Dernièrement sur if is Dead:

Le Baiser du Rasoir de Daniel Polansky est la très grosse sortie du mois de janvier 2012 chez l’éditeur Bragelonne. C’est donc en grand format,  avec une couverture sanglante sentant la ville crasseuse et réalisée par Fred Augis, que ce roman a atteint les étalages des librairies. Il s’agit du premier tome de la série Basse-Fosse, classée entre Polar et Dark Fantasy, et le tout traduit par Patrick Marcel. Qui dit grosse sortie dit grosse attente, le roman est il à la hauteur ?

Le Baiser du Rasoir, Basse-Fosse Tome 1, de Daniel Polansky

Prévôt était un soldat, il était aussi un agent de la Couronne. Il connait même une partie du gratin de la ville. Mais ça c’était avant, maintenant, Prévôt est devenu un gangster, un dealer qui défend farouchement son territoire dans les basses fosses de la ville. Lorsque des meurtres atroces d’enfants se produisent dans son quartier, il se retrouve embarqué un peu malgré lui dans l’enquête qui pourrait avoir de graves conséquences pour sa « santé », si elle n’était pas résolu.

Daniel Polansky

Daniel Polansky

Contrairement à ce que la quatrième de couverture, et la couverture elle-même d’ailleurs, aurait pu laisser suggérer, le monde auquel nous allons être confronté est loin d’être celui que l’on imagine. On peut dire que surpris je l’ai été, en découvrant non pas un monde inspiré d’un Londres du 18ème, mais un univers de Fantasy aux portes de l’ère industrielle. Et ce que j’ai trouvé en échange était loin de me déplaire. Les descriptions des lieux sentent la crasse, la vinasse et le crime, plantant un cadre particulièrement adapté à l’intrigue.

Le plus clair de l’action se déroule dans une grande ville aux accents médiévaux, avec les quartiers pauvres et les bas fonds associés. On a droit à un beau panel de ce que la pègre et des représentant de la loi corrompus peut produire, le tout mélangé à différentes ethnies.

De l’autre coté du tableau, les riches et puissants en prennent aussi pour leur grade. On obtient alors des personnages intéressants qui, à défaut de rester dans les mémoires, s’intègrent parfaitement à l’histoire. Un peu trop, peut-être, les utilisateurs de magie font quelque peu artificiel tant ils me donnaient une impression de présence anecdotique dans l’univers, en dehors de leur implication dans l’histoire.

The Straight Razor Cure of Daniel Polansky

Couverture de la version originale

Mais le vrai intérêt du roman, c’est bien Prévôt, un quasi-héros de guerre et fidèle serviteur de la nation qui est tombé au fond du caniveau. C’est son histoire, sa vie, son enfance orpheline, son passé guerrier qui revient au galop le temps d’un flashback, ses descentes sur son territoire, les relations qu’il a avec les autres personnages… C’est tout ces éléments qui apportent les qualités de ce récit. L’histoire du roman n’est un peu qu’un prétexte pour le mettre en scène, même s’il l’on regrettera que les motivations premières qui le poussent à enquêter soient un peu flous. Le Baiser du Rasoir bat au rythme de Prévôt, sur un rythme un peu erratique de ce junkie notoire qui sniff des trucs pas nets. On enchaîne les passages d’actions avec d’autres un peu plus axés sur la réflexion. Les bastons et autres joyeusetés violentes sont plutôt bien mises en scène, sans confusion, et reflètent la manière de penser du personnage, dans leur rapidité et leur astuce.

Le Baiser du Rasoir, Basse-Fosse Tome 1, de Daniel PolanskyLorsque l’on en vient à l’intrigue, je resterai un peu mitigé sur le sujet, on sent venir la conclusion et le coupable à des kilomètres, c’est un peu téléphoné et dommageable vu que l’auteur tente tout de même de semer des fausses pistes. Un point crucial à améliorer dans la suite, de peur de blaser le lecteur avant la fin. Reste tout de même le cheminement et les déductions du héros vers le dénouement, qui s’enchaînent avec logique malgré le défaut précédemment cité.

Au final, on se retrouve avec un premier tome que j’ai pour ainsi dire dévoré. Le Baiser du Rasoir de Daniel Polansky nous propose un personnage principal charismatique, un cheminement dans l’histoire prenant, et il ne me reste qu’à attendre le tome 2 de Basse-Fosse, qui sera sans doute surprenant au vu du peu de pistes laissées ouvertes en fin de tome. 2012 s’annonce comme une excellente cuvée littéraire avec des bouquins de cet acabit.


C’est toujours une surprise d’aller à un concert où l’on ne connais que vaguement les groupes, pour ce concert d’Enslaved ouvert par Ghost Brigade, c’était clairement mon cas. Accompagné d’un comparse du webzine Heavylaw, nous sommes partis à la conquête du domaine poitevin. L’occasion faisant le larron, c’est la tournée des 20 ans du groupe norvégien de Viking Black Metal qui nous amène en ces terres. Après la traditionnel binouze d’avant-concert, nous avons attendu 19h30, l’ouverture des portes. Premier choc, des tentures noirs coupent la salle en deux, je ne me rappelais pas que c’était le cas l’année dernière quand je suis allé voir Electric Wizard avec mes confrères.

Ghost Brigade au Confort Moderne (Poitiers, 2012)

Ghost Brigade ne tarde pas à entrer en scène pour nous délivrer une prestation carrée. Pour ceux qui ne connaissent pas, au vu de ce que j’ai entendu et vu que personne n’a l’air d’être d’accord sur le net, concernant leur style je vais dire qu’ils font du melo-death-sludge. Le tout nous vient de Finlande et c’est un groupe relativement jeune formé en 2005 et fort de trois disques. Une pauvre petite phrase lâchée pendant leur set d’environ 50 minutes, je n’appelles pas ça de l’interaction avec le public et encore, on m’a sorti qu’on avait eu du bol de l’avoir cette phrase… Bref.

Hormis ce point qui m’a passablement agacé après coup, le groupe est rentré direct dans le vif du sujet avec Lost in a Loop, titre magnifié par la scène. Les gars bougent bien, ça headbang en rythme et occupe l’espace tout petit de la scène, sur ce point là rien à redire. Les grattes sonnent bien et l’acoustique de la salle rend plutôt honneur à leur son. Au niveau du chant, le chanteur au nom finlandais que je ne vous ferai pas le plaisir d’écorcher même à l’écrit, assure sa partie avec brio alternant le chant clair et le chant crié, bien que ce soit le second qui ait la part belle. Originalité bien sympa du set, à la toute fin de leur dernier morceau Soulcarvers, les membres du groupe s’en vont un à un en finissant par la batterie, ça donne une sorte de progression plus agréable qu’un arrêt net.

Enslaved au Confort Moderne (Poitiers, 2012)

Toujours est-il qu’il était temps d’aller se dégourdir les jambes en attendant la seconde partie. Et lorsque Enslaved a été annoncé sur les haut-parleurs, nous sommes repartis vers la salle pour nous mettre bien en face et en prendre plein les oreilles.

Les vikings norvégiens d’Enslaved sont impressionnants sur leur entrée et tout de suite sympathiques, c’est le jour et la nuit avec Ghost Brigade. On sent beaucoup plus l’expérience de la scène, 20 ans il faut dire que ça en fait des concerts, et Grutle Kjellson, le chanteur bassiste, a une présence sur scène phénoménale et un charisme fou. Tout au long du set d’environ 1h20, il va nous parler, nous motiver à faire plus de bruit, juste énorme.

Grutle Kjellson de Enslaved au Confort Moderne (Poitiers, 2012)

Grutle Kjellson

Au rangs des pistes qu’ils vont jouer ce soir là, on comptera, pour celles que j’ai retenu, Ethica Odini, Giants ou encore Ruun. Et même si le chant clair sera un peu faiblard sur les premiers morceaux, l’ensemble est parfaitement au taquet pour l’ambiance, preuve en est j’ai des courbatures au cou à force de headbanger.

Le groupe a vraiment un bon son et nous fournit un Black Metal agréable et absolument pas caricatural, j’avoue que c’était un peu ma hantise, n’étant pas très fan du genre. Je ne connaissais que peu leur discographie, on ne peut pas dire que j’attendais de morceaux en particulier, ni que j’avais de réel comparatif en tête, mais la prestation des musiciens était carrée, tout en étant chaleureuse, un vrai régal.

Lors du rappel on aura droit à une reprise de Led Zeppelin, Immigrant Song, à la sauce blackmetalisé et ça rend plutôt bien même si ça tournait un peu à la bouillie sur les solos.

Bref, cette prestation d’Enslaved était vraiment convaincante. Un concert fait par des vikings sympas, qui serreront les paluches des gars de devant avant de s’en aller, et je crois bien que je suis fan maintenant. On aura l’occasion de les revoir très bientôt en France, puisqu’ils font partie de l’affiche du Hellfest 2012.


Second Trailer de Game Of Thrones Saison 2

War is Coming ! Même que ce sera le 1er Avril 2012

dabYo dans Actualités, Films, Séries le 8 mars 2012, avec 10 commentaires
Actualités

Avec la sortie en DVD de la première saison de Game of Thrones hier, et mercredi prochain celle du Bûcher d’un Roi, 13ème tome du Trône de Fer, et la diffusion de la Saison 2 au début du mois prochain, le 1er avril, on peut dire que l’actualité autour de la série de George R.R. Martin bat son plein en ce moment ! Et ce n’est pas pour nous déplaire. Pour le coup, on a un peu de retard puisqu’il est déjà disponible depuis une bonne semaine, le second trailer de la Saison 2. Si vous ne l’avez pas encore vu, il vaut son pesant de citations cultes.

Certains éléments évoqués éveilleront tout de suite la hâte chez les fans, et je l’espère, ne gâcheront en rien la surprise des autres. On peut dire que HBO sait y faire pour donner envie, et j’ai franchement hâte de retrouver les personnages ! Seul petit bémol, le slogan de cette saison est War is coming, et je dois avouer que s’il y a certes l’intérêt de reprendre la même structure que Winter is coming, la réalisation va de toute façon bien se trouver en mal pour la prochaine saison… Faut dire qu’ils étaient bloqués, puisqu’à mon avis, winter sera toujours coming à la cinquième saison. Les affiches sont magnifiques.


Leverage de Lyriel

Serafina dans Critiques, Musique le 7 mars 2012, avec 2 commentaires
Critiques

Lyriel est un groupe de pop Folk Metal dont nous avons ici beaucoup apprécié les deux derniers albums, Autumntales et Paranoid Circus. Ce groupe allemand propose en effet un Metal plutôt très doux, mêlé de beaucoup de nombreux instruments aux sonorités folk, qui se rapproche du folk de Blackmore’s Night plus que de celui d’Eluveitie si vous voyez le genre. Une musique plutôt atmosphérique, pas vraiment du genre à vous faire danser la polka dans un circle pit.

Photo promo de Leverage de Lyriel

Leverage est donc sorti le 15 février dernier, dans un relatif anonymat sous le label AFM Records. L’album se compose de 10 pistes pour un total de moins de 40 minutes, dont une intro When It’s Coming To An End d’une minute quarante. Je trouve cela un peu limite comme durée pour du Metal, surtout au prix d’un CD de nos jours, mais bon.

Dès la première vraie piste, Leverage on remarque que le groupe a choisi de mettre un peu plus en avant son coté Metal et ce qui va avec, la batterie, la rythmique plus agressive. On reste dans du soft évidemment, mais cette facette plus incisive et plus violente du groupe se démarque clairement de leurs productions précédentes. Auparavant les guitares étaient moins mises en avant, au profit du violon et autres violoncelles et leur rythmique bien caractéristique. Ici, les guitares attaquent tout de suite. C’est encore plus flagrant sur Voices In my Head, qui commence par des rythmiques incisives, des grunts et un violon inquiétant qui viennent soutenir un chant plus sombre et aux paroles parlant évidemment de folie mentale. Le folk par contre est presque oublié sur ces pistes.

Heureusement on retrouve ces instruments sur Partying par exemple, qui comme son nom l’indique propose un folk dansant et enlevé, ou sur The Road Not Taken, magnifique power ballad très celtique qui n’aurait pas dépareillé dans la discographie d’une Loreena Mc Keenit. A ce propos, la voix de leur chanteuse Jessica Thierjung, s’adapte parfaitement à l’exercice des ballade par sa douceur. En effet, loin des clichés du Metal à chanteuses, ce n’est pas un chant lyrique que propose Lyriel, mais un chant clair très pop, très traditionnel, pas forcément très puissant, mais efficace, faisant parfois penser à celui de Sharon Den Adel pour sa douceur. Sa voix est souple, douce et fluide. Elle contribue beaucoup à l’identité du groupe.

Thierjung Jessica de Lyriel

Le groupe chante toujours en partie en Allemand, sur deux titres de l’album, Aus der Tiefe, qui est un des morceaux les plus proches des précédents albums du groupe, et Wenn Die Engel Fallen, deuxième ballade de l’album chantée en duo avec une voix masculine pour une fois, mais qui m’a parue un peu fade.

Leverage est un album efficace et auquel il est bien difficile de reprocher grand chose, bien produit, réussi au niveau des compositions, avec un joli chant et une utilisation raisonnée des éléments folks. L’album se démarque réellement du reste de la scène Folk Metal par son orientation plus traditionnelle. Si les morceaux de Lyriel sont généralement assez prévisibles, des power ballads avec couplet doux et refrain un peu plus énervé aux paroles faciles à reprendre, le groupe sait se renouveller et on ne s’ennuie pas au cours de l’album.

Leverage de Lyriel CoverDans l’ensemble Leverage est dans la lignée des précédents albums du groupe, tout en s’affirmant un peu plus et trouvant un équilibre entre Metal et Folk qui séduira peut être un peu plus le public metaleux. Mais il ne faut pas se leurrer, le groupe a toujours un style qu’on aimera ou pas. J’ai pour le moment tendance à préferer Paranoid Circus et Autumntales, mais Leverage n’est pas un mauvais Lyriel et ce genre de musique s’apprivoise et s’apprécie plus avec la durée. Avec ses ambiances celtiques très marquées, ses lignes de chant faciles à assimiler et ses cotés sautillants, c’est un album sympathique qui s’écoute avec plaisir sans être forcément transcendant, et qui est une bonne manière de découvrir le groupe si ce n’est pas encore fait.


Matricia de Charlotte Bousquet

dabYo dans Critiques, Livres le 6 mars 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Matricia est un roman de Fantasy de Charlotte Bousquet sorti en fin d’année précédente aux éditions Mnémos. Il s’agit là du troisième tome sorti à ce jour se déroulant dans l’univers de l’Archipel des Numinées de l’auteur, ces derniers pouvant se lire indépendamment. C’est d’ailleurs ainsi que j’avais pu lire Cytheriae, qui m’avait largement séduit et faisait partie de mes lectures préférées de 2010, entre temps récompensé par un prix des Imaginales. Le tout est encore une fois accompagné d’une superbe illustration d’Elvire de Cock. C’est donc avec une certaine hâte que je me suis lancé dans cette lecture. Synopsis.

Matricia de Charlotte Bousquet de E De Cock

Dionisa s’apprête à mettre une fin à la peste qui dévore petit à petit l’archipel des Numinées, en tuant son oncle Alino qui s’est voué corps et âme à une entité des plus démoniaques. De son côté, Angelo di Larini, nécromant de son état, a été envoyé par son ordre en mission pour trouver des indices sur la façon de lutter contre ce mal. Mais il est bien peu probable qu’il arrive à en réchapper, tant cette mission semble plus être une manière pour l’ordre de se débarrasser de lui qu’une réelle tentative de lutter contre le Mal.

Il faut avouer que comme pour Cytheriae, le lecteur met un peu de temps à situer tous les personnages que l’on va retrouver. En effet, comme je le disais, les tomes sont largement lisibles indépendamment, mais en contrepartie, il n’y a pas de lien fort entre les différents tomes. Seul l’univers, les quelques éléments qui s’y rattachent et le mal qui rongeait peu à peu l’Archipel sont dans les deux, bien qu’il y ait évidemment un ordre chronologique. On y retrouve quelques personnages, mais ces derniers n’étaient qu’évoqués voir esquissés dans les précédents tomes. J’évoque ici le personnage d’Angelo di Larini, charismatique nécromant de Cytheriae que l’on n’entrevoyait qu’à peine.

Charlotte Bousquet

Charlotte Bousquet

Ici, il prend le rôle de second personnage principal, puisque nous allons suivre son aventure sur l’île de Matricia. On y découvre un peu de son passé sans trop s’y aventurer non plus, et il garde tout le charisme qui lui sied. Ce tome va d’ailleurs un peu plus s’étendre sur ses pouvoirs et ses capacités de nécromant. Il pouvait déjà passer dans l’autre monde, il peut aussi désormais utiliser des amulettes contenant âmes et autres êtres. Là dessus l’auteur ne s’étale pas vraiment, et il n’y a pas de réelle explication sur le comment du pourquoi. Ce n’est pas vraiment gênant, là dessus Matricia mise plus sur l’ambiance générale de désolation que l’on ressent à la lecture, bien que l’univers et la mythologie de l’archipel des Numinées soit plus présent, au travers des diverses croyances et de l’opposition entre le Mal et le Bien.

Mais si on retrouve le nécromant, c’est bien Dionisa qui est l’héroïne de notre roman. J’avais pu découvrir le personnage dans la nouvelle de Charlotte Bousquet parue dans Victimes et Bourreaux, que j’avais plutôt bien appréciée. Ici, le personnage s’émancipe, notamment grâce à un savant artifice de narration: le roman s’articule autour du duel qui l’oppose à son oncle, Alino. Mais ce duel est particulier pour les sorciers, ces derniers tirent des lames de tarot, les obligeant à retourner et compter une bribe de leur passé en rapport avec la signification de la lame.

C’est ainsi que Charlotte Bousquet va réussir à nous raconter l’histoire tragique de Dionisa sans que le tout ait l’air superficiel ou trop rapide. On entrevoit les passages clefs de la vie de notre sorcière au travers de récits narrés à la première personne, et se déroulant bien souvent dans un univers que l’on pourrait qualifier de mondain. C’est d’ailleurs ce qui posera le plus souvent problème à la compréhension, car le monde dans lequel elle évolue est constitué de nombreux personnages et noms, et l’auteur ne prend bien évidemment pas le temps de tous les introduire. On doit donc faire le tri, mais cela permet de garder le dynamisme des scènes. Je dois avouer que ces passages sont tout bonnement passionnants, souvent tragiques et très prenants. Je les ai dévoré, tout comme j’ai dévoré les bribes de mémoires évoquées par Alino, son adversaire.

Comme je le disais, Matricia de Charlotte BousquetMatricia comme le tome précédent mise particulièrement sur l’ambiance, et il faut dire qu’elle est vraiment très forte. La qualité de l’écriture est au rendez-vous, il n’y a pas de moment plus faible que d’autre, le niveau est homogène et très élevé. A aucun moment lors de ma lecture je ne me suis ennuyé, ou je n’ai pas eu envie de découvrir la suite au plus vite. Le roman de Charlotte Bousquet fait partie de ces titres que vous pourriez bien lire d’une traite si vous en aviez le temps. Le duel et la quête d’Angelo en parallèle sont vraiment prenants.

Au final, Matricia est pour moi un roman sans faute. L’ambiance est un peu différente de celle de Cytheriae, l’oppression est différente, la cruauté aussi. Ce sont là deux romans qui ont de nombreux points communs, mais qui sont loin d’être de simple redite. Charlotte Bousquet ne se contente pas de nous livrer le même type de livre avec une trame différente, mais bien une toute autre expérience, peut être un peu plus classique mais tout aussi prenante. Bref, vous l’aurez compris, lisez Matricia.


C’est Lundi, que lisez vous ? #36

Serafina dans Actualités, Livres le 5 mars 2012, avec 8 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion OldieJe n’ai encore une fois que peu lu cette semaine, et à peine avancé dans le premier tome de La Loi des Mages. Ceci dit, ce que j’en ai lu était vraiment bon. Après quelques chapitres très difficiles pour la compréhension, avec de nombreux termes inconnus au bataillon et un style de narration inhabituel, le tout commence à prendre. D’autant que c’est bien le moment de lire un roman se déroulant en Russie, même si cette dernière n’est pas la Russie contemporaine qui fait l’actualité.

Sinon, je compte bien profiter de la nouvellement-arrivée-chez-nous Galaxy Tab pour tester la lecture sur tablette. Le confort y sera certes bien moindre que sur une liseuse, mais une bonne nouvelle risque bien de m’y pousser.

Serafina

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirCette semaine, Tabatha, ma Galaxy Tab m’a un peu obnubilée, du coup j’ai fort peu lu. Je suis à la nouvelle finale de Dames de lune, Fées des brumes des éditions du Chat Noir, et mon opinion sur ce recueil semble se confirmer: de très bonnes nouvelles, très variées, toutes plaisantes et qui développent des univers plus que charmants.

J’arrive aussi à la fin du tome 1 des Hunger Games de Suzanne Collins. Ce que je redoutais n’a pas eu lieu, l’héroïne pour le moment ne semble pas être une vraie Mary Sue, par contre, j’ai eu beaucoup de mal à accepter le fait que l’auteur ait recours à du Deus ex Machina pour résoudre ce qui semblait insoluble. Un peu facile à mon goût. Si le roman ne m’insupporte pas, je dois dire qu’il me laisse totalement froide.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

Il y a des groupes, parfois, qu’on est un peu surpris de retrouver au Hellfest. C’est le cas de Blue Öyster Cult, un groupe des années 70 à mi-chemin entre Rock Psyché et Heavy Metal. Pour être tout a fait honnête, la discographie du groupe m’est quasiment inconnue, les rares fois où j’ai tenté de les écouter, je n’ai pas réussi à m’y intéresser suffisamment pour en garder souvenir. Ceci, à une exception près, leur magistral et cultissime (Dont Fear) The Reaper sorti en 76 avec l’album Agents of Fortune, aux lignes de chants reconnaissables entre mille, à l’arpège unique et surtout, aux paroles marquantes, qui fait partie de mes chansons préférées de la terre et de l’univers.

Disons que le clip accuse son age et que ce n’est pas forcément le genre de clip que j’aurais imaginé pour cette magnifique chanson. Blue Öyster Cult est programmé pour le dimanche et dernier jour du Hellfest 2012, sur la MainStage01, juste avant le Crüe et il y a peu de chances que nous le loupions. Mais voilà, comme pour les autres groupes du genre, tels Europe, Kiss ou encore Scorpions, on les regardera de loin, en ne se levant guère que pour le fameux titre. Dommage, mais c’est souvent comme ça, pour ces vieux groupes cultes, victimes du succès phénoménal d’un seul et unique titre dans la sphère Metal.

A moins qu’ils passent en même temps que Vulture Industries, évidemment.


Vous mélangez une couverture de toute beauté à une promesse de nouvelles de fantômes, et pouvez être sur que je me jetterais dessus, c’est comme ça qu’il me fallait absolument lire ce premier volume de Ghost Stories des éditions Asgard. Les fantômes, c’est un sujet qui me fascine, j’en ai peur, mais je ne peux m’empêcher de lire tout plein de livres dessus. 17 auteurs francophones ont donc été réunis dans cette anthologie dirigée par Thomas Riquet et Peggy van Peteghem. Au sommaire des noms connus par ici, Lionel Davoust et Jeanne-A Debats pour ne citer qu’eux, et d’autres moins. J’ai donc commencé la lecture avec beaucoup d’enthousiasme.

Ghost Stories aux éditions Asgard

Malheureusement, outre la belle couverture, les premières impressions ne sont pas forcément positives. Chaque nouvelle est précédée d’une photo en négatif et noir-et blanc de l’auteur. Si l’idée de transformer la photo des auteurs en fantôme pouvait être sympa, je dois dire que la mise en page et le rendu final de ces photos donne un coté un peu amateur qui m’a malheureusement déplu… De plus chaque nouvelle est encadrée par de micro-nouvelles (de 5 ou 6 lignes) qui la plupart du temps m’ont semblé hors-contexte et sans grand intérêt, donnant plus l’idée d’un résumé à développer qu’autre chose.

La première nouvelle de David Bry ouvre très fort les hostilités. L’auteur organise en effet une sorte de Star Ac’ pour fantômes, où le grand gagnant peut retourner sur terre hanter les vivants. Un traitement décalé du thème et plein d’humour qui m’a totalement séduite. Jusqu’au twist final, inattendu mais terriblement bien trouvé.

Peggy Van Peteghem

Peggy Van Peteghem

Le problème c’est que malheureusement les nouvelles qui vont suivre ne vont pas me plaire autant. En effet, il est plus difficile qu’il n’y parait d’écrire une histoire de fantômes dans une anthologie spéciale fantômes pour une simple raison: le lecteur est sur ses gardes. Comme on est dans une nouvelle, le nombre de personnage n’est pas bien grand et on repère vite les anomalies. Du coup, baser son final sur la découverte du fantôme pour créer un twist est plutôt casse gueule, et c’est malheureusement ce que vont faire les trois quarts des nouvelles qui suivront. La plupart, sans être mauvaises, ont glissé sur moi comme de l’eau, sans retenir mon attention, sans m’émouvoir, à cause de ficelles trop faciles surtout. On reprochera aussi que sur 17 nouvelles, deux traitent exactement du même type de fantôme lié a un accident de la route… avec la même révélation finale dans les deux cas !

Dans ses nouvelles du milieu, la seule à m’avoir réellement convaincue est celle de Claude Bolduc, auteur canadien que je ne connaissais pas, qui a réussi à faire une nouvelle à l’ambiance très forte, très visuelle et qui n’est pas sans rappeler le Maître de Providence, compliment s’il en est. Sa nouvelle est toute en ambiance, en sous entendus et dégage une atmosphère palpable. Bref, cette nouvelle là ne m’a pas séduite par son histoire mais bien par la qualité de la plume et ce charme si lovecraftien.

Jeanne-A Debats

Jeanne-A Debats

En réalité j’ai failli abandonner ce recueil à de nombreuses reprises après cette nouvelle. Et puis il y a eu la nouvelle de Jeanne-A Debats, Memorial. Avec 30 pages, c’est la nouvelle la plus longue du recueil, mais du coup l’auteure a le temps de développer ses personnages, et surtout son héroïne, magrébine, arrivée tout droit du Maroc, mariée à un homme de 10 ans son ainé et irrémédiablement attirée par ce monument en bas de sa tour.

Sa manière de brosser les personnages est criante de vérité, et la nouvelle est tellement encrée dans notre monde, dans notre vie, qu’on est rapidement proche de son héroïne, différente de nous mais si contemporaine. Le thème abordé n’est pas celui qu’il parait, n’est pas bien drôle, mais traité avec une sensibilité et une intelligence rare. Cette nouvelle la justifie à elle seule la lecture du recueil. Enfin, elle et puis celle qui suit.

Car Simbad de Lionel Davoust est aussi une des nouvelles spectaculaires de ce recueil. Une prise d’otage, dans une usine menacée de fermeture, des apparitions étranges, et un lourd passif, voici les ingrédients de cette nouvelle qui ne m’a pas laissée intacte. Car celle ci aussi est ancrée dans notre monde, et aussi, pour moi ancrée à une des choses auxquelles je tiens le plus au monde. Car moi aussi j’ai mon Simbad. Le traitement est tellement juste que la nouvelle en devient intense, bien plus que toutes celles que j’ai lu dans le roman. Cette nouvelle m’a faite pleurer,  et si vous me connaissez, vous savez que c’est le plus grand compliment que je puisse faire à une nouvelle.

Ghost Stories aux éditions AsgardAu final, malheureusement sur les 17 nouvelles que ce Ghost Stories propose, seules quatre m’ont réellement plu. C’est un bien faible score, auquel on ajoute une mise en page discutable et des micro-nouvelles étranges. C’est dommage, car je pense qu’avec un écrémage plus important, il n’y avait pas besoin de 2 nouvelles sur le même thème par exemple, en visant la sobriété plutôt que l’immersion fantomatique via des photos en négatif, le recueil avait un beau potentiel.

Du coup, je suis partagée car si le global ne m’a pas convaincu, il serait dommage de passer à côté des excellentes nouvelles de Jeanne-A Debats, Lionel Davoust, Claude Bolduc et David Bry. J’espère que ces quelques problèmes seront corrigés pour le second volume !


Captain Swing de Warren Ellis et Raulo Caceres

Serafina dans Comic, Critiques, Livres le 2 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est un comic récemment paru en français aux éditions Milady Graphics. Jusqu’à maintenant, illman ne nous avait dit que du bien de Warren Ellis, auteur entre autres de Transmetropolitan et No Hero, lui aussi aux mêmes éditions. Alors quand j’ai vu ce one-shot du scénariste, je n’ai pas tenu bien longtemps avant de me mettre à le lire. Il faut dire que visuellement, la couverture donne envie avec son coté un peu Steampunk. Synopsis ?

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Dans le Londres pré-Victorien de 1830, Charlie est un bobby, un des premiers agents de police de la ville. Une nuit, il voit quelque chose qu’il n’était pas censé voir. Un bateau volant, mu par cette chose étrange qu’est l’électricité et mené par un capitaine révolutionnaire, Spring-heeled Jack, aussi connu sous le nom de Captain Swing.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo Caceres

Les planches sont entrecoupées d'interludes narrées par Captain Swing

Le dessin de Raulo Caceres est assez particulier, tout d’abord très sombre, la plupart des planches étant dominées de très loin par le noir. Mais il est aussi très dynamique et les scènes d’actions sont réellement bien rendues. Du coup la lecture est fluide, on n’est jamais perdu. Alors certes en échange les visages ne sont pas forcément les plus beaux qu’on ait pu voir… mais le design de Captain Swing a particulièrement la classe. La coloration, réalisée par Digikore Studios, se démarque notamment sur les pages où l’électricité est présente. Ces éclairs bleus électriques sur des dominantes de noir rendent parfaitement bien.

Comme je le disais plus haut, le design de Captain Swing est particulièrement réussi. Il faut dire que la grosse partie de ce one-shot repose uniquement sur ses épaules. C’est un pirate, mais comme on les aime, au grand cœur, avec de l’honneur, et comme il fait aussi office de voix off dans les pages d’interludes, on s’attache très rapidement à ce personnage, contrairement à celui de Charlie qui est plus « passe-partout ».

Si le comic est surtout orienté vers l’action, il n’est pas creux pour autant. En effet, Captain Swing est un révolutionnaire, mais surtout un défenseur des opprimés, et ses réflexions sur le monde sont loin d’être exemptes d’intérêt. J’ai cité Steampunk dans l’introduction, mais ce n’est pas vraiment cela, vu qu’il s’agit en fait d’un steampunk à l’envers, avec l’introduction de l’électricité dans ce monde à vapeur. Bref, on nage en pleine Science-Fiction. Et le mélange est plutôt bien dosé.

Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island de Warren Ellis et Raulo CaceresTout d’abord parce que Warren Ellis réussi très bien a caser cette distorsion de la réalité, notamment grâce à des pages écrites au milieu de l’histoire dessinée, où Captain Swing explique un peu plus son histoire. Cela contribue à mettre en place l’histoire et surtout le contexte socio-culturel de l’époque. En effet le scénario du comic lui ne se déroule qu’en deux ou trois jours, il est donc nécessaire d’avoir recours à une « voix off » pour placer les choses dans leur contexte.

Au final Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est une lecture fort sympathique et aussi une bonne porte d’entrée dans l’univers de Warren Ellis. Avec un joli dessin, une histoire bien ficelée et un héros emblématique, je ne peut que vous le conseiller. L’univers crée au cours de ces quelques pages est très vite crédible, et c’est bien dommage que cela ne soit qu’un one-shot car il y a de quoi faire !


Trailer de Iron Sky de Timo Vuorensola

dabYo dans Actualités, Films le 1 mars 2012, avec 7 commentaires
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Iron Sky est un projet germano-finlandais de Timo Vuorensola qui a pour particularité de mélanger Science-Fiction, nazis et Comédie.Oui, c’est un mélange qui n’est pas si surprenant quant on prend le pitch du film: les nazis à la fin de la seconde guerre mondiale ont installé une station militaire de l’autre côté de la lune, sur la face que l’on ne voit pas, et s’apprêtent à venir se venger. Oui, vous avez bien lu. Le film, après avoir plébiscité le soutien financier du public a enfin sa date de sortie, le 4 avril, et un nouveau trailer que voici.

Comme vous le savez, les nazis sont une source inépuisable d’inspiration pour le cinéma, surtout lorsqu’il faut leur faire jouer un rôle méchant et particulièrement ridicule. La plupart finissent dans le bac des navets, ou des nanars, suivant votre perception des choses. Alors bien sûr, on pourrait citer Captain America qui est sorti l’année dernière, et qui se voulait un poil sérieux. Mais bon, entre nous, quand on pense aux nazis dans un film, on pense plutôt à un Dead Snow, autre projet du même type, mais norvégien cette fois.

La production semble en tout cas de bonne facture, et on a franchement hâte d’y jeter un œil. Sortie prévue directement en DVD à priori, et avec de la musique de Laibach, ça ne pourra que mériter le détour !