Stoner Road de Julien Heylbroeck

dabYo dans Critiques, Livres le 4 novembre 2015, avec aucun commentaire
Critiques

J’ai tout de suite eu envie d’acheter Stoner Road de Julien Heylbroeck quand je l’ai vu dans les rayons de l’Imaginaute à Tours. Avec un titre pareil, ça sentait forcément le road trip mélangé au Stoner Rock ! Et forcément, la quatrième de couverture vient conforter ces hypothèses. Avec une jolie couverture qui sent le désert de AMMO, on peut dire que le bouquin publié par ActuSF devait donc rejoindre nos étagères. Et c’est ce qu’il a tout de suite fait, jusqu’à ce que je finisse enfin par le lire, porté par l’avis positif de illman il y a quelques mois. Synopsis.

stoner road heylbroeck julien

Josh est au volant de sa caisse et traverse les longues plaines désertiques de la Californie pour rejoindre la generator party de ce soir où il compte bien se rabibocher avec sa copine. Celle-ci l’a plaqué il y a quelques jours, il n’a toujours pas bien compris pourquoi (à part parce que c’est un putain de toxico mais promis il arrête de déconner), et il compte bien tout arranger. Mais voilà, avec ce qu’il s’est pris avant de partir et tout au long du trajet pour tenir la route, les hallucinations l’ont forcé à s’arrêter et faire une petite pause. Quand le toxico débarque enfin après avoir passé la nuit à dormir sur le bord de la route, il n’y a plus d’autre trace de sa dulcinée qu’une des boucles d’oreille de sa copine par terre et des dizaines de personnes qui ne se rappellent même plus de ce qu’ils ont bien pu voir.

Julien Heylbroeck

Julien Heylbroeck

On commence donc Stoner Road en ayant l’impression qu’on va bientôt assister à une scène de rabiboche culcul mal écrite pour toxicos. Et au fil des pages, on se rend compte qu’on va plutôt finir accro à un bouquin qui s’avère être un très bon mélange des ingrédients qu’on aime bien ici. Une sacrée ambiance stoner bien retranscrite avec son lot de drogues et de musique d’abord, le désert roadmovie et son petit côté western sur certains points, et enfin, une sorte de narration haletante qui nous donnerait presque l’impression d’être dans un thriller. Le tout tient d’une recette qui donne très vite envie de continuer la lecture.

La narration de Julien Heylbroeck est assez catchy et prenante. Bien que l’auteur et son style donnent l’impression de ne pas se soucier des détails et d’aller droit au but, les scènes et l’ambiance sont vraiment bien retranscrites. C’est vraiment comme si on était avec notre héros sous les rayons de soleil entrain de crever de chaud dans sa Pontiac sans climatisation efficace. Chaque bière qu’il se met sur le front nous rafraichit, chaque rasée nous désaltère. Et c’est pareil avec ses nombreuses hallucinations de toxico.

Car notre ami Josh était appelé Doc Défonce et on peut clairement dire qu’il ne consomme pas avec modération. Stoner Road porte bien son nom et en dehors de l’aspect musical, celui de la dope y est aussi très présent et bien intégré. En fait, on peut dire que l’auteur a réussi à créer une intrigue dans laquelle toutes les dimensions de cet univers musical ont réussi à prendre place. L’enquête du héros nous mène sur les traces d’un groupe de Stoner Rock qui file des champignons bizarres et semble être la cause de disparitions super cheloues. Quoi de mieux que d’aller sur les traces de leur tournée dans le désert ? Franchement, je ne vois pas ce qu’on pouvait de faire de plus proche de cette musique.

stoner road heylbroeck julienPour l’accompagner dans cette quête de preux chevalier, Josh va rencontrer son parfait opposé, Luke, un redneck comme on en fait si bien chez l’oncle Sam. Il déteste les mexicains qu’il aimerait bien renvoyer de l’autre côté de la frontière, il déteste les toxicos et pour lui tout se barre en couille aux Etats-Unis. Bref, tout les opposent et pourtant, lui aussi a perdu quelqu’un lors de cette generator party: sa petite sœur. Les deux compères vont donc devoir se porter aide mutuellement pendant cette enquête bien qu’ils ne puissent franchement pas se sacquer.

Le duo fait un peu cliché mais ça marche relativement bien. Évidemment, je vous passe le fait qu’ils vont se séparer, puis se retrouver malgré eux, etc. C’est du grand classique de ce côté, avec le lot de rencontres de gens qui sont plus ou moins au courant du truc, qui ont plus ou moins des infos qui n’ont jamais vraiment envie de les aider pour autant.

Vous l’aurez donc compris, j’ai franchement dévoré Stoner Road de Julien Heylbroeck. Avec un style d’écriture qui va droit au but tout en nous mettant directement sous les lourds rayons de soleil du sud de la Californie, avec une thématique pleine de la lourdeur du Stoner, ce livre avait tout pour me plaire. Et il l’a franchement fait. Rarement un livre a aussi bien porté son titre, on ne pourra vraiment pas lui reprocher d’être une publicité mensongère.


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