Tu m’envoies un mail? de Emmanuelle Friedmann n’est pas vraiment dans mon genre de prédilection. Le roman d’un peu plus de 200 pages est en effet une satire du monde du travail. Un livre très ancré dans la réalité pour la lectrice d’Imaginaire que je suis. Mais bon, quand on me l’a proposé je me suis dit pourquoi pas, ça va changer. Et en effet, ça change, je peux vous le dire. Le roman vient tout juste de paraître aux éditions Privé.

Tu m'envoies un mail ? de Emmanuelle Friedmann

Journaliste, notre héroïne en a un peu marre du travail freelance, et de la précarité qui va avec. On la comprend. Du coup, elle décide de rejoindre le service de communication de l’Entreprise, nommé service de com’. Sauf qu’elle ne s’attendait probablement pas à débarquer dans une telle jungle où tous les coups sont permis.

Premier point notable, l’anonymisation. Rien n’est cité, libre à nous de penser que c’est vrai ou non, de définir dans quel domaine l’Entreprise sévit, bref. Cette anonymisation permet évidemment au livre de toucher un peu tous les secteurs et donc toutes les personnes, qui pourront plus facilement se reconnaître dans cette satyre sociale. C’est un bon point pour s’immerger dans le roman.

Le thème n’est certes pas nouveau, vu qu’il fait penser au Stupeur et Tremblements de Amélie Nothomb –que je n’avais pas aimé d’ailleurs- à la différence près qu’on est là en France. Bien chez nous, et que du coup, quiconque ayant bossé ou bossant dans une grande entreprise reconnaîtra bien des points. Que cela soit la joie des RTT ou bien les plateaux repas en réunion, il est très facile de se repérer. Le milieu où travaille la narratrice est par contre assez exclusivement féminin, ce qui évidemment amène à l’ambiance qu’on peut imaginer, mais que je ne connais pas, étant en informatique.

Chaque chapitre est très court, deux à trois pages tout au plus. Chacun d’entre eux s’axe autour d’une tranche de vie. Il n’y a donc pas de continuité directe entre les chapitres. De ce fait, la lecture est rapide, très rapide. C’est plutôt léger, et l’humour est très présent.

Tu m'envoies un mail ? de Emmanuelle FriedmannCependant, l’humour joue beaucoup sur l’exagération, et à un moment, trop c’est quand même trop. Tous les personnages sont stéréotypés à l’extrême, du coup, si au début ça fait sourire, c’est assez dur de trouver la chose réaliste. Ceci dit, une exagération de ce type est je pense volontaire, afin de montrer les travers de l’entreprise. Les personnages sont tous assez haut en couleurs, vu que leurs traits de caractère sont poussés.

Sous l’exagération et l’humour, on sent quand même du vécu. Peut être pas aussi « grave » et abracadabrant que ce que vit notre narratrice, mais tout de même. Le livre est bien ancré dans la réalité et c’est peut être ce qui fait finalement le plus peur. Sous l’humour, on nous fait un poil réfléchir et on aborde des sujets délicats, dont celui du harcèlement moral. Le ton se fait plus grave au fur et à mesure des chapitres, directe conséquence de ce que subit notre héroïne.

Enfin, il convient de prendre ce livre pour ce qu’il est: une parodie, cependant avec des origines bien réelles. Heureusement toutes les entreprises ne sont pas comme ca. C’est un roman qui fut agréable à lire et qui change de mes lectures. Rien de fondamentalement nouveau, mais un bon moment passé en compagnie de cet ouvrage, qui conviendra à un homme comme à une femme.


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4 Comments, donnez votre avis !
  • Fauve a écrit le 5 mai 2010 à 23 h 57 min:

    Ah j’avoue que ta critique donne envie surtout quant on cherche du travail comme moi et qu’on a vu certains milieu… S apeut être marrant !

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  • powings a écrit le 6 mai 2010 à 14 h 55 min:

    j’ai lu ce livre et d’ailleurs mis ma « critique  » sur mon blog et comme toi au début je souriais des péripéties de l’héroine mais à la fin je trouvais ça un peu monotone quand meme !!

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  • Sophie a écrit le 3 août 2010 à 13 h 11 min:

    J’ai également travaillé avec Emmanuelle
    Dans le livre je suis la pétasse
    Et je peux vous garantir que tout est romancé pour faire passer Emmanuelle pour la victime alors que dans les faits elle s’est révélée nulle.
    C’est le directeur général lui-même qui a négocié son départ à savoir : 2 belles formations et des sous.
    Elle ne parle ni de ces complots, ni de son incompétence, ni même de ses relations « rapprochées » avec la femme du directeur.
    Dans ce livre, elle « flingue » ceux qui ont vu sa vraie face.
    Autre chose : ce livre a été « co-rédigé » par une ex-déléguée du personnel et validé par le directeur général lui-même.
    A bon entendeur…

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  • Jean-Luc a écrit le 13 août 2010 à 14 h 32 min:

    Bonjour,
    Je n’ai jamais travaillé avec Emmanuelle, mais je suis actuellement dans la boite dont elle parle.
    Je ne la connais donc pas, et n’ai donc aucun avis sur son cas personnel.
    Pourtant j’y ai bien reconnu mes contemporains et leurs travers…
    Cette douce critique pourrait amener à améliorer quelques comportements.
    Ta tentative de discréditer l’auteur sur tous les blogs ou le livre apparait ne change pas grand-chose au fond du sujet à la réalité, légèrement augmentée, de la plupart des personnages…
    Si je la connaissais, je lui fournirai de quoi alimenter le tome 2, voir le 3.
    En tout cas, elle devrait permettre de s’interroger sur eux même les Joël, Laurence et autre Valérie… Et pourquoi pas l’autre Emmanuelle ?
    Oups !? Aurais-je fait une gaffe ?

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