminent soit en poursuite, soit en fusillade.

Mais le véritable corps du jeu ne se situe pas là. L.A. Noire est avant tout un jeu d’enquête. Ainsi, à chaque affaire que Phelps se verra assigner, il devra avant tout se rendre sur les lieux du crime ou du délit avec son partenaire, chercher des indices, interroger les témoins, enquêter sur les nouveaux lieux qui en ressortent, trouver des preuves et tenter de faire avouer les suspects. Deux grandes phases se dégagent lors de l’enquête : recherche d’indices/preuves et interrogatoires. La première phase est relativement basique ; sur une scène de crime ou dans un lieu suspect, vous devez tenter de trouver des objets reliés à l’affaire et vous en servir pour avancer. Cela peut être une carte de visite, l’arme du crime, une trace de pas, bref, un indice.

La recherche est bien faite (vous devrez inspecter plus minutieusement certains objets, d’autres sont totalement inutiles…), mais un peu trop facile (sauf peut-être sur la fin du jeu). Les scènes de recherche sont plutôt restreintes, et vous avez en prime droit à deux aides ; une musique qui cesse de jouer lorsque vous avez trouvé tous les indices du coin, et surtout une option qui déclenche un son dès que vous passez près d’un indice. A désactiver absolument : sinon, il ne reste plus qu’à balader votre personnage en rond en attendant que votre manette vibre. A n’utiliser qu’en cas de blocage absolu ou vous allez gâcher le jeu. Remarquez que rien ne vous empêche de matraquer le bouton A de votre manette en tournant en rond, mais bon, le jeu perd de sa saveur en faisant ça…

Indices L.A. Noire sur Xbox 360

On retrouvera de nombreux indices, dont des papiers à lire. Attention, il ne suffit pas de les ouvrir pour les lire !

Attardons-nous maintenant sur Le point principal du jeu, plus important que la conduite des voitures de collection et mieux réalisé que la recherche d’indices : l’interrogatoire. Si L.A. Noire a fait autant de bruit, c’est grâce à la nouvelle technologie que le jeu utilise, le « motion-scan« , une technique qui permet en quelque sorte de transposer directement le jeu d’un acteur sur son alter ego virtuel, afin d’obtenir un rendu ultra-réaliste, de sorte que les expressions des protagonistes du jeu sont totalement naturelles et crédibles. Et il faut bien avouer que le résultat est bluffant. Ça va être très dur de passer après L.A. Noire sur ce point tant le rendu est parfait. Le jeu des acteurs est plutôt bon, et les éditeurs ont eu le bon goût de laisser la version anglaise des dialogues, Rockstar oblige.

Sur ce point d’ailleurs, les sous-titres sont quelque peu pénibles lorsqu’on lit un document, car leur vitesse de défilement est très lente, et il faut attendre que tout soit passé pour que le jeu considère que le document est « officiellement » lu. La traduction est plus ou moins fidèle, disons qu’elle est un peu édulcorée et que les noms des affaires ont été très librement traduits. Cela permet cependant d’apprécier quelques références qui nous auraient sans doute échappé sans cela.

Pour revenir aux interrogatoires, le but est de poser des questions et de déterminer si le suspect ou le témoin dit la vérité. Trois options s’offrent à vous pour chaque réponse donnée : vérité, doute ou mensonge (ce dernier devant être justifié par une preuve). Cela peut sembler un peu fruste, mais ça marche extrêmement bien ! On se prend à guetter le moindre regard en biais, la moindre torsion de lèvre, à recouper nos preuves en consultant le carnet récapitulatif (très ergonomique, au passage)… Bon, certes, les acteurs (vous en reconnaîtrez sans doute quelques-uns…) surjouent un chouïa pour que ce ne soit pas impossible, mais les interrogatoires n’en sont pas faciles pour autant.

Carnet de L.A. Noire sur Xbox 360

Un carnet permet au joueur de jeter un œil à toutes les informations de l'enquête : lieux, personnages, relations, indices...

C’est d’ailleurs la partie la moins facile d’un jeu extrêmement accessible ; les scènes d’actions qui entrecoupent les affaires servent surtout à donner du rythme au jeu, et elles remplissent leur rôle, mais sans plus. Aucune ne constitue de vrai défi – et elles peuvent d’ailleurs être simplement sautées. Non, les interrogatoires sont la colonne vertébrale du jeu ; pas évidents, utilisant efficacement le motion-scan, ils valent d’acheter le jeu à eux seuls. Néanmoins, cette technologie semble particulièrement coûteuse et il est peu probable qu’elle fasse énormément d’émules.

Niveau jouabilité, le personnage est quelque peu balourd, un peu pataud, pas très agréable à diriger ; mais ce n’est pas comme si on en avait vraiment besoin, et Cole Phelps bénéficie d’une direction assistée très pratique lors des courses poursuites. Idem lors des fusillades ; Phelps est difficile à manier, à bouger, mais la visée est assistée, la barre de vie se régénère… Encore une fois, la facilité est voulue, l’action n’est là que pour rythmer les enquêtes. Au niveau de la conduite, la maniabilité est déjà bien meilleure, quoiqu’encore un peu lourde – mais bon, ça, c’est peut-être ma propension innée à me prendre tous les murs et autres conducteurs. Au passage, les lampadaires de Los Angeles sont plutôt fragiles.

Le scénario général est bien fait, je ne peux pas trop en dire pour éviter de spoiler, mais disons que Phelps a une personnalité un peu plus complexe qu’un simple héros de guerre de série B – on en apprendra plus sur le passé du personnage lors de flashbacks joués entre les différentes enquêtes. Vous constaterez d’ailleurs également que les affaires ne sont pas toutes indépendantes les unes des autres ou que certains personnages et/ou affaires sont inspirés de la réalité. Et la fin est digne de ce qu’on attend d’un bon film noir… Bref, sans trop m’y attarder, un scénario qui ne brille pas par son énorme complexité, mais qui est assez fouillé pour ne pas tomber dans le trop convenu et assez prenant pour qu’on veuille savoir la suite.

Ecran de Mission dans L.A. Noire sur Xbox 360

Chaque nouvelle mission est introduite par une petite cinématique du méfait, et par son titre. Parfois plus ou moins bien traduit d'ailleurs.

La durée de vie est honorable – le jeu fait certes 3 CD, mais ne comptez pas plus d’une vingtaine d’heures, disons vingt-cinq si vous prenez votre temps et vous occupez de tous les délits, ce qui reste tout de même au-dessus de beaucoup de jeux. En revanche, le jeu pêche côté rejouabilité. Certes, vous pouvez toujours rejouer pour trouver tous les indices et mener les interrogatoires sans vous tromper, mais le seul intérêt est d’obtenir un meilleur classement de l’affaire (de une à cinq étoiles), ce qui s’apparente pour moi plus à du scoring qu’autre chose, et je ne suis pas fan de scoring. Si l’on connaît l’histoire, l’emplacement des indices principaux et les rebondissements de l’affaire, quel intérêt de la rejouer ? Ce n’est que mon opinion, mais pour moi, la rejouabilité est quasi-nulle.

Un dernier mot sur la bande son, juste parfaite ; elle est surtout constituée de morceaux de jazz très bien choisis, qui collent parfaitement bien avec le jeu – rouler dans le Los Angeles de 1947 avec du Dizzie Gillespie ou du Louis Armstrong, c’est juste aussi génial que stéréotypé. Sans faute sur ce point.

En conclusion, L.A. Noire n’est peut-être pas le séisme vidéoludique annoncé, mais c’est un jeu particulièrement bon ; le motion-scan est parfaitement utilisé, il sert l’intrigue sans phagocyter le jeu. Très original, à l’ambiance particulièrement bien rendue, surtout pour les amateurs de polars urbains du genre de ceux d’Ed McBain, il n’est pas exempt de défauts, en particulier le dirigisme camouflé du jeu, mais il vaut définitivement le coup.


Deus in Machina de John Scalzi

Serafina dans Critiques, Livres le 19 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Deus in Machina est un court roman de 140 pages, on pourrait même dire une novella, de John Scalzi sorti en 2009 dans la langue de Shakespeare et publié en 2011 aux éditions l’Atalante avec une traduction signée Mikael Cabon. Il s’agit d’un roman totalement indépendant de son autre série , Le vieil Homme et la Guerre. Malgré une couverture de Vincent Chong qui me rebutais plutôt, j’ai eu envie de le lire car cela faisait un moment que je n’avais pas lu de roman de Science Fiction. Synopsis ?

Deus in Machina de John Scalzi

Les Dieux existent. Ils étaient plusieurs, se sont battus, et un a gagné. Les autres ont été réduits en esclavage. Les dieux sont les moteurs des vaisseaux spatiaux traversant les galaxies. La science n’existe plus, la foi domine le monde. On suit Ean, le commandant du Vertueux, dont le dieu est fourbe et vicieux.

En réalité le postulat de base, ces dieux vaincus et l’omniprésence de la foi, n’est pas aisé à saisir en premier lieu. En effet, comme dans la plupart des novella, on est propulsé au milieu de l’action, sans présentation du monde, c’est à nous de recoller les différents morceaux pour avoir une idée un tant soit peu correcte de l’état du monde. J’ai trouvé le monde assez original, ces dieux vaincus qui ont remplacés les machines, c’est quelque chose qu’on ne rencontre pas souvent, et qui pouvait amener à de nombreux points intéressants.

Le style ne m’a pas foncièrement marqué de John Scalzi, il n’a rien de réellement notable, mais a le mérite d’être clair. Je ne sais si c’est du fait de la traduction de Mikael Cabon, mais c’est très direct voir parfois un peu haché. Sans que j’ai trouvé cela particulièrement dérangeant pour autant. Du fait du format très court, forcément les personnages sont assez peu nombreux et pas forcément très développés. Cependant, l’univers mis en place par l’auteur prend très vite corps, et il est assez facile de se plonger dedans. On est face à un univers ultra-religieux mais qui sur certains points n’est pas sans rappeler Firefly, notamment par le personnage du Corbeau, qui m’a fait penser à la prostituée de la série de Joss Whedon, le tout mélangé à du Hyperion de Dan Simons. J’ai trouvé l’univers facile à imaginer et facile à intégrer, malgré le flou entourant la foi pendant les premiers chapitres. Le problème c’est que l’intrigue est du coup assez télescopée, format très court oblige, et on a l’impression que cela se passe très vite.

Deus in Machina de John ScalziComme tout bon roman de Science-Fiction voire Anticipation qui se respecte, Deus in Machina est une critique de la société, et veut nous faire réfléchir. Le problème c’est évidemment que lorsqu’on est face à un monde aussi religieux, la critique va forcément porter sur la religion. Et dans le cas présent, à mon avis, la morale est beaucoup trop manichéenne et basiquement « anti-religieuse ». Ce manichéisme m’a beaucoup déplu et déçu. Je pense qu’un sujet comme la religion est de toute manière très difficile à traiter de manière correcte en 140 page. Dans le genre, mieux vaut un Dune, mais on est évidement pas dans la même catégorie de bouquins.

En somme, Deus in Machina de John Scalzi partait d’un bon postulat, avec un très bon monde, mais le format est bien trop court pour un sujet d’une telle ampleur, et on a plutôt l’impression d’être face à un pétard mouillé. Dommage. Cependant, au vu de l’imagination et du monde très crédible, nul doute que je relirais des romans de cet auteur si l’occasion se présente.


C’est Lundi, que lisez vous ? #9

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 18 juillet 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Chargée celle ci, d’ailleurs.

dabYo

Cette semaine aura été un peu particulière, car j’ai fait ce que je me retiens toujours de faire: lire deux livres en parallèle. La semaine a d’abord commencé avec Palimpseste de Charles Stross. Il s’agit d’un roman orienté jeunesse de Science Fiction tout juste publié par J’ai Lu dans sa collection Nouveaux Millénaires. Il a remporté le Prix Hugo 2010, mais je dois avouer qu’il me laisse perplexe. Balancer des mots scientifiques à tout va ne rend pas un bouquin crédible pour autant, et c’est pourtant ce qu’il se passe ici. L’histoire est très intéressante, mais je n’arrive pas à entrer dans le livre. Pourtant j’en ai déjà lu la moitié. A voir avec la suite.

A Dance With Dragons de George R.R. MartinEt, vous vous en doutez bien, faible que je suis, j’ai fini par me procurer A Dance With Dragons de George R.R. Martin. Il s’agit donc bel et bien de la suite du Trône de Fer, en version originale cette fois. Le livre est sublime, vraiment, et il ne rougira pas d’une comparaison avec les éditions adultes de Harry Potter. Je n’ai lu que le prologue et le premier chapitre, mais c’est vraiment bon de repartir sur les terres de Westeros. L’anglais utilisé par Martin n’est pas trop compliqué, et malgré mon manque de lecture en version originale, j’arrive pour le moment bien à suivre l’action. Donc si vous êtes assez à l’aise avec l’anglais mais hésitez à sauter le pas, ça ne vous posera pas de problème. Sinon, je devrai refaire un point sur la sortie du tome 13 du Trône de Fer en France dans les jours à venir.

On fini avec deux ouvrages dessinés, d’abord le tome 1 du comic Locke & Key, très sympathique, et la BD franco-belge Lord of Burger, un poil plus classique mais tout aussi sympathique. J’en reparlerai bientôt en chronique.

illman

Le Héros des Siècles, Fils-de-Brume, de Brandon SandersonJ’ai terminé la trilogie de Sanderson, Fils-des-Brumes, avec le Héros des siècles. Un tome excellent mais qui part un petit peu dans la surenchère de pouvoir et de dieux à mon humble avis, il n’en demeure pas moins un must have à mes yeux.

J’ai commencé à lire le tome 3 du Donjon de Naheulbeuk: Le conseil de Suak. C’est sympa, un peu drôle et puis bon ça fait dix ans que je suis les pérégrinations de ces personnages, à force on s’attache. Une fois que j’aurai fini ça, je pourrais m’atteler à Metro 2034. J’ai eu aussi pas mal de manga et de comics à mon anniversaire, si j’ai le courage j’en ferai bien des articles pour iiD.

Serafina

Je suis une mauvaise élève. Comme je vous le disais la semaine dernière j’ai commencé le tome 2 des Mystères de Harper Connelly Pièges d’Outre-Tombes de Charlaine Harris. Il me reste 25 pages avant de le finir. Le roman est clairement à la hauteur du premier et confirme la qualité de la série. C’est une petite enquête policière, sans atermoiement, sans trop de romance, c’est simple et efficace. Bref je vous recommande cette série, meme si vous n’avez pas aimé son autre série de Bit Lit, La Communauté du Sud.

vampire kisses 2 par Ellen Shreiber Mais voilà, je n’ai pas su résister et j’ai entamé en parallèle Kissing Coffins, le tome 2 de Vampire Kisses. Renommé en Cercueil Blues pour la VF pour une raison que j’ignore, il vient de sortir aux éditions Castelmore, le label jeunesse de Bragelonne. Je l’avais déjà commencé en anglais mais comme j’adore la série, j’ai succombé. C’est toujours un plaisir de retrouver Raven et sa bonne humeur. Seul bémol, je trouve la traduction française assez moyenne sur de nombreuses expressions. Il me reste 50 pages, et on en reparlera donc bientôt. Si vous ne connaissez pas, je vous invite à lire ma chronique du premier tome de Vampire Kisses.

Et ensuite, je suis tombée sur une Fnac qui vendait des bouquins de chez Camion Noir, un éditeur que j’adore, j’ai donc acheté Le Black Metal Satanique : les seigneurs du chaos, que j’ai entamé dans la foulée. Ce n’est pas un roman de Fantasy, mais bel et bien une étude du milieu du Black Metal en Norvège et de ses origines, de son histoire. J’en suis à la moitié et c’est vraiment passionnant si vous vous intéressez à cette musique ou à ce milieu. Là aussi on en reparlera.

Cette semaine, j’espère bien finir tous ces livres entamés !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM#28: Sick Bubblegum de Rob Zombie

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

Serafina dans Coup de Coeur, Musique le 17 juillet 2011, avec 1 commentaire

Il arrive parfois qu’un concert que l’on redécouvre un morceau d’un artiste, même lorsqu’on le connaît déjà bien. C’est plus ou moins ce qu’il s’est passé lors du passage de Rob Zombie au Hellfest 2011. Le leader du défunt groupe White Zombie, qui continue sa carrière en solo depuis, a en effet joué ce sublime morceau qu’est Sick Bubblegum en live.

Derrière ce titre assez mystérieux se cache sans aucun doute son plus grand hymne, Rock Motherfucker, Rock, Motherfucker. Des paroles recherchées comme on les aime, à crier en rythme dans le feu de l’action. Le clip, quant à lui, est des plus banales, surtout lorsqu’on considère que c’est un clip pour Rob Zombie. Car on avait été habitué à plus original qu’une simple vidéo de musiciens, aussi épileptique soit elle.


Autour de Londres de Lydie Blaizot

Serafina dans Critiques, Livres le 15 juillet 2011, avec 2 commentaires
Critiques

J’avais découvert Lydie Blaizot l’année dernière avec son roman La Maison de Londres sorti aux éditions du Petit Caveau. Un roman de Fantastique avec des vampires qui m’avait fort plu. Je m’attendais à ce que ce second titre, Autour de Londres, soit une suite directe du roman, mais en fait non. Il s’agit ici d’un recueil de nouvelles qui se déroule dans le même univers, certaines reprenant les mêmes personnages que le premier roman, parfois personnages principaux ou non. De ce fait il n’y aura pas de synopsis.

Autour de Londres de Lydie Blaizot

Bien que les nouvelles ne soient pas des suites directes, et se passent même souvent avant le roman paru l’année dernière, il me semble nécessaire d’avoir lu La Maison de Londres avant de commencer cet ouvrage. En effet, on risque sinon d’être un peu perdu au niveau du fonctionnement des vampires dans cet univers, la Maison de Londres, ou les Trois Mousquetaires ne sont pas réellement ré-expliqués. Ce n’est pas une condition obligatoire, mais je pense que c’est mieux pour tout comprendre.

On retrouve donc avec ce recueil le style très agréable de Lydie Blaizot. Celui ci est fluide, les descriptions passent bien et les actions sont bien rendues. Elle décrit à merveille le Londres  (et ses alentours) de  la fin du XIXème siècle, et vous vous en doutez, j’adore cette époque. En réalité, la progression est chronologique au cours des huit nouvelles, la première se déroulant en 1795 pour s’achever avec la dernière en 1895. Près d’un siècle de vampires, avec évidemment des personnages récurrents.

Les nouvelles font chacune quelques dizaines de pages, des longueurs que j’ai trouvé idéales, pas trop courtes pour ne pas trop condenser l’histoire sans être trop longues. On retrouve avec plaisir les personnages du premier roman mais aussi quelques nouveaux qui sont aussi plutôt bien décrits, et il est aisé de s’attacher à eux. Les héros des nouvelles, généralement vampires, sont assez variés, de la femme un peu bébête au vampire machiavélique.

Autour de Londres répond à un certain nombre d’interrogations qu’on pouvait avoir suite au premier opus : comment Jedediah est-il devenu Chef de la Maison de Londres, comment les 3 mousquetaires ont-ils été amenés à travailler ensemble, etc. Ça ne donne que plus de reliefs aux héros déjà appréciés dans le précédent roman.

Autour de Londres de Lydie BlaizotSi je suis généralement plutôt contente de la qualité des romans, en tant que livres, des éditions du Petit Caveau, je dois dire que j’ai été assez déçue. D’abord de la couverture, que je trouve un peu simpliste, mais surtout des dessins à l’intérieur.

En effet, il y ‘a un certain nombre de dessins entre les pages, qui représentent chacun des personnages. Si l’idée est bonne, le problème viendrait plutôt du niveau des dessins, ce dernier est quand même très discutable et donne un coté un peu amateur au bouquin. C’est dommage. Avec l’absence d’éléments explicatifs cités ci-dessus, ce seront quasiment les seuls reproches que je ferais au bouquin.

Car Lydie Blaizot utilise habilement le format des nouvelles pour étoffer son mythe vampirique, nous en présentant diverses facettes. C’est aussi l’occasion de creuser les personnages et scènes déjà entraperçues dans le roman La Maison de Londres. Nul doute que l’auteur a là matière à faire une série de livres sur ce thème. Je ne sais pas si c’est au programme mais je l’espère. En tout cas, si vous avez aimé La Maison de Londres, ne passez surtout pas à coté de ce recueil ! Et si vous n’êtes pas encore entré dans cet univers, je vous invite à le faire.


Silence, ça tourne ! #1

Chaque semaine notre avis sur les films et séries du moment

dabYo dans Actualités, Films le 14 juillet 2011, avec 6 commentaires
Actualités

Fort de la bonne expérience qu’est C’est Lundi, que lisez vous ? qui nous a permis de parler de toutes nos lectures, voir même celles que nous chroniquerons pas, on a décidé d’étendre un peu le principe. Un autre « rendez vous » donc, mais pour parler de ce qu’on regarde. Car vous vous en doutez, nous ne faisons pas que lire. Et en général, beaucoup de ce que nous regardons n’arrive jamais sur les colonnes d’if is Dead. Le manque de temps d’en faire une chronique, le fait d’abandonner la série avant de l’avoir terminée… Bref, vous saviez qu’on avait vu les deux premiers épisodes de Camelot ? Non ? Bon, vous n’avez pas raté grand chose… Sauf peut être quelques piques cinglantes.

True Blood Saison 4

True Blood Saison 4True Blood vient remplacer Game Of Thrones dans les séries HBO à suivre. Après une saison 3 qui était sympathique, sans pour autant susciter autant d’intérêt que la précédente, il semblerait que la série continue dans sa droite ligne. Il aura fallu le troisième épisode de la saison pour arriver au début du tome 4 correspondant en roman.

Comme prévu, True Blood mise beaucoup sur Eric, et sur le jeu de son interprète Alexander Skarsgård. Alors évidemment, quand on est une fangrill comme Serafina, ça marche, mais pour le reste ça sonne surtout assez creux pour l’instant.

On suit plus par habitude que par réel intérêt, dommage.

Band of Brothers

A l’occasion de sa rediffusion sur France 4 nous avons décidé de nous refaire l’intégrale de Band of Brothers (Frères d’Armes en français), dont nous avions acheté l’édition collector il y a deux ans. Même au 5ème visionnage la série garde sa force intacte et est très épique. On se raccroche très vite aux personnages et certains épisodes particulièrement oppressants sont une vraie épreuve à regarder.

Mention spéciale à l’éprouvant épisode 6, Bastogne. Pour l’occasion, on chroniquera la série ici, histoire de vous en faire profiter un peu plus. Mais si vous ne l’avez toujours pas vu, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Et c’est tout pour aujourd’hui. Vous regardez quoi, vous, en ce moment ?


La Tour des Illusions de Anthelme Hauchecorne

Serafina dans Critiques, Livres le 13 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

La Tour des Illusions est un roman français, paru pour la première fois en 2008 aux éditions l’Atelier de Presse et édité en Janvier 2011 par les éditions Lokomodo au format poche. C’était là le premier roman de Anthelme Hauchecorne, qui va mêler Fantastique et Science Fiction. Je dois avouer que j’ai choisi le livre un peu par hasard, l’auteur avait sympathique sur sa photo de présentation et Terry Pratchett était cité dans les influences. Serait-ce un bon choix ? Synopsis.

La Tour des Illusions de Anthelme Hauchecorne

Myriam fuit son mari, violent, et trouve refuge avec sa fille dans un squat de SDFs. Parmi les démunis se trouve Justin. Justin qui a l’air bien bourru mais qui parfois laisse entrevoir un coté très cultivé. Nul doute qu’il cache quelque chose de pas très net. Pendant ce temps, à la campagne, un milliardaire excentrique semble mener des expériences douteuses et sans le moindre contrôle. Et si tout était lié ?

Il faut dire que la couverture de Mathieu Coudray n’était pas spécialement ce qui m’attirait le plus, mais avec seulement 250 pages écrites assez grosses, je me disais « pourquoi pas ». Et finalement, ce roman sera l’un des grosses claques de ce premier semestre. Je n’en attendais pas bien grand chose, et j’ai été épatée. Tout d’abord le style d’Anthelme Hauchecorne qui est extrêmement fluide, l’auteur manie très bien la langue française. Les références Pratchettienes ne sont pas usurpée, car on sent clairement l’influence que cela soit dans les tournures parfois alambiquées des phrases ou les fameuses notes en bas de page. Et évidemment l’humour pince sans rire, so british.

L’auteur français est cependant bien plus direct et emploi fréquemment de l’argot. Il a donc une sorte de double facette : l’élégance Pratchettienne et la gouaille qui, au final, va très bien aux personnages. Là où Pratchett fait surtout des ouvrages légers, celui ci sait être glauque et dépeindre des scènes d’horreur absolues qui n’auraient pas dépareillé dans un roman de Splatterpunk ! On a l’impression de jongler entre deux genres totalement opposés, le roman d’humour et le roman d’horreur. Ce n’est pas le genre d’acrobaties faciles à mener, pourtant Anthelme Hauchecorne y arrive haut la main et avec une fluidité impressionnante.

La Tour des Illusions de Anthelme Hauchecorne

Une des autres forces du roman, ce sont les personnages. La plus grosse partie de La Tour des Illusions est une plongée au sein du milieu SDF. Les personnages sont tous très bien rendus sans tomber dans la caricature. Cela m’a un peu fait penser au roman de Yasmina Khadra que j’avais lu : l’Olympe des infortunes. Sauf que là, il y a un peu moins de poésie et plus de Fantastique. Du coup, au vu du milieu, il fallait s’y attendre, c’est aussi un roman engagé. On trouvera des citations de groupes punks voir anarchiques, mais cela s’intègre au final plutôt bien à l’histoire et les idées véhiculées (et partagées ou non par l’auteur, je n’en sais rien) ne sont pas un handicap à la lecture si on ne les partage pas.

La Tour des Illusions de Anthelme HauchecorneLe roman mélange volontiers les genres et si il est étiqueté Fantastique voir SF, il est aussi très proche du Thriller, dans l’horreur ou de la littérature populaire dans ce qu’elle a de plus basique et de plus dénonciatrice. Du coup le roman est lisible je pense par tous, même si vous n’êtes pas forcément fan de fantastique. Le scénario dans l’ensemble se tient plutôt bien, mais on ne peut pas dire qu’il ne tombe pas parfois dans la facilité ou la coïncidence un peu trop grosse.

Malgré cela, le style excellent et la fluidité de la narration fait que ses ficelles passent toutes seules. Bref, La Tour des Illusions est un roman de Fantastique que je vous conseille grandement, surtout si vous appréciez l’humour Pratchettien et que le coté engagé ne vous gène pas. Anthelme Hauchecorne est clairement un auteur que je suivrais assidument !


A l’occasion de la sortie de la série télévisée Game of Thrones, j’ai décidé de relire le premier tome de la série de George R. R. Martin. Et pour fêter la sortie du cinquième tome outre Atlantique que nous attendons depuis des mois, quoi de mieux qu’en publier la chronique ? Ce premier tome a été en France découpé en deux sous les titres Le Trône de Fer et Le Donjon Rouge, puis réunifié lors de la sortie des éditions intégrales par J’ai Lu avec une superbe illustration de Marc Simonetti. Il est sorti en 1996 aux États-Unis et la première et seule traduction française date de 1998, elle est réalisée par Jean Sola. Pour les quelques perdu du fond, synopsis ?

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 1, de George R. R. Martin

Le continent de Westeros a été unifié sous un seul roi, et actuellement c’est Robert Baratheon qui siège sur le Trône de Fer. Lorsque sa Main, sorte de premier ministre, meurt  il décide de faire appel à son ancien compagnon d’arme Lord Eddard Stark de Winterfell pour prendre la succession. Eddard doit donc quitter le nord, aller à la cour avec une partie de sa maison. Là-bas l’attendent luttes de pouvoirs, petits secrets et autres fourberies. Surtout que d’autres complots viennent de par delà les océans.

Faire le synopsis de ce premier tome, et de la série en général est incroyablement difficile et surtout incroyablement complexe. Le Trône de Fer est une série où chaque chapitre est narré du point de vue d’un des protagonistes, et des protagonistes il y en a beaucoup. On en suit plus d’une dizaine, dispersés aux quatre coins de Westeros mais aussi au delà des océans qui l’entourent. Cela peut faire peur, mais en réalité c’est une des grandes forces de ce roman.

Les personnages, très différents, permettant à chacun de trouver son préféré : on a le noble et droit Eddard, les saligauds sans foi ni loi, les jeunes filles innocentes, le bâtard paumé, bref, il y en a pour tous les goûts. Et comme tous ne sont pas intéressants en même temps, le fait que les passages « ennuyeux » ou lents soient intercalés avec des passages passionnants permettent de ne pas s’ennuyer à la lecture. C’est aussi une manière de rendre la lecture addictive, vu que chaque chapitre ou presque se termine par un cliffhanger qui, au fur et à mesure du tome, de la découverte de nouveaux éléments via d’autres personnages, devient de plus en plus insoutenable et nous force à avancer pour connaître la suite.

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 1, de George R. R. Martin

Sortie de Game Of Thrones oblige, J'ai Lu a commencé à remplacer la superbe illustration de Marc Simonetti par des images tirées de la série... Sad.

Évidemment, à la première lecture, il n’est pas aisé de retenir qui est avec qui et autres liens entre les personnages. Je dois dire que j’avais loupé certaines informations lors de m première lecture. Heureusement on prend vite le pli et une fois assimilées les maisons et leurs liens, la lecture devient très fluide. Ce premier tome est assez long, 800 pages en intégral je crois, ce qui fait que ce n’est pas juste un tome de présentation et de placement des pions. Les 200 premières pages maximum le sont, mais c’est tout, après on rentre réellement dans l’histoire.

Et cette histoire est loin d’être simple ou manichéenne. George R. R. Martin présente là une histoire très réaliste et très nuancée, qui n’est pas sans faire penser à la saga des Rois Maudits de Maurice Druon, sauf que l’on est dans de la Fantasy. Enfin, pour ce premier tome, la magie est assez peu présente et à part pour les saisons qui durent des années, on pourrait très bien être dans un univers médiéval fictif. Le roman est donc accessible aussi aux personnes pas vraiment fanes du genre.

Cet aspect médiéval est très fortement renforcé par la traduction de Jean Sola. Le style original de George R.R. Martin est décrit comme assez sobre, voir simple, alors que la version française use (et abuse) de termes désuets ou de tournures de phrases vieillottes. Je sais que cette traduction divise les fans du Trône de Fer en France. Voir même rebute certains lecteurs, même dans nos rangs. Mais personnellement je l’aime énormément. Il est vrai que certaines traductions sont maladroites, que certaines phrases sont parfois incompréhensibles, mais malgré tout je trouve que le style désuet est une des forces du roman. C’est un argument de plus qui démarque Le Trône de Fer du reste de la Fantasy. Certains le verrons comme une trahison envers l’auteur, pas nous.

Le Trône de Fer Tome 1 de George R.R. Martin par Oliver Frot

La série des tomes individuels chez J'ai Lu été illustrée par Oliver Frot. Ici le premier tome.

Ce premier tome alterne les ambiances, un peu d’humour, du drame, de l’épique, je pense que tous ceux qui aiment les grands romans, ceux qui vous font trembler pour vos héros et vous tiennent en haleine jusqu’au bout pourront se jeter sans crainte dessus. Si il apparait au départ plus comme un bon roman sans être le chef d’œuvre qu’il est pourtant, pour moi le réel tournant se déroule vers le dernier quart du roman, avec un événement absolument inattendu qui montre à quel point la série de Martin est différente de toutes les autres.

L’auteur n’a aucune complaisance et n’obéit à aucun des schémas prédéfinis qu’on pourrait attendre. Cet événement, que les gens qui ont lu devinent fort bien, est pour moi l’un des chocs littéraires les plus forts que j’ai pu lire… avec un autre moment, se déroulant dans la même série un peu plus tard. Une scène inattendue, surréaliste et tellement incroyable qu’on passe les chapitres suivant à ce dire « non, ce n’est pas possible ». Et pourtant si. Ce genre de claques, peu de romans savent les amener et les gérer de façon cohérente, grâce à des éléments amenés intelligemment dans les pages précédentes. Le Trône de Fer est de ceux là.

Le Trône de Fer, Intégrale Tome 1, de George R. R. MartinEnfin, si la première lecture est une réelle découverte et une vraie claque, il faut bien le dire, la relecture est aussi jouissive que la première. On a beau connaitre les rebondissements, s’y préparer, on découvre de nouvelles choses et on comprend que certains événements qui se déroulent bien plus tard étaient déjà visibles à ce moment, juste là, sous notre nez.

Au final, il est bien difficile de faire une réelle chronique de ce premier tome du Trône de Fer. Je ne dirais qu’une chose, vous devez lire cette série, même si vous n’aimez pas trop la Fantasy, même si son style archaïque vous en détourne au début, et surtout si vous pensez avoir tout lu et vu dans le genre. Martin signe là un des chefs d’œuvre du genre, qui dépasse d’ailleurs les simples bornes de la Fantasy. D’autant que l’édition tant attendue des intégrales vous permet de bénéficier du découpage originel, bien mieux ficelé et beaucoup plus logique, et qu’avec la sortie prochaine du tome 13, le spectacle reprend pour notre plus grand plaisir.