L’Orage Gronde, Honor Harrington Livre 13, de David Weber

In gros missiles we trust

dabYo dans Critiques, Livres le 11 avril 2013, avec 1 commentaire
Critiques

Comme chaque année depuis un certain temps maintenant, le Honor Harrington nouveau est arrivé en France via les éditions l’Atalante. Fidèles au poste, c’est Florence Bury que l’on retrouve derrière la traduction de ce nouveau tome, tandis que Genkins s’occupe une fois de plus de la couverture. L’Orage Gronde est le 13ème livre des aventures de Honor Harrington, David Weber y reprend le développement de sa titanesque fresque de Hard SF juste là où il l’avait laissé avec En Mission. Pas de spoil pour ne rien gâcher à ce petit plaisir inhabituel.

L’Orage Gronde de David Weber Tome 1

Ce treizième livre est comme d’habitude coupé en deux dans sa traduction française par les éditions l’Atalante, mais n’ayant pas réellement vu de différence entre les deux, je n’ai pu me résoudre à en faire deux chroniques différentes. Il faut dire que contrairement aux années précédentes, les deux tomes sont relativement courts et se lisent donc un peu trop rapidement. Mais je dois avouer que je trépignais d’impatience de me lancer dans la lecture de L’Orage Gronde et que je n’ai guère pu m’en décrocher.

Lire du Honor Harrington est devenu en quelques sortes mon petit plaisir coupable. Je n’arriverai pas à cerner exactement pourquoi j’adore le faire, c’est peut être ce que ressentent à un autre niveau les gens qui n’arrivent pas à décrocher de Plus Belle la Vie qui sait ? En tout cas me voilà, tournant les pages à un rythme effréné et dévorant les mots qu’a pu y laisser David Weber, avide de découvrir un peu mieux ce que l’auteur nous prépare.

L'Orage Gronde de David Weber Tome 2

Ce treizième livre ne change pas une recette qui marche, et on y retrouve beaucoup de traités sur la taille des missiles, sur les avantages de telle flotte de guerre sur telle autre. Pourquoi celle ci risque bien de l’emporter, à quel point l’allonge de celle là lui donnera l’avantage dans l’affrontement. Bref, le tout est entre coupée de longues phases de politique et de gestion de crise, comme d’habitude en somme. Et pourtant, je ne m’en lasse pas, loin de là: j’en redemande.

Si l’auteur excelle à ce niveau là et m’en donnera tout mon saoul, j’ai aussi pu découvrir une autre facette de l’histoire, l’aspect un peu plus civil. Ayant embarqué dans la série en court de route, je ne saurai dire si c’est nouveau ou si c’est simplement que je n’étais pas tombé sur ce genre de tomes auparavant. Toujours est il que, pour ces chapitres en civil, je dois avoue que je trouve l’écriture beaucoup moins fluide. Les dialogues font un poil trop stéréotypé pour des scènes qui sont sensées être naturelles et spontanées.

Honor Harrington 13 Rising Thunder

La version originale, A Rising Thunder

Autant David Weber écrit très bien de longues phases de politique, de raisonnement, d’argumentation ou de bataille, autant il a un mal fou à décrire tout ce que ses personnages pourraient vivre en dehors de leur travail. On a l’impression de lire du militaire dans des scènes civile et les rouages semblent presque grippés. Heureusement que ce n’est qu’une minorité du livre et que cela ne gâche en rien le plaisir de lecture.

Reste que parfois on termine un chapitre et on se demande ce qu’il a bien pu passer par la tête de l’auteur. Ce dernier nous parle de missiles, d’aspects scientifiques et de stratégies militaire de façon cohérente, pertinente, complexe et avec précision sur des dizaines et des dizaines de pages. Et puis, c’est comme si son cerveau déconnait complètement et relâcher la pression: nous voilà avec des chats cosmiques qui parlent via le langage des signes et émettent des blips. Je n’ai pas d’autre explication, c’est forcément quelque chose qui arrive sans qu’il s’en aperçoive.

L’Orage Gronde de David Weber Tome 1Ces deux détails ne doivent en aucun cas arrêter l’amateur de Hard SF tant le contenu reste présent tout du long. C’est bizarre certes, mais cela donne un certain cachet à la série.

J’aurai donc lu L’Orage Gronde en quelques jours seulement, dévorant les pages les unes après les autres, allant de gestion de crise en gestion de crise. C’est un plaisir que je ne m’explique pas et que l’on ne peut connaître qu’en s’étant lancé dans l’aventure. Pour ceux qui n’ont pas encore sauté le pas et qui ne veulent pas commencer par le premier tome, je continuerai de conseiller En Mission. Pour les autres, et bien, à l’année prochaine !


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Un commentaire, donnez votre avis !
  • Domi a écrit le 11 juillet 2013 à 8 h 27 min:

    Présenté comme un Space Opéra, c’est plus une étude de mœurs poussive sur fond de guerre qu’un livre d’action.
    Il n’y a pas de héros mais une multitude de personnes quelque foi inutile, quelque foi récurrente.
    L’écriture est bouillonne et les rares scènes d’action sont rapidement expédiées. Les dialogues durent sur des page entières, entrecoupés de flashback, de précisions ou de coupures et portent sur des personnage ou des actions qui, quelques fois, ne se ont pas encore produit ou dont nous n’avons pas connaissance…dure, dure de suivre.
    La trame de fond est bonne et pourrait donner une histoire palpitante mais le déroulement du récit est tellement long, long et re-long que c’est un supplice de lire ce livre.

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