Motocultor Festival 2012: Jour 3 [MotocultorReport12]

Live report des concerts de Myrath, Behemoth et Immortal au Motocultor 2012

dabYo dans Concert, Musique le 14 septembre 2012, avec aucun commentaire

Après deux jours passés sous un soleil de plomb où Arkona et Septic Flesh ont su faire mieux que nous convaincre, nous voilà d’attaque pour le dimanche, troisième et dernier jour de cette édition 2012 du Motocultor. Celle-ci s’annonce un peu moins chaude que la veille, notamment grâce à une arrivée plus qu’espérée de nuages dans le ciel bleu de la Bretagne. Ce qui n’est évidemment pas pour nous déplaire, vu qu’on aura rarement fait festival aussi chaud.

Motocultor 2012 Jour 3

On arrive cette fois pour l’ouverture, d’une heure plus tôt que d’habitude, car le premier groupe programmé de la journée, Impureza, a réussi à conquérir Serafina. De mon côté, ce n’est que la fin de journée qui m’intéresse réellement, et les deux têtes d’affiche du festival que sont Behemoth et Immortal.

Impureza au Motocultor 2012

Venu d’Espagne, Impureza nous propose un mélange de Death Metal et de musique traditionnelle aux sonorités flamenco. Il faut avouer que le mélange a de quoi plaire sur le papier, malheureusement dans la pratique, c’est beaucoup moins convaincant. Le groupe n’utilise pas son côté folk comme un groupe de Folk Metal peut le faire, la guitare acoustique n’est utilisée que de façon limitée, par passade, à la limite du saccadé. Le reste, c’est du Death Metal somme toute classique et relativement moyen. C’est franchement dommage car les passages de flamenco rythmés par la batterie sont juste géniaux et à ma connaissance, peu de groupes s’y sont aventurés. A suivre donc.

Oil Carter au Motocultor 2012

Oil Carter au Motocultor 2012

On enchaîne avec un groupe français sur la Supositor, Oil Carter. Tout droit venus du sud-ouest de la France, ils sont là pour nous jouer du Heavy qui sent le Mötörhead, avec un coté un peu crade digne des groupes sudistes US, de bons gros riffs qui tachent, une batterie qui tient la route et quelques soli bien placés. Et surtout, le tout est sacrément efficace et réveille ! Très à l’aise sur scène, le public certes clairsemé va très vite adhérer à leur musique et leur faire un très bon retour. Bref, un groupe plus que sympathique, à la musique entraînante, une programmation idéale pour bien commencer la journée et qui m’aura suffisamment convaincu pour passer acheter leur CD. Bref un groupe que nous n’attendons pas mais qui fait partie de nos bonnes découvertes de l’année.

Inhume au Motocultor 2012

Après avoir été faire un tour pendant la prestation de Collision, on revient très brièvement pour Inhume, un autre groupe de Grindcore. Vous vous en doutez, ce groupe n’a pas notre préférence, mais il est tout de même à noter que c’était les premiers du genre à avoir deux chanteurs. Enfin, ça ne change rien au résultat final…

ADX au Motocultor 2012

ADX au Motocultor 2012Après avoir subit le Grind d’Inhume, on enchaîne avec un groupe français plutôt réputé, ADX. Mais si ce sont des vieux briscards de la scène française, nous ne les connaissions réellement que de nom et on en a donc profité pour les découvrir.

Il faut dire que leur Speed Metal n’est pas spécialement notre came, bien qu’assez facile d’accès. Vu qu’ils jouent à domicile, le public est plutôt très chaud et le chanteur essaye d’y mettre l’ambiance, ce qu’il réussi plutôt bien. Les musiciens sont dynamiques et partagent leur enthousiasme. Bref, ils heureux d’être là quoi.

Reste que si leur prestation est rondement menée, pas de quoi nous convaincre pour autant, bien qu’on comprenne qu’on puisse aimer.

As They Burn au Motocultor 2012

Suite à l’annulation d’Exit Ten, c’est aux parisiens d’As They Burn d’occuper la Supositor. Ils sont sensés nous assener un Death Metal, mais on doit avouer trouver ça beaucoup plus proche d’une des nombreuses variantes du Core.

As They Burn au Motocultor 2012

Dans la même veine qu’un Infectious Grooves, leur style vestimentaire est plus proche de ce qu’on retrouverait dans le Rap plutôt que dans le Metal. Sur ce point, ça change. Ils sont dynamiques sur scène et bougent dans tous les sens.

Audrey Horne au Motocultor 2012

Audrey Horne au Motocultor 2012C’est dans un tout autre registre que cette dernière journée continue avec Audrey Horne, un groupe norvégien qui semble mélanger les influences, passant du Hard Rock assez classique aux Stoner et Sludge, avec quelques passages carrément Power.

Bref, bien qu’on ne connaissait pas vraiment, c’était plutôt très sympathique à regarder. Les musiciens sont certes dans leur trip, mais bien actifs sur scène et assurent le show.

Leurs compositions, en tout cas en live, ne semblent pas être inoubliables mais font plus que l’affaire en festival, c’est très accessible et sympa, bref, idéal en festival.

Pervert Asshole au Motocultor 2012

Alors que nous attendions à l’ombre sous la tente vip pour assister à la conférence de presse, ce sont les Pervert Asshole qui sont montés sur la Supositor. Aussi, bien que nous n’y ayons pas assisté, nous n’avons pu qu’admirer leur capacité à caser des samples de porno dans la quasi totalité de leurs compositions. Il faut dire que le groupe, au stand merchandising, vendait une série limité de moulages d’un membre masculin des plus élégants.

A noter que suite à leur prestation, le passage entre la fosse du public et la scène, aka la fosse photo, sera jonchée de morceaux de steak. Oui, vous avez bien lu.

Beatallica au Motocultor 2012

Présentés pour justifier le côté décalé du festival par l’organisation du Motocultor lors de leur conférence de presse, ce n’est que lorsque les américains sont arrivés sur scène pour entonner les premières notes que nous avons réellement compris. Comme son nom l’indique, Beatallica propose des sortes de reprises, arrangements et références humoristiques de deux grands groupes de musique, The Beatles et Metallica. Et vous vous en doutez, ce genre de truc place forcément la barre haute.

Beatallica au Motocultor 2012

Une barre qui sera loin d’être atteinte. Ce groupe est ridicule sur scène, et ce n’est pas faute d’essayer de nous emballer. On peut louer l’effort vestimentaire, les tentatives veine d’embarquer le groupe avec lui, ça n’arrive pas à cacher la pauvreté du concert. A moins d’être un fan des deux groupes, leur musique n’est franchement pas terrible et ne présente que guère d’intérêt. On reconnaît quelques riffs, du Day Tripper par ci, l’inévitable Enter Sandman par là, mais ça ne convainc pas.

Et la réaction du publique ne laisse aucun doute à cela. Franchement, vous avez déjà vu un public de Metal s’emmerder suffisamment pour s’assoir en plein dans la fosse ? Moi non.

Myrath au Motocultor 2012

On retourne ensuite devant la Supositor Stage pour accueillir les tunisiens de Myrath. Vous le savez, si Serafina est conquise, j’étais relativement sceptique devant ce Metal Progressif aux sonorités très orientales et mené par la voix claire et relativement aigüe du chanteur. Je dois avouer que ça s’est pourtant plutôt bien passé.

Myrath au Motocultor 2012

Le groupe utilisera de nombreux samples, notamment parce que l’administration française a refusé d’accueillir leur claviériste sur notre sol, mais ils s’en sortent plutôt bien. Les samples sont bien calés et malgré l’abus, ça ne choque pas trop. Le public réagit très bien au show mais est malheureusement assez clairsemé. Il faut dire que Myrath dénote un peu dans la programmation, tant leur musique est finalement douce par rapport au reste. On est loin du Core de la journée ou du Black que nous promet les têtes d’affiche du soir.

Les fans sont au rendez-vous, et musicalement, le groupe est vraiment au niveau. Le chanteur chante juste, interagit bien, bref. Reste que malheureusement, scéniquement c’est assez moyen. On ne comprendra jamais ici pourquoi certains chanteurs, majoritairement dans les groupes à chanteuses, se sentent obliger de se barrer lorsqu’ils ne chantent pas. C’est gentillet et pas très très actif sur scène. Le chanteur fait des efforts et encore, mais pour les autres c’est un peu le désert. Dommage, car le reste était franchement sympa.

Behemoth au Motocultor 2012

On aura profité des concerts de Krisiun et Nightmare pour retourner à la voiture et nous restaurer. Car c’est le plat principal qui s’annonce pour cette dernière journée, le concert de Behemoth. Le groupe est clairement celui sur lequel nous avons placé le plus d’attente: une réputation de folie et un retour sur scène plus qu’attendu… Mais surtout, après la claque de Septic Flesh la veille, groupe qui ne cache pas s’inspirer des polonais, on avait placé tout nos espoirs sur Nergal et sa bande.

Behemoth au Motocultor 2012

La nuit vient de tomber, et le groupe prend place sur la Dave Mustage accompagnés d’une introduction instrumentale, puis viennent jouer les premières notes de Ov Fire And The Void. Et ça y est. Nous sommes conquis. Les musiciens sont flippants. Nergal est flippant. Si on est dans le même registre que Septic Flesh, on est aussi dans un tout autre niveau. Comme si Nergal revenait vraiment des enfers, qu’il était réellement Lucifer incarné. Si il porte encore les stigmates du cancer contre lequel il s’est battu, sa prestation scénique semble ne pas en souffrir. Forcément, avoir eu la possibilité de le voir de très près le temps d’un morceau depuis la fosse des photographes a joué. Quelle impression quand il entre en scène.

Behemoth au Motocultor 2012Le groupe va enchainer 10 titres, les mêmes que pour la plupart des festivals, à la différence prêt qu’il n’y aura pas d’effets pyrotechnique. Mais c’est une bien faible contrepartie, quand on a ici la chance de pouvoir les voir. Vraiment les voir. Il suffit d’être allé jouer la sardine au Hellfest 2012 pour comprendre à quel point les voir au Motocultor est préférable. Même loin, vous pouviez apprécier et rentrer dans la cérémonie sans mal.

Il n’y aura quasiment aucune interaction avec le public, Nergal se contentant de lâcher un it’s good to be alive, évidemment en référence à sa maladie. La double pédale mitraille le rythme, les cornes sont levés, le concert est génial, tout simplement. Je n’avais jamais vraiment écouté Behemoth avant cela, je n’en ai pas eu besoin pour être emporté. Septic Flesh a encore un long chemin à faire.

Il n’y aura pas de temps mort avant un rappel, pour venir jouer Lucifer, paroxysme de ce moment martial. Nergal revient, enfile une sorte de casque et se transforme en diable. Vraiment, pour un Lucifer qui prend aux tripes. La cérémonie s’achève, a retourné nos certitudes et nos doutes, nous laissant conquis et un peu pantois. Comment enchainer après cela ? Aucune idée, nous partirons faire un break en attendant Immortal. Histoire de s’en remettre. Sans doute le meilleur live de groupe que je ne connaissais même pas.

Immortal au Motocultor 2012

Serafina - Et finalement, c’est au tour d’Immortal, la tête d’affiche du festival, de venir nous servir son Black Metal norvégien. Abbath et Demonaz sont des vieux de la vieille du mouvement et sans aucun doute un des groupes les plus connus du genre… Bien que cela doive peut être plus à leurs clips devenus des memes qu’à autre chose.

Immortal au Motocultor 2012

Il n’empêche qu’ici, je suis une sacrée fane, et qu’Immortal faisait partie de ces groupes qui nous ont décidé d’aller au Motocultor. Et Immortal va délivrer là un set d’une puissance et d’une énergie impressionnante. Il n’y aura pas de temps morts dans ce show. Bien que la formation soit un power trio qui pourrait permettre à tous les membres d’être en avant, c’est Abbath et lui seul qui attirera l’œil.

Immortal au Motocultor 2012Il est impressionnant de voir en vrai pour la première fois Abbath faire le crabe d’un bout à l’autre de la scène. J’en ai vu des concerts, j’en ai fait des photos dans le pit, mais alors ce crabe, sorti d’on ne sait où, m’a sacrément bluffée. Et il n’arrêtera pas, arpentant la scène, sans ralentir, tout au long du set.

Musicalement, c’est une setlist quasiment sans faute, rythmée à coups de double-pédales et qui retournera finalement le Motocultor. Immortal c’est un peu un bulldozer, un tank, ultra calibré, ultra efficace, une débauche de Black Metal froid qui écrase tout sur son passage.

Moins majestueux que Behemoth, moins messianique, Immortal reste ultra efficace, et un très très bon concert pour terminer en beauté cette édition du Motocultor.


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