Après avoir été à Limoges, nous sommes allés découvrir une autre scène de la France Profonde, la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand. D’une manière assez inattendue, Clermont accueille ce semestre un certain nombre de concerts du genre, Anathema bien sûr, objet de cette chronique, mais aussi Black Label Society le 20 Mars et Apocalyptica en Avril, trois groupes présents au Hellfest 2011.

Anathema, tournée We’re here because we’re here, à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)

Les anglais d’Anathema sont connus pour faire partie des trois grands du « Doom-Death Britannique », avec Paradise Lost et My Dying Bride, groupe que nous avions vu au Hellfest 2010. Ceci dit, ils se sont bien assagis, et tirent énormément vers le Rock Progressif. Pour ma part, je les ai découvert avec Alternative 4, un album de 1998 que je trouve très « goth ». Enfin, je voulais les voir en live depuis longtemps, et c’est chose faite. La Coopérative semble être une assez grande salle, mais les gradins ont été fermés au public, ne laissant que la fosse. Au final, la salle doit pouvoir accueillir seulement quelques centaines de personnes. On est loin de l’Elysée Montmartre et il sera donc extrêmement aisé d’être au deuxième rang sans se fouler.

Le show commence avec Petter Carlsen, qui est seul, avec sa guitare pour faire la première partie. Il joue une sorte de rock assez mélancolique, et plutôt progressif. Si vous voulez mon avis, c’est du James Blunt à la guitare. Non pas que je déteste, mais je n’apprécie pas plus que cela, et pour une première partie supposée « chauffer la salle », c’est plutôt raté. Le set est assez court, le gars a une jolie voix et joue pas trop mal de la guitare, mais voilà c’est tout.

Clover Seeds arrive ensuite sur scène. Il se trouve que le groupe est français, et même carrément originaire de Clermont. Ils sont donc à la maison. Ici, on est déjà plus dans l’ambiance. En effet, c’est du rock voir metal progressif que nous servent là les français, qui colle parfaitement au style d’Anathema. Malheureusement le jeu de scène est à la limite du potable, très statique. Heureusement que le chanteur est communicatif. Le groupe alterne des compos assez lentes avec d’autres plus énergiques, tout en réussissant à placer quelques grunts ou chants plus extrêmes de ci de là.  Le son est clair, les solos sympas, bref, une bonne première partie que je réécouterais sur CD à l’occasion.

CloverSeeds, tournée Anathema à la Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand

Chanteur de CloverSeeds

Ceux qu’on attend cela dit, ce sont bien entendu les anglais. Anathema arrive sur scène avec le premier titre de leur dernier album : Thin Air de We’re here because we’re here. Je dois vous avouer un truc, bien qu’extrêmement encensé par la presse, je n’aime pas spécialement leur dernier album. C’est trop mou à mon goût. Autant vous dire que cette entrée ne m’a pas palpité plus que cela. Et pourtant. Les morceaux assez légers et rocks du dernier album prennent une toute autre dimension en live. Ils sont beaucoup plus sombres, les guitares et la basse sont plus en avant, et je retrouve la l’ambiance d’Alternative 4. Une ambiance sombre et mélancolique, à deux doigts du suicide diraient les neophytes.

Et heureusement, car ils vont jouer le nouvel album en entier, de A à Z , enfin, plutôt de Thin Air à Hindsight. Et c’est là qu’on se rend bien compte que cet album est un tout. Je suis totalement partiale, mais j’adore la voix de Vincent Cavanagh, le guitariste et chanteur du groupe. Peu de chanteurs savent mettre autant d’émotions dans leurs morceaux, passant de la joie à la peine, du murmure au cri. C’est un grand chanteur. Bon guitariste aussi, mais sur plus de la moitié du concert, il sera privé de guitare pour cause de problèmes techniques. Tant pis, le groupe jouera sans, et somme toute cela passe plutôt bien.

Les morceaux s’enchaînent, et l’album se termine. Pendant l’heure qui suit (oui car le set d’Anathema durera 2h30), le groupe va s’intéresser à des morceaux plus anciens. En tout honnêteté, je ne les connaissais pas tous, mais  on sent clairement la différence entre les albums plus « anciens » et le dernier, qui est beaucoup plus achevé au niveau de la compositions. j’ai rêvé, jusqu’à la toute fin du set, d’entendre Empty, qui est le morceau qui m’a fait découvrir le groupe. Il n’y sera pas.

Vincent Cavanagh, Anathema, tournée We’re here because we’re here, à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)

Vincent Cavanagh, chanteur et guitariste d'Anathema

Par conte, le final est une véritable apothéose. Enfin, nous aurons d’abord droit à un interlude acoustique sur une reprise de Parisienne Moonlight par Danny Cavanagh seul à la guitare (frère ainé du chanteur, le bassiste étant lui le jumeau du guitariste, le groupe est en fait une affaire de famille). Une chanson très folk, très traditionnelle et gérée d’une main de maitre. Il est doué le Daniel.

Et puis, après, ce n’est que du bonheur. Le groupe revient sur A Natural Disaster, qui voit Vincent en duo avec la chanteuse Lee Douglas. Elle est présente sur quelques morceaux mais démontre là la beauté de sa voix, et son chant légèrement irlandais est de toute beauté. Le morceau est très chargé en émotion, et ce n’est pas Closer, avec ses vocoders et sa froideur qui va faire retomber l’émotion. Anathema montre là sa puissance, sa capacité à transmettre des émotions et à créer des ambiances. C’est très fort.

Et puis, pour finir, les premières notes de Shroud of False, l’introduction de Alternative 4.  Que dire. Et Shroud qui monte, qui monte, pour introduire Fragile Dreams, un morceau que j’adorais sur l’album mais qui prend là une toute autre dimension. De la rage, du désespoir, de l’énergie, de la mélancolie, Fragile Dreams est tout ça et bien plus encore. Il n’y a pas de mots pour le décrire et je sais que le groupe vient là de placer la barre très très haut. Peu de concerts ont réussi à autant me toucher.

Anathema ne jouera que ces deux morceaux d’Alternative 4, mais je ne suis même pas restée sur ma faim, tellement Fragile Dreams fut intense. Le groupe sera au Hellfest 2011, nul besoin de vous dire que j’y serais.

Une ambiance sombre et mélancolique, à deux doigts du suicides diraient les neophytes.

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