Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle est un roman sorti en juin 2010 aux éditions Mnémos, c’est le deuxième tome d’un diptyque de Science Fiction de l’auteur. On m’a assuré qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu le premier pour comprendre celui-ci et après coup, je suis enclin à le croire. J’ai mis plutôt longtemps pour lire cette ouvrage, mais c’est parce qu’il a levé pas mal de questions. Notamment qu’est que je vais bien pouvoir en dire dans ma critique ?, qui m’a trotté dans un coin de la tête durant toute ma fin de lecture. Ce roman est-il sympathique mais moyen, ou un coup marketing-provoc raté ? Peut-être un premier élément de réponse dans le synopsis.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle

Sphinx est une chercheuse en histoire dans notre futur proche, réduite à accepter des boulots moisis pour la télé. Un jour, un inconnu débarque dans son bureau avec des manuscrits mystérieux et des révélations sur Child son ex-mari qui a disparu il y a dix ans. Ni une ni deux, elle rassemble une petite bande composé du groupe de musique du paternel de Child, ainsi que sa fille, et zou direction la Palestine où les attendent des découvertes bouleversantes.

J’ai peut être forcé le trait mais j’ai trouvé ça un peu surréaliste comme début. En même temps, vu ce qui m’attendais, ça n’aurait pas du me faire broncher. Parce que ma phrase fétiche pendant ma lecture était un fameux « mais bien sûr« . Notamment au moment de la scène de sexe réglementaire, ou bien lorsque nos héros deviennent potes avec un personnage historique hautement connu dans une certaine religion. Le thème, c’est le voyage dans le temps et les conséquences de la modification du continuum espace-temps. Enfin je crois, je n’en suis pas très sûr. La manière dont c’est amené est plutôt intéressante mais manque de détails, notamment sur le comment ce machin est arrivé là. Je regrette aussi un peu un quelques éléments inutiles à l’aventure, par exemple nos personnages sont poursuivis par des méchants en voiture. Ces derniers vont au tas et l’aventure se déroule ensuite sans encombre. Je ne les trouve pas très insistants comme méchants ou alors… Non, ça ne peut pas être ça, justifier un truc plutôt de second plan avec la révélation quatre cents pages plus loin ça me parait un poil exagéré.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle

En ce qui concerne les personnages, ils sont plutôt dans le genre effacés, l’auteur privilégiant la découverte de la Palestine au Ier siècle, très bien décrite d’ailleurs à mon avis. Je dois avouer qu’en dehors de Child et Sphinx je ne suis pas capable de citer d’autres personnages par leur nom. Il y a un râleur, un ultra religieux, une ado en rébellion, etc… Bref une panoplie assez classique individuellement mais plutôt originale à l’échelle du groupe, bien qu’ils ne laissent pas un souvenir très vivace.

L’histoire se passant dans le passé, en Palestine, on donne une part assez conséquente à la religion chrétienne, tout en la bidouillant. Judas, des messages codés dans les évangiles, Jésus dit cul bordé de nouilles, tout ça ridiculise un peu le mythe. Ce ne serait pas pour me déplaire si ça ne m’avait pas laissé un arrière goût de frustration du catéchisme.  Cependant, après avoir lu une interview de l’auteur, cela n’a pas l’air d’être le cas. Je passerai sur la révélation finale, bien originale et qui nous lance sur des réflexions sur l’humain et sa place sur la planète. Cette dimension un peu écologiste aurait sans doute gagnée à être introduite plus tôt.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric DelmeulleLa narration est faite à la première personne par notre inconnu du début. Le fait qu’il ne soit pas le personnage principal, ce rôle étant dévolu à Sphinx, dont il peut être considéré comme le sidekick, apporte une certaine fraicheur dans la vision de l’histoire. Je pense même que c’est l’élément qui m’a empêché de ranger mon intérêt pour ce livre dans ma poche. Ça se lit plutôt bien dans l’ensemble et on ne s’ennuie pas à la lecture. La couverture de Manchu est plutôt sympa mais elle crame un peu la surprise, et ça, c’est dommage.

C’est donc un roman de Frédéric Delmeulle en demi teinte, malheureusement perclu de grosses ficelles. Après une rapide recherche sur le net, je me suis rendu compte que je ne suis pas le seul à le penser. Je suis un peu déçu aussi, je m’attendais à mieux vu les bonnes critiques qu’avait reçu le premier tome. Toutefois, je lui ai trouvé un petit coté sympathique, pas forcément grand chose, mais peut être suffisant pour qu’on lui laisse sa chance.


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