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Le Printemps de Bourges est un festival musical qui se déroule à deux pas de ma ville natale. Ce festival a non seulement mauvaise réputation (agression, etc) mais en plus ne programme généralement absolument rien qui puisse nous intéresser. Et pourtant, parfois, les programmateurs peuvent nous surprendre. Comme cette année, où nous avons découvert une affiche de dingues : Dagoba, Septic Flesh, Punish Yourself, Eluveitie, Epica et Kamelot, le même soir, en région centre. Évidemment, nous avons vite pris notre billet, et le 22 Avril venu, sommes partis direction Bourges. Pas de photos personnelles pour ce report, les appareils étant interdits.

Soirée Metal au Printemps de Bourges 2011

Le concert débute à 18h tapantes, nous sommes tellement habitués aux concerts à la bourre, qu’on arrive tout juste à l’heure, et on rate le premier morceau de Dagoba. En tout honnêteté, ce n’est pas bien grave. A noter que la ponctualité sera un point fort de cette soirée, avec des pauses de 20 minutes à tout péter entre deux groupes. Ce n’est pas le concert d’Eletric Wizard. Seul la pause entre Eluveitie et Epica prendra du temps, sans doute pour mettre les ventilateurs. Le palais d’Auron propose 2400 places, dont la moitié dans la fosse et l’autre dans des gradins. Nous, on est des trues, on va dans la fosse.

Dagoba

On commence donc avec Dagoba, un groupe de Metal venant du sud de la France, nous les avions vu au Hellfest 2009, et somme toute le constat est le même : le groupe est communicatif, il a visiblement la pêche, ca fait plaisir de les entendre parler en français, mais musicalement c’est très moyen, efficace, mais sacrément soupe. Leur style semble avoir évolué, le chanteur chante maintenant pour de vrai, ce qui nous fait beaucoup penser à Stone Sour.

Septic Flesh

Arrive ensuite le premier groupe que j’attendais vraiment de la soirée, à savoir Septic Flesh. Le groupe grec propose un Death Metal très Black et très Goth en même temps : nappes de notes, ambiances lugubres, grunts sur chant féminins et chœurs en backing. C’est la première date de leur tournée The Great Mass, leur dernier album qui est absolument excellent au passage.

Septic Flesh - The Great Mass

Visuellement, c’est assez cliché, sombre, les musiciens sont vêtus d’ armures, le tout entouré des oeuvres sublimes de Seth Shiro Anton, bassiste/chanteur mais aussi graphiste. Pas mal de morceaux de The Great Mass seront joués, pour mon plus grand bonheur : Vampire from Nazareth, A great Mass of Death ou encore Pyramyd God si ma mémoire est exacte. Niveau ambiance c’est tout aussi sombre et lugubre. Le jeu de scène, lui est proche de l’inexistant, c’est très statique, mais en même temps vu la musique cela ne me choque pas. J’ai adoré, par contre dabYo est resté de marbre.

Punish Yourself

Les toulousains de Punish Yourself sont les suivant. Ce groupe fait de l’electro-indus aux grands relents Punk. Le combo est extrêmement respecté dans la scène indus, cependant, à coté des groupes de Death et autres Sympho, on ne peut s’empecher de les trouver un poil dépareillés. Qu’à cela ne tienne, les frenchies vont nous délivrer le show le plus intense de cette soirée.

Connus pour leurs show spectaculaires, ils tiendront leurs promesses : les membres sont intégralement peints de peintures fluos, il y’a des lasers verts devant la scène, un danseur/pyrotechnicien/performeur officie sur certains titres. Y a pas à dire, Punish en met plein la vue. Musicalement, c’est un déluge de beats, un martèlement constant, et une apothéose dont on se souviendra longtemps sur Gay boys in gay bondage.

Eluveitie

Le groupe de Folk Eluveitie prend la suite. Nous avions vu le groupe en Juin au Hellfest 2010 et c’est un des groupes favoris de dabYo. Nombreux sur scènes, près de dix personnes, le groupe utilise des vieux instruments traditionnels pour lesquels la sono avait été moyenne voire décevante au Hellfest. C’est réparé ici avec un réel son, et tous les instruments s’entendent bien.

Eluveitie au Printemps de Bourges

Malheureusement, c’est assez statique, et passer après Punish Yourself n’était pas la meilleure configuration pour le groupe. Même Thousandfold, pourtant l’un de leurs morceaux les plus énervés et agressifs fait pale figure, mou.  Cependant, cela reste bon, avec une setlist similaire à celle du festival, mettant en valeur les deux derniers albums. Et surtout Slania’s song sera jouée, le morceau qui m’avait manqué au Hellfest.

La performance scénique du groupe est aussi plus agréable, le chanteur ayant arrêté de chercher constamment à organiser des circle pits. Cependant, il faudrait dire à la demoiselle qui fait le chant qu’essayer de faire chanter au public un refrain entier en suisse ancien n’est que rarement une réussite. Le groupe organisera un circle pit, qui je pense fut le plus violent de la soirée.

Epica

Enfin, Epica arrive, et arrive pour moi la partie la plus douloureuse de ce report. J’aime Epica, leur second album, Consign to Oblivion est un de mes albums cultes, et c’était la 5ème fois qu’on les voyait. J’avais entendu des critiques sur leur dernière tournée, mais sans plus. Je me disais que taper sur le groupe était la mode. Et puis, et puis, il y’a eu Bourges. Et là, je ne sais par quel bout commencer.

Epica au Printemps de Bourges 2011

Le groupe est rodé, contrairement à Therion qui se sont renouvelés à chaque tournée, c’est les mêmes gimmicks, les mêmes sorties de scène aux mêmes moments, et ce depuis 2007. Le changement de line-up a aussi dû jouer, car le groupe a du mal à faire penser à une « unité », le nouveau restera à l’ecart toute la soirée.

Vocalement, si les grunts sont honorable, Simone peine, et n’est pas aidée par la sono trop forte sur sa voix. Elle ne tient pas ses notes, elle ne les a probablement jamais tenues mais cela était compensé par l’énergie et l’impression de joie d’être là. Sauf qu’ici Epica, c’est froid, c’est mecanique. Bref, dommage.

Kamelot

Kamelot est le petit dernier. Rajouté au dernier moment, le groupe devait jouer ce jour là à l’Elysée Montmartre à l’origine. Le Printemps de Bourges semble avoir été une solution de remplacement, mais il n’y a eu aucune publicité autour de leur venue, du coup une bonne partie de la salle ignorait qu’il y avait un 6ème groupe, la fosse était donc désertée. Nous sommes allés dans les gradins, car soyons honnête Kamelot, ca ne me palpite pas des masses.

Et là, surprise. Ce n’est pas Roy Khan sur scène ! Le lendemain paraitra le communiqué sur le départ officiel de Roy du groupe, il était remplacé pas le chanteur de Rhapsody of Fire. Alors, bon, il s’en tire pas trop trop mal niveau voix, mais Kamelot, c’est Roy quand même. Le groupe a une installation scénique qui me fait penser à Therion, avec des estrades pour les choristes (une fille et un gars). La choriste d’ailleurs est fort agréable à regarder, et contrairement à ce que j’avais pu penser, ce n’est pas Simone. Le reste du groupe est assez statique, et somme toute, ça ne me passionne pas. Bien qu’étant sur la tournée du dernier album pas mal de morceaux du Black Halo sont joués.

Au final, les deux derniers groupes n’ont pas été à la hauteur de ce qui était proposé précédemment. Le trio gagnant est sans nul doute Septic Flesh, Punish Yourself et Eluveitie, qui ont assuré jusqu’au bout. L’ajout de Kamelot était on ne peut plus discutable, surtout que son ajout a forcé les groupes à raccourcir leurs sets. Mais vu le prix du billet d’entrée, ça valait franchement le coût.


Le Volcryn de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 29 avril 2011, avec 2 commentaires
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Le Volcryn est une novella écrite par George R.R. Martin en 1980 et rééditée il y a peu par les éditions ActuSF avec une revisite de la traduction initiale de Odile Sabathé-Ricklin par Ayerdhal. Appréciant tout particulièrement les écrits de l’auteur, et avec sa superbe couverture de Lasth, ce titre de Science-Fiction me faisait envie depuis plusieurs mois. C’est avec un certain bonheur que j’ai profité du Read-A-Thon d’avril 2011 pour le lire. Synopsis.

Le Volcryn de George R.R. Martin

Les Volcryns sont des vaisseaux mythologiques dont la présence a été retrouvée dans la quasi totalité des coutumes humaines de la galaxie. Parfois, ils sont évoqués comme une bénédiction, alors que pour d’autres peuples, ils représentent l’annonce d’un grand malheur. Karoly d’Branin, scientifique et passionné par la découverte des Volcryns a réussi à obtenir les fonds nécessaire pour lancer une mission spatiale et aller à leur rencontre. Avec lui, huit autres scientifiques aux spécialités différentes, et un capitaine de vaisseau un peu particulier… Royd Eris.

Je n’en dirai pas plus de peur de vous spoiler. Il faut dire qu’il est très dur de parler de Le Volcryn sans évoquer l’histoire, le texte étant plutôt très court, 120 pages à tout casser, et son déroulement assez particulier. On pourrait penser qu’il va s’axer autour de la découverte des Vocyns et de cette rencontre avec une autre forme de vie. Pour être honnête, je ne m’étais pas renseigné sur le titre, et c’est ce dont j’étais persuadé. Un peu comme ce qu’on pouvait vivre en lisant une autre novella de l’auteur, Chansons pour Lya, que je ne peux que conseiller au passage. Et bien non, il n’en est rien.

Les Volcryns s’avèrent en effet être plus proche d’un prétexte pour mettre dix personnes dans un même vaisseau qu’autre chose. Ce n’est pas pour autant un mal, car le tout est amené d’une façon très habile de la part de l’auteur. Si la nouvelle a été adaptée au cinéma ce n’est pas pour rien, et si le genre du film était l’horreur, ça n’est pas dû au hasard non plus. George R.R. Martin va réussir à très vite faire monter la tension à bord de ce vaisseau grâce à des mécanismes bien utilisés et à certains personnages aux particularités intéressantes. En effet, outre notre fanatiques des Volcryns, on retrouve des spécialistes en informatique, ou encore en capacités psychiques. Et ces derniers vont très vite voir que quelque chose ne se passe pas comme il le faudrait.

Le Volcryn de George R.R. MartinL’ambiance du livre devient très vite inquiétante, on redoute à chaque page ce qu’il va bien pouvoir se passer. On a presque l’impression d’être avec les protagonistes, piégés entre quatre mur qui les protègent du vide intersidéral… Du moins, à priori. Avec une brochette de dix personnages et si peu de pages, vous vous doutez bien que l’on ne va pas spécialement s’accrocher aux personnages. Mais à vrai dire, cela importe peu. Ils ne sont pas caricaturaux et on va très vite réussir à tous les assimiler.

Si Le Volcryn n’est pas l’œuvre de George R.R. Martin qui m’aura le plus marqué, c’est sans aucun doute une lecture que je peux vous conseiller. Bien angoissant, claustrophobe à souhait, sa lecture vous ravira, avec de jolis twists tout au long de la découverte. Et franchement, pour 9€ et avec une édition aussi soignée de la part d’ActuSF, pourquoi se priver ?


Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia Briggs

Serafina dans Critiques, Livres le 27 avril 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Alpha & Omega est le nom de la seconde série de Bit-Lit de Patricia Briggs. Elle se déroule dans le même monde que sa série Mercy Thompson, que nous avons beaucoup aimé et dont vous pouvez retrouver les chroniques de dabYo. Ce tome 0 est en fait une nouvelle, parue dans un recueil US nommé On The Prowl en 2007, qui a tellement plu que cela a donné naissance à cette seconde série. Les éditions Milady viennent de la traduire et de la publier en France sous le titre Origine, avec une traduction de Éléonore Kempler. Synopsis ?

Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia Briggs

Charles, fils du Marrok des États-Unis, c’est à dire le loup-garou le plus puissant, est envoyé à Chicago pour faire le tri parmi une meute de loups garou qui semble poser problème. Pour cela, il doit rencontrer et protéger, Anna, une jeune louve maltraitée par sa meute.

Un petit point sur l’édition avant toutes choses. Les éditions Milady ont sorti le tome 1 de la série Alpha & Omega avant ce tome 0. Mais des échos que j’ai pu avoir, notamment illman, il est vraiment nécessaire de lire le 0 avant le 1, sous peine d’être totalement perdu. Et vu que c’est indispensable et que le premier tome était déjà publié, Milady publie donc le tome 0 « seul », tome de 120 pages à tout casser, à 6 euros. Ce qui est quand même un poil scandaleux ! Mais bon, money is money. En prime, la couverture de Maurizio Manzieri est plutôt très moche.

Cependant, contexte éditorial mis à part, il faut quand même dire que cette nouvelle est vraiment très bonne. Grâce à son format, on est directement projeté dans le vif du sujet. J’ai particulièrement apprécié ce point, j’ai lu ce roman dans le cadre du Read-a-Thon et du coup c’est idéal, il n’y a pas de temps mort. Patricia Briggs nous présente rapidement les deux personnages principaux, qui sont relativement fouillés pour des personnages de nouvelle. Nous avions croisé Charles dans la série Mercy, mais il est beaucoup développé ici. Je pense que la nouvelle est accessible aux néophytes, c’est à dire ceux qui n’ont pas lu Mercy Thompson, mais il y aura un certain temps d’adaptation, des termes comme Marrok, ou Alpha sont expliqués assez succinctement. L’univers tourne ici exclusivement autour des loups garous. Pas d’autres créatures surnaturelles en vue pour le moment.

Origine, Alpha & Omega Tome 0, de Patricia BriggsDe son côté, l’histoire ‘est assez basique, nouvelle oblige, mais plutôt bien menée. On s’intéresse notamment à une partie de la vie des loups garous qu’on n’avait pas vue dans Mercy, mais je ne peux pas vous en dire plus. Ce tome sert avant tout  à introduire les personnages que son Charles et Anna, ainsi que la spécificité d’Anna, qui est une louve assez spéciale, elle n’a en effet pas d’instinct de bagarre comme les autres loups. C’est une particularité très importante qui va je n’en doute pas, être réutilisée dans la série. En plus la jeune fille est attachante, car très peu sûre d’elle et toujours sur la défensive. On est assez loin de Mercy. De même, apparemment, il n’y a pas de triangles amoureux qui se profile, pour notre plus grand bonheur. Les dilemmes sentimentaux étant un des points noirs de l’autre série.

Au final, ce tome introductif Origine donne surtout envie de commencer la série. L’histoire est bien menée et directe, il n’y a que peu de tergiversations contrairement à certains tomes que l’on pouvait trouver dans l’autre série. Anna est une héroïne intéressante. Bien que se déroulant dans l’univers de Mercy Thompson, Alpha & Omega s’annonce assez différente, et j’ai déjà acheté le premier tome.


Spirit Tracks, The Legend of Zelda, de Nintendo

Johnny Pigeon dans Critiques, Jeu Vidéo le 24 avril 2011, avec 3 commentaires
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The Legend of Zelda: Spirit Tracks est un jeu Nintendo DS développé par Nintendo. Petit rappel pour ceux qui dorment depuis 25 ans, The Legend of Zelda est une série de jeux vidéo d’action d’aventure / exploration, généralement appelé Action-RPG, mettant en scène Link, personnage de vert vêtu, armé d’une épée, qui va explorer des donjon pour sauver la princesse Zelda. La série jouit d’une popularité assez importante et chaque sorti d’épisode est fortement attendue. Ce deuxième opus sur DS ne fait pas exception à la règle mais je le dis d’entrée : en tant que fan de la saga depuis presque 15 ans, cet épisode ne m’a pas du tout emballé.

Spirit Tracks, The Legend of Zelda, de Nintendo

L’emballage semble pourtant classique avec un scénario qui, comme d’habitude, n’est pas très développé. Le jeune Link, cheminot en devenir, doit aller récupérer son diplôme des mains de la Princesse Zelda en personne. Elle en profite pour lui confier ses inquiétudes à propos de la disparitions des rails dans le royaume et du comportement étrange de son premier Ministre. Il décide de l’accompagner à la Tour des Dieux pour voir ce qui se passe et comme par hasard, les rails disparaissent, le corps de la Princesse Zelda se fait enlever et on apprend qu’un démon millénaire va bientôt réapparaître. Vous voilà donc parti à bord de votre locomotive pour restaurer les rails divins et ainsi empêcher le retour du mal.

Même si cela reste basique, l’intérêt de la saga n’a jamais vraiment porté sur ses scénarios. Cependant, on regrettera que les personnages manquent très clairement de profondeur (d’intérêt diront d’autre) à quelques exceptions près comme Traucmahr. Ce sont pour la plupart des designs repris des épisodes Wind Waker ou Phamtom Hourglass, nous montrant au passage que Nintendo n’aime pas trop se fouler ces derniers temps. De plus, le charisme de certains dépasse rarement celui de l’huître asthmatique, comme Mallard, le grand méchant, tellement impressionnant que j’ai dû chercher son nom sur internet pour cette chronique. Globalement, les graphismes restent honnête pour la console, très colorés avec quelques effets sympas, mais là encore la firme n’a pris aucun risque puisque c’est le même moteur que pour Phamtom Hourglass.

Traucmahr et Kimado

Traucmahr et Kimado, les deux sous-fifres de Mallard

Côté nouveauté flagrante du gameplay, l’accent a été mis autour des déplacements sur la carte du monde qui se réalisent en train (souvenez-vous, Link est conducteur de locomotive en herbe) . Malheureusement, ce qui pouvait sembler être un vent de fraicheur sur la série rend les déplacements extrêmement laborieux. En effet, vous allez être obligés de suivre des chemins prédéfinis sur des rails. Vous n’avez donc aucune liberté, c’est très lent, c’est monotone. Mais surtout, vous rencontrez des ennemis, eux-aussi sur rails, invincibles et qui explosent votre locomotive en un coup. On est donc obligé de faire des détours absolument invraisemblables pour les éviter, rendant les déplacements encore plus pénibles. Les développeurs ont tout de même tenté de rendre la chose attractive en donnant quelques quêtes/énigmes basées sur ce moyen de transport mais ça reste parfois trop léger, avec le parcours d’un point à un autre de la carte en temps limité en respectant les quelques limitations de vitesse.

Mais bon l’âme de la série résidant dans les donjons, voyons ce que ce Spirits Tracks propose. Mauvaise surprise : seulement six donjons assez courts et très souvent trop simples. On a parfois l’impression de suivre bêtement une succession de salles indépendantes. Heureusement, deux de ces donjons arrivent à tirer leur épingle du jeu : le Temple des Sables dont l’intérêt vient de son trésor original, une baguette manipulant le sable, et de son boss mais aussi la Tour des Dieux dont les étages se débloquent au fur et à mesure de l’aventure. Cette Tour est intéressante dans le sens où on ne peut avancer qu’en « possédant » des armures indestructibles pour résoudre toutes sortes d’énigmes. Ce sont les deux passages qui m’ont le plus amusé. Les quêtes annexes semblent aussi plus nombreuses.

Train Spirit Tracks

Des sangliers belliqueux pour rompre la monotonie des voyages

Tout n’est bien entendu pas à jeter dans ce Zelda. J’ai toujours pesté contre les jeux qui ne savait pas utiliser les capacités d’une console et il s’avère que pour une fois on peut jouer à 100% sur l’écran tactile et avec le micro. Link réagit parfaitement, les commandes des différents objets sont simples, la carte annotable est visible sur l’écran supérieur, les boss géants sont affichés sur les deux écrans… Les seuls moments où je me suis énervé arrivent lorsque l’on doit jouer, avec un excellent timing, de la flûte en soufflant dans le micro : parfois il faut faire de nombreux essais, parfois ça réussit du premier coup pour une sombre raison.

Bref, ce Zelda est un jeu d’exploration sympathique dans la forme mais sans plus. Cependant, si l’on compare à son grand frère Link’s Awakening sorti il y a presque 20 ans sur une console de la puissance d’une calculatrice collège (oui oui, une Game Boy), il n’y a pas photo, ce Spirit Tracks ne tient pas la route une seule seconde au niveau plaisir de jeu. Je n’ai pas eu le courage de finir ce jeu, non pas parce qu’il me bloque (manquerait plus que ça vu sa simplicité) mais parce que « pas envie ». En conclusion, si vous êtes fan de la saga, cet épisode sera décevant, si vous découvrez le genre c’est une entrée en matière intéressante et enfin si vous avez un petit frère pénible, vous lui offrez et il vous laissera en paix quelques heures.


On vous en parlait la semaine dernière, la diffusion du premier épisode de la série Game Of Thrones était prévue pour ce dimanche 17 Avril sur la chaîne américaine HBO. Pour une petite présentation des enjeux et du casting, je vous invite à relire notre présentation de la série. Toujours est il que nous ne pouvions pas décemment passer à côté de ce premier épisode de l’adaptation du Trône de Fer de George R.R. Martin sur le petit écran. Et ça donne quoi, cette première incursion sur les terres de Westeros ? Pas de spoilers comme d’habitude, juste de quoi vous faire saliver.

Game Of Thrones Logo

Et bien, tout d’abord, on reprend les 15 premières minutes déjà entrevues auxquelles on rajoute un générique assez recherché. De quoi en tout cas, bien mettre en exergue le fait que l’on va se retrouver face à une sorte de jeu d’échecs grandeur nature, où l’on voit bien chaque participant mettre en place ses différents pions. Cela dit, je reste tout de même perplexe devant la méthode utilisée, une sorte de miniaturisation dont la matière semble être le métal, qui fait plus penser à du Steampunk qu’au médiéval. Vous pouvez d’ailleurs le voir dans le player juste un peu plus bas.

D’une manière générale, la production est de qualité. Il n’y a pas de côté cheap, et ce même lorsqu’on part dans la décapitation de tête. C’est ce qui me faisait le plus peur, ça et les clichés que l’on retrouve toujours dans une série médiévale. Quand on voit comment la nouvelle série Camelot commence, on pouvait redouter le même problème pour Game Of Thrones. Et je ne parlerai pas de l’adaptation de L’épée de Vérité, qui en moins de 10 minutes vous donne envie d’éteindre la télévision. Heureusement ici, sans doute grâce au scénario de Martin qui est loin de l’Heroic Fantasy habituel, on s’évite les clichés. Mais est ce parce que je connais déjà l’histoire et que je pars sur un apriori positif ? Aucune idée, c’est à ceux qui n’ont jamais lu les livres de nous le dire.

De même, j’ai trouvé les éléments plutôt amenés d’une façon habile. C’est là où on voit que dans la structure même du livre, Le Trône de Fer, était déjà presque prévue pour être adaptée au cinéma. Cette introduction habile de tous les personnages au même endroit qui va permettre au spectateur de retenir les différents visages sans avoir à emmagasiner de nombreux lieux d’un coup, c’est vraiment très bien foutu. Les personnages d’ailleurs ne m’ont pas spécialement choqué. Certes, je n’imaginais pas Robert exactement comme ça, et je voyais Tyrion bien autrement, mais ça n’a pas de réel impact. D’une manière générale, c’est plutôt bon, et Sansa nous donne déjà envie de la baffer, preuve que les détails sont là.

L’ambiance que l’on retrouve est pour le moment plus au moins fidèle à celle du roman, et en tout cas, assez « adulte ». Outre les scènes violentes, avec comme je le disais quelques têtes qui peuvent sauter ça et là, on retrouve aussi dès le début des scènes de sexe, qui sont utilisés comme « moments clefs » par Martin dans le roman. Par contre, est ce que la production ne va pas s’en servir pour aguicher le manant ? A voir en espérant que ça ne se transforme pas en Spartacus où sexe et violence sont limites plus mis en avant que le scénario. Et chose étonnante, certaines scènes sont encore plus violentes que dans le bouquin, laissant supposer que des personnages perdront complètement leur côté humain.

Enfin, surtout, ce que les livres apportent le plus à la série, c’est cette mise en bouche directe avec ce qui va être la grosse intrigue de cette première saison, c’est un pain béni. Et je ne parle même pas du cliffhanger de fin d’épisode, qui je pense permettra de faire revenir les téléspectateurs du premier épisode. Audience qui d’ailleurs, n’était pas spécialement haute, mais qui a permis d’assurer les arrières, puisque HBO a d’ores et déjà signé pour une seconde saison.

Au final, il est encore trop tôt pour dire que l’adaptation du Trône de Fer sera à la hauteur de la série de bouquins. Pour un premier épisode, ils ont tout de même réussi à rendre intéressantes les cent premières pages du roman, ce qui est déjà un exploit. C’est en assez bon chemin, rendez vous à la mi-saison pour un premier bilan un peu plus révélateur. Et vous, vous en avez pensé quoi ?


Jack Barron et l’Eternité est un roman écrit par Norman Spinrad, qui vient tout juste d’être réédité par J’ai Lu pour la cinquième fois, avec une nouvelle et superbe couverture signée Diego Tripodi. Ce roman, publié pour la première fois en 1969 aux États Unis sous le nom de Bug Jack Barron, arrive alors que Nixon vient tout juste d’accéder à la présidence du pays et que l’US Army est embourbée dans la guerre du Vietnam. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, qui est pourtant un des grands auteurs de Science-Fiction américains, et c’est donc sans apriori et sur un terrain inconnu que je me suis lancé. Synopsis.

Jack Barron et l’Éternité de Norman Spinrad

Il y a quelques années Jack Barron a troqué la faux et l’enclume de sa jeunesse pour un poste de choix à la télévision, où il anime une émission centrée autour de son personnage, Bug Jack Barron. Pendant sa diffusion, il permet à tout américain de le contacter via visiophone, et de le faire « suer » avec ses problèmes, problèmes qu’il essaiera ensuite de régler en appelant en direct les différents acteurs incriminés, que ce soit le voisin de la victime ou même le président du pays. Fort de cette « proximité », l’émission de Jack est vite devenue la plus populaire du pays et est suivie par des millions d’américains tous les mercredis, qui se délectent des paroles de l’animateur et attendent de le voir casser du « gros ». Mais ses anciens camarades ne sont pas dupes et savent bien que Jack a depuis bien longtemps oublié les petits problèmes du peuple, et baissé son froc.

Il suffit de lire le synopsis de Jack Barron et l’Eternité pour comprendre tout de suite où Norman Spinrad va nous amener. Dans un monde où les hautes sphères de la société sont corrompues jusqu’à la moelle, où la presse et les médias, supposés quatrième pouvoir, ne font qu’offrir leur service au plus offrants. Bien sûr, ils donnent dans la simili-polémique, mais le seul but est d’assoir un peu plus les décisions prises en échange de quelques liasses de dollars. Et c’est bien là où nous allons. Jack Barron est un personnage proche de ce qu’on entend ici par le « socialisme caviar ». Il a mis au placard ses anciens idéaux depuis qu’il s’est trouvé une place dans le showbiz, et s’il fait mine de se soucier du sort des américains dans ses émissions, c’est surtout pour continuer son petit bonhomme de chemin. Abandonner ses privilèges pour retourner manifester, non merci. Se mettre à dos le plus riche industriel du pays lors d’une de ses émissions ? Hors de question. Tout est question de crédibilité, baisser son froc tout en s’assurant que le public pense le contraire. Mais ce qu’il craint le plus va bien entendu arriver, à ses dépends. Que faire alors ? Baisser son froc, ok, mais à quel point ? Tenir tête ?

Les thèmes abordés par ce roman sont vraiment nombreux, même s’il se concentre avant tout sur la corruption. Chaque homme a son prix, et si vous pensez l’inverse, c’est qu’on ne vous a jamais proposé assez. C’est un peu l’idée générale du livre, pour quel montant un homme, de pouvoir ou non, est il achetable ? Quelle valeur donne-t’on à ses idéaux ? A son dégoût ? A son sens de la justice ? Vous vous en doutez, c’est une version assez fataliste de l’humanité que va nous offrir, fataliste mais aussi réaliste, quelque part.

Jack Barron et l’Éternité de Norman Spinrad

Une des anciennes couvertures du roman

Pour bien illustrer ses propos, Norman Spinrad nous offre ici un roman de pur intrigues issues de la confrontation directe entre deux personnages aux intérêts complètement opposés, mais qui sont obligés de traiter l’un avec l’autre. Le premier est donc Jack Barron, notre « héros », celui qu’on pourrait qualifier de « gentil », et on retrouve Benedict Howards de l’autre côté, industriel pourri jusqu’à la moelle qui tente de diriger le pays entier d’une main de fer, à l’aide de pots de vin bien entendu. L’un possède une audience de 100 millions d’américain, l’autre une richesse sans fin. Tout le roman va donc s’axer autour de ce combat, l’action n’est pas physique mais mental, et bien qu’il ne se passe objectivement pas « grand chose », le roman est complètement prenant, le suspens énorme. Les confrontations fréquentes entre les deux personnages sont , chacun essayant d’avoir l’autre à l’aide d’informations.

Jack Barron et l’Éternité n’est donc pas qu’une critique acerbe de la société, c’est d’abord un roman très prenant, à tel point qu’on pourrait presque le qualifier de Thriller. A peine l’avais je commencé et emmagasiné les informations indispensables qu’il était difficile de m’arrêter, je voulais savoir comment Jack allait sortir de cette confrontation. C’est un point sur lequel il faut insister car bien que ce soit de la Science Fiction très connotée Anticipation, il pourra vous ravir même si vous avez plus l’habitude de lire Jason Bourne ou Le Trône de Fer que 1984. Les enchaînements des évènements sont superbement menés.

Bien entendu, c’est d’abord en grande partie grâce à la qualité de la plume de Norman Spinrad. Très direct, son style est tout d’abord assez déroutant. Les pensées des personnages, directement intégrées dans le texte, rendent le début de la lecture assez confus. L’auteur n’est pas du genre à introduire les personnages, vous êtes là sur le tas, vous observez et c’est à vous de retenir les éléments pour comprendre les relations entre les personnages. Là dessus, c’est juste génial, on aurait presque l’impression d’être l’assistant de Jack. Un assistant omniscient certes, mais tout de même. On va aussi suivre notre « méchant », Benedict Howards, lorsque c’est intéressant pour l’histoire et le suspens. Certains de ses mouvements nous sont révélés, très bien choisis d’ailleurs, qui permette de faire monter le suspens, tandis que ceux qu’on aimerait réellement connaître nous sont cachés. Addictif.

Jack Barron et l’Éternité de Norman Spinrad

L'autre thème majeur du roman est le racisme, encore très présent à l'époque aux Etats Unis, et là aussi traité d'une manière qui aujourd'hui reste très moderne.

L’univers du roman se veut donc bien entendu réaliste et cru, que ce soit sur la politique où les activités humaines. Le sexe en faisant partie, on aura de nombreuses références voir scènes plus ou moins précises. Rien qui choque ceci. Mais bien au contraire, cela va parfaitement bien avec le côté humanité brute du roman, c’est presque indispensable. A aucun moment on a l’impression que l’auteur en abuse, il utilise juste ce qu’il faut pour bien créer son personnage de Jack, ou les autres personnages secondaires qui en découlent. Et il faut avouer que le tout est plutôt réussi.

Jack Barron et l’Éternité de Norman SpinradJack n’est d’ailleurs pas un personnage banal. C’est sans aucun doute un des personnages les plus charismatiques que l’on puisse rencontrer. Bien entendu, on l’aime parce qu’il est doué lorsqu’il s’agit de défendre son beef‘, mais aussi parce qu’il est humain, qu’il a des faiblesses, qu’il n’est pas le chevalier blanc sans défaut. Mais il n’est pas le seul à être intéressant, sa relation destructive avec Sara l’est tout autant, sinon encore plus géniale, et le personnage de Benedict Howards, le « reptile », est lui aussi réussi. Au final, il n’y a pas beaucoup plus de personnages, mais ils sont tous bien décrits, ils ont tous leur propre personnalité. Certes, il s’agit de stéréotypes, mais de stéréotypes transcendés.

Je pourrais continuer encore bien longtemps, parler aussi de la critique de la société que nous propose Norman Spinrad. Mais je pourrais tout simplement m’arrêter là. Jack Barron et l’Éternité est un livre que vous vous devez de lire. Il a beau avoir été écrit en 1969, son style n’a pas pris une seule ride, sa critique de la société n’a jamais été aussi juste. C’est un classique, et si J’ai Lu se permet de le rééditer pour la cinquième fois, ce n’est pas pour rien. Jetez vous dessus.

Jack Barron et l’Eternité pour

Le Palais Adamantin est le premier tome de la série Les Rois-Dragons écrite par Stephen Deas, qui vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu. Cette série de Dark Fantasy est très jeune, le premier tome au Royaume Uni date de 2009, avec une traduction seulement 3 mois après aux éditions Pygmalion par Florence Dolisi. Pour une fois que nous ne sommes pas obligés d’attendre plusieurs années avant la parution d’un tome en France, on  ne va pas se plaindre. Pour l’instant, le tome 2 est sorti en Janvier dernier et le tome 3 ne sortira pas avant 2012 dans notre chère contrée. Passons maintenant au synopsis.

Le Palais Adamantin, Les Rois-Dragons Tome 1, de Stephen Deas

Il y de cela bien longtemps, les dragons alors maître du ciel furent asservis par les humains. Depuis, ils servent de montures et de monnaie d’échange ou de cadeaux entre les royaumes. C’est le cas de Neige, une dragonne d’un blanc immaculée, offerte par la reine Shezira en cadeau de mariage pour son futur gendre, afin de rallier son vote lors de la prochaine succession de l’Orateur, sorte d’empereur et de chef des rois dragons. Mais c’était sans compter la fuite de Neige, qui malheureusement pour tout le monde a retrouvé son libre arbitre, et une chose est sûre, elle n’est pas contente.

Je ne vous en dit pas plus car il est très difficile de rester bref. L’histoire principale est divisée en deux, et mêle complots et combats. D’un côté nous suivons les membres de plusieurs maisons nobles, où les manigances et la trahison sont monnaies courantes, et de l’autre nous suivons la vengeance de Neige. L’action est assez soutenue tout au long du livre, on ne s’ennuie pas, elle est bien dosée entre les différents chapitres.

L’univers de cette série est clairement de la Dark Fantasy. Ce volume d’introduction ne présente pas un univers où tout le monde est gentil et uni face à une menace. Non, ici la mort, la vengeance et la trahison ont leur place, et c’est ce qui rend l’ouvrage intéressant. Stephen Deas maîtrise bien ces éléments, si bien que l’on se demande sur la fin où est ce qu’il nous emmène. La magie est aussi présente, bien que pour l’instant elle n’ait qu’un rôle mineur. Peut être prendra-t’elle plus d’ampleur dans la suite. L’auteur nous la montre comme repoussante et méconnue, répugnante pour les communs des mortels. Ce n’est pas un appel aux forces de la nature ou autre qui se fait ici, mais de la magie du sang, rajoutant un élément à la noirceur du monde qu’il a créé.

Le Palais Adamantin, Les Rois-Dragons Tome 1, de Stephen Deas

Une des différentes couvertures de la version originale

Concernant les personnages, on voyage principalement avec plusieurs familles nobles, mais aussi des mercenaires. Des arbres généalogiques sont inscrits au début du roman, permettant ainsi de faire le lien entre les membres des différentes familles, ce qui n’est pas négligeable, bien que le nombre de personnes reste gérable pour que l’on puisse s’en souvenir rapidement. Malheureusement, aucun ne sort vraiment du lot. On les suit sans vraiment s’y attacher, et quand enfin on commence à ressentir de l’empathie pour ceux qui sortent un peu du lot, l’auteur semble s’amuser à ce qu’il leur arrive malheur. Mais d’un autre côté, ils ne manquent plus vraiment à l’histoire, ce qui n’est du coup pas dérangeant à moyen terme. On commence alors à se concentrer et à apprécier un peu plus les autres personnages.

Le Palais Adamantin, Les Rois-Dragons Tome 1, de Stephen DeasStephen Deas a réussi à écrire un bon livre d’introduction à une série prometteuse. Espérons qu’il continue sur sa lancée et que les complots ne laissent pas la place à de l’action pure. Bien que j’ai apprécié de lire Le Palais Adamantin, il est à remarquer qu’on ne peut s’empêcher de le comparer au Trône de Fer de Georges R.R. Martin. Les univers se ressemblent mais sont aussi différents. Peut être est ce le genre des livres, la Dark Fantasy combinée aux complots, qui veut ça, La Couronne des Sept Royaumes souffrant du même problème.

Pour conclure, je vous conseille de lire cette série prometteuse en attendant l’arrivée du prochain volume du Trône de Fer.


A l’ombre des pleurs de Cécile Guillot

Serafina dans Critiques, Livres le 15 avril 2011, avec aucun commentaire
Critiques

A l’ombre des pleurs est un recueil de nouvelles de Cécile Guillot que j’avais notamment découverte dans l’anthologie Sorcières et Sortilèges. Elle propose là son premier recueilli de 7 histoires : 6 nouvelles et une novella, le tout servi par une superbe illustration de Anna Marine. Le tout est édité par une jeune maison d’édition, les éditions Cauchemars. Comme pour tout recueil, pas de synopsis.

A l’ombre des pleurs de Cécile Guillot

Cécile Guillot propose ici 7 nouvelles, ancrées dans le monde moderne. A une exception près, les nouvelles se déroulent à notre époque dans notre monde, majoritairement en France, malgré une incursion en Jamaïque. Le style de l’auteur est très doux, mais aussi très poétique. Elle fait partie de cette génération de jeunes auteurs qui non seulement manient bien notre langue mais en plus ont une écriture fluide et se lisent aisément.

Enfin, intéressons nous plutôt aux nouvelles :

De larmes et de sang

Le roman commence directement par cette novella d’une cinquantaine de pages. On suit une jeune femme, qui a décidé de laisser tomber la pollution parisienne pour s’installer en Auvergne. Sauf que la maison qu’elle emménage ne va pas lui procurer le repos escompté, enfin, surtout son voisin. Cette novella est assez fouillée, l’histoire se développe à son rythme, et surtout se lit très bien. Les chapitres sont très courts (3-4 pages maximum) ce qui donne une certaine intensité.

Les personnages, peu nombreux, ne sont pas caricaturaux. Seul reproche: j’avoue être très perplexe sur le choix de l’avoir placé en premier. La fin de la novella est une « vrai » fin, et il est difficile d’enchainer directement sur la suite.

Roadways

La lecture continue avec cette nouvelle qui nous propose de suivre une fugueuse Lisa, qui fait la rencontre d’une jolie goth sur son chemin vers la « liberté ». Cette nouvelle, est je pense, ma préférée. J’aime particulièrement les nouvelles qui ont un twist final assez inattendu.

L’auteur nous ballade, nous intrigue, et le final est à la hauteur. Je ne vous en dis pas plus.

L’appel du loup

L’appel du loup est une nouvelle très courte, de trois pages. Elle est très onirique et très envoutante. On est probablement plus proche la d’une nouvelle à la Mélanie Fazi, le coté ennuyeux en moins.

Cœur de Crystal

Cœur de Crystal avait été publiée dans Sorcières et Sortilèges et chroniqué à cette occasion, je vous invite donc à revoir cet article… et à découvrir l’anthologie, géniale au demeurant.

La fille aux Barbelés

Cette nouvelle est l’exception dont je parlais plus haut. Nous sommes ici en plein monde « post-apo » voir Cyberpunk. Un monde parfait, où toutes les choses endommagées sont jetées. Un rebelle essaie de braver l’ordre pour récupérer la poupée abimée de sa sœur.

Malgré un sujet assez éloigné des autres nouvelles, elle s’intègre bien, notamment grâce à la douceur du style. L’univers est fascinant, et j’aimerais lire d’autres écrits sur celui-ci !

Nuits d’Obsidienne à Montego Bay

A l’ombre des pleurs de Cécile GuillotNuits d’Obsidienne à Montego Bay se déroule en Jamaïque, un couple y passe des vacances qui vont mal tourner. Cette nouvelle assez longue est totalement immergée dans la culture jamaïcaine, et la sorcellerie « traditionnelle ». Comme vous le savez c’est typiquement ce que j’adore. La sorcellerie est trop souvent délaissée au profit des vampires, et pourtant …

Liberame

Liberame clos le recueil sur une touche d’onirisme assez proche de L’appel du loup.


Chimères d’Albatre de Stéphane Soutoul

Serafina dans Critiques, Livres le 12 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Chimères d’Albatre est un recueil de nouvelles autour du vampire écrites par Stéphane Soutoul. Le livre est paru aux éditions Cauchemars en début d’année et est servi par une couverture de Cécile Guillot. Stéphane Soutoul est un auteur français que j’apprécie beaucoup, je vous avais déjà recommandé sa série aux éditions du Petit Caveau, Les Âmes Déchues. Il n’y a donc pas de synopsis vu la nature de recueil.

Chimères d’Albatre de Stéphane Soutoul

Ce recueil comporte 14 nouvelles qui traitent donc toutes du vampire, sous diverses formes et dans diverses époques. Cependant les nouvelles ont toutes comme point commun d’être très visuelles. Stéphane Soutoul a un style d’écriture qui fait que l’on visualise immédiatement les scènes. Il est très descriptif sans en faire trop. Il ne faut que peu de lignes avant de rentrer dans l’ambiance. Ambiance qui varie de notre monde moderne, à la période trouble de la seconde guerre mondiale. Point intéressant, de nombreuses nouvelles se déroulent dans des endroits bien réels : le Languedoc, Montpellier, la Lozère qui rendent plus facile l’immersion. Car on a beau lire des livres sur la Nouvelle Orléans, quand on n’y a pas été c’est pas aussi facile à imaginer que l’Auvergne. Cet ancrage dans le pays est vraiment plaisant.

Aux qualités, il faut ajouter la plume de Stéphane Soutoul. Je vous le dit à chaque fois que je chronique une de ses nouvelles, mais cet auteur a un style excellent. Un poil suranné, ce qu’il faut de torturé, avec un réel amour des mots, le lire est un vrai plaisir. C’est dans ces cas là où on se rend compte qu’une bonne maitrise de la langue est un vrai plus pour un romancier, et c’est le cas ici. On sent une vrai influence romantique, très 19ème, si vous aimez l’époque, vous aimerez les nouvelles. Et ce, malgré quelques coquilles par-ci par-la dans la deuxième partie du recueil qui rendent parfois certaines phrases difficiles à lire… Une petite sélection de mes nouvelles favorites :

Dans les bras de la mort

La particularité de cette nouvelle c’est qu’elle se déroule au beau milieu de la France occupée, commençant avec la fuite d’une femme devant une horde de SS. J’avoue que c’est avant tout ce mélange qui m’a séduite. Mais la course poursuite haletante est aussi tellement bien décrite qu’on rentre tout de suite dans le vif du sujet.

Vampire cherche victime désespérément

C’est une petite nouvelle de moins de 10 pages sur un vampire qui essaie d’utiliser les nouvelles technologies (Internet quoi) pour trouver sa proie. J’aime ce genre de nouvelles qui dépoussièrent l’image du vampire. Et en plus, c’est très drôle.

Slasher in the night

Ce dernier choix est en fait une nouvelle relativement longue avec pas loin de 50 pages. Il s’agit typiquement d’un film d’horreur, à la Blair Witch, mais écrit et avec du vampire dedans. La galerie de personnage est là, les traits sont croqués avec beaucoup de réalisme, l’histoire se déroule de manière fluide. Et du coup le style aussi se modernise. Un peu de thriller dans ce monde romantique en fait.

Chimères d’Albatre de Stéphane SoutoulBien que le mythe du vampire soit un mythe qui a été énormément exploité, l’auteur nous propose là d’excellentes surprises, avec des mélanges assez étonnants. Il n’y a pas a dire, le vampire reste un thème extrêmement vaste, et ces 14 nouvelles nous le prouvent.

Évidemment, je serais tentée de toutes les citer, mais les trois ci-dessus montrent la diversité et la richesse du recueil.

Vous l’aurez compris, Chimères d’Albatre a été une lecture très agréable, et je vous recommande chaudement cet ouvrage de Stéphane Soutoul.


Nekotopia de Asuka Fujimori

Kao dans Critiques, Livres le 11 avril 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Nekotopia est un roman de la japonaise Asuka Fujimori publié en 2003 en France. Il a la particularité d’avoir été écrit par l’auteur directement en français, chose assez rare, et c’était aussi mon tout premier achat avec mon premier salaire, mais là n’est pas le sujet. De premier abord, le roman pourrait laisser penser qu’il s’adresse uniquement aux enfants, et pourtant, on est bien loin du compte. Synopsis.

Nekotopia de Asuka Fujimori

Asuka est une fillette de moins de dix ans, qui aime porter des robes, des nœuds dans ses cheveux, et écraser le nez des garçons avec des pierres pour leur montrer son affection. Après tout, ils lui tirent bien les couettes… Elle aime aussi beaucoup trucider des chats, de plein de façons possibles, en les noyant, brûlant, passant au micro-ondes, empalant et j’en passe. Terrorisés que la petite se lasse des chats et passe aux humains, ses parents décident de lui faire faire une psychanalyse.

Nekotopia. Ce livre est arrivé entre mes mains quand j’avais 13 ans, et à cette époque je n’avais pas forcément le recul pour l’appréhender complètement. Des relectures par la suite m’ont permis de mieux comprendre, et apprécier cet ouvrage à sa juste valeur, et non pas seulement pour satisfaire mon esprit tordu. L’histoire va tourner autour de trois personnages que l’on pourrait qualifier de principaux: Asuka bien sûr, mais aussi un second appelé le Maitre, personnage proche de la mort et montant un complot à sa propre encontre, et enfin, leur psychanaliste.

Asuka Fujimori

Asuka Fujimori

Les parties de chacun sont facilement identifiables, puisque la police d’écriture ainsi que le style ne sont pas les mêmes. Cela se traduit par des tics de langage, ou des tournures de phrases qui vont dépendre du personnage. On suit dont chacun tour à tour, le tout étant narré à la troisième personne.

Au premier abord, la jeune Asuka peut donner l’impression d’être un monstre. Mais ses actes, elle ne les fait pas par cruauté, simplement par expérimentation, curiosité qu’on pourrait qualifier de malsaine, juste pour “voir ce que ça fait”. Cela entraîne forcement certains passages qui pourront faire tourner de l’œil, mais dans l’ensemble, ça nous fait surtout rire.

En dehors d’Asuka, on apprend finalement assez peu de choses sur les personnages principaux, et ne parlons même pas des secondaires. Ce n’est bien entendu par un hasard, puisque seule la petite fille importe réellement. Et les chats, éventuellement, utilisés pour faire quelques clins d’oeil à de grands noms de l’histoire, tels Marc Dutroux, Oussama Ben Laden ou encore Néron… Le reste n’a jamais de nom, que ce soit la Cité, le Maître, ou ses nombreux conseillers, qui sont réduits a leur simple fonction: le pingouin du protocole, l’avocat, la prostituée et j’en passe.

Nekotopia de Asuka FujimoriOn pourrait penser que tout ceci est dans le but de nous faire passer un message. Mais ce qui m’embête, c’est que je n’ai jamais réussi à comprendre si c’était vraiment le cas. Y a t’il réellement une morale quelconque à en retirer, ou autre chose de ce type ? Du moins, autre que le fait que la vie, ben c’est souvent un peu n’importe quoi.

A la fois cruel et absurde, Nekotopia est un conte qu’on pourrait presque remettre entre toutes les mains (j’ai dit presque). Rempli d’instants choisis de folie, de quelques réflexions, parfois sérieuses, d’autres fois plutôt foireuses, ce texte est un vrai petit bijou d’humour. Un bijou d’humour avec quelques scènes assez trash, certes, mais rien d’insurmontable. Assurez vous juste de ne pas avoir trop mangé avant de vous jeter dessus.