Neverwhere de Neil Gaiman

Serafina dans Critiques, Livres le 16 mai 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Neverwhere est un roman de Neil Gaiman écrit en 1996, qui est en fait l’adaptation en livre d’une mini-série de 6 épisodes diffusée sur la BBC et scénarisée par… Neil lui même. Le roman se situe dans la catégorie Urban Fantasy et a acquis une sorte de statut culte. En effet, initialement traduit par Au Diable Vauvert, puis édité en poche par J’ai Lu, il a été pendant quelques années introuvables, en faisant une sorte de St Graal de l’amateur de Fantasy… Il a récemment était réédité en grand format par son traducteur, puis de nouveau en poche par J’ai Lu au début de cette année 2011. Du coup, l’attente était forte quand j’ai entamé ce bouquin, et j’avais extrêmement peur d’être déçue. Synopsis ?

Neverwhere de Neil Gaiman

Richard Mayhew vit à Londres, une petite vie sans histoire, une jolie fiancée, bref, la vie d’un londonien lambda. Mais un jour, il sauve la vie d’une jeune fille : Porte.  Sans le savoir, Richard vient de faire basculer sa vie, il va tout perdre, et découvrir le Londres d’En Bas.

Je ne vous en dirais pas plus, mais je vais vous dire une chose : Neverwhere est à la hauteur de son aura et bien plus encore. Tellement qu’il est très difficile de commencer cette chronique. Neil Gaiman nous propose ici une histoire dans le plus pur style d’Urban Fantasy avec un monde qui cohabite avec le notre, se croisant parfois, mais que nous ignorons : bref, comme le monde des sorciers dans Harry Potter. Nous suivons Richard, totalement novice, qui découvre peu à peu le monde dans lequel il est tombé, et c’est l’occase pour nous de le découvrir aussi. En toute honnêteté, le personnage principal, donc Richard, est assez transparent, ce n’est pas forcément un personnage auquel on s’attache au contraire des personnages secondaires. Richard est juste là pour nous permettre de rentrer dans le monde via ses yeux.

Et quel monde fascinant. On retrouve le Neil Gaiman à l’humour corrosif et si souvent absurde qu’on avait pu apprécier dans De Bons Présages par exemple. Le roman est rempli de perles d’humour et de jeux de mots. Cependant, comme pour Stardust que j’ai lu il y a plusieurs années, le livre est très très fortement ancré dans la culture anglaise, et il est clair que si vous n’avez jamais été à Londres vous passerez à coté d’un certain nombre de références. Pour ma part je l’ai commencé dans l’Eurostar, car je trouvais que c’était l’occasion et j’avais bien raison. Certains jeux de mots sont carrément intraduisibles et expliqués avec des notes du traducteur, Patrick Marcel, en bas de page.

Neverwhere de Neil Gaiman

Couverture de la réédition du Diable Vauvert

Malgré cela, le roman est un vrai plaisir. Il développe un certain nombre de concepts absolument géniaux et qui ne donnent qu’une envie, descendre dans le Londres d’En Bas. Les personnages secondaires sont pour la plupart assez loufoques, et certains sont très attachants notamment une petite Parle Au Rat ou même Porte. L’histoire est assez proche d’un récit initiatique, et Richard se fait balader à la suite des personnages du Londres d’En Bas, mêlé à une sombre affaire de meurtre.

Neverwhere de Neil Gaiman Cependant, le récit atteint une certaine intensité, et au final, il est très dur de s’en décoller, jusqu’à la fin, qui vous laisse un poil abasourdi. Et triste aussi, de quitter ce monde merveilleux.

Neverwhere me faisait un peu peur, mais au final, c’est un livre qui vaut sa réputation, et qui m’a marquée comme peu de livres ont pu le faire. On ne s’ennuie pas une seconde et on alterne entre humour et passages très tristes, voir sombre. La mythologie mise en œuvre est tellement dense qu’on ne peut que regretter qu’il n’y ai pas de suite. Je ne serais pas loin de le placer au niveau d’un A La Croisée des Mondes, ce qui pour moi n’est pas rien. Il est à nouveau assez facile à trouver, vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas lire ce bijou.


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4 commentaires, donnez votre avis !
  • Kaeru a écrit le 17 mai 2011 à 0 h 05 min:

    Neil Gaiman est un écrivain doué mais surtout, surtout un conteur de génie. Il a une maîtrise de la narration impressionnante, servi par un style littéraire de grande qualité. Je suis très très fan :) Et en anglais, c’est un grand plaisir…

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  • Vladkergan a écrit le 17 mai 2011 à 7 h 06 min:

    Comme quasiment tout ce qu’à fait Gaiman, il rockse ce bouquin. Ca fait pour moi aussi parti de ses oeuvres les plus emblématiques, aux côtés d’American Gods, de De bons présage, de Coraline ou encore du dantesque Sandman.

    Par contre j’ignorais que la traduction était de Patrick Marcel, et je viens de vérifier dans mon ancien édition J’ai Lu, il s’agit bien du même. Un auteur dont je ne peux que conseiller le travail incroyablement savoureux (même si dans un autre genre), sur Les Nombreuses vies de Cthulhu, paru il y a quelques mois chez les Moutons Electriques, et qui nous mitonne actuellement un ouvrage sur les Monty Python (fanboy inside) chez le même éditeur.

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  • Kaeru a écrit le 17 mai 2011 à 10 h 19 min:

    Vladkergan : ouiiii tu as raison pour Patrick Marcel, c’est un gage de fidélité et de respect !

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  • Anésidora a écrit le 17 mai 2011 à 15 h 44 min:

    Lu et aimé également. Gaiman à l’art de créer des petits bijoux.

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