Vampires d’une nuit de printemps est la toute dernière parution des éditions du Petit Caveau, maison spécialisée en vampires. C’est aussi le premier roman de Lia Vilorë, qu’on avait pu jusqu’alors découvrir via des anthologies, notamment Or et Sang. Malgré une couverture de Rozenn Illiano bien exécutée, j’y était restée totalement insensible : trop sibylline sans doute. Mais je l’ai pris avec moi pour un voyage en train, et dieu que j’ai bien fait. Synopsis.

Vampires d’une nuit de printemps par Lia Vilorë

Un bus qui dérape sur la neige, un carambolage, voilà une fin de vie banale. Ou pas, car un vampire sauve celle qui se fera appeler Lia Fail. Emportée dans un Los Angeles nocturne, elle découvre sa nouvelle condition, ses nouveaux pouvoirs, et son clan. Un clan qui d’ailleurs ne voit pas réellement sa venue d’un très bon œil, et il semblerait bien que ça complote déjà pour se débarrasser d’elle.

Si Lia Vilorë m’avait fait bonne impression dans les deux nouvelles que j’avais lu d’elle, elle ne m’avait pas pour autant scotchée par son style. Il faut croire qu’elle cachait bien son jeu, car dès les premières pages du livre j’ai été bluffée. Un roman à la première personne, avec une nouvelle vampire et prétendument de l’humour, c’est un exercice de style très difficile. Et pourtant, elle s’en sort avec brio. Ses écrits sont très « réels », ça sonne naturel, l’héroïne est écrite comme on pourrait parler. C’est très familier, mais ça ne m’a pas paru surjoué. Elle m’a fait un peu penser à Anthelme Hauchecorne, le coté politiquement engagé en moins.

Il faut ajouter à cela de solides références culturelles,cinématographiques et littéraires qui forcement ont touché au cœur la fangrill, que ça soit la Mort de sexe masculin, la licorne rose invisible ou encore  les citations des Monty Pythons. Ça reste accessible à tous ceux qui n’ont pas ces références, mais vous louperez sans doute quelque chose.

La mythologie vampirique est énormément inspirée de la mythologie irlandaise : les références à Cuchulain et ses amis sont pléthores, et ce n’est pas du tout expliqué, enfin, très peu. Ce à quoi on ajoute des références maçonniques avec le concept de loges et de convent, et des références vampiriques. Du coup, si vous ne connaissez pas du tout ce domaine, vous risquez fort d’être totalement perdu, car le nombre de termes est impressionnant, et je pense que des annexes ou autres lexiques n’auraient pas été superflus.

Malgré ce que nous vend le 4ème de couverture, qui malheureusement dévoile des événements se déroulants à plus de la moitié du livre, j’ai surtout trouvé que ce tome était très introductif. Il ne se passe rien en quelque sorte pendant les 100 premières pages, on nous présente le monde, et les personnages, ce qui est assez logique pour préparer la suite, si suite il y a.

Malgré tout ce que le fait d’avoir une jeune vampire novice, à la super répartie et appelée à de grandes choses peut nous laisser penser, l’héroïne n’est pas une Mary Sue. Au contraire, sa dérision et sa fraicheur font que j’ai totalement accroché au personnage, alors que la plupart des héroïnes de Bit-Lit à la première personne m’insupportent. Elle est crédible. Et du coup, ça fait du bien, par rapport à tout ces clichés du genre. Elle doute beaucoup, elle n’est pas sure d’elle sans être pour autant aussi niaise qu’une Sookie.

Vampires d’une nuit de printemps par Lia VilorëOn ne s’ennuie pas une seule seconde malgré l’absence relative de péripéties durant la première partie. Le style aide énormément à cela, étant tout à la fois allègre, drôle et très vivant. La galerie de personnages est assez variée, bien que trop peu développée, avec des personnages de toutes les époques, et de toutes les orientations, mention spéciale à Rose, une vampire sauvée des trains de la mort. Le roman se lit très vite, je l’ai fini en un aller-retour à Paris, avec une sieste au milieu, et j’ai été totalement happée.

Au final, j’ai été totalement conquise par Vampires d’une nuit de printemps, majoritairement car je partage les références et la culture mythologique du bouquin, ainsi que la propension au langage un peu trop familier. Tellement, que ce roman se place directement sur le podium de mes meilleures lectures de cette année, avec le premier tome de Le Sang du Rock. Je ne peux que vous le conseiller sans la moindre hésitation, tellement le coté rafraichissant et la vivacité du style de Lia Vilorë font du bien dans le genre un peu sclérosé de la Bit-Lit.

 


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
  • Pas encore de commentaire.
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?