Sang Neuf est le premier tome de la série American Vampire, créée par Scott Snyder et mise en image par Rafael Albuquerque. Ce comic aux dents longues accueille en plus pour son premier tome Stephen King au scénario, qu’il assurera pour quatre des cinq chapitres qu’il comporte. Publié aux États-Unis par Vertigo, c’est Panini Comics qui s’occupe de sa traduction française, sortie en février de cette année 2011. Avec son superbe graphisme et son thème particulièrement en vogue, il était évident qu’il me fallait y jeter un coup d’œil. Synopsis.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et Snyder

Skinner Sweet est un voleur et hors la loi qui sévissait sur les terres du farwest américain du XIXème siècle qui finira par être attrapé par le détective James Book. Mais c’est sans compter sur ses complices, qui vont l’aider à s’évader en faisant dérailler le train qui le transférait vers une autre prison, profitant au passage pour réduire au silence les hommes de loi. Parmi les passagers, un mystérieux Percy, banquier véreux et à l’empire financier colossal, qui semble ne pas réellement apprécier la lumière du jour et qui a la fâcheuse capacité de se mouvoir même après avoir pris une dizaine de balles dans le bide.

Écrire un synopsis pour ce premier tome d’American Vampire est plutôt difficile pour une raison simple: la narration de ce premier volume est des plus chaotique. Nous allons en effet suivre le destin de plusieurs personnages sur des périodes différentes, dans l’espace et dans le temps. On découvre d’un côté la vie de Pearl Jones, une jeune américaine qui rêve de faire du cinéma à Hollywood, mais aussi celle d’un jeune poltron qui suivait le shérif là où il allait, et notamment lors de l’arrestation de Skinner Sweet. Ce dernier a utilisé cette histoire pour sortir un roman, qui est dans les années 1920 un grand classique de la littérature de genre, au même titre qu’un certain Dracula de Bram Stocker. L’écrivain lors d’un discours tenu à l’occasion de la réédition de son roman, nous retrace l’histoire de Skinner Sweet et nous apprend qu’il n’a pas inventé les détails, et que, pour lui, les vampires existent vraiment.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et Snyder

On alterne donc chapitres en 1920 à Hollywood, d’autres avec notre écrivain, et encore d’autres avec Skinner et le shérif. Si c’est vraiment addictif, notamment parce que les différentes histoires sont très prenantes et entrecoupées, il faut avouer que c’est plus que perdant. Le début de la lecture est chaotique, difficile. On se perd dans les scènes, on a du mal à situer les périodes, on ne comprend pas pourquoi l’on voit des personnages similaires à des périodes différentes. Mais dès que les éléments sont un peu assimilés, le tout roule comme sur des roulettes et est vraiment bien ficelé.

La série a un univers très Western, et bien qu’on y suit l’époque des débuts du cinéma et du Rêve Américain, le côté sans foi ni loi où tout peut arriver est très bien retranscrit. Il faut dire que la thématique des vampires tout puissants et maîtres de l’économie américaine est de ce côté là une très bonne idée. Elle est très bien intégrée, et bien qu’elle ne soit pas vraiment développée, je ne pense pas qu’elle le sera par ailleurs, ce postulat est crédible. Le monde d’alors est encore assez sauvage pour que des vampires s’y cachent sans réel problème.

Sang Neuf, American Vampire Tome 1, de Albuquerque, King et SnyderLes vampires d’American Vampire sont loin des midinettes de Twilight et il faut dire que le comic est plutôt violent. Des images sont trashs, ça s’arrache du bras et le dessinateur ne nous épargne rien. C’est aussi une partie du style graphique, qui se veut assez brut tout en étant sublime. Le style du dessin de Rafael Albuquerque m’a complètement séduit, et les mises en couleurs opérées par Dave McCaig sont vraiment superbes. Le tout alterne très souvent entre le beau, superbe voir grandiloquent, et le carrément sale, laid. Un laid travaillé bien entendu, un laid qui fait peur et révulse. On regrettera simplement que la qualité des couleurs varie, comme dans bien des comics, suivant le chapitre. M’enfin, on s’y fait.

Au final, Sang Neuf m’a convaincu, avec sa patte graphique tout d’abord et ses vampires qui n’hésiteront pas à vous laisser mort dans les caniveaux salles de Hollywood. Mais aussi par son scénario pour le moment très convaincant, aux nombreuses ellipses et à la narration prenante. Reste à savoir si le deuxième tome, Le Diable du Désert, sera transformer l’essai et faire d’American Vampire une série à suivre.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Vladkergan a écrit le 10 janvier 2012 à 15 h 11 min:

    Ce premier American Vampire lance d’emblée la série sous de bons auspices, autant par son graphisme pour le moins réussi que par son scénario sans temps mort. Sorti depuis, le second opus est par contre un cran en-dessous. Reste à attendre que le 3e tome voit le jour, plus chez Panini (qui a perdu les licences DC, dont Vertigo), mais cher Urban Comics.

    Ma chronique de ce premier tome, sur lequel je m’étais penché autant par son sujet que par le label sous lequel il est édité. Parce que Vertigo, c’est 99% du temps de très bonnes séries : http://blog.vampirisme.com/vampire/?941-snyder-king-albuquerque-american-vampire-1-sang-neuf

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  • valeriane a écrit le 14 janvier 2012 à 19 h 26 min:

    Merci pour la chronique, il va falloir que je jette un oeil là dedans!

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