No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

illman dans Comic, Critiques, Livres le 25 mars 2011, avec aucun commentaire
Critiques

No Hero est un graphic novel avec Warren Ellis au scénario et Juan Jose Ryp au dessin. Le tout sorti en 2010 chez Milady Graphics en France avec une traduction d’Eric Betsch, et Avatar Press pour la version originale. Je vous avais déjà parlé d’un comic issu du travail de Ellis, Transmetropolitan, que j’avais adoré. Est ce que c’est un essai transformé pour trouver sa place dans nos bibliothèques ? Direction le synopsis.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Les années 60 ont vu naitre un groupe de super héros, les Levellers qui deviendront par la suite la Front line. Leurs pouvoirs proviennent de drogues crées par Carrick Masterson. Mais les membres de la Front Line sont éliminés un à un, et c’est pourquoi il leur faut du sang neuf. Joshua rêve de devenir un héros et s’entraine tout les jours en pourchassant les vilains dans sa ville pour se faire remarquer. Cela va le mener dans la Front Line et le monde de la drogue FX7.

« Jusqu’où pourriez vous aller pour devenir un super-héros ? ». Le sous titre sur la couverture met déjà dans l’ambiance. Car oui, c’est bien la drogue qui leur donne leurs pouvoirs, mais cela a forcément une contre partie, qui peut être terrible. L’utilisation de drogue au grand jour, des gouvernements qui laissent faire, c’est le portrait qui va être dressé ici. Détruire et corrompre la vie d’idéalistes qui se prennent pour des héros, avant de sombrer dans la corruption à cause de cette drogue et de tout ce qu’elle implique.

Ellis sait ménager ses effets, ses scénarios sont toujours surprenants, avec des retournements de situation intelligents et inattendus. No Hero ne fait pas exception à cette règle pour nous réserver bien des surprises, que je me garderais bien de vous spoiler. Le scénariste prend toujours un malin plaisir à dénoncer tout ce qui ne va pas et ça ne se limite pas à la drogue. La corruption, les riches qui dirigent le monde, les coups montés sur-médiatisés orchestrés par des gouvernements, ces références sont plus subtils mais bien présentes, il suffit de substituer Front Line par CIA (ou un autre) pour avoir un sentiment de déjà vu sur certains points.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Niveau dessin, le sieur Ryp gère son art. Énormément de détails parsèment ses cases, et le design de ses personnages est carrément classe, mention spéciale aux Levellers des années 70. De superbes arts en doubles pages se retrouvent tout au long ce volume, mettant en scène les délire de Joshua pour la plupart, c’est donc dans un style plutôt torturé. De plus des crayonnés des persos sont aussi présents à l’arrière des couvertures de chapitres, qui sont elles aussi pas mal.

Après je pourrais comprendre que le style de l’auteur laisse un peu indifférent, je n’ai pas trouvé ça spécialement original non plus. Un détail qui me dérange dans ces dessins, très présent au début de volume, c’est le rendu des impacts. Imaginez vous couper une pomme en deux, tchac, et hop, un nuage jaune comme de la purée mousseline s’élève. C’est carrément moche et je trouve que ça gâche le dessin, dommage.

No Hero de Warren Ellis et Juan Jose RypUn autre reproche que je ferais concerne la violence. J’ai rien contre ça dans les comics mais le niveau de gore atteint un niveau un peu too much. L’hémoglobine gicle par hectolitres et certains passages sont carrément dérangeants, avec notamment un arrachage de colonne vertébrale accompagné de la réplique « C’est comme réussir à tirer la nappe sous les couverts« . Le tout suivi de l’attache de ladite colonne autour du bassin du bourrin pour s’en faire un « pénis vertébral ». Ahem, âme sensible s’abstenir.

Niveau édition, ça vaut son prix de 14,90€ et la couverture souple tient bon malgré les outrages qu’elle a subi avant de terminer sa course dans ma bibliothèque. Et puis sans vouloir tirer sur les ambulances avec Milady Graphics, j’ai quand même moins l’impression de me faire avoir sur la came qu’avec Panini Comics. Enfin bon j’ai un passé disons rugueux avec eux, bref…

Au final, No Hero de Warren Ellis et Juan Jose Ryp, c’est du tout bon, je ne le conseillerais pas en première lecture mais pour les autres c’est bon, vous pouvez y aller. Du bon super héros bien torturé, une histoire béton, un bon dessin, que demande le peuple.


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