L’année dernière le Hellfest annonçait la création d’une marque séparée pour partir à la conquête d’autres pays en Europe avec leur expertise d’organisation de festival de musique extrême, mais cette année c’est un géant qui a fait la marche inverse en s’implantant en plein Paris: Live Nation et son Download Festival. Un festival calé une semaine avant le sus-cité, avec des groupes de la même trempe et carrément plus facile d’accès. C’est donc très curieux que nous nous y sommes rendus, munis de nos pass presses mais sans la possibilité de faire des photos de qualité malheureusement puisque nous n’avions pas de pass Photo.

Download Festival Paris 2016

On se rend à l’hippodrome de Longchamp via les navettes mises à dispositions par le festival depuis la porte Maillot, en collaboration avec la RATP. C’est le premier jour et nous voulons assister au premier groupe, c’est donc parmi une foule de métaleux que nous faisons la queue pour atteindre la dite navette, environ 20 minutes d’attente ce qui est somme toute largement acceptable. Le trajet dure moins de 10 minutes, un peu entassés certes, et nous voilà déjà sur le site, reste la deuxième épreuve du feu: celle de pouvoir rentrer. Les files sont interminables et assez mal organisées pour ce premier jour, il faudra compter une bonne heure d’attente pour obtenir son bracelet et fouler la pelouse du festival.

Download Festival Paris 2016Des tracas habituels sur les premiers jours d’un festival, encore plus quand c’est la première année que ce dernier est organisé. Gageons qu’il s’agit là plus d’un problème de jeunesse que de quelque chose qui arrivera au fil des années, d’autant plus qu’a priori, cette année un problème technique (d’accès internet d’après les bruits) à augmenté le problème. Au final, beaucoup de queue certes, et un départ avec 15 minutes de retard pour le premier groupe, ce qui aurait pu être largement pire. Le système de cashless marche, quand on a compris comment s’en servir et qu’on a réussi à aller au bout de la queue pour ceux ne l’ayant pas préchargé. Place à la musique.

On rentre sur le site alors que We Came as Roman a déjà commencé. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé mais le public est déjà bien au rendez-vous, on assistera aux derniers morceaux sans plus de motivation.

The Wild Lies au Download Festival Paris 2016

On découvre la petite scène de ce Download située juste à côté de la MainStage, simplement nommée Stage 3, on aurait pu trouver mieux. Bien plus petite, on dirait presque un mini hangar dans une zone industrielle désaffectée, elle accueille pour commencer 5 londoniens à l’allure entre dandy et métaleux. Ça donne une bande de crasseux propres sur eux qui vont nous livrer un Hard Rock assez groovy.

The Wild Lies au Download Festival Paris

Le public est clairsemé certes mais il réagit bien aux sollicitations du groupe. Il faut dire que celui ci est assez énergique et a la communication facile. Mais voilà, en terme de musique le groupe manque tout de même de manière rentre dedans et si ça n’était pas désagréable, ils n’ont pas réussi à me conquérir. Des bons riffs mais trop peu exploités, pas de mélodie entraînante ni d’air qui rentre dans la tête.

Avatar au Download Festival Paris 2016

On profite du passage de Gojira sur la scène principale pour faire le tour du festival et découvrir les différentes installations. On retrouve un coin sympa de barbiers et autres tatoueurs où les gens peuvent se faire prendre en photos, puis les différents stands de nourriture. Le market de merch est malheureusement assez limité, il faut dire que le Download UK a lieu en même temps et qu’un paquet de revendeurs ont plutôt dû le privilégier.

Avatar au Download Festival Paris

Le groupe qui nous intéresse vraiment ce jour là s’appelle Avatar, une découverte complètement au hasard au gré d’une chronique dithyrambique sur leur précédent album dont la couverture m’avait intrigué. La dite galette avait tout du guilty pleasure avec des morceaux pour adolescents entraînants, sans pour autant tomber dans le core si populaire. Bref, une sorte de Death Métal mélodique et accessible, aux relents entraînants qui nous avaient convaincus.

Les suédois viennent défendre leur nouvel album et débarquent comme à l’accoutumée grimés en hommes de cirque. À mi chemin entre le clown qui fait peur et le dompteur de lion. Mais le chanteur, fait quant à lui carrément peur et a adopté toutes les mimiques qu’on pourrait associer à un tel personnage. Il saute dans tous les sens, se plie en deux pendant qu’il chante, joue de la canne dans tous les sens, fait des marches militaires tout seul… Il est en soit super dynamique et donne vraiment un aspect théâtral à la prestation du groupe, faisant passer les autres musiciens pour de simples figurants. On peut dire qu’il porte le show sur ses épaules, un peu comme pouvait le faire Carach Angren au Hellfest 2015.

C’est en tout cas très rafraichissant et permet de vraiment entrer dans un set très dynamique même quand on en connait pas les morceaux. Le set commence sur un morceau qui m’était assez difficile d’accès, puis enchaîne sur du plus connu aux riffs dévastateurs qu’est Hail the Apocalypse, morceau éponyme de l’avant dernier album. C’est un vrai mélange entre des riffs assez Death, du théâtral dans le chant et surtout cet aspect fou fou qui prend toute son ampleur en live, « All flesh is equal when burnt » comme qui dirait.

Avatar au Download Festival Paris

Le groupe n’est pas bon uniquement pour faire de la musique fofolle et sait aussi donner dans la balade, une balade qui oscille entre le carrément glauque et la grande tristesse avec Bloody Angel, un titre qui s’avère être génial en live. Ils ont en tout cas réussi à me captiver du début à la fin du set et m’ont clairement convaincu à retourner les voir lorsqu’ils passeront en salle. Une heure de très bon niveau.

Blackrain au Download Festival Paris 2016

On retourne sur la troisième et petite scène avec Blackrain qui viennent de sortir leur cinquième album, premier depuis leur passage décrié dans la télé réalité de M6. Pendant que Anthrax déverse son Thrash, les français nous offrent donc du Glam tantôt Métal, et parfois beaucoup plus rock’n’roll qu’auparavant.

Et je dois avouer qu’après la pêche d’Avatar j’ai eu un poil de mal à rentrer dans le set de Blackrain avec deux premiers morceaux peut être un peu trop mous, en tout cas sans réelle accroche pour le public.

Les choses s’arrangent avec Eat you alive, un morceau de leur nouvel album qui a le mérite d’emporter le public avec sa phrase d’accroche répétée à outrance. C’est un mécanisme un brin simplet mais qui marche même en entendant le morceau pour la première fois. On se retrouve à l’entonner avec le groupe et c’est bien là une des caractéristiques d’un Glam réussi. Le titre est accompagné d’un sample bien connu de fête foraine qui donne une nouvelle profondeur au groupe, les morceaux du nouvel album semble d’ailleurs souvent accompagnés par ce type de sample et il sera donc temps d’y jeter une oreille.

Blackrain au Download Festival Paris

Scéniquement parlant j’ai trouvé le groupe assez léger malheureusement, peut être un peu trop stéréotypé. Finalement les interactions sont assez limitées, le chanteur ne m’a pas semblé à l’aise sur scène, comme une certaine gêne. C’est dommage car certains morceaux sont vraiment taillés pour et je m’attendais à ce que l’ambiance prenne plus.

La suite du set est du même acabit avec beaucoup de morceaux assez entraînants. Finalement, c’est réellement la fin de Overlead qui fera décoller l’ambiance avec son super passage final. Manque de chance, les anglais d’Iron Maiden joue moins de dix minutes après et le public va se dilapider.

Ghost au Download Festival Paris 2016

Bien qu’on adore écouter Iron Maiden, le groupe ne fait pas franchement partie de ceux qu’on aime aller voir en live. Mais le bon côté c’est qu’on y passe toujours un bon moment et que la prestation des anglais est comme toujours au rendez-vous, scéniquement et musicalement, on en a largement pour son argent. Mais le vrai groupe que l’on attend pour le soir n’est autre que Ghost programmé en fin de soirée pour une heure de set.

Ghost c’est le groupe en pleine montée de popularité en ce moment dans la sphère Metal, qui en quelques années est passé de mega hype à déjà trop commercial. Mais voilà, ça reste plutôt efficace en concert et on aime beaucoup leur troisième album sorti un peu plus tôt. C’est donc avec une certaine déception que nous voyons l’heure tourner, 10 minutes de retard puis près de 5 minutes d’introduction à base de sample… Ça s’annonce plutôt mal non ?

Download Festival Paris Night

On apprendra en fait très rapidement que Papa Emeritus III est tout simplement malade et que sa voix ne lui permettait presque pas de faire le show. On aura donc droit à un set amputé de quelques titres un et un pape qui n’a pas pris la peine de revêtir son costume complet. Cela reste tout de même très efficace, du Ghost en sommes avec des morceaux de pop très teintée Metal, des ghouls complètement anonymes qui se baladent autour d’un pape qui cabotine à tout va.

Le show a plus du spectacle que du concert de Metal et ça semble largement satisfaire le public qui en redemande. La setlist est majoritairement composée de titre du dernier album, bien qu’elle soit du coup très courte avec huit petits morceaux qui se courent après. Sans doute pas le meilleur concert de Ghost, mais assurément de quoi gagner de nouveaux fans parmi ceux qui ne les avaient jamais vus. Malgré les problèmes vocaux de Papa Emeritus – qui le conduiront à annuler le concert prévu le lendemain- le set est rondement mené.

Et c’est sur ces mauvaises intentions que se clôt cette première journée du Download Festival Paris 2016. On prendra les navettes de la RATP pour retourner porte Maillot en moins de 20 minutes trajet entre la scène et le bus compris, ce qui est somme toute très raisonnable malgré l’affluence.


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