Wild Cards de George R.R. Martin

dabYo dans Critiques, Livres le 19 décembre 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Wild Cards est un univers de nouvelles dirigé par George R.R. Martin depuis plus de 30 ans outre Atlantique, alors quand j’en ai découvert l’existence j’avais vraiment hâte qu’il finisse par traverser l’océan… Et voilà qui est chose faite grâce aux éditions J’ai Lu qui en publient la première anthologie dans leur collection Nouveaux Millénaires. Un petit pavé de près de 700 pages dirigé par l’auteur du Trône de Fer donc, mais dans lequel on retrouve de nombreux auteurs américains: Lewis Shiner, Walter Jon Williams ou encore Roger Zelazny. Et puis, évidemment, Martin himself. Un petit synopsis ?

Wild Cards de George RR Martin

Quand en 1946 un groupe de terroriste a menacé le gouvernement américain de relâcher un virus extraterrestre au dessus de New York s’ils n’étaient pas payé d’une très forte rançon, ils ne déconnaient clairement pas. A l’époque évidemment, rares étaient les personnes sur Terre à savoir que la menace était réelle, et la population en fit les frais. Des dizaines de milliers de morts et un virus, le xenovirus, dans la nature qui tue 90% des humains qu’il contamine. Le reste devient pour la plupart d’entre eux des difformés à vie qui n’ont plus grand chose d’humain. On les appelle les Jokers en opposition aux As, ceux qui ont eu une bonne étoile et en ont profité pour chopper des super-pouvoirs.

Entrer dans l’univers de Wild Cards est au début assez difficile. Cette première anthologie commence avec un prologue écrit par Martin et qui annonce les premières nouvelles de l’univers. Mais ce n’est pas pour autant une introduction simple d’accès notamment parce que la narration, au passé qui reste vague, est difficile à comprendre. Il faudra donc lire les nouvelles qui suivront pour finir par comprendre ce qu’il s’est passé. Le recueil est organisé en six petits groupes de nouvelles qui seront séparés par un interlude rapide à chaque fois, là aussi écrits par Martin. Ce n’est clairement pas ce que j’ai préféré dans l’anthologie.

Les nouvelles vont s’avérer être de qualité et d’intérêt assez variables. Certaines je dois avouer que j’ai eu du mal à les lire et les finir, et c’est sans doute pour cela que j’ai mis tant de temps pour finir le pavé. Le truc, c’est qu’il y a tellement de nouvelles que j’ai oublié lesquelles ne m’avaient pas particulièrement plu.


Car en dehors de ces quelques nouvelles, il faut bien avouer que le concept m’a complètement éclaté et que je me suis vite pris au jeu. Nous sommes dans un univers plus ou moins cohérent mais surtout, qui grâce à ce satané xenovirus, a vu les cartes de la vie être rejouées. Cela se ressent d’abord parce que l’histoire retrace l’Amérique du XXème siècle et certains passages clefs, l’après-guerre, la chasse aux communistes… Tout est revu façon et que se serait-il passé. C’est vraiment excellent d’autant que les impacts sont énormes.

En effet dans Wild Cards il n’est pas simplement question de super héros comme dans un univers Marvel par exemple, mais aussi de gens qui sont déformés et dont le xenovirus a complètement détruit la vie. Et ça, ça change tout car il ne s’agit pas que de chanceux, mais aussi d’affreux, de bas fonds, de pègre, de rues malfamées… On est loin de X-Men par exemple où finalement même les méchants sont des héros, des anti-héros certes, mais ils agissent de façon prévisible. Ici, c’est la loi de la jungle et Joker Town est vraiment très bien retranscrite au fil des nouvelles.

Wild Cards de George RR MartinLes nouvelles sont d’ailleurs relativement bien cohérentes les unes par rapport aux autres. On reverra quelques personnages récurrents qui font office de clin d’œil en général. Certains sont plats, je dois avouer avoir eu du mal à accrocher aux personnages des premières nouvelles. Par contre, les super héros de la suite, et notamment la Grande et Puissante Tortue qui est sans aucun doute mon héros préféré du récit.

Bref, après un démarrage un peu difficile, Wild Cards fini par prendre toute son ampleur jusqu’à vous rendre accro avec ses dernières nouvelles vraiment bien écrites. L’univers fini par prendre vie et on a l’impression d’être transporté dans une sorte de farwest où les guest stars peuvent être rencontrés à n’importe quel moment. Et puis, il y a Jokertown, la pègre, les politiciens ferreux, qui font de ces quelques nouvelles quelque chose qui a une sacrée ambiance.


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