Solomon Kane, l’intégrale, de Robert E. Howard

illman dans Critiques, Livres le 3 décembre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Solomon Kane est un recueil sorti en France regroupant toutes les nouvelles sur le-dit personnage écrites par Robert E. Howard. Il est sorti en 2008 aux éditions Bragelonne et est traduit par Patrice Louinet, spécialiste de l’auteur chez cet éditeur. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Howard, c’est aussi l’auteur des nouvelles basées sur le personnage de Conan le Barbare et il est considéré par beaucoup comme le père de la fantasy moderne. Ce contemporain de Lovecraft, avec lequel il entretenait d’ailleurs une correspondance, a été majoritairement publié au sein du magazine Weird Tales, qui n’est pas inconnu des amateurs de Fantastique et où l’on retrouvait aussi Moore par exemple. Auteur tragiquement disparu, il a laissé derrière lui d’innombrables textes comptant parmi ses héros Solomon Kane, le puritain. Mais qui est ce personnage ?

Solomon Kane, l'intégrale, de Robert E. Howard

« Solomon Kane était un homme grand et maigre ; son visage pâle et ténébreux, ses yeux profonds et rêveurs étaient rendus encore plus sombres par le costume foncé et austère de Puritain qu’il aimait porter. » Solomon Kane est en quelque sorte un fanatique religieux, pour lui, il se doit d’être le bras vengeur de Dieu sur Terre. Heureusement pour nous, il n’est pas non plus aveuglé par cette pensée. Il va bourlinguer sur les routes du XVIème siècle pourfendant les gredins, rencontrant de puissantes magies ancestrales et mettant fin au mal qui court dans le cœur des homme vils. Il se retrouvera aussi face à des démons, des fantômes, des cannibales, des esclavagistes, s’insinuant dans leurs âmes comme la mort vengeresse. Le genre Sword and Sorcery sous l’un de ses meilleurs jours.

Les nouvelles suivent un fil chronologique, on sent une réelle progression, on est bien loin des passages du coq à l’âne de Conan. Les aventures de Solomon Kane se déroule principalement en Afrique. On sent une certaine fascination pour ce continent dans le récit des tribulations de notre puritain. Kane est raciste, ça peut choquer dans quelques passages mais il faut se remettre dans le contexte de l’auteur, à la fin des années 20, la vision de l’homme noir qu’a l’américain du fin fond de sa cambrousse n’est franchement pas reluisante. Des sauvages, des cannibales, etc… mais ici on sent aussi un progression du personnage, là où au début il les détestera de manière unanime, surtout à cause de leur absence de foi en son dieu, par la suite, Solomon Kane se liera d’amitié avec un vieux sorcier ju-ju, mettra sa vie en péril pour tenter de sauver une tribu entière.

Solomon Kane, l'intégrale, de Robert E. Howard

Les textes sont parsemés d'illustration de Gary Gianni

De plus à l’époque où l’histoire se passe, on est en plein esclavage, Solomon Kane révolté par ces pratiques abhorrées n’hésitera jamais à se jeter dans le feu de l’action dès lors qu’il se retrouve nez à nez avec des négriers. L’Afrique tient donc une place très importante dans les nouvelles, mais l’anglais fera quelques crochets par l’Europe. Il se frottera aux pirates et aux bandits de grands chemins de toutes sortes. Le passé sombre de Kane nous parvient par infimes bribes pendant ses passages, on enrage de ne pas en savoir plus.

Le style d’Howard est aussi fluide que pour Conan, l’action est rapide, les combats sont rapides et létaux même si on a un peu de mal à suivre parfois. On ne passe pas trois plombes en descriptions inutiles, les rares exceptions concerne les architectures quasi-cyclopéennes des cités perdus au fin fond de la jungle et autres temples dédiés aux divinités impies.

Solomon Kane, l'intégrale, de Robert E. HowardL’auteur a aussi laissé derrière lui de nombreux récits non terminés et des poèmes avec pour thème Solomon Kane. N’étant pas un fan de poèmes, je ne m’aventurerai pas à donner un avis. Quant aux récits inachevés et aux versions alternatives, c’est sympa pour les archives et pour le coté ultime de l’édition. Par contre, c’est carrément frustrant sur les nouvelles qui commencent bien et qui s’arrête comme ça, c’est comme le teaser d’un film génial qui ne sortira jamais. On saluera au passage le parti pris affiché de la collection de respecter le travail de l’auteur sans arrangement déplacé, et en respectant sur l’ensemble du recueil l’ordre de parution des nouvelles. Il contient d’ailleurs une quinzaine de textes qui sont parsemés d’illustrations de Gary Gianni.

Un bon personnage que nous livre ici Robert E. Howard. Il n’arrive certes pas à la cheville de Conan mais l’auteur de par son suicide n’a pas eu le temps de le développer plus avant. Si vous avez un choix à faire, je vous conseillerais néanmoins plutôt les trois intégrales de Conan, aussi chez Bragelonne. C’est l’un de mes auteurs préféré et je trouve le fait que Bragelonne en édite des intégrales absolument génial.

ary GIANNIGar

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