Victimes et Bourreaux des éditions Mnémos

dabYo dans Critiques, Livres le 26 juillet 2011, avec aucun commentaire
Critiques

Victimes et Bourreaux est la troisième anthologie de nouvelles du festival des Imaginales centré autour d’un thème et publié par les éditions Mnémos. L’année dernière, Serafina vous parlait de Magiciennes et Sorciers, un recueil qui nous avait permis de découvrir quelques auteurs de talent, notamment Lionel Davoust. Cette année encore l’anthologie est sous la direction de Stéphanie Nicot, et la couverture plutôt monochrome est signée Julien Delval. Recueil oblige, pas de synopsis, vous vous en doutez bien.

Victimes et Bourreaux des éditions Mnémos

Cette fois, ce sont douze auteurs français qui sont partis pour l’aventure. Vous vous en doutez, le thème est la torture, mais cette dernière ne se révèlera pas forcément être physique, elle pourra être psychologique, ou encore, avec un bourreau dont l’identité n’est pas forcément celle qui saute aux yeux au départ. Sur les douze auteurs français, je dois avouer que je n’en connaissais pas beaucoup. Si j’ai déjà été conquis par Pierre Bordage, notamment grâce à La Fraternité du Panca, et que je suis un fanboy des deux romans écrits par Maïa Mazaurrette, que j’ai plutôt aimé le roman de Charlotte Bousquet, les autres ne me disaient rien. Et c’est justement là un des intérêts de cette anthologie: outre un thème intéressant, elle permet de découvrir des auteurs qu’on ne lirait peut être pas autrement.

La Stratégie de l’Araignée de Charlotte Bousquet

Cette nouvelle se déroule dans l’univers que j’ai pu découvrir avec Cytheriae, même s’il n’est pas nécessaire d’en connaître des détails pour apprécier la nouvelle. Elle se concentre particulièrement sur la relation entre deux personnages impliqués dans une torture. Assez classique dans la tournure, elle est plutôt sympathique à lire et très bien écrite.

Qjörll l’Assassin de Michel Robert

Cette nouvelle de l’auteur français nous plonge dans un univers qui mêle chevaliers et far west. Si le début est assez difficile  à suivre, avec de nombreux personnages et non, on fini par prendre le train et vouloir connaître la suite. Dommage, tout de même, de voir venir la fin et de ne pas être surpris par ce qui est supposément un retournement de situation.

Que justice soit faite ! de Maïa Mazaurette

Dès les premières lignes on retrouve le style agressif et dérangeant de Maïa Mazaurette. Celui qui fait que ses textes sont facilement identifiables et qu’ils me plaisent. On a le droit à un thème religieux, mais là encore comme pour Dehors les chiens, les infidèles, il ne faut pas chercher de critique, juste une histoire. Un savant mélange de folie qui m’a d’ailleurs bien plu.

Qui sera le bourreau? de Pierre Bordage

On m’en avait dit beaucoup de bien, et j’attendais forcement avec impatience la nouvelle de cet auteur que j’aime tant. C’est vrai qu’elle a de très bons côtés, qu’elle est très bien écrite, mais je l’ai presque trouvée… trop longue. Pour seize pages, c’est presque un comble. L’idée de base est bonne, le traitement aussi, mais j’ai trouvé le tout un poil répétitif.

Ton visage et mon coeur de Nathalie Dau

Avec son début très classique, la nouvelle ne me bottais pas vraiment. Une histoire de guerre, de soldat déchu… Mouais. Et puis, quelques pages ont suffit pour m’embarquer dans cette histoire d’amour manqué. Je dois avouer que cette nouvelle fait partie de mes préférées, le traitement est réussi, beau.

Frères d’Armes de Jeanne-A Debats

Vient ensuite une nouvelle qui m’a laissé perplexe: l’univers y est en effet tellement vaste, complexe et avec tant de termes qui lui sont propres que comprendre la nouvelle et le texte est d’une difficulté hallucinante. C’est dommage, car ça avait l’air très intéressant, le déroulement bien trouvé. Mais voilà, on passe tellement de temps à tenter de comprendre ce qu’il s’y passe qu’on rate le récit, on passe carrément à côté. Dommage.

Désolation de Jean-Philippe Jaworski

On entend beaucoup parler de cet auteur depuis quelques temps, et cette nouvelle était mon premier avant goût. C’est là aussi la plus longue nouvelle du recueil, il y a de nombreuses descriptions de paysages, qui aident à poser l’ambiance. Mais bien que j’ai trouvé sa fin très intéressante, j’ai quand même eu l’impression qu’elle trainait un peu trop en longueur, donnant notamment un peu trouvant souvent l’impression de lire une revisite du Seigneur des Anneaux. Une revisite bien sympathique, cela dit.

Au-delà des murs de Lionel Davoust

Sans aucun doute la nouvelle qui m’a le plus plu dans ce roman, et encore plus après coup, en y repensant. L’idée sur laquelle va finir par nous amener Lionel Davoust est tout simplement géniale, et je pense m’en souvenir pendant un petit bout de temps encore. Ce qui est un bon point pour le texte court qu’est la nouvelle. A cette idée vient se greffer tout un univers autour qui donne vraiment envie. Entre Steampunk et Fantasy, j’espère bien pouvoir y retourner. La narration est elle aussi au rendez vous, bref, j’ai hâte d’en relire.

Victimes et Bourreaux des éditions MnémosJe ne vous ai parlé que de celles qui m’ont le plus marqué. Je dois avouer que j’ai trouvé les nouvelles de Sam Nell et Paul Beorn sympathiques, mais elles ne m’ont pas tant marquer que ça. Au contraire par contre, celles de Justine Niogret et Xavier Mauméjean m’ont carrément laissé perplexe. Peut être n’ai-je pas la fibre assez poétique pour être touché par les textes.

Au final, cette anthologie ne souffre pas du défaut qu’on avait pu reprocher à Magiciennes et Sorciers: les nouvelles sont pour la plupart toutes agréables à lire même sans connaître l’univers de l’auteur. Quelques exceptions certes, mais pas assez pour gâcher la lecture. Victimes et Bourreaux est sans aucun doute un des meilleurs moyens de découvrir des auteurs français qui risquent de vous plaire.


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