Le Hellfest 2012 vient de se terminer et les employés et autres bénévoles du plus grand festival de Metal français doivent encore être entrain de démonter toutes les infrastructures mises en place pour l’occasion. Des infrastructures, il y en avait cette année, et elles ont accueilli pas moins de 115 000 festivaliers sur les trois jours. Si tous les billets ne semblent pas être partis, contrairement à l’année dernière, c’est tout de même un chiffre énorme comparé à celui de l’année dernière, 80 000. Cette augmentation de près d’un tiers de la capacité d’accueil du festival ne s’est pas faite sans raison: c’est ce qui était présenté comme A New Battlefield. Petit bilan sur les nouveautés 2012 en attendant nos impressions sur les lives.

Hellfest 2012

L’édition précédente montrait déjà les limites du terrain sur lequel se déroulait le Hellfest. Non seulement les places partaient très vite, on a même vu des reventes à plus du triple du prix sur Ebay, mais en plus il devenait complètement impossible de circuler à certains endroits du festival les samedi et dimanche. Le changement de terrain, forcé par la construction d’un collège, était donc une bonne occasion pour régler ces problèmes. Si vous suivez l’actualité du fest’, vous saurez sans doute que ce nouveau terrain n’était autre que l’ancien camping. Plus grand, et plein de promesses.

Six scènes et un festival dans les enfers pour les lier

The Warzone Hellfest 2012Le Hellfest se veut éclectique et ce n’est jamais sa programmation qui a pu le contredire. Arborant un slogan assez évocateur dans les espaces presse, « The most eclectic fest in the world », c’est clairement cet aspect là que les organisateurs ont voulu mettre en avant avec ce New Battlefield. Le festival avait jusque là toujours essayé de faire une place à toutes les variantes du Metal, des plus fréquentables et mainstream aux plus obscures, en passant par les plus honteuses comme le Core. Cela se remarquait d’ailleurs par les alternances de Stoner et de Core sous la Terrorizer. Quoi de mieux donc que de profiter de l’occasion de ce changement de terrain pour augmenter le nombre de scènes et mieux les thématiser. L’idée vendait en tout cas du rêve.

Et on peut plus ou moins dire que ce rêve s’est réalisé. Alors oui, on peut râler sur de nombreux points, il est très dur de traverser le festival en moins de cinq minutes, de passer de la Valley à une des MainStage, slalomant tant bien que mal entre les festivaliers. Oui, certaines tentes n’ont pas toujours une sono de folie. Oui, parfois la Valley était plus que pleine, et il était difficile d’y rentrer. Oui, il est arrivé sous la Altar d’entendre les balances de la Temple pendant un concert. Mais bordel, quel plaisir !

Un fan de Doom, Sludge ou Stoner peut il objectivement regretter la Terrorizer ? Honnêtement, j’en doute, et ce n’est pas nous qui avons squatté la Temple et sa déferlante quasi ininterrompue de Black Metal qui allons dire le contraire. Alors certes, passer de Devil Driver, MainStage02, à Vulture Industries, Temple, devient presque sportif, mais c’est le prix à payer pour avoir une affiche et un running order finalement si bien géré. Et lorsque les dilemmes s’avéraient trop fréquents, cela venait finalement peut être plus de l’éclectisme du festivalier qu’autre chose. On ne peut pas demander à tous les gros groupes de se partager la journée, il est donc normal d’avoir à faire quelques choix.

The Temple The Altar Hellfest 2012

On entendait parfois des balances, assez rarement et généralement pendant les pauses entre les morceaux, mais c’était une bien faible contrepartie au fait d’avoir lier la Altar et la Temple. En créant cette gigantesque tente à deux scènes, il n’y a eu aucun problème d’accès aux concerts qui s’y déroulaient. Même Amon Amarth est rentré, cette fois.

A New Battle Field

L’ensemble des infrastructures accompagnant les scènes a lui aussi été retravaillé. Ça commence dès l’entrée, où le géant portail arbore toujours l’esthétique particulier du festival mais auquel sont venus se greffer des effets pyrotechniques. Le feu accompagnait donc le début du festival avec une sorte de compte à rebours rythmé par des flammes. Sympathique, mais un peu trop faible pour faire oublier le dangereux bouchon qui s’était formé à la sortie du camping, les festivaliers étant alors dans l’incapacité d’entrer dans le festival, ou de sortir de l’espace camping.

Hellfest 2012 Infrastructures

D’une manière générale, le Hellfest continue son énorme et superbe travail de création d’une identité visuelle. Vraiment, comment ne pas être en admiration devant le travail réalisé par les différents graphistes et artistes impliqués ? L’imagerie développée est vraiment superbe, et il suffit de comparer les t-shirt proposés par le festival français à ceux de ses principaux concurrents, Wacken ou encore Download, pour voir qu’il y a une réelle longueur d’avance. On retrouve cette rigueur dans le graphisme partout, pas seulement sur les t-shirt du merchandising, dans les affiches, sur le site officiel, mais aussi sur les stands, sur les lampes, les bancs… C’est du travail, la création d’une vraie marque.

Hellfest 2012 ParcCôté bancs et espaces, c’était d’ailleurs bien mieux fournie qu’auparavant, puisqu’en plus des habituels petits bancs, souvent bondés, on retrouvait un parc boisé. Alors certes, le métaleux ne peut s’empêcher d’aller s’y soustraire d’un surplus de bière, mais c’était tout de même plus qu’agréable de pouvoir se cacher du soleil et de manger quelque chose attablé à une de ces structures si particulières.

Mais à côté de ces sympathiques ajouts, il y a tout de même deux gros points négatifs, qui pourtant étaient en constante amélioration jusqu’alors: les toilettes, et l’eau. Trop peu nombreuses, trop rapidement en dysfonctionnement, les toilettes sont devenues le vraie goulot d’étranglement de cette édition avec des files d’attente interminables, même pour les toilettes non réservées aux filles. Fini les nombreuses pissotières, on en comptait plus que cinq bien vites remplies…

Restait alors une horde d’hommes qui n’avaient aucune envie d’attendre pour aller se soulager quand c’est si facile de le faire contre une bâche… ou en plein milieu du parc, suivant le degré d’alcool. Pour les filles par contre, c’était tout juste invivable.

Hellfest 2012 Toilettes

Avec à peine 8 points d’eau sur tout le festival, tombant eux aussi en panne à la mi-journée pour la plupart, boire de l’eau est rapidement devenu le parcourt du combattant. Alors certes, la bière coulait à flot, mais il est toujours agréable de pouvoir boire un peu d’eau de temps en temps. Ces deux points sont tout de même très dommageables au festival, et on espère bien que la prochaine édition y remédiera.

Nouveau terrain donc nouveau camping

Le Hellfest 2012 ayant pris place sur le terrain de l’ancien camping, il y a donc eu l’aménagement d’un nouveau terrain pour accueillir les campeurs. Cette fois par contre, il n’y a pas d’ombre au tableau et le travail réalisé sur l’organisation du tout est plus que remarquable. Fini le camping incroyablement long, il est désormais étendu autour de son entrée, sorte de demi-cercle, limitant donc le chemin à parcourir. Organisé en différents camps aux différentes couleurs, white camp ou green camp par exemple, il était beaucoup plus facile de se repérer et de s’y donner rendez-vous.

Hellfest 2012 Camping vu du ciel

Le camping vu du ciel, photo de Laurent Guibert

Ces camps étaient signalés par de géantes tours, équipées de grosses lampes qui permettaient de se repérer de jour comme de nuit. A leur pied, des toilettes et des pissotières, permettaient de se soulager la vessie alcoolisée de façon bien plus pratique.

Le tout était, il me semble, bien plus vaste qu’auparavant et ne côtoyait aucune haie, ce qui a évité aux retardataires d’avoir à s’installer dans des espaces qu’on pourrait qualifier d’insalubres.

Hellfest 2012 premier d’une longue série

Hellfest 2012 ArtworksPour l’équipe d’if is Dead au rendez-vous pour la quatrième fois d’affilé et pour la cinquième fois au total, ce nouveau Battlefield est donc quelque chose que l’on peut réellement qualifier de renouveau pour le festival. Prévu pour à priori les cinq prochaines années sur ce terrain, je pense qu’il y a là un fort potentiel pour que le tout se rapproche de sa version optimale. Alors certes, sur certains points il y a eu quelques régressions, mais on est pas pour autant retombé au niveau de ce qu’était proposé en 2009 par exemple, ce qui laisse penser que l’organisation devrait vite revenir au niveau de l’année précédente.

Reste que le tout nous a largement assez convaincu pour avoir déjà hâte de refouler les terres du Hellfest, et que l’on ne peut que féliciter le travail acharné des équipes du festival. Place aux reports des concerts et à la musique désormais. Vivement le Hellfest 2013 !


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • pierre a écrit le 21 juin 2012 à 23 h 07 min:

    Vous pouvez pas savoir a quel point je vous envie…Moi j’étais en pleine période de bac, truc tout pourri alors que je savais qu’a côté pas loin il y avait le Hellfest…M’en fous l’année prochaine j’y vais^^
    Juste une question au niveau du temps c’était pas trop gênant? on voit des flaques de boue sur l’une des photos.
    Hâte de voir vos avis sur les lives =)

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  • dabYo a écrit le 22 juin 2012 à 12 h 59 min:

    @pierre: eh bien, on comptait parler du temps dans nos reports détaillés, donc il va falloir attendre… mais sache que c’était folklo oui :o

    Après le bac y’aura aussi les exams pour t’emmerder ;)

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