Petits Arrangements avec l’éternité est le premier roman d’Eric Holstein, un chroniqueur actif sur ActuSF entre autres, sorti en 2009 aux éditions Mnémos. Ce premier roman comporte à peu près 300 pages, et porte sur les vampires comme la couverture le laisse supposer. Un petit Synopsis ?

On suit trois vampires résolument modernes, Eugene éveillé à la Belle époque, Grace éveillée dans les années 30 et Slawomir clodo de son état. Grace vit de ses charmes, Eugene squatte les maisons abandonnées par leurs propriétaires pour les vacances et Slawomir cuve son vin sous les ponts. Pas très jobard comme équipe de tête. Surtout quand Grace les attire dans la mouise en révélant son secret à un amant de passage.  S’en suit évidemment une aventure palpitante. Enfin, du moins c’est ce qu’on nous promet.

Petits arrangements avec l'éternité de Eric Holstein

Pour palpiter, l’aventure va palpiter. Une fois l’intrigue lancée on enchaîne les bastons, les fuites, les courses poursuites dans Paris. Cette impression de rapidité est renforcée par un découpage en chapitres très très courts: deux à trois pages à tout casser. On peut cependant regretter un peu cette frénésie, car du coup on passe à coté de choses qui auraient pu être très intéressantes.

Tout d’abord, les vampires de Holstein, ce sont des vampires psychiques. C’est à dire qu’ils ne se nourrissent pas de notre sang mais de nos émotions. Ce point aurait mérité d’être un peu plus creusé. Et puis bon, les vampires qui nous voient entourés d’une aura colorée, ou chaque couleur correspond à une émotions, c’est quand même un brin simpliste. De plus, cette faculté ne servira en rien dans le déroulement du roman. Cette capacité ne sera pas mise en œuvre pour résoudre quoique ce soit, c’est dommage, car il y avait du potentiel.

Petits arrangements avec l'éternité de Eric HolsteinLes personnages sont dans l’ensemble un brin stéréotypés. Eugene le petit malfrat, cynique et désabusé, Grace la poule de luxe mais qui cache de profondes blessures, et bien évidemment le clodo qui… Non je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous spoiler. Je dois dire que je n’ai pas du tout réussi à accrocher aux personnages. Et du coup, comme le bouquin tient beaucoup sur les épaules de Eugene… Faut dire que le style ne m’a pas aidé.

Narré à la première personne, le roman est écrit comme parlerait Eugene. C’est à dire, dans un mélange d’argot du début du XXème siècle, un style très oral, et un registre très familier. Trop, sans doute. Dans beaucoup de critiques que j’ai pu lire sur le web, le style a été salué. Eh bien, moi, je n’ai pas du tout apprécié. Je l’ai trouvé très vulgaire, très surfait et très difficile à lire. Oui parce que l’argot, je ne le parle pas couramment, et qu’il n’y a aucun lexique. Du coup, j’ai passé des phrases sans en comprendre le sens (désolée je n’avais pas emmené mon dico d’argot en vacances). Ce qui est assez rageant, et frustrant. Alors certes, dans certains cas on devine, dans d’autres… En plus, c’est vulgaire et  j’en ai eu vite ras le bol. Vraiment pas mon genre. Après, je le conçois, c’est une question de goûts.

L’intrigue en elle même n’est pas mirobolante. On a cependant des éléments assez intéressants, comme la communauté des vampires. Dommage qu’on tombe vite dans la démesure. Disons que j’ai l’impression que pour donner du relief à ses vampires, il faut forcement que cela soit des grands noms. Eiffel, Da Vinci, etc, quel intérêt d’en faire des vampires ? Pourquoi ne pas inventer les personnages ? C’est comme si il n’y avait que les grands noms qui pouvaient être de grands vampires. Ce n’est pas le premier bouquin où ce procédé est utilisé et il me laisse perplexe à chaque fois.

Enfin, les retournements de situations sont dans l’ensemble prévisibles, et le final est vraiment trop grand-guignolesque. C’est basiquement n’importe quoi, et ça ne m’a pas du tout convaincue.

Au final, un livre qui se lit, sans trop d’énormes défauts, mais pas suffisant pour me captiver et m’intéresser. Encore un livre dont je ne garderai pas grand souvenir, au potentiel inexploité et noyé sous l’action répétitive et les ficelles parfois énormes ou mal amenées.


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3 commentaires, donnez votre avis !
  • Jennifer a écrit le 10 janvier 2010 à 17 h 02 min:

    J’ai beaucoup aimé lire ton commentaire! C’était très constructif! Je pense qu’en ce moment, les éditeurs utilisent les vampires comme un instrument marketing avec la folie Stephanie Mayer (oups j’ai peut-être écorché son nom..) à laquelle je n’ai pas du tout adhéré perso..une écriture beaucoup trop basique et accessible à tout le monde..un vrai produit commercial.
    Je pense que ce livre en fait malheureusement parti..
    Merci pour ton avis =)

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  • Md'A a écrit le 14 janvier 2010 à 17 h 56 min:

    Bah justement, de l’argot, on n’en voit pas tous les jours dans Stephanie Meyer… Ce que j’ai retenu de la critique, c’est que c’est justement un énième bouquin de vampire qui change des autres. Donc pas du tout un « produit commercial ». (à mon avis, beaucoup de gens ont dû – ô, affreux – être choqué par l’argot, donc pas commercial du tout).
    Du coup, je suis allée lire, et même si je n’ai pas non plus de dico d’argot de poche, j’ai trouvé que globalement les phrases se comprenaient dans le contexte. Il y en a peut être deux ou trois qui m’ont échappées, mais bon, faut arrêter avec le pré-mâché aussi… Au moins, ce roman-là, il change, et il est bien agréable à lire…

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  • Seraf' a écrit le 14 janvier 2010 à 19 h 47 min:

    Oui, globalement, on comprend. C’est le globalement qui me gène. Mais a la limite, soit, j’ai lu plus obscur.

    Ceci dit, l’argot ici est vulgaire, et je deteste ca. C’est une question de gout, et je le concois.

    Apres, le produit commercial, c’est discutable. Ce n’est pas un roman accessible ni stéréotypé. Et en tout cas c’est pas fait pour séduire l’ado fane d’Edward.

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