Tom Waits

aka oni dans Coup de Coeur, Musique le 20 mars 2009, avec aucun commentaire

Une voix trempée dans un fût de Bourbon, séchée et fumée pendant quelques mois, puis sortie et renversée par une voiture.

C’est ainsi qu’un journaliste décrivit un jour la voix de Tom Waits (né en 1949). Pour fidèle qu’elle soit, cette métaphore n’évoquera probablement rien à celui qui n’a pas écouté de Tom Waits. Pour ma part, je tenterai d’éviter les métaphores douteuses ; on pourrait certes tenter de lui accoler des adjectifs comme volcanique, rocailleuse, et autres, mais le mieux reste de l’écouter.

Une voix unique et extraordinaire, vous l’aurez compris ; pas de celles qui peuvent couvrir huit-cents octaves comme celle de Freddy Mercury, mais de celles qui semblent détruites par des années de whisky, de tabac et de coups durs. Une voix de bluesman. Bien que Tom Waits soit classé dans le rayon « Pop-Rock » dans la plupart des médiathèques et magasins, il s’agit pour moi de blues pur et dur (amateur de guitare électrique et de rythmes survitaminés… Allez vous réécouter un Led Zeppelin.)

À cette voix hors du commun s’ajoutent des mélodies redoutablement efficaces et recherchées (Down Town, Midnight Lullaby), des textes originaux, cyniques et amusants, des chansons entraînantes (Romeo Is Bleeding), ou très touchantes, de ces chansons qui vous collent un vague-à-l’âme d’enfer (Red Shoes, Tom Traubert’s Blues)… Du blues, quoi. Des grognements presque animaux sur certaines chansons, jouissifs (Romeo Is Bleeding), des chansons mélancoliques (Invitation To The Blues), parfois un peu plus énervées (enfin ça reste du blues, Down Town par exemple), et je pourrais continuer longtemps ainsi tant ses chansons éveillent des sentiments variés. Absolument exceptionnel. L’atmosphère générale est celle d’un bar enfumé de New-Orleans ou autre, tard le soir – image qui a inspiré plusieurs de ses chansons (une de ses chansons est d’ailleurs un long morceau instrumental avec les discussions des consommateurs du bar en fond, et a été enregistrée dans ces conditions) –, un whisky à la main et une clope dans l’autre. Ouah, j’en deviendrais presque lyrique, mieux vaut s’arrêter là avant que ça ne devienne grotesque.

Tom Waits

Tom Waits est donc de ces artistes globalement inconnus, quoique légendaires chez les amateurs, et qui a inspiré un nombre incroyable de reprises (même les Ramones l’ont repris, alors c’est dire.) Pour les anecdotes, on signalera qu’il n’a jamais voulu que ses chansons soient utilisées pour la pub, et qu’il a mené certains procès pour cela ; et qu’il a régulièrement joué au cinéma (par exemple dans le Dracula de Coppola), et composé des musiques pour des films.

Bien sûr, il a composé une des chansons les meilleures au monde (okay, c’est subjectif), dont l’introduction éveillera forcément un souvenir chez vous, et dont le rythme simple et génial plaira à tout le monde, amateur de blues ou non : Ice-Cream Man.

Pour une bonne introduction à Tom Waits, je conseillerais l’album Closing Time (son premier album, 1973), puisqu’il contient Ice-Cream Man et Midnight Lullaby, mais il n’y a de toutes manières pas de canard boiteux dans sa discographie ; attention tout de même aux albums postérieurs à sa période « Asylum » (sa maison de disque), les albums suivant étant beaucoup plus expérimentaux que blues.


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