Une tournée de Therion, c’est quelque chose que je ne loupe pas. Quitte à aller à Paris ou à Limoges pour la tournée Sitra Arha. Nous avions donc acheté nos places depuis bien longtemps lorsque les premiers détails concernant Les Fleurs du Mal, le CD qui accompagnerait la tournée, sont sortis. Mais ça, on reparlera prochainement.

Therion Les Fleurs du Mal Tour

Therion fêtaient avant tout leurs 25 ans d’activité (87 est décidément un bon cru !) et ceci dans la salle du Bataclan. Plus grande que feu l’Elysée Montmartre (sans mauvais jeu de mot), elle peut accueillir près de 1500 personnes, et si elle n’était pas sold-out c’était quand même bien plein. Pour les premières parties, on retrouve deux jeunes groupes de Metal Symphonique, Antalgia et Elyose.

Antalgia au Bataclan

Antalgia au BataclanOn commence la soirée avec Antalgia, un groupe de « Metal à chanteuse » venu d’Espagne et aux allures très Prog sur le papier. Malheureusement, je dois avouer que j’ai trouvé les compositions assez bateau, avec des lignes vocales sans grande originalité.

Une chanteuse certes qui fait le boulot mais sans être exceptionnel. Un groupe que je classerai malheureusement avec ces nombreux groupes qui participent à la saturation et au nivellement par le bas du registre « Metal à chanteuse ».

Le jeu de scène est totalement inexistant, leur chanteuse semble très timide et ses rares interactions avec le public s’en retrouvent fortement impactées. Le guitariste et le bassiste ne bougeront pas une seule fois du set, et tout ne peut pas être excusé par la jeunesse du groupe. Si cela s’écoute , ça n’est pas transcendant et je n’en garderai probablement aucun souvenir.

Elyose au Bataclan

C’est ensuite à Elyose de rejoindre la scène, deuxième groupe de la soirée.Des français qui proposent un mélange de samples de classique à coup de violons et de chants grégoriens avec de l’électro et du chant lyrique. Parisiens, ils sont visiblement heureux d’être là et de jouer « à la maison », la communication avec le public passe mieux, bien que souffrant de problèmes similaires. Difficile de chauffer une salle occupée par le public de Therion. Mais c’est toujours agréable de voir un groupe français.

Elyose au Bataclan

Au niveau des morceaux, j’ai apprécié les premiers, la voix aérienne de leur chanteuse, le mélange Electro/Metal plutôt pas mal dosé, mais j’ai trouvé cela rapidement répétitif: un seul registre de chant, mêmes effets et au final, difficile pour le néophyte de différencier un morceau d’un autre. Je mets ça sur la jeunesse du groupe qui n’a encore qu’un album et je les note tout de même dans les « à suivre ».

Therion au Bataclan

Enfin, ce qu’on est venu voir c’est Therion. Cette tournée est un peu particulière car annoncée comme la dernière avant un bon moment: le groupe ou plutôt son leader Christofer Johnsson ayant décidé de bosser sur un opera-rock à la limite de la comédie musicale. On ajoute à cela un disque auto-produit et auto-vendu (par Johnsson lui même au merch) dont le concept laisse pantois même les plus grands adeptes de LSD: reprendre en Metal Symphonique de la chanson française des années 50-70. Si vous ne voyez pas de quoi nous parlons, reportez vous à notre article. Le tout est enrobé dans une tournée « 25 ans » qui on nous le promet, va extirper de la vieillerie.

Thomas Vikstrom de Therion au Bataclan

Si ces cinq dernières années Therion avait commencé à user et abuser du décor scénique (candélabres, tribunes, grilles, etc), c’est sur une scène dépouillée que le groupe se présente avec une configuration qui n’est pas sans rappeler celle de Celebrators of Becoming : une tribune pour les chœurs dans le fond (occupée par les chanteurs du groupe quand ils ne sont pas lead) et les musiciens en avant. On notera aussi pour la première fois la présence d’un claviériste.

Le groupe commence sur les premières mesures d’O Fortuna et on passe très vite dans le vif de leur dernier album, à savoir : Poupée de Cire poupée de son, chanson qui fonctionnera plutôt bien en live, la plus grande partie du public n’étant pas encore au courant de ce qu’est Les Fleurs du Mal. Pour le reste, c’est une vingtaine de morceaux qui composeront un concert comme toujours assez long.

Lori Lewis de Therion au BataclanCela fait 6 ou 7 fois que je vois Therion en live et si il y a quelque chose de bien, c’est que les concerts ne sont pas prévisibles. Ici, le groupe va nous jouer pas mal de morceaux totalement inédits en live, notamment Via Nocturna de Deggial, morceau long, épique, complexe, mais surtout magnifique. Son enchainement avec Land of Canaan, qui sera le seul rescapé de Sitra Ahra, est tout aussi impressionnant. Partageant les mêmes caractéristiques que le précédent, Land of Canaan est d’une efficacité remarquable en live, avec une montée en puissance de fou et des lignes vocales monstrueuses. Un des meilleurs moments du show.

Difficile de parler de Therion sans parler de ses chanteurs, ou plutôt de son chanteur et ses chanteuses. La discographie étant vaste et les changements de chanteurs légion au cours des 25 ans de carrière, il faut saluer la performance de Thomas Vikstrom assurant sur cette tournée seul le chant masculin, des chœurs de Via Nocturna, aux parties écrites pour la voix de Snowy Shaw dans Land of Cannan en passant par les cultes Blood of Kingu et autres Son of the Staves of Time initialement adaptés à celle de Mats Levèn. Et le tout, sans faille. Les deux chanteuses ne sont pas en reste. Lori Lewis reste une des meilleures soprano que j’ai pu voir évoluer dans le Metal, elle chante sans peine et sans fausses notes. Linnea Vikstrom apporte un brin de jeunesse et de fraicheur avec une voix plus commune, plus « innocente » mais qui se marrie bien.

C’est un set quasiment sans temps morts que Therion nous servira là. Pour une fois, Christofer prendra un peu de temps pour nous expliquer le contexte, le concept de leur nouvel album, et leur choix d’avoir sorti leur disque sans Nuclear Blast derrière, car ils estiment que c’est « le groupe qui doit choisir comment le groupe sonne ». Une intervention agréable et honnête, qui compensera largement l’incompréhension des morceaux tiré de Les Fleurs du Mal par la majorité du public. Reste que si ce dernier scande à corps et à cri qu’ils sont d’accord avec le musicien, ça ne sonnait pas comme de la réelle adhérence à l’idée.

Christofer Johnsson de Therion au Bataclan

Trois titres en seront joués, outre Poupée de Cire, on trouvera J’ai le mal de toi et Une fleur dans le cœur, qui malheureusement font parties de celles que j’aime le moins de l’album. Les deux dernières étant relativement lentes d’ailleurs, la réaction du public pour J’ai le mal de toi était proche du néant. Pour le reste, c’est du sans faute, et quel plaisir de découvrir Wondrous World of Punt ou Gothic Kabbalah en live !

Malgré le nombre de fois où j’ai vu Therion en live, je suis ressortie enchantée, le concert est assez imprévisible, pioche largement dans leur remarquable discographie et finit évidemment en apothéose avec To Mega Therion. C’est toujours aussi génial, et je ne peux que vous conseiller, si vous le pouvez, de les voir au moins une fois.


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