The Heroin Diaries, sous titré A Year in the Life of a Shattered Rock Star est un roman autobiographique de Nikki Sixx, bassiste et mastermind de Mötley Crüe, aidé sur le coup par Ian Gittins. Le bouquin regroupe les journaux que la rock star a tenu durant l’année 1987, entrecoupés d’interventions des protagonistes de l’époque regroupés pour l’occasion par Ian Gittins. On y retrouve bien sur les autres membre du groupe, mais aussi les petites amies, les managers, les agents de sécurité et d’autres membres de la scène de L. A. des années 80, notamment un certain guitariste à chapeau, qui apportent un regard plus externe aux scènes décrites dans le journal.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

Il y a un an, vous m’auriez proposé le livre, je n’aurais sans doute pas été intéressée, Mötley Crüe est un groupe que j’aime beaucoup oui, que j’ai vu au Hellfest 2009, mais les autobiographies, je m’en méfie comme la peste. Surtout lorsqu’elles incluent des parties supposément écrites il y a des années. Il peut sembler assez étrange d’imaginer une rock star connue pour ses paroles sur le sexe et la drogue, habillé en cuir et ultra maquillé écrire dans une sorte de journal intime, mais après tout on n’est pas à une exubérance près. Je ne suis pas une douce utopiste et je suppose que pas mal des journaux ont été retravaillés et  c’est pour cela que je me méfiais, m’attendant à trouver une soupe sans intérêt.

Et puis, à force de suivre le compte de la star sur Tumblr et Twitter, je me suis rendue compte que Nikki Sixx avait l’air loin d’être con, et qu’il était en prime un vrai artiste. Vous y ajoutez une belle couverture et une édition anglaise sur papier glacé absolument magnifique, et voila, j’étais partie. Car en effet, la première chose à dire, c’est que l’objet est magnifique. Un soin particulier a été apporté aux polices, très grungy, ainsi qu’aux pages en elles même tour à tour rouges, blanches ou noires, avec des éclaboussures. Il y a aussi des petites illustrations de Paul Brown, dans un style très dark-punk, des illustrations de seringues, de junkies, etc. Bref, c’est un réel plaisir à feuilleter.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian Gittins

A ce propos, je pense que pour ce livre, il est préférable d’avoir un tant soit peu de connaissances sur l’histoire de Mötley Crüe. Si le livre est très agréable à lire, plein d’humour, etc, sans les bases, vous passerez à coté de pas mal de trucs. Le musicien ne revient absolument pas sur l’historique du groupe ou quoique ce soit, on est catapultés en 87 et vogue la galère. Il est aussi important de signaler que le roman est très cru et pourra potentiellement choquer les âmes sensibles.

Le style d’écriture est plutôt agréable. Je l’ai lu en VO, et l’écriture est fluide, la difficulté de compréhension est quant à elle un peu élevée, notamment parce qu’il utilise énormément l’argot, autour des drogues en particulier, et que je ne possédais pas ce vocabulaire. Je ne sais pas ce que vaut la traduction française, opérée par les éditions Camion Blanc, mais je pense que si vous n’avez pas forcément un bon niveau en anglais il faudra plutôt vous diriger vers celle-ci.

The Heroin Diaries de Sixx:Am

Le roman est accompagné d'un album Soundtrack du group Sixx A.M.

Le journal commence à Noël 1986 et se termine à peu près à la même époque en 1987. Et le choix de le centrer sur l’année 87 n’est pas anodin. Outre le fait que cela soit l’année de naissance de votre servante, c’est surtout celle de la sortie de l’album Girls, Girls Girls et de la tournée qui s’ensuivit, véritable succès mais aussi tournée de déchéance la plus totale au niveau éthylique. Une véritable descente aux enfers pour celui qui sera notre héros dans le livre, vu qu’il terminera avec une overdose et sera déclaré cliniquement mort avant d’être réanimé à coup d’adrénaline dans le cœur. Un mal pour un bien, car cela donnera l’excellent KickStart My Heart. De ce fait, c’est une année passionnante, et riche en péripéties. On suit le quotidien de « Rock Star », avec ses cotés pas toujours glam.

Pendant cette année, Nikki Sixx écrit régulièrement dans ses carnets qu’il appelle son journal, racontant sa vie, ses petites anecdotes, mais aussi ses (bad) trips. Car il est junkie et pas qu’un peu. L’héroïne le rend totalement paranoïaque, et il n’est pas rare qu’il passe trois jours enfermés dans un coin de sa maison car il est persuadé qu’il y a des mexicains dans la cour. La drogue cachant une dépression assez importante, l’écriture n’est pas celle de quelqu’un de sain mentalement, et sur bien des points les journaux puent l’authenticité.

On n’invente pas ce genre de choses, c’est le genre de situations mentales qui ne permettent pas de tricher. Alors oui, il y a sans doute eu du gros re-travail, mais ça m’a donné l’impression d’être face à des écrits sincères et véridiques. Et du coup pas forcément très drôles. Les passages où Nikki est au plus bas sont très sombres, très dépressifs, et vous touchent beaucoup.

Mötley Crüe

Nikki Sixx (au fond au centre) avait pas vraiment l'air de tenir un journal intime

Cependant, à coté de cela, il y a aussi le délire de la vie de rock star, notre « héros » passant d’un extrême à l’autre. Certaines situations décrites dans le livre sont proprement hallucinantes, comme quand Nikki et Tommy Lee, le batteur, shootés à mort, s’injectent du Jack Daniel’s dans les veines car il ont simplement oublié qu’on pouvait « boire », ou ses remarques sur l’absence totale de douche depuis trois semaines, la liste des fringues qu’il emporte en tournée (en tout et pour tout, un pantalon en cuir), etc. Les passages sont involontairement drôles mais quand même, il m’est arrivé de rire à plusieurs reprises. Du coup, on alterne entre rires et dépression, sans temps mort.

The Heroin Diaries de Nikki Sixx et Ian GittinsAu final, j’ai adoré The Heroin Diaries. Les moments de dépression me parlent énormément, les passages drôles m’ont beaucoup fait rire, un humour absurde mais je suis bon public. Cela permet aussi de donner un éclairage différent sur ce grand groupe de rock et ses relations avec les autres groupes de l’époque, Guns N’ Roses notamment. Le fait de faire intervenir 20 ans après les protagonistes permet aussi d’avoir un avis un peu plus objectif. Il s’agit évidemment d’une bio à prendre avec des pincettes , mais extrêmement intéressante et passionnante.

Si vous aimez un tant soit peu Mötley Crüe, je vous recommande chaudement ce roman dont la traduction a été publiée par Camion Blanc au début de l’année.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Marie a écrit le 9 décembre 2011 à 22 h 58 min:

    J’hésitais à le lire, ayant peur d’être déçue, mais là je suis convaincue. Ca va me rappeler des souvenirs puisque c’est justement à la sortie de Girls, girls, girls que je les ai connus!

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  • livre fantasy a écrit le 11 décembre 2011 à 22 h 44 min:

    A lire de toute urgence ! simplement excellent !

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