Smog of Germania de Marianne Stern

dabYo dans Critiques, Livres le 7 octobre 2015, avec aucun commentaire
Critiques

J’ai découvert Marianne Stern via l’une des nombreuses anthologie des éditions du Chat Noir, mais Smog of Germania sorti un peu plus tôt cette année était ma première expérience en roman complet avec cette auteure. Avec un titre pareil, difficile de ne pas imaginer être face à un roman de Steampunk se déroulant en Allemagne, la couverture de Miesis venant évidemment confirmer l’hypothèse, qui s’avèrera juste. Montons donc sur notre ballon dirigeable et direction le synopsis de ce roman.

Smog of Germania de Marianne Stern

Fraulein Viktoria est la fille du Kaiser Wilhelm de Germania, une femme presque mure qui s’amuse beaucoup de son statut et en abuse quand il faut savoir le faire. Sans être tout à fait au jus des complots de la cour, il s’avère parfois qu’elle ait besoin de tremper ses talons dans les sombres ruelles de la ville pour aller à la pêche aux informations. C’est évidemment toujours dans un endroit mal famé où la luxure s’affiche sans filtre ni tabou. Heureusement, pour garantir sa sécurité le Kaiser a missionné son plus fidèle sbire, l’Exécuteur, craint de tous et surtout détesté de Viktoria.

Ce petit résumé ne vous apprendra pas grand chose sur l’histoire, puisque c’est plus ou moins là que va commencer le roman. Le décors est cependant planté et c’est la première chose que l’on va rencontrer en lisant Smog of Germania: le smog. Nous sommes en 1900 et l’ère industriel est à son apogée en Allemagne, le Kaiser est obsédé par la productivité de son empire et cette obsession a eu un coup dur pour la capitale de l’empire: un brouillard noir, permanent et opaque s’est installé et il faut être un privilégié pour encore pouvoir voir le soleil.

Marianne Stern

Marianne Stern

La plèbe, lorsqu’elle ne se tue pas à la tâche, est blafarde, pauvre, et meurt de faim. Bref, ce n’est clairement pas dans une Allemagne des vertes vallées de Bavière que Marianne Stern nous emmène, mais dans ce qu’il y a de plus crasseux et steampunkesque. Là dessus c’est vraiment très réussi et tout au fil du livre, on ressentira cet aspect poisseux, ce tableau noir et plein de suie. Le roman parle de l’Allemagne sans vraiment jamais lever le voile sur quelle réalité géographique cela recouvre, et c’est peut être un des points qui m’a le plus choqué. Je n’ai pas su dire à la fin du roman si Germania était la ville ou le pays, si ce brouillard opaque s’étendait uniquement sur la ville ou sur le pays. Ça semble peut être un peu bête comme remarque, et pourtant, cela m’a beaucoup marqué, comme quoi.

Notre histoire en tout cas va principalement se dérouler sur la ville, sans doute celle de Berlin, qui est devenue gigantesque, surpeuplée, et donc très sombre. On l’imagine très bien grouiller de rats et de gens malades, et c’est dans ce contexte que l’auteur va construire une histoire très prenante sur fond de complot. Du Steampunk pour l’ambiance oui c’est sur, mais côté histoire, on se retrouverait plutôt face à un Thriller. Les éléments sont amenés les uns après les autres et on va de péripéties en révélations. C’est plutôt bien fait puisque les découvertes ne font ni télescopées, ni deus ex machina, ni trop grosses, ce qui est donc le signe d’un récit rondement mené en général. Là dessus, c’est donc du tout bon et on ne s’ennuie pas, l’histoire progresse tout de même rapidement.

Côté personnages on retrouve une petite brochette, la première est évidemment l’héroïne que l’on va principalement suivre. Viktoria est assez casse-pieds mais pas trop pour autant, le type d’héroïne qu’on accepte sans trop de mal à suivre bien qu’on lève quelque fois les yeux aux ciels. Pour l’accompagner, on retrouve deux personnages masculins qui sont en quelque sorte les vrais personnages mis en avant du romans: l’Exécuteur et le Maître Espion. Je ne rentrerai pas trop dans les détails pour ne pas dévoiler l’histoire, on s’en doute cependant dès le début du roman qu’une certaine histoire d’amour va se ramener. J’avoue que je n’ai pas réussi à accrocher sur ces passages là. De même, bien que l’auteur ait essayé de donner un certain charisme aux deux personnages, j’ai trouvé que cela faisait un peu trop forcé.

Smog of Germania de Marianne SternL’écriture de Marianne Stern est vraiment facile à lire et elle nous dépeint très bien l’univers qu’elle a voulu créer. Encore une fois, Germania faisait complètement corps et certains passages donnent vraiment l’impression d’être là, en plein milieu du fog, ayant du mal à en respirer. De même, l’aspect Allemagne décadente et Steampunk sont clairement au rendez-vous. Là dessus, le seul point que j’ai vraiment eu du mal à apprécier, c’était la volonté systématique de mettre des expressions allemandes. Il y en a 4 ou 5, répétées jusqu’à la nausée tout au long du roman qui font faux. Des gens qui disent « um Gottes willen » toutes les 2 pages ça n’existe pas.

Mais les défauts sont finalement bien petits par rapport aux qualités du romans. Avec une histoire bien menée, un univers dépeint avec précision et corps, Smog of Germania de Marianne Stern est un roman qui vous tiendra jusqu’à sa fin et ne vous décevra pas. J’ai beaucoup aimé le lire et j’espère pouvoir retrouver l’auteure sur ce type d’écrits prochainement.


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