Requiem for the Indifferent de Epica

Serafina dans Critiques, Musique le 13 mars 2012, avec 3 commentaires
Critiques

Après un Design Your Universe qui avait divisé la rédaction (moi je ne l’ai pas aimé, mais dabYo oui), Epica revient en ce mois de mars avec son 5ème album studio: Requiem for the Indifferrent. On y retrouve une pochette plutôt jolie, mais un peu surprenante de la part du groupe. Les premiers morceaux révélés sur le net semblaient de bonne augure, voici venu le moment d’écouter de plus près cette galette, et surtout, en entier.

Requiem for the Indifferent de Epica Promo

Dès le début, pas de surprise, une introduction instrumentale et martiale, une piste d’ouverture qui envoie et un single. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, c’est bien le même schéma que celui de Design Your Universe. Ceci dit, dès le début, ou plutôt dès Monopoly of Truth, on remarque l’un des changements majeurs de l’album: la mise en avant des voix et de celle de Simone surtout, qui chante assez différemment mais qui, sur CD du moins, semble avoir fait de considérables progrès, en étant plus assumée qu’auparavant. On retrouve sa voix lyrique sur pas mal des refrains, mais aussi des vocalises orientales de Requiem for the Indifferent, bien mieux maitrisés que sur un Cry for the Moon.

Je sais que ce changement divise et divisera, mais ici je dois dire que je suis plutôt convaincue, les lignes de chant sont moins linéaires et il y a plus d’amplitude. Et il faut bien le dire, les chœurs de Monopoly of Truth font sacrément penser à l’époque Consign to Oblivion. Le single déjà dévoilé, Storm The Sorrow, reste efficace et correct, sans être aussi pire qu’un Never Enough, il va à l’essentiel et se laisse écouter.

Dans l’ensemble l’accent a été mis sur la voix féminine mais c’est malheureusement au détriment des grunt de Mark Jansen, qui sont bien moins présents qu’auparavant, et surtout des guitares. Après avoir eu la part belle dans Design Your Universe, ces dernières sont cruellement absentes du mix, hormis sur quelques soli. Soli qu’on retrouve d’ailleurs plusieurs fois avec un son clair comme sur celui de Delirium, très oldschool que personnellement j’apprécie beaucoup. C’est tout de même dommage d’avoir deux guitaristes et d’entendre aussi peu les guitares…

Requiem for the Indifferent de Epica Single

A vrai dire, outre Monopoly of Truth et Storm the sorrow, qui avaient déjà été dévoilées et que j’avais donc écouté plusieurs fois, j’ai eu du mal, au début en tout cas, à entrer dans l’album. Et c’est seulement en une semaine et quelque chose comme 25 écoutes que finalement, je peux en faire la chronique. Ce qui veut dire que oui, Requiem for the Indifferent est complexe, et même trop sans doute.

Car si on omet quelques titres très directs, Storm the Sorrow, Delirium et sa ballade au piano, ou encore Guilty Demeanor, il vous faudra plusieurs écoutes pour saisir les morceaux. En effet, si Epica a toujours aimé les constructions bizarres et les contrastes importants entre les parties d’un même morceau. Cette habitude est ici poussée peut être un peu loin, et il y a parfois tellement d’éléments dans un seul morceau qu’on peine à saisir qu’il s’agit du même morceau… C’est notamment le cas sur Avalanche dont le final est bien éloigné du début, ou sur la piste titre qui comprend tellement de parties qu’on en perd complètement le fil. Ce qui est dommage, car Requiem for the Indifferent est sans doute un des meilleurs morceaux : l’utilisation des sons arabisants est bien mené, les chœurs sont beaux.

Cette complexité ne sert pas forcément l’album et étouffe un peu les compositions. Compositions sur lesquelles il faut bien dire que malheureusement, il n’y a pas énormément d’originalité. En fait, si on omet la nouvelle manière de chanter et les soli en son clair, il n’y a pas grand chose d’inédit dans cet Epica. On retrouve un peu toujours les mêmes schémas en plus complexes et les mêmes thèmes. La piste titre ne fait guère penser qu’à un ripoff de Consign to Oblivion. Oui c’est efficace et tout, mais c’est déjà vu.

Simone Simons Requiem for the Indifferent de Epica Promo

Trois morceaux font office de ballades ou de power ballade: Delirium, Guilty Demeanor et Deep Water Horizon. L’enchainement des deux dernières, juste après un break instrumental au piano Anima, a tendance à rendormir l’auditeur pourtant bien mis en jambe par le très sympathique Requiem. Sur un album de 75 minutes, ce genre de perte d’attention est fatal… Et c’est bien dommage car les derniers morceaux sont de très bonne facture : Stay the Course, d’abord, et malgré ses paroles un peu mièvres à base de Stand focused, stay strong, Stay the course. Puis le très engagé Deter The Tyrant avec son discours politique dans la plus pure tradition Epica, et Avalanche à la deuxième partie géniale à base de chœurs enlevés !

Requiem for the Indifferent de Epica CoverIl me sera impossible de vous parler de la dernière piste, Serenade of Self Destruction, qui est pourtant supposément la meilleure de l’album, car pour une raison inconnue tous les CDs (ou presque) ont été gravés avec une version de la dernière piste sans les voix ! C’est donc sur ma galette une piste instrumentale, qui ne reflète absolument pas ce qu’est réellement le morceau, disponible sur iTunes dans sa vraie version. J’ai du mal à comprendre qu’en 2012 on puisse faire une telle erreur mais…

Au final, Requiem for the Indifferent n’est pas un mauvais album une fois qu’on a pu entrer dedans. Il contient ses morceaux d’épique, ses chœurs magistraux, de jolis voix et des jolis soli. Mais malheureusement l’absence de guitares, de grunts et la complexité parfois inutiles font que l’album reste en deçà de ses prédécesseurs. Je suis curieuse cependant de voir le groupe évoluer et peut être sortir de ses carcans !


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
3 commentaires, donnez votre avis !
  • sarahk21 a écrit le 16 mars 2012 à 0 h 18 min:

    Bon ben la c’est claire je n’arriverai jamais a vraiment aimer ce groupe, j’ai essayé tout leur disque rien a faire je m’ennuie, c’est beau c’est tout ce qu’on veux mais ca ne donne aucun frisson, c’est vraiment bizarre j’ai l’impression d’écouter un beau morceau mais dépourvue d’émotion, ce n’est pas faute d’avoir réécouter… je pense que je ne serai jamais fan d’epica pourtant la premiére fois que j’ai écouter ce groupe vu les eloges j’étais parfaitement en condition pour être enthousiaste et ben non c’est tombé a plat,’ par contre j’ai découvert un groupe il y a peu (connu en plus!!!) leaves’ eyes et la j’accroche a fond mais epica non… tant pis :) )

    RépondreRépondre
  • natasha a écrit le 20 mars 2012 à 9 h 32 min:

    Bonjour, j’ai aimé tous les albums d’Epica et beaucoup le dernier. Contrairement à vous, je suis rentrée facilement dedans et sa complexité est pour moi un atout. Dans chaque avis, il y a une part non négligeable de subjectivité. Peut-être n’avez-vous tout simplement pas l’oreil encore fait à ce type de son. Pour moi qui pratique la musique classique et qui ait l’oreil fait à ce type de musique, c’est magnifique! Quand on neconnait pas bien, on a tendance à trouver que tout se ressemble (comme moi avec la pop ;-)).

    RépondreRépondre
  • nicolas a écrit le 24 mars 2012 à 14 h 45 min:

    Bonjour,
    Je suis un vrai fan d’Epica et je vais d’ailleur aller les voir en concert en avril au Bataclan.
    En ce qui concerne ce dernier album je suis entièrement d’accord avec cet article. Avant d’acheter l’album j’avais déja écouté « Storm the Sorrow » et aussi quelques extraits de l’album. J’ai tout de suite ADORE. Les mélanges des différents sons (guitare, batterie, piano, violons, choristes,…) m’ont littéralement scotchés.

    MAIS il est vrai qu’après avoir acheté l’album j’ai eu du mal à entrer dedans (peut etre m’étais-je gaché le plaisir en écoutant un peu de chaque morceau auparavant). Il y a effectivement une certaine complexité dans cet album (bien plus que dans le précédent) qui fait qu’on n’arrive pas a l’ecouter à 100% avec une pleine concentration (du moins pas facilement, et puis 1h20 d’écoute c’est long!). Après écoute je n’ai retenu que quelques morceaux (principalement « storm the sorrow » et « monopoly on truth »). Le reste se fait rapidement oublier, exactement comme lorsqu’on essaye de s’endormir avec de la musique: on écoute les premières musiques, on savoure, on bouge dans tous les sens puis sans s’en rendre compte 1h s’est écoulé et on ne se souvient plus des musiques qui sont passés durant cette dernière…vraiment bizarre…

    EN REVANCHE je ne suis pas d’accord de dire que cet album est inférieur aux autres.
    Pourquoi? Parce que CA ENVOIE tout simplement! On se retrouve assez rapidement plongé dans l’univers d’Epica avec leur habituelle Prologue. Le style reste fidèle à celui de « Designe your Universe », toujours aussi puissant. Mais on sent bien que quelque chose à changé. « Monopoly on truth » (deuxième morceau) annonce la couleur. Il symbolise à lui seul toute la complexité mais surtout la force de l’album. Le son change constamment et on y retrouve un vrai contraste entre le début et la fin. Tout ce que je citait précédemment est présent sur une seule musique: intro lourde en guitare et en batterie, la voix magnifique de Simone Simons, la voix de Marc Jansen, les violons, les choristes et surtout: le solo de guitare à la fin qui bien que court m’a tout simplement fait réver (le pire c’est qu’on le sent arriver,la musique change, devient plus décalée par rapport au reste de l’album mais le groupe parvient à nous faire attendre environ 2mn avant de nous en faire profiter).
    Les autres morceaux sont dans le même ton certains puissants d’autres composés de ballades accompagnée du piano,je préfère ne pas trop en dire mais croyez moi c’est du vrai EPICA! (avis aux fans!).

    POUR CONCLURE ce commentaire un peu long (désolé ^^) cet album est effectivement plus COMPLEXE que les autres et sa durée d’1h20 ne facilite en rien son écoute. Pour apprécier l’ensemble des morceaux il vous faudra parfois vous résigner à écouter l’album à partir du milieu car l’écouter d’une traite est assez difficile. C’est en partie pour cette raison que cet album semble DESUNI (contrairement au dernier album de Nightwish « Imaginaerum » qui est véritablement conçu comme un livre racontant une seule histoire mais composé de plusieurs contes différents).
    Mais les morceaux sont simplement MAGNIFIQUES. J’ai particulièrement adoré la synchronisation batterie/guitare. Les solos sont vraiment BEAUX. Je dirais même qu’ils peuvent parfois (d’un point de vu sonore -que les inconditionnels de m’en veuille pas!- ) se rapprocher des bon vieux solos de hardrock (Witesnake, deep purple,… peut etre =P) à cause de ce son claire qui en ressort.
    Je pense donc que LES FANS NE SERONT PAS DECUS car l’album reste un GRAND dans la lignée de ses prédécesseurs.

    Voilà j’ai enfin terminé. Merci de m’avoir lu (et si ce n’est pas le cas vous venez d’echaper à un long discours barbant ^^).

    Je tient à ajouter qu’il ne s’agit que d’un avis personnel. Alors appréciez le à sa juste valeur et faites vous votre propre opinion.

    RépondreRépondre
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?