Anneau dans Le Seigneur des Anneaux

Quand on fini pour la première fois le Seigneur des Anneaux, s’il est une chose qu’il est difficile d’admettre, c’est que ce soit fini. Nous ne verrons plus les petits hobbits, nous ne saurons jamais ce qu’est advenu d’Aragorn et Arwen, ni de Gimli et Legolas. C’est fini, et on sait que Tolkien n’est plus de ce monde, et qu’il est par conséquent très difficile de l’imaginer faire une suite pour les fanboys que nous sommes. C’est alors qu’on découvre que Folio Junior (je n’ai jamais touché aux éditions Pocket) a eu la bonne idée de rajouter une dernière petite partie à notre troisième tome, une partie sobrement appelée Appendices.

Attention à vous lecteurs, cet article, à cause de l’étendue des publications qui ont été faites par Christopher Tolkien, contient des erreurs. Il est donc à prendre avec des pincettes, en tant qu’article purement subjectif d’un fan du Seigneur des Anneaux banal, qui n’a aucune prétention, et qui est tout sauf un expert. Lire les commentaires, bien que rebutants, est la meilleure des choses à faire pour que vous n’ayez pas une idée faussée des choses.

La Terre du Milieu ne tourne pas autour du Seigneur des Anneaux

On commence alors rapidement à les feuilletter… Et c’est ainsi que petit à petit, on se met à entrevoir  que le Seigneur des Anneaux n’est peut être qu’une petite partie de l’imaginaire de Tolkien. Certes, on savait qu’il existait un autre livre connu, Bilbo le Hobbit, mais ces très courtes appendices nous en apprennent déjà beaucoup. On y parle d’âges, de lignées, on remonte très haut dans le passé, pour descendre très loin dans le futur. Ces appendices sont ils là uniquement dans le but de piquer notre curiosité ? Le tout pour nous faire découvrir la Terre du Milieu autrement que par le Seigneur des Anneaux ? Je ne sais pas, mais c’est ce qui s’est passé avec moi, et ce qui a dû se passer avec bon nombre d’autres jeunes lecteurs.

On échoue tant bien que mal dans les rayons d’une librairie, voir si il y a d’autres livres estampillés Tolkien, et si l’on pourra étancher cette curiosité. On ne trouve rien côté jeunesse, et on comprend pourquoi. Le Seigneur des Anneaux a-t-il réellement sa place rayon jeunesse ? Le style qu’y utilise l’auteur est bien loin de celui de Bilbo, bien plus difficile à lire, et bien plus rebutant. C’est ainsi que doucement, le jeune garçon que j’étais bascule dans le rayon adulte, et qu’il découvre le Saint Graal : presque une dizaine de livres marqués par le nom Tolkien, tous sur la Terre du Milieu.

Mais par lequel commencer ? Ma foi, moi j’ai débuté avec le Silmarillion.
(suite…)


Ernest Hemingway, né en 1899 et mort par sa main en 1961 pour échapper à l’impuissance et à la folie naissante, est un des auteurs américains les plus connus. Fils d’une famille nombreuse, pratiquant la chasse très jeune, c’est vers le journalisme qu’il décide de s’orienter en 1917. Ça tombe plutôt bien, il y a comme un conflit de l’autre côté de l’Atlantique. Hemingway parvient à s’engager en 1918. Rapidement blessé, hospitalisé, il survivra au conflit. Plus tard, il s’engage comme journaliste dans la seconde guerre mondiale, aux côtés des Républicains, en Espagne. Il voyagea énormément dans sa vie, créant un peu la figure de l’écrivain aventurier, baroudeur. Écrivain reconnu, il obtiendra le prix Nobel de littérature en 1954. Il mit fin à sa vie en 1961.

Affiche du film Pour qui sonne le glas

A peine quelques années après sa sortie, Pour qui sonne le glas était adapté au cinéma.

Tout comme Bukowski, tout comme Céline, Hemingway est un de ces auteurs qui a crée un véritable style. Toutefois plus facile d’approche que celui de Céline, il se caractérise par un style extrêmement dépouillé. Si certains émettent l’hypothèse que ce sont les carnages de l’Espagne franquiste qui l’ont amené à ce style, je n’en suis personnellement pas persuadé, vu que Le Soleil se Lève aussi est un parfait exemple de ce style et a été écrit en 1926. Il est possible que ce soit la première guerre mondiale qui lui ait en fait inspiré ce style, mais au fond, peu importe. Il en parle en disant, peu ou prou (je cite de mémoire) « n’écris que si ton personnage fait quelque chose. S’il ne se passe rien, il n’y a pas besoin d’écrire. » Le style d’Hemingway est donc extrêmement dépouillé, sec, tranchant. Pas une phrase dont il n’y ait pas besoin. L’auteur ne se perd pas en longues descriptions, en introspections poussées. Le meilleur représentant de ce style que j’aie lu jusqu’ici est Le Soleil Se Lève Aussi, un livre excellent que je vous conseille vivement, à la fois pudique et sec comme un coup de trique. Mais ce n’est pas de celui-ci que je vais vous parler ici.

Pour Qui Sonne le Glas (For Whom The Bell Tolls) est un livre qu’Hemingway a écrit en 1940. Il n’est pas vraiment autobiographique mais s’inspire fortement de ce que l’auteur a vécu lorsqu’il était journaliste en Espagne, lors de la lutte contre les franquistes. L’histoire est celle de Robert Jordan, ou Roberto, instituteur américain engagé dans la lutte contre les franquistes. Comme toujours chez l’auteur, c’est par des allusions subtiles, des souvenirs, des sous-entendus ou des discussions que l’on découvre le passé des personnages. Mais on en apprend toujours peu sur Robert Jordan, sinon qu’il est vétéran de la guérilla espagnole. Ce dernier s’est vu donner l’ordre de faire sauter un pont stratégique lors d’une attaque massive des Républicains, pour éviter les renforts. On sent parfaitement qu’Hemingway a vécu de l’intérieur ce genre de choses, par l’organisation chaotique de la guérilla, la mission presque impossible qui lui est confiée… Il rejoint donc l’endroit en question et prend contact avec les guérilleros des environs.

Pour qui sonne le glas de Ernest HemingwayTous sont des personnages particuliers, fouillés, possédant une personnalité vraie et attachante, du chef de bande las des combats, brute intelligente ne se battant plus que pour son bout de montagne, à sa femme, Pilar, la matrone forte comme un roc, soutenant Jordan jusqu’au bout. Le tout en passant par Maria, la jeune femme violée par les franquistes et recueillie par le groupe lors d’une attaque contre ceux-ci. Cette dernière est bien sûr le prétexte à une histoire d’amour qui, à mon sens, est un peu trop développée, mais toujours bien écrite, et donnant encore plus de tragique au destin probable de Robert Jordan, qui n’a que trois jours pour accomplir sa mission.

Le contexte est prétexte à de nombreuses réflexions et souvenirs des personnages, où l’on découvre toute l’admiration qu’Hemingway voue au peuple espagnol et, entre autres, à la corrida, goût qui fera froncer les sourcils de certains, mais admirablement justifié par de longs passages poétiques. En filigrane, le fantôme d’un précédent agent de la république, venu mener le même type d’opérations quelques temps plus tôt, et dont on finit par apprendre que c’est Jordan lui-même qui a été forcé de l’achever, revient régulièrement. On s’attache énormément aux personnages, contrastés et pas manichéens pour deux sous, témoin les atrocités commises lors de certaines actions…

Pour moi, c’est la vraie force du livre, au-delà des passages poétiques et mélancoliques sur les paysages, l’Espagne, les souvenirs de guerre ou du Montana originel de Jordan, au-delà du style irréprochable du livre, qui vous fait le dévorer sans le lâcher, car il n’y a pas un mot de trop ; au-delà de tout cela, ce sont les personnages qui font de ce livre un vrai chef-d’œuvre, et on voit l’histoire évoluer peu à peu, les incidents s’enchaînant, la vérité se faisant sur le contexte de l’attaque, et le destin inexorable de Robert Jordan arrive. On le sait, il n’y a aucune surprise, dès le début du livre ; et le personnage le sait aussi, comme tous les autres le savent – ce qui fait des trois jours passés dans les montagnes avec Maria trois jours très précieux –, mais contrairement aux livres où l’on connaît la fin d’avance, on ne veut pas y arriver, tout comme Jordan souhaiterait voir ces trois jours un peu plus longs ; et jusqu’à la dernière ligne, on espère, presque stupidement, s’être trompé.

La fin, pudique et sèche à la fois, clôt magnifiquement ce livre que je ne saurais trop vous conseiller ; à mon humble avis, il s’agit d’un livre du niveau de Voyage Au Bout de la Nuit, un livre « sans-faute », qu’il faut avoir lu dans sa vie.

Ernest Hemingway

D’Hemingway, le livre que j’ai mentionné au début de ce texte, Le Soleil se Lève Aussi, est une petite perle dans son genre, et constitue également une bonne introduction à son style. Paris Est Une Fête, en revanche, franchement autobiographique, n’est à conseiller qu’à celui qui s’intéresserait vraiment à Hemingway, car le livre (posthume) raconte quelques années passées à Paris. Très poétique, on y lit tout l’amour de l’auteur pour cette ville, mais il ne s’agit probablement pas de la meilleure introduction à son univers. En revanche, c’est par ce dernier livre que j’ai appris l’existence d’un autre très grand écrivain américain, Scott Fitzgerald, qui fera l’objet d’un prochain article.


Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki

Serafina dans Critiques, Livres le 7 mars 2009, avec 7 commentaires
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Ma vie de Geisha est un roman autobiographie (du moins, vendu comme tel) d’une des dernières grandes Geisha (ou Geiko comme elles disent). Mineko Iwasaki n’est autre que celle qui a inspiré le livre Geisha de Arthur Golden. Sauf qu’apparement, ce que Golden a écrit ne plu pas tellement à Mineko, ils sont en instance de procès, en grande partie parce-que l’héroïne de Golden -directement inspirée de Mineko- se voit « prostituée ».

Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki

Enfin, peu importe. Toujours est-il qu’il ne faut pas faire la confusion entre les deux, le livre de Golden est une fiction, tandis que nous sommes ici face à une biographie. De sa naissance (en 1949) à son retirement de la vie de Geiko  (à 29 ans) nous suivont son parcours, de son enfance avec sa famille à sa consécration. Elle est entrée à 5 ans à l’okiya Iwasaki, ou elle est devenue l’atototi (en gros l’héritière). C’est pour cette raison que son nom de famille est devenu celui de l’okiya. Un okiya est ce qu’on pourrai appeler banalement, une maison de Geisha. C’est là que vivent les geisha non indépendantes, les apprenties, et évidemment, les bonnes. La vie de Mineko va donc se partager entre l’apprentissage du métier de Geiko, notamment celui de la danse, et l’apprentissage de la vie dans l’okiya, qu’elle pensait être probablement amenée à gérer à la mort de la Mère (c’est ainsi qu’on nomme la chef de l’okiya).

Le livre est assez court, trop probablement. En effet, malheureusement, de nombreuses choses sont survolées. Beaucoup d’étapes de la vie de Geisha sont evoquées, mais on pénètre réellement dans très peu d’entre elles. Ce qui est assez dommage, car si vous n’avez pas de réelles connaissances dans le domaine, il est difficile de saisir toutes les nuances. Il aurait probablement été intéressant de plus détailler et mieux expliquer les enjeux.

De même on s’attache difficilement aux personnages, les personnalités ne sont que peu developpées et souvent stéréotypées (Yaeko la méchante, Oima la gentille, etc etc). Du coup on n’entre pas dans le livre, on le lit, mais on reste toujours dehors. C’est dommage. Ensuite certains évènements, supposément importants sont traités très rapidement. Par exemple on sait que Mineko a essayé par de nombreux moyens de moderniser la societé des geiko et par là les libérer de nombreuses contraintes. Cela aurait été intéressant de savoir comme elle s’y est prise, quel a été l’acceuil, etc. Mais non, c’est evoqué en deux lignes. On ne sait ni comment, ni pourquoi. Du coup son engagement paraît bien mince.

Une petite remarque en passant. Dans le livre, Mineko clame que les Geisha n’ont jamais eu de relations sexuelles contre de l’argent. Ceci dit, il ne faut pas oublier que Mineko était une Geisha moderne, dans l’après-guerre. Des Geisha plus agées, comme Suzumi née en 1896 dont l’histoire fut racontée par Inoue Yuki dans le livre Mémoires d’une Geisha en 1980 font état d’une tout autre opinion. Il serait erroné de voir dans toute l’histoire des Geisha seulement de jolies danseuses et musiciennes. Les temps ont changés, et heureusement, mais il ne faudrait pas non plus se voiler la face.


Les noces pourpres de George R. R. Martin

Serafina dans Critiques, Livres le 2 décembre 2008, avec 6 commentaires
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Il est assez difficile de chroniquer le Tome 8 d’une série sans pour autant gâcher le plaisir de ceux qui vont la lire. Cependant, c’est aujourd’hui ma gageure. En effet, s’il est une série que j’aime, c’est bien le Trône de Fer, une épique saga américaine écrite par George R.R. Martin, forte de 12 tomes en France pour 4 aux USA. Nous sommes ici au Tome 8 qui se révele être la 3ème partie du 3ème Tome américain (…).

J’ai lu le Tome 7 il y’a quasiment un an maintenant (janvier 2008 il me semble, acheté dans la gare de Lyon au retour d’Aix en Provence). J’avais repoussé le moment de lire la suite, je ne sais pas trop pourquoi. Peut être parce que je sais que si je dévore la série, je me retrouverai à attendre des plombes la suite, vu le rythme adopté par l’auteur et par les éditeurs français. Le problème c’est qu’à attendre de trop on sort de l’atmosphère de la série. Bien que j’aie dans l’ensemble une bonne mémoire, se remettre dans le bain n’est pas aisé. En effet le principe du Trône de Fer, c’est de suivre plein de personnages en même temps. Du coup, reprendre après des mois de pause demande un temps d’adaptation.

Les Noces Pourpres: Trone de Fer

De plus, soyons honnêtes, le livre commence assez doucement, des passages certes sympathiques, mais sans plus. Même les actes de bravoure de mon personnage favori me laissèrent assez roide. Alors quoi ? j’aurais perdu tout goût pour cette excellente série?

Que nenni. Car vers la fin du livre, l’auteur allait faire preuve encore une fois de son talent et de son impartialité. Un retournement de situation inattendu, suprenant, mais terriblement bien amené ! Comment, en trois pages, faire totalement basculer l’histoire !  Le fouilli de l’action est terriblement bien rendu, comme les protagonistes on n’y comprend rien, mais diantre, qu’on s’y croit. Qu’on aime ou non les personnages on ne peut qu’être abasourdi par ce qui se dévoile.

Bien que certaines parties soient assez ennuyeuses, surtout quand on a envie de connaître la suite d’un affreux cliffhanger, on ne s’en lasse pas. Sauter des parties serait suicidaire, étant donné que parfois un détail, une ligne de dialogue, en apprennent bien plus qu’il n’en faut.

Noces Pourpres: Trône de Fer 8

Et à partir de là, ca y est on retrouve ce qui fait le charme un peu sadique du Trône de Fer. Tout se casse joyeusement la gueule, ce qui est acquis ne l’est en faite pas du tout. Les retournements de situations s’enchaînent, et le pire c’est que beaucoup de personnages étant éloignés géographiquement, ils ne sont même pas au courant des situations assez tôt pour y changer quoique se soit. Celui qu’on adorait se révèle haïssable et vice versa. Qu’on soit pour une maison ou pour l’autre, les camps morflent de même.

Si vous lisez un jour le Trône de Fer, je ne peut que vous conseiller une chose : ne vous attachez à aucun personnage. Rien n’est épargné, même pas l’éxécution en deux pages des plus populaires. N’oubliez pas que « La meilleure facon de les déconcerter consiste à accomplir des gestes qui n’ont aucun but, voir même à paraître oeuvrer contre vos propres interêts. Souvenez vous-en quand vous en viendrez à jouer le jeu. Le jeu des trônes« .


MPD Psycho est un Seinen sur lequel nous sommes tombés par hasard. Seraf’ avait lu, et trouvé totalement horrible, le premier volume à la Fnac. Horrible dans le sens gore et malsain, et non au niveau de la qualité intrinsèque du titre, d’où sa classification en temps que Seinen. Alors, lorsque nous avons vu les trois premiers tomes bradés dans une des boutiques d’occasion, ni une ni deux, au vu de la qualité graphique apparente du titre dessiné par Sho-u Tajima, scénarisé par Eiji Otsuka, j’ai décidé de prendre les trois premiers tomes, pour notre plus grand plaisir. Attention, âmes sensibles, s’abstenir.

MPD Psycho

Je vous ferai volontier un synopsis, mais j’avoue ne pas en être capable. Si MPD s’appelle MPD, ce n’est pas seulement parce que cela signifie Metropolitan Police Department, office dans laquelle notre héros a travaillé, mais aussi parce que cela peut vouloir dire Multiple Personnality Disorder. Et à partir de là, vous vous en doutez que dire plus qu’un notre héros est victime d’un trouble de la personnalité devient tout de suite compliqué. Et pourtant, la série ne se limite pas à ça puisque c’est sur un gigantesque, et très difficile à suivre, complot que notre héros va tomber. A moins qu’il n’en ai toujours fait parti…

MPD PsychoAttention, il ne s’agit pas d’un énième complot pour prendre le pouvoir dans tel pays, non. Enfin si, mais pas totalement, et c’est tant mieux. C’est en même temps là que le bas blesse. Si le titre nous présente une des plus belles plastiques que je n’ai jamais eu le plaisir de voir en manga, le scénario quant à lui, passé les six ou septs premiers volumes, devient totalement halluciné… et incompréhensible ! Le début est plutôt simple à comprendre et appréhender, les changements de personnalité du personnage principal étant très bien rendus, ce ne sera rapidement plus le cas. Le nombre de personnage à emmagasiner en mémoire devient vite énorme, et leurs noms sont tout sauf faciles à retenir. On perd vite le nord, et toute recherche de gentils ou méchants devient futile. Ils ont tous l’air gentils et méchants à la fois. Enfin, surtout méchants en fait. Et pire encore, parfois il peut y avoir un gentil et un méchant dans le même personnage. Dr Jekyll et Mr Hyde ça vous dit quelque chose ?

Toujours est il que cette confusion dans le scénario aide beaucoup à l’ambiance que cherche à nous procurer l’auteur et son dessinateur, puisque cette dernière est plus que malsaine. Bien entendu, le fait de voir le héros recevoir sa fiancé en pièces détachées par colissimo parce que ce dernier s’est trop fait remarquer par le serial-killer détraqué qu’il poursuivait, aide beaucoup. Le pire étant que cette entrée en scène du gore passe quasiment inaperçue lorsqu’on la compare au reste de la série, et il deviendra rare de lire plus de dix pages sans qu’une mise à mort n’apparaisse, qu’un bras soit découpé ou qu’une paire de globes oculaires arrachés n’apparaissent.

MPD Psycho

Le tout est bien entendu poussé par le style graphique de l’oeuvre, puisqu’il s’agit ici d’un noir et blanc complet, avec des trames discrètes, où toutes les ombres sont réellement noires, et toutes les lumières réellement blanches. Ca peut paraître idiot dit comme cela, mais la différence est plus que notable lorsque vous le comparez à un manga habituel. Le tout est imprimé par les Editions Pika sur du papier vraiment agréable à feuilleter, où la qualité est plaisante. Bizarre tout de même qu’un seul tome de Naruto fasse le double d’un tome de MPD Psycho en terme d’occupation de l’espace, alors qu’ils ont le même nombre de pages.

Bref, on finira sur une mauvaise note tout de même, 11 ans après le début de sa publication au Japon, la série n’est toujours pas terminée, et ne compte qu’onze titres. Un rendemment un peu faible donc, et une frustration d’autant plus grande lorsque l’on fini le onzième tome sur un cliffhanger tout en sachant que l’on est pas près de lire la suite ! Déjà un an et demi qu’il est sorti, ce tome 11.


Légende de David Gemmell

dabYo dans Critiques, Livres le 17 octobre 2008, avec 39 commentaires
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David Gemmell a fait parti des auteurs fer de lance des éditions Bragelonne, et c’est son premier livre, Légende, qui a permis à la maison d’édition de percer dans le monde de la Fantasy. C’est ce même titre qui est réutilisé, huit ans plus tard, pour lancer Milady, leur nouveau label, en édition de poche cette fois. C’est comme cela qu’il est arrivé entre mes mains, plein de promesses. Synosis de ce premier volume de la saga Drenaï.

Legende David GemmellLes peuples Nadir et Drenaï vivaient jusqu’à lors en paix. Celle ci était en fait plus que virtuelle, les Nadirs n’étaient que des tributs en perpétuelle guerre civile. Malheureusement, un grand chef, Ulric, a réussi l’impossible: rassembler tous les hommes de ce peuple guerrier sous une même bannière, et après avoir conquérit la plupart de ses voisins limitrophes, il ne reste plus que les terres Drenaï à envahir. Seulement pour cela, il doit passer par Dros Delnoch, une forteresse imprenable protégée par plus de six remparts. S’annonce alors une bataille désespérée pour les Drenaïs, opposant moins de dix milles de leurs hommes aux cinq cents milles que compte l’armée d’Ulric.

Véritable remake de Fort Alamo, Légende est donc avant tout une aventure humaine, avec des messages forts, de l’héroïsme, du courage et des moments prenant en haleine, ne vous laissant à aucun moment décroché de l’histoire. Pour couronner le tout, nous avons droit à un héros au charisme invraisemblable, Druss, dont la Hache n’a jamais fait défaut au pays et dont les aventures sont palpitantes.

Non, en fait, ça c’est ce que vous pouvez lire sur la majorité des critiques que j’ai pu voir sur Internet. Car oui, j’ai trouvé ce livre ennuyeux, plat, et nul. Mais nul, je vous dis pas comment ! Alors je me suis demandé si j’étais le seul, et je me demande toujours comment un tel titre a pu lancé une collection si populaire aujourd’hui.

Je le reconnais volontiers, Gemmell a un style d’écriture très plaisant à lire. Les phrases sont bien faites, malgré les répétitions du nom des héros, et elles ne sont pas pompeuses. Bref, le tout se lit donc agréablement et facilement, l’idéal pour un bon livre. Sauf que cela ne suffit pas. En choisissant une trame qui ne laisse que peu de rebondissement, puisqu’on sait dès les premières pages que le Fort tiendra, Gemmell se doit de rendre ses personnages attachants, et les événements prenants. Malheureusement, il échoue à ces deux défis. Nous avons droit à une plétore d’individu, qui seront tour à tour le centre de la narration.

Legende David Gemmell

Cependant, de toute ma lecture, je ne me suis attaché à aucun d’entre eux, même pas à Druss, qui est sans doute le personnage le plus mis en avant. Et qui est surtout le personnage le plus bateau et le moins intéressant. Tout lui réussi, et bien qu’il ait dépassé la soixantaine, et qu’il ne peut supposément se battre que deux jours sur trois, il tiendra six semaines de combat sur les murs. Réaliste isn’t it ? Bref, nos héros ne font que traverser des passages supposément périlleux, des dilemmes impossibles, mais vu qu’ils s’en sortent toujours de la même manière, et toujours d’une façon plus tirée par les cheveux que la précédente, on ne craint jamais pour eux. C’est la même chose pour tous les pseudos événements du livre. Le puit est empoisonné ? Pas d’inquiétude, à la dernière minute l’un de nos héros à mille kilomètres de la scène pensera à avertir Druss qu’il ne faut pas y boire. Par la pensée bien sûr hein.

Et c’est d’ailleurs bien dommage, puisqu’il y a quand même ici les bases d’une bonne histoire. L’auteur ne cassera pas son habitude jusqu’à la fin, où la bataille finale se fini sur une sorte de coup débile, et prévisible au plus haut point. Alors quand on lit cinq cents pages avec pour grande énigme « mais comment vont ils s’en sortir ? », cela en est d’autant plus déprimant. Surtout lorsqu’on se répète inlassablement pendant tout le livre que non, la fin ne pourra pas être aussi grosse.

L’autre très mauvais point, pire encore je dirai, sont les deux cents dernières pages: un redit interminable d’événements qui se sont déjà passés il y a moins de cinq pages. On va lire une bonne centaine de fois comment le héros H est trop fort à l’épée, comment il tue avec dextérité tous ses ennemis, sauf si il n’a pas de chance et qu’il meurt en une demi phrase. Chaque fois, la journée était trop horrible et affreuse, et à chaque fois on recommence le lendemain sans aucun événement intéressant. Et ce pendant grosso modo deux mois de temps réel dans le livre. Bien entendu, les héros, au rythme d’une lance prise dans le flan par jour, n’ont aucun problème à se relever chaque matin pour aller se battre. Vous avez parlé de réalisme ? Mais non, voyons, ils sont justes héroïques !

Druss la Légende

Les rares fois où l’on n’a pas droit à cette redite, c’est pour en faire une autre, sur le passé darkinou de nos héros, où sur combien ils ont compris le sens de la vie en se battant. Les héros de Légende, c’est un peu le club des passés difficiles à oublier. Entre Brad qui a tué son père et son frère par accident mais qui s’en veut trop et qui a abandonné sa place de prince, Pit qui a failli mourir des mains de son propre père, Roi d’une contrée lointaine, et Jules qui a tué son canard dans son bain par accident, les passés sombres ne manquent pas. Mention spéciale à une femme dont la mère s’est faite tuée par des brigands et qui a pour habitude de coucher avec des hommes pour les tuer pendant la nuit. C’est super triste, surtout quand on l’apprend une page avant qu’elle meurt. Bref, après qu’on ait appris ce passé douloureux, généralement alors qu’ils regardent au loin sur les remparts et qu’ils ne veulent surtout parler à personne, mais qu’ils vont quand même le faire, s’ils ne meurent pas le lendemain, ils constatent combien la vie est trop bien et qu’il aimerait être tout sauf sur ce rempart. Ils pourraient partir, puisque la désertion n’y est pas réprimandée, mais bien entendu, ils ne partent pas par honneur ou un truc du genre. Car oui tout homme a des principes qu’il outre passe qu’en de rares occasions blablabla. C’est la morale de la fin je crois ça.

Le deuxième type de pause est lorsque l’auteur décide d’introduire un nouveau personnage. En général, il meurt là aussi dans le prochain chapitre d’une façon totalement anonyme. Cela marche de la même façon pour les traîtres, dont les manigances sont généralement déjouées juste après avoir été commencées. Et par l’esprit s’il vous plait. Un exemple ? Bob le boulanger qui refuse de partir avec sa femme et son enfant, et on le revoit deux pages plus tard pour dire qu’il est mort.

Bref, je n’ai pas du tout aimé ce livre, et j’ai beau chercher, hormis le début, aucun moment ne restera dans ma mémoire. Je le déconseille donc forcement, même si on vous l’offre. C’est marrant parce que Tribulations d’un Mage en Aurient m’a beaucoup fait penser à ce titre, sachant que Pratchett fait souvent la parodie d’une œuvre déjà existante… Et bizarrement, ce Disque Monde est mon préféré.


Je n’aime plus Nintendo

dabYo dans Jeu Vidéo le 3 octobre 2008, avec 11 commentaires

Avec la Wii, ou plutôt la Révolution, Nintendo avait l’air de détenir les clefs qui me feraient revenir vers les Jeux Vidéo, que j’avais abandonés après Zelda: The Wind Waker. Compatibilité avec les jeux Game Cube (une première pour une console de salon du géant), Console Virtuelle, gameplay assez révolutionnaire et qui m’avait tout de suite emballé, et surtout un prix abordable, la Wii avait tout ce qu’il fallait pour me séduire. Et pourtant, vous n’êtes pas sans savoir que deux ans plus tard, me voilà possesseur d’une Xbox 360. Alors pourquoi ? D’abord à cause du hardware dépassé de la Wii, mais c’est quelque chose sur lequel je passe facilement. Metroïd Prime III est pour moi le meilleur jeu de cette génération auquel j’ai pu jouer, bien devant tous nos titres 360. Mais à ceci s’ajoute un prix aujourd’hui exorbitant dès que l’on regarde le rapport qualité/prix de la console face à ses concurrentes. C’est donc naturellement que nous nous sommes orientés vers la console de Microsoft, dont les attaques au niveau prix sont plus qu’agressive. (Rappel: 200€ pour la console, trois jeux de très bon acabit, une carte mémoire et deux manettes)

Metroid Prime III Wii

La seule raison pour laquelle je regrette de ne pas avoir une Wii: Metroïd Prime III !

Bref, jusque là rien de neuf, on ajoute à ça le cercle vicieux dont sont victimes les consoles Nintendo depuis maintenant trois cycles, la désertion des éditeurs tiers. Enfin, le problème c’est que cette génération, ils n’ont pas déserté la Wii, mais ce sont justes contentés de sortir des jeux infâmes. Sauf qu’avant, Nintendo était là pour maintenir le cap, et bien que la Game Cube n’ait pas vu de nombreuses sorties, elles étaient de qualités et m’ont largement ravi en tant que joueur. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, Nintendo n’a toujours pas annoncé un seul vrai projet pour la Wii, et goutte qui vient de faire déborder le vase, la firme a annoncé qu’il ferait des remakes de jeux… Game Cube. Alors déjà que je trouvais honteux de la part de Capcom de redistribuer Resident Evil 4 en version Wii, voilà que Nintendo himself fait la même chose.

Pikmin sur Wii

Non, ce n'est pas Pikmin Game Cube, car lui au moins ne coûte plus qu'une dizaine d'euros.

Damn, moi qui ai pendant des années supporté la firme à travers des sites internet d’informations, me voici grandement déçu. Pour les intéressés, il s’agit de remake de Pikmin et Metroïd pour le moment, revus pour la maniabilité à la Wiimote. Si il est bien entendu que le concept de Pikmin va superbement bien avec ce gameplay, ou que Metroïd Prime III a déjà démontré ô combien la série était devenue jouissive, un simple portage vendu à quelques 30€ quand on était en état d’espérer de nouveaux épisodes pour ces franchises est plus que décevant… et révoltant. Bref, par pitié, reprenez le cap.


L’allée du Roi de Chandernagor Françoise

Serafina dans Critiques, Livres le 20 septembre 2008, avec 1 commentaire
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J’aime bien les romans historiques. Donc j’avais demandé conseil autour de moi, car c’est un sujet que je ne connais pas réellement. On m’a donc conseillé L’allée du roi, de Francoise Chadernagor. Super, je le trouve à un euro chez un bouquiniste. Grosse édition, avec le dossier des sources de l’auteur et tout. Bref super quoi.

Et puis je le ramène à la maison. Mon père voit mon livre et me dit « Tiens tu lis l’Allée du roi ? J’ai essayé de le lire y’a longtemps, j’ai même pas réussi à le finir… » Ca aurait du me mettre la puce à l’oreille. Car même quand c’est mauvais, généralement mon père finit les livres. Après certes l’historique c’est pas son truc, alors sur le coup, j’ai passé outre.

L’allée du roi, ce sont en faite les mémoires de Madame de Maintenon, dernière épouse de Louis XIV. De son enfance dans les antilles, ballotée entre sa mère et sa tante à la fin de sa vie à St Cyr en passant bien évidemment par sa relation avec Louis XIV et son mariage ‘secret’.

L’auteur est extrêmement documentée. Je ne sais pas si le dossier de mon édition y est dans toutes, mais peu importe. En effet, l’auteur s’y explique sur chaque chapitre, précisant les oeuvres qu’elle a utilisé pour batir son récit (beaucoup de correspondances privées de Mme de Maintenon) et y expliques ses partis pris, ses ajouts et ses omissions volontaires. Très intéressant, même si bien sur un roman n’est qu’un roman, pour quelqu’un qui ne connait pas le personnage plus que cela c’est une excellente approche et cela donne bien plus de crédibilité à l’oeuvre. Les réferences données sont précises, ce qui permet d’avoir des ouvrages à rechercher si on désire plus d’informations sur ces personnages.

Seulement voila, à vouloir faire trop précis, trop detaillé on obtient les défauts des livres d’histoire purs sans les avantages. Car en effet, cela devient vite long, et lourd. Je suis habituée à lire beaucoup, et régulièrement des livres de cette taille, mais il faut que le style me transporte. Que je m’attache aux personnages. Alors que là non. Je n’y ai pas réussi. On n’entre jamais réellement dans l’histoire, Mme de Maintenon raconte, au passé, il n’y a donc pas cette énergie, cette immersion, que peut amener un récit au présent. Les ‘il me dit… je lui répondit que…’ deviennent vite lassant. Ajoutons à cela la mise en page sans aucune aération et on a vite l’impréssion d’étouffer, d’etre englués dans l’histoire. Ce n’est pas agréable. Ce récit au passé mettant automatiquement de la distance entre nous et l’action contée ne nous permet pas réellement de nous attacher aux personnages, hormis à l’heroïne peut-être.

Alors certes la vie de Mme de Maintenon était sans le moindre doute fourmillante, pleine de rencontres et d’anecdotes… Mais nous sommes dans un roman et non dans une biographie officielle. De telles lourdeurs, dans une biographie ‘sérieuse’, je les aurai acceptées. (Je n’entends pas par là qu’un roman ne doit pas être sérieux, non, seulement il ne doit peut être pas etre aussi exhaustif qu’un livre d’histoire…) Sauf que là, ce n’est pas une biographie. Des libertés ont été prises, des supositions sont devenues des faits, etc. Bref comme dans n’importe quel livre historique.

Du coup, lire 600 pages, quand t’as l’impression de ramer, que le style d’écriture te lourde, quand les anecdotes ne sont même plus intéressantes, on en arrive à la conclusion qu’il vaut mieux aller s’acheter une biographie. Au moins ca sera lourd, mais tu auras l’exactitude. De ce fait je confesse, c’est le premier livre que je n’ai pas terminé depuis 3 ans. (Le dernier, c’était le tome 4 des enfants de la terre). Je n’omet pas l’hypothese de le finir un jour, de grand ennui, mais pour le moment, je me range du coté de mon père.