Plaguers de Jeanne-A Debats

illman dans Critiques, Livres le 21 octobre 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Plaguers est le dernier roman de Jeanne-A Debats qui vient tout juste de paraître chez les éditions l’Atalante. Je suis abonné à la Science-Fiction chez if is Dead et c’est tant mieux vu que c’est mon genre de prédilection. Vous l’aurez compris c’est bien à ce genre qu’appartient ce roman au titre anglophone. Et si on parlait un peu de l’histoire ? Synopsis.

Plaguers de Jeanne-A Debats

L’humanité est parvenue à trouver une source d’énergie propre, les réacteurs Alyscamps, mais trop tard, des humains changent. Ils acquièrent des plaies, des sortes de mutation. Ces humains sont regroupés dans des réserves et c’est dans la réserve parisienne que Quentin est envoyé en compagnie d’une autre plagueuse, Illya Alyscamps.

Les plagueurs peuvent avoir différents types de pouvoirs. Les élémentaux sont liées aux éléments comme l’eau, le feu, etc… Il y a aussi les botaniques et les animaliers, je vous laisse deviner leurs affinités. L’expression des plaies, puisque c’est comme ça que sont considérés leurs pouvoirs, est fascinante dans leur description. L’auteur a su mettre en place de ce point de vue une caractéristique à ses personnages qui, bien que pouvant paraître banale maintenant avec toutes les histoires de mutants que l’on connait, parvient à surprendre le lecteur. Une sorte de hiérarchie est aussi décrite dans l’univers de la réserve, en la personne des Uns et des Unes, fruit de l’union de deux plagueurs. Plus haut encore, on trouve les multiples. Vous expliquer ce qu’ils sont seraient un poil trop complexes pour ici et vous spoilerait sans doute.

Jeanne-A Debats

Jeanne-A Debats

S’il y a bien un point que partage tout cet écosystème, c’est la haine que leur voue les externes, les humains normaux. On retombe de ce point de vue sur le bon vieux thème du rejet de ceux qui sont différents, une vraie haine rendue à chaque contact des deux parties.

J’en viens aux personnages, notre héros Quentin contrôle l’eau, un ado complètement au quart nord ouest dans sa tête qui passe quasiment plus de temps à faire des activités pour se vider la caboche qu’à penser. En résumé c’est une quasi tête à claques indécise. Illya est plus intéressante, c’est une femme dans un corps d’homme à cause d’une thérapie génique qui était censée faire disparaître sa plaie, plaie qu’elle n’accepte pas plus que ce changement de sexe. Elle est complètement perturbée, et comme on peut s’en douter dès le début, la tension entre ces deux là n’arrange rien. Brahim et Honoré, Fred et Leila sont les deux couples amis de nos nouveaux venus et à six, avec des personnalités bien trempés, ça fait forcément des remous. Leurs discussions tournent un peu trop souvent autour du sexe à mon goût, je sais bien que ça fait vendre mais j’ai eu l’impression qu’on réduisait un peu les rapports entre les personnages à seulement ça. Je suis peut être trop puritain (hahaha la bonne blague). Je passerais sur les Un et les Multiples aux noms difficiles à retenir, heureusement qu’ils sont peu nombreux.

En dehors de la réserve, le décor qui nous est dépeint est un Paris pollué puissance dix, ça sent la fin, un décor post-apocalyptique où l’apocalypse aurait été écologique, les êtres humains étant à peu près tout ce qui reste. Ça fait froid dans le dos. Le contraste est d’autant plus fort avec la Réserve, monde fermé tel un jardin d’Eden délimité par des murs, gardé par des militaires et dont l’air pollué est chassé du sol par une plaie. C’est dans ce décor qu’on suivra la quête d’identité de nos ados, sorte de Loft Story pour adolescents mutants, mais pas spécialement dans le mauvais sens du terme, simplement pour l’image.

Plaguers de Jeanne-A DebatsL’ensemble est fluide et se lit très bien, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi vite. L’auteur a un style agréable à lire, on tend vers une simplicité dans la forme plutôt bienvenue. Mon seul bémol serait sur la narration de la fin que j’ai trouvé assez confuse, me faisant penser à un croisement entre l’animé Evangelion et La Musique du Sang de Greg Bear. Au passage, la couverture de Frédéric Perrin est franchement belle, il est d’ailleurs à l’œuvre pour plusieurs des belles couvertures de l’Atalante.

C’est de la Science-Fiction sympathique qui plaira surement aux adolescents. De mon coté je suis quelque peu rebuté par l’expression de la libido refoulée ou non de ces ados en parc, mais si on excepte cette partie, c’est un roman agréable à lire que je peux me permettre de vous conseiller.


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