Poèmes choisis de William Butler Yeats

Serafina dans Critiques, Livres le 24 mai 2009, avec 6 commentaires
Critiques

Eh bien nous allons illustrer ici un nouveau type de littérature, vu que comme le titre le laisse entendre, je vais vous parler d’un recueil de Poésie. Alors disons le tout de suite, moi et la poésie, ça va vraiment pas ensemble. Je n’ai jamais su apprécier la poésie, et les études au lycée m’en ont totalement dégouttée. Mais voilà, il me fallait un auteur en Y pour mon challenge ABC. Yeats s’est donc imposé.

Yeats est un poète Irlandais né en 1865 et mort en 1939. Il est apparemment très célèbre puisqu’il a reçu le prix Nobel de la littérature en 1923. Ces premiers poèmes sont marqués par le courant romantique, mais il évoluera vers un style plus moderne basé en partie sur le monde dans lequel il vivait.

Portrait de Yeats William Butler par John Singer Sargent

L’édition que j’ai lu est une ancienne édition bilingue de poèmes choisis retraçant toutes les périodes de sa vie. Les poèmes sont extraits de la plupart de ses recueils permettant de ce fait d’avoir une vue d’ensemble de l’œuvre du poète. Un petit mot sur la version anglaise. J’ai l’habitude de lire de l’anglais de manière relativement courante, et j’ai lu Shakespeare en anglais. Je pensais donc lire majoritairement en anglais. Mais au final, cela s’est avéré dur, le niveau de langue est haut et comme de plus certaines métaphores sont parfois difficiles à comprendre même en français alors en anglais… Bon, peu importe, je les ai lus en français, même si je trouve cela moins charmant (j’aime lire l’anglais, je trouve ça tellement plus chantant…).

Je ne connais rien à la poésie, donc n’attendez pas de moi que je vous parle des pieds que comporte les vers ou quoique ce soit dans le genre. Je suis sortie du lycée depuis bien trop longtemps pour cela.

Le livre commence avec un loooong poème nommé les Errances d’Usheen (orthographié aussi Oisin). Il consiste majoritairement en un dialogue entre Usheen et St Patrick. Usheen est païen et a séjourné au pays des fée. Il raconte donc ses aventures. Ce poème m’a fait énormément penser à Peer Gynt de Ibsen. Les péripéties de Usheen ne sont pas sans rappeler celles de Peer. Sauf que à la différence d’Ibsen, Yeats m’a rapidement perdue, je ne suis pas certaine d’avoir totalement compris ce qu’il se passait par moment, et cela m’a laissé relativement perplexe. J’ai eu du mal à le finir, je trouve le poème inutilement long, et l’histoire bourrée de rebondissement totalement inutiles.

Ceci dit, c’est une œuvre majeure de Yeats et elle n’est pas sans avoir inspiré bon nombre de livres. Je pense notamment à tout une fange de l’Héroic-Fantasy, notamment à Elric de Moorcock qui au final est relativement proche de Usheen. Et comme ce poème est de toute manière tombé dans le domaine public, je vous propose d’y jeter un coup d’œil : The wanderings of Oisin.

Suivent des poèmes plus courts, tout d’abord datant de la jeunesse. Là c’est beaucoup mieux. C’est relativement court déjà (ouf). C’est peuplée de fées, de folklore et au final relativement inspirant, même pour moi qui ne suis pas spécialement passionnée de féerie. En tout cas, nul doute que cela pourrait plaire à la plupart des fans de Fantasy. C’est bien écrit, c’est très agréable à lire. Je préfère définitivement les poèmes courts. Surtout quand ils sont emprunts de magie et de folklore. On est emmené dans l’Irlande des fées et des lutins. Au final je garde une bonne impression des poésies qu’il a pu réaliser à l’époque.

Et puis, les gens changent. Yeats a abandonné les fées et les lutins pour parler de ce qui se passait en Irlande à l’époque. En cette période de troubles et de guerres, Yeats est nationaliste et nous conte les batailles et la lutte épique pour l’indépendance. Le hic c’est que déjà je ne connais rien du tout à l’histoire Irlandaise. Il y a des notes évidemment, mais pas suffisamment explicites pour que je puisse tout comprendre. Et puis c’est quand même moins magique. Je ne doute pas que les poèmes soient intéressants, ceci dit ils font chacun référence à des épisodes spécifiques de la lutte pour l’indépendance, ce qui les rend souvent difficile à comprendre pour la néophyte que je suis. Il est probablement nécessaire de les lire en parallèle d’une histoire de l’Irlande, mais c’est vite lourd.

Au final j’ai eu relativement pas mal de difficultés pour terminer ce receuil. Les poèmes de la fin de sa vie surtout sont assez hermétiques et ont perdu la magie des premiers. Je n’en garderais pas un souvenir impérissable.


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6 commentaires, donnez votre avis !
  • Thalia a écrit le 25 mai 2009 à 9 h 24 min:

    Oufti … je comprends encore mieux pourquoi tu me l’as déconseillé pour le challenge. :/ bien que ta critique sur les poemes courts (avec les fées tout ca tout ca) donne envie.

    Ya peut-être un livre avec rien que ces poemes-là. Qu’est-ce que tu en penses?

    J’aimerais savoir lire en anglais aussi (notamment les HP) mais j’ai pas un niveau assez élevé et surtout que ce que j’ai appris en anglais … ben ca doit faire 7 ans maintenant que je n’ai plus vu ça. Faudrait que j’étudie ça …

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  • Acr0 - Livrement a écrit le 25 mai 2009 à 9 h 27 min:

    Pour le texte plus difficile à atteindre en anglais, cela peut aussi venir du fait que le langage est soutenu, et contient quelques expressions et autres formules d’un anglais plus ancien?
    Des rebondissements inutiles peuvent par contre, être en faveur de « ménestrels » qui se seraient fait un plaisir de les chanter (et jouer). Du coup, on peut considérer que les rebondissements aident à tenir en haleine son auditoire?

    Dommage qu’il ait abandonné le petit peuple au profit d’un certain nationalisme pour l’Irlande. J’avoue avoir quelques difficultés aussi avec la poésie. Et de la poésie « fantasy », finalement, je n’en ai rencontré que de petits passages dans « Thomas le Rimeur » d’Ellen Kushner. Dans celui-ci, elle reprend justement quelques textes de poésie « apparemment » très célèbre dans cette culture :)

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  • Seraf' a écrit le 25 mai 2009 à 10 h 16 min:

    @Thalia, il existe en effet des receuils de « jeunesse » ne contenant que ses poemes « fantasy », et si tu veux lire du yeats je te conseille ceux la, c’est court et c’est assez prenant.

    @Acr0 , l’anglais ancien a la limite ne me pose pas de problemes (c’est plus récent que du shakespeare quand meme). C’est surtout les métaphores (souvent filées) et les nombreuses références folkloriques qui rendent le tout difficile en anglais. Disons que je n’ai pas le niveau pour ET traduire, Et faire les liens…
    Je suis d’accord sur le fait qu’il y’a un coté tres menestrel de part les rebondissements, mais autant a l’oral je tolere, autant a lire… pfiuuuu

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  • Acr0 - Livrement a écrit le 25 mai 2009 à 14 h 20 min:

    Ahah, ça je veux bien te croire :)
    En tout cas, tu as le mérite de lire en anglais, je ne peux pas en dire autant ;)

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  • Thalia a écrit le 25 mai 2009 à 18 h 12 min:

    Faudrait que j’essaye de trouver ça ^^ Mais bon d’abord ma lettre Z >_<

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  • LysEntropik a écrit le 26 mai 2009 à 9 h 57 min:

    J’avais lu du Yeats y’a trèèès longtemps, le bouquin a dû rester chez mes parents mais étonnamment, je ne souviens pas de grand chose. J’avoue que des poèmes en anglais XIXe, ça doit pas être fastoche pour le côté lyrique et les figures de style, j’entends. Contrairement à Shakespeare qui passe très bien en VO, c’est juste l’orthographe qui diffère et souvent elle est plus proche du français.
    Je crois que je l’avais lu ce recueil de Yeats en français pour ma part, j’ai plus de réminiscences su sujet des poèmes d’Emily Dickinson.

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