Le tome 2 de l’Ennemi dans l’Ombre de David Weber est la suite plus que directe du premier tome, la version originale ne comptant d’ailleurs qu’un unique volume. Toujours traduit par Michel Pagel, illustré par Genkis et disponible aux éditions l’Atalante, il s’agit d’un roman de Hard Science-Fiction se déroulant dans l’univers d’Honor Harrington. Après ma chronique sur le début du mini-cycle, vous pourrez vous doutez que je n’étais pas spécialement chaud pour entamer cette suite. Je vous ferez grâce du synopsis pour ne pas vous spoiler le tome 1.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David Weber

En commençant ce second tome, je m’attendais à ce que l’on continue sur la lancée du chapitre précédent, mais là même pas, on se retrouve avec de nouveaux personnages dans la boucle ce qui augmente encore leur nombre, au delà de la limite de ma mémoire des noms. C’est beaucoup trop foisonnant et Michelle Henke, notre fameuse amiral du Pic d’or, est loin d’avoir le rôle que lui prête le quatrième de couverture. Je vais même aller plus loin, si les personnages s’était appelé Manticore1, AmiralManticore1, Havrien1… Ça n’aurait pas fait grande différence. Le seul personnage à peu près notable, c’est Josef Byng, un taré de la flotte de guerre solarienne qui fait une nemesis parfaite pour Manticore. En clair c’est dispersé et ça amène au point suivant.

Pendant ma lecture de ce volume, j’ai enfin mis le doigt sur ce qui ne me plait pas avec cet auteur. Il fait tout trop trainer en longueur, pour moi les trois quarts des deux tomes ne servent qu’à mettre en place une guerre qui va éclater. Lorsque je suis arrivé au dernier paragraphe, je me suis dit : « Tout ça pour ça ?!? ». Vu qu’il nous laisse sur notre faim, c’est proche du cliff-hanger, de la provoc, pour acheter la suite. Au final, j’ai eu l’impression de lire une intro de 900 pages. Un parfum d’inachevé plane sur l’histoire et c’est une sensation plus que désagréable, d’autant que je suis désormais loin d’avoir envie de lire la suite.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David Weber

Alors, oui, l’univers est ultra cohérent, super fouillé et réaliste, pour de la SF j’entends, l’intrigue est extrêmement complexe mais ça ne suffit pas à faire prendre la sauce si on la raconte en prenant trop son temps. Sans compter les références à des évènements d’autres bouquins de l’honorverse qui continue à nous perdre, comme la bataille de Manticore, dont on entend vaguement parler à de nombreuses reprises et sur laquelle la seule information disponible est qu’elle a été meurtrière.

Niveau rythme, la première moitié est carrément molle et j’ai vraiment eu du mal à suivre, la faute à l’absence d’événement intéressant, vu que les personnages ont tendance à se perdre en discussions. En comparaison, la seconde partie, où le ton commence à monter entre les camps, se dévore à une vitesse folle. C’est cher payé pour 250 pages de bonne lecture.

L’Ennemi dans l’ombre, Tome 2, de David WeberLa couverture, toujours par Genkis est plutôt sympa, cela reste dans le ton du premier tome et de la série en générale, du moins chez l’Atalante. Dommage que je n’arrive pas à identifier les personnages qui l’ornent. Mon petit doigt me dit que le traducteur, Michel Pagel, a pas du trop s’amuser avec la surabondance de dialogues.

Après la lecture de ce second tome, là c’est clair, je ne vous conseille pas ce cycle de l’univers d’Honor Harrington, à part si vous êtes un fan hardcore qui veut tout savoir de cet univers. En l’occurrence, très peu pour moi, ça m’a même convaincu de faire une pause dans la SF pour me relire un peu de Fantasy. L’Ennemi dans l’ombre de David Weber est roman en deux tomes qui a certes de bons côtés, mais pour lesquels l’investissement est trop important pour véritablement valoir le coup.


Minecraft de Mojang

LuxtExMachina dans Critiques, Jeu Vidéo le 18 mai 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Minecraft est un jeu PC développé par un nouveau studio indépendant, Mojang. Il fait partie de ces ovnis vidéo-ludiques dont on aurait jamais prédit leur réussite. Le jeu a tout d’abord été lancé en version alpha en mai 2010, où il était possible de l’acheter pour une modique somme tout en ayant la garantie de pouvoir télécharger la version définitive par la suite. La beta est sorti en fin d’année 2010 et la version finale sera commercialisée le 11 novembre 2011, histoire de faire comme une grosse partie des productions de cette année. Minecraft s’est déjà vendu à plus de 2 millions d’exemplaires, uniquement par le bouche à oreille. Synopsis.

Minecraft Logo

Vous incarnez Steeve, un mec ressemblant à un mexicain qui se réveille sur une sorte d’île-continent et… c’est tout. En fait il n’y a aucune histoire dans Minecraft. Pas de monde à sauver ou d’enquête ou de n’importe quoi d’autre. Car il faut avant tout savoir que le titre est un jeu de type Sandbox dans lequel vous allez évoluer plus ou moins librement pour crafter.

A chaque fois que vous créez une partie, un nouveau monde aléatoire est entièrement généré. Ce monde est presque infini. Presque parce que l’algorithme créant le monde a besoin de plus en plus de mémoire au fil de l’exploration, ce qui finira par planter le jeu si vous allez trop loin. Mais pour arriver à ce point le créateur du jeu, Notch, explique qu’il faudrait marcher pendant plusieurs jours réels. Le monde passe d’un cycle jour / nuit en 10 minutes environ, soit 20 minutes pour une journée complète.

Les mondes générés sont cohérents, vous ne trouverez jamais d’eau flottant toute seule dans les airs, même si sur certaines parties des îles flottantes existent. Mais cela n’est au contraire pas gênant et l’immersion dans la partie est d’autant plus grande que les paysages semblent naturels. Bien sûr, on pourrait dire que la tâche était aisée au vue de la qualité des graphismes produite par le moteur, car il faut savoir que le monde construit sur des cubes qui sont bien plus visibles que d’habitude. Nous y reviendrons.

Minecraft

Mais alors que fait-on dans ce jeu si il n’y a pas d’histoire me direz vous ? Et bien comme le dit le nom du jeu, on mine, ce qui nous permet de récolter des ressource, et on crafte de nouveaux objets. Comme je le disais, le monde est composé de blocs, le joueur peut les détruire et les récupérer pour ensuite s’en servir de matière première. Soit comme élément d’une recette pour créer un nouvel objet, ce nouvel sera alors à son tour considéré comme de la matière première, soit pour servir comme bloc de construction. Car c’est ça Minecraft: creuser et construire… Que ce soit son abri dans une montagne, une maison, voir carrément un building, ou n’importe quoi. Les possibilités sont énormes.

Il existe à l’heure actuelle une bonne centaine de blocs et d’objets réunis. Cela va du cube de terre, à la pierre et au sable, sans compter les objets utiles à l’exploration, à la récolte et aux constructions telle la torche, la pioche et bien d’autres encore. Il serait trop long de faire toute la liste des matériaux, mais si cela vous intéresse de les connaitre, sachez qu’il y a de nombreux wiki sur le sujet. Deux types de blocs sont pour l’instant soumis à la gravité. C’est-à-dire que si vous les posez, ils tomberont jusqu’à arriver sur un autre bloc. Les autres peuvent quand à eux voler dans les airs. Vous ne pourrez pas toutefois les poser comme ça, en hauteur, il faudra d’abord partir du sol, puis une fois votre bloc à la bonne hauteur, supprimer le reste et ne garder que ceux qui volent. Voila vous venez de créer une base pour une île flottante.

Quand au craft, il nécessite que  vous ayez des les ressources nécessaires pour créer de nouveaux objets. Chaque objet que vous pouvez créer nécessite la combinaisons de certaines matières premières. Vous êtes initialement limité dans le nombre de matières que vous pouvez utiliser, mais en créant un établit par exemple, vous pouvez alors mélanger plus de matières et accéder à de nouveaux objets et recettes. Ces dernières sont assez intuitives. Il suffit de représenter simplement ce que vous voulez, pour obtenir l’objet que vous désirez. Par exemple, pour fabriquer une pelle, il suffit de poser sur un établi 2 bâtons de bois l’un au dessus de l’autre, et de rajouter, un bloc de planche, de pierre ou de fer, selon le type de pelle que vous voulez, au dessus de des bâtons. Les outils possèdent une barre d’usure. Il vous faudra donc en faire plusieurs pour partir à l’aventure, ou miner dans des grottes. Sachant que plus le minerai que vous utilisez est rare, plus votre équipement devient résistant. Ainsi, vous serez obligé de commencer par des outils en bois, puis passer à des outils en pierre pour arriver à la fin à des outils en diamant, l’une des ressource les plus rares.

Minastirith Minecraft

Mais le jeu ne serait pas aussi intéressant s’il n’y avait que ça. C’est pour cela que le studio a intégré une partie survie en ajoutant des monstres qui sortent la nuit. Leur seul but est de vous faire mourir dans d’atroces souffrances, vous faisant perdre ainsi les précieux minerais que vous aviez fini par récupérer. Il vous faudra alors vous défendre avant qu’ils n’arrivent, en craftant quelques objets: armures, épées, ou encore flèches. A moins d’aller se réfugier dans sa cabane du départ. Tout dépend alors de votre position et de vos ressources au moment donné.

Squelette Araignée dans Minecraft

Les monstres ne réhaussent pas le niveua graphique du titre

Les monstres apparaissent principalement lorsque le nuit tombe ou dans les grottes, bref dans n’importe quel endroit mal éclairé. On retrouve cinq types différents, chacun ayant des caractéristiques propres: apparition uniquement de nuit ou non, rapidité, combativité, etc. On retrouve alors zombies, araignées, creepers (véritables ninjas), squelette et pour finir, cauchemar de joueurs de Minecraft même s’il n’a qu’1% de chance d’apparaitre, l’archer squelette chevauchant une araignée. Alliant la rapidité de l’araignée et la précision du squelette, vous devrez déployer tous vos talents pour les tuer.

Bien qu’il ne soit encore qu’au stade de la bêta, Minecraft est régulièrement mis à jour. De même de nouvelles améliorations devraient faire leur apparition une fois la version finale sortie. Ces mise à jour permettent souvent, outre de corriger des bugs, de rajouter de nouveaux éléments, augmentant ainsi les possibilités de création. De nombreux modes de jeu existent aussi. Vous pouvez jouer gratuitement au mode Classic à partir de votre navigateur internet, ou acheter le jeu pour moins de 15€ pour l’instant. Le mode Classic consiste seulement à de l’exploration et de la construction, vos blocs étant infinis, tandis que la beta vous immerge plus dans un mode de survie. De plus un mode multi-joueurs existe aussi pour ceux qui voudraient partager leur expérience ou tout simplement jouer à plusieurs.

Le dernier point que je citerais est la communauté lié à Minecraft. Celle ci est assez énorme, aussi bien française qu’internationale. De nombreux serveurs existent, tous plus impressionnant les uns que les autres, permettant de jouer à plusieurs. De nombreuses vidéos existent afin de faire connaitre le jeu, d’apprendre ses mécaniques ou encore de montrer ses réalisations. Enfin, de nombreux mods créés par les fans sont déjà disponibles, notamment des packs de textures, mais aussi d’autres améliorations qui peuvent apporter de nouveaux éléments au jeu.

Minecraft Creeper

Il y en a pour tous les goûts dans Minecraft, que vous préfériez explorer, construire ou combattre, chaque personne peut y trouver une raison. Le seul point négatif que je trouve au jeu, est qu’il est extrêmement addictif. Ne vous inquiétez pas si jamais après avoir commencé à jouer, tous vos rêves sont composés de blocs et que votre seule préoccupation soit de tout empilez, ou les personnes de votre entourage vous entende marmonner à longueur de journée : « Encore un dernier bloc, encore un dernier bloc, encore un dernier », telle une prière faite au grand dieu qu’est Minecraft. D’ailleurs il est temps que j’y aille, je l’entends m’appeler du fin fond de mon pc.

Mais le jeu ne serait pas aussi intéressant s’il n’y avait que ça. C’est pour cela que le studio a intégré une partie survie en ajoutant des monstres qui sortent la nuit. Leur seul but est de vous faire mourir dans d’atroces souffrances, vous faisant perdre ainsi les précieux minerais que vous aviez fini par récupérer.

Le Printemps de Bourges est un festival musical qui se déroule à deux pas de ma ville natale. Ce festival a non seulement mauvaise réputation (agression, etc) mais en plus ne programme généralement absolument rien qui puisse nous intéresser. Et pourtant, parfois, les programmateurs peuvent nous surprendre. Comme cette année, où nous avons découvert une affiche de dingues : Dagoba, Septic Flesh, Punish Yourself, Eluveitie, Epica et Kamelot, le même soir, en région centre. Évidemment, nous avons vite pris notre billet, et le 22 Avril venu, sommes partis direction Bourges. Pas de photos personnelles pour ce report, les appareils étant interdits.

Soirée Metal au Printemps de Bourges 2011

Le concert débute à 18h tapantes, nous sommes tellement habitués aux concerts à la bourre, qu’on arrive tout juste à l’heure, et on rate le premier morceau de Dagoba. En tout honnêteté, ce n’est pas bien grave. A noter que la ponctualité sera un point fort de cette soirée, avec des pauses de 20 minutes à tout péter entre deux groupes. Ce n’est pas le concert d’Eletric Wizard. Seul la pause entre Eluveitie et Epica prendra du temps, sans doute pour mettre les ventilateurs. Le palais d’Auron propose 2400 places, dont la moitié dans la fosse et l’autre dans des gradins. Nous, on est des trues, on va dans la fosse.

Dagoba

On commence donc avec Dagoba, un groupe de Metal venant du sud de la France, nous les avions vu au Hellfest 2009, et somme toute le constat est le même : le groupe est communicatif, il a visiblement la pêche, ca fait plaisir de les entendre parler en français, mais musicalement c’est très moyen, efficace, mais sacrément soupe. Leur style semble avoir évolué, le chanteur chante maintenant pour de vrai, ce qui nous fait beaucoup penser à Stone Sour.

Septic Flesh

Arrive ensuite le premier groupe que j’attendais vraiment de la soirée, à savoir Septic Flesh. Le groupe grec propose un Death Metal très Black et très Goth en même temps : nappes de notes, ambiances lugubres, grunts sur chant féminins et chœurs en backing. C’est la première date de leur tournée The Great Mass, leur dernier album qui est absolument excellent au passage.

Septic Flesh - The Great Mass

Visuellement, c’est assez cliché, sombre, les musiciens sont vêtus d’ armures, le tout entouré des oeuvres sublimes de Seth Shiro Anton, bassiste/chanteur mais aussi graphiste. Pas mal de morceaux de The Great Mass seront joués, pour mon plus grand bonheur : Vampire from Nazareth, A great Mass of Death ou encore Pyramyd God si ma mémoire est exacte. Niveau ambiance c’est tout aussi sombre et lugubre. Le jeu de scène, lui est proche de l’inexistant, c’est très statique, mais en même temps vu la musique cela ne me choque pas. J’ai adoré, par contre dabYo est resté de marbre.

Punish Yourself

Les toulousains de Punish Yourself sont les suivant. Ce groupe fait de l’electro-indus aux grands relents Punk. Le combo est extrêmement respecté dans la scène indus, cependant, à coté des groupes de Death et autres Sympho, on ne peut s’empecher de les trouver un poil dépareillés. Qu’à cela ne tienne, les frenchies vont nous délivrer le show le plus intense de cette soirée.

Connus pour leurs show spectaculaires, ils tiendront leurs promesses : les membres sont intégralement peints de peintures fluos, il y’a des lasers verts devant la scène, un danseur/pyrotechnicien/performeur officie sur certains titres. Y a pas à dire, Punish en met plein la vue. Musicalement, c’est un déluge de beats, un martèlement constant, et une apothéose dont on se souviendra longtemps sur Gay boys in gay bondage.

Eluveitie

Le groupe de Folk Eluveitie prend la suite. Nous avions vu le groupe en Juin au Hellfest 2010 et c’est un des groupes favoris de dabYo. Nombreux sur scènes, près de dix personnes, le groupe utilise des vieux instruments traditionnels pour lesquels la sono avait été moyenne voire décevante au Hellfest. C’est réparé ici avec un réel son, et tous les instruments s’entendent bien.

Eluveitie au Printemps de Bourges

Malheureusement, c’est assez statique, et passer après Punish Yourself n’était pas la meilleure configuration pour le groupe. Même Thousandfold, pourtant l’un de leurs morceaux les plus énervés et agressifs fait pale figure, mou.  Cependant, cela reste bon, avec une setlist similaire à celle du festival, mettant en valeur les deux derniers albums. Et surtout Slania’s song sera jouée, le morceau qui m’avait manqué au Hellfest.

La performance scénique du groupe est aussi plus agréable, le chanteur ayant arrêté de chercher constamment à organiser des circle pits. Cependant, il faudrait dire à la demoiselle qui fait le chant qu’essayer de faire chanter au public un refrain entier en suisse ancien n’est que rarement une réussite. Le groupe organisera un circle pit, qui je pense fut le plus violent de la soirée.

Epica

Enfin, Epica arrive, et arrive pour moi la partie la plus douloureuse de ce report. J’aime Epica, leur second album, Consign to Oblivion est un de mes albums cultes, et c’était la 5ème fois qu’on les voyait. J’avais entendu des critiques sur leur dernière tournée, mais sans plus. Je me disais que taper sur le groupe était la mode. Et puis, et puis, il y’a eu Bourges. Et là, je ne sais par quel bout commencer.

Epica au Printemps de Bourges 2011

Le groupe est rodé, contrairement à Therion qui se sont renouvelés à chaque tournée, c’est les mêmes gimmicks, les mêmes sorties de scène aux mêmes moments, et ce depuis 2007. Le changement de line-up a aussi dû jouer, car le groupe a du mal à faire penser à une « unité », le nouveau restera à l’ecart toute la soirée.

Vocalement, si les grunts sont honorable, Simone peine, et n’est pas aidée par la sono trop forte sur sa voix. Elle ne tient pas ses notes, elle ne les a probablement jamais tenues mais cela était compensé par l’énergie et l’impression de joie d’être là. Sauf qu’ici Epica, c’est froid, c’est mecanique. Bref, dommage.

Kamelot

Kamelot est le petit dernier. Rajouté au dernier moment, le groupe devait jouer ce jour là à l’Elysée Montmartre à l’origine. Le Printemps de Bourges semble avoir été une solution de remplacement, mais il n’y a eu aucune publicité autour de leur venue, du coup une bonne partie de la salle ignorait qu’il y avait un 6ème groupe, la fosse était donc désertée. Nous sommes allés dans les gradins, car soyons honnête Kamelot, ca ne me palpite pas des masses.

Et là, surprise. Ce n’est pas Roy Khan sur scène ! Le lendemain paraitra le communiqué sur le départ officiel de Roy du groupe, il était remplacé pas le chanteur de Rhapsody of Fire. Alors, bon, il s’en tire pas trop trop mal niveau voix, mais Kamelot, c’est Roy quand même. Le groupe a une installation scénique qui me fait penser à Therion, avec des estrades pour les choristes (une fille et un gars). La choriste d’ailleurs est fort agréable à regarder, et contrairement à ce que j’avais pu penser, ce n’est pas Simone. Le reste du groupe est assez statique, et somme toute, ça ne me passionne pas. Bien qu’étant sur la tournée du dernier album pas mal de morceaux du Black Halo sont joués.

Au final, les deux derniers groupes n’ont pas été à la hauteur de ce qui était proposé précédemment. Le trio gagnant est sans nul doute Septic Flesh, Punish Yourself et Eluveitie, qui ont assuré jusqu’au bout. L’ajout de Kamelot était on ne peut plus discutable, surtout que son ajout a forcé les groupes à raccourcir leurs sets. Mais vu le prix du billet d’entrée, ça valait franchement le coût.


Tron de Steven Lisberger

dabYo dans Critiques, Films le 4 mars 2011, avec 8 commentaires
Critiques

Lorsqu’on parle des films de Science Fiction des années 80, l’exemple qui vient tout de suite à l’esprit est Star Wars, qui est sans aucun doute la série la plus connue et celle dont l’univers s’est le plus étendu par la suite. Mais à côté de ça, on retrouve de nombreux autres films, qui sont plus ou moins marqué la postérité. Parmi eux, Tron de Steven Lisberger, un film qui a marqué les mémoires et dont l’esthétisme très particulier fini toujours par réapparaitre. Ce film, nous ne l’avions jusqu’à présent jamais vu, aussi avec la sortie récente de sa suite, Tron: l’Héritage, nous avions envie d’y jeter un œil, histoire de voir si on n’allait pas en profiter pour faire un saut au cinéma. Alors, 30 ans plus tard, ça donne quoi, Tron ? Commençons par un synopsis.

Tron de Steven Lisberger

Dans un monde plus ou moins futuriste, les jeux vidéo sont devenus l’un des passe-temps favoris des jeunes. Ces jeux sont programmés par des concepteurs en informatique, et parmi eux il y a Flynn, un des meilleurs joueurs de jeux vidéo, mais surtout concepteur. Il est en effet à l’origine des jeux vidéo les plus populaires, sauf que ses codes sources ont été volés et sa paternité usurpée par un homme qui est très vite devenu puissant et redouté. Pour empêcher que quiconque découvre sa supercherie, il a développé un programme doté d’une I.A. qui intègre et assimile le comportement de tous les autres processus.

Cette chronique va être difficile à écrire pour la simple et bonne raison que, contre toute attente, j’ai été très déçu par le film. Et faire une chronique d’un film aussi populaire dans un certain domaine est toujours difficile. Il va donc falloir être très complet et expliquer pourquoi à toutes ces personnes qui crieront bien vite au scandale, à mon manque de goût certain ou à ma mauvaise foi chronique. Et pourtant, je le dis simplement, aujourd’hui voir Tron est tout sauf quelque chose que je qualifierai d’enchantant, et ne parlons même pas d’agréable. Je me suis même plutôt ennuyé.

Tron de Steven Lisberger

Deux processus, dans un environnement complètement calculé. Les lignes permettent d'oublier que les textures n'existaient pas à l'époque.

On passe bien entendu sur le côté vieillot des années 80 concernant l’informatique et les jeux vidéo de l’époque. Il serait idiot de reprocher ça alors que le film n’y est pour rien. Tron c’était l’époque des premiers effets spéciaux, mais surtout le premier film à utiliser des environnements complètement calculé. A l’époque, la technologie étant peu avancée, l’esthétique était à désirer, du coup cet élément a été intégré à l’histoire du film de façon habile, grâce à la mise en scène de l’univers des programmes. En effet, on va vite découvrir que l’informatique est, dans Tron, un vaste monde dans lequel, à l’image des hommes, les processus vivent et interagissent entre eux. Les processus y étant alors représentés et joués par des humanoïdes. Alors que le monde réel ressemble à celui de n’importe quel film, l’univers des processus est lui un environnement calculé en 3D (effets spéciaux) dans lequel se baladent nos acteurs vêtus de combinaisons bizarres.

La plus grande qualité du film, c’est bien entendu cet univers, un univers que trente ans plus tard on découvre toujours avec plaisir, et qui a fait sourire les informaticiens que nous sommes. Cette idée de créer un univers et des lois à partir des processus et autres que l’on retrouve sur les réseaux et ordinateurs était vraiment bonne et intéressante. A vrai dire, elle m’a surpris, car elle est la preuve d’une assez grosse prise de risques de la part de Disney pour ce film là. Mettre en scène un univers créé à partir des bases de l’informatique pour symboliser une quête vers la liberté et la fin d’une oppression est quelque chose d’assez couillu qui, aussi étonnant que ce soit, serait très étonnant aujourd’hui. Paradoxalement, alors qu’aujourd’hui les technologies font parti du quotidien, les films ne s’en servent plus que comme des outils, ne donnant jamais d’informations sur le pourquoi du comment.

Tron de Steven Lisberger

Très rapides, les scènes de course en moto devaient être très impressionnantes à l'époque sur le grand écran.

Mais c’est presque là la seule force du film. Alors que Star Wars pouvait compter sur le jeu d’acteur de Harrisson Ford, on ne retrouve aucun acteur très marquant. Ils sont effacés, que ce soit ceux jouant les personnages de la « vraie vie », ou ceux qui incarnent des processus. Hormis le héros, Flynn joué par Jeff Bridges,aucun ne possède une réelle personnalité, ils ne donnent que l’impression de faire figuration, que ce soient les gentils ou les méchants. Une mention spéciale pour l’acteur de Tron, Bruce Boxleitner, qui réussit l’exploit d’avoir été totalement oublié en moins de deux jours. Le personnage MCP non plus ne restera pas dans les mémoires, loin d’un Dark Vador, et ses soldats sont aussi ridicules que les Stormtroopers. Bref, le plus dommage au final étant que Flynn semble être un simple « copycat » de Han Solo.

A vraie dire, je ne sais pas si c’était le cas à l’époque, mais cette ressemblance avec la série de George Lucas est assez déroutante. La comparaison est tellement facile qu’il est difficile de ne pas y voir une grosse inspiration, voir une tentative de surfer sur la vague, comme Disney l’a fait 20 ans plus tard en sortant Narnia suite au succès des films sur Le Seigneur des Anneaux. Des processus oppressés par un empereur, une sorte d’élu qui part le combattre dans son quartier générale… Oui, il est difficile de ne pas y penser.

Tron de Steven Lisberger

Là aussi, on retrouve quasiment le même triangle amoureux que dans Star Wars.

Malheureusement, la narration du film est assez difficile à suivre et semble manquer de logique et de fluidité. Cela vient peut être des différents mots techniques employés plus que d’erreurs, je ne sais pas, mais on se demande tout au long où ils vont et pourquoi ils y vont. Alors que le début du film nous enchantait, il fini vite par trainer en longueur et l’ennuie s’installe, peu à peu. Les combats, présents à la fin pour relancer l’intérêt du spectateur sont assez mous, et les sabres lasers ont laissé leur place à des… Frisbees. Oui, des frisbees. De même, la mort de personnage laisse plus de marbre qu’autre chose, comme si l’on se trouvait face à un bon vieux nanar.

Bref, je m’arrêterai là car j’ai l’impression de taper sur un vieillard, qui est déjà à terre qui plus est. Il faudrait aussi que je parle des valeurs qu’apporte le film, et notamment l’état d’esclave qu’ont les processus, notamment lorsqu’ils sont soumis à des courses ultra rapides pendant lesquelles ils peuvent mourir, pour le bon vouloir des hommes qui jouent aux jeux-vidéo. Il y a aussi des notions de religion, notamment avec la croyance ou non en les concepteurs. Mais ce sont des notions survolées, qui apportent des sujets de débat sans vraiment les approfondir.

Tron de Steven Lisberger

Franchement, il y avait quand même largement de quoi faire des armes plus sexy.

Au final, si vous connaissez l’esthétique de Tron sans l’avoir vu, et que l’informatique ne vous intéresse pas, je ne vous conseillerai pas de le voir. Il y a des films cultes qui finalement sont bons à ne pas avoir vus. Bien sûr, ce film est une pierre importante de la Science-Fiction sur grand écran, mais finalement, je préférerai presque ne pas l’avoir vu. Voir Tron aujourd’hui, c’est sans doute comme voir Avatar dans 30 ans.


L’importance de ton regard de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 10 janvier 2011, avec aucun commentaire
Critiques

L’importance de ton regard est un recueil de nouvelles écrites par Lionel Davoust aux éditions Rivière Blanche. Il regroupe ici pas moins de dix-huit nouvelles, principalement de Science-Fiction, mais aussi avec des incursions dans le Cyberpunk et la Fantasy en passant par le Polar. J’avais envie de m’y plonger depuis la publication de son interview sur if is Dead. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai lu ce livre et que je vous en fais la critique. Vu le nombre de nouvelles présentes, il m’est impossible de vous parler de chacune d’entre elles individuellement, je me contenterais donc de faire un bilan général et de vous présenter celles qui m’ont le plus marqué.

L’importance de ton regard de Lionel Davoust

Le livre nous offre une préface et une postface signées par deux personnalités du genre, Stéphane Manfrédo, directeur de la collection jeunesse des éditions l’Atalante, et Bruce Holland Rogers que, je dois l’admettre, je ne connais pas. Stéphane Manfrédo retrace la carrière de Lionel Davoust depuis son tout début, où l’on apprend notamment qu’il était le traducteur de certaines publications de Bruce Holland Rogers, qui signe la postface donc. Postface un peu déjantée qui rend hommage à l’auteur. Chaque nouvelle est précédée d’une petite introduction de l’auteur, qui explique comment il est arrivé à l’écrire, ses inspirations, ses difficultés.

Lionel Davoust

Lionel Davoust

Au cours de la lecture, on passe parfois d’une nouvelle de quatre pages sur un inventaire à une nouvelle de Fantasy de vingt pages. Chacune possède un univers, un format différent. Cette diversité vient du fait que l’auteur a regroupé ici dix ans de travail. Il arrive à se renouveler à chaque fois, on ne s’ennuie donc presque jamais. On retrouve souvent dans les thèmes le désespoir, la lutte pour survivre, ainsi que la mort, qui est celui qui revient le plus souvent, que se soit pour y échapper, la rechercher ou même quand il est trop tard pour s’en préoccuper. On sentira aussi au cours de la lecture que Lionel Davoust se préoccupe de l’exploitation des ressources naturelles, notamment celles de la mer, car il nous offre deux nouvelles sur ce sujet.

Le style est ici agréable à lire, fluide, et se renouvelle lui aussi sans cesse. Bien qu’une ou deux nouvelles m’ont paru un peu lourdes, et moins intéressantes que les autres. La plupart sont racontées à la première personne, mais on retrouve aussi des histoires à la troisième, et même une racontée à la manière d’un conte. On suit les protagonistes dans leur vie, on ressent leurs émotions, leurs joies, leurs peines. Une fois que l’on a commencé à lire, il devient difficile de s’arrêter tellement on est pris par les aventures décrites.

Je m’arrête là pour la critique générale du livre. Il est temps que je vous parle plus en détails des nouvelles les plus marquantes. Sur les dix-huit proposées, aucune ne m’a vraiment déplu.

L’Impassible armada

Le premier texte est aussi celui que je préfère. L’auteur utilise un univers assez inhabituel en imaginaire: la piraterie. Il y mêle du Fantastique, rendant cette nouvelle unique et originale. Nous suivons donc un équipage de la marine anglaise, lancés à la poursuite de pirates, ils se retrouveront coincés, à se battre continuellement toutes les pleines lunes et à attendre bien sagement le reste du temps. On suit principalement les scènes d’action, les phases de repos étant occultées. La fin, de toute beauté, est vraiment surprenante et nous montre qu’une personne est prête à tout pour survivre.

Bataille pour un souvenir

Cette nouvelle est de la Fantasy pure. On y retrouve tous les codes du genre, une bataille sans l’ombre d’un espoir, des héros prêt à tout sacrifier. Et pourtant, ce n’est pas que leur vie qu’ils s’apprêtent à sacrifier, mais aussi leur mémoire, si bien que même si ils y survivent, ils auront tout perdu. Le sacrifice est une part importante de cette histoire, et on ne peut s’empêcher de ressentir de la tristesse pour ces combattants, si bien qu’à la fin la victoire ou la défaite n’est plus importante.

L’importance de ton regard

Je ne pouvais pas passer sur la nouvelle qui donne son titre au livre. On suit ici le déclin de la société, sa destruction lente et pourtant inévitable, par un ennemi fourbe et sans conscience qu’est le jeu en ligne. Ce court roman est un hommage aux geeks ou au contraire, une dénonciation. Je n’ai pas réussi à me décider, peut être est-ce les deux en même temps ou aucun.

L’auteur nous fait suivre plusieurs personnes, du joueur chevronné au novice qui n’y connait rien. Chaque personne va petit à petit sombrer dans la dépendance du jeu, oubliant le reste pour s’y concentrer uniquement. Si bien qu’à la fin même les plus réticents se retrouvent piégés par le jeu.

L’importance de ton regard de Lionel DavoustChacun peut trouver dans ce livre de quoi lui plaire tellement les histoires sont variées. Comme je l’ai déjà dit, j’ai seulement moins apprécié une ou deux nouvelles, ce qui est assez rare pour être souligné, vu le nombre de nouvelles. C’est aussi rare qu’un livre me fasse ressentir tant d’émotions contradictoires, car on passe de la joie à la tristesse en un instant.

Lionel Davoust nous livre ici un excellent recueil qui serait dommage de rater. On se sent transporté dans ses histoires, on s’inquiète pour ses personnages. On a plus qu’une hâte, c’est de lire le reste de ses œuvres.

Et pour en apprendre plus sur l’auteur, vous pouvez lire notre interview de Lionel Davoust, ou bien vous rendre sur son excellent blog.


Je vous parlais récemment de l’habitude que j’avais pris de regarder des web-séries en mangeant à midi, faute de n’avoir rien d’autre qui puisse se regarder quotidiennement en moins de 10 minutes. Après avoir terminé les deux premières saisons de Noob, j’ai découvert une autre web-série, tout aussi geek, et nommée Le Visiteur du Futur. Cette fois, c’est de la Science Fiction, bien loin de l’univers du MMORPG, puisque c’est de voyage dans le temps et autres incohérences du continuum-espace-temps dont on va parler. Synopsis ?

Le Visiteur du Futur de François Descraques Saison 1

Nous sommes en 2009, et Raph a ce qu’on pourrait appeler une vie paisible. Enfin, c’est un jeune à la vingtaine, qui vit normalement quoi, jusqu’au jour où un taré débarque pour l’empêcher de jeter une canette dans une poubelle. Il viendrait soit disant du futur, et si Raph jette cette canette, il signe plus ou moins la fin du monde comme il le connaît. Puis le visiteur repart, et comme si de rien n’était, Raph jette la cannette. Malheureusement, l’étrange visiteur va continuer de venir, encore et encore…

Bon, vu comme ça, le synopsis ne donne pas très envie. Et j’avoue que c’est difficile de faire mieux vu les trois premiers épisodes de la série, qui vont tout trois s’axer sur le même schéma: notre héros s’apprête à faire quelque chose, le visiteur débarque et l’en empêche, lui racontant les conséquences qui seront causées par son acte s’il le perpétue. Pollution due à une canette, crise économique à cause d’un morceau de pizza périmé, les causes sont toutes plus farfelues les unes que les autres. Mais c’était là pour l’équipe je pense un test, histoire de voir si le projet pouvait tenir la route. Et heureusement, il le tenait et c’est à partir du quatrième épisode que le scénario se fait sentir, un scénario qui va s’étendre sur les 19 épisodes qui suivront.

Au début simple running-gag, la série de François Descraques va vite prendre son envol et nous révéler un scenario à la fois loufoque et génial, qui m’a, je l’avoue, bien pris en haleine. Il est d’autant plus génial qu’il tire très bien parti de l’hypothèse de base: le voyage dans le temps va être inventé, dans le futur bien entendu. On va donc avoir droit à des tentatives de modification du futur par le voyageur, personnage central de l’aventure avec Raph. Bref, lorsqu’on est fan de Science Fiction, ou qu’on aime les raisonnements à base de Et si… où des incohérences complètes finissent toujours par arriver, on ne peut qu’aimer.

Le Visiteur du Futur de François Descraques Saison 1

Mais bien avant le scénario, la première chose qui surprend, c’est la qualité générale des épisodes de la série. Ils sont certes courts, un peu comme pour Noob, mais le jeu des acteurs est bon, les sons collent bien, les rares effets spéciaux ne font pas cheap. Non, le tout est maîtrisé, et c’est donc une web-série de très bonne qualité à ce niveau là, plus ou moins proche du niveau visuel des publicités à la télévision (des bonnes j’entends). On est à des années lumières du niveau de Noob, l’autre série phase française. Et pourtant, le côté futuriste est toujours casse gueule, tant la frontière du cheap est aisée à traverser. Ce n’est pas le niveau du cinéma ou des séries américaines, mais vraiment pas si loin quand on considère les moyens de l’équipe. Plus Belle la Vie n’a qu’à bien se tenir, avec une poignée d’acteurs inconnus, François Descarques et sa pauvre caméra arrive à faire un truc qui tiennent bien plus que la route.

Le Visiteur du Futur de François Descraques Saison 1

Je sais pas pourquoi, mais entre la veste verte, les mitaines et les lunettes, ça me fait penser à Naruto...

Simple divertissement au début, Le Visiteur du Futur est vite devenue une série dont j’avais envie de découvrir la suite. Et elle a réussi à se renouveler à de nombreuses reprises, avec des épisodes qui resteront dans ma mémoire pour longtemps. Je parle notamment du Docteur, un personnage complètement génial, ou bien l’épisode nommé La Dépression.

Côté personnages, on est là aussi à un très bon niveau. Bien que les protagonistes n’aient pas de réelle personnalité, on ne connaît pas leurs goûts, on ne les cerne pas toujours, cela ne choque pas vraiment. Après tout, quand on fait des épisodes d’une durée moyenne de cinq minutes, difficile de faire autrement. On a donc droit à quelques stéréotypes, bien utilisés, qui ne gênent pas le moins du monde, ni ne déplaisent. Encore une fois, on est loin de la médiocrité de certains personnages de la série Noob.

Au final, je ne peux que vous inviter à regarder cette web-série si ce n’est pas encore fait. Le travail de l’équipe de François Descarques et de ses acteurs est tout simplement génial, et vu la durée des épisodes, se serait un crime de ne pas en prendre le temps. C’est par ici que ça se passe. Reste plus qu’à espérer que la Saison 2 sera à la hauteur !


Quand on est français et qu’on écrit en plus de la bonne Science-Fiction, on fini toujours par recevoir un petit mail d’if is Dead. « Blogueur cherche personne à interviewer« . Franck Ferric, auteur de la Loi du Désert, que nous vous recommandons très chaudement, et récemment à l’origine de l’une des nouvelles présentes dans l’Anthologie Or et Sang, qu’on vous recommande aussi, en fait, a répondu par la positive. Nous lui avons donc posé quelques questions qui nous taraudaient depuis la fermeture de son bouquin ! C’était fin 2010…

Interview de Franck Ferric, La loi du désert

Bonjour Franck, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ? C’est vrai que tu vis dans le Centre ?

Salut Alexandre. Eh bien, je me nomme donc Franck Ferric. J’ai 30 ans, je vis effectivement dans le Centre de la France et de temps en temps, j’écris des trucs. Des nouvelles (dernièrement, dans le numéro 16 de Black Mamba ou dans l’antho « Or & sang » parue aux éditions du Petit Caveau ce mois-ci). Et parfois des romans (« La Loi du désert », sorti en septembre dernier aux éditions du Riez).

De puis quand aimes-tu la littérature de l’imaginaire ? Qu’est ce qui t’a plongé dedans ?

Depuis tout gosse. Parmi les premiers « vrais » livres que j’ai eu l’occasion de lire, il y avait ceux de Jules Vernes, de Stevenson, puis King, Tolkien… (faut bien avouer qu’à cet âge, c’est rudement plus sexy que les titres qu’on vous propose à l’école…)

Ton roman La Loi du désert a été publié il y a peu. Comment présenterai-tu ton livre ? Penses-tu qu’il soit accessible ou bien cible-t-il un lectorat spécifique ?

Franck Ferric

Photo de Gabriel Souchard

Je ne pense pas qu’il cible un lectorat ou un autre. Ecrire un truc en me demandant s’il va plaire à tel ou tel type de lecteur, c’est pour le moment une démarche qui m’est totalement étrangère (si le contraire s’installait, je crois que ça me gonflerait assez vite et que je passerais à autre-chose). J’écris avant tout ce qu’il me plait, à moi, de raconter, sans trop me soucier de l’étiquette qu’on y mettra plus tard. Ceci dit, je pense que ce livre est parfaitement accessible. Rien de bien compliqué ni de trop trash dedans.

Si je devais présenter « La Loi du désert », je dirais que c’est l’histoire de deux frangins qui, chacun pour une raison différente, se retrouvent à devoir désobéir. Ce qui les obligera, par l’exil et la désertion, à subir les difficultés d’un monde post-apocalyptique en phase de ré-enchantement forcé. On y parle de route, de valeurs humaines, de libre-arbitre, de mémoire. Et un peu de flingues et d’alcool, aussi.

On connaît de nombreux sous-genres de la Science Fiction. Après lecture, La Loi du désert ne s’inscrit dans aucun d’entre eux, comment qualifierai-tu cette SF bien loin des boulons d’antan ? Pas le droit de la qualifier de Road Movie, ça on l’a déjà fait !

Ben c’est à dire que je ne vois pas vraiment d’autre qualificatif valable pour ce bouquin, eheh… Même si la SF, c’est loin d’être uniquement des boulons et des robots, « La Loi du désert » n’en est assurément pas. De l’anticipation, sans doute d’avantage, encore que la prospective ne soit pas l’argument central de l’histoire. Ce que j’avais envie de raconter, c’était surtout une road story. J’y ai ensuite mis ce que j’aime, sans trop réfléchir. Au final, ça donne quelque-chose d’assez hybride. Si j’étais tordu, je dirais qu’on pourrait le qualifier de (avec l’air de celui qui fait semblant de savoir de quoi il parle) : road-story de fantasy anticipative ? (mouais… Bof…)

Quand as-tu fini son écriture ? Combien de temps cela t’a t’il pris ? Es-tu content de ton œuvre ?

J’ai terminé l’écriture de ce livre il y a deux ans, et sa rédaction a traîné sur à peu près une année. Après, est-ce que j’en suis content… Sans désavouer quoi que ce soit, je n’en suis pas satisfait à 100%. Je sais qu’il y a des choses que je ne ferais pas de la même manière, mais ceci dit, sans pour autant avoir la moindre chance d’atteindre les 100% de satisfaction non plus. Un artisan est-il jamais vraiment content de son travail ? Tout au plus, il peut dire « j’ai fait de mon mieux pour aujourd’hui. Passons à autre-chose. »

Parlons un peu influences veux-tu, les Blafards nous ont fait penser aux Fremens d’un autre Frank que tu devrais connaître. Mais c’est sûrement parce que Dune fait partie de nos classiques. Quels sont les tiens ?

Il y en a une flopée. En premier, je dirais Bukowski (pour toute son œuvre. Mais ça n’est pas de la SF, ni de la fantasy, ni du fantastique). Ça, c’est mon Dieu-le-Père.

Après dans le désordre je dirais : Lovecraft, Howard, Silhol, Palahniuk, Hesse… Et niveau influence, il y a aussi beaucoup celle de la musique (le blues, Waits, Brassens, Brel, Ferré…)

Une de tes nouvelles vient d’être publiée dans Or et Sang des éditions du Petit Caveau. Encore une fois, on a beaucoup aimé ici. Quels sont tes autres projets ?

Deux romans en cours d’exhumation. Une variation sur le mythe de Sisyphe, et un truc se déroulant dans le monde de « La Loi du désert ». Mais j’ai encore du boulot : je n’en suis pour le moment qu’à rassembler ma matière. Sinon, j’ai quelques nouvelles qui devraient sortir ici-et-là, notamment aux éditions Argemmios dans une antho dédiée aux mythes amérindiens. Et un autre roman étiquetable « fantasy urbaine », prévu si tout va bien pour début 2011.

Nous trouvons que l’imaginaire « indépendant » est très peu représenté sur les étalages des libraires et très difficile à trouver. Que penses-tu du marché de l’imaginaire aujourd’hui en tant qu’écrivain ? Est-il ouvert aux petits éditeurs ou complètement imperméable ?

L’Imaginaire « indépendant » représente l’écrasante majorité de l’Imaginaire vendu en librairie en France. Pour ne pas les citer, des maisons comme Bragelonne/Milady (qu’on fustige beaucoup pour être l’espèce dominante d’un écosystème minuscule), même si elles squattent une bonne partie des têtes de gondole, sont des maisons indépendantes (c’est à dire n’appartenant pas aux grands groupes d’éditions français, type Lagardère et compagnie). Simplement, ces maisons ont, pour plein de raisons, mieux réussi que les autres, du moins au niveau commercial.

Franck FerricUne bonne partie du problème tient à mon sens d’avantage à ce que coûte un diffuseur ou un distributeur à une petite boîte. Du rôle du libraire qui, outre celui de faire découvrir des livres au public, est aussi de faire tourner sa boutique dans un contexte pas franchement folichon, et qui n’a pas forcément le temps et/ou l’envie et/ou la compétence de se rencarder sur la production de petites structures (qui n’ont quasiment aucun moyen de faire de la pub auprès de lui, ou des moyens hyper limités), et ce même si la qualité de leur production est indéniable (un coup d’œil sur les prix littéraires accordés tous les ans suffit la plupart du temps pour s’en rendre compte.)

Ceci dit,  il ne faut pas non plus jeter le marmot avec l’eau du bain : il existe un peu partout des libraires, spécialisés ou non, qui savent faire cet effort (entre autres, Soleil Vert dans le Gard, Critic à Rennes, Ciel Rouge à Dijon, certaines FNAC…) Et même si ça ne remplace évidemment pas tout, internet permet aussi de susciter un écho qui laisse les livres respirer un peu. Rien n’est facile, mais rien n’est foutu non plus (évidemment, là je parle en tant qu’auteur. Si j’étais éditeur, mon langage serait peut-être différent.)

En tant qu’écrivain, que penses-tu d’internet et de la multitude de blogs centrés autour de la lecture qui ont pu fleurir ces dernières années ? Tu en suis certains ?

Je trouve ça très bien ! Critiquer les bouquins, en parler en bien comme en mal, c’est aussi ça qui les fait vivre. Je n’en suis aucun de manière vraiment assidue, mais je traîne pas mal sur des sites comme ActuSF, Psychovision… Et puis étant animés par de vrais passionnés, ils permettent aussi de se tenir au courant des news.

Tu écris, mais es-tu aussi un lecteur ? Que lis tu en ce moment ?

Un assez gros lecteur, oui. En ce moment, je suis entre Le Déchronologue de Beauverger et les carnets de René Mouchotte.

Et en tant que lecteur, que penses-tu du marché de l’imaginaire cette fois ?

En tant que lecteur, je dirais qu’on est plutôt vernis. Avec internet, en étant un peu curieux, on peut trouver à peu près tout facilement, pour pas cher (sans parler de piratage, hein ?) L’offre est importante (d’aucuns diront qu’elle l’est trop), variée, de qualité.

Maintenant, vrai que tout reste très fragile et que la vente par internet ne remplace pas la vente en librairie. Les petites maisons ont du mal à tenir le coup malgré leur volonté et la qualité de leur travail (on pense à l’Oxymore, au Calepin Jaune, à Nuit d’avril, au Navire en pleine Ville…) et qu’on soit auteur ou lecteur : vulgairement parlant, ça fout les boules de voir que les maisons qu’on préfère finissent par couler… J’aimerais bien croire qu’il existe une solution pérenne à ça…

Bon, ça fait déjà 11 questions ! Nous te remercions beaucoup pour tes réponses. Un dernier mot pour les lecteurs d’if is Dead ?

D’abord, un gros MERCI pour les patrons de ce très chouette blog.

Et pour ses lecteurs : « Lisez des livres, bonnes fêtes de fin d’année, et à la vôtre ! »

Et voilà, c’est fini pour cette intervietw ! On remercie bien entendu Franck Ferric de nous avoir accorder de son temps pour répondre à nos quelques questions, et on lui souhaite de faire aussi bien pour ses prochains écrits ! Vous pouvez suivre son actualité sur son site, Black Flag, ou bien sur son myspace. A noter tout de même que vous pouvez trouver un extrait de La Loi du désert sur le site des éditions du Riez, en PDF, par ici.


Lorsqu’on fait partie d’une génération, il y a un certain nombre de choses que l’on est obligé d’avoir connu. Parfois, les générations se croisent et ont en commun un même produit. Pokémon fait partie des choses que toute ma génération connaît. Buffy contre les vampires, aussi. Sauf que voilà, je devais encore être le seul à ne jamais avoir vu un seul épisode de la série de Joss Whedon. Certes, je savais qu’elle tuait des vampires, après tout, c’était écrit dans le titre. Mais ça s’arrêtait là. Jusqu’au jour où Serafina, fane inconditionnelle de la tueuse, m’a forcé à regarder la première saison. Synopsis de cette première série télévisée de Bit-Lit, qui a déjà de nombreuses années, voulez vous ?

Buffy contre les vampires, Saison 1

Buffy Summers est une jeune lycéenne de 16 ans de la ville de Sunnydale aux Etats Unis. Certes, elle ne va pas au Lycée à proprement parler, mais au Collège, mais soit, c’est la même idée. Le jour, elle étudie l’histoire et la biologie avec ses amis Alex et Willow. La nuit, elle chasse le vampire et tue les démons, grâce à ses amis mais aussi à Rupert, l’observateur. Buffy est en effet une jeune fille tout à fait particulière, c’est l’élue, la Tueuse. Et sa mission sur Terre, hormis de s’amuser comme n’importe quelle autre jeune fille, c’est de tuer les vampires. Faut dire, Sunnydale c’est la « bouche des enfers », rien, que ça !

Grand méchant dans Buffy contre les vampires, Saison 1

Brrrr !!!

Bon, hein, c’est pas ma faute si le synopsis sent à plein nez le nanar. C’est tout simplement parce que Buffy contre les vampires sent le nanar à plein nez. Oui, je sais, c’était votre série préférée quand vous étiez au collège/lycée, et vous ne supportez pas qu’on en dise du mal. Vous la regardiez tous les samedis soir et c’était trop bien. Sauf que voilà, à l’époque vous étiez sans doute aveugle le temps passe et les goûts changent, et si vous la re-regardiez aujourd’hui, avec un esprit un peu plus critique, peut être que votre vision en serait quelque peu différente.

Depuis Buffy, les scénarios des séries se sont de plus en plus complexifiés, le côté épisodique des séries s’est peu à peu dissiper pour se transformer en vraies saisons. Exit le Monster Of The Week, on ne suit plus réellement épisode par épisode, mais saison par saison. La plupart du temps, une saison développe toute une intrigue, si ce n’est pas qu’une seule petite partie de l’intrigue globale. Du coup le côté Monster Of The Week répétitif de la série et le peu de nouveautés que l’on apprend à chaque épisode de Buffy rend les épisodes parfois un peu sans saveur, on les oublie bien vite et on pourrait presque les passer sans ne rien rater. Il n’y a aucune intrigue, du moins sur cette première saison, et on finira par s’y accommoder. On regarder un épisode pour voir Buffy résoudre une énigme, et puis c’est tout.

On garde bien entendu quelques monstres en mémoire, la plupart du temps pour leur ridicule cuisant et le sentiment de n’importe quoi que l’on a ressenti en regardant l’épisode. Je pense notamment au démon qui s’est faufilé sur Internet, réel monstre de nanar en puissance, directement sorti des Power Rangers.

Alors certes, il y a certains événements qui ont leur importance, et qui seront répercutés dans les épisodes suivant, mais ils sont très rares et assez futiles. Buffy devient amoureuse d’untel… et c’est à peu près tout. A contrario, il y a souvent des références à d’anciens épisodes, mais elles sont somme toute très minimes et uniquement là pour nous faire sourire. Du coup, on a presque l’impression de ne voir qu’une enfilée de filers, ou bien de regarder le Power Rangers des séries pour adultes.

Buffy contre les vampires, Saison 1

Les personnages de la saison 1, de gauche à droite, Rupert, Alex, Buffy, Cordelia et Willow

A cela, il faut rajouter des effets spéciaux aussi bien foutus que la série précitée, et des doublages français dignes des années 80 : vous obtenez donc une série nanaresque jusqu’au bout des ongles, où les monstres sont plus ridicules les uns que les autres, et les énigmes et enquêtes grosses comme des bulldozers.

Sauf que voilà, malgré ces défauts, cette première saison de Buffy contre les vampires a tout de même réussi à me séduire. L’univers est somme toute attachant et même si à aucun moment on a l’impression de se trouver aux « portes de l’enfer », on se prête au jeu des prédictions, des démons et des destinés. Aujourd’hui c’est la Saint Victorien ? Les vampires vont dévaster le monde ? C’est la 3ème fois depuis le début de la série qu’ils doivent le faire ?

Rupert et Buffy dans Buffy contre les vampires, Saison 1

Chaque événement, démon ou mystère a toujours une prophétie ou une connerie du genre dans les super vieux livres de Rupert, l'Observateur

Mais qu’importe ! Ça n’en reste pas moins fun à regarder, on se prend au fou rire en voyant un vampire essayer de tuer Buffy en sortant ses crocs en mousse, et ça nous suffit. Et c’est sûrement pas le scénario qui va nous apporter satisfaction, ni sa cohérence. Tous les trois quatre matins Rupert prévoit la fin du monde, la mort de Buffy, et un nouveau démon sur Internet…

La sorte d’humour que les trois amis pratiquent, c’est-à-dire un humour typiquement lycéen, est suffisamment nul pour être amusant, et les mauvais doublages en Français ne font que renforcer cette impression. Les personnages finissent par être attachants, et limite intéressants. Alors bien entendu on ne retrouve là que des stéréotypes en force : le martyr de la classe, la fille peu sûre d’elle qui se cache, la super bonasse, le beau gosse… Etc. Il y a même une geekette en puissance ! Mais ça nous suffit. On pourrait juste regretter que les épisodes n’aient quasiment aucun impact sur la psychologie des personnages…

Si la réalisation technique laisse de quoi désirer, il en est aussi du jeu pas mal des personnages secondaires de la série. Monster Of The Week oblige, on voit souvent apparaître des personnages plat le temps d’un petit épisode, et en général ces derniers jouent comme des pieds. Ceci dit, on ne pourra pas retirer à Sarah Michelle Gellar qui joue Buffy la qualité de son jeu, et encore moins à Alyson Hannigan dont le personnage, Willow, est tout bonnement excellent !

Bref, au final, si Buffy contre les vampires n’a rien d’une série exceptionnelle, elle se laisse largement regarder et il serait bête de passer à côté si vous ne l’avez toujours pas (re-)vue ! D’autant plus que son impact et son aspect précurseur pour tout ce qui est Bit-Lit en France est prédominant. A noter tout de même qu’Anita Blake est sans nul doute ce qui a le plus inspiré Joss Whedon pour sa création.


Frankia de Jean-Luc Marcastel

Serafina dans Critiques, Livres le 10 octobre 2009, avec 10 commentaires
Critiques

Il y a des choses immuables en ce bas monde. La charcuterie au petit dej’ pour des allemand en est une. La loi de la couverture en est décidément une autre.

Frankia est un livre superbe de Jean-Luc Marcastel, un écrivain français, cantalou. Frankia est une série composée de trois tomes, édités chez Mnénos. Il s’agit de Fantasy tintée d’histoire et, on le pensait, saupoudré de Steampunk. Enfin, en fait, on est en 1940, Frankia est occupée par les troupes du Méchant Von Drako. Ce dernier a asservi Europa et prône la haine des Elfes. Loiren est un jeune humain élevé par un Orc, dans la zone libre.  Malgré tout, ça s’écoule tranquillou pour lui jusqu’au jour ou il tombe amoureux d’une Elfe. Et on devine la suite. Ah oui, quand je disais superbe, je parlais bien entendu de la couverture.

Frankia de Jean Luc Marcastel

Le problème c’est que ce livre se révèle plus du roman historique écrit comme un roman de terroir accumulant les poncifs de la Fantasy. Donc évidement les elfes ont des noms comme Faenia Shalaria’lunia aeschélia, les orcs s’appellent Moruk Ork’a, les teutons Von Shleu, évidemment, les nains travaillent la terre, évidemment les orcs sont des guerriers. Il n’y a absolument aucune originalité dans le traitement des différents peuples. On voit donc l’elfe se languir de ses bois tout en parlant elfique et les teutons être méchants. Mais vraiment méchant hein. Genre j’étrangle des chatons au petit déj’. Ça ne rigole pas, attention ! On pourra aussi se demander pourquoi se donner la peine de changer la France en Frankia, l’Allemagne en Teutonia (non mais lol) si c’est pour garder Marseille en Marseille et Paris en Paris. Au cas où on n’aurait pas encore compris ? Ou par oubli pur et simple ? Aucune idée, mais niveau cohérence c’est zéro pointé.

Frankia de Jean Luc Marcastel

A noter cependant que Frankia est accompagné de plusieurs représentations des personnages de très bonne facture et dessinées par l'auteur lui même

Le pire c’est que ces changements de races ne changent absolument rien. Les elfes sont persécutés comme des juifs, les orcs sont clairement le peuple africain, les teutons ont gagné la guerre exactement suivant le même procédé que celui d’Hilter, bref, on se demande un peu pourquoi vouloir autant coller à l’Histoire alors qu’il y’a du matériel pour pouvoir diverger. En effet Frankia n’est pas une Uchronie. Contrairement au Maître de Haut-Château de K. Dick les eléments qui changent de la réalité n’altèrent en rien le cours de l’histoire. On se demande donc un peu pourquoi avoir changé les races, à part pour donner l’illusion d’originalité j’entends. Illusion vite éventée ceci dit, vu que les stéréotypes arrivent très très vite.

En effet, si il y a bien un sujet qui n’a pas besoin d’elfes, d’orcs et autres pour être épique, émouvant, rythmé, c’est bien la guerre. J’en viens même à me dire que la même histoire avec justes des hommes n’aurait pas eu bien plus de portée. Il n’y a généralement (et malheureusement d’un coté) pas besoin de broder beaucoup pour faire un livre sur la 2nde guerre mondiale et la France occupée. Il suffit de voir Les enfants de la liberté de Marc Levy. Dieu sait a quel point je considère le talent de Levy comme inexistant, mais il a réussi à faire un bon livre, émouvant et épique à souhait alors Marcastel aurait sans doute pu le faire. Mais non, il a fallu balancer des orcs et des elfes. Parce que c’est la mode ? Parce que de toute manière ceux qui lisent de la Fantasy sont réputés pour ne pas être trop regardant ? Je ne sais pas, mais il n’y a là aucune espèce d’inventivité.

Le 4ème de couverture dit que Tolkien est un des maîtres à penser de l’auteur, c’est pas peu dire. C’est sa source d’inspiration principale et l’auteur est absolument incapable de se détacher des pré-requis habituels de la Fantasy. Ce n’est pas parce que untel a écrit que les orcs étaient comme ci et les elfes comme cela qu’il faut le suivre aveuglément. Le talent c’est savoir se ré-approprier des concepts. Bon, il semblerait de toute manière que le talent soit étranger au vocabulaire de l’auteur. Arg, je suis méchante.

De même que la nuance. En effet, dans le genre, difficile de faire plus manichéen. Les héros ils sont bons et courageux. Évidemment ils ont quelques défauts, mais ces défauts ne servent qu’à les rendre encore plus attachant ou attendrissant car ils ne sont pas bien graves. Symptôme typique de la Mary Sue, ce principe s’applique à tous les gentils. Évidemment à coté les méchants sont méchants. On n’aura pas un teuton non nazi, ni un collabo qui attire la sympathie. Non les teutons sont méchants, c’est comme ça, et les collabos sont tous des gros salopard. Bonjour le parti pris. Ce coté très tranché, trop même, est moralement parlant, assez discutable.

En plus de cela, le style est extrêmement désagréable. Marcastel essaie d’opter pour un style qui n’est pas sans rappeler celui des conteurs d’antan. Nous avons donc quasiment exclusivement des tournures de phrases bourrées de virgule à la construction plus ou moins alambiquée. Ce genre de prose a tendance à m’agacer. Surtout quand contrairement à Lea Sihol par exemple, il n’est pas maîtrise le moins du monde. C’est toujours les mêmes squelettes de phrases, les mêmes constructions, c’est de la répétition à outrance.

Jean Luc Marcastel

Et si il n’y avait que cela comme répétition. Non, pendant le roman on nous décrit à peu près 15 fois chaque personnages avec des changements aussi importants que cheveux de jade, cheveux d’émeraude ou cheveux verts les moments où l’auteur devait être à court d’idées. Bien entendu, à force de nous bassiner avec les cheveux couleur forêt de la donzelle, on en est vite agacé. Il en use et abuse qu’il fini par s’embourber dans ses propres descriptions et finira par nous parler de ses cheveux blancs et de sa peau couleur émeraude. Ahem. Sans compter que les nombreuses descriptions n’apportent rien de plus que la toute première. L’auteur doit décidément nous prendre pour des lecteurs ayant une mémoire à court terme plus que défectueuse. Il doit aussi prendre les lecteurs de Fantasy pour des mecs en manque parce qu’il passe son temps à rappeler comment que l’elfe est bonne (en manière pseudo poétique, mais il ne trompe personne), comment que la robot c’est une grosse domina toute en acier. Comme si il cela allait sauver la pauvreté du roman.

Ça ne lui évitera pas le tag Bouse. Limite je créerais le tag grosse bouse.


Tout est sous contrôle de Hugh Laurie

Serafina dans Critiques, Livres le 25 juillet 2009, avec 4 commentaires
Critiques

Tout est sous contrôle a été écrit en 1997 par Hugh Laurie. Il n’était pas très connu à l’époque et en partie pour cette raison, le roman n’a pas été spécialement diffusé en français à l’époque. Mais voila, depuis Laurie a décroché le rôle du Dr House. Alors bien évidemment, on racle les fonds de tiroirs et on ressort notamment ce premier roman. Hop, une jolie couverture, une banderole Écrit pas l’interprète du Dr House, on fout ça sur tous les présentoirs, et on attend que la célébrité fasse grossir le porte monnaie de la maison d’édition. Vu comme ça, j’aurais du me douter de la suite. Mais non, j’ai lu des critiques relativement élogieuses, notamment chez Hu-Mu qui sont généralement assez proches de mes goûts.

Le roman du docteur House

Je vous le rassure, je ne l’ai pas acheté. Je ne suis quand même pas à ce point. Mais mon père est en partie responsable des achats de la bibliothèque de son village, alors j’ai tenté le coup. En plus mon père aime les polars, et c’est supposément ce qu’est le bouquin. Du coup, voilà comment je me suis retrouvée à le lire. Il s’agit en effet d’un thriller, même que c’est écrit aussi bon qu’un Ludlum. J’avais jamais lu de Ludlum à l’époque (depuis j’ai commencé Mémoire dans la Peau, mais on verra plus tard ça) mais il paraît que c’est bien. C’est donc l’histoire de Thomas Lang, un mec des services secrets britanniques, à qui on demande de tuer quelqu’un. Il est pas trop d’accord alors en plus il va essayer de sauver sa potentielle victime. Enfin, c’est ce qui est écrit dans le résumé.

Le truc c’est qu’on ne comprend pas trop quelle est l’histoire du bouquin. Le rythme est effréné certes, mais pas dans le bon sens. On passe du coq à l’âne, on saute même parfois des mois sans le savoir, voir des océans.  C’est un peu n’importe quoi, j’ai eu toutes les peines du monde pour suivre l’histoire que j’ai vite abandonné.  Thomas essaie de sauver un mec, puis infiltre un groupe terroriste, puis fait des braquages en passant par le tueur à gage. Je vous spoile rien, vu qu’il n’y a aucun lien logique entre les événements. Ou alors faut être sous acide pour le trouver. Le livre du coup est assez fatiguant. La narration est poussive et on est rapidement totalement largué. Parce que non content d’avoir un scénario alambiqué, le narrateur fait fréquemment des digressions de plusieurs pages sans rapport aucun.

Tout est sous contrôle de Hugh Laurie

Bon, en soit, c’est un gros handicap pour le bouquin. Mais comme toujours, l’autre élément à prendre en compte c’est bien le style. Laurie a toujours été pourvu d’un humour très british. J’attendais donc de rire ou au moins sourire durant ma lecture. Eh bien non. L’humour est lourd. Lire des phrases comme elle me regarde avec des yeux, enfin les siens, elle ne les avaient pas trouvé dans un tiroir, une fois ça passe, mais au delà ça agace. Ne venez pas me dire que c’est ça l’humour anglais, ou alors allez vous faire une cure de Pratchett et vous sentirez la différence.

En somme, scénarion mitueux, humour lourd, narration brouillone, un combo ultime. Pas étonnant qu’il ai fallu plus de 10 ans pour que ce bouquin traverse la manche. Je vous le déconseille fortement. Allez encore un tag bouse !