Le Voyage de Kuro est un manga japonais dessiné par Satoko Kiyuduki, récemment édité par les éditions Kana. Cette série ne compte pour le moment que deux tomes au Japon, qui viennent tout juste d’arriver dans les rayons des librairies françaises. Le premier tome est très bien présenté, dans un format inhabituel pour un manga, légèrement plus grand, mais surtout avec une dizaine de pages couleurs tout simplement magnifiques. Avant d’entrer dans la critique de ce manga qui relève plus du conte onirique, en fait, penchons nous sur le synopsis.
- Auteur:Kiyuduki Satoko
- Année:2010
- Editeur:Kana
- Genre:Seinen
- Série:Le Voyage de Kuro
- Titre:Le Voyage de Kuro Tome 1
- Tome:1
- Traducteur:Abadie Guillaume

Kuro est une voyageuse. Une itinérante qui traverse le pays seule avec un cerceuil sur son dos, au gré du vent et des auberges. Aux passants, elle raconte que c’est le sien, alors qu’une fois le soir venu, on s’aperçoit qu’il héberge en fait une chauve-souris. Sen y loge en compagnie de ses confrères qui ne peuvent pas se mouvoir au soleil. Kuro, est habillée de noir de la tête au pied, et ce n’est pas étonnant puisque Kuro veut dire « noir » en japonais. Tout au long de son voyage, elle va rencontrer des gens, tout simplement.
Dès qu’on lit le synopsis, on s’aperçoit ici qu’il ne va pas s’agir d’une banale histoire de quête, de destinée, etc. Enfin, si, peut être, après tout nous finirons bien par découvrir pourquoi Kuro fait elle ce voyage. Mais on comprend vite que notre manga ne s’axera pas autour d’un scénario au suspens insoutenable, mais autour des rencontres et des échanges que l’héroïne fera avec différents personnages. Et il faut dire que c’est le cas dès le début, nous n’avons pas d’introduction sur l’univers, le personnage, ou quoi que ce soit. On ne sait même pas dans quel monde on se situe, on est là, simplement, et on admire le paysage.
Car la seconde chose que l’on remarque, c’est le talent que possède Satoko Hiyuduki pour dessiner et concevoir son monde. Les quatres premières pages, en couleurs, donnent tout de suite le ton. C’est superbe, tout simplement. Le trait est doux, il n’y pas d’erreurs d’anatomie choquante, ou de personnage voir paysage qui jure. Non, tout est un ensemble homogène et agréable à l’oeil, qui donne envie de s’y plonger complètement. Le maintient des pages couleurs qui démarrent chaque chapitre y contribue fortement, bien entendu. On remercie les éditions Kana pour cela.
Outre les pages couleurs, toutes celles en noir et blanc bénéficient d’un travail méticuleux de la part de l’auteur avec notamment des trames pour jouer sur les ombres et lumières des cases. Le découpage est lui aussi très bon, bien que déroutant au début: on a l’habitude lire les mangas de droite à gauche, alors qu’il faut ici lire de haut en bas, puis se décaler vers la gauche. Je vous ai perdu ? C’est bien la preuve qu’il faut un petit temps d’adaptation.

Une fois cette adaptation faite, on n’a plus aucun mal à suivre les dialogues entre les personnages, à comprendre et à se laisser aller. Bien sûr, les dialogues sont simples, ils sont eux aussi très doux, en général. Il y a bien entendu quelques personnages aux paroles plus, comment dire, méchante, mais sans pour autant que cela casse le côté doux. Cela rajoute simplement la mélancolie, un des autres sentiments forts du manga, surtout concentré autour de l’héroïne Kuro.
A côté de notre héroïne on retrouve donc Sen, une chauve souris, ainsi que deux jeunes petites filles. Bien que ce soient des personnages secondaires, ils sont eux aussi travaillés et prendre une grande place dans ce que l’on peut appeler l’histoire. Bien entendu, les caractères sont somme toute simple, mais ne demandent qu’à être appronfondi dans les prochains tomes, pour nous toucher et/ou attendrir un peu plus.
Vous l’aurez compris, le Voyage de Kuro m’a tout de suite séduit. Son ambiance, légère, mais aussi très mélancolique, voir gothique, est vraiment prenante et agréable. Ce n’est pas le genre de manga que vous lisez pour lire des récits d’actions en tout genre, mais de ceux que vous lisez pour voyager, tout simplement. J’étais triste en terminant de lire ses dernières pages, et pourtant, j’avais l’impression d’avoir à peine commencé le voyage. J’ai hâte de lire la suite.
Et si vous préférez lire une preview pour vous en faire une idée avant de l’acheter, les premières pages sont disponibles sur Kanabox.


Une petite note à part qui m’as bien fait rigoler, il faut 1,21 GigaWatts pour créer un Frankenstein. Ça ne vous rappelle pas les 2,21 GW de Retour vers le futur, hein ? (là je fais un clin d’œil)
Cependant, l’humour joue beaucoup sur l’exagération, et à un moment, trop c’est quand même trop. Tous les personnages sont stéréotypés à l’extrême, du coup, si au début ça fait sourire, c’est assez dur de trouver la chose réaliste. Ceci dit, une exagération de ce type est je pense volontaire, afin de montrer les travers de l’entreprise. Les personnages sont tous assez haut en couleurs, vu que leurs traits de caractère sont poussés.

Le trait et les plans de 

La couverture faite par 

L’héroïne passant son temps à se morfondre, il est difficile de lui trouver un quelconque relief ou même de s’y attacher. On a bien envie de lui foutre des claques pour qu’elle s’active, mais c’est tout. Comme quasiment aucun autre personnage n’est développé à côté, elle n’a pas vraiment les épaules pour soutenir le roman, et donne l’impression d’être baladée. Ce qui s’ajoute à l’errance citée plus haut. Du coup bon nombre de ses réactions sont totalement incompréhensibles.

Un point sur lequel je dois quand même être évoqué est l’écriture d’

Mais s’il fallait reconnaître un sacré argument au livre, c’est bien son univers. Tout le côté Marchombre est très intéressant, et donne vraiment envie de découvrir. Cette sorte d’adaptation des Chevaliers Jedi à la 





