Bernard Werber est (entre autres) un écrivain français, né en 1961 à Toulouse, dont le genre est surtout tourné vers la Science-Fiction. Les livres les plus connus de cet auteur sont ceux qui composent sa Trilogie des Fourmis. Écrivain assez reconnu et récompensé, c’est ici des deux premiers opus d’une autre trilogie que celle des fourmis que je vais parler : les Thanatonautes et l’Empire des Anges, qui forment le Cycle des Anges, dont la fin est assurée par une trilogie dans la trilogie, le Cycle des Dieux. Vous suivez ? Enfin,n’ayant lu que les deux premiers et aucun autre livre de cet auteur, mon avis se limitera forcément au Cycle des Anges.

Le Cycle des Anges de Bernard Werber

Les Thanatonautes publié en 1994, littéralement les navigateurs de la mort, comme Werber l’explique à maintes reprises, met en scène Michael Pinson, médecin et narrateur à la première personne. Il vit une enfance un peu maussade, étouffé par une certaine médiocrité d’esprit dans sa famille, le genre « Matilda » de Roald Dahl, en moins exagérée. Durant son enfance, il est l’ami de Raoul Razorbak, jeune garçon brillant et étrange, lecteur invétéré, que le suicide de son père finit par écarter de Michael. Quelques années plus tard, le fameux Raoul le recontacte. Il travaille sur un projet secret dans un labo de fortune, flanqué d’une belle infirmière dont la manière de penser est quelque peu étrange. Ils ont besoin de l’aide d’un médecin. Il s’agit d’envoyer des volontaires aux frontières de la mort, en provoquant des « NDE », « Near Death Experience ».

Les Thanatonautes de Bernard Werber

Les Thanatonautes

Après un combat très classique contre ses scrupules, on s’en doute, Pinson accepte. D’abord dans le plus grand secret, puis suivis par le monde entier, ils repousseront petit à petit les frontières de la mort, passant successivement les phases, les « territoires », à travers lesquels les morts passent. Mais révéler au fur et à mesure ce qu’il y a après la mort n’est pas sans risque, les répercussions sur le comportement humain étant forcément immenses. Ce qui n’est peut-être pas du goût de ce qu’il y a après les territoires.

Autant le dire avant toute chose, ce n’est ni une bouse, ni un bon bouquin. Un ami m’a prêté les livres pour un trajet en métro, et honnêtement, ça convient parfaitement à distraire d’un trajet, sans plus. Le style est impersonnel, les personnages ne sont ni particulièrement attachants, ni fouillés, ni caricaturés… C’est une lecture fade, assez plate, de laquelle on ressort sans vraiment se rendre compte qu’on s’y est plongé. Tout le contraire d’un Céline. Le livre parvient à éviter l’ennui en faisant se succéder rapidement l’histoire elle-même et des extraits de croyances sur l’après-mort de plusieurs civilisations et religions, censés former la thèse sur la mort du père de Raoul Razorbak.

L’empire des Anges emprunte le même procédé, en faisant se succéder histoire et parties de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, censée être dictée par un ange apparemment soucieux de compiler une certaine masse d’informations. Bref, le livre se lit à une vitesse quasi supersonique, et ses quelques centaines de pages sont avalées en peu de temps. S’il y a une qualité qu’on ne peut enlever au livre, c’est d’être facile à lire. Il se lit presque seul. La fin du premier tome est très convenue, énervante et si peu adaptée à sa suite qu’il est très probable que Werber n’ait décidé de faire une suite que quand le livre s’est bien vendu… Attention, je ne dis pas que c’est un mauvais livre. C’est juste un livre sans vrai relief.

L'empire des Anges de Bernard Werber

L'Empire des Anges

La suite, lEmpire des Anges, reprend le personnage de Michael Pinson, ainsi que celui de Razorbak. Le narrateur, devenu ange gardien, devra veiller sur trois « clients », trois humains, afin de leur faire compléter leur cycle de réincarnation. Le livre reprend exactement les mêmes qualités et les mêmes défauts que le premier opus. C’est toujours du beurre mou extrêmement simple à lire et parfait pour un long trajet en métro, et c’est toujours aussi fade et sans incidence sur le lecteur. Simplement, ici, les incohérences, qui ne faisaient que poindre dans le premier, sont légions.

Pêle-mêle, on signalera que les Anges supérieurs sont censés prévoir à l’avance comment les réincarnés mourront, mais les anges gardiens doivent les empêcher d’avoir des accidents ; qu’un adultère fait perdre 60 points (la réincarnation étant basée sur un système de points…), mais que donner son sang à l’hôpital en fait gagner… 10 (qui a dit que les anges étaient vieux jeu ?) ; qu’un type avec -20 points a droit à une belle vie dans un pays riche dans une gentille famille, mais qu’un type avec 320 points naît en Russie, d’une mère haineuse, qui l’abandonnera à un orphelinat atroce, qui débouchera sur un centre de redressement, puis un asile, puis l’armée en tant que chair à canon… ; que les anges supérieurs sont tellement concernés qu’ils laissent des « clients » accomplir leur cycle en arrondissant leurs points (super sérieux, les gars), et j’en oublie beaucoup.

Certains principes mêmes sont difficiles à digérer : en gros, souffrir un max et avoir une vie pourrie permet d’encaisser des points, le must étant de finir immolé… Et tout ceci sans parler du très grotesque « combat » du second tome, entre les ex-anges gardiens et leurs ex-protégés remontés contre eux. Plus stéréotypé et mal foutu, tu meurs (c’est probablement le seul passage vraiment mauvais des deux tomes).

En bref, si vous devez vous taper une ligne de métro en entier, c’est du tout bon, si vous voulez un vrai bon bouquin qui absorbe et qui laisse une trace, passez votre chemin.


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6 Comments, donnez votre avis !
  • Mili-chan a écrit le 11 octobre 2009 à 22 h 23 min:

    Hum je suis dacor sur le fait que ce n’est pas meilleur livre que j’ai lu

    mais je doit avouer qu’as l’époque ou je l’ai lu (c’était il y a un moment) ces deux tomes m’avais bien plus… ils font partie de mes Werbert préfairé.
    Je ne les trouve nis plas ni juste bon pour le métro
    Agréable a lire celon moi, et plutot original mème si depuis beaucoup de choses sur le mème concept ont suivi.
    La suite, le cycle des Dieu est plutot simpa aussi (bien qu’as force cela s’éssoufle un peu)

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  • Seraf' a écrit le 11 octobre 2009 à 22 h 36 min:

    Moi, je te trouve trop gentil Aka Oni *_*’, si j’avais du faire cette critique…

    Enfin, pour moi Werber passé les fourmis (et encore..) c’est creux, creux et creux. Ca surfe sur cette mouvance « cultue pour les nuls », qui essaie de paraitre cultivé en sortant des lieux communs qui font prétendument réfléchir (Nothomb, aussi, dans le meme lot en encore plus indigeste).

    Pour un jour d’ennui supreme.

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  • Mili-chan a écrit le 11 octobre 2009 à 23 h 09 min:

    @Seraf’: par contre je suis dacor sur le coté phylosiphe de super marché XD
    mais j’ai bien aimé quand mème

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  • Bartimeus a écrit le 12 octobre 2009 à 20 h 10 min:

    Ben j’ai lu la trilogie des dieux et j’avais plutôt bien aimé, mais bon, faudrait peut-être que je le relise ^^
    En tout cas je trouvais l’idée de l’encyclopédie du savoir relatif et absolu une bonne idée, j’ai appris pas mal de truc sur la mythologie grecque par exemple…

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  • Charmy a écrit le 12 octobre 2009 à 21 h 17 min:

    Hum d’après mes souvenirs, j’ai le sentiment que tu es un peu dur (un peu seulement, tu nuances bien en disant que ce n’est pas un mauvais livre ^^) cela provient sûrement du fait que je les ai lu plus jeune, et pendant les vacances (livre de plage et livre de métro, même combat !). J’en ai gardé une bonne impression, et surtout, comparé au dernier tome de la trilogie des dieux, je peux t’assurer que tu as lu de la grande littérature…

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  • joy a écrit le 30 mars 2015 à 23 h 27 min:

    moi je ne suis pas d’accord, ce livre est vraiment bien, et tout dépend de l’ouverture d’esprit, Bernard Werber est un auteur For-mi-dable! Tout dépend également des sujets qui nous intéressent, personnellement je suis subjuguée par ses centres d’intérêts, et j’espère que les prochains seront aussi palpitants ! les amis ce n’est pas un livre à lire dans le métro.

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