Mal-Morts de Jean-Marc Ligny

Serafina dans Critiques, Livres le 1 novembre 2010, avec 7 commentaires
Critiques

Mal-Morts est un roman jeunesse de Jean-Marc Ligny édité par l’Atalante et que j’ai lu lors de mon Read-a-Thon. Ce roman est sorti le 23 septembre dernier et se compose d’à peu près 300 pages, écrites assez gros, le tout servi par une fort jolie couverture de Xavier Collette qui m’a immédiatement charmée, et dont je vous invite à lire le blog. Synopsis ?

Mal-Morts de Jean-Marc Ligny

Depuis sa plus tendre enfance, Élodie lutte contre les morts, ou plutôt les mal-morts: suicidés, assassinés, ils restent à hanter notre Terre, et cherchent à se nourrir de notre héroïne. Elle résiste, mais à de plus en plus de difficultés. Ses parents sont à bout, la prennent pour une folle, et la font suivre par un psy. Sauf que cela ne semble pas l’aider, au contraire !

Entre incompréhension et tourments, on comprend très vite que l »histoire d’Élodie incarne parfaitement ce dur passage qu’est l’adolescence. Le fait que ses luttes soient plus importantes lorsqu’elle a ses règles l’indique tout autant. Alors évidemment, nous sommes dans une sorte de conte initiatique, qui n’ira pas sans quelques clichés, notamment au niveau des parents, bornés et qu’on aurait très envie de baffer. De même pour les amis d’Élodie, gentils, presque un peu trop.

Cependant pour un livre jeunesse, c’est du très, très, bon. Il est aisé de s’identifier à l’héroïne, on est tous passés par la, les fantômes en moins. On évite l’héroïne tête à claques et la majorité des clichés. On échappe aussi à l’aseptisation. En effet, des thèmes forts sont abordés, la mort évidemment, mais aussi l’anorexie, le viol et autres sujets graves, souvent écartés des romans jeunesse, à tort, car on est très vite en age de le comprendre. Évidemment, ces thèmes sont abordés avec  une certaines pudeur, ils donnent cependant un coté plus sérieux et plus grave au roman. Une raison de plus pour le conseiller.

Le coté psychiatrique m’a aussi fortement intéressé, j’aime tout particulièrement les histoires qui se déroulent dans ce milieu, je trouve cela fascinant.  Bon évidemment, on ne dresse pas forcément un portrait tout rose des institutions psychiatriques, mais cela ne m’a pas semblé trop caricatural.  L’histoire a réussi à me surprendre quelques fois, et pourtant ce n’étais pas gagné. En effet, encore une fois, un bon carton rouge à l’Atalante, qui révèle dans son résumé de quatrième de couverture l’aboutissement des 250 premières pages d’un roman qui en fait… 300. C’est sérieusement agaçant. Je sais, je n’ai qu’à pas lire les 4eme de couverture, mais après c’est dur de savoir que lire !

Mal-Morts de Jean-Marc LignyJe ne connaissais pas du tout Jean-Marc Ligny, auteur français qui pourtant n’en est pas à son premier roman. Son écriture sait être directe, accessible sans être plate. Il réussit aisément à nous faire entrer dans son univers et ses personnages prennent vite du relief. Bon, je ne serais pas objective. Un auteur qui cite Fields of the Nephilim sur la première page de son roman, je peux difficilement partir avec un apriori négatif.

Au final, c’est un roman qui ne m’a pas déçue, et qui est à la hauteur de sa superbe couverture. Je le conseille à toutes les tranches d’ages aimant le Fantastique. Bien que le personnage principal soit une fille, je pense ce livre susceptible de plaire aux garçons aussi. Et si vous avez une sœur ou une cousine à qui vous ne savez pas quoi offrir, alors Mal-Morts sera le cadeau idéal, accessible et sérieux, c’est de la littérature jeunesse de haut niveau. D’autant que le prix des romans jeunesse des éditions l’Atalante est très attractif, et c’est à souligner.


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
7 Comments, donnez votre avis !
  • Eric Nieudan a écrit le 1 novembre 2010 à 21 h 18 min:

    Ah, le piège du quatrième de couverture ! Qui n’est pas tombé dedans ?

    Merci pour cette critique, ça a l’air d’être un bouquin jeunesse qui change tout en restant dans le cadre. Et c’est par forcément un équilibre que tout le monde arrive à obtenir. Hop, dans la liste d’achats ! =)

    RépondreRépondre
  • Lelf a écrit le 2 novembre 2010 à 0 h 05 min:

    J’ai trouvé le passage sur la clinique hyper cliché personnellement (je connais de jeunes adultes qui ont été internés et ça ne ressemblait pas vraiment à ce qui est décrit).
    J’ai bien aimé ce petit roman aussi, même s’il est vraiment très jeunesse. Et je me suis aussi faite avoir par la 4è :/

    RépondreRépondre
  • Seraf' a écrit le 2 novembre 2010 à 8 h 52 min:

    @Lelf, j’aurais tendance a dire, heureusement que ca se passe pas comme ca généralement. Cependant, quand on lit les 1001 vies de Billy Milligan (très bon d’ailleurs ! et fascinant), on se dit que Mal-Morts est « crédible », cliché, simplifié, mais pas si improbable.

    RépondreRépondre
  • Lelf a écrit le 2 novembre 2010 à 12 h 01 min:

    Je pense que déjà ce bouquin est un peu vieux. C’est vrai que la psychiatrie c’était pas jojo, dans les années 70 notamment. C’est un domaine qui a réellement progressé dans les années 90/2000 (surtout pour les jeunes).
    Aujourd’hui pour les jeunes il y a des cliniques spécialisées, ils sont entre eux, ils ont des activités, ils voient des gens, leurs médicaments sont adaptés régulièrement… Enfin voilà. Loin d’une prison quand même, même si ce n’est évidemment pas rose quand t’es pas bien ^^

    Ce que je regrette c’est que dans ce livre la clinique soit dépeinte comme un truc mauvais, vraiment flippant, et que ça peut du coup effrayer des jeunes qui auraient peut être besoin d’un suivi de ce genre. Mais le côté jeunesse de l’oeuvre atténue ce cliché heureusement et je pense que j’ai tiqué parce que justement je connais un peu (ça passerait sans doute plus inaperçu pour quelqu’un qui n’y a jamais été connecté). :)

    RépondreRépondre
  • Eric Nieudan a écrit le 2 novembre 2010 à 16 h 44 min:

    Je vois ce que tu veux dire Leif, et c’est en effet un souci. De plus en plus de jeunes sont diagnostiqués ceci ou cela (à cause justement des progrès dont tu parles) et c’est pas forcément une bonne chose de leur faire peur.

    Mais il faut pas oublier non plus que c’est de la fiction. Et si on peut pas dépeindre tel ou tel environnement de façon flippante dans un roman d’horreur, on peut plus rien faire. Les ados sont capables de faire la part des choses bien plus tôt qu’on ne le croit.

    RépondreRépondre
  • Jo a écrit le 29 novembre 2010 à 10 h 09 min:

    Ce roman semble tout d’abord réunir les ingrédients presque classiques du fantastique. Une jeune fille possédée assaillie par les zombies. Ces morts qui l’agressent sont ceux dont l’agonie a été dramatique, les morts de mauvaise mort. Mais au-delà des apparences littéraires, ce récit est un psychodrame. Jean-Marc Ligny démonte avec talent les tourments d’une adolescence prisonnière des codes du « sociétalement correct ». Une adolescence rongée par un insondable questionnement et qui souffre à la recherche de son bonheur. Une adolescence incomprise. Mais qu’on se rassure ; Elodie, l’héroïne, sera sauvée par l’amour. Un amour très pur sans connotation sexuelle et le livre se termine de façon onirique. La fin nous amène à reporter un regard sur l’ensemble du roman. Elodie a-t-elle jamais été dans la vraie vie ? Tout à l’air tellement crédible, et c’est là toute l’habileté de l’auteur. Et puis, en arrière plan, il y a la musique au travers de la rencontre avec le musicien Orfan. Tout une partie du roman nous embarque dans la vie d’un groupe. Il faut dire que l’auteur, Jean-marc Ligny aime beaucoup écrire en musique (il a lui-même pratiqué !). Il cite en préface les morceaux qu’il a écouté en écrivant « Mal-Morts ». Un roman jeunesse à conseiller. Un bijou tellement bien écrit.
    Jo Taboulet

    RépondreRépondre
  • Siyaah a écrit le 2 janvier 2011 à 11 h 03 min:

    Y a un tome 2 ? Parce que ça ressemble pas vraiment à un fin le dernier chapitre !!

    RépondreRépondre
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?