L’Ombre du Pouvoir est le premier tome de la série Le Bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti. Il s’agit à la base d’un univers qu’a créé l’auteur pour le jeu Neverwinter Nights, un RPG qui permettait de jouer à plusieurs en ligne et avait des fonctionnalités de maître de jeu. Depuis, l’auteur a fait un petit bout de chemin jusqu’à la publication de ce premier tome en début d’année 2014 aux éditions Mnémos. La couverture est signé Emile Denis. Un petit synopsis pour bien commencer.

batard de kosigan

Pierre Cordwain de Kosigan est le bâtard du frère du duc de Bourgogne, sa terre natale dont il est banni. Et pour cause, mercenaire qui vend sa lame et son équipe au plus offrant, il y est accusé de meurtre et il est peu probable qu’il y aurait droit à un procès en bonne et due forme. Mais qu’à cela ne tienne, une mauvaise réputation est un avantage quand on loue ses services pour des tâches qui doivent souvent rester discrètes et laisser le moins de témoins possibles… Et c’est justement pour cela que Kosigan se rend en Champagne: la main de l’héritière est en jeu et il compte bien y mettre son grain de sel.

Nous allons donc suivre le bâtard de Kosigan, bon, jusque là je pense que je ne vous apprends pas grand chose, vu le synopsis et le titre du roman. On aurait pu être face à un personnage distant, mais c’est ses pensées que nous allons partager puisque la narration sera à la première personne tout au long du roman. Enfin, tout au long du roman, pas tout à fait: de temps en temps entre deux chapitres se déroulant dans le Moyen-Âge on saute dans un pseudo XIXème siècle où l’un de ses descendants échange des lettres avec un correspond. Une sorte de roman épistolaire où l’on n’aurait qu’un côté des lettres échangées en somme.

Fabien Cerutti

Fabien Cerutti

Ces passages au XIXème siècle sont assez éloignés de l’histoire, car ils n’ont pas de lien direct si ce n’est un héritage autour duquel le descendant patauge et qu’il cherche désespérément à percer. Je dois avouer que ces lettres échangées ne m’ont pas vraiment captivé, c’est une bonne façon de faire descendre la pression et d’éviter que tout aille trop vite, mais voilà, je n’ai pas su y trouver quelque chose qui me faisait vraiment rentrer dans cette histoire dans l’histoire. Cela dit, gage que les prochains tomes amèneront sans doute de nouveaux éléments, du moins je l’espère.

A côté de cela, concentrons nous sur la vraie histoire, celle du Bâtard de Kosigan. La narration est faite à la première personne donc, et le personnage de Kosigan est quelqu’un de fier, de vantard et cela se ressent du coup très fortement. Ce genre de narration a vraiment tendance à m’agacer, d’autant qu’au début l’auteur n’est pas avar de détails vantant les mérites de son personnage. Mais il faut avouer qu’après une petite centaine de pages, lorsque nous sommes enfin rentrés dans l’histoire, cette problématique s’estompe peu à peu. Bon, je ne dirai pas pour autant que le personne ne reste pas tête à claques, mais on a mis le pied dans l’étriller de l’histoire et cela choque donc moins.

Le personnage principal porte l’ensemble de l’histoire sur ses épaules et pour cause: la plupart des autres personnages sont transparents et presque limités à des stéréotypes à peine esquissés. Est ce gênant ? Pas vraiment, dans la mesure où l’histoire est concentrée sur le point de vue du Bâtard qui va nous décrire les diverses manœuvres de chaque protagoniste. On s’en contentera donc, mais cela pourrait devenir problématique pour les prochains tomes.

Le Bâtard de Kosigan de Fabien CeruttiParlons scénario du coup, il s’agit d’intrigues de cour dans les intrigues de cours. Une thématique qui va très bien avec l’univers qui nous est dépeint , celui d’un Moyen-Âge très bien décrit avec une très bonne immersion. Un Moyen-Âge pas tout à fait normal cela dit, car la magie y existe, les elfes et les autres races aussi. Un point qui reste cependant assez obscur au lecteur car assez peu expliqué. Cela ne pose pas vraiment de problème et cela laisse quelque matière pour la suite. Bref, l’intrigue est assez sympathique et l’auteur a réussi à en cacher les enjeux pendant un bon moment du temps, nous laissant voir le Bâtard faire ses petites manipulations d’autres personnages… et se jouant de nous au passage. Un très bon point.

L’Ombre du Pouvoir est donc un premier tome assez sympathique pour Le Bâtard de Kosigan. Mais il reste une première pierre qui devra être bonifiée par la suite pour conserver l’intérêt, car la carte des intrigues de cour a maintenant été utilisée et il faudra donc aller sur d’autres terrains pour rester au même niveau. Gageons que Fabien Cerutti y arrivera.


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  • Thalia a écrit le 23 janvier 2015 à 15 h 56 min:

    J’avais bien apprécié ce premier tome et attend la suite pour voir ce qu’il adviendra du Bâtard et de son descendant.

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    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?