Palimpseste de Charles Stross

dabYo dans Critiques, Livres le 13 août 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Palimpseste est une novella écrite par Charles Stross qui vient tout juste d’être édité par J’ai Lu dans sa collection Nouveaux Millénaires. Ce texte inédit a remporté le Prix Hugo 2010 de la novella et a été traduit par Florence Dolisi. Il fait partie des premiers titres de cette collection de l’éditeur, qui a pour objectif de publier des titres inédits en France, en grand format. Synopsis.

Palimpseste de Charles Stross

L’agent Pierce vient tout juste de rejoindre la Stase, l’agence chargée de patrouiller dans le temps afin de garantir la survie de l’humanité. Mais avant d’être un agent titulaire, il doit être formé pendant une vingtaine d’années objectives afin d’apprendre le métier. Cours théoriques, pratiques et missions sur le terrain sont au programme pour ce ressortissant de notre époque qui serait promit à une « grande carrière » au sein de la Stase.

Avec ses 120 pages, Palimpseste est un roman que j’ai lu très vite. Non seulement il est court, mais en plus il est écrit gros, d’un autre côté ce n’est pas étonnant puisque c’était une novella. Le style de Charles Stross est plutôt agréable à lire, et la traduction fournie ne m’as pas choqué. Les phrases se lisent facilement, tellement qu’on dirait presque un roman jeunesse. Il ne s’agit pas d’un point négatif, mais bien d’un point positif. Même les phrases contenant de nombreux termes scientifiques sont aisées à lire.

Et des termes scientifiques, il y en a. Beaucoup. Vraiment beaucoup. C’est d’ailleurs pour moi un des plus gros points faibles. En effet, le texte de Palimpseste est parsemé de termes scientifiques, des conséquences scientifiques de certaines idées scientifiques, bref, on se retrouve avec des paragraphes entiers consacrés à des processus complexes et techniques qu’il est quasi impossible de comprendre au fil de la lecture. Et pourtant, j’ai l’habitude de ce genre de textes, du coup, je ne les ai pas trouvé indigestes, simplement perdants, inutiles.

On a l’impression que Charles Stross essaie de justifier son scénario, celui de la brigade temporelle, en lui achetant une sorte de crédibilité scientifique qu’on a du mal à lui accorder. Je ne suis ni chimiste, ni physicien, donc je ne pourrais pas le juger. Par contre, mon métier m’a offert quelques bribes de connaissances en informatique, aussi, quand je vois qu’il écrit, noir sur blanc, que 6 x 1023 bits revient à 1023 octets, je me permets de douter fortement de la crédibilité du reste.

Palimpseste se retrouve par là même presque associé au genre de la Hard Science-Fiction, mais quand un David Weber nous endort avec ses descriptions de missiles, on a tout de même l’impression qu’il sait de quoi il parle. Cela n’est certes pas notre tasse de thé, mais cela rajoute des détails, une profondeur à son univers. Ici, Charles Stross nous donnerait plutôt l’impression de chercher des termes qu’il trouve classe sur Wikipedia, puis de les mettre l’un à côté de l’autre.

Palimpseste de Charles StrossCe côté pénible ne change rien au style de l’auteur qui est plutôt simple à lire. Le roman est très direct, chaque phase est dynamique, et ce même lors des descriptions. Cela donne un côté très bref, on a l’impression que tout est allé très vite, peut être un peu trop, une sorte de Thriller. Mais là où les machinations du genre ont généralement le temps d’être expliquées à la fin, il est ici difficile de ne pas avoir l’impression d’être passé à côté d’une « histoire » ici, tant il n’y en a que des brèves. La narration est en effet très succincte, on fait de nombreux sauts dans le temps, parfois de plusieurs années. En général, on ne va jamais retrouver notre héros Pierce dans la même configuration qu’au chapitre précédent, et les réponses seront toujours manquantes.

Ce changement permanent dans la situation de Pierce va bien au principe de l’histoire, mais est tout de même assez dérangeant. Entre l’absence de réel fil-rouge, les passages trop techniques mais sans réel intérêt, et la révélation finale qui donne l’impression de ne pas avoir eu droit à l’histoire tant attendue, Palimpseste de Charles Stross est un court-roman qui laisse un arrière goût de frustration. Dommage.


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  • banux a écrit le 7 janvier 2012 à 9 h 29 min:

    Salut

    Pour le coup des 6 x 1023 bits, je pense que c’est une erreur au niveau de la trad le monsieur à fait des études en programmation entre autre.

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