Supergod est le dernier volet du triptyque sur les surhommes de Waren Ellis, dont j’ai déjà chroniqué les deux autres volets, Black Summer et No Hero. Cette fois-ci point de Juan Jose Ryp au dessin, mais Garrie Gastonny que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. D’un autre coté j’ai entendu beaucoup de bien de ce volume, est-ce que mes attentes de passer un bon moment comme à chaque fois avec Ellis à la plume seront encore récompensée ? Direction le synopsis pour un premier élément de réponse.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

L’homme et la science ne font pas forcément bon ménage, surtout lorsque ces derniers cherchent à se rassurer avec un dieu voire à s’en créer un avec tout les moyens possibles. Malheureusement cela ne se passe jamais comme on le prévoit et tout va déraper et devenir hors de contrôle. Les surhommes ne suivent que leur propre ligne de conduite et vont lâcher l’enfer sur Terre. Simon Reddin, un scientifique britannique va nous conter le cheminement de l’humanité le long de la route qui mène vers l’apocalypse.

Franchement l’histoire de Supergod est excellente et Ellis s’est fait plaisir à mettre en scène notre destruction. Sans trop en révéler il a eu quelques idées bien intéressantes et surprenantes, même si bon il y a quand même un peu de déjà-vu. Une chose est sûr, le terreau était fertile pour nous pondre des passages bien glauques avec une narration plutôt sympathique. Car le seul personnage « humain » que l’on va identifier et aussi le narrateur de l’histoire, Reddin, va nous raconter comment l’humanité en est arrivé là tout au long d’une conversation téléphonique avec un collègue scientifique américain. On va donc écouter cet homme étrange assis au bord d’une Tamise en feu, qui nous révèle les évènements tel qu’il les aura perçu, par la presse, ses contacts et les services secrets. J’ai trouvé l’approche plutôt sympathique, camouflant élégamment ce qui, en extrayant tout ces artifices, est quasiment un monologue.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

Au rayon de la thématique, le mix Science – Religion, pourtant carrément assumé par la couverture, est plutôt peu développé, c’est à la fois dommage et pas plus mal, l’idée ayant déjà était usée jusqu’à la corde ailleurs. Les surhommes sont bien sûr toujours au centre du débat et les élever au rang de déité est par contre  plutôt original. En plus, ces méta-humains ont tous des particularités bien différentes et on a jamais l’impression d’être devant des ersatz de chez  Marvel ou DC. Cela révèle aussi un fort penchant des états pour la course à l’armement qui est tout à fait dérangeant, surtout si l’on compare ces surhommes à des armes atomiques et que l’on transpose, avec un peu trop de facilité, à notre monde moderne.

Ryp me manque un peu, non pas que Gastonny ne soit pas à la hauteur mais certains aspects de son art me laisse perplexe. Je trouve qu’il se lâche beaucoup trop sur les ombres, même si ça peut influer sur le coté glauque de l’histoire, et que du coup c’est plutôt en phase avec le thème. Il y a un autre domaine où le sieur se débrouille, c’est le gore et vu l’intrigue ça va saigner sec. Vous voulez voir un Chtulhu constitué de morceaux d’humains, des monceaux de cadavre et des explosions à gogo ? Vous allez être servi, une apocalypse sans ces éléments, ce ne serai pas une apocalypse. Après, certains choix de couleurs me laissent un peu de marbre, mais bon ce n’est pas du fait de Gastonny, en tout cas pas totalement, la colorisation ayant échue à Digikore Studios.

Supergod de Warren Ellis et Garrie Gastonny

La publication de Milady Graphics n’a toujours pas à rougir face à ses voisines dans ma bibliothèque, couverture glacée et pages bien collées. Ce point peut paraître anodin mais les comics ont une plutôt bon taux de relecture et quand je vois mes Batman de chez Panini Comics qui coûtaient bien cher et dont les pages se barrent pour certains, c’est un détail sur lequel je fais attention maintenant. Par contre, détail agaçant sur la continuité de la série, l’éditeur a changé la tête de son logo de tranche entre No Hero et ce Supergod, je ne trouve pas ça très classe.

Malgré quelques défauts, Supergod se révèle être un très bon comics avec de sérieux atouts dans sa manche. Je vous le conseille tout autant que les autres œuvres où Ellis est impliqué. Et puis, si vous cherchez une alternative aux histoires de super-héros des gros éditeurs, son triptyque comblera surement vos attentes. Vous pouvez relire mes chroniques des deux autres, Black Summer et No Hero, aux éditions Milady Graphics eux aussi.


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