Il y a plus de trois ans que je n’avais pas ouvert un tome des Annales de la Compagnie Noire de Glen Cook, depuis que j’avais fini la dernière page de Jeux d’Ombres. Ce quatrième tome qui relance Toubib et la Compagnie sur une nouvelle aventure m’avait laissé un petit goût d’inachevé. Pas un mauvais livre loin de là, mais pas franchement la même qualité que l’on avait retrouvé sur la première trilogie. Et puis voilà, il était tant de s’y remettre, de retourner dans la mêlée. C’est disponible depuis 2001 en France, aux éditions l’Atalante et en poche chez J’ai Lu. Dans la mesure où c’est la suite directe des Jeux d’Ombres, on reprend le même synopsis garanti sans spoil.

Rêves d’acier, La Compagnie Noire Tome 5, de Glen Cook

Toubib s’est au gré des événements fourré dans une bien mauvaise posture, le voilà annaliste pour la compagnie, médecin, et… commandant. Alors certes, la grande compagnie noire, dernière des compagnies franches de Khatovar, ne compte plus qu’une poignée d’hommes, au point qu’ils peuvent être comptés sur moins de 10 doigts. Mais voilà, pour ces quelques derniers joyeux lurons, la compagnie est leur seule famille, alors ils ont décidé de suivre Toubib dans son projet fou: revenir à Khatovar pour y ramener les annales.

Ce tome change de narrateur pour la première fois, Toubib laisse en effet sa place à une narratrice et pas n’importe laquelle: Madame. Une sorte de fantasme pour les lecteurs je suppose, qui fait un peu fan service tant le personnage semblait éloigné et inatteignable au début de la série. C’est clairement bizarre à lire. Le changement n’est pas énorme en soit, même si le style est tout de même différent. Toubib et Madame n’ont pas grand chose à voir, leurs actions et décisions sont vraiment différentes, et ça se ressent dans la façon de raconter les évènements.

Rêves d’acier, La Compagnie Noire Tome 5, de Glen Cook

Si le changement pourrait laisser penser que cela amènerait un bol de fraicheur après une première partie Jeux d’Ombres assez fébrile, il faut avouer qu’au final il n’en est rien. Le narrateur change certes, mais l’axe du scénario dans lequel s’est lancé Glen Cook reste sans grande saveur, sans vraiment relancer la série. Le pire c’est sans doute que l’on attend pas grand chose des livres que l’on lit. Limite trop épique, presque trop extraordinaire, les actes que nous raconte Madame laissent de marbre. L’ambiance de la Compagnie Noire n’y est plus vraiment.

Rêves d’acier, La Compagnie Noire Tome 5, de Glen CookOn continue de découvrir la région dans laquelle s’est déplacée la Compagnie Noire et ses coutumes locales. Là dessus c’est plutôt intéressant et franchement réussi, avec une religion centrée autour de la mort qui fait plaisir à voir, réussissant presque un mariage pas très catholique entre la Dark Fantasy et un livre comme Rosemary’s Baby. Et oui, rien que ça.

Mais il en fallait sans doute plus pour sauver une histoire qui pour le moment laisse franchement de marbre, manquant de personnages charismatiques, autant au niveau des ennemis de la Compagnie que dans les rangs de celle ci. De ce côté, on est aux abonnés absents.

Au final ce cinquième tome des Annales de la Compagnie Noire se lit, on passe un moment relativement agréable certes. Mais Rêves d’Acier de Glen Cook n’a rien de qu’on avait pu connaître dans la première trilogie de la série, c’est un long fleuve tranquille aux twists trop téléphonés ou loin d’être assez marqués. M’enfin, je continuerai sans doute.


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