En ce deuxième jour du Download Festival Paris 2016, la météo n’est clairement pas au beau fixe et les nuages ont rejoint la fête. C’est donc sous un ciel très nuageux que les festivaliers se dirigent vers l’hippodrome de Longchamp. L’herbe verte d’hier sous un grand soleil risque bien de faire place à un début de boue dégueulasse si les prévisions météo se confirment dans les heures qui suivent.

Download Festival Paris 2016

Aujourd’hui la tête d’affiche principale est Korn et comparativement avec Iron Maiden on peut sans trop se tromper dire que l’attrait n’est pas le même. Les hordes de fans de la bande à Eddy ont déserté, et bien que le groupe américain ait eu son heure de grand succès en étant là au début du Nu Metal, ils sont bien moins nombreux à être encore là pour venir les voir jouer en concert. De notre côté, Serafina est complètement fane et c’est principalement pour BabyMetal que nous avons fait le déplacement.

Ce deuxième jour est du coup beaucoup plus fluide que le premier, les navettes à la Porte Maillot sont fréquentes et loin d’être bondées. C’est simple, on aura à peine le temps d’arriver au niveau de la sortie de la station de métro qu’on prendra directement le bus direction hippodrome de Longchamp. Les files d’attentes pour rentrées sont courtes, le cashless est redevenu accessible, bref, c’est tout bénéf.

On arrive alors que Shinedown commence son set sous la tente. Un groupe que je ne connais pas et dont je n’avais pas pris la peine de découvrir la discographie, une erreur car au final leur musique est très accessible et sympa en live. Les premiers morceaux font l’effet d’un Interpol mélangé à des touches plus heavy ce qui donne des titres assez rentre dedans au final. Pour un premier groupe sur une petite scène il y a beaucoup de monde, bonne découverte en somme.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Les années passent et s’il y a bien quelque chose qui reste constante, ce sont les prestations du groupe aux cellos le plus populaire de la sphère Metal: décevantes. Avec un répertoire d’excellents titres qui envoient bien en live, notamment sur les albums Cult et Reflections, la setlist reste à chaque fois désespérément décevante.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Ça démarrait pourtant très bien et très fort avec trois morceaux complètement instrumentaux, qui a complètement subjugué la foule malgré le début des averses tant redoutées. Le son des contre basses est rentre dedans et ça tombe bien puisque c’est en général ce que les métaleux viennent chercher. De quoi en tout cas bien commencer cette deuxième journée.

Sauf que voilà, Apocalyptica souhaite être plus qu’un groupe d’instrumentistes avec quelques guests pour la voix, et pour nous le faire comprendre le groupe continue de s’efforcer à faire des morceaux tout ce qu’il y a de plus standard. Si on ne les voyait pas derrière leur contre basse, on ne verrait au final aucune différence. Ces morceaux là sont généralement plutôt mauvais et auront réussi à me sortir complètement de l’ambiance du live. Dommage.

On fait une petite pause au bar à vin pendant que Mass Hysteria s’époumone puis que Saxxon délivre un métal qui ne nous excite guère.

The Struts au Download Festival Paris 2016

Le prochain groupe sera un groupe de Glam Rock cette fois ci, avec The Struts qui passe sous la petite tente. J’étais persuadé d’avoir écouté ce groupe étant plus jeune, jusqu’à ce que je me rappelle qu’il s’agissait de The Rakes. Contrairement à BlackRain hier qui penche vers le Metal, ici on est face à quatre anglais qui font du rock de manière complètement assumée. Ça permet au Download de conserver son étiquette de festival assez cosmopolite. Ils en sont à à peine quatre ans de carrière et ont fait l’ouverture des Stones. Mais en assistant à leur show, on comprend très vite pourquoi.

The Struts au Download Festival Paris 2016

C’est un véritable mélange d’influences, avec des instrumentations et façons de chanter qui peuvent tantôt faire penser à du Queen, tantôt avec des chansons « sing along » de quelques groupes de Glam des années 70. Le tout est accompagné de très bons riffs et d’un chanteur qui a tout de la rockstar à l’aise sur scène. Vêtu d’une veste aux goûts criards, portant une mini robe sur son pantalon à l’esthétique tout aussi douteuse, il saute dans tous les sens et invective le public à tout va.

Ce dernier est très vite pris au jeu car les morceaux sont très faciles d’accès, avec des refrains qui rentrent dans la tête et qui se chantent très facilement. En deuxième partie de set, et sans doute parce que la discographie du groupe est assez petite, le chanteur va user et abuser de cette popularité pour gagner un maximum de temps. Dommage là dessus mais on ne leur en voudra pas trop.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

BabyMetal au Download Paris 2016

Dire que BabyMetal était le groupe que j’attendais le plus de ce Download Paris 2016 serait un euphémisme: objectivement je ne venais que pour lui et cette exclusivité du festival est clairement ce qui m’a poussé à m’y intéresser. Autant dire que j’étais tout fou fou en attendant cette arrivée qui s’annonçait prometteuse. Fer de lance d’une culture japonaise qui nous est vraiment inconnue et saugrenue, ce groupe est caractéristique de ce que le Japon peut fournir de bizarre. Trois jeune filles qui chantent façon Pop pour adolescente sur de la musique Metal aux riffs acérés, le tout en exécutant des chorégraphies le reste du temps. Bizarre.

Et l’attente fut longue. Très longue. Au bout de dix minutes, elle prend fin avec une vidéo d’introduction parodiant Star Wars façon BabyMetal sauveurs de l’univers. La hype est totale ! Les musiciens entrent sur scène ! Et… plus rien! Pas de musique, rien, ils repartent et le public est livré à lui même pendant près de 20 minutes sans la moindre prise de parole de la part de l’organisation. Des problèmes techniques on en a vu un paquet, des annulations aussi, mais 30 minutes de retard sans aucune intervention, jamais. Heureusement pour calmer la foule les caméramans se jouent des cosplays et des travers du public métaleux, ce qui rendra l’attente moins difficile.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Le set finira par enfin démarrer avec plus de trente minutes de retard, ce qui nous laissera donc le temps d’avoir cinq petits morceaux du groupe dont un se fera sans micro pour deux des trois chanteuses. Une honte sans aucun doute et une grande frustration pour ma part, difficile d’apprécier le set avec ce type de conditions. Bref, oublions quelque peu ces problèmes pour nous concentrer sur la prestation en elle-même, bien que le tout ait déjà été gâché.

Les trois adolescentes débarquent donc dans leur habits d’écolières metal et sautent dans tous les sens pour faire leurs chorégraphies. C’est vraiment très impressionnant, très dynamique, bien qu’un poil déconcertant car très décorélé du reste des musiciens qui n’interagissent pas du tout avec elles. C’est là dessus pour moi un point faible de la prestation du groupe, où on a l’impression d’avoir un orchestre devant qui trois jeunes filles font leur propre spectacle, comme s’il manquait une âme à tout cela. Mais ceci est sans doute en partie dû à la culture de leur pays, où les interactions qu’on a l’habitude de voir sur la scène Metal ne sont pas du tout naturelle pour eux. Un choc des cultures certain.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Si c’est un poil bizarre de ce côté et qu’on peut trouver ça carrément hors sujet, les chorégraphies sont tout de même très en phase avec la musique et vraiment calées sur le rythme. C’est très impressionnant à quel point cela donne vie à la musique du groupe, à quel point cela doit être physique pour elles aussi. Dotées de micros-casques, les deux plus jeunes sont en charge des chœurs et des chants accompagnants, tandis que la chanteuse principale cumule les deux: souvent dans les chœurs, souvent dans la chorégraphie, et avec un vrai micro pour assurer le chant en solo. Malgré l’effort physique, elle chante plutôt très bien et réussi à faire passer le plein d’émotion qu’un morceau comme Karate contient. Une très belle performance vu le temps, les conditions, et ses propres efforts physiques.

Au final, ce sera une grande déception pour moi, mais qui confirmera mon envie d’aller les voir en vrai. C’est pour ma part en trainant des pieds et inconsolable qu’on ira voir Amon Amarth de loin. Les vikings venus du grand Nord ont mis les bouchées doubles et la scène est tout simplement superbe.

Korn au Download Festival Paris 2016

Dire que nous attendions Korn serait enjoliver la réalité. Si c’est moi, Serafina, qui rédige cette partie, c’est parce que je trépignais alors que dabYo était au mieux indifférent voir blasé. Il faut dire que depuis la claque magistrale que Korn m’avait mise au Sonisphère 2013, nous avons vu le groupe californien 3 fois, et je n’ai jamais été déçue. Ici, ils débarquent au Download avec une setlist en mode « Best Of » et un show d’une heure trente. Seuls quelques morceaux du dernier album Paradigm Shift seront joués et j’ai envie de dire, tant mieux.

Comme toujours avec Korn, pas de grand dispositif scénique ou quoi, le groupe a bien sur sorti le micro désigné par H. Giger mais ce sera tout. Je pourrais copier coller la review que j’ai fait au Sonisphère 2013. Korn, en live, c’est quelque chose. Le groupe est gonflé d’énergie et envoie du lourd dès l’entrée en scène magistrale sur Right Now, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Comme toujours Jonathan Davis est possédé, alterne entre les voix claires et hurlées, déborde de charisme et vit ses textes ce qui le rend assez fascinant. Head, Munky et Fieldy occupent la scène, dreads et looks douteux de sortie.

Download Festival Paris 2016

Qu’on aime ou pas Korn, difficile de critiquer leur présence scénique. Il n’ont pas besoin de supers effets derrière pour réussir à faire bouger le public. Évidemment, c’est aussi des morceaux cultes, que la foule connait par cœur, chantant du début à la fin. L’accueil est monumental sur des tubes comme Right Now, Here To Stay ou le final sur Freak on a Leash.

Le groupe ayant un set assez long, il ne nous épargnera malheureusement pas le solo de batterie de Ray Luzier, mais qui enchaine avec Blind alors je le pardonne. Dans la setlist, on notera aussi le surprenant Another Brick in the Wall que je n’avais jamais vu en live, et qui clôt le set, avant les rappels. La communication avec le public est assez rodée et pas énorme, mais Jonathan Davis n’a même pas besoin de demander pour que le Download en folie hurle a sa place les refrains.

Encore une fois, je ressortirais d’un concert de Korn, le sourire aux lèvres, les cervicales un poil douloureuses, et certaine de retourner les voir la prochaine fois qu’ils passeront. Ça tombe bien, c’est dans une semaine à Clisson.


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