Les Ombres de Wielstadt de Pierre Pevel

dabYo dans Critiques, Livres le 30 juillet 2009, avec 6 commentaires
Critiques

A chaque fois que je lis un auteur français, j’ai tendance à rappeler combien c’est rare. La dernière fois il me semble que c’était pour Hervé Jubert et son Quadrille des Assassins. Cette fois, c’est un autre français qui y passe, Pierre Pevel, connu pour ses œuvres autour de la ville Wielstadt. C’est naturellement que j’ai commencé avec Les Ombres de Wielstadt, son premier roman. Du moins, à son nom, puisque le bonhomme avait déjà publié des romans sous un pseudonyme. Synopsis.

Les Ombres de WielstadtKantz est un chevalier résident à Wielstadt, la ville protégée par le dernier dragon vivant en Europe (et dans le monde ?). Grâce à cette protection jalouse du dragon, la ville allemande est épargnée depuis tout âge par les guerres incessantes qui sont menées par les européens. C’est ainsi qu’elle peut prospérer bien plus facilement que ses comparses, puisque nul pillard ne vient y troubler sa tranquillité. Seulement, le dragon ne peut la protéger que des armées, et sûrement pas d’un mal qui la ronge de l’intérieur… Et c’est là que notre chevalier intervient, car il n’a de chevalier que la rapière, pour le reste, il est bien plus proche de l’exorciste, avec son pentacle gravé sur sa main gauche. Car en effet, dans ce monde uchronique existe l’Ombre, quelque chose que l’on pourrait qualifier d’enfer, où réside des monstres qui parfois peuvent en ressortir pour venir hanter les mondes humains. Du moins, c’est ça dans le meilleur des cas…

Ca c’est bien entendu mon synopsis personnel, car celui qui figure sur la quatrième de couverture des éditions Pocket est beaucoup, beaucoup moins engageant. Ce dernier nous parle d’un chevalier qui va être aidé par un dragon, une fée et plein d’autres personnes, pour protéger la ville de Wielstadt de je ne sais pas quelle grande cause perdue. Bref, on commence à avoir l’habitude des mauvais résumés qui vous dévoilent les trois quarts de l’intrigue, mais la côté synopsis qui ne me donnait pas envie de lire, ils ont fait fort.

Et donc, quand j’ai ouvert les Ombres de Wielstadt, premier tome de la série Wielstadt, je ne m’attendais pas à ce que j’ai retrouvé. En effet, comme je l’ai dit, le synopsis, le nom, et le fait que cela soit une série, laisse supposer que nous allons être dans de l’Heroic Fantasy classique… Mais que nenni. Si les tomes de la série autour de Wielstadt ne sont pas numérotés, c’est tout simplement parce que l’œuvre de Pevel, dans sa structure, ressemble en tout point à ce que l’on retrouve en ce moment chez Milady avec Anita Blake et Mercy Thompson. Nous découvrons un monde, proche du notre, enfin, de celui de l’époque des guerres de religions, mais un poil différent tout de même. L’occulte, l’Ombre et la Kabbale donc, y occupent une très grande place et il ne faudra pas s’étonner de retrouver goules et autres sortilèges. La nécromancie est de la partie, et comme dans l’Urban Fantasy, c’est la foi en Dieu qui permettra aux habitants de la ville de se débarrasser des viles créatures.

Les Ombres de Wielstadt est donc une sorte d’enquête policière, un tome qui se suffit à lui-même et qui nous emporte dans le monde de Kantz à travers cette recherche de l’origine des meurtres sauvages qui sont perpétués chaque nuit à Wielstadt. La découverte de l’univers est très intéressante et change vraiment de ce qu’on rencontre d’habitude. Le fait que cela soit une Uchronie est très intéressant, bien que pas assez exploité à mon goût puisque dans ce tome du moins, il n’y a pas de peinture d’un futur différent. On découvre au fur et à mesure tout ce qui découle de l’existence de l’Ombre, et ce côté occulte est très bien présenté et surtout très captivant. Le tout reste cependant léger, et le fait que l’intrigue soit limitée à 300 pages la rend un peu légère. Comme pour la Bit Lit, j’ai pu découvrir le pourquoi du comment bien avant le héros… Bon d’un autre côté, on ne peut pas dire que Pierre Pevel ait souhaité le cacher, donc ce n’est pas réellement un défaut en soit.

Guerre de 30 ans

Le titre se déroule durant la Guerre de 30 ans en Allemagne, une période qui a aussi inspiré Michael Moorcock pour Le Chien de Guerre et la Douleur du Monde

Le titre ne va donc jamais nous captiver comme peut le faire un Trône de Fer. Ca ne le rend pas mauvais pour autant, et il est vraiment agréable à lire. Je l’ai plus ou moins dévoré sans m’en rendre compte, contrairement au Quadrille des Assassins qui m’avait pris des plombes. Non, là, bien que le côté gore et malsain n’ait jamais vraiment pris, je me suis quand même retrouvé plongé dans cet univers où les kabbalistes sont légion, et où ils ont de réels pouvoirs. Bien entendu, je pense que pour quelqu’un qui aime l’occultisme à la base, le livre en sera d’autant plus intéressant. Car il doit y figurer de nombreuses références à des personnages qui ont effectivement existé, mais que je ne connais point.

Bref, un livre très sympathique, que vous pourrez lire à tout moment, et qui fait entrer Pierre Pevel dans le club des bons auteurs français. A noter qu’une nouvelle série est actuellement en cours de publication chez Bragelonne, Les Lames du Cardinal, et qu’il semblerait que cette dernière se base sur le même principe, mais à Paris cette fois. Autant dire que je risque fortement de vous en reparler !


Ces articles pourraient aussi vous intéresser:
6 commentaires, donnez votre avis !
  • El Jc a écrit le 31 juillet 2009 à 13 h 32 min:

    Je suis comme toi, je découvre Pierre Pevel en ce moment. Mais j’ai choisit l’approche Cape et d’épée des Lames du Cardinal comme entrée en matière. Cette série m’a tout l’air également très attractive

    RépondreRépondre
  • dabYo a écrit le 31 juillet 2009 à 14 h 19 min:

    @El Jc: Ca donne quoi cette autre trilogie ? Car j’avoue qu’elle me fait de l’oeil :D

    RépondreRépondre
  • Fauve a écrit le 31 juillet 2009 à 18 h 57 min:

    Oh ta critique et ton sypnosie donne envie *_*

    RépondreRépondre
  • Laetitia la liseuse a écrit le 1 août 2009 à 19 h 38 min:

    Puisque tu parles aussi du Trône de fer et que ces deux séries sont dans ma liste d’achats, laquelle devrais-je privilégier ?

    RépondreRépondre
  • dabYo a écrit le 1 août 2009 à 20 h 22 min:

    @Laetitia la liseuse: Sachant que je suis fan du Trône de Fer… Hmm en fait ça dépend.

    Si tu peux envisager d’enchaîner 12 tomes d’une même série parce que celle ci te tient et que tu ne peux pas y résister, alors fonce sur le Trône de Fer :D

    Si tu préfère rester maître de tes lectures, alors c’est Wielstadt ;)

    Par contre je te préviens, les deux n’ont vraiment rien à voir ^^

    RépondreRépondre
  • El Jc a écrit le 11 août 2009 à 8 h 04 min:

    @DabYo : Pardon pour cette réponse tardive. Je viens de terminer le premier tome et j’ai vraiment bien aimé. Richelieu est sublime et égal à lui même, et ces « lames » forment un groupe d’anti-héros attachants. L’adjonction « Draconnique » dans ce Paris du XVIIe siècle est bien mené, et il me tarde désormais de me jeter corps et âmes danas le second tome.

    RépondreRépondre
  • Donnez votre avis !

    Comment avoir son avatar sur ifisDead ?