Maître de la Matière de Andreas Eschbach

illman dans Critiques, Livres le 15 janvier 2014, avec 4 commentaires
Critiques

Maître de la Matière de Andreas Eschbach, qui est un auteur allemand assez prolifique dont ce pavé de 640 pages et plusieurs autres romans sont parus chez l’Atalante, est un roman de Science-Fiction. Il est traduit de l’allemand par Pascale Hervieux et l’énigmatique couverture est de Leraf. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas attaqué à un gros livre et ne connaissant pas l’auteur je n’avais pas d’apriori. Commençons par le synopsis.

Maître de la Matière de Andreas Eschbach

Hiroshi a dix ans et sa mère est blanchisseuse à l’ambassade de France de Tokyo. Charlotte est la fille de l’ambassadeur. Leurs destins vont se croiser et se recroiser à de multiples reprises. L’un poursuivant une utopie qui où tout le monde serait riche. L’autre à la recherche du passé par le biais d’un étrange pouvoir qui lui permet de connaître le passé d’un objet en le touchant. Ce sont les trajectoires de leurs vies que nous allons suivre.

Andreas Eschbach

Andreas Eschbach

On peut grosso modo découper le roman en deux parties. La partie « initiatique » qui occupe un tiers du roman et qui va voir les personnages grandir et apprendre le monde qui les entoure, ils ont 10 ans environ au début du roman. Cette partie est un peu « molle » mais dans mon cas je la qualifie de cette manière parce que je ne comprenais pas du tout la mise en place que faisait l’auteur. J’ai un peu lutté pour avancer pendant que les personnages sont jeunes, trop jeunes, il s’agit des 100 premières pages en quelque sorte. Heureusement qu’après ça se lit tout seul. On verse ensuite enfin dans la Science Fiction plus « palpable » dans la seconde partie, les personnages sont matures et tout s’accélère, ou bien peut-être que c’est simplement très prenant, le final est très cinématographique dans ce sens. Là où cela se différencie d’un film c’est que ce final est émouvant sans être niais (dans tes dents Hollywood).

On embarque ici dans la Science-Fiction plutôt orienté anticipation, les thématiques que sont la robotique et les nano-technologie étant plutôt en vogue dans l’actualité (Google a racheté une boite qui fait des robots). Le tout est couplé intelligemment avec des éléments plus « fictionnels » et que je ne révélerai pas ici mais qui font sens. Le « et si c’était demain » pointe allègrement le bout de son nez avec des hypothèses de développement qui paraissent la plupart du temps possibles sans rentrer dans un jargon scientifique inutile. Il y a pas mal d’hypothèses sympathiques à lire et pas seulement dans le domaine de la robotique mais aussi dans le domaine de la paléoanthropologie, même si on reste bien évidemment dans le registre de la Science-Fiction.

Maître de la Matière de Andreas EschbachLe roman se déroule par ellipses narratives successives de plusieurs années et cela renforce l’idée de destins croisés. D’ailleurs cette progression est illustrée par le titre des parties, qui sont des îles (île des bienheureux, île d’Hiroshi, etc…) divisés en chapitres et reliées par des chapitres titrés « en chemin ». On trouve aussi des chapitres qui ridiculise un fils d’une des grosses richesses d’Amérique complètement perverti par l’argent et le fait qu’il pense en dessous de sa ceinture, ce qui le rend extrêmement pathétique. La famille paternelle d’Hiroshi est d’ailleurs pas mal aussi dans le genre pourri par les millions. Je me fais peut-être des idées mais il me semble discerner une certaine critique de l’effet de l’argent sur nos sociétés.

Finalement, un excellent bouquin nous est délivré par Andreas Eschbach, il aura réussi à me tenir en haleine jusqu’à sa conclusion. Maître de la Matière est bien écrit, traduit, une fois lancé le rythme est bon, l’histoire est passionnante, les personnages ont des relations qui sont intéressantes.  Bref un vrai plaisir à lire et que je conseilles. Il ne me restes plus qu’à explorer d’autres romans du monsieur.


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4 Comments, donnez votre avis !
  • Jennifer a écrit le 15 janvier 2014 à 20 h 36 min:

    Merci pour ton article … toujours preneuse quand il s’agit d’auteurs SF que je ne connais pas et qui font apparemment dans la qualité. En plus, un pavé de plus de 600 pages ^^ … ce que je préfère. Et hop ! sur ma PAL.

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  • Nahe a écrit le 16 janvier 2014 à 11 h 03 min:

    Un nom que je ne connais pas mais que je note !

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  • Sacha a écrit le 16 janvier 2014 à 11 h 16 min:

    Intéressant, je pense que je me pencherai sur ce bouquin quand l’occasion se présentera (là je digère encore « En panne sèche » qui semble assez semblable dans l’idée que ça pourrait arriver dans un futur très proche).
    Du même auteur j’ai beaucoup aimé « Des milliards de tapis de cheveux », je te le recommande vraiment.

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  • illman a écrit le 16 janvier 2014 à 11 h 39 min:

    @Sacha: « Des milliards de tapis de cheveux » m’avait fait de l’œil à une époque en librairie, mais ma PAL s’est tellement agrandi que finalement je ne l’avais pas acheté. J’y jetterais sans doute un coup d’œil un jour.

    Le bouquin a vraiment un potentiel addictif selon moi, ça faisait longtemps que j’avais pas été bossé décalqué parce que j’avais lu une bonne partie de la nuit :D

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