Dernièrement sur if is Dead:

Evanescence de Evanescence

Serafina dans Critiques, Musique le 11 octobre 2011, avec 5 commentaires
Critiques

Il y a des albums qu’on attend tellement qu’on n’y croit plus. C’est le cas avec le nouvel album des américains d’Evanescence. Cinq ans que The Open Door est sorti, cinq ans avec peu ou pas de nouvelles d’un futur album, sans parler de l’activité du groupe. Et puis début 2011, les rumeurs commencent, et puis bientôt elles se confirment. Un nouvel album sortira en Octobre.

Evanescence de Evanescence

Pour ceux qui ne connaissent pas votre servante, il faut vous dire que Fallen représente un de mes albums cultes, qu’il a une place très importante dans mon évolution musicale et que j’aime toujours autant l’écouter. Autant dire que l’album éponyme du groupe était attendu avec impatience, mais aussi avec de gros espoirs.

Et donc qu’est ce que cela donne ? J’aurais envie de dire que cela donne du Evanescence car tous les éléments y sont : du Metal gentillet aux riffs un peu faciles, du piano, une Amy Lee qui pousse ses notes sur des paroles parlant de cœur brisé. Classique. Beaucoup copié. Mais diantrement efficace.On n’écoute pas Evanescence pour du prog ou des prouesses vocales. On écoute Evanescence pour ce que c’est, des morceaux rentre dedans, un poil calibré, suffisamment darkinous, et capable de vous toucher votre petit cœur tout mou d’adolescent.

Et au cours des 12 morceaux que comporte l’album éponyme -16 dans sa version collector que je n’ai pas encore pu me procurer-, Evanescence y réussit très bien. Evanescence a un son résolument plus Rock. Dans le sens plus brute et plus basique. Vous ne trouverez pas de chœurs comme sur Whisper, vous ne trouverez pas de samples classiques sur Lacrymosa. Le groupe a laissé de coté son coté pré-symphonique, pour se concentrer sur ses mélodies et ses ambiances. C’est plus punchy et moins creepy. Je regrette le coté hanté de Fallen et des précédents. On retrouve du coup des intros un peu plus expérimentales, comme pour Sick, au couplet d’ailleurs assez ovni, mais dans l’ensemble on reste dans le classique, dans le Evanescence reconnaissable à 100km.

Amy Lee de Evanescence

Si on avait parfois reproché à The Open Door ses paroles trop terre à terre, voir trop heureuses , ce n’est pas le cas dans cet album. Bien que certains morceaux soient très positifs, ou même très portés sur la dérision, en majorité, les paroles sont tristes, avec des thèmes comme la mort (Changed, The other side), les déceptions amoureuses (My heart is broken), ou tout simplement des références oniriques (Oceans). Les lignes de chant sont dans la lignée de The Open Door avec une amplitude relative.

Bien qu’Amy Lee soit capable de chanter des notes assez hautes (la partie « opéra » de Weight of the world étant super bien tenue en live), elle « gueule » plus qu’elle ne chante. Dans le sens où techniquement ce n’est probablement pas la panacée, mais par contre il y a du sentiment derrière, enfin, c’est difficile à expliquer, mais pas de prouesses vocales en vues. Dans l’ensemble, l’album est assez inégal, les ballades sont un passage obligé mais qui m’ennuie, par contre, les morceaux plus punchy sont dans l’ensemble plutôt bons : Made of Stone, The Change ou Oceans.

Evanescence de EvanescenceL’album contient évidemment quelques ballades, comme Lost in Paradise et Swimming Home. A vrai dire, je n’ai jamais réellement aimé les ballades d’Evanescence à une exception près, et je suis sure que vous devinez laquelle. J’ai toujours tendance à trouver les balades poussives, contrairement à Immortal, mais cette dernière était composée par Ben Moody qui n’est plus dans le groupe.

Au final, j’aime bien ce nouvel Evanescence, bien plus que The Open Door, et deux ou trois morceaux pourraient même figurer dans mon top, The Change en tête. Mais je regrette le côté grandiloquent et hantée de Fallen. Evanescence est un album bien calibré, bien produit, bien rentre dedans et je pense qu’il mériterait de passer en radio.


C’est Lundi, que lisez vous ? #20

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 10 octobre 2011, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Dreamsongs: a RRetrospective de George R.R. MartinCette semaine, j’ai fini par décrocher de Dreamsongs de George R.R. Martin après en avoir lu les premières nouvelles de la partie Science-Fiction. Je ne l’ai pas terminé, ce premier volume de son « auto-anthologie » est bien trop dense pour être lu comme ça d’un bout à l’autre. Mais diantre qu’il est bon ! Le nombre de pépites est tout simplement hallucinant.

J’ai ensuite terminé ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade, Le Secret des Masques de Kristoff Valla. Je dois avouer que si c’est globalement correct pour de la lecture jeunesse, le roman n’a pas réussi à m’emporter. Ceci dit, l’univers est plus que sympathique.

Enfin, samedi soir, j’ai commencé pour finir le lendemain le dernier… Amélie Nothomb, Tuer le Père. C’était la première fois que je lisais un livre de cette auteur, et la première fois que je lisais un roman d’un auteur belge à succès, en fait. Je ne peux pas dire que je le regrette: je l’ai lu en un peu plus d’une heure, à tout casser. Par contre, je me demande vraiment pourquoi des gens l’adorent, en dehors du fait que ça donne l’impression d’avoir lu un livre pseudo-intelligent sans prendre trop de temps. De la psychologie de comptoir comme on les aime, ou pas.

LuxtExMachina

Léviathan: La Chute de Lionel DavoustJ’ai fini depuis un petit moment déjà le premier tome d’Enfants de la Conquête de Celia S. Friedman, un bon petit Space Opera bien sympathique dont vous aurez la chronique mercredi normalement.

Plus récemment je viens de commencer le Thriller de Lionel Davoust, Léviathan : la Chute. Je n’en suis qu’au début et c’est sans apriori que je l’ai commencé. Pour l’instant l’intrigue se met en place, les personnages dévoilent leur jeu. J’ai un peu de mal à me lancer dans sa lecture à cœur perdu, surtout par manque de temps plutôt que par autre chose. Aimant beaucoup l’auteur je doute qu’il ne soit pas fini rapidement quand même.

Serafina

The Heroin Diaries de Nikki SixxCette semaine, j’ai lu The Heroin Diaries, autobiographie partielle (centrée sur l’année 87 en faite) de Nikki Sixx connu pour être le bassiste et compositeur principal de Mötley Crüe. Sous forme de journal, on vit au jour le jour la vie de cette rockstar, paumée, héroïnomane dans une sorte de fuite en avant autodestructrice. Passionnant d’un bout à l’autre.

J’ai aussi terminé Vampire Kisses 3 de Ellen Schreiber, je l’ai préféré au deuxième tome mais on a perdu la plupart des références sombres du premier, dommage.

J’ai donc commencé La Vestale du Calix de Anne Larue, parue aux éditions l’Atalante. Ce roman d’anticipation frôle souvent avec le délire et la frénésie, ce qui n’est absolument pas pour me déplaire.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Mordre le Bouclier de Justine Niogret

Serafina dans Critiques, Livres le 7 octobre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Mordre le Bouclier est la suite de Chien du Heaume, roman de Fantasy écrit par Justine Niogret que j’avais dévoré il y a deux ans, et qui a d’ailleurs remporté le prix des Imaginales 2010. Il s’agit d’un roman aux éditions Mnémos qui est accompagné par une superbe couverture de Johann Bodin. Paru récemment , je n’ai donc pas mis longtemps à m’y atteler, le finissant en moins d’une semaine. Synopsis ?

Mordre le Bouclier de Justine Niogret

Chien du Heaume a perdu ses doigts. Depuis elle erre comme une âme en peine au Castel de Broe. Brehyr hante aussi ce château, elle aussi est une guerrière et elle a une quête. Là où Chien du Heaume désire trouver son identité, Brehyr désire se venger. Elle va emmener notre guerrière atypique à la poursuite de Heroon, chevalier qui revient des croisades.

Comme pour le précédent opus, le style de Justine Niogret est un vrai régal. Son style est fluide, son vocabulaire est cru et moyenâgeux, ce qui fait immanquablement plaisir à la fan du Trône de Fer et de sa traduction vieillotte que je suis. Elle n’est pas non plus aseptisée, c’est de la Fantasy oui, mais de la Fantasy réaliste et les blessures sont décrites sans détour. Blessures physiques ou blessures psychologiques d’ailleurs.

Justine Niogret

Justine Niogret

En effet bien que le synopsis laisse penser à de la Fantasy pleine d’action, ce tome est plutôt un voyage intérieur, c’est une quête de sens, d’identité. Le roman est beaucoup plus introspectif que le précédent, et parfois la ligne n’est pas très claire entre rêves et réalité. La quête de Chien du Heaume était une quête d’identité, mais qui était dirigée vers un but « tangible » : connaître son nom et son origine. Ici on va plus loin, à la recherche d’une identité de l’âme plus que du corps. Du coup, le coté « Fantasy réaliste » est contrebalancé par un coté très onirique, qui donne une ambiance un peu surréaliste au roman.

La foi est aussi un sujet traité de manière importante dans le roman. En effet, Heroon revient des croisades et c’est l’occasion de parler de ce fait historique, nous donnant par ailleurs une indication temporelle du roman du coup. J’ai apprécié le fait que le raisonnement sur la foi (et donc sur Dieu) ne soit pas manichéen ni réellement affirmé.

La plupart des personnages ne sont que rapidement esquissés, avec deux ou trois traits de caractères mais ces derniers suffisent à Justine Niogret pour leur donner une profondeur et une densité qui les rendent inoubliables, que cela soit Brehyr guerrière à la limite de la folie, ou Saint Roses le chevalier qui a perdu la foi à Jérusalem. Chaque personnage poursuit sa propre quête.

Mordre le Bouclier de Justine NiogretComme le précédent, le roman se termine sur un lexique de termes moyenâgeux ou techniques, expliqués avec énormément d’humour par l’auteur, qui montre là son coté plus humoristique, laissant retomber la pression. S’ensuit une postface de Jean-Philippe Jaworski, bourrée de références littéraires et d’analyse de texte et qui m’a ennuyée au delà du possible, confirmant mon impression sur cet auteur. Mais là est un autre débat.

Au final, Mordre le Bouclier est une suite plus que réussie, qui égale voir dépasse l’excellent premier tome qu’était Chien du Heaume. Si vous l’avez aimé je ne peux que vous conseiller chaudement la suite, et sinon il est grand temps de découvrir cette très bonne série de Justine Niogret, auteur française qu’il semble désormais nécessaire de suivre de près.


Silence, ça tourne ! #10

Chaque semaine notre avis sur les films et séries du moment

dabYo dans Actualités, Films le 6 octobre 2011, avec 1 commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Gossip Girl s05e01

Serena dans Gossip Girl Saison 5Nous la savions, ce jour finirait par arriver. Le jour où il nous faudrait faire notre coming-out, et assumer devant tous que oui, nous regardons, et aimons, la série télévisée Gossip Girl.

En avoir vu quatre saisons de près de 24 épisodes chacune prouve que nous avons un certain attachement à la série, et c’est donc avec plaisir que nous repartons pour la cinquième saison de Gossip Girl. Pour ce season premier, pas grand chose de bien novateur, on repart sur les mêmes petites intrigues de gosses de riches, mais ça fait quand même sacrément plaisir de retrouver les personnages.

Glee s03e01, s03e02

La Saison 2 de Glee était plus que décevante. Mais voilà, après avoir tenu une mauvaise saison jusqu’à la fin, il serait idiot de ne pas donner une seconde chance à la série.

Les précédents épisodes nous avaient tellement déçus qu’il est difficile de ne pas être positif sur ce début. Certes, il n’y a pas grand chose de bien novateur, on a presque l’impression qu’on retrouve encore les mêmes situations de recherche de soi des personnages, mais c’est assez rigolo pour nous tenir pour le moment.

Espérons simplement que cette troisième saison soit au moins à ce niveau, sinon, ça sera sans nous.

True Blood s04e12

True Blood Saison 4 PromoNous aurons donc mis trois semaines à nous décider de regarder le season final de cette quatrième saison de True Blood. De là à en déduire que le suspens et l’appréhension ne devaient pas bien être hauts il n’y a qu’un pas, que je franchirai sans peur.

Cette fin de saison agit en effet comme une sorte de soufflé. Après une « résolution » des affaires en cours, les dernières minutes nous balançaient un nouveau cliff-hanger. Le problème, c’est qu’il ne reste plus que 50 minutes pour dénouer le nœud. On se retrouve alors avec un évènement sous exploité, résolu très rapidement, pour mettre en place quelques scènes totalement niaises et préparer la saison suivante.

Pas super folichon en somme.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Après plusieurs tomes de qualité plus ou moins discutable, le tome 5 de Merry Gentry s’était avéré contre toute attente plus que prometteur. De ce fait je n’ai pas énormément tardé à entamer L’Etreinte Mortelle, tome 6 de son état, malgré une couverture bien moins attirante que d’habitude. Si vous ne connaissez pas Merry Gentry, il s’agit de la seconde série de Bit-Lit de Laurell K. Hamilton. Synopsis ?

L’Étreinte Mortelle, Merry Gentry Tome 6, de Laurell K. Hamilton

Merry est de retour à Los Angeles avec ses gardes. Ces derniers se retrouvent accusés de crime par le roi de la cour Seelie Taranis. L’accusation est bien sur fallacieuse, mais semble cacher quelque chose que Merry aimerait bien mettre au clair. Tout pourrait bien basculer lors de l’entrevue prévue entre le roi et celle-ci en présence de leurs avocats.

Ce synopsis vous semblera bien différent des précédents. Et effectivement, ce nouveau tome change beaucoup de choses. Tout d’abord, il est comme Sous le souffle de Mistral, beaucoup plus court que les premiers, moitié moins long. De plus on retourne dans un environnement urbain et dans un contexte policier, bien que ce dernier contexte ne soit pas exploité à fond. Il y a moins d’intrigue de cours et pour une fois, Merry ne passe pas son tome à découvrir ses pouvoirs.

Mais surtout, l’histoire avance plus en un tome qu’elle ne l’a fait dans les quatre derniers. Laurell K. Hamilton a décidé d’arrêter un peu les scènes de cul, il n’y en a que deux dans le tome ce qui est presque honorable pour de la Bit-Lit, et surtout elles ne prennent que trois pages, pas trois chapitres.

A Lick of Frost, Merry Gentry 6, Laurell K. Hamilton

De ce fait il y a beaucoup plus d’actions, et même d’importants retournements de situations. Cela va bien plus vite et pour notre plus grand plaisir. Les péripéties de Merry pour conquérir le trône Unseelie commencent à prendre forme. Contrairement aux précédents tomes on n’apprend pas énormément de nouvelles choses sur les royaumes Seelie et Unseelie. Je suppose du coup que les précédents tomes étaient la pour placer l’univers, mais je ne peux que déplorer le fait d’avoir mis 4 tomes pour cela, entre deux scènes de cul. Merry a acquis ses pouvoirs et le monde est suffisamment détaillé. J’ai eu l’impression que les choses sérieuses commençaient réellement et que l’on s’apprête enfin à effleurer tout le potentiel de cet univers.

L’Étreinte Mortelle, Merry Gentry Tome 6, de Laurell K. HamiltonAu final, L’étreinte Mortelle, sixième tome de la série lui donne un nouveau souffle. Pour tout vous dire j’ai réellement beaucoup aimé la fin et pour une fois j’ai vraiment hâte de lire la suite, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant.

Mais voilà, c’est quand même déjà le sixième tome, et il est peut être un peu tôt pour finalement vous conseiller de vous plonger dans la série. Elle semble cette fois réellement prendre un meilleur chemin après un très, voire trop, long passage à vide.

J’ai envie de lire la suite, et ça tombe bien, car le septième tome vient tout juste de sortir aux éditions J’ai Lu et que je compte bien le lire très rapidement.


La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick

Serafina dans Critiques, Livres le 4 octobre 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Encouragée par mes deux dernières lectures aux éditions Camion Noir sur le Black Metal Satanique et Soleil Noir, j’ai décidé de me lancer dans La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick qui en prime a une jolie photo de couverture. Cet ouvrage s’intéresse à la culture alternative qu’est la culture gothique sous toutes les coutures, musique, mode, tourisme, etc.  Fane de Fields of the Nephilim et aimant le noir à lèvre et les résilles, je ne pouvais qu’être enthousiaste.

La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick

Le livre comporte 400 pages et est illustré de nombreuses photos et témoignages de « gothiques ». En effet, Nancy Kilpatrick a contacté des gothiques du monde entier pour leur demander leur avis sur les points évoqués dans le livre. On notera notamment parmi les français les photos et témoignages d’un certain Sire Cédric. Les photos sont bien choisies, et bien qu’en noir et blanc, la plupart rendent très bien.

Le problème c’est que, malheureusement, c’est à peu près les seules choses de positives que je vais pouvoir dire dans cette chronique. Que l’on soit ou non d’accord avec la définition comme quoi le « goth » est avant tout une musique et non une manière de vivre, ne consacrer qu’un dixième du livre grand maximum à la musique gothique est une première hérésie. En gros, si vous lisez ce livre pour en savoir plus sur cette culture, il vous manquera quand même l’élément principal et déclencheur du courant… Quand bien même on ne s’intéresserait qu’au look, l’émergence du look gothique du punk n’est pas vraiment expliqué, ni les relations qu’entretiennent la « scène goth » et les autres scènes alternatives (punk, metal, etc.).

Nancy Kilpatrick semble ensuite mélanger tout et n’importe quoi, faisant des parallèles entre les goth des invasions du premier millénaire et les goths d’aujourd’hui par exemple, ou parlant de l’universalité de la couleur noire comme symbole de deuil, ce qui est évidemment erroné. La caricature n’est jamais bien loin, l’auteur essayant de rassembler tous les goths sous le même courant de pensées, sensibles, âmes perdues et torturées, etc. Non seulement on va dans le cliché avec un bulldozer, mais en plus pour quiconque fréquentant suffisamment cette scène, il est clair que c’est pas du tout en phase avec la réalité (ou alors seulement avec la réalité spookie). L’auteur a voulu faire un livre assez universel pour parler du mouvement goth dans son ensemble mais n’a pas été apparemment plus loin que ses propres aprioris.

Notre Bible Gothique se perd aussi dans de nombreux méandres, parlant des plantes préférées des gothiques ou d’une cuvée de vin « vampire ». L’auteur a essayé de faire dans l’exhaustif, mais il en résulte un ouvrage déconstruit, sans réelle progression logique.

La Bible Gothique de Nancy KilpatrickA cela, il faut rajouter une traduction de Christelle Derenne extrêmement discutable et qui abouti à de nombreux non-sens. Par exemple, « inchs » est traduit par centimètres sans aucune conversion de la longueur associée, ce qui amène à des phrases comme  « le tour de taille idéal d’une jeune fille est d’un cm par année  » qui n’a plus plus aucune réalité. De même , de nombreuses fois, Nancy Kilpatrick fait référence à des personnalités (rois ou écrivains) français, et la traduction leur a gardé le nom anglais (Eleanor pour Alienor par exemple) ce qui rend la lecture assez difficile car il faut essayer de déchiffrer ce que voulait dire l’auteur à la base. Parlait-elle réellement de l’auteur français, ou d’un autre auteur ?

Alors malgré quelques sections intéressantes (comme les maisons hantées à visiter dans le monde), La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick est malheureusement un livre que je vous déconseille fortement. Si vous ne connaissez pas bien la sub-culture gothique, cela vous induira en erreur, et si vous la connaissez vous serez énervés de l’impression générale de l’ouvrage. Il ne vaut clairement pas son prix, et la traduction erratique n’aide pas réellement. Dommage.


C’est Lundi, que lisez vous ? #19

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Critiques, Livres le 3 octobre 2011, avec 7 commentaires
Critiques

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Il n’y a pas eu de c’est Lundi la semaine dernière car nous étions à l’étranger, if is Dead était alors en mode automatique. On reprend les bonnes petites habitudes.

dabYo

L'Empire Invisible de Jérôme NoirezVu qu’il me fallait voyager léger, j’ai dû mettre de côté ma lecture du premier tome de la trilogie Coeur de Jade pour ne prendre que des livres de poche. Mes choix se sont donc portés sur une première valeur sûre: La Rose Blanche, le troisième tome des Annales de la Compagnie Noire de Glen Cook. Cette série de Dark Fantasy a une fois de plus réussi à m’enchanter, et j’ai déjà hâte de lire la suite. Ah, la Dame.

Sachant que je dévorerai le bouquin en quelques jours, j’avais prévu d’en prendre un second: L’Empire Invisible de Jérôme Noirez. Assez court, deux cents pages, je l’ai tout simplement dévoré lui aussi. Cette histoire se déroulant du temps de l’esclavagisme aux États-Unis est vraiment déchirante.

Enfin, à court de lecture à Amsterdam, je suis passé dans une librairie anglaise (et superbe), pour commencer le premier tome de Dreamsongs: A RRetrospective. Il s’agit de pas moins de 600 pages de nouvelles écrites par George R.R. Martin tout au long de sa carrière d’écrivain, que nous allons revivre. Les nouvelles sont organisées en grandes catégories, chacune d’elle commence par un texte de l’auteur nous expliquant pourquoi et comment il les a écrit, et comment cela a influencé sa carrière. Juste passionnant, d’autant que dès ses premières nouvelles, l’auteur est exceptionnel.

Serafina

Pendant les deux dernières semaines, j’ai d’abord terminé Merry Gentry Tome 6 de Laurell K. Hamilton. Comme je le sentais, le tome est de loin le meilleur depuis le premier. L’histoire avance, et pour de vrai. J’ai même vraiment hâte de lire la suite.

Vampireville, Vampire Kisses Tome 3, de Ellen SchreiberJ’ai ensuite commencé Vampire Kisses Tome 3 de Ellen Schreiber, dont je suis à la moitié. Si on retrouve avec plaisir la pétillante Raven, je dois déplorer qu’il y a de moins en moins de références à la culture sombre…

Pour mon départ en Hollande, j’ai emporté Jeux d’Ombres, premier tome de Ghostwalkers de Christine Feehan. Publié chez Milady, le roman change pas mal de la Bit-Lit traditionnelle vu qu’on se retrouve avec un thriller fantastique d’espionnage avec des bouts de romance dedans. A vrai dire, on aurait pu carrément supprimer la romance qui n’apporte rien à l’histoire, mais tout le reste est vraiment très bon.

J’ai ensuite lu le premier tome de Alpha & Omega de Patricia Briggs, dont j’avais lu le tome 0 au début d’année. Et ce premier tome fait plus que remplir ses attentes. Le roman est très bien mené, nous tiens très bien en haleine, aborde de nombreux points passionnants sur les loups garous et surtout propose une galerie de personnages très variée et bien développée. Je suis devenue réellement fane de Axis et j’espère vraiment le revoir.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Zombillénium est une série de BD française scénarisée, dessinée et colorée par Arthur de Pins. Son premier tome nommée Gretchen est la publication en grand volume de chapitres pré-publiés dans le magazine Spirou depuis 2009. J’en avais lu quelques chapitres à l’époque où Serafina y était encore abonnée, et je dois avouer que l’humour et les références m’avaient bien plu. J’ai décidé de sauter le cap à l’occasion de la sortie du second tome aux édition Dupuis. Synopsis.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Depuis plusieurs années maintenant, en pleine France profonde se dresse un parc à thème pas comme les autres, Zombillenium. Son fond de commerce, c’est de foutre la trouille à ses visiteurs. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que tout le monde n’entre pas dans la masse salariale du parc, car pour que Francis von Bloodt vous accepte, il va falloir montrer patte blanche. Enfin, ça dépend si vous êtes plutôt vampire, loup-garou, ou encore momie. Si vous connaissez les pas de danse des tubes de Michael Jackson, la direction veut bien fermer les yeux s’il vous manque un bras.

Ajoutez à ce synopsis loufoque un brin d’humour second degré bien senti et vous obtenez un cocktail très efficace pour nous fournir quelques scènes hilarantes. Et c’est justement ce que va faire l’auteur. La lecture de ce premier tome est avant tout un excellent moment où votre sourire ne va pas vous quitter, voir au pire, pour un petit rire. C’est vraiment une bouffée de bonne humeur à l’état pur, et je dois dire que j’ai été totalement convaincu. J’ai adoré les petites scènes à la con, grosses comme des camions mais qui marchent quand même, et le tout mêler à ces références que seules les campagnards peuvent comprendre. Et puis, Volcania quoi.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Ce premier tome est assez court, du coup, les personnages restent assez simples. Ils sont surtout là pour permettre les différents sketchs, mais quelque part, je dois avouer que ça ne m’a pas gêné. Difficile de ne pas fondre devant les zombies qui s’échinent à refaire des chorégraphies, ou encore devant le vampire von Bloodt. Gretch, qui semble être l’héroïne de la série est plutôt sympathique, son air blasé et enthousiaste à la fois étant rafraichissant. Elle partage ici le beau rôle avec Aurélien, nouveau venu au parc, personnage assez interchangeable mais pas désagréable pour autant.

Si l’humour et le scénario sont réussis, je dois avouer que l’identité visuelle du tout l’est tout autant. On est ici face à un dessin très moderne, il est entièrement fait à l’ordinateur à priori, et cela se ressent. Que ce soit dans les traits du dessin, très net autant dans les arrondis que dans les lignes, ou encore dans la coloration. Surtout dans la coloration même, puisque c’est plus proche des aplats que de ce qu’on retrouve dans les BD habituelles. C’est tout de même superbement bien fait, et le tout semble très léché. On pourra peut être juste reproché une absence quasi totale des décors, mais bon, l’ambiance reste tout de même très bonne.

 Gretchen, Zombillénium Tome 1, d’Arthur de Pins

Au final, ce premier tome de Zombillénium d’Arthur de Pins est une réelle réussite. La lecture est rapide et des plus agréables, et son seul réel défaut est qu’il se finisse vraiment trop vite. Bien entendu, il est aussi large que les autres, mais le tout est tellement réussi qu’on ne voit pas les pages défilées. Si les premières pages vous intéressent, c’est par ici. J’ai déjà acheté Ressources humaines, le deuxième tome, du coup.


Captain America: The First Avenger de Joe Johnston

dabYo dans Critiques, Films le 29 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Marvel continue de nous abreuver d’adaptations de ses franchises avec cette fois-ci Captain America: The First Avenger réalisé par Joe Johnston. Il faut savoir que ces adaptations sont d’une manière générale très inégales, on peut tomber sur du bon comme Iron Man, notamment grâce au jeu de Downey Jr, ou du très mauvais avec l’adaptation de Thor et son absence de scénario abyssale. Du coup, difficile de savoir lorsqu’on rentre dans la salle obscure si l’on a payé pour du bon grain, ou de l’ivraie. Synopsis.

Captain America: The First Avenger

Steve Rogers est petit, maigrichon, et pour couronner le tout, il a de l’asthme. Autant dire que même si son pays est en guerre contre la puissance militaire d’Hitler, l’US Army n’est pas près de l’enrôler. Et multiplier les tentatives en changeant son nom et ses origines ne semble pas fonctionner,à son grand désarroi. Enfin, jusqu’au jour où le docteur Abraham Erskine est intrigué par sa ténacité, et qu’il le recrute pour participer à un programme expérimental destiner à transformer des soldats en sur-hommes pour luter contre l’Hydra, la section scientifique des nazis.

Bon, je dois avouer que si le personnage de Captain America ne m’avait pas séduit dans Civil War, je ne serai sans doute jamais allé voir cette nouvelle adaptation. Et sans le côté combat contre les nazis, promesse d’un « Ach ! Ch’ai touchours aimé les blindés« , je pense que Serafina n’y serai jamais allée non plus. Mais qu’à cela ne tienne, nous y voilà. Captain America: The First Avenger se divise en deux parties, la genèse du personnage, et une sorte de guerre pendant laquelle il fera ses premiers faits d’armes, face à l’Hydra de Red Skull.

Nazis dans Captain America: The First Avenger

Ach ! Ch'ai touchours aimé les blindés

Super héros à vocation patriotique de son état, pour cette adaptation de Captain America le studio Marvel a mis les bouchées double derrière la production, et cela se voit tout de suite. Les décors sont travaillés, on se croit plutôt bien dans les années 40, et le côté uchronique des technologies utilisées, que ce soit chez les américains où dans les rangs de l’Hydra est vraiment bien réalisé. Je dois avouer que j’ai été charmé esthétiquement parlant par les modifications apportées aux costumes des nazis, bien qu’on puisse tout de même considérer leur technologie comme un poil trop avancée pour être crédible. Ça colle bien en tout cas, et leur confère une image encore plus inhumaine qu’était la réalité.

A ce niveau là d’ailleurs, le film ne prend aucun risque. Car s’il se déroule pendant la seconde guerre mondiale, l’Hydra n’a de nazi que quelques éléments, et tout le film va se dérouler bien loin des préoccupations historiques. Pas de guerre directement avec les armées américaines, et pas d’évocation de camps.

Nazis dans Captain America: The First Avenger

Finalement, on dirait plutôt des Power Rangers...

Ce Captain America est réellement divisé en deux différentes parties, une qu’on pourrait qualifier de scénarisée, et une autre avec uniquement de l’action pure et dure. Si le constat final n’est pas négatif, il faut avouer que la première et la seconde partie manquent chacune de ce dont l’autre regorge. Le début est un tantinet longuet, tandis que la suite est assez monotone, et à part un petit couac prévisible, sans réelle surprise. Le combat final opposant Captain America à notre Redskull ne présentant lui même quasiment aucun intérêt. Seul les effets spéciaux et les conditions de combat, dans les airs ou dans la neige à toute vitesse, viennent compenser ce manque. Le tout manque cruellement de suspens, le film est simplement convenu.

Et ce n’est pas le jeu des acteurs qui va compenser le tout. Certes, j’ai beaucoup apprécié le personnage joué par Hayley Atwell, qui incarne le personnage féminin à fort taux de sex-appeal du film l’est sans pour autant tomber dans le vulgaire, bien loin de Scarlett Johanson dans Iron Man 2 par exemple. Mais côté masculin, c’est vraiment le minimum syndical. Chris Evans dans son rôle de héros a le charisme d’une huitre, et les rares personnages secondaires sont inintéressants. Alors certes, ça fait plaisir de voir Sebastian Stan en dehors de Gossip Girl, et Hugo Weaving jouer aussi bien les détraqués mentaux allemands, mais voilà, ça ne suffit pas à compenser.

Atwell Haylay dans Captain America: The First Avenger

Bon là, c'est raté pour le seks apeal, mais en général ça rend bien

Au final, Captain America: The First Avenger n’est pas un mauvais film. On est bien loin de Thor, mais on est aussi bien loin du film à voir. Si vous aimez le personnage, il est évident qu’en faire l’impasse est impensable. Sinon, et bien, en DVD, un jour où vous n’avez pas grand chose d’autre à faire, pourquoi pas. Un peu comme la majorité des films de Marvel, en somme.


Enfin la nuit de Camille Leboulanger

illman dans Critiques, Livres le 27 septembre 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Enfin la nuit de Camille Leboulanger est un roman post-apocalyptique à tendance road-moviesque édité par l’Atalante en août de cette année 2011. Camille Leboulanger est un très jeune auteur français, à peine la vingtaine, et si j’en crois sa biographie, c’est ici son deuxième ouvrage et surtout son premier roman. Synopsis.

Enfin la nuit de Camille Leboulanger

La nuit ne tombe plus, le jour rend les gens fous ou tout du moins « éteints » et la survie de la population est sur la corde raide. Thomas, un policier complètement dépassé par la situation, va partir dans une fuite en avant sans but. Sur son chemin, il va croiser une palette de personnages tous aussi hagards que lui.

Je ne peux pas vraiment en dire plus sans commencer à raconter n’importe quoi et spoiler le roman. Sous ces dehors simplistes c’est une aventure humaine qui se déroule devant nos yeux, portée par des personnages bien pensés, bien décrits, attachants. L’auteur ne mentionnera tout au long de son récit qu’à demi-mots les évènements qui se sont produits directement après que le soleil ne se soit plus couché, ce qui va contribuer au mystère de cette fin du monde, laissant libre cours à nos imaginations de lecteur.

J’ai mentionné plus haut la palette de personnage de l’histoire et elle est plutôt conséquente, Thomas va en rencontrer une bonne dizaine. Que ce soit des compagnons de route ou des paumés brutaux, ils ajoutent tous au sentiment de vide qui entoure le héros dans cet univers apocalyptique à souhait. Au passage on retiendra Sophie, une jeune femme qui n’attend plus grand chose de la vie et qui va suivre Thomas faute d’avoir autre chose à faire.

Camille Leboulanger va disperser des mirages tout au long de ce voyage devant les yeux de Thomas avant de lui ôter de vue. La vie tourmente notre héros, nous permettant de profiter d’un large éventail d’émotions, que l’on imaginera sans peine dans les yeux de notre héros. L’ambiance de Enfin la nuit est tout bonnement géniale. Le parfum de fin du monde parvient sans problème à nos narines. On imagine sans peine nos villes, villages et campagnes désertés et baignés dans une lumière jaune orangée du soleil avec notre héros les traversant.

Le style de l’auteur m’a quelque peu dérouté sur les premiers chapitres. Il fait preuve d’une certaine concision sans se perdre dans des descriptions, cela rend la narration plus fluide et plus efficace à mon goût. Assez déstabilisant quand on est habitué aux longues descriptions et aux phrases à rallonge, le tout est fichtrement bienvenu et dans un sens très rafraîchissant.

Enfin la nuit de Camille LeboulangerConcernant l’édition, l’Atalante fait comme toujours un boulot de qualité et c’est avec plaisir que je pose ce genre de livre dans ma bibliothèque. La couverture réalisée par LERAF est plutôt sobre et je la trouve belle même si je n’arrive pas à identifier ce qu’elle représente, si elle représente quelque chose.

Enfin la Nuit est un excellent roman, son seul défaut est d’être trop court avec ses 192 pages. Ceci dit, le prix est correct, 12€. J’ai tout simplement adoré et ce sera avec plaisir que je me replongerai dans l’univers de cet auteur. Un Must Have 2011 pour tout les fans de mondes post-apocalyptiques originaux, et aussi les autres.