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Le Journal de Kurt Cobain

Serafina dans Actualité, Critiques, Livres, Musique le 25 février 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir lu The Heroin Diaries de Nikki Sixx, lire les journaux de Kurt Cobain était un peu une suite logique. Paru en poche aux éditions 10-18 sans doute pour des raisons purement pécuniaires, ce recueil regroupe des extraits des nombreux « carnets » que le défunt leader de Nirvana a rempli de son vivant, où se mêlent paroles de chansons, idées de vidéoclip, réflexions sur son statut, délires sous drogues, liste de compilations musicales, et j’en passe et des meilleures. Une polémique avait entouré la parution de ce recueil, sur son bien-fondé, je n’y rentrerai pas car je n’ai pas réellement d’opinion sur ce point.

Le Journal de Kurt Cobain

Les journaux couvrent la grande partie de la vie de Nirvana: de l’adolescence d’un lycéen paumé, au début de groupe, aux changements de line-up, jusqu’à la gloire et la fin qu’on connait tous. Le début est particulièrement intéressant. Kurt Cobain entretient à l’époque une correspondance assez soutenue avec d’autres groupes de l’époque, comme les Melvins, et ces lettres parlent de l’état de la scène, des groupes qui montent. Bref, c’est une plongée dans le Seattle du début des années 90, qui transpire la déprime et la haine du « heavy metal chevelu du Sunset Strip« , autrement dit, les Mötley Crüe et autres Guns N’ Roses.

Les journaux sautent réellement du coq à l’âne, certaines pages s’arrêtent en plein milieu d’une phrase, et d’autres font référence à des faits (interviews, tournées) qui ne sont pas expliquées dans les notes. Du coup c’est une lecture assez chaotique, bien que ce soit en quelque sorte logique puisque les écrits ne sont pas retravaillés. Cobain a un style d’écriture assez particulier : il invente beaucoup de mots, il a pas mal d’humour et écrit sur une palette assez large : engagement politique, haine des médias, réflexion sur la culture musicale et sur les radios, sur l’émergence du Punk Rock. Étonnamment il se livre assez peu et le terme de journal n’est peut être pas bien choisi, on est plus face à des carnets de travail qu’à un journal. Là où Nikki Sixx racontait vraiment sa vie sur le mode introspection, Kurt finalement, ne parle que rarement de lui.

Le Journal de Kurt Cobain

Cependant ses réflexions trahissent l’état d’esprit d’une époque, d’une génération, et sont sacrément véridiques, même maintenant. C’est son engagement (féminisme, défense des homosexuels) qui ressort surtout, mais aussi sa haine. Sa haine contre le système, contre le conformisme. Sa description de l’héroïne et des conséquences de sa consommation de marijuana sont criantes de vérité et feront plus d’effet que n’importe quel pamphlet anti-drogue, parce que c’est vrai, parce que c’est cru.

Au passage, le journal est aussi très intéressant pour ceux qui aiment le groupe, car il n’est pas rare de trouver les premières versions des futurs hits de Nirvana, les premiers jets de Smells sont présentés par exemple, et c’est toujours intéressant de suivre le cheminement d’une chanson.

Le Journal de Kurt CobainLes journaux sont organisés par ordre chronologique, avec souvent d’un coté, la copie du carnet manuscrit et en anglais, et de l’autre la traduction en français réalisée par Laurence Romance. La traduction est d’ailleurs plutôt bonne, avec de nombreuses notes dus aux jeux de mots et néologismes souvent intraduisibles. Malheureusement, les journaux ne sont pas datés vu que Kurt ne le faisait pas, cependant pour le confort du lecteur et pour pouvoir situer à quel moment de la vie du personnage et du groupe se situent les écrits, je pense qu’il aurait été intéressant de les dater au moins à la louche, car du coup, on est un peu perdu.

Au final, Le Journal de Kurt Cobain m’a malheureusement donné l’impression d’un livre sorti à la va-vite, pour l’appât du gain. Certes intéressant, le tout aurait mérité un plus gros travail de remise en contexte et de datation des carnets. Cependant, je le conseille quand même aux curieux de tout genre, curieux de comprendre réellement ce qu’était cet écorché vif, d’où il venait, comment est né Nirvana. Cependant, cela ne remplacera pas une biographie, et le recueil en lui même ne se suffit pas.


Dans l’Antre des Esprits de Olivier Bidchiren

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 24 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Dans l’Antre des Esprits est un recueil de nouvelles écrites par Olivier Bidchiren et publié l’année dernière en poche aux éditions Lokomodo. L’ouvrage avait été précédemment publié aux défuntes éditions Nuit d’Avril, comme d’autres romans très appréciés ici, comme Angemort ou Marches Nocturnes. Olivier Bidchiren regroupe ici dix nouvelles, passant de la Science Fiction au Fantastique, en faisant des petits détours vers les mythes ancestraux, le tout illustré par Sébastien Bermès. Pas de synopsis, recueil oblige.

Dans l'Antre des Esprits de Olivier Bidchiren

On retrouve donc dans ce livre des nouvelles très différentes. Aucune ne se ressemble, tant par le style que dans l’histoire. Au final on arrive à un livre assez varié mais qui possède plusieurs points noirs. Car bien que l’auteur arrive à se renouveler à chaque histoire, je dois bien avouer qu’aucune ne m’a vraiment marqué. Je n’ai pas retrouvé ce soupçon d’émerveillement que je retrouve lorsque je lis de livres de nouvelles, surtout de Fantasy et de Science-Fiction.

A la fin de chaque nouvelles, je me suis demandé ce qui c’était passé, où avait voulu en arriver l’auteur. Chaque fin apporte une part de réflexion, que je trouve peut être un peu trop grande. Je ne dis pas qu’il doit tout expliquer au lecteur, mais je trouve qu’il laisse trop de choses inexpliquées et qui auraient peut être permis de mieux apprécier ces histoires.

De ce fait j’ai vraiment eu du mal à lire et finir Dans l’Antre des Esprits. Comme je l’ai dit auparavant, rien ne m’a marqué et malheureusement, je ne pense pas qu’il restera longtemps dans ma mémoire. Voila une sélection des nouvelles les plus intéressantes:

Les Conquérants de la foi

Une personne s’en va voir un marabout afin de régler ses « petits » problèmes. Incapable de les résoudre, il va finir par devenir l’instrument de puissances supérieures, ce qui ne sera pas sans rappeler au lecteur d’autres auteurs.

Voila la première nouvelle du livre, et je l’ai choisie car je trouve  qu’elle montre le ton de tout ce que l’on va retrouver après, et de ce que je reproche au recueil. On est face à une histoire bien structurée, mais manquant de développement et apportant une fin qu’on pourrait qualifier de bizarre, incompréhensible pour mon pauvre petit cerveau et qui m’a laissé en quelque sorte sur le carreau.

Parole silencieuse

Knut Amundsen est un peintre vivant à côté de la dernière demeure de Léonard de Vinci. Il doit réaliser une réinterprétation de la Cène, mais son inspiration lui fait défaut. Alors quand comme par magie, Jésus l’aide par l’intermédiaire de messages envoyés sur son ordinateur, il ne peut qu’accepter l’honneur qui lui est fait de prendre sa place pendant quelques heures et ainsi finir son œuvre.

Alors vu comme ça, l’histoire peut paraître assez bizarre, mais pourtant c’est l’une de celle que je préfère. Olivier Bidchiren arrive à se jouer du personnage et de nous en même temps d’une très belle manière. C’est peut être celle aussi qui est la plus compréhensible et dont les points négatifs que j’ai déjà raconté sont les moins prononcés. Le genre de nouvelles qui me frustre d’autant plus puisque j’ai l’impression d’être passé à côté des autres.

Dans l'Antre des Esprits de Olivier BidchirenAu final, vous l’aurez compris, j’ai été déçu par Dans l’Antre des Esprits. Bien qu’amateur de recueil et en lisant plutôt beaucoup dans le genre Fantastique ou Science-Fiction, celui ci n’a pas réussi à m’inspirer et j’ai vraiment eu du mal à le finir.

J’aurai trouvé plus intéressant de développer un peu plus les histoires et de moins pousser à la réflexion. Je trouve dommage d’avoir une mauvaise impression alors que les idées sont quand même là, et je me dis qu’il en manquait pour que j’apprécie bien plus.


L’année dernière, le Printemps de Bourges avait créé la stupeur à la rédaction. Le festival si souvent inintéressant pour nous proposait en effet une affiche digne de la folie pure : une soirée Metal, avec rien de moins que Eluveitie, Epica, Kamelot, Septic Flesh, Punish Yourself et Dagoba. De quoi baver. Alors pour la première fois depuis des années on attendait avec impatience l’annonce de la programmation du festival 2012.

La mascotte du Printemps de Bourges 2012

Et.

Et Rien.

Pas de soirée Metal cette année.  Le reggae a sa soirée, le rock aussi, le rap aussi, les musiques du monde, la chanson française, mais les metalleux sont encore une fois oubliés de l’affiche d’un festival grand public. Et c’est dommage, car la soirée de l’année dernière s’était fort bien déroulée (pas de problèmes, ça semblait bien rempli, etc). Alors pourquoi une telle absence ? Aucune idée pour le moment.

Il y a certes Shakaponk qu’on aime bien qui passe, donc on y fera peut être un tour mais on ne peut s’empêcher ici d’être bien déçus de cette absence. C’est tellement triste de voir encore une fois ce genre de musique delaissé, alors pourtant que tant de bons CD sortent et que des groupes jouent dans d’autres régions à guichets fermés.

Le programme est consultable sur le site officiel


Silence, ça tourne ! #20

dabYo dans Actualités, Films le , avec aucun commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Borgen épisodes 1 et 2

Affiche Borgen, une femme au pouvoirÇa ne vous a peut être pas échappé, Arte a démarré la diffusion d’une nouvelle série, politique cette fois et se déroulant sur les terres du royaume du Danemark: Borgen, une femme au pouvoir. Non, il ne s’agit pas d’une série historique, mais bien contemporaine puisqu’elle se déroule de nos jours, et nous narre l’histoire d’une femme, Birgitte Nyborg, qui suite aux élections de son pays se retrouve en position de devenir première ministre et de composer son propre gouvernement. Du moins, c’est le pitch, l’idée, puisque pour être exact les premiers épisodes nous font vivre les derniers moments de la campagne ainsi que les éléctions.

La série est danoise, et il faut avouer que cela se ressent dans le casting, dans la manière de filmer, dans le rythme. Ce dernier est assez lent, il y a certes des tentatives de twits mais on est loin des révélations d’un The Good Wife par exemple. Mais en contre partie, on est là face à une série beaucoup plus humaine, plus proche de nous, ce qui est presque déroutant. Voir l’héroïne se balader sur son vélo, sans escorte, et arriver devant le château de la Reine a quelque chose de déroutant… De même, les petites intrigues font carrément vieilles séries des années 70, plutôt que série moderne. Je ne saurai pas dire pourquoi.

Maintenant, il est encore un peu tôt pour se prononcer sur l’intérêt. C’est sympa à regarder, mais pas inoubliable et on va attendre quelques épisodes avant de se prononcer. L’héroïne jouée par Sidse Babett Knudsen est agréable à suivre, mais j’ai bien peur qu’autour nous allons voir graviter une multitude de personnages insuportables, comme son mari ou son communicant. Avoir.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Ici, on chronique des livres, des films et autres médias. Sauf qu'on ne parle aussi que trop rarement de leur accessibilité. En effet, malgré les avancées technologies, aujourd'hui seul 5% des livres sont accessibles aux mal voyants ou aux aveugles. Ce qui est fortement dommage, car du coup l'accès à la culture devient difficile. Les livres ne sont pas les seuls touchés évidemment, les films en audiodescription sont rares, peu de salles de cinéma sont equipées. Les sites web ne sont pas non plus toujours utilisables.

Lire la suite de l’article Pétition AVH, pour une société plus accessible


La Première Mort de Patrick Eris

dabYo dans Critiques, Livres le 22 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

La Première Mort est un Polar de Patrick Eris publié pour la première fois en 2000 et récemment réédité au format poche par les éditions Lokomodo. Il s’agit là d’un des nombreux romans du genre écrit par l’auteur, que je ne connaissais pas. Avec une couverture réalisée par Nemo Sandman et assez jolie, je suis parti sans apriori dans ce roman qui prend place dans la jolie ville d’Amsterdam. Synopsis.

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions Lokomodo

Val Kingsley est une jeune anglaise actuellement à l’université d’Asmterdam où elle suit des études de journaliste. Fille de diplomate, elle est passée par de nombreux pays avant d’arriver sur les ponts de la capitale néerlandaise, sans le sous, brouillée avec ses parents. Pour subsister et financer ses études, elle donne des cours de gym dans un petit club près de la gare centrale. Elle y a notamment rencontré Julian, un beau jeune homme avec qui elle a eu quelques affinités. Mais ça, c’est avant qu’on vienne l’informer qu’il venait de se faire sauvagement poignarder.

Notre roman se déroule donc dans la capitale hollandaise, je dois le dire, pour mon plus grand plaisir. Ayant eu l’occasion d’aller y déambuler cette année, il était forcément très facile pour moi d’en imaginer l’ambiance, les quais, le tramway comme l’auteur nous y invitait. La Première Mort est en effet très ancré dans la ville, bien qu’elle n’y joue pas forcément de rôle, elle place fortement l’ambiance, ironiquement plus calme et posée que d’autres capitales européennes, notamment. Alors certes, l’auteur ne manque pas de nous interpeler à travers sa note d’ouverture que la ville a bien changé depuis l’écriture de son roman, mais n’ayant pas connu cet avant, je n’ai pu le comparer.

Patrick Eris

Patrick Eris

A l’image de la ville, ce Polar est relativement calme et posé. Il n’y a pas énormément d’action, et je n’ai pas ressenti beaucoup de suspens quant à la découverte de l’identité du meurtrier. Bien qu’il y ait une sorte de tueur en série dehors, qui rôde, ce dernier semble passer au second plan tant il n’inquiète pas notre héroïne, externe à toute cette histoire, qui ne se sent qu’à peine concernée. Ce qui l’inquiète plutôt, c’est comment vivre le meurtre de Julian, sa disparition, le fait qu’il ait disparu de sa vie et que cette dernière continue comme si de rien n’était, comme s’il n’avait jamais existé. Une sorte d’introspection adolescente face à la mort donc, plutôt réussie par ailleurs.

On suit les réactions de Val suite à ce bouleversement dans sa vie, assez crédible, bien écrit, qui peut laisser parfois perplexe sans que ce soit négatif pour autant. Je dois avouer que cela m’a plutôt plu de lire et suivre l’évolution du personnage à travers le temps. Sa recherche de vérité, plus pour connaître celle qu’elle n’avait su aimer que pour découvrir le tueur, son mobile, sa manière d’opérer. Bref, une sorte d’enquête à l’envers.

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions LokomodoL’écriture est assez fluide et simple à lire, le style de Patrick Eris ne m’a pas particulièrement marqué. On peut tout de même souligner qu’il est agréable à lire, que les situations sont bien retranscrites, que ce soit dans les moments d’errements ou dans les moments d’action. Et puis, surtout, cette ambiance si bien retranscrite, ce bar où l’on joue du jazz, ces canaux d’Amsterdam.

Au final, La Première Mort est un Polar à part, qui change de ce que l’on associe habituellement au genre. Le roman de Patrick Eris ne m’a certes pas particulièrement marqué, mais ce fut une lecture agréable, une parenthèse sympathique. J’aurai presque envie de le conseiller aux amateurs de Young Adult, tant il me semble parfaitement convenir à cette tranche d’âge.


La sortie du deuxième volet de l’adaptation de Sherlock Holmes par Guy Richie coïncide avec la deuxième saison du Sherlock de la BBC, autant dire que ce début d’année sera Sherlock ou ne sera pas. Et pour couronner le tout est sorti aux éditions Autrement l’essai Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha Levet, professeure d’université à Limoge et spécialiste du roman noir. Cette dernière s’intéresse ici à la figure mythique crée par Arthur Conan Doyle et son folklore (Watson, Moriarty, etc…) à travers plusieurs thèmes : sa genèse, les influences de la formation de médecin de l’auteur sur le détective, les adaptations sur divers médias, les réécritures, la force de Sherlock dans l’imaginaire populaire etc…

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha Levet

Il n’est pas nécessaire de connaitre l’univers de Sherlock sur le bout des doigts pour lire cette étude, elle est même relativement accessible aux néophytes. En suivant une progression à peu près chronologique, l’auteur ne nous perd pas, et permet de comprendre petit à petit comment le personne a pu acquérir ce statut. Il est cependant évidemment préférable d’avoir des connaissances de bases, et d’avoir lu un ou deux écrits pour réellement apprécier la lecture et ses références aux enquêtes majeures du héros. Pour ceux qui ne le connaissent guère que par les dernières adaptations télévisuelles et cinématographiques, ce sera là l’occasion de revenir aux racines.

Le style est agréable, et malgré les nombreuses références et notes de bas de page, la lecture est fluide et agréable. Natacha Levet propose ici un travail très intéressant sur cette figure emblématique et lève certains points d’ombres peu connus des néophytes. Par exemple, non, Conan Doyle n’a jamais écrit la célèbre réplique « élémentaire mon cher Watson ». L’auteur évoque aussi le principe de Canon, si important dans la mythologie Holmesienne. On alterne des passages très accessibles, comme celui sur l’arrivée des attributs vestimentaires propre au personnage (le manteau cape, la pipe, etc), et des passages beaucoup plus universitaires comme la structure du récit ou l’étude du nombre d’éditions des écrits par pays et par année. Cependant, je pense que personne ne sera perdu.

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha LevetC’est une lecture qui permet de mieux comprendre l’attrait pour ce personnage mythique, qui a su redevenir à la mode au XXIème siècle alors qu’on est pourtant fort éloigné de l’atmosphère victorienne. Et c’est encore plus vrai quand on voit la campagne « I believe in Sherlock » qui a récemment envahi les murs de Paris, ou l’attrait pour Sherlock sur Tumblr ! C’est tout bonnement fascinant cet attrait pour un personnage pourtant crée il y a si longtemps.

Si vous êtes intéressés par le personnage ou tout simplement par les grands personnages de la littérature, ne passez pas à coté de Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran. Je sais que le coté universitaire peut faire peur, mais il n’en est rien, l’essai de Natacha Levet est très abordable, avec juste ce qu’il faut de notes et de références, accessible à tous et qui devrait vous en apprendre beaucoup et vous faire voir cette effervescence Sherlockienne sous un œil un peu plus analytique.

 


C’est Lundi, que lisez vous ? #34

Serafina dans Actualités, Livres le 20 février 2012, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

N’ayant pas la chance de pouvoir lire dans le train alors que j’y ai pourtant passé une bonne quinzaine d’heures, cette semaine m’aura seulement permis de lire les derniers chapitres de Matricia de Charlotte Bousquet. Et qu’en dire, si ce n’est que j’ai complètement adoré ce roman du début jusqu’à sa fin, et que j’ai très hâte de continuer mon périple au sein de l’Archipel des Numinées ?

Serafina

J’ai terminé Ghost Stories, et heureusement pour moi, les dernières nouvelles sont les meilleures. Celles de Jeanne A. Debats et de Lionel Davoust m’ont énormément plu et touchée, ce qui me permet de finir cette anthologie sur une bonne impression, malgré ses longueurs et les nouvelles du milieu qui ne m’ont pas spécialement bottée.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirPrenant le train, Le Dernier Vampire était un peu lourd à trimballer, alors j’ai commencé Dames de Lune, Fées des brumes, une autre anthologie, mais aux éditions du Chat Noir cette fois ci, dirigée et illustrée par Cécile Guillot. Si la couverture n’est pas ma préférée de cet éditeur, les illustration intérieures elles sont vraiment très jolies. J’en suis à la moitié, et sans surprise j’ai beaucoup aimé celles que j’ai lues, le recueil est diversifié et avec des ambiances très sympathiques. Mention spéciale à celle de Stéphane Soutoul que j’ai vraiment adorée

Et puisque je suis devenue une fangrill du nouvel Eluveitie, Helvetios, j’ai honteusement entamé Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome de Jean-Louis Brunaux que j’avais offert à dabYo à Noël. Ce livre documentaire n’est vraiment pas beau et les illustrations de très piètre qualité, mais l’histoire et les particularités de ce peuple que je connaissais fort peu sont bien expliquées.  Le livre tort le cou à un certain nombre de préjugés, ce qui n’est pas plus mal puisque l’Histoire, telle qu’enseignée à l’école ne m’a jamais passionnée, et que du coup ma seule référence gauloise était Asterix.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Suleyman de Simon Sanahujas

illman dans Critiques, Livres le 17 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Suleyman de Simon Sanahujas est un roman de Science-Fiction paru en poche aux éditions Lokomodo en 2011, et au préalable chez Rivière Blanche en 2005 pour le grand format. La couverture de l’ouvrage qui fait 250 pages est de Michel Borderie, je ne la trouve pas terrible et dieu sait qu’il est capable de beaucoup mieux. L’auteur est un très gros fan de Robert E. Howard, et de son personnage Conan au point qu’il lui a consacré un essai. Et cela se sent dans Suleyman, mais avant d’entrer dans les détails, direction le synopsis.

Suleyman de Simon Sanahujas

Zoé habite tranquillement à Lyon lorsqu’un jour elle est témoin d’une conversation entre des gens d’un groupe patibulaire. Bien qu’elle n’entende même pas ce qu’ils disent, ni une des deux le groupe se met immédiatement à sa poursuivre. Quand tout à coup un mec qui passait là par hasard colle une rouste à un de ses poursuivants et embarque la jeune femme vers la sécurité. Cet homme c’est Suleyman, et avec l’aide de Mercenaire qu’ils ont croisé en chemin, il compte bien ramener Zoé au Conseil.

Avouez que ça vous fait envie tout ça, et le quatrième de couverture n’aide pas, il m’a malheureusement rappelé les histoires que l’on retrouve dans les fan-fictions, le tout dans un univers original. Force est de constater que j’ai malgré moi commencé par le considérer comme tel au début. 250 pages de lecture plus tard, c’est principalement deux gros points noirs que je regrette.

Tout d’abord les personnages. Lorsque dès le premier contact avec l’un des personnages principaux, en occurrence Zoé, mon cerveau se met à hurler “Mary-Sue”, c’est que ça commence mal. Personnage à la présence fantomatique et dans le plus pur style caricaturale de la nunuche qui ne comprend rien à rien, Zoé incarne l’archétype du personnage qu’on a envie de baffer. Elle n’a d’intérêt qu’au début de l’histoire, sorte d’excuse à notre histoire, pour finalement se transformer en boulet pour Suleyman et Mercenaire. Et d’ailleurs en parlant de ces deux zigotos, dans la famille je voudrais le guerrier massif et balèze en armure qui lâche quasiment pas un mot, je vous présente Mercenaire, cliché quand tu nous tiens pour lui aussi.

Suleyman de Simon Sanahujas aux éditions Rivière Blanche

Couverture de l'édition de Rivière Blanche, bien moins réussie

Suleyman est quant à lui beaucoup moins typé que ses comparses, chauve et baraque, il se bat au nunchaku et est plus intelligent que ce que son physique pouvait laisser penser. Il arrive même à garder une petite part de mystère. Chose assez exceptionnelle vu le what the fuck d’or que l’on peut attribuer au traitement des relations entre les personnages. Alors que certains se connaissent depuis moins de vingt-quatre heures environ, ils se racontent déjà leurs vies privées la plus intime. Je ne suis pas un expert en relations humaines mais ça me paraît quand même extrêmement court, j’étais suffisamment sidéré pour enregistrer ma réaction au dictaphone. Mais le tableau n’est pas totalement noir, dans la seconde partie du roman les personnages gagnent un peu en crédibilité.

Le problème c’est qu’il y a malheureusement une première partie. J’ai rarement vu une telle différence de qualité entre le début et la fin d’un roman. L’intrigue peine sérieusement à démarrer, le rythme est mou malgré des scènes d’action très présentes. C’est télescopé, j’ai trouvé que ça manquait de cohérence, enfin bref, les ingrédients parfaits pour ne pas retenir l’histoire. Il n’y a pas grand chose d’autre à en dire… Et là tout d’un coup sans crier gare, on tombe sur un regain d’intérêt, tout ce qui manquait à l’histoire, comme si les deux parties n’avaient pas été écrites au même moment. Ce n’est bien évidement que mon impression, mais une impression forte tout de même. Cela est sans doute dû aux diverses révélations qui s’enchaînent, à l’univers qui se révèle à nous et au fait que j’avais enfin compris que les méchants ne sont qu’accessoires ici.

Suleyman de Simon SanahujasCar l’univers, ou plutôt le multivers, avait de sérieux atouts pour me plaire. Imaginez un système d’univers parallèles suffisamment différents de ce qui se fait d’habitude pour se payer le luxe d’être original, mais que vous mixez malheureusement avec un embrouillamini d’explications pas toujours très claires et vous obtenez un gâchis relevé. Car oui, si j’ai trouvé le début bien bazardélique, où on ne comprenais pas grand chose, j’ai fini par adorer son originalité quand les personnages se sont mis à être plus clairs dessus.

Suleyman est un roman qui peine à se trouver. Son début navrant et ses personnages font malheureusement oublier les qualités de la seconde partie qui s’avère plus que correcte. Dommage, j’ai tout de même envie de me plonger dans l’essai de l’auteur sur Conan, histoire de ne pas rester sur une expérience négative. Cela dit, en parcourant le net après avoir fini une grosse partie de cette chronique, je me suis rendu compte que j’étais quand même un des rares à émettre un avis défavorable sur ce roman de Simon Sanahujas, serais-je devenu plus exigeant ?


The Beginning and the End de Anathema

Serafina dans Actualité, Musique le 16 février 2012, avec 1 commentaire

Vous le savez, ici on (enfin, je) aime bien Anathema (qu’on a d’ailleur vu au Hellfest 2011). Les anglais sortent prochainement un nouvel album Weather System le 16 Avril. Faire suite à We’re Here Because We’re Here ne sera pas chose aisée, mais on attend avec impatience l’album ici.

La pochette de Weather System, le nouvel album d'Anathema

En attendant, en ce moment, vous pouvez télécharger gratuitement et légalement The Beginning and The End sur la maison de disque du groupe. C’est la septième piste de l’album. Je ne peux d’ailleurs que saluer cette initiative de donner un morceau en téléchargement gratuit.

Les fans du dernier album ne seront pas très surpris, on est toujours dans de l’atmosphérique, on retrouve la voix parfois dépressive de Vincent et la mélodie est jolie. Même si pour moi il n’y a plus l’intensité d’un Empty ou d’un Fragile Dreams, j’aime beaucoup le nouveau tournant d’Anathema, et leurs lives sont vraiment très bons.

Personnellement, c’est un morceau qui me donne plutôt une bonne opinion du futur opus, pas vous ?