Les groupes dont je suis avidement l’actualité sont bien rares, pour ainsi dire inexistants. La plupart du temps, je ne suis pas assez mis au courant et je n’apprends la sortie d’un album qu’une fois ce dernier dans les bacs. Pas de chance avec Pandora’s Piñata, le nouveau Diablo Swing Orchestra, dont j’ai très tôt suivi l’actualité et que j’ai attendu pendant d’interminables mois, au fil des annonces de la page Facebook du groupe. Mais voilà, ça y est, la nouvelle galette du groupe d’Opera Jazz Metal Symphonique, casé dans le fourre-tout Avant-Garde Metal, s’est enfin laissée écouter, quelques semaines avant sa sortie. Alors, ça donne quoi ce troisième album ?

Diablo Swing Orchestra Pandora Pinata Promo

Ce qui est marrant avec les groupes qui signent un excellent premier CD, The Butcher’s Ballroom pour DSO, c’est qu’on les attend au tournant. D’abord, c’est savoir s’ils vont réussir à faire un second qui ne sera pas en demi-teinte, ensuite, c’est voir si la sauce ne va pas lasser au troisième. Bref, à chaque fois un nouveau défi, tant « faire aussi bien » qui se traduit pourtant par « faire de l’excellent » n’est pas une option. Sing Along Songs for Damned & Delirious, il faut le dire, avait largement réussi le défi. L’album était excellent, complètement délirant et entraînant.

Pour Pandora’s Piñata le groupe suédois quitte l’ambiance de la fête foraine hantée et effrayante pour des environnements un peu plus variés. On a d’un côté la Nouvelle-Orléans et le Jazz-Boogie des musiciens du coin sur l’excellente introduction Voodoo Mon Amour par exemple, un côté un peu plus enfantin avec un Black Box Messiah. La rythmique de l’album est d’ailleurs vraiment cassée par certains morceaux, et si les deux premiers morceaux de l’album donnent le ton du dansant, il faudra avouer que l’album contient quelques titres assez calmes. On pense notamment à Kelvar Sweethearts, qui troque le rythme endiablé des premiers titres avec une musique de fond sur laquelle Annlouice Loegdlund pousse la balade de façon agréable. Malheureusement, on ne pourra pas en dire autant d’Aurora, morceau lent au possible avec voix et instrumentation qui ne dénoterait pas dans une comédie musicale Disney. Si elle n’est pas forcément ratée, en admettant que ça soit votre trip, elle vient complètement casser cet album en deux.

C’est d’autant plus embêtant qu’avant cette coupure indésirable, on retrouvait un début d’album qui réussissait à renouveler les sonorités du groupe tout en gardant bien l’âme de Diablo Swing Orchestra. On avait bien entendu droit aux morceaux qui tirent pleinement partie des nombreux instruments du groupes, cordes et trompettes, comme sur Exit Strategy of a Wrecking Ball notamment, complètement DSO-esque avec ses ponts et ses coupures de rythmiques. Annlouice y laisse d’ailleurs la voix principale à Daniel Hakansson qu’on découvre là pour la première fois il me semble en lead, avec une très belle voix. Guerilla Laments n’est pas non plus en reste et donne le ton de la rythmique en tant que deuxième titre de l’album, avec son introduction à la trompette.

La voix masculine du groupe est sur cet album bien plus présente qu’elle ne l’était, du moins dans mes souvenirs, sur les autres. On la retrouve en lead sur Exit, mais aussi très présente sur Black Box Messiah ou encore Mass Rapture. Daniel quitte sa voix assez Death et grave des précédents albums pour une voix plus claire. C’est assez inhabituel, et si je devais y regretter quelque chose, c’est la quasi absence de dialogues entre les deux voix.

Mais si le groupe est au rendez-vous avec ses musicalités habituelles, coupures, trompettes, là où on ne l’attendait pas c’était dans le domaine de l’electro. Avec une rythmique bien forte et une guitare avec effets en fil rouge, Black Box Messiah est assurément le morceau qui surprend le plus. La basse s’y fait moins lourde, la contre-basse presque complètement absente et le groupe fait place, pour ses refrains, à une voix nasillarde de gosses. Tout simplement génial et déjanté. Ce morceau vaut à lui seul l’affront d’Aurora. Mais ce n’est pas tout, et on remarquera des petits arrangements par ci par là dans l’ensemble des morceaux qui donnent une patte différente à ce Pandora’s Piñata, une certaine personnalité que l’on ne connaissait pas au groupe.

Diablo Swing Orchestra Pandora's Piñata CoverEnfin, pour le final de près de 8 minutes, on retrouve Justice For Saint Mary. Le morceau commence lentement, et va même nous faire croire le pire: serait-ce un Aurora bis ? Après Annlouice, voilà-t’y pas que c’est au tour de Daniel de nous faire sa petite balade ? Les cordes se mettent doucement en fond, avec un tempo plus rapide, mais le tout prend son temps, sans pour autant être désagréable cette fois ci. Une sortie au tempo lent et musical, pourquoi pas. L’instrumentation devient plus intense, avec des cordes dissonantes qui font peu à peu monter l’aspect dérangeant du morceau. Et puis, il y a le début de cette sixième minute, suivie de la septième et de la huitième. Des minutes géniales, à l’instrumentation complètement inattendue, grandiloquente, envoutante, qui ne donne qu’une envie: repasser l’album en entier.

Que dire de ce Pandora’s Piñata si ce n’est qu’il a tourné en boucle depuis que j’ai pu le mettre dans mon lecteur ? Ce nouvel album de Diablo Swing Orchestra arrive à s’affranchir de ses deux grands frères, à donner un nouveau souffle, de nouvelles sonorités. Le temps où je n’avais que deux choix lorsque je voulais écouter un album du groupe est désormais révolu. J’en aurai trois. Et vu la qualité des deux précédentes galettes, cela veut tout dire. A dans 3 ans. Vite !


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5 commentaires, donnez votre avis !
  • Vladkergan a écrit le 1 mai 2012 à 9 h 40 min:

    Ah cool, il ne va pas tarder à pointer le bout de son nez alors. J’attends la bête avec impatience, c’est un des groupes les plus inventifs sur lesquels j’ai pu tomber ces dernières années. Enfin du métal à chanteuse qui ne fait pas dans le cliché heavy – sympho – too – muchesque.

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  • Akroma a écrit le 2 mai 2012 à 12 h 30 min:

    Je suis en train de l’écouter (en dansant frénétiquement ^^). Je suis tout à fait d’accord avec la chronique de DabYo. Qu’est-ce que ça fait du bien !

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  • dabYo a écrit le 2 mai 2012 à 13 h 23 min:

    @Vladkergan: je n’ai plus qu’une hâte là, avoir le digipack :o

    @Akroma: dur de se retenir, il tourne en boucle depuis des jours et des jours… je n’écoute plus rien d’autre :o

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  • fabY a écrit le 6 mai 2012 à 13 h 35 min:

    Un nouveau chef-d’œuvre dont j’ai encore du mal a décerner le prix du morceau de choix, pas aurora en tout cas ^^’. Concernant Justice for Saint Mary c’était pas vraiment une surprise dans le sens où chacun de leurs albums est doté d’une fin appétissante (le doux final de Pink Noise Walz, le frénétique Stratosphere Serenade, il y aura dorénavant le détonant JfSM). Enfin celle-ci est quand même de loin celle qui se distingue le mieux du reste de l’album, du concentré de bon goût ^^. Excellent !

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  • dabYo a écrit le 9 mai 2012 à 20 h 05 min:

    @fabY: je dois avouer que les anciens derniers morceaux m’ont moins marqué. L’electro a du attirer mon oreille (ou alors j’ai oublié)

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