Traité de Vampirologie de Edouard Brasey

Serafina dans Critiques, Livres le 5 août 2009, avec 4 commentaires
Critiques

Le traité de Vampirologie se présente comme un vrai faux grimoire. Il est prétendument rédigé par Abraham van Helsing, le célèbre docteur.  Bon c’est Edouard Brasey qui le traduit donc on pourrait émettre des doutes sur l’auteur mais on n’en dira pas plus. Toujours est il que le livre est beau, très beau. C’est la première chose que l’on remarque: une allure de grimoire lui a été donnée, la couverture donne une illusion de cuir et de fermoir. Les pages sont faussement massicotées pour donner l’impression que le livre a vécu. Quant aux pages elles sont jaunies et une écriture à l’ancienne est utilisée. Nous sommes là dans le domaine du livre-bijou. Vous me connaissez je m’attache beaucoup à l’apparence de mes livres, alors là c’est le rêve. Pour la modique somme 19 euros et quelque, le rapport qualité prix est un des meilleurs que j’ai vu.

Traité de Vampirologie d'Edouard Brasey

Mais bon, il n’y a pas que le dehors qui compte ! Il faut observer l’intérieur. Nous avons donc droit à un traité de vampirologie de 280 pages, expliquant par le menu, comment sont nés les vampires , comment les reconnaître, comment les éliminer, bref la totale ! Suivent après 150 pages qui complètent le traité. On peut y lire des extraits des travaux de Colin de Plancy (écrivain du XIXème ayant réalisé de nombreux ouvrages sur les mythes -fées, vampires, etc) mais aussi trois nouvelles dont Le vampire de Polidori et La vampire de Hoffmann puis des passages de Baudelaire. Ces deux textes sont très bien choisis à mon avis : il s’agit là de fondamentaux du mythe. Le tout est orné de nombreux dessins typés gravure du Moyen-Age. Des illustrations simples qui collent très bien à l’aspect ancien.

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs.  Nous allons commencer par nous intéresser au traité. Une petite préface nous met dans l’ambiance et nous apprend que ce n’est que la traduction qu’un bouquin qu’aurait écrit Van Helsing. L’idée est relativement originale et intéressante. En plus Van Helsing, ça fait sérieux. Et puis j’adore le personnage. Cependant, c’est à mon idée plutôt mal intégré. Van Helsing rappelle un nombre incommensurable de fois des faits qui se passent dans Dracula. Ça n’est pas naturel du tout. A la limite il aurait mieux fallu inventer d’autres aventures Van Helsing: il n’a quand même pas fait que Dracula dans sa vie. De plus Van Hellsing, qui dans le roman apparaît quand même comme un homme relativement moderne et en avance sur son temps, tout en restant pieu (cet aspect est d’ailleurs bien rendu dans le film Dracula de Coppola), oui, Ce Van Helsing apparaît ici comme un bigot coincé des fesses ! Non, mais mince quoi, un mec qui croit aux vampires, qui leur plante des pieux dans le cœur  et leur coupe la tête, n’ose pas parler de Sexe ? Ces passages m’ont proprement aberré. Surtout qu’il est impossible de parler de vampires sans parler de la métaphore sexuelle qu’ils représentent. Le vampire c’est du sexe en barre. Ah le mauvais jeu de mot… Vampire et sexualités sont très difficilement dissociables.

Traité de Vampirologie d'Edouard Brasey

Mise à part ce petit détail, le traité est très intéressant. Il va chercher au fond des origines (lith et ses amies), il évoque d’autres créatures auxquelles les vampires sont parfois associés.  Le livre parle notamment d’une histoire des vampires relativement complète, jusqu’au XXème siècle. En effet, vu que supposément écrit par Van Helsing, nous ne trouverons dans ce grimoire aucun passage sur le vampirisme moderne. Cependant, il y a assez à faire sur le Moyen Age et l’antiquité non ? Des encadrés proposent des renseignement complémentaires. Il s’agit généralement de textes d’époques, Colin de Plancy mais aussi Voltaire par exemple, et bien d’autres. Ces encadrés donnent encore plus de crédibilité au livre. Il s’agit de textes qui apportent généralement un autre regard sur le chapitre. En effet le traité donne des deux cotés : Van Helsing croit aux vampires, mais il cite quand même des auteurs qui eux n’y croient pas. Aux lecteurs de faire leur choix. Et ça rend la chose diablement intéressante.

La lecture est enrichissante, on regrettera que certains aspects du vampirisme n’aient pas été pris en compte.  La lecture est à conseiller à tous ceux qui s’intéresse aux vampires, aux vrais, pas celui qui scintille. Ceci dit, qu’on préfère ceux de Twilight n’entachera en rien le plaisir éprouvé pendant la lecture. Mais bon, comme on dit bien : real vampires don’t sparkle ! Bien qu’il en manque, le sujet est abordé sous de nombreux angles, même un angle psychiatrique ! Des origines à la révolution industrielle, le vampire y est disséqué.

Pour ce qui est de la deuxième partie, c’est à dire les textes d’époque, c’est difficile à juger. D’une part les textes de Colin de Plancy ou de Dom Calmet ont déjà été cités de manière exacte et sur plusieurs paragraphes dans la première partie. Ces passages sont donc pour certains des redites. C’est désagréable à la lecture, une mauvaise impression de déjà vu, mais ça peut permettre à certain de les relire sans avoir à feuilleter.

Lilith et les Vampires

Pour Polidori, Hoffmann, Baudelaire, Poe nul doute que la personne qui s’intéresse aux vampire les aura déjà lus. Mais cette compilation a le mérite de faire découvrir ces textes, qui ne sont pas toujours aisés à trouver dans le commerce, qui méritent d’être connus. Bien moins célèbres que Dracula, ils en restent des fondateurs du mythe. Vous pouvez à ce propos lire ma critique du Vampire de Polidori. Désormais, lorsqu’on me demandera où trouver cette nouvelle, je serai quoi répondre. A dire vrai, il ne manquerait que Carmilla de Le Fanu.

Au final, c’est un bon traité, très beau, très agreable à lire. Un cadeau idéal pour votre fiancée gogoth qui bave sur Lestat si vous voyez le genre, mais aussi un beau traité à lire pour toutes les personnes s’intéressant aux fondations du vampire, ou souhaitant enfin savoir ce qu’este le mythe vampirique. Le livre offre une bonne vision d’ensemble. Libre à vous de compléter après. A moins de 20 euros, ne pas le possèder lorsqu’on aime les vampires relève du lèse-majesté.


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4 commentaires, donnez votre avis !
  • mili-chan a écrit le 6 août 2009 à 9 h 41 min:

    Un beau livre oui mais je trouvais justement qu’il fesait trop quinquaille. Je sais pas si tu voie ce que je veu dire… un livre trop beau pour ètre travaillé a l’intérieur, un truc pour ados mal fait quoi

    Mais bon vu le thèe j’ésitait quand mème a l’acheter et je n’hésite plus. Il passeen haut de ma liste de livre a acheter

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  • Thalia a écrit le 7 août 2009 à 12 h 18 min:

    Ça a l’air vraiment intéressant … et en plus si tu en fais une telle louange me le faudra aussi! :p De plus c’est vrai qu’il a l’air sublime! Vous êtes que des tentateurs moi je dis! ;)

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  • Ehani a écrit le 7 août 2009 à 14 h 44 min:

    De toute façon la plupart des livres de Brasey sont du même acabit ^^
    Es ce qu’il met une biblographie à la fin au fait ? (parceque en plus des extrait dont tu parles, il fait peut etre d’autres références à des ouvrages sur le sujet, comme dans certains de ses autres ouvrages)

    En revanche le livre m’a l’air d’être assez imposant sur les photos…

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  • Seraf' a écrit le 7 août 2009 à 21 h 57 min:

    @Ehani je n’ai pas le livre sous la main pour le moment, il me semble qu’il n’y en a pas, mais je peut me tromper.
    Le livre est de dimensions A5 a peu pres mais 10 bons cm d’épaisseur.

    @Thalia, ca l’est ^^

    @Mili bah je l’ai trouvé très complet et pas si facile a aborder. Et puis Brasey est super serieux ^^

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