Le Sonisphere France est un très jeune festival, puisque nous revenons tout juste de sa troisième édition qui s’est déroulée les 8 et 9 juin dernier. Trois éditions c’est relativement peu, plus jeune que le Motocultor par exemple, mais on ne joue pas du tout dans la même cour puisque c’est au Hellfest que l’organisation veut se frotter. Ça veut donc dire une affiche qui doit pouvoir faire rêver les metalleux de France et surtout, une organisation à la hauteur quand celle du festival de Clisson est plus que rodée après toutes ces années de galère. Alors, mission accomplie ?

Sonisphere France 2013

Back from Hell

Arrivé en fanfare en 2011 avec sans doute l’affiche la plus hallucinante pour un festival de Metal en France -le big four et de la tête d’affiche en veux-tu en voilà- le Sonisphere France avait vu très grand. Assez grand cette année là pour faire de l’ombre aux MainStages du Hellfest 2011. Mais après cette arrivée tonitruante, le festival s’était fait oublier l’année dernière. Et pour cause, les déconvenues se sont enchaînées. D’abord à cause de son envergure européenne, l’annulation du Sonisphere anglais ayant des impacts sur sa programmation, l’année 2012 était bien moins florissante et donnait bien moins envie. Evanescence en tête d’affiche, c’est quand même loin de Metallica. Pour ajouter à la déconvenue, des conditions climatiques exceptionnellement mauvaises ont poussé l’organisation à annuler les concerts en extérieur pour la sécurité du public.

On peut donc dire que la production revient presque d’entre les morts pour cette édition 2013, tant les choses étaient mal engagées un an plus tôt. Et côté affiche, c’est tout de même d’une manière assez réussie puisque les headliners principaux ne sont autre qu’Iron Maiden, l’un des rares groupes ultra-cultes qui ne soit pas encore passé sur les scènes des festivals français ces dernières années. De quoi en tout cas fédérer une bonne partie du public, qui pourra aussi venir pour les plus jeunes Korn et Limp Bizkit.

Apollo et Saturn: un petit pas pour le metalleux

Le festival présente deux grandes scènes sur lesquelles les groupes alternent pendant toute la durée du festival, aussi la plupart des groupes programmés doivent plaire au plus grand nombre. On parle tout de même de 20 à 40 000 festivaliers pour chaque journée, aussi ce sont des grosses pointures du Metal, ou au pire des cas, de leur sous genre. Je citais au dessus Iron Maiden, mais on retrouve d’autres noms fédérateurs comme MötörheadMegadeath et Slayer, ou encore les plus jeunes Airbourne qui feront parti des grands de demain.

Sonisphere France 2013 Public

Les ovnis sont bien rares il faut le dire, Ghost en étant sans doute le plus original, ou alors quelques petits groupes du matins comme Hacktivist. Pour le reste on y retrouvera finalement que des grands groupes, Behemoth et Epica faisant peut être partie des plus… extrêmes. Du coup il faut bien avouer qu’on ne venait pas au Sonisphere France pour la découverte mais plutôt pour se faire plaisir sur de grosses pointures, c’est sans doute là la plus grande différence avec le Hellfest. On pourra tout de même regretter qu’une grande partie de l’affiche était constituée de groupe déjà présents en 2011.

Les deux scènes sont face à face, séparées d’une bonne centaine de mètres et des tours occupées par la régie, ce qui permet aisément de passer de l’une à l’autre pendant les cinq minutes de battement prévu. Il ne faudra tout de même pas tenter la traversée complète qui deviendra plus que difficile passées les 17 heures, là dessus un changement de terrain serait plus que bénéfique tant il avait tendance à devenir exigu. Pour Iron Maiden par exemple, le terrain était quasiment utilisé dans son ensemble.

Le son toutefois était malheureusement de qualité assez disparate. Il était parfois très bon avec Ghost par exemple, ou alors tout bonnement inaudible avec Airbourne. Le dimanche la scène Saturn donnera l’impression que les aigus étaient mieux retranscrits, le chant de Simone Simons et sa voix féminine sera d’une très bonne qualité. Malheureusement, ça et là les basses étaient franchement trop fortes, pour DragonForce par exemple, mais plus gênant encore sur Airbourne: la basse était tellement forte que les boules Quies ne suffisaient pas, il fallait alors parfois se boucher les oreilles ! Un vrai supplice qui durait parfois de bonnes dizaines de secondes, et je dois bien avouer que ça ne m’était jamais arrivé jusqu’alors…

Public du Sonisphere France 2013

Finalement, il faut quand même parler des structures de sécurité qui ont été mises en plein milieu de la fosse, sans doute pour empêcher les wall of death et autres circle pit. Pour le coup, il faut bien avouer, c’est chose réussite: il n’y en aura pas eu pendant tout le festival, seuls quelques moshs par ci par là, se battant en duel. Un bien alors ? Oui et non, l’ambiance en a un peu (beaucoup) souffert il faut bien l’avouer, rendant certains concerts d’habitude agressifs et entrainants un poil mou… Le metalleux vient voir du son extrême, il aime le faire dans un cadre extrême, et essayer de le brider n’est pas forcément la bonne solution.

Le Sonisphere doit changer de terrain !

Facile d’accès, c’est la déviation de l’autoroute vers Strasbourg qui nous aura causé le plus d’embouteillages pour rejoindre le Sonisphere France. Amneville est relativement bien desservie, l’autoroute y passant juste à côté, c’est presque un régal de s’y rendre. Du moins si on arrive au bon moment, car plus le temps passe et plus l’on sera garé loin, très loiiiiiiin. En re-sortir par contre sera tout aussi aisé, là dessus on ne peut pas dire que l’emplacement soit mal choisi, les commodités étant juste à côté qui plus est.

Sonisphere France 2013 File Attente

L’organisation de la première année avait été qualifiée de désastreuse, on était donc en droit de s’inquiéter. Commençons par les mauvais côtés pour une fois, il faut bien avouer que le terrain n’est pas franchement idéal pour le festivalier, à flan de colline et avec des revêtements plutôt hostiles, tantôt gravier, tantôt béton. On est loin des champs et ça se ressent, c’est très chaud lorsqu’il fera grand soleil le samedi, et le gravier sur le goudron à tendance à fatiguer plus vite lorsqu’on est debout. Sans parler de s’assoir, évidemment.

Ce sera évidement la première source de revendication côté camping, ça des toilettes un peu plus nombreuses et surtout un manque de point d’eau. Il faudra aussi marcher entre 10 et 20 minutes à travers une sorte de forêt pour rejoindre sa tente ou même le parking, de nuit et avec seulement quelques lampadaires alimentés par des électrogènes ça et là. Fatiguant, dangereux car on y voit pas grand chose et je dois bien avouer que je n’aurai pas aimé m’y promener tout seul pendant un concert en plein noir…

Au rayon des doléances toujours, quelques mots sur la buvette et la nourriture qui laissait l’incompréhension régner. Des tickets pour la nourriture, mais de l’argent pour la bière, il faut avouer que le metalleux français n’y est pas forcément habitué et qu’on aurait pu penser qu’il s’agirait de l’inverse. Surtout que tous les commerçant de nourriture ne prenaient pas les tickets ! Et évidemment, on ne le dira jamais assez, mais quand il fait 40 degrés et qu’on est en plein soleil, des points d’eau gratuits sont indispensables ! Que la petite organisation du Motocultor ne puisse pas faire mieux que l’eau gratuite aux stands, on comprend, mais que le Sonisphere France ne propose que des bouteilles payantes par contre, non !

Sonisphere France 2013 Securite

Mais tout n’est pas négatif et il faut bien dire que nous avons été tout de même surpris par l’organisation, qui s’est bien améliorée et est loin d’être aussi désastreuse qu’annoncée. On aura eu ce goudron certes, mais qui a bien vite séché lorsqu’il a plu, et surtout une sécurité un peu plus compréhensive et proche des metalleux. J’aurai même tendance à l’avoir trouvé trop douce avec les slamers. Les toilettes étaient « assez bien » nettoyées, on reste dans un festival évidemment. On notera aussi la très bonne idée de la mini supérette en plein milieu de camping, idéal pour acheter quelques produits de premières nécessité dont on se serait rendu compte de l’absence un poil trop tard.

Il ne reste donc plus qu’à espérer que le festival déménage, après tout l’organisation n’était liée au terrain que pour trois années, elle est désormais libre d’en partir.

Sonsiphere France 2014

Alors, que penser de cette première édition en conclusion ? L’organisation était loin d’être aussi mauvaise qu’annoncée, ce qui était agréablement surprenant ! L’affiche était au rendez-vous et les concerts plutôt bons, comme vous pourrez le voir dans nos live-reports. Le festival est présenté comme pompe à fric par les passionnés, comme une simple opération visant à voir les metalleux comme des vaches à lait, incompatible avec le Hellfest, version des passionnés et du droit chemin.

Sonisphere France 2013 by Night

Pourtant chez if is Dead nous ne pouvons que penser que l’arrivée d’un nouveau festival est une bonne chose pour le Metal en France, quelque soit les motivations qui en sont à l’origine. Il faut que les deux festivals puissent coexister pour augmenter la visibilité du genre, ce qui sera bénéfique à tous et surtout à nous, metalleux.

Je dois bien dire que j’ai été agréablement surpris, mais je regrette encore de nombreux points. L’affiche est sans doute encore trop conventionnelle, ne prenant quasiment aucun risque et n’incitant pas à la découverte. Le festival surtout manque encore d’identité, d’ambiance, et si on y entend du bon son on ne pourra que déplorer cet aspect. Personne ne se souviendra de l’Apollo ou encore de la Saturn, et c’est peut être là le principal problème du Sonisphere France.


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3 Comments, donnez votre avis !
  • Raven a écrit le 12 juin 2013 à 20 h 01 min:

    ahah, ça a l’air de s’être un peu amélioré, mais ce terrain c’est toujours pas possible ! J’ai fait l’édition 2011 (juste après le Hellfest cette année là) et j’avoue que ça avait fait un choc après être passée par Clisson… Le terrain est atroce, un camping était sur un parking (!), une seule sortie en pente… Ok, c’était une première mais c’est Live Nation derrière !
    Bref, y’a encore bcp de progrès mais il est vrai que les affiches sont globalement sympa pour faire un bon gros condensé de classique en un week-end ! :)

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  • SheHulk a écrit le 21 juin 2013 à 13 h 03 min:

    Pas eu de problème du tout pendant Airbourne, ça devait dépendre de l’endroit où on se trouvait :)
    Le système nourriture/boissons et le nombre de toilettes disponibles (j’en ai vu beaucoup plus dans de plus petits festivals) est à revoir! Sinon, ce fut un très très bon week-end!

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  • melvins57 a écrit le 19 août 2013 à 2 h 11 min:

    Bon alors franchement les gars là faut arrêter !! Vous parlez sans cesse de la qualité du terrain !! peut être préférez-vous la boue jusqu’au genoux en cas de pluie !! Et sincèrement pour voir Maiden, Korn, Motorhead, Slayer, Mastodon et consorts, ça aurait pu être dans un champs de purin j me serai pas plain !! Après si vous cherchez du confort je vous conseil d’aller vous installer dans les sièges en velours des concerts de Sardou !!

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