Dernièrement sur if is Dead:

Nous avions chroniqué le manuel des joueurs du jeu de rôles Metal Adventures sur if is Dead il y a quelque temps. Il était temps de mettre tout ça en pratique autour de la table de jeu. J’ai donc préparé le scénario officiel disponible sur le site de l’éditeur, Il faut sauver Rosa Maria. La séance s’est déroulée en trois étapes, la création de personnages, l’explication des grands mécanismes de jeu et enfin le déroulement du scénario.

Metal Adventures

Le point de vue du Maître de Jeu - illman

Nous étions cinq autour de la table pour notre partie test de Metal Adventures. Voulant démontrer que la création des personnages était simple et rapide, je n’ai pas utilisé les personnages pré-tirés et force est de constater qu’en trois quart d’heure les quatre avatars de mes joueurs étaient prêt à s’aventurer dans l’espace.

Metal Adventures - Guide des JoueursJ’ai donc pu mettre en pratique ce que j’avais compris des règles, le début de partie a été un peu laborieux, j’étais complètement passé à coté du jet d’initiative. Après quelques soubresauts j’ai pu me lancer sans trop me soucier des règles, suffisamment souple d’utilisation pour n’étouffer ni maître de jeu, ni joueurs.

Concernant le Metal Faktor, un pot de cinquante dés permet de fluidifier les phases d’actions, je me voyais mal gérer les échanges de dés sur un papier. Dans le feu de l’action ce système permet bien de rajouter de la tension et du suspens, je penses que c’est un vrai plus à exploiter dans de futures parties.

Au final je regrette de ne pas avoir assez approfondi les règles de combat spatial, qui représentent une belle part du bouquin. Je ne m’en étais pas soucié outre mesure, le scénario ne proposant que vers sa fin de nous plonger dans de telles situations. Manque de bol, mes joueurs ont étaient ultra rapides (et chanceux), du coup j’ai un peu (beaucoup) improvisé. Expérience à retenter juste pour tâter des batailles spatiales.

Le point de vue des joueurs

Whysy - Heavy Law – Point de vue rapide côté joueur après une petite soirée test de Metal Adventures, jeu de rôle mélangeant espace et piraterie !

La création des personnages se fait assez vite et de façon relativement simple par rapport à d’autres JDR bien connus. Le système de jeu est aussi assez simple et permet de jouer assez rapidement sans trop se compliquer la vie avec des points de règles obscurs.

Les batailles spatiales ont l’air assez complètes au niveau des règles. On a pas pu trop approfondir ce point, à voir sur un autre scénario. Du positif au final en tant que joueur, l’univers est sympa et les règles laissent suffisamment de liberté pour s’amuser rapidement.

Serafina - Comme tout le monde, j’ai vraiment apprécié le fait que la création de personnages soit aussi rapide et facile. De même les règles sont assez faciles à assimiler, de ce fait, même pour un joueur très occasionnel comme moi il est très aisé de rentrer dans le jeu.

L’univers est très sympathique et on arrive très facilement à se l’approprier. Donc en gros, mon avis est positif, on rentre bien dedans, le scénario proposé sur le site a été terminé en une soirée, car nous sommes chanceux, mais c’est pas plus mal dans le sens où on ne se voit pas tous régulièrement.

Metal Adventures sur if is Dead

dabYo - Je ne reviendrais pas à mon tour sur la création des personnages, mais surtout ce qui m’a carrément plu: le Metal Faktor. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les 50 dés ne sont finalement pas un si gros problème. Il suffit de se retrouver avec deux joueurs de trucs pas très catholiques (illman et Whysy dans notre cas) pour vite arriver au compte. Et qu’est ce que ces lancés de dés sont jouissifs.

La gestion du Metal Faktor, que ce soit côté Joueurs ou Maître de Jeu est vraiment intéressante, et j’imagine déjà les possibilités que cela peut amener, que ce soit en lutte avec le Maître du Jeu, ou simplement lors de différends au sein de l’équipe. Mon seul regret, ce serait de n’avoir pas pu entrevoir les batailles spatiales.

En tout cas, on rentre très vite dans cet univers qui il faut l’avouer, est plus qu’attirant.

LuxtExMachina - J’ai trouvé le jeu assez intéressant. L’univers bien que classique à mon goût apporte assez de différences au niveau des races pour rendre l’équipe diversifiée. La création des personnages est vraiment simple et rapide permettant de jouer rapidement lors de la première partie, même si je trouve dommage qu’on ne puisse pas choisir son équipement.

Au niveau du jeu, ayant créé un bourrin de base, la sensation de bourrinage est bien présente et je dois dire que c’est toujours aussi jouissif de tuer un ennemi en un coup. Je trouve le système du Metal Faktor bien pensé, permettant de nous sortir de situations délicates pour ensuite se retrouver dans le pétrin. Cela amène un peu de stratégie supplémentaire même s’il y est possible de ne pas s’en servir.

J’ai apprécié la partie et le jeu semble bon sur le peu que nous avons pu tester, malgré quelques manques de règles au niveau des actions réalisables.


C’est Lundi, que lisez vous ? #23

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 31 octobre 2011, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

J’ai donc continué ma lecture du nouveau roman de Mathieu Gaborit, Chronique du Soupir. J’ai fini par découvrir les trois différents points de vue de l’histoire, qui vont sans doute finir par se rejoindre. Et c’est bien là tout le problème.

On a trois destins qui semblent aussi être trois personnages de races différentes, et j’ai peur de me retrouver face à une sorte de troupe, cliché de la Fantasy. D’autant que les héros nains, bien qu’il s’agisse ici d’une femme, ne m’ont jamais bien passionné.

Serafina

Frissons d’Outre-Tombe, le tome 2 des Mystères de Harper Connelly par Charlaine HarrisCette semaine, comme prévu j’ai terminé Frissons d’Outre-Tombe, le tome 2 des Mystères de Harper Connelly par Charlaine Harris. Le tome est bon jusqu’au bout et j’ai vraiment hâte de lire la suite.

J’ai aussi avancé la lecture des Larmes Rouges de Georgia Caldera, qui pour le moment confirme ma très bonne impression.

Ayant besoin d’un poche à lire dans les transports, j’ai opté pour le deuxième tome de Alpha et Omega, la série de Patricia Briggs dont je vous dirai bientôt tout le bien que j’en pense. J’en suis à plus de la moitié et j’y retrouve toutes les qualité du premier tome : des personnages fins, des histoires intéressantes et qui ne sont pas parasitées par de la romance à deux balles. A suivre !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM#34: Sabotage, Beastie Boys cover, de Cancer Bats

Actualité ou Coup de coeur, c'est le morceau du moment

illman dans Coup de Coeur, Musique le 30 octobre 2011, avec aucun commentaire

Pour mon premier MdM que c’est le mien à moi, j’ai choisi un morceau des Beastie Boys qui a été repris par le groupe de Hardcore Cancer Bats. Les deux clips sont des petites histoires.

Celui des Beasties fait policier des années 70, une ambiance moustachue en perspective. Le tout mettant en scène des filatures bidons et des course poursuite bien kitsch. On commence avec l’original donc, sortez les moustaches et les gyrophares.

L’histoire du clip de Cancer Bats est franchement marrante : les coreux veulent faire un clip pour sa reprise de Sabotage, et pour ça ils voudraient avoir les fameux beastie boys en guest-star. Les membres du groupe se lancent alors dans une sorte de chasse à l’homme débile dans la ville, j’ai adoré.

Je pense que les deux sont à voir au moins une fois dans sa vie, rien que pour l’ambiance décalé.


Vampireville est le troisième tome de Vampire Kisses, une série de Bit-Lit à destination jeunesse que je vous ai déjà présenté à plusieurs reprises. Après un excellent premier tome, le deuxième m’avait un peu plus déçu, tout en restant cependant une lecture très agréable. J’ai donc enchainé sur la suite, toujours éditée par Castelmore et servi par une très jolie couverture très vampirique. Synopsis ?

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen Schreiber

Raven et Alexander fileraient le parfait amour… Si seulement Luna, l’ancienne promise d’Alexander n’était pas arrivée entre temps en ville. Celle ci, accompagnée de Jagger son frère jumeau vampirique risquerait bien de transformer en vampire des humains innocents pour s’amuser. Raven doit agir, avant que Dullsville ne se transforme peu à peu en Vampireville.

Le roman est encore une fois assez court, 200 pages à tout casser, et on retrouve à nouveau les caractéristiques des aventures de Raven : des romans rapides à lire, sans temps mort, sans trop de prétention, mais agréable à lire. En effet, comme toujours l’aventure bénéficie d’un certain nombre de « facilités », les intuitions de Raven sont souvent les bonnes. Mais le bon coté c’est que cela s’enchaine très bien sans que l’on ne s’ennuie à un seul moment.

Depuis le début, Vampire Kisses repose surtout sur ses personnages principaux : Raven et Alexander. Le problème c’est qu’ils n’évoluent pas énormément, voir pire, qu’ils perdent de leur fraicheur. En effet, les références à la culture sombre, l’une des originalités et des fraicheurs de la série, se faisaient déjà rares dans Cercueil Blues et sont quasiment introuvable dans ce troisième opus. Dommage. Raven reste cependant très attachante, avec ses rêves, ses illusions et sa bonne humeur d’adolescente.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen Schreiber

L’ajout de deux nouveaux personnages, vampires, permet de creuser un peu plus la version du vampire d’Ellen Schreiber, toujours avec beaucoup d’humour. On reste dans le cliché, ça dort dans des cercueils, mais c’est très plaisant. Les personnages sont tous très attachants, l’auteur réussit à les rendre très caractéristiques et très marqués en très peu de pages, ce qui est à saluer. C’est très visuel et du coup, cela m’étonne de moins en moins que la série ait été adaptée en manga, car cela s’y prête tout à fait : des héros avec de fortes différences, des personnalités nuancées et beaucoup de fraîcheur.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen SchreiberJ’ai lu la moitié du roman en version originale avant de le recommencer avec la sortie Castelmore, et cette fois ci, je dois dire que j’ai trouvé la traduction de Nenad Savic bien meilleure que pour le deuxième tome, avec moins de répétitions notamment. Cela augure donc du meilleur pour la suite. La traduction est fluide, cela se lit très bien, et je n’ai pas noté d’erreurs ou de maladresses.

Au final, Vampireville reste exactement dans le même type d’histoire que les deux tomes précédents. Cela se lit très vite, on ne s’ennuie pas. C’est une lecture qui repose, qui vous transporte dans le monde darkinou de Raven, et moi, j’aime. Si vous avez aimé les deux précédents, ruez vous sur ce troisième tome, vous ne serez absolument pas déçus.


La littérature russe du XIXème siècle est surtout connue au travers des grands noms que tout le monde a entendus: Dostoïevski, Tolstoï, GogolIvan Gontcharov (1812-1891) est quant à lui un peu moins connu en Europe, éclipsé par ses illustres collègues. Néanmoins, il est un élément majeur de cette période riche en écrivains célèbres. Fonctionnaire influent à son époque, il a écrit quelques œuvres importantes comme Frégate Pallas ou Le Ravin, mais reste avant tout connu pour son chef-d’œuvre, Oblomov, écrit en 1859.

Oblomov de Ivan Gontcharov

Ce titre est d’abord une partie intégrante de la culture russe. Roman incontournable, son personnage principal et éponyme, Ilia Ilytch Oblomov, est un véritable monument, que tout le monde connaît. Acclamé à sa sortie, y compris par Dostoïevski, qui pourtant n’appréciait pas du tout son auteur, Oblomov a toujours été reconnu comme un roman « capital » et « éblouissant », pour reprendre les qualificatifs de l’époque. Bref, un classique.

L’histoire racontée est celle d’Ilya Ilitch Oblomov (si si), petit propriétaire terrien vivant reclus à Saint-Pétersbourg. Sa particularité, c’est, non pas sa paresse, car ce n’est plus de paresse qu’il s’agit, mais son inaction absolue. De prime abord, Oblomov semble être simplement apathique. Incapable de prendre une décision simple, et a fortiori de la mettre en œuvre, le personnage finit par ne strictement rien faire, ne jamais sortir, ne jamais voyager. C’est la vie de cette véritable incarnation de la procrastination qu’on suit tout au long du roman, c’est sa vie qui constitue la trame principale de l’histoire

Mais il traite aussi des personnages qui meublent sa vie : Zakhar, son valet vulgaire, au final presque aussi paresseux que lui mais de bien plus mauvaise foi ; Stolz, son ami extrêmement actif qui tentera tout pour le faire bouger, et surtout Olga, une jeune femme très particulière, qui elle aussi tentera de « ressusciter » Oblomov, pour reprendre son expression. Et on touche là à une des grandes forces, si ce n’est la plus grande force, du roman, ses personnages. On n’a pas ici des caricatures, comme le laissent un peu supposer ces présentations extrêmement succinctes. Gontcharov est parvenu à créer des personnages extrêmement complexes, complets, profondément réels, et attachants.

Ivan Gontcharov

Ivan Gontcharov

Ce roman a ceci de particulier qu’il est assez difficile d’en résumer la trame, pour la bonne raison que l’action est presque absente, et pour cause : le casanier Oblomov n’engage jamais d’action, n’a aucune activité autre que des disputes vaudevillesques avec son valet Zakhar, dans des passages qui rappelleraient presque un certain Scapin. Bien sûr, on ne fait pas que suivre les journées monotones d’un aboulique.

Petit à petit, à mesure que l’auteur crée son atmosphère, fait défiler ses personnages principaux et secondaires (par exemple l’invisible Alexeev, dont au passage la description lapidaire et tranchante est un des meilleurs passages du livre), on commence à comprendre les réflexions profondes menées par l’auteur. Oblomov n’est pas une condamnation stupide de la paresse, c’est avant tout l’histoire d’un homme droit, honnête (« son âme est pure comme du verre », dira son ami Stolz) qui cherche son bonheur dans une vie d’un calme plat, absolument inactive, uniquement rythmée par les repas et le tic-tac d’une horloge. On comprend d’ailleurs vite que cet idéal vient de son enfance choyée dans son domaine de campagne: Oblomov ne cherche qu’à recréer cet univers libre de tout souci, de toute responsabilité. Sa paresse n’est pas vue négativement, dans une des répliques les plus fameuses de l’œuvre, Oblomov, à qui on parle travail, journées chargées, hauts fonctionnaires et plans de carrière, refuse la conversation en répétant simplement « L’Homme, montrez-moi l’Homme ! »

Au passage, l’auteur sous-entend qu’Oblomov est le résultat d’une éducation étouffante d’oisiveté, et que sa paresse n’est pas innée, dans les pages du « Songe d’Oblomov », un portrait assez puissant d’une petite noblesse russe littéralement sclérosée.

Olga est le second personnage du roman. Amoureuse d’Oblomov, elle tentera, par sa passion, de ranimer l’âme morte de celui-ci. La construction de l’histoire, le rythme, sont particulièrement soignés, on comprend que seule cette relation pourrait peut-être changer Oblomov, et l’auteur développe avec une très grande subtilité la séparation progressive des deux personnages. Chacun convoitant et planifiant un futur complètement différent, pour enfin arriver à une scène de rupture inévitable, mais racontée très puissamment.

Oblomov de Ivan Gontcharov

À ce propos, il faut parler du style particulier d’Oblomov, qui s’inscrit totalement dans la lignée des romans russes de l’époque : de longues et minutieuses descriptions des sentiments et pensées des personnages, une grande subtilité dans le développement des personnalités, de longs passages sur les réflexions intimes des personnages, qui se construisent lentement… Bref, et encore une fois, ce roman n’est clairement pas pour les amateurs d’action. En étant tout à fait objectif, on pourra y déceler quelques longueurs. Cependant, le style est uniforme, parfaitement maîtrisé et adapté à l’œuvre, et lorsqu’on considère l’ensemble du roman, on se rend compte de l’incroyable subtilité de Gontcharov. À propos de maîtrise, l’auteur sait vraiment très bien créer les atmosphères. Depuis le premier appartement étouffant et poussiéreux d’Oblomov jusqu’à son domaine idéalisé d’Oblomovka, il faut reconnaître à Gontcharov un don pour transporter le lecteur dans les lieux décrits. Et malgré ce style essentiellement descriptif et intimiste, certaines phrases ou certains passages puissants détonnent et relancent le rythme.

Ce roman a eu un tel impact sur la culture russe que le terme Oblomovisme (Oblomovchtchina), utilisé par Stolz dans le roman, a fini par rentrer dans la langue ! Il désigne une forme absolue d’apathie, de procrastination.

Oblomov de Ivan GontcharovBref, Oblomov est un livre qui fait largement honneur à son rang de classique, et surtout dont toute l’ampleur apparaît une fois la dernière page tournée. Même si l’auteur semble prendre le parti de Stolz, l’opposé d’Oblomov, le lecteur comprendra que les choix de ce dernier sont bien plus radicaux et fermes que sa mollesse le laisse paraître ; car il poursuit et trouve son idéal dans une vie qu’au fond le monde extérieur ne comprend pas, ne désire pas et n’approuve pas.

Oblomov est un personnage entier, et c’est avant tout pour cela que Stolz, qui ne supporte pas son apathie, le considère comme un ami précieux. En fin de compte, et c’est peut-être là le plus important, on ne referme pas ce livre sans plus réfléchir à Oblomov.


La Vestale du Calix de Anne Larue

Serafina dans Critiques, Livres le 25 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

La Vestale du Calix est un roman de Anne Larue paru ce mois chez les éditions l’Atalante. Il s’agit d’un roman assez court, de seulement 220 pages, servi par une couverture de Genkis que, hélas, je ne trouve pas engageante du tout. Mais la maison d’édition nantaise nous a appris à ne pas nous fier aux couvertures. Synopsis ?

 La Vestale du Calix de Anne Larue

Anne est une vestale, une caste inférieure. Elle est chargée de l’entretien du Calix Escarmonde, relique sacrée qu’aucun homme ne doit voir. Sauf qu’Anne est amoureuse, très amoureuse, et fini par montrer le Calix à Serguei, le chevalier qu’elle aime. Punie, elle va être décorporée et voyager entre les époques. Et accessoirement rencontrer un cheval freelance.

La dernière ligne du synopsis vous permet de comprendre ce qui m’avait séduit au premier abord. Cela semblait être fun. Du genre bon fun, du non-sens à foison type Terry Pratchett et moi j’aime çà. Cependant pendant toute la première partie du roman, on n’en a pas forcément conscience et on est plutôt dans un récit assez standard de voyage dans le temps.

Anne atterri en 4660, dans une civilisation qui est évidemment une évolution de la notre, mettant en exergue les travers de notre société actuelle. Comme tout bon roman de Science-Fiction, il y un coté très critique de notre société, très dénonciateur. Que cela soit les bobos parisiens en quête de « nature », les hooligans fans de foot, pardon de trimslop, ou les rouages douteux de l’université du Vestaliat, miroir évident de notre université. On retrouve la les ingrédients d’un bon roman du genre : de la critique, de la réflexion et de la mise en garde. Évidemment, l’humour n’est pas absent, notamment via le personnage d’Ankh, médiéviste, qui étudie les années 2000 et interprète les restes de notre société pour ses contemporains, prenant pour des temples nos supermarchés. Toute cette première partie est réellement de très bon niveau, de la très bonne SF comme on aime ici et comme il fait plaisir à lire.

La Vestale du Calix de Anne Larue

Malheureusement pour nous cet aspect bascule fortement lors de la deuxième partie. En effet, cette seconde phase est plus proche d’une quête initiatique, d’une quête de sens. On y parle de destin, de réalisation du destin parce qu’on la réalisé soit même, des signes qui n’en sont pas et de voyages dans le temps. En fait, on est même très proche d’un Philip K. Dick et de ses délires sous LSD, pas toujours bien compréhensibles. Le problème c’est que les délires sous acides, à moins d’être sous triptan, généralement je passe totalement à coté. Non seulement j’ai l’impression de louper le propos du roman, mais en plus, l’humour promis est ici aux abonnés absent. Ce fut le cas, cette partie, beaucoup plus initiatique, beaucoup plus philosophique diraient certains, je suis passée à coté, j’ai l’impression de ne pas avoir saisi ce que voulais dire l’auteur et ca ne m’a pas non plus fait rire.

La Vestale du Calix de Anne LarueDu coup mon impression sur l’ensemble du roman en prend un coup. Comme on est plus proche d’une longue novella que d’un roman, le prix l’attestant, les personnages sont quand même assez sommaires et on n’a pas réellement le temps de s’attacher à eux, ce qui est dommage.  La lecture reste malgré tout sympathique mais on regrette que le coté critique de la société ne soit pas exploité plus en profondeur…

Au final, La Vestale du Calix ne m’a pas convaincue malgré sa très bonne première partie, la seconde est vraiment trop proche des questions existentielles et des délires d’un Philip K. Dick pour me plaire, malheureusement. Mais si vous aimez le genre, je ne peux que vous le conseiller.


C’est Lundi, que lisez vous ? #22

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 24 octobre 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Chronique du Soupir de Mathieu GaboritJ’ai donc fini le dernier roman d’Ambre Dubois, Absinthes et Démons aux éditions du Riez. La lecture était vraiment rafraichissante, plaisante, avec une ambiance très particulière. Aussi lourds soient les évènements racontés dans ce roman de Fantastique aux allures très gothiques, j’ai trouvé le tout frais. Le personnage de Lord Nermeryl est très particulier et agréable à suivre. La façon de narrer les petites histoires qui se suivent réussies. Si certaines se ressemblent, cela reste un très bon moment de lecture.

J’ai ensuite enchaîné avec Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit. L’auteur français nous livre un nouveau roman aux éditions du Pré aux Clercs après plusieurs années d’absence. Je dois avouer que je ne le connaissais que de nom, et que le synopsis ne m’emballais guère. Mais force est de constater que ces premières pages de lecture sont plutôt très bonnes.

Serafina

Cette semaine j’ai commencé Les Larmes Rouges, un roman de Georgia Caldera aux éditions du Chat Noir. Je n’en suis qu’à la première centaine de pages, mais pour le moment, cela augure du bon et le roman semble être un Thriller Fantastique dans la lignée d’un Sire Cédric, la tension monte peu a peu et les mystères sont nombreux. A suivre.

Le roman étant volumineux, je ne l’ai pas emmené dans mon sac, prenant à la place Frissons d’Outre-Tombe, le tome 3 des Mystères de Harper Connely par Charlaine Harris . Ce troisième opus est tout aussi bon que les précédents, toujours frais bien qu’un peu moins léger au niveau des thèmes abordés (serial-killer notamment). Il ne me reste qu’une cinquantaine de pages mais je peux sans risque dire que la série reste sur sa très bonne lancée.

Les enquêteurs de l'étrange : les maisons hantées de Stéphanie et Edouard BraseyJ’ai aussi lu Histoire Vraies de maison hantées par  Edouard et Stéphanie Brasey. J’adore les histoires de fantômes, depuis toujours. J’attendais donc beaucoup de ce livre et, malheureusement, j’ai été assez déçue. Chaque « cas » raconté est suivi d’une analyse par les enquêteurs de l’étrange, concept à la limite du ridicule, qui n’aurait pas choqué dans le rayon jeunesse mais on est ici face à un roman potentiellement à cible adulte.

Et les analyses ne sont pas du tout poussées, j’aurais préféré qu’il n’y en ait pas. Les cas racontés sont par contre très interessants et sympathiques si on aime le genre histoire de fantômes.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


 

 

Aujourd'hui, connaitre l'anglais est indispensable. Dans le milieu professionnel souvent, mais aussi, on y pense moins, pour ce qui est des loisirs. En effet, vous rendez vous compte qu'il va falloir au moins 2 ans pour voir complétement la traduction de A Dance with Dragons , le tome 5 du trone de fer ? Comment tenir ? En réalité, je ne sais pas, on s'est déja jettés sur la VO, ici.

Lire la suite de l’article ESL- Apprendre l’anglais en Inde


Nous sommes partis aux Pays-Bas en fin de Septembre, date choisie plus ou moins au pif. Nous résidions à Amsterdam et pendant cette période, coïncidence fortuite ou non, Within Temptation faisait deux concerts au Paradiso, salle de concert de la ville. Il restait des places, alors on s’est décidé à y aller. Il faut dire que le groupe hollandais qui joue donc à la maison est un groupe que j’aime depuis des années maintenant, et si les derniers albums ne m’ont pas autant enchanté que Mother Earth et Silent Force, je désirais les voir en live au moins une fois.

Within Temptation, The Unforgiving, Paradiso 28/09/2011

La salle du Paradiso est une salle « réputée » pour son acoustique, dans le sens où bon nombre d’artistes y sont passés et y ont enregistré leur concert pour un DVD. Il s’agit d’une ancienne église, la hauteur de plafond est donc impressionnante, et il y a deux rangées de balcons au dessus de la fosse. Je ne connais pas la capacité exacte mais on doit être dans l’ordre d’une Elysée Montmartre à Paris. Je dois avouer que je la pensais plus grande.

La première partie, Guild of Stag, est un groupe de Rock « Old School » qui est plutôt sympathique et bouge bien. Le groupe est très accessible, ce n’est clairement pas du Metal, malgré un ou deux morceaux qui nous évoqueront du Power. Si la plupart des membres sont très statiques, le chanteur est charismatique et a de beaux cheveux. A vrai dire, je n’en garde pas grand souvenir, nous avons suivi la prestation depuis le premier balcon.

Car enfin, ce qu’on est venu voir, c’est Within Temptation. Le public est à l’image de l’évolution du groupe. Fini les metalleux et les golgothes, la plupart du public est un public lambda comme pour n’importe quel groupe de Pop-Rock, ils ne font pas de cornes (ne savent peut être même pas ce que c’est) et, pire que tout, ils ne sont même pas habillés en noir ! D’une manière générale, le public ignore tout des vieux morceaux qui seront joués. Heureusement pour eux et malheureusement pour moi, il n’y aura que trois morceaux de Mother Earth.

Le groupe est là pour promouvoir son dernier né The Unforgiving. Le concept album a été chroniqué précédemment ici et j’avais l’impression d’être passée un peu à coté du concept. Pour leur tournée, Within Temptation se dote d’un écran géant derrière le groupe où seront notamment diffusés certains des courts métrages réalisés pour l’album et expliquant le concept, avec Mother Maiden en intro et Sinead en milieu de set.

Les morceaux sont bien menés en live et je dois dire que j’ai été assez impressionnée par la justesse de Sharon, leur chanteuse, qui passe sans problème du chant très Pop-Rock du dernier opus aux chants suraigus des anciens. Je m’attendais un peu au pire, mais au final non c’est très bien géré. J’aurais même tendance à dire que c’est trop bien géré. Je sais que c’est un peu étrange à dire, mais le show est sans le moindre accroc, calibré au millimètre près qui donne une impression assez froide. Alors oui, je râle contre Epica car leur chanteuse chante mal, mais au moins, ils sont chaleureux et font vraiment participer le public. Je suppose que le public Hollandais est peut être en cause aussi, je ne sais pas comment c’est en France.

La setlist comme je le disait fera la part belle au dernier album, sept titres de ce dernier, et trois pour chacun des albums que sont The Heart of Everything, Silent Force et Mother Earth. J’avoue regretter un peu, mais il faut s’y faire le vieux Within est bel et bien passé.

Au final, un concert bien sympathique, mais je ne retournerais probablement pas revoir Within Temptation en concert à moins qu’ils passent dans ma ville ou qu’ils fassent une tournée spéciale Mother Earth. Leur technique et la manière dont le show est rodé est à saluer, mais manque clairement de chaleur humaine. Les bouquets de fleurs balancés sur la scène par le public sont aussi assez dérangeants, il faut l’avouer.


L’Empire Invisible de Jérôme Noirez

dabYo dans Critiques, Livres le 21 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

L’Empire Invisible est un roman de l’écrivain français Jérôme Noirez, publié tout d’abord par Gulf Stream, et récemment sorti en poche aux éditions J’ai Lu. C’est tout d’abord grâce à sa superbe illustration de Marc Simonetti que le roman a attiré mon œil. Et puis ensuite, la quatrième de couverture a fini par me convaincre. Synopsis de cette petite incursion dans le triste monde de Clara Walker.

L'Empire Invisible de Jérôme Noirez

Clara Walker est est la fille unique de son père, Nat Walker, qui représente ce qu’elle a de plus important dans ce monde difficile. Car Clara a eu le malheur, tout comme son père, de naître avec une peau noire dans les états du Sud des États-Unis. A ce qu’il paraît, les noirs sont libres dans ceux du Nord, mais Clara a bien du mal à y croire. Son monde se limite à la plantation de coton, où elle s’abime tantôt les mains pour ramasser le coton, tantôt pour des taches toutes aussi épuisantes.

Le roman prend donc place dans une plantation de coton au sein d’un des derniers états esclavagistes des années 1800 outre-Atlantique. La production de coton est alors en pleine mutation, et grâce à des inventions récentes, les nouvelles techniques permettent de rendre l’activité très rentable. Surtout lorsque la main d’œuvre y est « gratuite », basée sur l’esclavagisme. L’Empire Invisible se situe donc dans l’histoire, bien que celle qu’il raconte soit purement fictive, et malheureusement bien proche de ce que des humains ont dû vivre.

Je dois avouer que je ne sais que trop peu comment parler de ce livre, qui touche et dont on ne ressort pas. Nous suivons Clara, jeune fille de 14 ans, esclave depuis toujours et qui se demande bien souvent comment Dieu a pu la laisser là. Les esclaves étaient très croyants, et son père, Walker, est le plus pieu de sa plantation. La nuit, chaque semaine, il anime des messes où les esclaves se retrouvent en cachette, chantent et dansent leur amour. Malgré le désespoir de sa vie, malgré les souffrances que lui imposent les blancs, Walker arrive à leur pardonner. La haine se transforme en amour et en pardon.

L'Empire Invisible de Jérôme NoirezLe court roman de Jérôme Noirez est vraiment bien écrit. Il nous prend aux tripes et se lit très vite. Le sujet est fort, et fort bien traité. La narration est très bien retranscrites et les personnes sont entiers. Que ce soit Clara et son père, ou bien les esclavagistes, chacun a sa personnalité. Bien sûr, le roman étant court, on pourrait dire que l’auteur joue des stéréotypes. Mais qu’à cela ne tienne, on s’attache très vite, et c’est un moyen très pédagogique pour donner une idée aux jeunes de ce que l’esclavage pouvait être.

Au final, difficile de ne pas vous conseiller de lire L’Empire Invisible. Je n’arriverai pas à en dire plus, tant c’est une œuvre qui se suffit à elle même. Entre réalité historique, histoire prenante et fantastique qui n’est jamais bien loin, il n’y a aucune raison de ne pas s’y jeter les yeux fermés.