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Concours : Gagnez un recueil « Un Noël sans nom »

En partenariat avec les éditions de L'homme sans Nom

Serafina dans Livres le 3 janvier 2017, avec 1 commentaire

Un Noël sans nom est un recueil de nouvelles de 72 pages paru aux Editions de l’Homme sans Nom. Ces histoires hivernales regroupent les auteurs de la maison d’édition et de nouveaux talents. Chez nous on note surtout Oren Miller dont j’avais adoré la revisite du Comte de Monte-Christo.

La maison d’édition propose à l’un ou l’une d’entre vous de gagner un des recueils.

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Pour cela, il faut répondre à la question suivante : Quel est le nouvel auteur de la maison d’édition ? La réponse se trouve sur leur page facebook ou sur leur site web.

Le concours dure 2 semaines et est réservé à la France. Vous pouvez augmenter vos chances de gagner des manières suivantes :

  • Nous suivre sur facebook ou twitter : 1 chance de plus
  • Partager ce concours sur facebook ou sur twitter : 1 chance de plus.

J’espère que ce concours vous fera plaisir, il sera ouvert 2 semaines ! Bonne chance à tous ! Evidemment les commentaires ne seront pas validés pour éviter toute triche, donc ne vous inquietez pas de ne pas voir le votre.


La Maison des Morts de Sarah Pinborough

dabYo dans Critiques, Livres le 18 décembre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Parmi les sorties de cette fin d’année on retrouve chez Milady un très beau petit livre relié entre le grand format et le proche, et avec une tranche toute noire. Ce n’est autre que La Maison des Morts de Sarah Pinborough, tout juste traduit par Florence Moreau. Il s’agit d’un récit à la croisée des genres, entre littérature jeunesse, science fiction, horreur et histoire d’amour. Avec un aspect général aussi travaillé, la loi des belles couvertures pouvait nous laisser craindre le pire sur son contenu, mais abrégeons le suspens car il n’en est rien. Synopsis de ce très bon roman.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough

Toby tout comme les trois autres occupant du dortoir numéro 4 attend la mort avec angoisse. Il essaye de se le cacher, mais lui aussi a peur. Ils ont tous peur, les enfants de La Maison des Morts, tous malades qui sont, enfermés là en attendant que la maladie se déclenche pour disparaitre en quelques jours comme s’ils n’avaient jamais existé. Leur vie d’avant n’a plus aucun sens depuis qu’ils ont été dépistés comme porteur du gêne déficient.

Nous allons donc suivre la vie de Toby dans ce qu’ils surnomment la Maison des Morts, une sorte d’asile fermé dans lequel sont regroupés les enfants dont les tests sanguins ont révélé la mystérieuse maladie. Nous n’avons aucune idée de ce que fait cette maladie, et les enfants ne le savent pas non plus. Tout ce qu’ils en savent, c’est qu’elle se déclenche sans préavis et qu’à ce moment là, le malheureux élu fini par disparaitre en quelques jours. Pas n’importe où, au sanatorium dont personne ne revient jamais, partant sur un brancard par l’ascenseur au centre du bâtiment et emmené par des infirmières qui ne parlent jamais.

La narration est à la première personne, c’est donc les états d’âme de Toby que nous allons connaître. Ses relations avec les autres enfants de la maison, ses connaissances sur la maladie, son état d’esprit, sa vision de la mort et de l’enfer que représente la Maison. C’est un personnage attachant mais aussi très sombre, ce qui participe en grande partie à l’ambiance du roman qui est hautement dépressive. De facto, être enfermé dans un endroit pour y attendre la mort a de quoi rendre fou, mais comme il s’agit d’enfants au développement intellectuel différent, on y voit tout un panel de réactions possibles et ce côté est plutôt très bien écrit.

Le roman de Sarah Pinborough ne vise pas le réalisme absolu, mais tient franchement la route sur ces points là. Chaque enfant qu’on apprendra à connaître à travers les yeux de Toby a une personnalité, sa façon de réagir à la situation, un comportement particulier. L’histoire ressemblerait presque à un huis-clôt et le fait qu’ils soient tous enfermés, tous se sachant condamnés, fait tout de suite monter la pression pour le lecteur. On a vraiment le sentiment que tout peut exploser à tout moment, qu’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu à l’ensemble.

Ce sentiment augmente au fil de la lecture car Toby, initialement résigné et attendant sa mort sans vraiment se permettre de vivre, est comme réveillé par l’arrivée de nouveaux résidents. Il les avait tout d’abord copieusement ignoré, eux qui viennent déranger son train train quotidien, jusqu’à ce que l’une d’eux découvre son secret. S’engage alors l’histoire de notre roman, l’histoire d’amour entre deux adolescents. On voit tout de suite le problème d’une telle histoire quand la fin en est déjà écrite pour les deux protagonistes.

La Maison des Morts de Sarah PinboroughEt c’est là où La Maison des Morts est à la fois superbe et horriblement cruel. Cette pression qui était déjà présente s’intensifie, car on a aucune envie de voir l’histoire de Toby mal se terminer. C’est une histoire d’amour que l’on entrevoit arriver mais qui est superbement bien écrite, et qui donne forcément l’espoir au lecteur de la voir se terminer d’une heureuse façon. Cette histoire de maladie est elle vraie ? N’est il pas possible de s’enfuir ? Ne gâchons pas le plaisir de la lecture, mais ces questions poussent le lecteur dans une situation assez difficile, où l’on sait que tout risque de basculer à chaque nouvelle page, page qu’on ne peut s’empêcher d’avoir envie de tourner.

La Maison des Morts de Sarah Pinborough est donc une très belle lecture, celles qui du premier abord semblent anodines mais qui finissent par vous absorber tout entier jusqu’au dénouement final. Une fin plus que réussie qui marque et laissera de la lecture du roman un souvenir marquant.

 


The Eternal Drift’s Canticles de Verdun

Lost in space with no hope

illman dans Coup de Coeur, Musique le 8 décembre 2016, avec aucun commentaire

En cette année 2016, Verdun a décidé d’offrir au monde son premier album, après l’EP The Cosmic Escape of Admiral Masuka. Vous pouvez constater dans ma précédente chronique que je suis un gros fan de leur musique, même si je ne les ai pas encore vu live. J’attendais donc cette offrande de pied ferme mais j’ai quand même laissé décanter avant d’en parler, vu que l’album est paru le 20 avril 2016

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On a donc affaire à une galette de 55 minutes qui comporte 5 pistes, vous imaginez donc que les pistes avoisinent les dix minutes. Les montpellierains œuvrent toujours dans leur propre style sludgecoresque identifiable d’une seule oreille. L’album est sorti en CD digipack et en double LP, pour bien couvrir j’ai pris les deux (et sur bandcamp en numérique…). Parce qu’autant avoir le CD est pratique autant pour apprécier les artworks rien ne vaut le vinyle. Et ils valent le détour, 3 superbes illustrations ornent ces éditions. Empreintes d’un mysticisme certain avec un univers de décadence spatiale, rarement un art n’aura crié Grim Dark Future aussi fort que cette pièce gothique qui sert de pochette. Je m’arrêtes la sur le packaging, je sonne déjà assez fanboy comme ça.

L’album prend là où l’EP avait laissé. Niveau histoire c’est la suite logique de la dérive spatiale de Masuka. Une chose est sure on sent bien l’immensité du vide et le désespoir dès le début de l’album avec Mankind Seppuku. L’intro est oppressante au possible avec ce qui ressemble à un accordéon utilisé par un mec qui veut mettre fin à ses jours, difficile de faire plus anxiogène, à moins de s’appeler Cities Last Broadcast.  Contrairement à leur EP, ils ont sorti la reverb sur la voix dès le début, normal on est déjà dans l’espace. Je vous le disais, cet album a une ambiance de malade, ce petit discours en chinois au début de Self-inflicted mutalitation avec son riff bien lourd en fond le prouve encore une fois.

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L’intensité va crescendo au fur et à mesure de l’album, déchaînant des riffs de plus en plus lourds et violents. Le chant crié donne une impression d’urgence et de danger. Tout ça nous dirige doucement vers sa conclusion sur Jupiter’s Coven, une sorte d’apothéose cosmique qui se déchaîne autour de Jupiter, lançant une dernière malédiction contre l’humanité avant de s’éloigner dans le vide stellaire.

Vous l’aurez remarqué, j’ai beaucoup parlé avec emphase de l’ambiance, plus que de la musique en elle-même, si je l’ai fait c’est parce que c’est clairement pour moi le but de cet album. Certes la musique supportant cet ensemble est d’extrêmement bonne qualité mais elle m’a donné l’impression de servir un plus grand dessein. Le chant est aussi excellent, après tout il raconte l’histoire, oscillant entre le désespoir et la violence d’un chant crié associé à des passages où le texte se veut récité comme un mantra il aide clairement à se retrouver dans un autre univers.

Cet album est pour moi un indispensable pour tout fan de sludge post-hardcore spatial (qui a dit marché de niche ?) De ce fait je ne peux que vous conseiller d’écouter avant d’acheter, le bandcamp est la pour ça. Si vous accrochez, vous voyagerez dans des strates intersidérales. Perso j’ai hâte d’avoir la suite.


Souvenirs Volés est une des rares traduction parue aux Editions du Chat Noir. La maison se concentre en effet surtout à publier des auteurs français mais propose aussi des traductions de romans graphiques. Ici, c’est Selina Fenech, une illustratrice Australienne dont le premier tome est traduit par Cécile Guillot. Synopsis ?

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Memory se réveille dans le brouillard, mais au sens figuré du terme. Elle ne sait plus qui elle est, ni ou elle est. D’ailleurs Memory n’est même pas son vrai nom mais celui dont l’a affublée une jeune fille rencontrée au détour d’un bois : Eloryn. Eloryn qui se revèle être une princesse en fuite d’un royaume dévasté.

Souvenirs Volés est un roman plutôt axé Young Adult, avec un univers de fantasy de contes de fées : des princesses, des reines mortes en couche, un vilain sorcier, un beau gosse prêt à aider ses dames, on est dans un monde enchanté. On aime ou pas, mais c’est comme ça, et là dessus le roman est bien rendu. On est dans ce lieu féerique où l’on sait que tout est possible et on se laisse porter. Il n’y a pas forcément de seconde lecture plus adulte comme dans d’autres romans du genre avec des morales complexes, là on est juste dans une aventure pleine de rebondissement qui m’a fait penser au 10ème Royaume, cette mini-série de téléfilms que j’avais adoré.

selina-fenech-souvenirs-volesEt surtout, ce roman est servi par les magnifiques illustrations de Selina Fenech réalisées au crayon qui illustrent des moments clés de l’intrigue.Nous découvrons donc les personnages sous sa mine et il faut dire qu’elle a un sacré coup de crayon. Le livre est un très bel objet et les impressions rendent justice aux dessins de l’auteur. Cela aide beaucoup à visualiser l’univers et les personnages.

La traduction réalisée par Cécile Guillot met en valeur le roman, le style est simple et lisible, nous permettant facilement de comprendre ce qu’il se passe, et croyez moi il y en a des rebondissements. C’est donc une lecture agréable et les pages se tournent sans même s’en rendre compte.

Vous l’aurez compris, c’est une lecture agréable, même si la simplicité de l’intrigue et de l’univers m’ont un peu genée, question de gout, ce n’est donc pas un coup de coeur. Par contre, si vous cherchez un cadeau pour votre jeune ado, je vous le recommande totalement.


Blasphème, Holomorphose Tome 1, de Jean Vigne

Serafina dans Critiques, Livres le 25 octobre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Holomorphose est une saga en deux titres de Jean Vigne, aux Editions du Chat Noir. Le premier tome est sorti à cette rentrée et est servi par une jolie illustration de Mina M, qui augure d’un ton assez adulte et gore au passage. Synopsis ?

Solana est une ado, un peu goth, assez solitaire, qui vient de déménager à Grenoble. Mais depuis , elle est assaillie de rêves étranges se déroulant en Mongolie et se rend compte que des choses clochent chez elle. Il semblerait que sous le coup de la colère, elle transforme les objets les plus anodins en sorte de magma dégoulinant et brûlant. Enfin, les objets, c’est pour le moment.

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Nous sommes face à un thriller : l’horreur entre peu à peu dans le quotidien, et va crescendo jusqu’au final, sorte de fuite en avant dans l’horreur et le gore. La montée en puissance est bien menée et ce qui au début ne semble que des événements anodins voir presque drôle deviennent rapidement de gros soucis. C’est aussi un thriller qui se passe en France et qui a deux héroïnes clairement ancrées dans la culture alternative. Bref, bon nombre d’éléments qui nous font très vite penser aux productions de Sire Cédric. Sauf que là où Sire Cédric réussit avec brio, ici, je suis plus partagée et je vais vous expliquer pourquoi.

Le problème principal pour moi fut les personnages et la manière de l’auteur de les décrire. Solana écoute du métal, mais le roman narré à la première personne, critique systématiquement la musique qu’elle écoute comparant elle même sa musique de reveil au « bruit digne d’une scierie » ou au « tapage barbare d’une bande d’orcs ». Aucun metalleux ne dirait ça de la musique qu’il écoute, sauf pour du second degré ce qui ne semble pas être le cas ici. Je passerais sur ce qui est j’espère une faute d’orthographe, faisant de Solana une auditrice de Trash Metal (et non Thrash).

Quant à Nathalie, sa pote, goth plus extrème, qui porte des plateforme New Rock elle, elle est lycéenne, est ultra obsedée par le sexe, se drogue a tout ce qui passe et est super violente. Plus cliché, tu meurs. Donc, j’ai pas trop trop aimé ces personnages qui présentent la culture alternative de manière au final plutôt négative, que cela soit voulu ou non. Etant moi même metalleuse et goth, c’est forcément des points où je suis difficile. Un autre personnage, Lola, la femme flic, est le stéréotype de la nana super forte, méga blessée par la vie, mais son personnage m’a moins gênée que les deux héroines, sans doute car il est moins proche de moi.

Le coté sexuel du roman m’a aussi pas mal dérangée, on dirait que l’auteur trouve n’importe quelle excuse pour ramener une discussion entre les deux protagonistes au cul. Je sais que les ados sont obsédés, je le sais mais cela m’a semblé forcé pour donner un coté sulfureux au livre. Comme si il fallait absolument se donner un coté adulte et que c’était la seule manière.  Une manière que j’ai trouvé lourde et maladroite. Et je vous rappelle que je me suis faite tous les Merry Gentry, donc ce n’est pas une question de puritanisme.

Bien qu’étant un thriller avec des chapitres assez court, l’intrigue prend son temps, l’auteur se répétant assez souvent et toutes les pensées des personnages étant décrites par le menu. Du coup, le rythme n’est pas enlevé, je pense que j’aurais préféré un roman avec une centaine de page en moins, car j’aime mes thrillers haletants.

Du coup, c’est plutôt dommage car ces points là m’ont empechés d’entrer dans le roman, qui pourtant a des éléments interessants. Les rêves en Mongolie (qui n’en sont pas réellement, on s’en doute) sont originaux, c’est pas un endroit que je connais et que je lis souvent, donc c’est un réel plus, d’autant que les descriptions nous transportent directement à Oulan Bator. L’ancrage régional est bien mené, et même sans connaitre Grenoble on se repère facilement et on visualise bien.

Au milieu du roman, l’intrigue bascule avec un penchant mythologique marqué et très bien fouillé. Des personnages comme Hecate ou Séléné ou Artemis font leur apparition, et leur statut mythologique est très bien intégré au thriller et à cette sorte de malédiction qui ronge Solana de l’intérieur.  Je ne l’avais pas vu venir et j’ai été surprise dans le bon sens. Je n’ai pas vu où l’auteur voulait nous emmener et quand on le comprend, on voit que des indices étaient présent depuis le début.

La fin laisse la porte ouverte au second tome, mais j’avoue ne pas être sur de le lire, car ce premier tome m’a laissée clairement mitigée. Il y’a un très bon potentiel, avec des éléments vraiment originaux que cela soit en terme de localisation ou en terme de mythologique, mais malheureusement, le problème des personnages et le manque de rythme m’a empêchée d’apprécier cette histoire.


Demain, une oasis de Ayerdhal 

Serafina dans Critiques, Livres le 28 septembre 2016, avec aucun commentaire
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Demain, une oasis est un roman de Ayerdhal publié en 1992 et qui a gagné le grand prix de l’imaginaire 1993. Il est réédité cette année aux éditions Le livre de poche et cest pour moi l’occasion de découvrir ce fameux auteur français de science fiction. C’est un petit livre, de moins de 300 pages, servi par une couverture qui fait très science-fiction.  Synopsis?

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Notre narrateur a une formation de médecin même si il n’a fait que l’internat. Il s’est spécialisé dans la recherche sur les maladies en milieu spatial et dans les nombreuses stations qui colonisent les étoiles . Manque de pot il devient malade en apesanteur il est donc coincé sur terre ou un à un poste administratif un peu plan plan. Mais un jour il se fait kidnapper et atterrit en Afrique où on le force à soigner des mourants et la pauvreté du tiers monde. Il découvre bientôt que les membres de cette ONG particulière spécialiste du kidnapping essaie tant bien que mal de résoudre le problème du continent.

Bien qu’écrit en 1992 soit il y’a 25 ans ce roman est tellement ancré dans notre réalité qu’il aurait pu être écrit il y’a moins d’un an. C’est tellement crédible que s’en est totalement flippant. La conquête de l’espace s’est faite au détriment de l’Afrique qui meurt petit a petit, de maladies, du dérèglement climatique, du terrorisme. La description des événements qui ont marqué le début du XXIème siècle dans le roman sont tellement réalistes, montrant notamment la montée du terrorisme que le livre est toujours extrêmement parlant.

demain-une-oasis-le-lbp-ayerdhalBien que se réclamant de la science-fiction, la plupart du roman se déroule sur notre bonne vielle terre, en effet, notre héros est condamné à y rester. La technologie a bien sur évolué, mais pas tant que cela, nous sommes dans un futur assez proche, les stations spatiales sont juste plus avancées et les projets de terraformation de Mars et Venus sont désormais bien concrets. Comme traditionnellement dans ce genre, la science-fiction est une excuse pour nous faire réfléchir à notre présent et sur notre propension a fermer les yeux sur ce qu’il se passe a quelques heures d’avion de nous.

Notre héros, l’Interne n’a plus de nom, il l’a abandonné face à la misère de l’Afrique. Il est dans un poste confortable, assez planqué et aime son petit confort. Il est comme nous donc. Son absence de son, son absence de description physique nous font comprendre que cela pourrait être n’importe qui d’entre nous, qui se retrouverait catapulté face à l’horreur du monde. Nous ouvrons les yeux en même temps que lui. Avec les mêmes répulsions, les mêmes idées préconcues qui nous permettent de vivre confortablement dans nos appartements bien chauffés alors qu’a coté on meurt de faim et de maladie.

Le roman est court et est plus intéressant pour sa réflexion socio-économique que ces personnages. Comme je l’ai dit l’Interne n’a pas de nom, on ne connait que peu des autres protagonistes, qui sont tous appelés par des surnoms et trois ou quatre traits de caractères. C’est donc un roman assez dense, qu’il faut prendre le temps de lire pour appréhender tous les sujets. L’intrigue en elle même va parfois très vite, et il y’a des elipses parfois de plusieurs années. Si vous recherchez le divertissement et le repos du cerveau, ce n’est pas un roman pour vous. C’est un roman sans complaisance, qui appuie là ou ca fait mal et nous plonge face à ce qu’on se cache. Une lecture qui fait clairement refléchir et que je vous conseille.


Les Douze Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Sharakhaï Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 12 septembre 2016, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir renoué avec la Fantasy avec La Voie des Rois j’ai décidé d’entamer une autre saga parlant aussi de têtes couronnées : Sharakhaï de Bradley P. Baulieu. Cette nouveauté de la rentrée chez Bragelonne est présentée comme un coup de cœur, le premier tome Les Douze Rois de Sharakhaï est servi par la très belle couverture de Marc Simonetti. Synopsis ?

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Ceda est une combattante d’arène masquée qui vit dans les bas fonds de Sharakhaï, ville tentaculaire située au cœur du désert issue de la sédentarisation de 12 tribus du désert et dominée par 12 rois devenus immortels suite à un marché passé avec les Dieux. Ces rois gouvernent Sharakhaï d’une main de fer et n’hésitent pas à assassiner les opposants. Ce fut le cas de la mère de Ceda, exécutée 6 ans plus tôt. Depuis, la jeune femme a décidé de la venger et d’éliminer les rois.

Il fut un temps où la Fantasy à la mode était celle avec une prophétie, une élue et des orcs. Aujourd’hui, la mode est à un monde despotique, a des héros sortis des bas-fonds avec un poil de trash pour faire adulte et sombre. Merci Game of Thrones. Ici, nous avons tous les éléments pour de la fantasy classique des années 2010. Ceda évolue dans la pauvreté de Sharakhai, les rois sont présentés comme despotiques et on pressent des tensions politiques derrière.

Bradley P. Baulieu

Bradley P. Baulieu

Cependant, l’auteur reste extrêmement soft, et si en effet Ceda vit dans un quartier pauvre, elle n’a pas l’estomac vide, elle ne craint pas pour sa vie quand elle sort dans le souk, n’est pas vraiment menacée, donc sa vie est tout de même assez confortable. C’est dans l’ensemble l’un de mes premiers reproches au livre : on reste dans la moyenne. L’univers censé être tout de même sombre n’est pas poussé plus que ça, du coup, la sauce a du mal à prendre. Il en va de même pour les personnages qui ne réussissent pas à être attachants, mais ne sont pas détestables pour autant. Ceda n’est même pas une Mary Sue, Emre son compagnon d’infortune est plutôt plat et je n’ai pas réussi à cerner sa personnalité.

Dans l’ensemble, c’est un roman de 650 pages qui se lit bien, mais que j’ai trouve sans trop de reliefs à l’exception d’un : l’univers moyen oriental de Sharakhaï. Nous sommes dans une ville au cœur du désert où les gens s’habillent de Jalabiyas et autres tenues plutôt communes dans des pays comme la Syrie, on se bat au sabre, on craint les tempêtes du désert. Il est rare de voir des romans de Fantasy dans ce type d’univers. Cependant, je ne suis pas très familière des termes vestimentaires moyen-orientaux, j’aurais apprécié un lexique. L’univers et la religion sont interessant. Dans cet univers, une nuit tous les mois environ, des être étranges rôdent dans la ville et emmènent des personnes pour les offrir aux dieux. On se doute bien que l’issue n’est pas heureuse et ces nuits là, tout le monde s’enferme dans la peur, même si être choisi est un honneur. Cette ambiance est très bien retranscrite et cette nuit mystérieuse est captivante.

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. BaulieuJe ne sais pas trop quoi dire de ce roman, car il ne m’a fait que peu d’effet. Il est divertissant, mais le fait qu’il n’aille pas jusqu’au bout en fait un divertissement grand public qui m’a laissé un peu sur ma faim. Il y a de bons concepts, et l’intrigue se tient, bien que l’auteur utilise de nombreuses fois un Deus ex Machina pour faire avancer cette dernière et particulièrement sur la dernière partie. J’aurais préféré un roman avec plus de profondeur et des intrigues plus poussées. Le style est correct mais ne m’a pas forcément marqué, les descriptions sont cependant bien dosées.

Vous l’aurez compris, je ne conseille pas forcément ce roman, ni ne le déconseille. Si vous appréciez la Fantasy assez classique et cherchez un roman pas prise de tête et qui se passe dans un univers intéressant, c’est un roman qui vous plaira. Je ne sais pas trop si je lirais le tome suivant, peut être pour voir comment cela évolue. En tout cas, nous sommes très loin du coup de cœur affiché par la maison d’édition. Je suppose que je recherche plus dans mes romans ces derniers temps.


Hellfest 2016: Jour 1

illman dans Concert, Musique le 4 septembre 2016, avec aucun commentaire

Ce premier jour du Hellfest 2016 commence sous un grand soleil, à peine éclipsé de temps en temps par quelques nuages qui semblent s’être perdu dans ce grand ciel bleu. C’est bien loin de l’ambiance boueuse qui se dégageait du camping jusqu’à présent ! Voilà de quoi nous mettre en confiance pour le début de la première journée, la plus critique pour moi sur un aspect bien important: c’est le jour où Kvelertak vient clôturer la Warzone en y mettant le feu pendant une bonne heure trente !

Hellfest 2016 Ambiance

C’est donc une pelouse bien verte et très fournie que nous finissons par fouler sous un grand soleil, après une assez longue attente pour les festivaliers. Comme d’habitude l’entrée empêchera ceux qui n’ont pas pris plus d’une heure d’avance de voir le premier groupe du festival, ce qui est régulier depuis plusieurs années maintenant. La sécurité et sur les rotules cette année, ce qui est compréhensible vu le contexte du moment, et donc certaines files ont pu prendre très longtemps tandis que d’autres beaucoup moins.

Monolord
Delain
Moonreich
Cruachan
Solefald
Shinedown
Halestorm
Behexen
Jambinai
Kampfar
Anthrax
Turbonegro
Sacred
Korpiklaani
Dropkick Murphys
Rammestein
Kvelertak

Monolord au Hellfest 2016

dabYo - Monolord au Hellfest 2016On commence donc cette édition 2016 sous la Valley -pour changer- avec un groupe de Doom/Stoner -pour changer- comme d’habitude le public est plutôt au rendez-vous en début de festival et ça doit faire plaisir au groupe qui va faire un set dans de très bonnes conditions. Je n’avais pas écouté leur musique avant de venir, et je n’ai pas été déçu.

Les morceaux sont faits de très bons riffs, bien lourds mais aussi entraînants et faciles d’accès. Une répétitivité propre au genre fait headbanguer de bon matin et c’est un vrai plaisir de commencer le Hellfest 2016 d’une telle manière.

illman - On commence la journée par Monolord… ou pas. Car comme ceux qui étaient avec moi à attendre de bien pouvoir rentrer sur le festival, Monolord n’aura été qu’un bruit lointain, occupé que nous étions à faire une heure de queue à attendre une fouille à laquelle il ne manquait qu’une seule exploration… Bref passons.

(suite…)


Anna est le premier tome de Filles des Cauchemars, un roman Young Adult paru initialement chez nous chez BlackMoon en 2014 et récemment édité en poche chez Le Livre de Poche. Ce roman écrit par l’américaine Kendare Blake abandonne sa couverture très ado pour une ambiance plus sombre et fantastique. Synopsis ?


fille-des-cauchemar-titre

Cas est un lycéen exterminateur de fantômes mais attention pas comme dans SOS Fantômes. Il y va à l’Athamé , couteau qu’il a hérité de son père. Il sillonne les  Etats-Unis à la recherche de fantômes. Cette fois-ci c’est Anna une jeune femme qui a été assassinée alors qu’elle se rendait a son bal de fin d’études et qui est maintenant liée à la maison qui l’a vue périr . Les malheureux y pénétrant y trouvent.. la mort.

fille des cauchemar kendare blakeNous sommes donc face à un héros adolescent mais qui a vite mûrit du fait de son activité on ne peut plus particulière. Cas se porte donc souvent en retrait de ses camarades de lycée qu’il sait qu’il quittera une fois sa mission terminée. Cependant, l’histoire propose aussi 3 autres personnages secondaires assez importants : Thomas le gringalet qui se révèle issu d’une famille qui côtoie de prêt le surnaturel mais aussi Carmel, une jeune fille populaire qui se révèle en avoir dans la tête et bien sur Anna la morte. Les autres personnages évoluant autour de Cas comme sa mère ou le grand-père de Thomas sont peu développés mais suffisamment crédibles.

Cas est notre narrateur et va donc nous raconter cette histoire. Je l’ai trouvé parfois un peu trop mature pour son âge, et il a tendance a prendre facilement trop de recul lors des moments d’action. Cependant, c’est un personnage agréable bien que j’aie eu du mal a cerner sa personnalités. Le personnage que j’ai particulièrement apprécié est Anna qui est en plus très visuelle, on imagine bien ses longs cheveux noirs et sa robe tachée de sang. Son destin tragique et son coté résolu la rendent attachante.

Le roman est assez court, puisqu’il ne fait que 350 pages, écrit assez gros et se déroule sur quelques semaines. Nos quelques héros vont essayer de neutraliser Anna, et devront pour cela comprendre ce qu’il s’est passé il y’a 50 ans lors de son assassinat. Les chapitres sont de longueur moyenne mais le rythme est soutenu. L’intrigue et sa résolution se tient, et j’ai apprécié que l’on évoque des magies moins connues comme l’Obeah qui est une sorcellerie des Antilles.

Vous l’aurez compris, ce n’est peut être pas la lecture de l’année, mais c’est une lecture que j’ai appréciée, loin des sentiers battus par le young adult, avec des personnages attachants et une histoire qui se laisse suivre avec plaisir. La fin est ouverte, et un deuxième tome clôt ce dyptique.


Il faut parfois suivre les bons acteurs étrangers pour découvrir les bons films étrangers, c’est comme ça qu’en suivant la filmgraphie de Tomohisa Yamashita découvert dans Dragon Zakura nous avons finir par tomber sur une véritable perle: Nobuta wo Produce. Mais avant de vous expliquer pourquoi ce Drama de dix épisodes produit par NTV est une pépite qu’il faut absolument avoir vu, penchons nous dessus avec un petit Synopsis.

Nobuta wo Produce

La vie est un jeu pour Shuji et la popularité au lycée est la façon principale d’y gagner. Il n’hésite pas pour cela à aller au karaoké avec des amis qu’il connait à peine et où il se fait royalement chier, à faire semblant de sortir avec une des filles les plus populaires de son lycée ou à sortir des blagues à tout va. Mais une fois rentré chez lui et le masque tombé, il n’y a plus grand chose de très intéressant à faire dans cette vie de jeu d’acteur. Rien ne le destinait à croiser le chemin d’Akira, une sorte de cassos perdu que personne ne comprend vraiment, ou encore de Nobuta, une élève tout juste transférée dans sa classe qui semble en être le nouveau bouc émissaire… Pris de pitié, il lui propose de l’aider à devenir populaire, et quel meilleur défis que d’essayer de rendre populaire la fille la plus détestée du lycée ? Le tout sans pour autant divulguer son implication, une information qui mettrait assurément en cause sa popularité.

Nobuta wo ProduceNous rejoignons cette histoire au travers des yeux de Shuji, cet adolescent populaire qui connait les codes à suivre pour arriver à ses fins dans l’univers impitoyable que sont les bancs d’un lycée japonais. Les jeunes japonais y passent une majorité de leur temps et ne s’y font pas beaucoup de cadeaux -en France non plus, évidemment-, alors quand Nobuta la jeune transférée mal dans sa peau et inapte aux relations sociales arrive dans sa nouvelle classe, c’est un vrai déluge qui va s’abattre.

Nobuta wo Produce est avant tout une série qui vous met mal à l’aise devant la cruauté dont les adolescents peuvent faire preuve, cliché certes mais tellement réaliste et facile à imaginer. Les premiers épisodes sont d’une cruauté sans borne qui aura de quoi vous retourner l’estomac, transformant chaque épisode en douleur.

Et pourtant, un rayon de soleil est là pour nous donner l’espoir de voir les choses s’améliorer, des petites améliorations qui sont souvent douchées de manière cruelle, mais qui donnent envie de suivre l’aventure de Nobuta et savoir si ses deux potentiels amis vont réussir à la produire. Le prétexte pour forcer la rencontre des trois personnages principaux, le fait de rendre Nobuta populaire (la « production de Nobuta » donc) fait office de fil conducteur tout au long des dix épisodes.

nobuta wo produce shujin nobuta akira

Mais ce Drama traite bien plus de l’amitié que de l’éventuelle popularité de notre héroïne. Nobuta wo Produce est avant tout une ode à aux joies de l’amitié, au fait de ne pas se sentir seul dans cette tempête qu’est l’adolescence et à quel point pouvoir compter sur d’autres personnes qui vous acceptent tel que vous êtes est important.

Les charges émotionnelles sont d’autant mieux rendues que les acteurs principaux sont d’une très grande qualité. Maki Horikita y joue Nobuta, un personnage mal à l’aise socialement, avec peu sinon aucun estime d’elle même et des scènes d’une violence émotionnelle énorme. Elle le fait de manière impressionnante et avec talent, tant et si bien qu’elle est méconnaissable, alors qu’on l’avait déjà croisée pour Hanakimi, l’adaptation en Drama du Shojo Parmi Eux. Tomohisa Yamashita qui nous a attiré vers cette série joue lui aussi magnifiquement bien cet adolescent pommé que tout le monde a un jour eu dans sa classe de lycée. On ne sait pas trop ce qu’il fait, pourquoi il est bizarre et il sort toujours ces petites phrases que personne ne comprend (si vous n’en connaissez pas, c’est que c’était peut être vous). Entre ces deux rôles on retrouve Kazuya Kamenashi dans le rôle du lycéen modèle, et s’il le joue bien, le personnage manque sans doute d’un peu de folie pour vraiment marquer.

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Les dix épisodes de Nobuta wo Produce sont réussis et bien rythmés. A chaque fois centré sur une thématique de l’école, mais façon déprime, le Drama s’avère être une sorte de plaisir masochiste. Amadoué par Nobuta que l’on ne peut que souhaiter voir réussir, on s’inflige cette dose d’émotion forte qui fait mal. Heureusement, le rayon de soleil est là pour nous montrer que l’éclaircie n’est sans doute plus très loin. Nobuta power ! Chuunyuu !