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Couverture aux tons très girly, une phrase catchy sur l’amour, l’amitié et l’annihilation de l’espèce humaine, Toute résistance serait futile de Jenny T. Colgan est pourtant bien un roman d’Imaginaire aux éditions Milady et non Romance ou Bit-Lit. Publié en ce début d’année avec une traduction de Emmanuelle Casse-Castric, il a donc réussi à susciter mon intérêt, surtout avec cette phrase d’attaque qui a tout du loufoque et de l’humour dérangé que j’aime. Alors, bonne idée ou les couleurs et les thématiques auraient-elles du me tenir à l’écart ? Synopsis.

Toute resistance serait futile Jenny T Colgan

Connie a obtenu ce qu’elle pensait être le poste du siècle quand on est docteur en mathématiques: un bon salaire, pas d’enseignement à faire et carte blanche sur les recherches. Elle aurait du flairer le piège ! La voilà elle et d’autres pontes des mathématiques enfermés dans une pièce avec des séquences incompréhensibles à déchiffrer. Une bande de matheux tous plus bizarres les uns que les autres, et elle les connait tous de salons, séminaires et autres passages sur les mêmes bancs d’école. Sauf ce Luke qui les ferait presque tous passer pour des gens normaux.

Bon bon, si j’ai précisé dans l’introduction que ce roman était publié en Imaginaire et non dans une rubrique Romance, vous vous doutez bien que ce n’est pas pour rien. Il y a plusieurs éléments pour mettre le lecteur sur la piste, par les couleurs choisies, la phrase d’accroche ou encore les œuvres des auteurs qui conseillent le bouquin sur le quatrième de couverture. Mais rien n’y fait, je suis obstiné et peut être que je n’aurais pas du. Arrêtons nous tout de suite, je ne suis pas allergique à la romance dans l’imaginaire bien loin de là, je peux même être une vraie fleur bleue. Mais voilà, la sauce n’a ici pas pris.

Jenny T Colgan

Jenny T. Colgan

Ça part pourtant très bien, car le style de Jenny T. Colgan est plutôt très facile d’accès et vient dépoussiérer quelques clichés dès le début de la lecture. Le sexisme dans les sciences et la société elle même est très bien abordé, il vient donner un poids d’autant plus intéressant à la première partie du bouquin qui est vraiment centrée sur les sciences et le monde scientifique d’une manière générale. Là dessus c’est non seulement éducatif mais aussi très drôle, avec des personnages certes clichés mais bien construits et rigolos. Je ne suis pas matheux certes, mais j’ai vécu dans des milieux plus ou moins similaires et les travers des personnages font très réalistes, malheureusement pour l’héroïne. Cette dernière est par ailleurs plutôt bien construite et évite les clichés du genre. On est donc plutôt loin d’un stéréotype à la gothique de NCIS mais face à quelque chose de bien plus tangible et réaliste.

La première partie du roman est vraiment intéressante et amusante, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Le problème c’est ce qui va suivre dans le deuxième pan du roman et comment on va arriver à ce qui justifie la phrase d’accroche. Car après une bonne introduction, les éléments s’enchaînent très très vite sans pour autant que les bases posées en début de roman soient assez solides pour les rendre crédibles. On se retrouve alors avec un simili Thriller basé sur une histoire d’amour et d’annihilation de l’espèce humaine (pas vraiment mais évitons les spoils) qui ne sont mais alors pas du tout bien amenés.

En effet, même si on sent bien que l’auteur construit la relation entre les deux personnages tout au long du roman, celle-ci reste très superficielle et peu crédible. C’est assez courant dans ces livres ou en quelques pages une pseudo relation existe au point de faire faire n’importe quoi à notre héros ou héroïne. Et pour le coup, on peut vraiment dire que c’est du n’importe quoi, ce qui rend le tout d’autant moins crédible.

Toute resistance serait futile Jenny T ColganAlors bon, ça ne veut pas dire que c’est mal écrit ou incompréhensible, juste que la sauce ne prend pas et comme celle-ci est principalement basée sur une romance assez superficielle, j’ai vraiment eu du mal à me motiver pour lire la suite. Peut être n’étais-je tout simplement pas la cible, il faut dire qu’avec une couverture aussi genrée, j’aurai peut être du m’arrêter aux stéréotypes. Non pas parce qu’il s’adresserait plus aux femmes qu’aux hommes, mais simplement parce qu’il me semble être là face à un roman de type Romance et avoir une grande partie des défauts inhérents au genre.

Au final je n’ai donc pas réussi à apprécier complètement ma lecture de Toute résistance serait futile de Jenny T. Colgan. Des notes d’humour vraiment sympa, un style qui se lit très bien avec d’excellents apartés, une introduction au monde des mathématiques bien foutue, le livre ne manque pas de qualités. Mais sur son ensemble il est plombé par une intrigue qui n’arrive pas vraiment à décoller, basée sur une histoire d’amour assez légère. Dommage.


Bienvenue à Night Vale est un roman pour le moins original. Il fait en effet suite à un podcast (a priori populaire) de la radio communautaire de la ville fictive de Night Vale et est édité depuis ce printemps chez Bragelonne avec une tranche violette ce qui est une raison suffisante pour me convaincre. Synopsis ?

bienvenu a night vale logo_org_org

Night Vale est une ville perdue dans le desert, où les théories du complot sont réelles. Jackie Fierro tiens le Mont-de-piété depuis des années, même si elle n’a que 19 ans cela fait de toute manière bien des années qu’elle a 19 ans. Un jour, un homme avec un costume en daim vient mettre en gage un papier. Un papier où est écrit « KING CITY », comme ça. Elle n’arrive pas a se débarasser de ce bout de papier, il lui revient toujours dans les mains et l’obsède. Elle décide donc de partir à la recherche de cette fameuse ville.

Il faut savoir que je ne connaissais absolument pas le podcast, et n’avait jamais entendu parler de Night Vale auparavant. Bien que le podcast ai plus de 4 ans maintenant, je n’en avais jamais entendu parler. Il se trouve que cette ville imaginaire n’est pas comme les autres. Tout y est étrange, tellement que l’improbable devient acceptable et qu’il faut s’attendre à tout : une femme qui met ses larmes en gages, une cheffe d’équipe qui est visitée par une tarentule, une éternelle adolescente et des anges tous appelés Erika. Je pourrais continuer et pendant longtemps mais la réalité c’est que Night Vale est absurde et voilà. Après 10 pages je me suis rendue compte qu’entre les divagations des auteurs, l’absurdité et le non sens, on était au final très proche de ce pourrait faire un Terry Pratchett. La traduction est bonne et fluide, on ne perd rien de la légèreté présente dans la VO.

bienvenue a night vale_org_org

Ce n’est ni aussi hilarant ni aussi fin mais tout de même nous sommes dans le même genre d’univers, où il ne faut pas chercher à coller les morceaux de manière a faire une photo uniforme. Une fois cela accepté, le roman sait être très drôle si vous êtes friand de l’humour absurde. C’est mon cas, de ce fait, je suis plutôt bon public et tolérante à n’importe quelle pirouette. Cependant, le style est assez lourd, et là où je comprend qu’il est nécessaire parfois de répéter des choses pour faire comprendre leur non-sens, j’ai trouvé qu’il y avait trop de répétitions, qui au final alourdissaient plus le texte qu’autre chose. La même scène est rejouée de nombreuses fois et le comique de répétition ne marque pas très bien sur moi.

Si comme moi, vous ne connaissez pas l’histoire audio, ne vous inquietez pas, ce livre est tout à fait accessible aux novices. A priori, les deux héroines du livres sont des nouveaux personnages créées uniquement pour le roman. Evidemment, certains détails vous passeront peut être pas dessus la tête mais rien de gênant à déplorer.

L’histoire n’est pas le truc le plus important dans ce livre, c’est plutôt la ville de Night Vale et ses bizarreries, cependant, il y’a tout de même un plot, vous vous en doutez. Il reste cependant assez léger et résolu de manière assez pirouettée, les intuitions des personnages sont souvent les bonnes, ils savent où aller, mais au final, ce n’est pas génant pour un roman qui est avant tout un roman d’humour.

Dans l’ensemble j’ai aimé cette plongée dans l’univers de Night Vale. Si ce n’est pas mon roman de l’année, le monde décrit et la ville ont su me charmer et je lirais volontiers d’autres romans se déroulant là-bas. L’humour y est absurde, il faut le savoir, ce qui peut en rebuter mais moi me fait plutôt plaisir, et surtout celui-ci est bien dosé. Vous l’aurez compris, si vous aimez le violet et le non-sens, je ne peux que vous le conseiller !


Je ne sais plus bien pourquoi je me suis mis à écouter Mantar, mais le groupe a été associé de près ou de loin à Kvelertak et il s’est donc retrouvé sur mon lecteur. Mantar est un groupe allemand programmé sur la Warzone de ce Hellfest 2016, avec un côté Punk bien lourd puisque c’est un mélange au Black et au Doom Metal avec tout ce qui caractérise la haine du premier et le pachydermisme du second. Un duo de punks qui font du Doom et qui sont associés (à tort ou à raison) à Kvelertak, voilà qui ne peut que me plaire.

Lourde la musique de White Nights l’est carrément, le tempo est lent à souhait avec une batterie à la caisse lente, répétitive et appuyée. La voix du chanteur et guitariste Hanno Klärhardt a l’air de sortir des tréfonds de l’enfer, le son de la guitare est crade et à la connotation très Black Metal. Et j’aime, évidemment, ce côté crade tout en étant horriblement rythmique grâce aux influences Punk. Le son du titre donne vraiment l’impression de venir tout droit d’une cave de gamins de la Norvège, la haine du chant est palpable, la froideur de la musique et de ses nappes aussi. Bien loin des aspects joyeux de Kvelertak et on pourra guère les comparer au final.

Mantar Metal BandLeur premier album Death by Burning est sorti chez Svart Records en 2014 et vaut clairement le détour. La musique est vraiment très brute, grasse et parfois proche de l’inaudible, il faut aimer mais j’avoue espérer que le prochain album sera un peu mieux poli. Celui ci est prévu pour mi avril 2016, les premiers extraits sont déjà disponibles (ici, ici et , avec des extraits de chaque titre), il sortira chez Nuclear Blast. Le son reste brut bien qu’un peu plus clair.

Mais voilà, on se demande quand même comment le groupe a pu atterrir sur la Warzone tant le casting semble complètement correspondre à une matinée sous la Valley voire Temple un petit dimanche vers 13h. Mystère. Avec Mantar, Kvelertak et Converge, il semblerait que cette année s’annonce comme être la plus warzonnée de tous nos Hellfest.


Thank You, Goodnight de Andy Abramowitz

Serafina dans Critiques, Livres le 9 avril 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Thank You, Goodnight de Andy Abramowitz est un roman paru fin 2015 chez Milady dans leur collection Littérature consacrée à ce qu’on peut appeler la littérature « blanche », celle qui n’est pas de genre. En effet, vous ne le savez peut être pas mais Milady s’est élargi et ne fait pas que de l’imaginaire ou de la romance. Thank You, Goodnight est donc un roman contemporain qui comme sa couverture l’indique porte sur l’univers de la musique. Synopsis ?

Thank You Goodnight de Andy Abramowitz

Teddy Tremble a été chanteur dans un groupe de Hard FM des années 80. Aujourd’hui, tout cela est derrière lui, après un deuxième album floppé il a repris le chemin de son père et est devenu avocat. Mais voilà, l’âge et les regrets le rattrapent et il décide de réunir le groupe pour un dernier jet.

Thank You, Goodnight est donc un roman de littérature contemporaine sur l’âge qui passe, sur les occasions manquées et pour cela, il m’a fait penser à Retour à Little Wing de Nickolas Butler que j’avais adoré et qui avait aussi une rockstar parmi ses protagonistes. Bien que publié chez Milady, il ne s’agit pas du tout de romance, ou en tout cas c’est au 15ème plan, ce qui a pu décevoir une partie du public de la maison d’après les critiques que j’ai pu lire.

Moi par contre, j’ai adoré cette histoire. Déjà parce que le bouquin est très réaliste, rien n’est trop tiré par les cheveux et cette histoire se suit avec plaisir. Le monde de la musique est relativement bien rendu avec ses caractères hauts en couleurs, que cela soit l’agent ou le producteur, les personnages secondaires sont au rendez vous. Bien sûr les héros sont les membres du groupe, et j’ai beaucoup aimé comme l’auteur réussi à amener un groupe de 4 personnes très différentes mais qui fonctionne bien. La bassiste un peu effacée, le gratteux totalement à la ramasse et bien sur le chanteur et ses problèmes existentiels.

Thank You Goodnight de Andy AbramowitzLe style de Andy Abramowitz est agréable et c’est une lecture qui sait rendre légers des thèmes pourtant assez lourds : la vacuité de nos vies, la maladie, les mariages ratés, les deuils qui ne se font pas… Cette légèreté doit bien sûr beaucoup à Teddy notre héros, qui sait être réaliste sur lui même, cynique mais aussi très drôle quand il regarde avec objectivité la bande que forment les membres de son groupe. J’ai ri à de nombreuses reprises pendant ma lecture et je me suis attachée aux personnages par ce biais, surtout à Teddy et à son guitariste. Teddy a beau avoir été un chanteur sur le devant de la scène, il n’en reste pas moins un personnage attachant car aillant beaucoup de failles et cela le rend très humain.

Bien que la musique prenne un part importante du roman -c’est elle qui est à l’origine de l’histoire-, ce que nous raconte l’auteur est bien plus profond que cela et pourrait tout à fait se dérouler dans un autre type de milieu. C’est une histoire sur savoir ce qu’on laissera derrière nous une fois que nous aurons quitté ce monde, sur la perte aussi et les épreuves de la vie. J’ai beaucoup ri mais j’ai aussi été souvent émue.

Thank You, Goodnight de Andy Abramowitz est donc une excellente surprise, que je n’attendais pas chez cet Milady, et qui choisi là une très bonne traduction -réalisée par Wanda Morella-. Je le conseillerai à tous, que vous aimiez ou non le monde de la musique, c’est un roman assez marquant et bien écrit, qui vaut la peine d’être lu.

 


Nombreux étaient les jeux vidéo dont je rêvais et que je n’ai jamais pu approcher, et chez Nintendo c’est sans doute la série des Fire Emblem qui me faisait le plus rêver. Série culte du Tactical RPG bien japonais, elle a mis longtemps à arriver en occident, avec un succès qui est resté pendant longtemps assez restreint. Jusqu’à la sortie de Fire Emblem Awakening en 2013 sur Nintendo 3DS, dernière tentative qui finira par réussir avec des ventes tout à fait raisonnables. La suite Fire Emblem Fates débarque dans quelques mois chez nous et à force de mettre des grosses tatanes avec les personnages qui en sont issus dans Super Smash Bros pour Wii U et 3DS, il était temps que je réalise mon rêve de gosse.

Fire Emblem Awakening

Vous incarnez un personnage qui a perdu sa mémoire (ahem…) mais se retrouve être un excellent stratège. Ça tombe bien car celui qui vous a retrouvé inconscient au bord d’une route s’appelle Chrom et c’est le prince d’Ylisse. Comme il a un grand cœur et que c’est un gentil, il vous fait presque directement confiance, faut dire que vous avez l’air vraiment innocent. Ça c’est l’astuce de Fire Emblem Awakening pour justifier vos interactions avec l’armée du prince et pourquoi c’est à vous qu’il reviendra de dicter le mouvement de tous les soldats qui l’accompagnent. En effet, on peut résumer le jeu à des dialogues, un gestionnaire des unités de votre armées et de leurs objets, une carte qui vous permet de choisir la bataille à disputer, et le mode bataille donc. Assez simple à comprendre, très vite addictif.

Fire Emblem Awakening Systeme CombatPlongeons nous d’abord dans ce mode combat qui est le nerf de la guerre si je puis me permettre. Les unités sont réparties sur une grille de cases avec vue de haut pour le joueur, les déplacements se font de case en case (pas de diagonales). Joué au tour par tour (votre armée, puis l’armée ennemie, puis enfin d’éventuels alliés), chacun de vos soldats possède un nombre de pas qui vous permet de le déplacer sur l’échiquier pour aller attaquer un ennemis ou interagir avec différents éléments spéciaux de la carte. S’ensuit alors une petite animation qui va déterminer l’issue de l’action, souvent un combat entre deux unités qui dépendra des statistiques de chacun et des armes utilisées.

Chaque unité porte jusqu’à cinq armes différentes qui correspondent chacune à un type d’arme et qui ont des forces et des faiblesses. La lance bat l’épée, l’épée bat la hache, la hache bat la lance, bref. A cela s’ajoutent d’autres caractéristiques comme les unités montées (cheval, dragon ou licorne) qui vont permettre d’avoir des effets kiss cool et d’essayer d’être le plus efficace contre les ennemis tout en limitant les risques. Cela rend les déplacements des unités et la gestion de leur équipement très intéressante, certaines seront intéressantes à jouer contre des ennemis mais risquent d’en pâtir lorsque ce sera à l’armée ennemie de jouer.

On retrouve quatre niveaux de difficulté, de normal à Lunatique+, et on peut dire que le challenge est au rendez-vous. Car contrairement à de nombreux RPG, la série Fire Emblem s’est fait une réputation en ne pardonnant pas la mort d’une unité au combat. Si l’un de vos personnages meurt, il ne reviendra jamais. Et ça, ça change tout. On est très vite sur le fil du rasoir et jouer sans réfléchir vous ramène à l’inévitable: vous allez perdre une unité. Et redémarrer la console sans sauvegarder puis tout recommencer.

Fire Emblem Awakening Combats AnimesCar il faut bien le dire, en dehors de l’aspect tactique des combats, Fire Emblem Awakening joue énormément sur notre attachement aux personnages de l’armée. Pousser le joueur à prendre soin de son armée et à essayer de recruter les différents protagonistes disponibles dans le titre est une des recettes principal du titre. Les personnages interagissent entre eux en s’entraidant sur le champ de bataille, ce qui se matérialise par la suite en des dialogues directs et souvent très loufoques. Cela s’appelle le support et nous permet de découvrir leurs personnalités de manière complètement séparée du scénario principal. Des dialogues à la demande en gros, qui permettent de s’attacher un peu plus aux personnages.

Graphiquement Fire Emblem Awakening est un savant mélange entre de la 3D plutôt jolie pour de la Nintendo 3DS mais qui reste très basiques, et dialogues entre les personnages supportés par des illustrations typées anime japonais. Malgré ses limitations en terme de possibilités graphiques avec des modèles de personnages limités, les versions dessinées des personnages leur donnent une profondeur bien meilleure. Le chara-design est japonais à souhait, œuvre de Yusuke Kozaki à qui l’on doit aussi l’esthétique des personnages de No More Heroes et c’est franchement réussi ! Un point supplémentaire donc pour pousser le joueur à s’attacher aux personnages, et l’empêcher de sacrifier ses unités sur le champ de bataille.

Fire Emblem Awakening Lucina Cinematique

C’est ainsi qu’on démarre notre aventure avec la customisation du personnage que l’on incarnera tout au long de l’histoire, et auquel les autres personnages vont directement s’adresser. Homme ou femme, trois apparences différentes pour chaque sexe, couleur de cheveux puis faciès et yeux, il y a de quoi faire un peu de variations même si on est bien loin de la customisation de jeux faits entièrement en 3D. Lorsque deux personnages se rapprochent, ils finissent par se marier ce qui va potentiellement débloquer un nouveau personnage à recruter dans son armée: leur enfant. Des possibilités qui ne sont pas sans faire penser à la collectionnite des japonais jamais aussi bien exprimée que par Pokémon. Cet aspect là m’a clairement complètement conquis, et son application dans Fire Emblem m’a empli d’une frustration tout aussi grande que lorsque vous sauvegardiez par erreur après avoir tué Electhor sans l’avoir attrapé.

Avec les différents niveaux de difficultés et la longueur des batailles, la durée de vie du titre est énorme du moment que vous accrochez au principe. Il faudra cependant s’armer de courage pour continuer, tellement les batailles peuvent trainer en longueur. Le fait d’avoir à recommencer dès qu’une unité tombe au combat risque d’en démoraliser plus d’un, un mode permet de le désactiver mais je pense que c’est aussi abandonner l’un des charmes du titre. Dommage que le scénario soit si stéréotypé, car il y avait de bons ingrédients et on prendra tout de même plaisir à le découvrir avec quelques cinématiques très bien réalisées.

fire emblem characters

N’ayant joué aux autres épisodes de la série, je ne saurai dire comment il se situe mais Fire Emblem Awakening est en tout cas un très bon titre, bien balancé et qui ne pourra que plaire aux amateurs de Tactical RPG qui y ont sans doute déjà joué. Le fait est qu’avec ses aspects annexes bien réussis et sa collectionnite, quiconque jouant à Pokémon et n’ayant pas peur de passer du temps à réfléchir sur sa stratégie pourra qu’apprécier ce titre vraiment réussi. Vivement Fates !


Les Évangiles Écarlates de Clive Barker

dabYo dans Critiques, Livres le 21 mars 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence sur les rayons des nouveautés Horreur, l’auteur anglais Clive Barker est enfin de retour avec du vilain, Les Évangiles Écarlates. Je n’avais jusqu’alors jamais rien lu de cette pointure du Splatterpunk bien dégueu à qui l’on doit notamment les films Hellraiser sortis tout au long de ses dix dernières années, bien qu’il n’y participe plus depuis un petit moment maintenant. C’était donc l’occasion de s’y mettre, d’autant que ce nouvel opus vient ressortir de ses tiroirs deux figures de proue, Pinhead et Harry d’Amour. C’est sorti dans une très belle édition chez Bragelonne en ce début d’année. Synopsis.

Les Evangiles Ecarlates de Clive Barker

Harry d’Amour a un sixième sens lorsqu’il s’agit de détecter le danger aux alentours, enfin, pour être exact il a toute une série de tatouages qui le piquent suivant ce qui pourrait bien lui arriver. Petit esprit malveillant trainant par là ou bien danger de mort, les sensations sont différentes et ne se ressemblent pas. Mais il semblerait bien que cette mission qu’un fantôme lui a demandé d’accomplir est sans risque: maintenant qu’il est mort, ce modèle de la famille américaine souhaite qu’on supprime toutes les traces de sa seconde maison pour que sa femme ne découvre jamais ses penchants peu avouables. Mais bon, que serait une enquête du bon vieux Harry si tout allait d’après le plan ?

De Clive Barker je ne connaissais pas grand chose si ce n’est quelques nouvelles lues ça ou là, et des aperçus des Hellraiser, bref pas grand chose qui puisse donc me faire passer pour un connaisseur. C’est donc après ma lecture que j’ai découvert que les personnages Pinhead et Harry sont en fait des grandes figures de son monde dans lequel se déroulent de nombreuses de ses histoires. Le bon côté c’est que malgré ce retour aux sources de Clive Barker et le fait qu’il soit venu ici sortir de son tiroir deux personnages qu’il a façonné il y a plus de vingt ans, à aucun moment je ne me suis senti perdu ou laissé sur le quai d’un train partant sans moi.

Evangiles Ecarlates Bragelonne edition specialePour ne pas perdre ses primos lecteurs l’auteur nous livre d’abord des chapitres d’introduction qui n’en ont pas vraiment l’air sur le moment et qui sont vraiment passionnants. On y découvre d’abord Pinhead le cénobite donc, un être venu des enfers à la peau complètement écorchée, au corps clouté de long en large et qui est vraiment très dérangeant. Ces êtres sont des adorateurs du gore et on peut dire qu’ils sont bien là pour nous mettre mal à l’aise. Ça commence dès le premier chapitre avec quelques passages à pentester vos tripes, histoire de voir si vous avez ce qu’il faut pour continuer la lecture. Chacune de ses interventions vous faisant craindre de lire la prochaine ligne, tant cet être est révulsant et imprévisible.

A côté de ça, on retrouve donc Harry d’Amour qui est théoriquement le héros de notre roman. Avec un passé décousu et fait de drames, il mène une lutte contre les créatures des enfers et s’est donc fait une petite réputation chez eux. Armé de beaucoup de bon sens et de ses tatouages qui l’avertissent de ce qui l’entoure, on peut dire qu’il compte beaucoup sur sa bonne étoile. Sans vraiment entrer dans ses traits de personnalité, on s’attache assez vite à lui bien que je ne l’imaginais pas du tout de la même manière que son apparence officielle. Qu’à cela ne tienne, il est là pour donner la réplique au cénobite et il le fait plutôt avec brio.

En fait Les Évangiles Écarlates se transforme au fil des pages en roadtrip en enfer avec toutes les horreurs que cela peut évoquer. Harry et Pinhead se suivent l’un l’autre et s’attaquent aux profondeurs et aux sources de ce qui défini l’enfer, dans le but ultime d’aller chercher Lucifer lui même. C’est donc une sortie de surenchère et course poursuite franchement bien réussie et on se sent vraiment transporté dans l’ambiance. Maintenant finalement l’aspect horrifique est là plus comme une sorte de couche à la Disney et je suis perplexe sur cet aspect là, trouvant parfois cela too much sans vraiment de raison.

Les Evangiles Ecarlates de Clive BarkerA côté de ces deux personnages on retrouve quelques acolytes, que ce soit des relations plus ou moins fréquentables pour Harry ou les créatures souvent très sordides que le cénobite décide d’épargner. Mais on ne s’y attache pas vraiment, ceux ci sont plutôt là pour faire avancer le roman. Côté narration d’ailleurs, c’est plutôt bien écrit mais il y a tout de même un petit passage à vide en milieu de roman où le rythme effréné des débuts fait place à un lent démarrage de moteur diésel. Heureusement, on le moteur fini bien par s’y mettre et l’on part à la découverte des enfers.

Je ne pourrais pas me prononcer pour les amateurs de l’auteur, mais Les Évangiles Écarlates de Clive Barker me semble en tout cas être une très bonne occasion de découvrir ses écrits et son univers bien particulier. Avec deux personnages qui se donnent très bien la réplique, c’est une virée macabre prenante qui nous emmènent dans les profondeurs des enfers. Et puis il y a cette belle édition brochée de Bragelonne.


A force vous commencez à le savoir, je suis une grande fane des romans de Patricia Briggs et notamment de la saga Alpha & Omega, spin-off de la série Mercy Thompson. Le quatrième tome est paru en 2015 dans sa version originale et au début de l’année chez nous aux éditions Milady, servi par une couverture de Daniel Dos Santos comme toujours. Synopsis ?

Entre Chien et Loup, Alpha & Omega Tome 4, de Patricia Briggs

Après les événements des tomes précédents, la vie a repris son cours pour Anna et Charles. L’anniversaire de celle-ci approche et Charles a décidé de lui offrir un cheval. Ils partent donc tous les deux pour l’Arizona, une occasion pour Charles de revoir un vieil ami Joseph. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et nos deux héros se rendent rapidement compte qu’un dangereux Fae sévit dans le coin.

Là où les précédents tomes étaient assez axés sur le coté politique de la meute, en lien direct avec le Marrok (le chef de tous les loups américains), ici nous sommes plutôt face à une histoire indépendante qui pourrait être taxée de filler si elle ne permettait pas de développer le personnage de Charles et son passé dont on ignore beaucoup de choses. La thématique des loups qui ont une durée de vie à rallonge par rapport à celle des humains qui passent de manière si éphémère sur la terre est aussi abordée, ainsi que la tentation de changer ses proches pour les garder auprès de soi. Mais tout comme les vampires d’Anne Rice, ils savent à force que changer quelqu’un contre son gré n’est pas une solution sur le long terme.

Évidemment, l’écriture est très agréable et comme toujours Patricia Briggs réussit très rapidement à donner du relief à des personnages secondaires auxquels on s’attache rapidement. Je pense notamment au personnage de Chelsea que j’espère nous reverrons. On découvre aussi une nouvelle meute, celle de Hosteen, indien Navajo et éleveur de chevaux. J’ai apprécié cette meute très différente de celle d’où vient Anna ou de celle que côtoie Mercy : on a une meute très campagnarde, qui ne se mêle guère que de ses affaires et semble vivre plutôt paisiblement.

Entre Chien et Loup, Alpha & Omega Tome 4, de Patricia BriggsNous retrouvons l’agent Leslie Fischer découverte au tome précédent. Cette humaine, enquêtrice au FBI semble être un personnage récurrent et je ne peux qu’apprécier. Le rythme est bien mené, l’enquête sur le Fae a une place importante mais ce n’est pas tout et les retournements de situation sont amenés de manière crédible, sans que cela fasse Deus Ex Machina. On ressent bien l’urgence et l’horreur de la situation. Les éléments placés au fur et à mesure du livre prennent leur importance dans le dénouement final mené tambour battant.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce quatrième tome. Cela confirme la position de la série et il n’y a aucun doute que je lirais le 5 à sa sortie. L’univers est passionnant et il y a encore beaucoup à voir. C’est aussi plaisant de lire de la Bit-Lit qui n’a pas besoin de foutre 40 pages de romances par tome, et ça, ça me plait. C’est vraiment une série que je recommande, même si vous n’êtes pas à jour dans les Mercy Thompson. Il y a quelques références aux derniers tomes des aventures de la Coyote, mais rien de réellement gênant pour la compréhension globale de l’histoire.


La Moitié d’un Roi de Joe Abercrombie est le premier tome de la série La Mer Eclatée publiée par Bragelonne en France. Le troisième tome débarque bientôt dans les librairies et cela faisait un moment que je voulais jeter un œil sur les œuvres de cet auteur anglais qui est bien présent sur les étalages d’outre Manche. Ce premier tome a reçu le prix Locus 2015 du meilleur roman pour jeunes adultes, il est traduit par Juliette Parichet chez nous et illustré par Didier Graffet avec un décor d’inspiration fortement Viking. Bref, on est parti pour le Synopsis.

La Moitié d'un roi, La Mer éclatée Tome 2, de Joe Abercrombie

Alors que le Prince Yarvi a abandonné tout droit de succession pour se concentrer sur l’apprentissage des connaissances afin de devenir Ministre, il apprend la mort soudaine de son père et de son fils ainé, lâchement assassinés par le roi voisin. Seul héritier du trône, le voilà dans l’obligation de mener les hommes du pays dans une guerre de vengeance. Mais en étant né avec une main amputée des trois doigts indispensables pour tenir le bouclier, Yarvi est loin d’être un guerrier aguerri et il n’a aucune idée de comment il va bien pouvoir mener « ses » hommes pour qui il a toujours été la moitié d’un homme.

En commençant ce tome je n’avais pas vu qu’il était destiné avant tout aux jeunes adultes et j’avoue que du coup le début m’a un peu surpris. Car il faut bien dire qu’à ce niveau on ne nous trompe pas sur la marchandise, La Moitié d’un Roi a un style très facile de lecture et assez simple, très jeunesse. Des phrases courtes qui permettent à un public plus jeune de très bien prendre en main et suivre l’histoire. Cette simplicité va nous suivre tout au long de la lecture, que ce soit par la taille relativement courte du roman (moins de 300 pages), des descriptions qui vont très vite à l’essentiel ou des chapitres qui s’enchaînent rapidement.

Joe Abercrombie

Joe Abercrombie

On est face à ce qu’il y a de plus pure Fantasy qu’on peut trouver avec la quête initiatique de Yarvi, qui n’est pas sans faire penser à tout ces jeunes héros qui n’ont pas été gâtés par la vie et qui doivent lutter contre l’adversité. Le début de notre histoire peut faire penser à l’inverse évidemment, mais le fait d’avoir fait du héros un roi d’une nation qui vénère la virilité mais dont la main atrophiée l’empêchera toujours de gagner le respect de ces sujets est vraiment très intéressant.

L’histoire est donc développée mais sans pour autant s’épandre dans de très longues phases de contemplation. On peut dire qu’il s’en passe un sacré paquet de choses dans ces trois cents pages. Le scénario est assez -peut être trop- simpliste au début ce qui peut surprendre, on va assez facilement voir les ficelles qui sont trop grosses quand on est un habitué du genre. Mais bon, pour le public cible on peut tout à fait entendre cette facilité qui n’en reste pas moins efficace. Car au fil des pages, cet aspect dynamique permet de ne pas s’ennuyer et d’avancer dans l’histoire en y prenant un certain plaisir.

Si je râlais au début sur cette simplicité et ma capacité de voir venir la plupart des évolutions du scénario, je me suis très vite aperçu que ça ne m’empêchait pas pour autant de continuer de lire avec avidité. Un livre qui se dévore en quelques jours donc, ça ne peut jamais être un mauvais signe. Et cela m’a clairement convaincu qu’en effet, j’aurai sans doute adoré lire ça dans ma jeunesse. Je vois très bien mon petit frère les lire les uns après les autres et ne pas pouvoir s’arrêter.

La Moitié d'un roi, La Mer éclatée Tome 2, de Joe AbercrombieL’histoire ne fait pas tout et l’univers est plutôt bien mis en place dans ce premier tome. Alors c’est peut être parce que les vikings reviennent à la mode avec l’excellente série Vikings mais bon, j’ai vraiment bien réussi à m’imprégner dans cet univers très viril de la Mer éclatée. Les bribes du scénario nous laissent entrevoir un bon potentiel pour la suite, la fin bien que rapide ne vient pas pour autant comme un cheveux sur la soupe et a, cette fois, réussi à me surprendre.

Vous l’aurez donc compris, La Moitié d’un Roi de Joe Abercrombie se lit très bien même s’il ne s’adresse pas forcément aux adultes mais plutôt aux plus jeunes lecteurs d’entre nous. Il n’en reste pas moins facile à lire, sans prise de tête et plutôt très efficace dans son genre. Une bonne idée de lecture pour encourager les plus jeunes d’entre nous vers la lecture en tout cas.


Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. Barjatya

dabYo dans Critiques, Films le 29 février 2016, avec aucun commentaire
Critiques

S’il y a bien quelque chose de commun à la plupart des films de de Bollywood, c’est le what the fuck de ses scénarios qui partent bien souvent en live à coup de oh, that escalated quickly. Du coup, quand on se lance dans un nouveau on ne sait jamais trop sur quoi l’on va tomber, un peu comme une dragée de Bertie Crochue. Reste à savoir si c’est sur un succulent bonbon que nous sommes tombés avec Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. Barjatya ou bien un goût ordure. Synopsis.

Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. Barjatya

Yuvraj Vijay Singh est le prince de Pritampur et s’apprête à se voir couronner. Pour l’occasion, de grandes fêtes vont être organisées où tout le peuple sera nourri par son altesse pendant plusieurs jours. Manque de pot, moins d’une semaine avant le prince se voit kidnapper par son frère pour le ridiculiser et devenir calife à la place du calife ! Mais c’est sans compter que par un hasard total, le garde du corps de son altesse tombe sur un sosie qui pourra faire illusion en attendant que le vrai prince revienne montrer le bout de son nez !

On retrouve donc deux héros, le premier est le prince et le second est un homme du peuple qui se rendait aux cérémonies pour son propre objectif: apercevoir la princesse qui doit assister aux cérémonies. Il est en effet un fan absolu de la princesse et vu le synopsis, ça tombe bien n’est-ce-pas ? Car en effet, en plus de remplacer le prince lors des cérémonies, comme les deux altesses sont fiancées depuis peu, il va aussi devoir la « draguer » et conquérir son cœur ! Vous le sentez gros comme un camion d’Euro Truck Simulator ? Nous aussi.

Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. Barjatya

En fait, dès le début du film on va démarrer un believe total où les évènements sont de plus en plus wtf et le réalisme de moins en moins présent. La première partie va s’axer autour des quiproquos et du jeu de la mise en personnage du héros du bas peuple. Car évidemment, pour que ce soit rigolo, il faut que le bonhomme ne se plie pas si facilement aux règles et en face trop, se rebelle, joue sur le protocole et mette les gens qui l’encadrent très mal à l’aise.

Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. BarjatyaEt franchement, c’est lourdingue. En fait le, le believe total des films indiens on en a vraiment l’habitude ici, mais c’est généralement bien fait. Ici c’est juste trop gros, trop stéréotypé et sans aucun intérêt. L’acteur principal dans son rôle moralisateur, que ce soit vis à vis des gens du palais qui sont à cheval sur le protocole, du prince à qui il expliquera l’amour ou tout simplement de sa belle aimée, donne envie de lui envoyer des grosses patates dans la gueule. Cet aspect tête à claques n’est malheureusement pas sauvé par un scénario gros comme une maison.

Les films de Bollywood sont longs et divisés généralement en deux parties. Et si la première partie pouvait presque passer, l’escalade est totale sur la deuxième partie avec un scénario qui n’a plus aucun sens. Le film d’amour devient film d’action avec des combats loufoques et des effets spéciaux dignes de Plus belle la vie.

A côté de ça, les images sont belles et on y découvre de beaux paysages de l’Inde. Alors bon, forcément, c’est dans un contexte où le scénario est mauvais et les acteurs jouent les clichés au plus haut point. Mais voilà, ça rend bien. De même, les rares phases de danse sont plutôt bien conçues. Mais ça ne suffit clairement pas pour compenser l’inintérêt total de l’histoire.

Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. Barjatya

Bref, les films indiens sont un monde bien particulier et certaines pépites valent clairement le coup. Et puis il y’en a d’autres comme Prem Ratan Dhan Payo de Sooraj R. Barjatya qui doivent juste être évités à moins de vouloir perdre trois longues heures de votre vie.


Silo de Hugh Howey

dabYo dans Critiques, Livres le 17 février 2016, avec 1 commentaire
Critiques

Silo de Hugh Howey est un roman d’anticipation initialement traduit en français par Yoann Gentric et Laure Manceau pour Actes Sud et tout juste publié dans son édition poche par Le Livre de Poche. Mais c’est un livre un peu particulier puisque Hugh Howey l’a initialement publié à compte d’auteur, sans passer par un éditeur. Aux États-Unis la publication à compte d’auteur a été largement démocratisée par les possibilités offertes par Amazon, il faut dire que le lectorat anglophone est énorme et que la plateforme permet d’en toucher une grande partie sans réel investissement. M’enfin, si le bouquin est arrivée jusque chez nous, ce n’est sans doute pas pour rien, synopsis.

Silo de Hugh Howey

Holston est le shérif dans du Silo, la dernière parcelle d’humanité connue sur Terre. Le Silo vit en autarcie et pour cause, l’air de l’extérieur est devenu toxique et irrespirable pour les humains. Leur seul espoir se retrouve dans des avancées technologiques qui leur permettraient de sortir sans risque de mourir par contamination. En attendant, les habitants du Silo observent l’extérieur grâce à des caméras de surveillance placées autour du Silo. A chaque fois qu’un de ses résidents est condamné à mort par la justice, il enfile un scaphandre profitant des dernières technologies et doit nettoyer les dites caméras. D’une pierre deux coup donc, on teste les nouvelles techno et au pire des cas, on aura une image plus nette. Le plus bizarre reste qu’on ne sache pas vraiment pourquoi ils font systématiquement le nettoyage des caméras au lieu de se rebeller…

Franchement, au fil des années des Dystopie j’ai fini par en lire un paquet, alors celle d’un auteur qui publie tout seul faute d’éditeur, hmm… Ça sentait l’énième resucée à la Hunger Games avec un monde merveilleux mais complètement horrible blablaba. Et pourtant, le livre a réussi à me conquérir dès les deux premiers chapitres, et ce malgré ces nombreux aprioris. Car Hugh Howey ne prend pas son lecteur pour un idiot et part directement au quart de tour. Alors que certains bouquins du genre mettent des pages et des pages pour se construire, on est directement jeté dans l’enfer du Silo.

Holston est le premier personnage principal que nous découvrons. Ce n’est pas n’importe qui puisqu’il est le Shérif, le représentant de la loi qui s’exprime à travers le Pacte. C’est donc à lui que revient d’enquêter sur les méfaits, qui peuvent de temps à autre amener à la mort. Cela s’appelle le Nettoyage. Sauf qu’aujourd’hui Holston ne croit plus aux règles du Silo et est persuadé que ses habitants y sont maintenus contre leur gré.

wool graphic novel

Le ton est donc donné dès les premières pages du roman et c’est un vrai régal. On rentre directement dans le vif du sujet, et à l’aspect dystopique de ce roman s’ajoute très vite celle du Thriller. Car on a clairement l’impression que les personnages principaux que l’on va découvrir au fur et à mesure, notamment Juliette, sont les victimes d’une sorte de machination insaisissable, seuls contre tous. Vous rajoutez à cela l’ambiance du Silo et vous vous retrouvez presque avec une aventure à huis clôt, un peu comme ce que l’on peut vivre avec les policiers de ce genre.

La narration est faite au plus proche des personnages principaux et ça rend l’impression de complot d’autant plus réussie. Le monde du Silo est tout petit certes, les gens se côtoient depuis qu’ils sont tout petits car il n’y a pas franchement de déménagement possible, la population étant régulée, les naissances sont rares. Mais voilà, l’Extérieur du Silo est tabou, sanctionner de peine de mort et peut mener au Nettoyage à tout moment, les gens ne peuvent pas s’exprimer librement. Les proches restent donc bien souvent des étrangers dès que les vraies conversations commencent. Seul au milieu de sa famille en quelque sorte.

Silo de Hugh HoweyL’ambiance du Silo est sans aucun doute l’un des plus gros points forts du roman. Cette fourmilière à huis clôt est superbement bien rendue, on sent tous ces humains grouiller le long du Silo, vivre en autarcie depuis des siècles. Avec en bas les machines qui génèrent l’électricité, puis les serres qui produisent la nourriture, les hôpitaux du milieu, le département de l’informatique et enfin, le maire et les institutions. Très bien retranscrit tout simplement, rarement j’ai été aussi projeté dans un monde si particulier.

A côté de ça on a des personnages vraiment charismatiques. Avec cette narration proche de nos héros, on ne peut que s’y attacher. Et malheureusement, Hugh Howey sait très bien se jouer de son lecteur sur ce point là et n’hésitera pas à le faire. C’est d’autant plus dur quand on suit ces personnages depuis des centaines de pages.

Vous l’aurez compris, Silo de Hugh Howey est tout simplement une baffe. Excellent du début jusqu’à la fin, vous ne regretterez pas une seule des sept cents pages que compte ce roman. Avec une histoire passionnante, un univers vraiment bien foutu et très bien rendu par une narration au corps à corps, on peut dire qu’il y a tout pour vous pousser à le lire. Il y a visiblement une suite, et j’espère qu’elle est à la hauteur de ce Silo.