Vampire Malgré Lui des éditions du Petit Caveau

Anthologie de six nouvelles vampiriques

Serafina dans Critiques, Livres le 26 février 2013, avec aucun commentaire
Critiques

L’année dernière, les éditions du Petit Caveau, spécialisées en vampires divers avaient lancé un appel à textes sur le thème vampire malgré lui. Le résultat est sorti au début de l’année, évidemment sous le titre Vampire Malgré Lui et avec une très jolie couverture de Alexandra V. Bach. Au menu, 12 nouvelles, dont la plupart d’auteurs que je ne connaissais absolument pas. Le but est avoué : renouveler le mythe du vampire.

Vampire malgré lui des éditions du petit caveau

Difficile voir impossible de chroniquer les 12 nouvelles, nous n’aborderons ici que les nouvelles qui m’ont particulièrement marquées, en bien ou en mal. Le niveau dans l’ensemble est assez constant, les nouvelles sont de bonnes qualité. L’inconvénient, c’est qu’il y a assez peu de nouvelles qui se démarquent, à l’exception de deux ou trois, et pas toujours pour de bonnes raisons. Contrairement à la précédente anthologie du Petit Caveau, ici, aucune répétition entre les nouvelles , toutes abordent le sujet avec des angles très différents !

Chapitre Premier de Jean-Paul Raymond

L’anthologie s’ouvre sur Chapitre Premier de Jean-Paul Raymond, et je dois dire que pour moi ça a commencé très mal. Cette nouvelle mettant en scène l’auteur lui même devant écrire une histoire de vampires m’a au mieux ennuyée, au pire agacée. Je n’ai pas apprécié le style à la première personne qui sonnait faux, les réflexions du narrateur que j’ai trouvé agaçantes, pas plus que ses personnages, tristes caricatures de beaufs modernes (surtout la femme). Bref, comme ouverture d’anthologie, ça a été la douche froide, surtout que cette nouvelle est assez longue.

Noblesse d’Âme de Lydie Blaizot

A l’opposée, on retrouve Noblesse d’Âme de Lydie Blaizot qui m’a happée dès les premières lignes pour une raison totalement chauvine : l’histoire se passe à Salbris, petit ville de Sologne, ma terre natale. Au delà de ça, on trouve la une description assez fidèle, une ambiance « vie de tous les jours », qui permet de facilement entrer dans l’histoire. Comme toujours le style de l’auteur est fluide et agréable.

Les Naömis de Jean Vigne

Jean VigneJean Vigne continue dans la ligne des histoires surprenantes. Une mission d’expédition, un coté epistolaire, bref, un coté très Lovecraftien se trouve dans cette nouvelle qui ne pouvait donc que me plaire, malgré quelques longueurs.

Il y a un coté très oppressant bien rendu et un coté Fantastique vraiment bien mené. Je n’ai pas lu Désolation son roman aux éditions du Petit Caveau, mais ça me donne envie. illman en avait fait la chronique.

Petrus de David Osmay

David Osmay signe mon premier coup de cœur. Il met en scène un félin vampire et si vous possédez comme moi un chat, vous savez combien il est aisé d’imaginer ces bestioles complotant pour nous éliminer. Autant dire que je ne regardais plus mon chat de la même manière après cela. L’écriture à la première personne est entrainante et assez drôle au final.

Si tous les rois de la terre d’Olivier Boile

La nouvelle suivante met en scène un maréchal de Napoléon ( Murat), et Olivier Boile s’attaque donc ici au vampire version historique, le tout soupoudré de guerre, évidemment. N’appréciant pas cette période, je dois dire que les references historiques m’ont surtout ennuyée, et ne m’ont pas réellement fait entrer dans l’histoire. Dommage car elle semblait bien documentée.

Dis moi qui tu manges de Malaika Makumi

Dis moi qui tu manges nous permet de retrouver Malaïka Macumi que j’avais plutot appreciée dans son précédent roman, Les Anges de l’Ombre. Mettant en scène un vampire allergique au sang (oui oui), elle est très drôle et en même temps cruelle. C’est une des meilleures idées du recueil à mon avis…

Mademoiselle Edwarda de Vincent Tassy

Jusqu’à ce que je lise Mademoiselle Edwarda de Vincent Tassy qui a limite balayé toutes les autres. En mettant en scène une jeune transsexuelle MtF , l’auteur aborde les douloureux thèmes de l’acceptation de soi, de la transsexualité, mais aussi la cruauté du monde.

Vampire malgré lui des éditions du petit caveauAvec un style très agréable, un personnage haut en couleurs et une capacité à rendre vivante les scènes et environnements dans lesquelles évoluent notre héroïne, Vincent Tassy signe là la nouvelle la plus marquante du recueil, d’autant plus qu’elle le clôt. Une nouvelle Fantastique, mais en même temps totalement ancrée dans notre monde et dans notre temps. En ce sens, la nouvelle m’a fait penser à ce qu’a pu faire Poppy Z. Brite. C’est la première fois que je lisais cet auteur (aussi rédacteur dans un magasine gothique, ca ne vous rappelle rien ?) et j’espère bien le relire ! Avec plaisir même.

Au final, Vampire malgré lui est une anthologie plutôt agréable, variée, et avec des sujets très disparates qui devraient plaire à tous. Assez égale niveau qualité, elle se lit plutôt vite. Ma réelle découverte ici est Vincent Tassy, que j’espère relire, et l’anthologie confirme la qualité d’écriture d’auteurs comme Malaïka Macumi, Lidye Blaizot ou encore Jean Vigne.


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