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Le Roi Sombre de Oren Miller

Serafina dans Critiques, Livres le 10 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Le Roi Sombre de Oren Miller est une des dernières parutions des Editions de l’Homme Sans Nom  chez qui j’avais découvert l’excellent Rose Morte. Du coup, lorsque je l’ai reçu je l’ai quasiment directement entamé, il faut dire que la jolie couverture d’Emile Denis  n’était pas innocente dans l’affaire. Synopsis ?

Le Roi Sombre de Oren Miller

Ed est un étudiant plutôt brillant, dédié à une belle carrière dans les hautes sphères de l’administration. Seulement, il se retrouve accusé d’implication dans une affaire terroriste et fini condamné à la prison à vie à Ikaros Filaki, la prison la plus dure aux confins de la galaxie. Il reste à espérer qu’il meure vite… Sauf qu’il ne meurt pas, et est bien décidé à se venger.

Avec un synopsis pareil, je parie que vous n’êtes pas capable de savoir si on est dans une fiction réaliste de nos jours ou pas, bien que la couverture vous ferait peut être penser à de la Fantasy. C’est le seul point qui m’a dérangé du roman, pendant les premières dizaines de pages, je ne savais pas du tout dans quel espace-temps se situait l’histoire. Bon, lorsque j’ai vu que la prison de notre héros nécessitait l’utilisation d’un vaisseau spatial, j’ai compris qu’on était dans de la SF, contrairement à ce que je pensais lire. Ça tombe bien, ça faisait un moment que j’avais pas lu de SF.

Oren Miller

Oren Miller

L’univers mis en place par l’auteure est plutôt classique, on retrouve nos marques si on lit des livres du genre : des planètes, des stations spatiales qui sont devenues des cités dans l’espace, avec leurs politiciens corrompus, leurs strates sociétales, bref, de la SF comme on aime quoi. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’aimer le genre pour retomber sur nos pattes avec ce roman. C’est étonnant car je suis une vraie brune pourtant, mais je n’ai compris qu’à la page 50 que comme pour Insatiable, lu juste avant, et pour lequel j’avais aussi tilté très tard, nous étions là dans la réécriture d’un monument de la littérature.

Reprenons. Ed est accusé à tort, est envoyé dans une prison au large des terres civilisées, une prison qu’on abrège souvent en IF. Oh bah voyons, et si nous parlions d’un Château d’If et d’un Edmond Dantès ? Eh oui, c’est bien le Comte de Monte-Cristo qu’on lit en filigrane. Honte sur moi, je n’ai jamais lu l’original, mais je connais l’histoire pour avoir regardé Gankutsuou qui est un anime de SF-mécha basé sur la même histoire.

Mais Oren Miller ne fait pas que de l’hommage et son histoire a sa propre personnalité, ses propres personnages absolument tous trop classes. Je sais que c’est Jatalan le contrebandier de l’espace qui a les faveurs des critiques, mais moi je suis une fane de Ed (ou Hisham comme il se fait appeler par la suite) qui est juste absolument trop classe avec sa sagesse à toute épreuve et ses catch phrases profondes et qui transpirent le charisme par tous les pores. Hisham est tellement classe que j’ai décidé d’aller me commander une jolie édition du bouquin de Dumas pour vérifier si le vrai Edmond est aussi bishi ou pas.

Le Roi Sombre de Oren MillerBien qu’inspiré du roman de Dumas, l’intrigue est tout de même très personnelle et plutôt actuelle. En effet, il me semble avoir lu que l’auteure a fait des études de droit ce qui se ressent dans la première partie du roman et dans les passages de garde à vue. De plus, les intrigues tournent beaucoup autour du coté financier des cités-état ce qui est totalement dans l’air du temps. Notre Comte utilise en effet des montages financiers pour arriver à ses fins. Il est en prime entouré d’une sorte de hackeuse que j’ai beaucoup aimée.

Bref, vous l’aurez compris, Le Roi Sombre de Oren Miller est un réel coup de coeur, ce n’est pas qu’une réecriture c’est une aventure très bien écrite et bien adaptée avec sa propre personnalité. Comme c’est un one-shot, je ne peux que vous le recommander. Il a tout ce qu’il faut : rebondissements, panel vaste de personnages à fortes personnalités, un style agréable et un rythme à la fois haletant et posé. Décidément les éditions de L’Homme sans Nom font du sans faute avec moi en ce moment.


Kurt Cobain: Montage of Heck de Brett Morgen

Serafina dans Critiques, Films le 6 mai 2015, avec 2 commentaires
Critiques

En ce 4 Mai un certain nombre de cinémas proposaient une projection unique de Kurt Cobain : Montage of Heck de Brett Morgen, un documentaire intimiste sur Kurt Cobain, et diffusé le soir même aux États-Unis sur HBO. Je vous ai chroniqué les journaux du chanteur de Nirvana, je vous ai chroniqué la biographie Heavier than Heaven, vous comprendrez donc que moi j’aime beaucoup Nirvana et que Kurt fait partie de ces icônes qui me fascinent. En bien, comme en mal, puisque depuis que j’ai lu ces deux romans je sais que ce n’était pas toujours joli dans sa tête.

Cobain Montage of Heck de Brett Morgen

Toujours est-il que je devais aller voir ce documentaire au cinéma. D’une durée de 2h20, Brett Morgen y traite du Kurt « intime », pas la rockstar mais le mec derrière, avec une progression chronologique. Pour la réalisation de ce film, il a eu accès à tous les carnets du musicien – qui écrivait et dessinait énormément – ainsi qu’aux archives familiales. C’est du coup un documentaire « autorisé », et sa fille Frances Cobain en étant la productrice exécutive.  En voyant ça, j’avais un peu peur de voir un documentaire tourné de manière très subjective, mais pourtant, ce n’est pas tant le cas. Il n’encense pas ni ne bashe gratuitement. On a un documentaire assez équilibré qui ne m’a pas semblé être de la propagande. Ayant déjà pas mal lu sur le sujet, je n’ai pas découvert grand chose et forcément un documentaire filmé sera toujours moins complet qu’un bouquin de 500 pages comme Heavier than Heaven.

J’ai vu un certain nombre de documentaires sur Kurt Cobain, mais ici, on est face à un documentaire vraiment unique. Le plus gros de la matière n’est pas dans les interviews pour le coup, seules 5 personnes sont interviewées de toute manière, mais bien dans le matériel. Ce sont les productions de l’artiste qui sont au centre de ce documentaire. Les journaux sont animés, les dessins aussi et des pans entiers racontés sur les journaux sont retranscrits en dessin animé. C’est du coup un documentaire passionnant pour le contenu mais aussi et surtout pour la manière de les présenter. Difficile à vous le décrire mais pour le coup je ne peux que vous conseiller de le regarder. Évidemment, c’est à double tranchant car en prenant comme cela les journaux en pleine face, certains passages sont plus glauques que juste imprimés dans un bouquin. Car oui, c’est un documentaire qui n’est pas tout rose et pas parce qu’il meurt à la fin, puisque le choix est fait de ne pas traiter son suicide, le documentaire s’arrêtant au Unplugged de MTV quelques semaines avant.

Kurt Cobain: Montage of Heck de Brett Morgen

Non, c’est sombre car on entre dans la tête torturée d’un mec qui n’était clairement pas bien et qui est allé dans une spirale infernale. Certains des passages les plus sombres -à savoir quand il était au sommet de la gloire- sont assez dérangeants à regarder… Difficile aussi de pas avoir un pincement au cœur quand on voit le jeune homme totalement stone jouant avec sa fille mais sans avoir l’air d’être là. Un certain nombre de films privés ont été fournis au réalisateur par Courtney Love, on y découvre donc une Courney loin de la harpie qui a pu être décrite.

Cependant, c’est assez paradoxal, d’entrer à ce point dans la vie du rocker, lui qui ne voulait surtout pas être exposé médiatiquement. Nous sommes sur le même genre de sentiment qui m’avait un peu gêné en lisait la collection de ses journaux… Faire un documentaire sur une icône culturelle permet-il à ce point de rentrer dans sa vie privée ? Est-ce vraiment bien d’exposer ces journaux à un si grand public ? Chacun fera sa propre opinion sur ce point. Mais il n’empêche que c’est vraiment un documentaire d’une qualité rare, qui mélange animation, archives, interviews et que je ne peux que vous le recommander.

Kurt Cobain: Montage of Heck de Brett Morgen

Évidemment si vous avez maté le documentaire et que maintenant vous voulez en savoir plus, je vous recommande Heaver Than Heaven de Neil Gross, traduit en français aux éditions Camion Blanc.


Serious Sam : The Random Encounter de Vlambeer

Sérieux masochisme

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 5 mai 2015, avec aucun commentaire
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Serious Sam : The Random Encounter est né du désir de Croteam d’étendre l’univers de sa série Serious Sam. Avant la sortie du 3éme épisode, le studio a lancé un concours auprès des indépendants pour créer un jeu autour du barré Sam le sérieux et c’est du cerveau malade des petits gars de Vlambeer qu’est apparu cet opus parfaitement dans le ton. Tout juste composé de deux personnes, le petit studio hollandais sort le titre en 2011 sur PC.

Serious Sam : The Random Encounter de Vlambeer

Une fois de plus, vous voici aux trousses du grand méchant Mental mais cette fois, point de FPS au menu mais un RPG au système de combat plutôt atypique. Le but va être de traverser les différents tableaux du jeu en pourfendant les ennemis et on résolvant des “énigmes” ardues comme “Appuyer sur un bouton” ou “Buter un certain nombre d’ennemis pour que la porte s’ouvre”. Le fun est apporté par des dialogues entre les protagonistes absolument idiots et chargés de testostérone à la Sam le sérieux. Et Sam ne parle pas dans le vide vu qu’il est accompagné de deux autres macho men. Par contre le tout est en anglais.

Serious Sam : The Random Encounter de VlambeerLes combats ont une part extrêmement importante dans le jeu et sont assez atypiques par rapport à ce qui se fait ailleurs. Les affrontements sont aléatoires sur la map et les transitions ne ferait pas rougir un Final Fantasy. Nos trois héros courent vers la droite de l’écran et sont poursuivis par une horde d’ennemis. Trois commandes sont disponibles : Fight pour attaquer, Swap pour changer d’armes et enfin Items pour utiliser des objets. Il n’y a pas de compétences ou autres leveling, tout repose sur les armes. Chacune d’entre elles a une aire d’effet que le joueur place sur le terrain. Par exemple, le minigun tire le long d’une ligne et c’est au joueur d’orienter cette ligne. Les ennemis courent vers vous et lorsqu’il vous rejoignent vous perdez de la vie, ce qui fait que si vous vous loupez dans vos tirs vous pouvez perdre très vite.

Ce jeu est d’une difficulté démente au point que j’ai presque eu envie de m’arracher les cheveux par moment, les vagues inexorables d’ennemis peuvent finir de vous enlever la foi quand vous recommencez pour la trouzième fois la même salle. Le jeu n’est pas exempt de défauts et certains éléments de gameplay sont archaïques comme le fait de ne pas pouvoir utiliser d’objets hors combat. Pour la partie technique, les graphismes 2D sont propres sans être flamboyants et la musique est dans la plus pure lignée de ce qu’on entendait à l’ère 16-bits.

Serious Sam : The Random Encounter de Vlambeer

Serious Sam : The Random Encounter est donc un bon petit jeu mais sa difficulté le réserve à une certaine élite masochiste, dont je ne fais pas partie vu que je suis resté bloqué au 4ème tableau. Après, le prix ridicule de 4€ permet de s’essayer à ce défouloir sans grande conséquence.


Darkness in Stereo de Forgotten Tomb

Eine Symphonie des Todes

illman dans Critiques, Musique le 1 mai 2015, avec aucun commentaire
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Darkness in Stereo de Forgotten Tomb est un DVD live du groupe sorti en 2014 chez Agonia Records et regroupant trois concerts allemands de leur tournée de 2012, leur dernier faisant echo à la sortie de l’album … And Don’t Deliver Us From Evil. Les musiciens de la formation italienne pondent ici leur premier sacrifice vidéo où ils vont nous abreuver de leur Black Metal de gothique dépressif.

Darkness in Stereo de Forgotten Tomb

Je vais commencer par parler packaging parce que ça m’a un peu fait tiquer à l’ouverture. Tout d’abord, c’est un digibook, jusque là rien de bien extraordinaire, sauf si dans l’idée on voulait mettre un booklet et qu’on a pas pensé à tout. Car figurez vous que le booklet est collé par sa dernière page à l’intérieur du digibook et que dans mon cas il a été collé n’importe comment, c’est tellement gondolé qu’on se croirait à Venise.

Revenons en aux concerts, le premier s’est déroulé au Kings of Black Metal et possède la setlist la plus fournie, normal car c’est le concert principal du DVD. Il laisse une belle part du set, une bonne moitié, à l’album Under Saturn Retrograde qui contient le poutrissime Reject Existence qui ouvre le concert. La prestation est solide même si un gros blanc un peu gênant se profile avant Spectres over Venise, le public n’étant pas spécialement enthousiaste. Le concert se finira par un medley de Disheartnment/Alone/Steal my Corpse.

Darkness in Stereo de Forgotten Tomb

L’éclairage scénique est assez travaillé, renforçant l’atmosphère sombre des italiens. Au niveau montage et prise de vue, c’est le plus aboutis des 3 concerts. L’image est plutôt bonne pour un DVD de petit groupe. L’audio n’est pas en reste au vu de l’édition très lourde qu’a l’air d’avoir subi la bande, il est assez difficile de se dire qu’on est bien en train d’écouter un live par moment tellement le son est clean, c’est un peu dommage.

Pour les deux autres concerts qui sont sous la catégorie bonus du DVD, le constat est ben différent de ce coté là. Le son est bien plus raw et on entend bien mieux le public surtout pour celui au festival Under the Black Sun, celui-ci étant bien peu nombreux au K17, un club de Berlin. Pourtant c’est à ce dernier que l’on peut enfin goûter au titre éponyme de … And Don’t Deliver Us From Evil. L’indéboulonnable Reject existence est toujours du programme, c’est sur le dernier concert qu’on trouvera du changement de setlist, avec l’ajout de 3 pistes de leur tout fraîchement sorti nouvel album de l’époque.  On sent tout de suite que le shoot est un peu moins pro, déjà parce que les éclairages sont moins adaptés, c’est un véritable bain de soleil sur le second concert. Heureusement, l’image est encore une fois d’assez bonne qualité.

Forgotten Tomb

Au final, avec Darkness in Stereo de Forgotten Tomb vous aurez droit à pas loin de 3h de concert. Pour 14€ vous avez accès à un DVD qui plaira forcément aux fans du groupe, en tout cas, il m’a plu à moi.


Live at the Opera de Satyricon

dabYo dans Critiques, Musique le 28 avril 2015, avec aucun commentaire
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Le premier mai, c’est le jour du muguet, mais c’est aussi le jour officiel de la sortie de Live at the Opera de Satyricon chez Napalm Records. Il s’agit de la sortie sur disque de l’enregistrement d’un concert que le groupe a donné en novembre 2014 avec le chœur national d’opéra de Norvège, dans le cadre d’un festival de musique contemporaine. Chez nous ça paraitrait ouf, mais en Norvège c’est plutôt de l’ordre du normal. Vous prenez un groupe de Black Metal que j’aime de base, et vous me promettez d’y rajouter des chœurs, évidemment je me jette sur l’opus.

Live at the Opera de Satyricon

Il s’agit d’un concert live, c’est donc sur CD et sur DVD que leur performance a été réarrangée. Satyricon a joué pour cette occasion un set de 14 titres, qui reprend la plupart des morceaux les plus populaires de leur discographie et auxquels des chœurs vont venir s’ajouter, ça et là. Car en effet, contrairement à ce qu’on a par exemple pu connaître avec la collaboration de Therion ou d’Epica avec l’orchestre de Miskolc, il ne s’agit pas ici d’arrangements orchestral. La musique n’accueille pas de nouveaux instruments, mais est agrémentée de chœurs qui viennent souvent se placer à des moments clefs.

Live at the Opera de SatyriconOn pourrait naïvement penser que cela ne change pas grand chose, et pourtant, c’est tout le contraire. La musique de Satyricon est globalement assez variée, elle est passé d’un Black Metal pur et dur à parfois du Black’n’Roll très rythmique, d’autres fois à de l’atmosphérique au désespoir vraiment palpable. On voit tout de suite ce que pourrait donner des chœurs sur cette deuxième catégorie, un peu moins sur la première. Et pourtant, les chœurs féminins et parfois masculins sur les morceaux de Black’n’Roll en font des épopées lyriques d’un très bon niveau. On ne pourra que fondre devant l’arrangement de Now, Diabolical ou encore K.I.N.G.

La musique de Satyricon est épique, et ce coté ne peut être que renforcé par les chœurs. Ce ne sont pas des chœurs grégoriens à la Epica, on est sur pas mal de points plus proches d’un Therion à ce niveau. Les ajouts vocaux sont souvent très présents, mais sans faire trop pour autant, et donnent aux morceaux de Satyricon une nouvelle touche grandiloquente. C’est dans un style vraiment génial, qui parfois transforme les compositions en une bande son de tragédie grecque façon Black Metal.

Côté bande son c’est donc du tout bon, mais j’ai quelques réserves sur la partie vidéo. En effet, l’image est tout de même très sombre, les lumières sont assez mal exploitées et du coup, ce n’est pas toujours super intéressant à regarder. On a souvent des passages très noirs où l’on ne distingue pas grand chose. Bon, ça reste tout de même très acceptable et ça permet de rentrer clairement plus dans l’ambiance, bien que les musiciens soient relativement statiques.

Live at the Opera de Satyricon

Live at the Opera de Satyricon nous a donc plus que conquis et aura une place toute particulière dans la discographie du groupe. Des morceaux comme Now, Diabolical sonnent moins fort, moins dense, quand on les réécoute dans leur version originale, comme s’il manquait quelque chose. Prévu pour le 1er mai prochain, le pack comprend le live sur DVD avec un double CD pour près de 20€ suivant les éditions, ce qui est plutôt raisonnable. On a déjà préco, évidemment ! On rappelle que le groupe fait partie de l’affiche du Hellfest 2015.


Insatiable de Meg Cabot

Serafina dans Critiques, Livres le 24 avril 2015, avec aucun commentaire
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Insatiable de Meg Cabot aux éditions le Livre de Poche avait tout pour que je ne l’ouvre jamais. Un titre qui évoquait plus Harlequin qu’autre chose, une nana parfaite en robe de soirée en couverture, et un pieu. J’adore les vampires hein, mais le combo vampire, Harlequin et décolleté, j’en ai lu jusqu’à l’overdose. Et pourtant j’aurais bien eu tort de le louper, synopsis ?

Insatiable de Meg Cabot

Meena Harper a un job qui fait rêver, elle écrit des scénarios pour une série très populaire : Insatiable. Une sorte de Feux de l’Amour. Elle vit à New York et son frérot Jon crèche chez elle. Sa voisins, Mary Lou essaie de la maquer avec un cousin de son mari. Sauf que celui-ci n’est pas si mal que cela…

Je devais être particulièrement fatiguée lorsque j’ai commencé ce bouquin, car je n’ai tilté sur le nom et prénom de l’héroine qu’une fois rendue à la page 300. Pourtant, c’est gros comme le nez au milieu de la figure ! En prime, chaque chapitre commence daté et situé comme une lettre. Sérieux, je me taperais de pas avoir tilté plus tôt ! Du coup, toute l’histoire est une vague parodie du roman de Bram Stoker. Jon est le frère de Meena et est au chomage, la Garde Palpatine n’est évidemment pas sans rappeler l’organisation de Van Hellsing ! Evidemment, ses références ne vous feront sourire que si comme moi vous connaissez Dracula par coeur. J’ai lu pas mal de chroniques négatives sur Insatiable qui n’avaient pas du tout fait le lien. Il faut dire qu’il n’est pas indiqué dans le résumé.

Mais bon, au delà de ce clin d’œil, le livre est à mille lieux des histoires de Bit-Lit moisies que j’ai pu lire et c’est rafraichissant. Déjà, on est à New York, pas en Louisiane, Mina est une nana active et qui n’a -presque- aucun super pouvoir. Elle a un travail qui la ferait plutôt figurer dans Gossip Girl qu’un bouquin de vampires. C’est d’ailleurs hilarant de la voir réfléchir à ce qui pourrait être le prochain scénario de Plus Belle La Vie, avec tout ce que cela veut dire d’illogismes. Bien sur, elle râle quand ses chefs veulent lui faire intégrer des vampires dans le scénario.

Insatiable de Meg CabotLe style est enlevé et la traduction est à la hauteur, c’est bourré de références à la pop-culture, cela se lit comme du petit lait. La plume est légère, malgré quelques traductions que je n’ai pas trop comprises. Pourquoi écrire « Omondieu » et pas « Ohmondieu » par exemple… Seul autre bémol, certains personnages n’ont pas réellement de personnalité, je pense notamment à Lucien ou Alaric qui ne m’ont pas forcément convaincue en temps que personnages. Cependant, c’est bien géré, le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas du tout tout au long des 620 pages que compte ce premier tome. L’histoire est somme toute crédible, pas de Deus ex Machina ni de personnages qui acceptent trop vite l’inacceptable.

Bref, vous l’aurez compris, Insatiable de Meg Cabot est un très bon divertissement. C’est sûr, c’est pas la saga qui vous fera réfléchir sur la terre et l’univers mais c’est un bon moment, avec des personnages attachants, un rythme qui ne faiblit pas et ce qu’il faut de références. Si vous en avez marre des resucées d’Anita, c’est le moment de passer à Insatiable !


Tower of Guns de Terrible Posture Games

Tu l'as vu mon gros flingue

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 22 avril 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Tower of Guns est un jeu indé de Terrible Posture Games. Deux frères sont à l’origine du studio et du jeu. Le jeu est décrit comme un The Binding of Isaac mixé avec Doom 2. C’est donc un FPS mixé à du rogue-like. Vous imaginez qu’avec des prémisses pareils le scénario tient sur un timbre poste.

Tower of Guns de Terrible Posture Games

Vous êtes une petite fille qui cherche son père, enfin je crois, avec un twist scénaristique à l’avant dernier étage amené par l’oncle de la fillette. C’est juste n’importe quoi et la première fois cela m’a beaucoup fait marrer. Vous êtes donc lâché en bas d’une tour et devait grimper les étages, et qui dit rogue-like dit niveaux générés aléatoirement. Chaque étage est composé de plusieurs salles et termine par une salle de boss.

Au niveau de l’armement, on a accès qu’à une seule arme au début du jeu mais on en débloque une bonne vingtaine en réalisant des défis. A noter que vous ne choisissez qu’une seule arme pour parcourir la tour. Les armes font partie du reproche principal que je fais à ce jeu, on a l’impression de tirer avec des flingues à bouchons: aucune sensation de tir ne pointe à l’horizon pour la majorité des armes. Pas de sensation de recul non plus, les ennemis semblent à peine encaisser les impacts en dehors de leur clignotement. C’est dommage car elle sont variées allant d’une sorte de canon flak à un lanceur de scie pour les exemples.

Tower of Guns de Terrible Posture Games

Vous avez aussi le choix d’un perk en début de partie, comme avoir le triple saut dès le début, diminuer les dégâts de chute et bien d’autres encore, déblocables eux aussi par le biais de défis, qui a quelques exceptions près n’implique pas du farming décérébrant mais un peu de chance quand même.

Des pièces sont disséminées dans les niveaux pour vous permettre d’acheter des améliorations aléatoires dans les très rares boutiques qu’on peut trouver sur notre route ou bien cachées. Il m’est arrivé au gré des achats et des bonus ramassés sur les boss de me retrouver avec un sixième saut, ce qui se révèle assez pratique. On peut aussi augmenter l’armure, la vitesse et d’autres caractéristiques. Les armes ont des niveaux qui augmentent en ramassant des orbes bleues mais elle baisse aussi au fil des dégâts encaissés.

Tower of Guns de Terrible Posture Games

Au final Tower of Guns est doté d’un gameplay rapide et punitif avec un vrai challenge, personnellement je n’ai pas encore réussi à battre le boss de la tour. Ce FPS saura vous occuper dans des parties endiablées.


C’est Lundi, que lisez vous ? #165

dabYo dans Actualités, Livres le 20 avril 2015, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

black mambo editions du chat noirAprès avoir fini Kushiel de Jacqueline Carey que j’ai pu quelque peu défoncer dans une chronique, je me suis lancé dans un recueil de nouvelles: Black Mambo des éditions du Chat Noir. Ces mêmes éditions qui ont sorti récemment Montres Enchantées une authologie Steampunk qui m’avait beaucoup plu.

Je lis donc la première nouvelle, il y en a trois ici, de Vanessa Terral. Celle ci se déroule au Maghreb où une jeune fille semble être possédée par un Djinn. Nous allons la suivre et je dois dire que le côté possession est vraiment bien foutu, malsain au possible, et pour le moment j’apprécie vraiment.

Serafina

J’ai terminé Insatiable de Meg Cabot qui reste vraiment pas mal jusqu’au bout. Une bonne découverte et j’avais des aprioris négatifs qui n’étaient pas justifiés.

J’ai ensuite commencé Les Yeux Amethystes de Enamorte, un roman graphique aux éditions du Chat Noir. Pour le moment, le début commence un poil too much, donc j’attends de voir pour me prononcer.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


A force de faire du lobbying pour la série Kushiel de Jacqueline Carey, Serafina a fini par me convaincre de commencer son premier tome dont vous pouvez lire la chronique ici. La Marque est donc le début de cette série de Fantasy aux couvertures faisant la part belle aux courtisanes et laissant songer aux intrigues de cour. Publié tout d’abord en grand format relié chez Bragelonne, il est depuis plusieurs mois disponible en poche aux éditions Milady, synopsis ?

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

Phèdre est l’élève de Delauney depuis que ce dernier l’a racheté à la cour des nuits pour une bouchée de pain. Car c’est bien là la seule personne qui ait eu les connaissances suffisantes pour s’apercevoir que la tache dans l’œil de Phèdre n’est pas une déformation mais un don de dieu, qui fait d’elle une descendante directe de Kushiel, une véritable anguissette. Évidemment, à 10 ans, Phèdre ne sait pas encore ce que veut dire être une anquissette.

Par où commencer la critique de ce pavé de neuf cents pages ? C’est bien difficile, tant le livre est découpé en longues phases dont l’intrigue se distingue. Il faut sans doute en premier revenir sur le personnage de Phèdre, car il est finalement assez rare de voir un livre dont le héros est une esclave, une esclave du sexe qui plus est. Phèdre nous raconte ici son histoire à la première personne des années plus tard après, notamment comment elle en est venue à devenir une esclave de la maison des plaisirs, véritable institution de la Terre d’Ange. Bon, on va vite s’apercevoir que cette condition est loin d’être son statut final puisque l’auteur nous rappellera que son maître Delauney lui offrira la possibilité de choisir. Mais nous sommes tout de même fasse à une héroïne qui se prostitue et qui a été élevée dans ce but, ce qui est rare et n’est pas sans faire penser aux geishas.

La Marque s’avère en effet être de ce côté là une sorte de melting pot entre Fantasy à l’occidentale habituelle, intrigues de cour et enfin, la tradition asiatique des geishas qui sont des femmes cultivées qui peuvent de temps à autre pratiquer la prostitution. Ce mélange est assez troublant je dois l’avouer, notamment parce que j’ai trouvé que le fait d’avoir une héroïne prostituée n’apportait finalement pas grand chose à l’intrigue générale du roman. On pourrait à la base penser qu’il s’agit pour Jacqueline Carey d’une façon de faire passer un message ou une revendication, et pourtant je n’ai vraiment pas eu l’impression que c’était le cas. Du coup, je reste totalement perplexe sur ce sujet sur lequel l’auteur insiste à de très nombreuses reprises et reste d’une « candeur » désarmante, comme si le sujet était banal… J’ai eu l’impression que l’auteur ne faisant pas de différence entre prostitution et amour libre, et c’était vraiment très dérangeant là dessus. La prostitution chez les bisounours, en somme.

La Marque, Kushiel Tome 1, de Jacqueline Carey

A côté de ça, l’ensemble du roman est de la Fantasy complètement standardisée et stéréotypée. Celle où l’on se trouve en Europe mais dont les noms des pays, des peuples, et des villes ont été légèrement modifiés pour donner l’impression d’en avoir créé un nouveau monde. Franchement, je suis perplexe pour la simple raison qu’on s’y perd tant il y a de termes propres à la série. Je ne suis vraiment pas certain que mettre autant de noms qui ne disent rien ait fait gagner en immersion. D’autant que certains sont à peine évoqués, ou se ressemblent tellement qu’ils laissent le lecteur dans un flou pas franchement artistique.

Et pourtant, avec 900 pages et toutes les explications que l’auteur nous a servi, on aurait pu s’attendre à maitriser un peu plus cet univers. La mythologie qui règne sur les terres d’Elua, pays dans lequel se déroule notre histoire, est quant à elle très bien expliquée, mais presque trop. On aura souvent les mêmes explications dans une tentative d’y faire une certaine morale. Là dessus, ça ressemble un peu aux vikings qui sont persuadés que leur destin est déjà écrit. On peut cependant saluer le fait que les Terres d’Ange prennent vraiment vie, qu’on est fasse à une civilisation qui semble bien tenir et qui est reconnaissable. L’immersion reste donc bonne de ce côté là.

Le roman peut être divisé en plusieurs grandes parties, dont la première est peut être la moins intéressante, mais qui finalement passe mieux que d’autres car il y a encore la découverte de l’univers. La plus intéressante, sans aucun doute celle qui m’a donné envie de finir le roman, dure deux bonnes centaines de pages et est vraiment passionnante. Rien que pour celle ci, je ne regrette pas de m’être lancé dans La Marque. Le problème c’est qu’après avoir mis la barre très haute et avoir proposé une histoire peu linéaire, le roman s’enfonce dans près de cinq cents pages d’une banalité mortelle.

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyExit l’aspect intéressant, on dit tous bonjour à Phèdre la Marysue des Terres d’Ange. C’en est tellement cliché, tellement marysuesque que c’est dégoutant et désespérant. Dans ces cinq cents pages, Jacqueline Carey n’évite aucun des clichés et stéréotypes que l’on peut connaître aux épopées de Fantasy. On s’ennuie ferme, on roule des yeux, on se dit que non ce n’est pas possible… Quel dommage ! On atteint des sommets dans le cliché avec une fin mortellement plate et ennuyeuse.

Au final La Marque de Jacqueline Carey m’a vraiment laissé perplexe. Il y a eu un très bon moment certes, mais cela me parait être plutôt l’exception que la norme. Avec ce premier tome de Kushiel, j’ai eu l’impression de renouer avec les pires moments de la Fantasy, et c’est d’autant plus dommage qu’en dehors de cela le roman est très bien écrit. Serafina s’étant laissée tenter par le deuxième tome L’Elue qu’elle a beaucoup aimé, j’hésite tout de même à continuer malgré ce premier tome en demi teinte…


Happy New Year de Farah Khan

Serafina dans Critiques, Films le 17 avril 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Nous inaugurons aujourd’hui la rubrique de chroniques de films Bollywood. ifisDead a toujours été multi-thématique, mais je ne suis pas sure que vous vous attendiez à celle là. Pourtant, oubliez tous vos aprioris, car Happy New Year de Farah Khan est un vrai coup de cœur. Synopsis ?

Happy New Year de Farah Khan

Charlie souhaite venger son père injustement accusé de vol dans un coffre fort qu’il avait lui même construit. Et pour cela, quoi de mieux que de voler Charan Grover, celui qui à causé la chute paternelle et changé sa vie à jamais, en dérobant les diamants bruts que son père avait soit disant volé des années plus tôt. Afin de casser la salle des coffres, Charlie monte une équipe très spéciale qui a pour but de s’infiltrer dans un concours international de danse à Dubaï.

Happy New Year de Farah KhanVous dites que vous ne voyez pas de rapport ? Ce n’est pas grave, ici c’est Bollywood ! La démesure est la règle, les coïncidences n’en sont jamais vraiment, et même si c’est cousu de fil blanc, c’est pas le plus important. On ne regarde pas ce film pour la subtilité. On regarde ce film pour le reste. A la base, mon seul argument pour nous faire regarder ce film était le morceau Manwha Laage dont j’avais appris la chorégraphie lors d’un stage de danse. Je n’en avais jamais entendu parler avant.

En réalité, le film a été un sacré succès en Inde, il a une distribution plutôt pas mal et Farah Khan en directrice/chorégraphe déjà reconnue pour d’autres films. Évidemment, c’est Shahrukh Khan la superstar du cinéma indien que l’on retrouve pour incarner Charlie. Le film est vraiment très beau, si vous avez des idées négatives sur les films indiens, jetez un œil au trailer : les couleurs sont belles, les reliefs sont intéressant, ça abuse du grand angle et des nouvelles technologies de traitement de l’image, mais visuellement c’est magnifique. Vraiment.

Le film comporte bien sûr son nombre de chorégraphies, oui c’est un film Bollywood, donc il y a des chansons, mais il ne faut pas que cela vous repousse car ici, elles ont une raison d’être (puisque c’est un concours de danse) et surtout elles sont très drôles. Ce ne sont pas des chansons nian nian d’amour, mais de joyeux délires. India Waale, le morceau titre, a réussi à me rester dans la tête pendant un bon moment. C’est de la pop très occidentalisée comme vous le verrez dans la vidéo et qui n’a rien à envier à ce qu’on entend sur nos radios.

Happy New Year de Farah KhanSi le sujet de l’histoire est tragique et qu’il contient les moments de pathos habituels des films indiens, Happy New Year reste avant tout une comédie, qui abuse de situations Too Much, mais totalement assumées. La dream-team de Charlie est composée d’un mec dont la spécialité est de vomir, un ado hacker, un épileptique dont les crises font 30 secondes top chrono et un poseur de bombe à moitié sourd. Ça ne se prend absolument pas au sérieux, se moquant autant des films Bollywood que des films européens. Cela semble être une signature de Farah Khan, mais le film est aussi truffé de pas mal de références pop, à la manière d’un Tarantino.

C’est de la comédie qui ne fait pas dans la dentelle, mais qui ne se prend absolument pas au sérieux et qui du coup nous a fait beaucoup rire. Les personnages sont tellement caricaturaux que c’en est caricatural, et le film est parfois tellement fan-service que c’en est hilarant. Oui, en Inde, les combats de boue pour mettre les muscles du héros en valeur, c’est normal. Évidemment, les personnages sont clichés et l’histoire d’amour obligatoire du genre n’est clairement pas le point fort du film.

Happy New Year de Farah Khan

Je sais, ce sera difficile de vous convaincre si vous grimacez rien qu’à la lecture du mot « Bollywood ». Mais détrompez vous, et faites moi confiance. Regardez au moins 20 minutes de Happy New Year de Farah Khan, je suis certaine que vous ne l’arrêterez pas avant la fin ! Même dabYo l’a aimé, et pourtant, lui non plus n’est pas un fan à la base.