J’avais lu Sans Âme, le premier tome du Protectorat de l’Ombrelle l’année dernière, lors de sa sortie en poche aux éditions Le Livre de Poche. J’en avais entendu beaucoup de bien et je n’avais pas été déçue du voyage, du coup, dès que le tome 2 est lui aussi sorti en poche, je n’ai pas hésité longtemps. Il est toujours servi par une couverture plutôt pas mal de Stefan Hilden malgré une anatomie un peu douteuse. Synopsis ?

Sans Forme,Protectorat de l’Ombrelle Tome 2, de Gail Carriger

Alors qu’Alexia prend peu à peu goût à son nouveau status, voici que la capitale est atteinte d’une étrange épidémie de … normalité ! Fantômes exorcisés, lycanthropes incapables de se transformer, bref, un beau bazar. Sans compter que Lord Maccon s’étant absenté pour des raisons obscures, Alexia doit gérer seule un régiment de loups-garous tout juste rentrés du front !

Dès le début on retrouve le style d’écriture très agréable de Gail Carriger : un style très léger, mais en même temps drôle et acerbe. On alterne remarques acides sur la bonne société avec les dernières tendances en matière de crinolines. Ce style très léger donne clairement un vent de fraicheur au roman, et du coup la lecture est vraiment aisée. Alexia est toujours prise entre son désir d’être indépendante comme un homme et la pression sociétale : elle est la première à râler sur les obligations imposées à son sexe (comme voyager accompagnée) mais la première à s’offusquer qu’une femme ose porter des pantalons. Cette dualité rend au final le personnage très humain et très crédible.

Gail Carriger

Gail Carriger

Par contre, j’avoue trouver la romance très ennuyeuse et très chiante. J’en ai un peu marre qu’Alexia nous rappelle la beauté du popotin de Lord Maccon toutes les 10 pages, c’est bon, on a compris une fois. Dieu merci, on échappe aux triangles amoureux et autres classiques de la Bit-Lit. On est ici dans un mélange de steam/bit-lit et je dois dire que j’apprécierais que la bit-lit jarte totalement. Quand au coté Steampunk, j’avoue que la description fastidieuse des nouvelles avancées technologiques m’a un peu ennuyée, mais dans l’ensemble ça va. J’ai juste renoncé à comprendre comment marchait leur espèce de télégramme après deux pages.

L’intrigue n’est pas mal menée, même si certains ressorts sont très visibles, ça reste crédible, bien ficelé et pas trop tiré par les cheveux. On a un réel but, une réelle enquête même s’il y a parfois un peu trop de coïncidences en même temps. Les rapports entre les êtres surnaturels et les para-naturels (qui peuvent neutraliser le surnaturel par leur simple présence) sont très bien gérés.

Sans Forme,Protectorat de l’Ombrelle Tome 2, de Gail CarrigerOn retrouve avec plaisir les personnages du premier tome ainsi que des nouveaux. Si la plupart sont assez caricaturaux (Mlle Ivy n’est qu’une tête de linotte, Mme Lefoux est vraiment trop progressiste, Lord Akadelma … est égal à lui même), il y en a certains qui tirent leur épingle du jeu, et je pense notamment à la Maccon des Highlands que j’ai beaucoup aimé, et finalement la bonne Française de Alexia.

Si la révélation finale était prévisible 200 pages à l’avance, je dois dire que j’ai été très étonnée des conséquences que cela a eu, qui ne sont pas celles auxquelles je m’attendais. La fin m’a donné très envie de lire la suite, car on est clairement dans une situation délicate et inédite pour une héroïne de Bit-Lit, à mille lieues des clichés.

Dans l’ensemble, malgré quelques longueurs et lourdeurs, Sans Forme de Gail Carriger un très bon deuxième tome. Si vous avez aimé le premier, vous aimerez sans doute cette suite du Protectorat de l’Ombre. Je lirais évidemment le trois dès sa sortie en poche.


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