On a tous des œuvres cultes qu’on adore et pour lesquelles on milite ardemment. Pour Seraf on peut compter Ronde de Nuit de Terry Pratchett parmi sa liste. Je ne sais plus exactement quand elle l’a lu, sans doute en 2007 alors que nous étions encore à la fac et tandis que je renouais peu à peu avec la lecture. Mais voilà, le problème de Ronde de Nuit c’est qu’il s’agit du sixième tome des aventures du capitaine Vimaire. Et finalement, après avoir mené l’enquête avec Le Guet d’Ankh Morpork à trois reprises, me voilà fin prêt. Synopsis.

Ronde de Nuit de Terry Pratchett, Les Annales du Disque-Monde

C’est une fois de plus une crise que traverse les autorités du Guet d’Ankh Morpork et pas n’importe laquelle. Carcer est un criminel sans foi ni loi qui tue d’innocents civils tout autant que des agents représentant de l’ordre. A chaque fois que les forces sont sur le point de l’attraper, il fini par s’échapper, et fait une victime de plus parmi les rangs du commissaire divisionnaire Sam Vimaire. Alors il n’est plus question pour lui de rester derrière son bureau à signer de la paperasse. Il va s’en occuper lui même, comme au bon vieux temps…

Alors que les aventures précédentes du Guet étaient plutôt sans grande conséquence pour l’histoire des Annales du Disque-Monde, Ronde de Nuit s’intègre complètement à l’histoire de son monde et aux tomes précédents. Il fait en effet suite à Procrastination, 27ème tome de la série que je n’ai malheureusement pas encore lu. Faire suite est un grand mot puisqu’on peut suivre et comprendre cette aventure ci, il faudra simplement être attentif et faire un peu de gymnastique cérébrale pour bien tout comprendre de certains moments. Car notre ami Vimaire va voyager dans le temps.

Les histoires simples disparaissent en effet ici au profit d’une bien plus complexe où de très nombreux faits et personnages vont se rencontrer et interagir, le tout de manière subtile et complètement géniale. Rentrer dans les détails serait vous gâcher le plaisir, tant Ronde de Nuit est bien construit et saura brillamment répondre aux attendes d’un fan. Osons tout de suite le dire, ce tome est du pur fan-service, il présente tant d’informations et de péripéties qu’on aurait aimé voir que cela en est enivrant. Mais le pire, c’est qu’il le fait très bien et que Terry Pratchett signe là un des meilleurs romans de la saga que j’ai pu lire jusqu’à présent.

Ronde de Nuit de Terry Pratchett Atalante

La couverture originale, disponible avec l’édition l’Atalante, de Paul Kidby et inspiré par Rembrandt

Cette histoire est prenante, les faits qui sont racontés ont ce mélange de mélancolie et d’héroïsme si caractéristique de Sam Vimaire. Il vous prend aux tripes et ne vous donne qu’une envie, de continuer. On comprend aisément d’ailleurs que le lilas, fleure symbolique du tome, soit devenue une sorte d’étendard des fans de la série. Émotionnellement parlant, ce tome est bien plus lourd et grave que les précédents, l’humour est quasiment absent et même si on rit parfois de bon cœur, on ne peut s’empêcher de l’avoir pincé.

Vis à vis de Va-t-en-guerre, le tome que j’ai lu juste avant puisque Le Cinquième Elephant n’était pas à porté de main, on est face à une réelle cassure. Le ton n’est pas le même, l’humour ne l’est pas vraiment non plus, et Terry Pratchett ne tire plus vraiment sur les mêmes ficelles. S’il se contentait avant de mettre en avant des éléments dérangeants de notre propre société grâce à l’absurdité de l’organisation du Disque-Monde, il est aussi passé ici dans un tout autre niveau. Il ne se contente plus de laisser le lecteur seul juge, mais y met beaucoup plus de sa vision, de ce qui ne va pas dans la société.

Ronde de Nuit de Terry Pratchett, Les Annales du Disque-MondeJe dois avouer que c’est peut être là le seul défaut que je noterai, car j’ai eu l’impression qu’on se jouait de mon affection pour certains personnages dans le but de faire passer des idées politiques. Non pas que je sois pour ou contre, mais plutôt parce que j’avais l’impression d’être floué. Et c’est un bien faible défaut, il faut l’avouer.

Ronde de Nuit de Terry Pratchett est un grand livre. Un livre qui rappelle à quel point le genre de la Fantasy peut être porteur d’idées et d’histoires. Je comprends aisément qu’il ait tant marqué Serafina et malgré son petit défaut, je n’en garderai sans doute qu’un excellent moment. Un moment largement teinté de mélancolie et de tristesse, évidemment.


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