Nekropolis de Tim Waggoner fait partie des sorties récentes de l’éditeur Eclipse. Publié en version originale en 2009, ce roman catégorisé en Urban Fantasy est le premier tome de la série Matthew Richter: détective privé zombie. Il servi par une traduction de Sandy Julien et une couverture d’Alain Brion. Après avoir lu le tome 1 de l’Ennemi dans l’Ombre, j’avais besoin de quelque chose de plus léger, de plus easy-reading pour me remettre sur les rails. Mission accompli pour ce roman rempli de créatures qui hantent nos nuits ? A suivre dans le synopsis.

Nekropolis, Matthew Richter Tome 1, de Tim Waggoner

Matthew Richter est un zombie, mais pas n’importe quel zombie, il n’a pas de maître et pense par lui-même. C’est un ancien flic qui s’est fait zombifier à Nekropolis et qui, pour passer le temps, rend service à son entourage, profitant de ses capacités de non-vivant. Le jour où son chemin croise celui de Devona, une demi-vampire, enfin je veux dire « demi-sanguinée« , une course contre-la-montre s’engage contre la décrépitude de ses chairs mortes et le courroux d’un des seigneurs noirs.

Tout d’abord, l’univers. Nekropolis se trouve sur une planète où se sont exilés les noxiens (les monstres en quelque sorte) pour ne pas se faire casser les pieds par les humains. On trouve de tout dans ces bestioles, des vampires appelés ici sanguinées, des lykos et autres démons tous plus dégueulasses les un que les autres. Des variantes originales font leur apparition comme des vampires accros aux implants cybernétiques, et des lykos génétiquement modifiés. Tout cet écosystème est attroupé dans des dominions dirigés par un seigneur noir, au nombre de cinq. Ça m’a fait beaucoup penser à des stages dans jeu vidéo, avec des environnements variés que notre héros va devoir traverser. A part ça l’univers est bien décrit, on n’a pas de mal à plonger dans la puanteur et la liesse de la fête annuelle qui se déroule au moment des faits. On sent que Tim Waggoner pose les bases de son univers pour des suites.

En ce qui concerne les personnages on a droit à un peu de tout. On imagine bien Matt en pardessus de détective sillonnant Nekropolis, accompagné de Devona qu’on finit par percevoir en acolyte de charme, des clichés des histoires de détective privé. Matt trouvera sur son chemin une panoplie de personnages assez conséquente, tous très différents les uns des autres, en plus. Par contre j’ai trouvé les seigneurs noirs un peu bidons dans leurs comportements respectifs, trop mou à mon goût, pas assez dominant par rapport aux autres.

Nekropolis, Matthew Richter Tome 1, de Tim Waggoner

Avec  un gros Détective marqué sur la couverture, je m’attendais à une histoire avec une enquête un peu plus poussée qu’une suite d’indices évidents et d’indics qui parsèment la narration. Même si le pourquoi n’est révélé qu’à la fin, le comment est un peu trop rapide et évident. Globalement, on a beaucoup de mal à être surpris par l’histoire, c’est un peu dommage, vu l’univers décrit il y avait moyen de faire mieux je pense. Et je ne mentionnerai pas l’inévitable et téléphonée romance qui va ébranler le cœur mort de notre petit zombie en côtoyant sa vampirette.

Le style de l’auteur contient vraiment de nombreuses apartés à base de parenthèses, il se lâche même un peu trop à ce niveau là. C’est très présent au début mais heureusement ça diminue au fur et à mesure que le roman avance, sans vraiment disparaitre pour autant. Ça casse le rythme. Si l’on omet ce détail, Nekropolis se lit plutôt vite et l’action se déroule non stop, on ne s’ennuie pas et c’est tant mieux. Le coté lutte contre le temps est sympa, mais pas assez exploité à mon gout.

Nekropolis, Matthew Richter Tome 1, de Tim WaggonerL’édition d’Eclipse est toujours de bonne facture et je trouve l’illustration de couverture d’Alain Brion supérieur à celle de la version originale. On regrettera juste le sticker « Recommandé par Syfy« , qui est certes simplement collé, mais dont la matière est tellement fine qu’on évitera d’essayer de le faire. Ou comment gâcher bêtement une superbe couverture. On apprécie par contre toujours les marque-pages détachables dans la couverture, la marque de fabrique de l’éditeur.

Au final, même si Nekropolis de Tim Waggoner n’est pas un chef d’œuvre, il reste un bouquin d’Urban Fantasy plaisant à lire. Guère surprenant, on saura sans doute mieux apprécier la diversité de l’univers dans les prochains tomes. C’est une bonne lecture pour s’aérer la tête et passer le temps, si vous avez l’occasion, lisez-le.


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  • Frédéric Raymond a écrit le 25 mai 2011 à 18 h 42 min:

    Wagonner m’avait épaté avec son roman d’horreur érotique Darkness Wakes. Par contre, ses romans de fantasy dans l’univers Eberron de D&D étaient loin d’être aussi réussis. En lisant vos commentaires sur Nekropolis, que j’hésitais à lire depuis un petit bout de temps, je crois que je vais laisser tomber… Le fantasy, même urbain, ne semble pas la force de Waggoner, même s’il écrit presque juste ça ces temps-ci.

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