Quintessence hiémale est un petit recueil de nouvelles écrit à 4 mains par deux auteurs français, Mathieu Guibé et Cécile Guillot. Cette dernière ne vous est pas étrangère si vous êtes des habitués vu que j’avais déjà chroniqué et beaucoup aimé son recueil A l’ombres des pleurs, édité chez feu les éditions Cauchemars. Ici, c’est en auto-édition que les deux auteurs proposent leurs écrits, avec une superbe couverture de Cécile Guillot.

Quintessence hiémale, Contes d’hiver, de Mathieu Guibé et Cécile Guillot

Quatre nouvelles sont au programme, ainsi qu’une préface par Céline Guillaume. Sous-titré contes d’hiver, ce petit livre, une petite centaine de pages, tourne donc autour du merveilleux un brin glacé. De ce fait, il n’y aura pas de synopsis, mais mon avis sur chacune des nouvelles.

La princesse des neiges de Mathieu Guibé

Mathieu Guibé

Mathieu Guibé

Cette première nouvelle nous raconte l’histoire d’une jeune fille, née de la glace suite au chagrin d’un roi venant de perdre sa reine. Elle est chérie par son père, mais malheureusement, elle se retrouve bien vite attirée par le vaste monde. On retrouve beaucoup d’éléments des contes : famille royale, être surnaturel, etc.

L’évolution de l’histoire m’a beaucoup fait penser aux légendes amérindiennes, notamment pour la communion avec la nature que représente la princesse.La seule chose qui m’ait vraiment gênée, ce furent les noms donnés aux personnages que j’ai trouvé un peu déroutants (Lumi, Manen, etc), et surtout pas forcément utiles. Dans de nombreux contes, les personnages n’ont pas de nom car ils n’en ont pas besoin. Cependant, l’histoire reste très belle, et le dénouement très poétique.

A bare Tree in love with the winter de Cécile Guillot

Le titre de cette nouvelle s’inspire du très beau morceau de Delight, Bare Tree. Ce n’est pas la première fois que Cécile Guillot s’inspire de morceaux de Metal pour ses nouvelles, elle l’avait déjà fait pour Song to the Siren de l’anthologie Le Lamento des Ombres. Et forcément, quand on me propose une nouvelle basée sur un groupe de Gothic Metal, j’adhère.Cette courte nouvelle aborde la mélancolie d’une nymphe, être immortel, amoureuse d’un humain. Comme toujours, la plume poétique et légère de l’auteur fait merveille, et cette nouvelle nous transporte immédiatement dans un univers, froid, sombre et mélancolique. Bref, tout ce que j’aime.

La dernière flamme de Mathieu Guibé et Cécile Guillot

Cécile Guillot

Cécile Guillot

Ce troisième conte est assez original par rapport aux précédents. Là où les autres traitent de princesses, on suit un dragon, le dernier même. Autrefois , les dragons aidaient les humains, leur apportant le feu. Respectés ou adulés, les dragons étaient un élément indispensables de la société. Mais malheureusement le progrès s’amorce, et les humains n’auront bientôt plus besoin de dragons pour se chauffer. Dans une atmosphère assez sombre, difficile de ne pas voir là une métaphore sur notre propre société et sa manière de traiter ceux qui n’y sont plus « utiles ». Les personnages sont rapidement attachants et si cette nouvelle est moins poétique que la précédente, elle n’en reste pas moins très forte.

Là où s’envolent les rêves de Mathieu Guibé et Cécile Guillot

Ce dernier conte renoue avec les princesses et met en scène un roi organisant un concours pour offrir la main de sa fille. Celui ci ne me fait pas penser aux légendes amérindiennes,mais plus aux contes arabes, notamment par son héros, bien plus malin que ne l’aurait pensé le roi. Le dénouement, bien que prévisible, porte un message très fort, que je ne vous détaillerais pas pour ne pas vous spoiler. La morale est présente et colle bien à la valeur éducative des contes traditionnels. L’écriture est moins poétique que pour A Bare Tree in the Winter, plus directe, mais elle sert l’histoire.

Quintessence hiémale, Contes d’hiver, de Mathieu Guibé et Cécile GuillotDans l’ensemble, Quintessence hiémale est un petit recueil que je vous conseillerai fortement. Avec son petit prix (5€) c’est l’occasion de découvrir Cécile Guillot et Mathieu Guibé, deux auteurs français. Mais c’est aussi celle de rêver et s’évader avec des contes poétiques mais non dénués de morales. Les nouvelles se lisent aisément, le style est fluide et agréable, propice au dépaysement.

Ces écrits sont adaptés à tous les âges, même si à mon avis la deuxième nouvelle, avec son coté mélancolique et portant sur des thèmes assez adultes, sera probablement moins accessible par les plus jeunes.


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2 commentaires, donnez votre avis !
  • Le Chro a écrit le 30 mars 2012 à 10 h 29 min:

    (Ce serait pas plutôt /A Bare Tree in love *with* the winter/? ^^ )

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  • Serafina a écrit le 30 mars 2012 à 10 h 34 min:

    @Le Chro: corrigé :)

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