Suleyman de Simon Sanahujas

illman dans Critiques, Livres le 17 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Suleyman de Simon Sanahujas est un roman de Science-Fiction paru en poche aux éditions Lokomodo en 2011, et au préalable chez Rivière Blanche en 2005 pour le grand format. La couverture de l’ouvrage qui fait 250 pages est de Michel Borderie, je ne la trouve pas terrible et dieu sait qu’il est capable de beaucoup mieux. L’auteur est un très gros fan de Robert E. Howard, et de son personnage Conan au point qu’il lui a consacré un essai. Et cela se sent dans Suleyman, mais avant d’entrer dans les détails, direction le synopsis.

Suleyman de Simon Sanahujas

Zoé habite tranquillement à Lyon lorsqu’un jour elle est témoin d’une conversation entre des gens d’un groupe patibulaire. Bien qu’elle n’entende même pas ce qu’ils disent, ni une des deux le groupe se met immédiatement à sa poursuivre. Quand tout à coup un mec qui passait là par hasard colle une rouste à un de ses poursuivants et embarque la jeune femme vers la sécurité. Cet homme c’est Suleyman, et avec l’aide de Mercenaire qu’ils ont croisé en chemin, il compte bien ramener Zoé au Conseil.

Avouez que ça vous fait envie tout ça, et le quatrième de couverture n’aide pas, il m’a malheureusement rappelé les histoires que l’on retrouve dans les fan-fictions, le tout dans un univers original. Force est de constater que j’ai malgré moi commencé par le considérer comme tel au début. 250 pages de lecture plus tard, c’est principalement deux gros points noirs que je regrette.

Tout d’abord les personnages. Lorsque dès le premier contact avec l’un des personnages principaux, en occurrence Zoé, mon cerveau se met à hurler “Mary-Sue”, c’est que ça commence mal. Personnage à la présence fantomatique et dans le plus pur style caricaturale de la nunuche qui ne comprend rien à rien, Zoé incarne l’archétype du personnage qu’on a envie de baffer. Elle n’a d’intérêt qu’au début de l’histoire, sorte d’excuse à notre histoire, pour finalement se transformer en boulet pour Suleyman et Mercenaire. Et d’ailleurs en parlant de ces deux zigotos, dans la famille je voudrais le guerrier massif et balèze en armure qui lâche quasiment pas un mot, je vous présente Mercenaire, cliché quand tu nous tiens pour lui aussi.

Suleyman de Simon Sanahujas aux éditions Rivière Blanche

Couverture de l'édition de Rivière Blanche, bien moins réussie

Suleyman est quant à lui beaucoup moins typé que ses comparses, chauve et baraque, il se bat au nunchaku et est plus intelligent que ce que son physique pouvait laisser penser. Il arrive même à garder une petite part de mystère. Chose assez exceptionnelle vu le what the fuck d’or que l’on peut attribuer au traitement des relations entre les personnages. Alors que certains se connaissent depuis moins de vingt-quatre heures environ, ils se racontent déjà leurs vies privées la plus intime. Je ne suis pas un expert en relations humaines mais ça me paraît quand même extrêmement court, j’étais suffisamment sidéré pour enregistrer ma réaction au dictaphone. Mais le tableau n’est pas totalement noir, dans la seconde partie du roman les personnages gagnent un peu en crédibilité.

Le problème c’est qu’il y a malheureusement une première partie. J’ai rarement vu une telle différence de qualité entre le début et la fin d’un roman. L’intrigue peine sérieusement à démarrer, le rythme est mou malgré des scènes d’action très présentes. C’est télescopé, j’ai trouvé que ça manquait de cohérence, enfin bref, les ingrédients parfaits pour ne pas retenir l’histoire. Il n’y a pas grand chose d’autre à en dire… Et là tout d’un coup sans crier gare, on tombe sur un regain d’intérêt, tout ce qui manquait à l’histoire, comme si les deux parties n’avaient pas été écrites au même moment. Ce n’est bien évidement que mon impression, mais une impression forte tout de même. Cela est sans doute dû aux diverses révélations qui s’enchaînent, à l’univers qui se révèle à nous et au fait que j’avais enfin compris que les méchants ne sont qu’accessoires ici.

Suleyman de Simon SanahujasCar l’univers, ou plutôt le multivers, avait de sérieux atouts pour me plaire. Imaginez un système d’univers parallèles suffisamment différents de ce qui se fait d’habitude pour se payer le luxe d’être original, mais que vous mixez malheureusement avec un embrouillamini d’explications pas toujours très claires et vous obtenez un gâchis relevé. Car oui, si j’ai trouvé le début bien bazardélique, où on ne comprenais pas grand chose, j’ai fini par adorer son originalité quand les personnages se sont mis à être plus clairs dessus.

Suleyman est un roman qui peine à se trouver. Son début navrant et ses personnages font malheureusement oublier les qualités de la seconde partie qui s’avère plus que correcte. Dommage, j’ai tout de même envie de me plonger dans l’essai de l’auteur sur Conan, histoire de ne pas rester sur une expérience négative. Cela dit, en parcourant le net après avoir fini une grosse partie de cette chronique, je me suis rendu compte que j’étais quand même un des rares à émettre un avis défavorable sur ce roman de Simon Sanahujas, serais-je devenu plus exigeant ?


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