Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki

Serafina dans Critiques, Livres le 7 mars 2009, avec 7 commentaires
Critiques

Ma vie de Geisha est un roman autobiographie (du moins, vendu comme tel) d’une des dernières grandes Geisha (ou Geiko comme elles disent). Mineko Iwasaki n’est autre que celle qui a inspiré le livre Geisha de Arthur Golden. Sauf qu’apparement, ce que Golden a écrit ne plu pas tellement à Mineko, ils sont en instance de procès, en grande partie parce-que l’héroïne de Golden -directement inspirée de Mineko- se voit « prostituée ».

Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki

Enfin, peu importe. Toujours est-il qu’il ne faut pas faire la confusion entre les deux, le livre de Golden est une fiction, tandis que nous sommes ici face à une biographie. De sa naissance (en 1949) à son retirement de la vie de Geiko  (à 29 ans) nous suivont son parcours, de son enfance avec sa famille à sa consécration. Elle est entrée à 5 ans à l’okiya Iwasaki, ou elle est devenue l’atototi (en gros l’héritière). C’est pour cette raison que son nom de famille est devenu celui de l’okiya. Un okiya est ce qu’on pourrai appeler banalement, une maison de Geisha. C’est là que vivent les geisha non indépendantes, les apprenties, et évidemment, les bonnes. La vie de Mineko va donc se partager entre l’apprentissage du métier de Geiko, notamment celui de la danse, et l’apprentissage de la vie dans l’okiya, qu’elle pensait être probablement amenée à gérer à la mort de la Mère (c’est ainsi qu’on nomme la chef de l’okiya).

Le livre est assez court, trop probablement. En effet, malheureusement, de nombreuses choses sont survolées. Beaucoup d’étapes de la vie de Geisha sont evoquées, mais on pénètre réellement dans très peu d’entre elles. Ce qui est assez dommage, car si vous n’avez pas de réelles connaissances dans le domaine, il est difficile de saisir toutes les nuances. Il aurait probablement été intéressant de plus détailler et mieux expliquer les enjeux.

De même on s’attache difficilement aux personnages, les personnalités ne sont que peu developpées et souvent stéréotypées (Yaeko la méchante, Oima la gentille, etc etc). Du coup on n’entre pas dans le livre, on le lit, mais on reste toujours dehors. C’est dommage. Ensuite certains évènements, supposément importants sont traités très rapidement. Par exemple on sait que Mineko a essayé par de nombreux moyens de moderniser la societé des geiko et par là les libérer de nombreuses contraintes. Cela aurait été intéressant de savoir comme elle s’y est prise, quel a été l’acceuil, etc. Mais non, c’est evoqué en deux lignes. On ne sait ni comment, ni pourquoi. Du coup son engagement paraît bien mince.

Une petite remarque en passant. Dans le livre, Mineko clame que les Geisha n’ont jamais eu de relations sexuelles contre de l’argent. Ceci dit, il ne faut pas oublier que Mineko était une Geisha moderne, dans l’après-guerre. Des Geisha plus agées, comme Suzumi née en 1896 dont l’histoire fut racontée par Inoue Yuki dans le livre Mémoires d’une Geisha en 1980 font état d’une tout autre opinion. Il serait erroné de voir dans toute l’histoire des Geisha seulement de jolies danseuses et musiciennes. Les temps ont changés, et heureusement, mais il ne faudrait pas non plus se voiler la face.


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7 commentaires, donnez votre avis !
  • Akikazu a écrit le 7 mars 2009 à 16 h 15 min:

    Encore une fois, je ne suis pas d’accord et j’ai beaucoup aimé ce livre. Facile à lire, plein de charme. Ce n’est pas de la grande littérature et je remets assez en cause le côté biographie, mais c’est très plaisant et prenant aussi. Je me souvient avoir eu du mal à m’arrêter. Et je le relis de temps en temps encore avec plaisir.

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  • Seraf' a écrit le 7 mars 2009 à 19 h 54 min:

    Peut etre mon avis est il biaisé par le fait que j’ai lu plusieurs autres romans du meme genre. Notamment « Mémoires d’une Geisha » de Inoue Yuki, qui est quand meme sacrément un niveau au dessus (au niveau immersion, et description de la vie de geisha surtout.)

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  • Thalia a écrit le 7 mars 2009 à 22 h 29 min:

    Ca a l’air un peu compliqué avec tous ces termes, non?

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  • Serafina a écrit le 8 mars 2009 à 11 h 43 min:

    Je ne sais pas. A vrai dire je pense que cela depend d’avec quel bouquin tu commences. Celui d’Iwasaki n’explique pas grand chose, et en effet si tu ne connais rien au vocabulaire des geisha, je te le déconseille

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  • Akikazu a écrit le 9 mars 2009 à 10 h 39 min:

    Mmmmh… en fait je crois que je me suis trompée ! ^^
    Il me semble que c’est « mémoire d’une geisha » que j’ai lu… Mais après une fouille rapide de la bibliothèque, j’ai été incapable de remettre la main dessus…

    M’enfin… avec des titres aussi proches, comment ne pas se tromper !

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  • Serafina a écrit le 9 mars 2009 à 11 h 58 min:

    Ah.. C’est clair que niveau titre, entre memoires d’une geisha, geisha, et ma vie de geisha, sans compter le film qui s’appelle memoire d’une geisha mais qui est basé sur le livre geisha… Y’a de quoi s’arracher les cheveux XD.

    J’avais trouvé mémoires d’une geisha excellent ceci dit ;p

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  • Blog-O-Book » Ma vie de geisha a écrit le 13 mars 2009 à 2 h 14 min:

    […] Allie, Geishanellie, If is dead […]

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