Les Lames du Cardinal, l’intégrale, de Pierre Pevel

Enfin un roman avec des dragons classes

illman dans Critiques, Livres le 21 septembre 2012, avec 4 commentaires
Critiques

Les Lames du Cardinal: L’intégrale de Pierre Pevel fait partie d’une vague de parution de Bragelonne qui consiste à regrouper les tomes d’une série en un seul gros volume. On retrouve donc Les Lames du Cardinal, L’alchimistes des ombres et Le dragon des arcanes. J’avais lu il y a très longtemps Les Ombres de Wielstadt du même auteur, que dabYo a d’ailleurs chroniqué,  et malgré le temps passé j’en garde encore un bon souvenir. Est-ce que la série Les lames du Cardinal est du même acabit ?

Les Lames du Cardinal Integrale de Pierre Pevel

Paris, 1633, Louis XIII est au pouvoir et le Cardinal de Richelieu, son ministre, est son plus fidèle soutien. Une ombre se profile sur le royaume, celle des ailes déployées des dragons qui gouvernent le reste de l’Europe dans les coulisses de l’histoire. Une mystérieuse société secrète se met en marche et met en péril la France, il n’en faut pas plus pour que le Cardinal fasse sortir de leur retraite forcée ses plus habiles agents, autour du capitaine La Fargue, Les lames du Cardinal

Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel

La trilogie était initialement publiée en trois grands formats

Complots, organisations secrètes, espionnage, action et combats à l’épée le tout mâtiné d’une couche de Fantasy amenée par les dragons et la magie, et vous obtiendrez ce que Dumas aurait pu obtenir s’il avait trempé sa plume dans du sang de dragon. Les Lames du Cardinal, c’est du pur roman de capes et d’épées avec juste ce qu’il faut de Fantasy pour ne pas le dénaturer. Les histoires des trois romans tournent beaucoup autour de complots politiques à grande échelle, et le rapprochement avec les mousquetaires de Dumas n’est pas si loin. Dans le premier tome Pevel se paye même le luxe d’avoir une intrigue de très bonne qualité, c’est un peu dommage sur ce point là que les tomes suivants soient un tantinet plus faibles, même si on reste dans le très largement sympathique.

Que serait une fresque historico-epico-fantasy sans des personnages à la hauteur. L’organisation des Lames du Cardinal rassemble un bon lot de fortes têtes que l’auteur peut se permettre de développer tout au long des trois romans du recueil. Des fines lames pour la plupart, au passé troublé, la compagnie n’ayant pas été dissoute pour rien. Et aux casseroles que se traînent nos compères s’ajouteront celles qu’ils prennent soin de créer tout au long de ces tomes, en nous révélant des bribes du passé au passage. C’est d’ailleurs un peu dommageable que certains soient moins développés que d’autres, les reléguant aux rôles de second couteau.

Après ce n’est pas une règle, Saint Lucq, sorte d’hybride mi-homme mi-dragon, est mystérieux à souhait, méchamment classe, mais s’il est un personnage de premier rang, on peut carrément laisser nos esprits divaguer sur son passé. Sur l’ensemble des trois volumes, il n’y a pas vraiment de personnage principal mais plutôt un groupe principal, permettant à l’auteur d’alterner, ces derniers étant rarement au même endroit. Les personnalités et manières d’agir de chacun sont suffisamment différentes pour ne pas lasser le lecteur, si ce n’est leur passion commune du risque. Coté méchant, les complots impliquant généralement plusieurs ennemis, une sorte de loge draconique plutôt typé franc-maçons en plus violent, ne permettent pas vraiment de dégager une menace palpable pour nos héros, en dehors des gros dragons qui volent. L’auteur renforce en quelque sorte le danger de cette manière, car il peut venir de partout…

L’ambiance et le Paris du XVIIème semblent plutôt bien retranscrits même si l’auteur se focalise un peu trop sur le coté nauséabond et sur le manque d’hygiène dans la capitale. Je ne suis pas un spécialiste de l’époque mais tout ça me parait relativement fidèle à l’idée qu’on peut se faire de la vie à cette époque, et sur l’organisation de la société d’une manière générale. Mais sur ce point notre vision n’est-elle pas un peu perturbé par le spectre de l’œuvre de Dumas et de ses diverses interprétations ?

Les Lames du Cardinal Integrale de Pierre PevelQu’importe Pevel apporte ici un peu de réalisme historique bienvenu qui met en valeur le contraste avec les éléments de Fantasy qu’il introduit. Ces éléments, essentiellement tournés autour des arts draconiques, prennent de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des tomes. Ne vous inquiétez donc pas dans le premier tome si cet aspect vous semble diffus, l’auteur en garde sous le pied pour la suite. Pierre Pevel n’est d’ailleurs pas un frileux en ce qui concerne l’avancement de son histoire, il pourrait bien vous surprendre.

Les Lames du Cardinal est au final une série plutôt divertissante nous plongeant dans un univers à la fois si familier mais si différent. Le mélange des genres réussit bien à Pierre Pevel qui nous livre ici un bouquin qui ne fera pas tâche dans la bibliothèque d’un aficionados de Fantasy en quête de nouveaux horizons. Pour 25€ vous pourrez profiter du gros pavé d’un peu plus de 750 pages que Bragelonne met à notre portée. En tout cas, tout ça m’a donné bien envie de lire la trilogie de Wielstadt en entier.


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4 commentaires, donnez votre avis !
  • Poupoune a écrit le 21 septembre 2012 à 19 h 55 min:

    Pierre Pevel est mon auteur français préféré, j’avais adoré Wieldstadt (même si la fin est un peu tirée par les cheveux je trouve). J’ai hâte qu’il publie un nouveau livre!

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  • Le Chro a écrit le 24 septembre 2012 à 9 h 50 min:

    Je ne sais plus si je l’avais dit dans un des Lundi donc j’en profite ici: j’ai commencé à lire il y a quelques temps le premier tome de cette série. Et pour ma part j’en suis plutôt déçu. L’ambiance top, y a pas à dire, et elle a réussi à m’embarquer à elle seule dans le livre pour une bonne grosse centaine de pages. Malheureusement quasiment chaque chapitre commence par une loooooongue description / positionnement géographique dans Paris. Et moi d’une part, je ne suis pas fan de Paris, d’autre part, je les trouve vraiment trop invasives. Même si ça avait été Anhk Morpork j’aurais regimbé pareil. C’est effroyablement usant, je trouve. À la fin de chaque chapitre je freinais du coup des 4 fers avant de passer au suivant, puisque je savais qu’il y avait 9 chances sur 10 de devoir me farcir (ou sauter) un long passage avec la rue de mi qui croise la rue de si.

    Du coup j’ai mis en pause. Peut être que je reprendrai plus tard et que je serais plus séduit…

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  • illman a écrit le 24 septembre 2012 à 10 h 36 min:

    @Le Chro: J’avoue ne pas avoir été choqué par les descriptions (à part celle de l’odeur) je trouvais même que ça rajoutais à l’ambiance. Enfin bref, si le bouquin plaisait à tout le monde ce serait un best-seller :p

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  • Le Chro a écrit le 24 septembre 2012 à 13 h 31 min:

    Ouais mais je suis tout frustré parce que comme je disais d’un autre coté le reste me plaisait vraiment beaucoup. Simplement trop de Paris tue Paris. Une ou deux touches de placement aide certainement à l’ambiance, mais là le guide touristique ressort trop je trouve. Cela dit je suis persuadé qu’il n’y a que peu de personne que cela dérange ^^

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